Keyword - Vladimir Poutine

Fil des billets - Fil des commentaires

mercredi, décembre 3 2014

Edito - Aurons-nous du gaz cet hiver ?

0.A001tubes-gaz.png

Vladimir Fédorovski répond au FigaroVox : "La multiplication des sanctions de l'Union européenne contre la Russie n'a pas affaibli Poutine. Elle a même provoqué la naissance d'une aile nationaliste beaucoup plus radicale que Vladimir Poutine. Celle-ci exerce une forte pression sur le gouvernement et a entrainé la marginalisation de l'opposition libérale et pro-occidentale. Vladimir Poutine est donc contraint à une forme de surenchère, ce qui explique le durcissement de son discours.

Les conséquences économiques sont désastreuses pour l'Europe. En Allemagne où les milieux d'affaires sont affolés. 40 % du gaz allemand venant de la Russie, ces derniers craignent un effet domino: augmentation des tarifs de l'énergie en Allemagne, puis décrochage de la croissance allemande et enfin décrochage de l'Europe toute entière. En réalité, les intérêts vitaux de l'Allemagne sont en jeu et par ricochet les intérêts vitaux de la France."

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, septembre 1 2014

Edito - Les "nouveaux Chefs d'Etats" ou l'opinion en quête de vibrations

0.A00vlcsnap-2014-09-01-12h05m26s100.png

Période étonnante que l'actuelle où l'opinion semble opérer une réelle distinction entre les chefs d'Etats. A entendre les commentaires, il y aurait aujourd'hui trois leaders qui donnent le sentiment de diriger : Barack Obama, Vladimir Poutine et Angela Merkel : les "vrais " Chefs d'Etats dans la continuité historique de cette fonction. Les autres seraient tombés dans des divisions plus obscures.

Mais surtout, le pouvoir de décision serait déconnecté du pouvoir d'influence comme si le 1er était en retard ou du moins en décalage avec le second.

Il faut "sauver les océans" : Angelina Jolie intervient et les plus hautes autorités publiques écoutent attentivement son message.

Il faut mettre un terme aux guerres ou aux pauvretés en Afrique, George Clooney est auditionné au Sénat américain.

Il s'agit de lutter contre les pollutions liées au changement climatique et Léonardo DiCaprio tient conférence.

Il faut préserver l'eau douce comme source de santé individuelle et c'est Eva Longoria qui monte au créneau.

Sur FR2, hier soir, c'est à Claude Brasseur de juger les hommes politiques français quand ce n'est pas Vincent Lindon qui est pris pour référence sur l'analyse de la Vème République ... !

Ce phénomène a de quoi inquiéter. Non seulement, parce que la médiatisation d'une personne n'est pas le critère de compétence mais surtout parce que l'opinion veut vivre comme dans les films. Donc les acteurs des films deviennent des "modèles". Le défi des glaçons pour lutter contre la maladie de Charcot a levé des mobilisations incroyables. Au "propre", c'est se donner des frissons. L'opinion cherche les sensations, les vibrations, les fantasmes, les surprises et "faire comme".

Il y a donc les porteurs de mauvaises nouvelles que sont les Chefs d'Etats "ordinaires" et les chefs d'Etats des "belles causes", artistes qui se mettent en valeur en même temps d'ailleurs que la cause servie.

Comme si l'influence sur l'opinion était désormais devenue le vrai pouvoir. Etonnant et inquiétant. Pendant longtemps, les spécialistes devaient aussi communiquer. Maintenant, savoir communiquer serait la compétence sur tout... C'est peut-être une évolution un peu trop radicale ? Longtemps encore ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, juin 19 2014

Edito - La Libye est-elle encore un Etat ?

0.A0017-06-2014-19-41-00d.jpg

Le 11 septembre 2012, le consulat des États-Unis à de Benghazi avait l’objet d’une violente attaque, entraînant la mort de l’ambassadeur, Christopher Stevens, et de trois autres agents. L’affaire a eu un très grand retentissement aux US.

Que la guerre était belle…

Hier, Washington a fait savoir que samedi 14 juin, un commando des forces spéciales a « capturé » celui qui est désigné comme l’organisateur de l’attaque, Ahmed Abou Khattala, un activiste, qui a plusieurs reprises avait contesté son implication. Il était recherché par la justice libyenne, qui avait décerné un mandat d’arrêt. Précisons que le gouvernement libyen a été informé quand tout était fini.

Ce sont donc les États-Unis qui l’ont « capturé », puis l’ont exfiltré, pour le séquestrer dans un navire de guerre, en direction des US. Hier, le Prix Nobel de la Paix a rendu la nouvelle publique : « Avec cette opération, les États-Unis ont une nouvelle fois démontré qu’ils feraient tout leur possible pour que justice soit rendue lorsque l’on s’en prend à des Américains ».

Selon Eric Holder, le ministre de la justice Ahmed Abou Khatalla sera jugé pour trois chefs d’accusation dont celui de « meurtre au cours d’une attaque contre un bâtiment fédéral ».

D'accord. Sauf que la Libye est un État, souverain, et qu’elle est donc seule en droit d’exercer les fonctions régaliennes que sont la police et la justice, et si les États-Unis veulent juger quelqu’un, ils font une demande d’extradition, comme tout le monde. Imaginez les services russes qui récupèrent un type à Kiev, avec Vladimir Poutine annonçant qu’on l’a exfiltré et qu’on va le juger à Moscou…

Dans l’après-midi, le gouvernement libyen s’est réveillé, pour publier ce communiqué mollasson : « Le gouvernement condamne cette atteinte regrettable à la souveraineté de la Libye. Il souligne le droit de la Libye à juger Abou Khattala sur ses terres et conformément à ses lois et demande au gouvernement américain de le remettre à la Libye pour le traduire devant la justice libyenne ». Plus pitoyable encore, le ministre libyen de la Justice, Saleh al Marghani : « Nous attendions des États-Unis qu’ils nous aident mais nous ne nous attendions pas à ce qu’ils sèment la pagaille sur la scène politique ». Voici la Libye, à nouveau abaissée par les États-Unis, alors qu’elle est en campagne électorale pour la présidence du pays. Quel pays…

Alors, essayons de raisonner

1/ Sans l’accord et le pilotage des autorités libyennes, le commando US n’a aucun droit en Libye. C’est une bande de gangsters armés, forme aggravée de l’association de malfaiteurs, qui a commis une arrestation illégale et une séquestration avec violence, et dont les membres étaient en outre sans titre de séjour valable. Imparable. Aussi, le ministre libyen de la Justice doit ordonner l’ouverture d’une enquête, et lancer les mandats d’arrêt. Vu l’état du pouvoir, il ne se passera rien.

2/ La deuxième solution est qu’Ahmed Abou Khatalla dépose plainte aux US pour arrestation illégale et séquestration. Ce serait possible si les États-Unis étaient soumis à une juridiction internationale de garantie des droits, mais ce n’est pas le cas. Les États-Unis refusent tout contrôle de la Cour interaméricaine des droits de l’homme ou du Comité des Droits de l’homme de l’ONU. Donc, il ne se passera rien.

3/ La troisième solution serait qu’Ahmed Abou Khatalla dépose plainte devant la CPI, car le Conseil de Sécurité, par la résolution 1970 du 26 février 2011, a saisi le Procureur de la Cour pénale internationale « de la situation qui règne en Jamahiriya arabe libyenne depuis le 15 février 2011 ». Le dossier est toujours ouvert, et la compétence de la CPI est acquise pour tous les faits commis sur le territoire depuis le 15 février 2011. Oui, sauf que l’article 6 de la résolution précise qu’elle n’a pas d’effet contre les ressortissants d’un État autre que la Libye. L’exemple même du double standard. Donc, il ne se passera rien.

Un bilan ?

La Libye, qui avait un tel rôle en Afrique, n’a plus de structure étatique ; l’Egypte est par terre, la Syrie ensanglantée, l’Irak explosé et l’Afghanistan au bord du précipice. Du bon boulot, et les valeurs de la démocratie en progrès… Bientôt, tout ceci se retournera contre nous, car c’est trop d’injustice. Nulle société ne peut le supporter.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

Edito - Etats-Unis - Russie : c'est l'inversion des valeurs auxquelles nous étions habitués !

0.A00vladimir-poutine.jpg

Lors de son entretien à Europe 1 et TF1 le 4 juin, Vladimir Poutine a déçu une partie de la presse française car ses propos étaient en contradiction avec la caricature qu’ont fait de lui certains médias français, selon Ivan Blot :

"Ils voulaient voir un dictateur impérialiste et ont entendu un président démocrate et patriote. La déconvenue de ces journalistes russophobes montre qu’ils sont des hommes rivés sur le passé. Dans le passé, les États-Unis étaient une puissance conservatrice libérale et chrétienne, l’URSS était une dictature communiste athée. Les États-Unis étaient les libérateurs de 1944 face à l’occupation allemande. L’URSS, bien qu’ayant été l’ennemi principal d’Hitler, était surtout la puissance d’occupation de l’Europe de l’Est, enfermée derrière le rideau de fer.

Aujourd’hui, tout s’est inversé et il est difficile de changer ses habitudes de pensée. La Russie est une puissance conservatrice, libérale et chrétienne. Les États-Unis exportent de plus en plus au nom des droits de l’homme déformés, une idéologie égalitaire dogmatique qui s’oppose à la famille, à la religion et à la patrie, en tous cas dans tous les pays étrangers. Ils ont introduit ou contribué à introduire le chaos en Irak, en Afghanistan, en Lybie, voire en Syrie, avec des interventions militaires désordonnées, justifiées par des mensonges comme en Irak ou des interprétations frauduleuses de décisions de l’ONU comme en Lybie.

C’est l’inversion des pôles : la Russie est dans le camp de l’ordre et de la paix, les USA dans le camp des révolutions et des coups d’État voire des guerres.

Pourtant, des journalistes et des hommes politiques veulent continuer de voir dans la Russie une dictature impérialiste comme l’URSS d’autrefois.Hillary Clinton s’est permis des comparaisons entre Poutine et Hitler, ce qui est une ignominie mais aussi une stupidité : à ce compte, c’est comme si l’on accusait madame Angela Merkel d’être une communiste autoritaire sous le prétexte qu’elle a fait partie du dernier gouvernement communiste d’Allemagne de l’Est.

Pour l’Europe, c’est la même chose. L’Union européenne a été créée sur un modèle non démocratique mais bureaucratique, celui des agences fédérales américaines créées par Roosevelt. Aujourd’hui, le monopole de la proposition des lois par la Commission de Bruxelles, le cumul en son sein des tâches législatives et exécutives ne se justifient plus, (...)

En économie, c’est la même chose. Beaucoup de politiciens et fonctionnaires français ont été formés à l’École nationale d’administration (ENA) qui, sur le plan de l’enseignement de l’économie, avait 30 ans de retard, restant à Keynes et ignorant les économistes plus modernes comme Hayek. Résultat : on a les impôts les plus décourageants du monde, un interventionnisme brouillon de l’État et des réglementations archaïques. (...)

Notre système de formation des élites en sciences sociales est archaïque et beaucoup d’hommes politiques français vivent encore sur des vieilles idées diplomatiques ou économiques des années 1950. (...)"

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE