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lundi, septembre 15 2014

Edito - Pourquoi la vie privée s'installe au centre de la vie ... publique ?

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Avec beaucoup de bon sens et surtout de pragmatisme, l'opinion s'adapte aux évolutions du marché politique.

Elle constate que les pouvoirs publics ont un espace de décision de plus en plus limité ; conséquence : les grandes promesses n'ont plus prise.

Elle constate que la médiatisation est de plus en plus scénarisée, de plus en plus orchestrée ; conséquence : aller voir derrière les lumières officielles.

Par conséquent, l'opinion veut chercher la confiance dans la personnalité même d'un candidat : qui est-il vraiment ?

C'est une évolution logique et saine.

Comment faire confiance à un individu qui ne mériterait même pas la confiance de ses plus proches parce qu'il se comporte mal avec eux ?

Des exemples ? Aux États-Unis, l'ancien représentant Anthony Weiner, adepte des tweets sexuels ou l'ex-gouverneur Eliot Spitzer, amateur de prostituées

Comment accepter par exemple des déclarations pro-famille dressant la vie de couple en louanges émanant d'une personne qui fréquenterait des clubs échangistes ?

Pourquoi l'opinion devrait-elle subir le choix dans les photos familiales : celles qui seraient d'un accès libre bien lisses, bien propres en habits du dimanche et les autres qui ne pourraient être dévoilées en aucune occasion.

Un autre exemple ? En 2009, Mark Sanford s'absente et part en Argentine voir son amante. Il démissionnera de son poste de chef de l'association nationale des gouverneurs républicains.

La vie privée s'est installée au centre de la vie publique parce qu'elle devient la grille de lecture du vrai tempérament d'un individu et que seule cette grille de lecture permet de se faire une opinion sérieuse sur la confiance méritée ou pas.

Sous cet angle, c'est heureusement la fin d'une certaine conception monarchique du pouvoir en ne refusant plus d'aller voir en dehors des seules allées officielles. La démocratie va y gagner avec un nouvel équilibre qui va progressivement se dessiner.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, mai 13 2014

Edito - Une même situation mais un traitement médiatique entièrement différent ...

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Si la vie publique française est confrontée actuellement à une réelle et profonde crise, c'est aussi parce que des traitements médiatiques tellement différents d'un même sujet donnent le sentiment d'un système qui manipule.

En 2012, la présentation et l'exposition de sa compagne d'alors répondait à la volonté de François Hollande de montrer qu'il "était un candidat normal" donc en couple. Bien davantage, le couple devenait un exemple de qualité de recomposition. Sa compagne nouvelle était toujours à ses côtés tandis que l'un de ses enfants du couple d'avant, Thomas, participait également activement à la campagne.

Tout baignait donc dans la plus totale sérénité.

Deux ans plus tard, la situation a explosé. Le Président est "célibataire". Est-ce un précédent ? Non. Il en fut de même pour Nicolas Sarkozy. Mais à cette époque, des médias consacraient une part considérable des reportages à cette "déchirure" : comment faire ? La vie privée ne prend-elle pas le pas sur la vie publique dans l'agenda du Président ? Comment organiser les réceptions à l'étranger quand le Président "solitaire" sera reçu par des couples ? ...

Et là pour François Hollande : pas une question, pas un commentaire ...

On assiste en direct à une triple recomposition :

- la mise à l'écart de la compagne de 2012 (Valérie Trierweiler),

- la réintégration de la compagne d'avant 2012 (Ségolène Royal),

- la totale discrétion sur la compagne de l'après 2013 (Julie Gayet).

Mais à cette occasion, la vie privée devient "vie privée" donc vouée à la plus totale discrétion.

De telles méthodes aussi manifestement discriminatoires discréditent l'ensemble de la profession médiatique aux yeux de l'opinion qui s'estime manipulée.

Cette inégalité de traitement est une réelle question de fond dans l'examen de ses causes comme dans celui de ses conséquences.

Il y a peu de démocraties modernes qui toléreraient une telle situation.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, janvier 16 2014

Edito – Peut-on laisser Hollande bafouer la vie privée ?

François Hollande, ce héros de la Gauche hypocrite et irresponsable qui est en perdition, a commencé les grandes soldes. Il sert la soupe au Medef, mieux que Nicolas Sarkozy, se vante d’expulser deux fois plus de Roms que son prédécesseur et fait le malin parce qu’il a restauré la censure pour immoralité, terre visqueuse sur laquelle Nicolas Sarkozy n’avait jamais osé mettre le pied. Ce sont des faits, et c'est beaucoup, mais après tout, on peut se contenter de hausser les épaules parce qu’il ne s’agit que de la vente des pièces détachées d’une politique en faillite.

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Mais quand l’actuel président de la République française invoque la « vie privée », je dis non, parce que là, c’est vraiment notre affaire à tous. Alors, gère tes amours, et régale-toi des délicieux croissants policiers servis sur l’édredon, mais respecte la notion de vie privée, qui est un bien commun.

L’agence de presse Elyséenne socialisante molle nous demande d’ingurgiter : « Chacun, dans sa vie personnelle, peut traverser des épreuves. C’est notre cas, nous traversons des moments douloureux. Mais j’ai un principe c’est que les affaires privées se traitent en privé, dans une intimité respectueuse ». Désolé, c’est totalement à côté de la plaque.

Tout serait simple si l’homme du changement normal avait respecté ce à quoi il s’était engagé devant Nicolas Sarkozy : « Moi président, il y aura une claire distinction entre vie politique et vie privée ». Sauf que ce n’était que de la com’.

1356448-le-president-francois-hollande-vu-par-620x0-1.jpgFrançois Hollande a toujours mis en avant une part de sa vie privée. A commencer par sa douce Ségolène qui donnait une conférence de presse depuis la maternité, le lendemain de la naissance d’un de leurs enfants. En continuant par le jovial Hollande qui avait choisi la Une du grand journal féministe Gala, en octobre 2010, pour nous présenter Valérie, « la femme de sa vie ». En poursuivant par le génial été 2012, où il n’y en avait que pour François et Valérie en sweet sur la plage de Cabasson ou achetant des cartes postales à Bormes-les-Mimosas. Que c’était mignon, ces scènes si publiques de la vie privée… Je n’oublie pas non plus le post-adolescent baisé de la Place de la Bastille, devant les supporters attendant que commence la bataille contre les puissances de l’argent…

Et la Dame ne serait que la vie privée ? Ah bon…. Avec sa place à la Une du site de l’Elysée ? Avec un bureau, un budget et des collaborateurs ? Et la présence très active lors des déplacements et des réceptions ? Jusqu'à s'occuper d'humanitaire dans le Liban brûlant ? La première Dame a un rôle public, c’est une évidence factuelle… Alors, l’honneur bafoué de la première Dame, genre le réveillon en famille, et la galipette protégée par la police le lendemain, ça nous concerne.

000-Par7517285-jpg_110256.jpg Ce sont des faits qui comptent, car ce couple a choisi de nous prendre à témoin de son bonheur, quand cela l’intéressait. Si un président fait mystère de sa vie privée, parce que seule compte la politique qu’il conduit, une intrusion serait inacceptable. Mais lorsque le couple a choisi de s’institutionnaliser et de se donner en spectacle, il garde certes une part de vie privée, mais il doit assumer comme étant public ce qu’il a lui-même choisi de rendre public. Ce n'est pas plus compliqué.

Mais il y a pire dans cette indécence sans limite, qu’on tente d'étouffer sous le voile intégral de la vie privée.

Valérie Trierweiler a été hospitalisée. C'est clairement une information qui relève de l’intimité de la vie privée, car la santé fait partie du noyau dur de la protection de la vie privée. Et tout le monde sait qu’elle n’est pas hospitalisée pour une mauvaise chute à ski, mais parce qu’elle a craquée, car son honneur de femme a été bafoué à la face du monde. Donc, vie privée pour les amours de la rue du Cirque, mais vie publique pour l'hospitalisation de la femme humiliée ? Allons... Voir l’intéressé qui se dodeline en faisant le beau devant les journalistes, pendant que la femme pleure sur son lit d’hôpital, c’est d’une infinie cruauté. Réfléchissez un instant... Mettez-vous un instant à la place de la femme qui pleure…

000-DV1162162-jpg_112243.jpgEt il y a le pire,… car le cruel s’apprête à répudier, en public. Magnanime, et grand cœur, il attend que celle qui était la femme de sa vie sorte de l’hôpital, avant « d’éclaircir la situation ». Mais, avec cet homme d'action, ça ne traînera pas : Valérie va être répudiée avant le voyage aux US, car il faut faire place nette. Le polygame a fait son choix. C’est le pouvoir du mec, du sale macho consommateur de femmes. Le même qui nous saoule avec la dignité… Alors, il prend des décisions largement publiques, selon des critères qui lui appartiennent, mais il ne peut pas se retrancher derrière la notion de vie privée, que nous devons tous défendre comme cercle de l'intime.

J'ai une vie privée, vous avez une vie privée, et soyons vigilants pour la protéger, notamment contre les autorités qui nous épient, nous espionnent, et violent cet espace intime. Mais si vous avez ouvert la porte en affichant une part de cet intime, alors, assumez les conséquences de vos choix.

NB : Pas très glorieux... Qu'il ait du mal à maîtriser ses pulsions, on le conçoit déjà mal. Qu'il adopte un comportement de goujat fourbe c'est pousser le bouchon un peu loin. On ne peut souhaiter à madame Trierweiler de passer à autre chose et de laisser celui qui se veut "normal" à ces turpitudes. Quelles que soient les reproches qui pourraient lui être adressés madame Trierweiler mérite beaucoup mieux que de vivre aux côtés d'un tel individu tellement irrespectueux de sa compagne.

PS : Nicolas Sarkozy sera vendredi à Béziers pour assister au concert de sa femme à Zinga Zanga. L'ancien chef de l’État ne fera pas un crochet à la permanence d’Elie Aboud où il était attendu à la permanence électorale du candidat pour "une rencontre amicale" avec plusieurs maires de la région, mais aussi un bain de foule auprès de militants impatients. Dans le même temps, Marine Le Pen sera à Sète pour présenter les têtes de son parti dans l’Hérault. Une réunion publique qui se fera sur un bateau, faute de salle louée par la municipalité, à laquelle n’assistera pas “son” candidat à Béziers, Robert Ménard qui fera du du porte à porte à La Devèze. Le journaliste polémiste doit tout de même accueillir la chef de file du FN à l’aéroport de Montpellier et faire un bout de route avec elle.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE