Keyword - Vie publique

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, septembre 15 2014

Edito - Pourquoi la vie privée s'installe au centre de la vie ... publique ?

0.A00390-spitzer-1225-2.jpg

Avec beaucoup de bon sens et surtout de pragmatisme, l'opinion s'adapte aux évolutions du marché politique.

Elle constate que les pouvoirs publics ont un espace de décision de plus en plus limité ; conséquence : les grandes promesses n'ont plus prise.

Elle constate que la médiatisation est de plus en plus scénarisée, de plus en plus orchestrée ; conséquence : aller voir derrière les lumières officielles.

Par conséquent, l'opinion veut chercher la confiance dans la personnalité même d'un candidat : qui est-il vraiment ?

C'est une évolution logique et saine.

Comment faire confiance à un individu qui ne mériterait même pas la confiance de ses plus proches parce qu'il se comporte mal avec eux ?

Des exemples ? Aux États-Unis, l'ancien représentant Anthony Weiner, adepte des tweets sexuels ou l'ex-gouverneur Eliot Spitzer, amateur de prostituées

Comment accepter par exemple des déclarations pro-famille dressant la vie de couple en louanges émanant d'une personne qui fréquenterait des clubs échangistes ?

Pourquoi l'opinion devrait-elle subir le choix dans les photos familiales : celles qui seraient d'un accès libre bien lisses, bien propres en habits du dimanche et les autres qui ne pourraient être dévoilées en aucune occasion.

Un autre exemple ? En 2009, Mark Sanford s'absente et part en Argentine voir son amante. Il démissionnera de son poste de chef de l'association nationale des gouverneurs républicains.

La vie privée s'est installée au centre de la vie publique parce qu'elle devient la grille de lecture du vrai tempérament d'un individu et que seule cette grille de lecture permet de se faire une opinion sérieuse sur la confiance méritée ou pas.

Sous cet angle, c'est heureusement la fin d'une certaine conception monarchique du pouvoir en ne refusant plus d'aller voir en dehors des seules allées officielles. La démocratie va y gagner avec un nouvel équilibre qui va progressivement se dessiner.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, mai 2 2014

Edito - L'idée de Nation

AVT_France_1595.pngDéfinition de la Nation

La Nation est davantage une construction idéologique qu'une réalité concrète, ce qui explique la difficulté de lui donner une définition pleinement satisfaisante. Son étymologie est liée à la notion de naissance (nascere). Ainsi, à l'époque médiévale, l'idée de nation renvoie ainsi à un groupe d'hommes à qui l'on attribue une origine commune. Mais la conception moderne de la nation dépasse largement le cadre ethnique ou tribal. Elle trouve plutôt sa source dans un ensemble complexe de liens qui fondent le sentiment d'une appartenance commune. Elle est ainsi à la fois extérieure aux individus, en même temps qu'elle est intériorisée et transmise d'une génération à l'autre. Pour s'imposer, elle suppose également l'existence d'une volonté durable de vivre au sein d'un même ensemble.

Certaines données objectives permettent de définir une nation : le territoire, l'ethnie, la langue, la religion, la culture, l'État. Mais l'idée de nation ne leur est pas réductible. Il existe ainsi des nations plurilingues (ex : la Suisse) ou connaissant plusieurs religions (ex : l'Allemagne). Il y a également des nations sans territoire propre ou d'autres encore qui sont partagées entre plusieurs États. Aussi la nation apparaît-elle d'abord comme une construction politique, dont la fonction est de garantir la cohésion sociale et de faire respecter l'autorité de l'État. Pour ces raisons, l'idée de nation est elle-même liée à l'histoire de chaque pays.

Des différences de développement et de conception de l'idée de Nation

buste-de-marianne-celebre-modele-injalbert-60-cm-1441014.jpgElle s'est parfois imposée à partir d'institutions étatiques préexistantes ou, au contraire, a favorisé la construction d'États regroupant des populations précédemment dispersées sur plusieurs territoires.

En France, c'est l'action centralisatrice et unificatrice du pouvoir royal qui a contribué de manière décisive à l'émergence de la nation. Mais le sentiment national, présent chez une élite restreinte, s'est diffusé assez lentement. Il faut en effet attendre la fin du XVe siècle pour que l'idée de nation devienne incontournable en France. La guerre de Cent Ans (1337-1453) a soudé les populations dans l'adversité et contribué de manière décisive à l'émergence de l'identité nationale de part et d'autre de la Manche. Dans d'autres pays, l'idée de nation s'est développée en l'absence d'un cadre étatique unitaire.

Ernest Renan (1823-1892), dans sa célèbre conférence de 1882 intitulée "Qu'est-ce qu'une Nation ?", pose, quant à lui comme critères de l'appartenance nationale, "le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis." Selon lui, "l'existence d'une nation est un plébiscite de tous les jours."

État, Nation et État-Nation

Réalité historique et politique, objet de réflexion et de débats théoriques, la Nation est également devenue depuis la Révolution française une notion juridique à part entière. L'article 3 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 dispose ainsi que "le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément."

En application de ce principe, la Nation est devenue la source des différents pouvoirs, se substituant au droit divin qui légitimait le pouvoir monarchique. La désignation des détenteurs du pouvoir par le biais de l'élection et le principe d'égalité des citoyens devant la loi et les charges publiques découlent de cette conception de la Nation. Celle-ci peut être définie comme le peuple constitué en corps politique, dont la volonté est mise en œuvre par des représentants élus, sans qu'aucun corps intermédiaire ne puisse y faire obstacle.

1602431819.jpgLa constitution du peuple en un corps politique, la nation, détentrice de la Souveraineté, modifie par ailleurs la conception de l'État en le soumettant au principe démocratique. La nation le relie ainsi à la société en lui conférant une légitimité démocratique.

Pour cette raison l'État et la nation sont très souvent associés, au point que pour certains toute nation a le droit de disposer d'un État et tout État doit s'appuyer sur l'existence d'une Nation. L'existence des États-nations apparaît dès lors comme une conséquence logique du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, dont le principe s'est imposé au XXe siècle dans la conduite des relations internationales. L'État se caractérise alors par la superposition d'une entité politique souveraine avec un ensemble culturel unifié du point de vue linguistique ou religieux.

Source : Extraits de Vie publique

Les nations, en tant que telles, sont contestées dans leur existence et mises à rude épreuve aujourd'hui face à des ensembles multinationaux puissants: organisations multinationales, fédérations d'états, entreprises mondialisées, d'une part et provinces autonomistes d'autre part.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE