samedi, février 7 2015

Edito - Philosophons...

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"La politique, c'est l'art de faire croire au peuple qu'il gouverne"

Louis Latzarus

Guillaume de Thieulloy, dans les 4 Vérités, s'inquiète des appels fréquents à la constitution d'un "gouvernement d'union nationale" :

"(...) À première vue, l’idée est bonne. Si toutes les bonnes volontés s’accordaient pour mener ensemble les réformes nécessaires pour sortir la France de l’ornière, nous devrions y applaudir chaleureusement.

Le problème, c’est que je doute fort que ce gouvernement d’union nationale soit un gouvernement au service de la France et des Français. Il y a, au contraire, tout lieu de croire que ce soit un gouvernement au service de l’oligarchie pour parachever la spoliation des contribuables et la suspension des libertés publiques pour les citoyens.

Rappelons que le FMI a « conseillé » aux États endettés de confisquer une part substantielle du patrimoine privé. Et, en matière de libertés publiques, il suffit de regarder ce qui se passe en ce moment au nom de la lutte contre le terrorisme…

Il me semble, par ailleurs, assez probable que notre confrère Emmanuel Ratier ait raison et que la manifestation du 11 janvier soit une sorte de « répétition générale » de ce qui pourrait se passer si Marine Le Pen se trouvait au 2e tour de l’élection présidentielle en 2017.

Ces grandes manifestations « républicaines » se reproduiraient pendant 15 jours pour déjouer le « péril fasciste » – le qualificatif « républicain » ne servant plus à désigner un mode de gouvernement, mais à dire qui est fréquentable et qui ne l’est pas.

Vous aurez, à ce sujet, noté avec quelle facilité – et quelle complicité médiatique – le FN a été prié de ne pas participer à la manifestation du 11 janvier. Puisqu’il est entendu que ce n’est pas un parti républicain (beaucoup moins, naturellement, que les autorités saoudiennes ou turques présentes !), il était « logique » qu’il ne soit pas présent dans une marche « républicaine » ? De même qu’il était « logique » d’interdire, au nom de la « laïcité » et de la « république », la manifestation des associations « Ri­poste laïque » et « Résistance républicaine », puisque l’oligarchie avait décidé que ces dernières n’étaient ni laïques, ni républicaines !

Jusqu’à présent, il était possible à ceux qui ne voulaient pas entendre ces inquiétudes sur les missions d’un éventuel « gouvernement d’union nationale » de crier au populisme. Mais, tout récemment, est arrivé un événement décisif : un véritable coup d’État organisé par le « système » en Suède.

« Le Monde » commente ainsi : « Une fois de plus, la Suède donne l’exemple. Confrontés à la perspective d’une crise politique prolongée, les partis politiques traditionnels ont décidé de s’unir pour permettre au gouvernement de fonctionner en neutralisant la capacité de nuisance parlementaire du parti populiste d’extrême droite ».

Vous avez bien lu : « nuisance parlementaire » ! C’est au nom de la république et de ses valeurs que l’on bride, non plus seulement le peuple, mais même les parlementaires qui auraient le mauvais goût de ne pas applaudir à toutes les décisions de l’oligarchie !

L’excellent site « Contrepoints » a, quant à lui, commenté : « Le dernier masque de la démocratie représentative, dans sa version postmoderne et corrompue, vient de tomber ».

Concrètement, que s’est-il passé ? Un parti dit « populiste », fort de 12 % des suffrages, est parvenu, en s’alliant avec un autre parti, à mettre le gouvernement en minorité sur son budget.

C’est le jeu classique de la vie parlementaire et on ne voit pas bien où est le mal. Cependant, cette « nuisance parlementaire » du parti « populiste » a entraîné une réaction, dont il y a effectivement tout lieu de craindre que, comme le dit « Le Monde » (vous savez ce journal « neutre » et « objectif » qui avait applaudi à la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges !), elle ne soit prise en exemple ailleurs, et notamment en France.

Droite et gauche se sont alliées, dans un accord valable jusqu’en 2022, en se répartissant les postes ministériels, indépendamment des résultats électoraux à venir.

Il est impossible de dire plus crûment que les élections ne servent à rien. Il est impossible de dire plus crûment que nous ne sommes plus en démocratie – si tant est que nous l’ayons jamais été…

Voilà ce qu’est un « gouvernement d’union nationale », dont tant de voix « autorisées », des « grands » médias à François Bayrou, en passant par Manuel Valls ou Alain Juppé, réclament la mise en œuvre en France – là aussi pour contrer le « populisme ».

Franchement, à part l’hypocrisie, on voit mal ce qui distingue un tel régime d’une dictature !"

Et si le "parti populiste", qui incarne plus que jamais l'opposition, devenait majoritaire ?

mercredi, janvier 28 2015

Edito - Le Trombinoscope prime Briois, Bartolone boycotte la remise des prix

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Le prix du Trombinoscope, annuaire des principaux acteurs de la vie publique, est attribué depuis 23 ans.

Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS) refuse de participer mardi soir à la remise des prix politiques du Trombinoscope en raison du prix «de l’élu local de l’année» décerné au maire FN d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois, a-t-on appris dans son entourage.

Le jury a désigné Manuel Valls comme «personnalité politique de l’année», Ségolène Royal «ministre de l’année», Emmanuel Macron «révélation politique de l’année», et Steeve Briois comme «élu local de l’année».

«On sait désormais qui remportera le prix du sectarisme en 2015», a répondu l’élu frontiste dans un tweet. «Ça appelle à "l’union nationale", mais ça boude quand un maire FN est "élu local de l’année" : «Bartolone zéro pointé de l’année !», a ajouté un autre vice-président du FN, Florian Philippot.

Source: : Libération

lundi, janvier 26 2015

Edito - Tous les partis européens de gouvernement ligués contre Syriza

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Syriza a remporté hier une magnifique victoire aux élections législatives grecques. A minuit passé, on parle de 36 % des suffrages devant Nouvelle Démocratie (29 %), et peut-être la majorité absolue, à 151 sièges. Enfin, à deux sièges prêt. Tous mes amis grecs font la fête, et moi aussi. Une bonne bringue, ça fait du bien, et demain tout démarre.

Le programme de Syriza, c’est d’abord un plan d’urgence, et nous allons voir cela dans les semaines qui viennent :

- le salaire minimum porté de 580 à 751 euros ;

- le seuil d'imposition remonté à 12 000 euros annuels,

- le 13e mois de retraite rétabli pour les retraites inférieures à 700 euros,

- l'électricité offerte et des coupons d'approvisionnement à 300 000 ménages au moins,

- les habitations principales protégées des saisies,

- l'accès gratuit aux soins,

- la taxe sur le fuel domestique supprimée,

- le nombre de bénéficiaires de l'assurance chômage accru.

Syriza a ensuite des propositions pour systématiser ce plan anti-austérité, et pour un coût total de 12 milliards d'euros… compensé en réduisant le remboursement de la dette (175 % du PIB), en luttant contre la fraude fiscale, la contrebande, et en réaffectant des fonds européens. Réjouissant.

Le problème est qu’en trésorerie, la Grèce est à sec, et qu’il va falloir passer le gué… A priori, ça va être dur-dur, mais ce n’est pas impossible car personne ne veut l’épreuve de force. La Grèce reste une économie modeste au niveau européen (je veux dire que ce n’est pas l’Espagne, elle aussi mal en point), et Bruxelles – Euh, pardon, la Bundesbank – ne veut pas jouer la crise. Si ça se gâte la Grèce laissera entendre qu’elle quitte la zone euro, ce qui n’est pas son projet d’origine, et Bruxelles – Euh, pardon, la Bundesbank – est prête à faire beaucoup pour que ça ne casse pas.

Finalement, le gros péril,… c’est que le plan risque de marcher,… et ce sont alors les partis de gouvernement européens vont alors prendre le relais de Bruxelles – Euh, pardon, de la Bundesbankpour dézinguer la Grèce, car la réussite de Syriza serait leur naufrage politique. Que resterait-il au parti « socialiste », genre Hollande-Macron-Valls, si Alexis Tsipras réussit ? Mais que resterait-il aussi à nos deux autres flans de la politique, l’UMP et le FN ?

Allez, on va suivre ça de près, en incluant tous les coups tordus, mais sans complotisme, cela va de soi… Il n’y a dans ce bas monde que des âmes pures.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, décembre 31 2014

Edito - Un jeune homme de 29 ans sans abri meurt de froid à Douai (Nord)

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Dernièrement, un homme sans abri – un jeune homme de 29 ans – a été retrouvé moribond, saisi par le froid, ce samedi 27 vers 11 heures, à Douai (Nord), dans le parking intérieur d’un établissement scolaire. Quand les services de secours sont arrivés, sa température avoisinait les 25 °C. Il a été conduit au centre hospitalier de Dechy, mais en vain : il a succombé vers 15 heures, des suites de cette hypothermie.

Le ministère de l’Intérieur s’est immédiatement rendu sur place, pour témoigner de la solidarité du pays face à « une mort si injuste, fruit d’une insupportable violence sociale ». Dont acte. Les contacts ont été pris avec la famille pour lui apporter soutien et réconfort. Cette intervention est la moindre des choses. Le Premier ministre a demandé à ce que les plans d’urgence soient placés au plus haut niveau, demandant au pays « face à cette radicalisation rapide du froid, de regarder en face les défis qui le minent, et au premier rang desquels les inégalités sociales et la grande pauvreté ». On le serait à moins. Soulignant que « avec cette mort si injuste c’est l’article 1 de la Déclaration de 1789 – Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits – qui est en berne », il a ajouté solennellement : « Nous sommes tous des sans-abris ». C'est beau et con à la la fois mais tout simplement écœurant... On comprend en effet l’émotion d’un gouvernement qui a placé toute son action sous le spectre de « l’égalité »François Hollande en était tout retourné… Le président de la République a appelé le pays à garder son calme, et il a convoqué une réunion interministérielle d’urgence car « il est inacceptable qu’un de nos compatriotes puisse mourir au cœur de nos cités, dans un lieu public, et de manière aussi atroce : la misère, la solitude, le froid. Le changement, c’est maintenant ».

Vraiment, je commence à en avoir marre, à être exaspéré… On connait la litanie : plus de sous pour les sans-abris, les collectivités sont au taquet, l’État ne peut pas faire plus… Pour situer le débat, une autre information nous vient ce jour : l’abandon de l’écotaxe va conduire l’État à verser en indemnisation à la société Ecomouv’ la somme de 839 millions d’euros.

Nous sommes bien gouvernés… J’ai juste envie de vomir.

Et vous ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, novembre 11 2014

Edito - Reculade du Gouvernement sur la fin des départements

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Les départements pourraient finalement ne pas disparaître. Manuel Valls a affirmé, jeudi à Pau devant les élus des départements de France, le « besoin de cet échelon intermédiaire » entre les régions et les communes.

Disparaîtront, disparaîtront pas ? Les annonces successives se contredisent sur l’avenir des assemblées départementales. Dernier épisode en date, jeudi à Pau, à l’occasion du congrès de l’Assemblée des départements de France (ADF). Le Premier ministre s'est fait l'avocat du département après avoir pourtant annoncé sa suppression lors de sa prise de fonction. Manuel Valls a souligné, jeudi le « besoin de cet échelon intermédiaire » entre les régions et les communes.

Les départements « ont des compétences de proximité, de solidarité tout à fait essentielles », a plaidé le premier ministre. ''« Pendant cinq ou six ans, jusqu’en 2020-2021, ces compétences seront confortées, clarifiées, parce qu’on a besoin de cette solidarité, de cette proximité, de cette efficacité. C’est ce message, destiné à rassurer les élus des conseils généraux si c’était nécessaire, que j’ai voulu délivrer»'', a-t-il ajouté.

Plus de suppression à l'horizon 2020, mais une évolution ?

La fin des départements promis par Manuel Valls lors de son premier discours de politique générale, est-elle oubliée ? Pour le moins, le débat est repoussé. Le Premier ministre a rappelé, jeudi à Pau, qu' « après 2020, le paysage territorial aura évolué. Les régions se seront appropriées leurs nouvelles compétences ; les intercommunalités structureront – plus encore qu’aujourd’hui – les territoires. Alors, le cadre départemental pourra évoluer. Nous devons le faire sereinement, et par étapes ».

Signe que les départements ont à nouveau l'oreille du gouvernement, ils ont obtenu la pérennisation des droits de mutation, leur principale ressource, et Manuel Valls a également conforté les compétences sociales des départements et promet une réforme du financement du RSA.

Source : VOnews.fr

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, novembre 4 2014

Edito - François Hollande à nouveau candidat

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La politique n’aimant pas le vide, voici le nouveau spectacle : « Hollande candidat ». Ça peut surprendre, mais c’est en fait une évidence,… et qui l’en empêcherait ?

On peut faire des pages et des pages avec ses échecs, à commencer sur le chômage et la dette, sa politique molle et insaisissable, ses attitudes de fuite, son gouvernement de sales gosses, ses amours casqués, et encore, et encore… Peu importe : aussi nul que soit le bilan, aussi désespérant que soit ce naufrage de la Gauche, François Hollande a les mains libres pour être candidat pour 2017, et il a déjà fait son choix. Il doit se délecter en passant en revue la série des petits marquis qui, après s’être battus pour être avec lui sur la photo en 2012, prennent l’air aujourd’hui des grincheux critiques,… et se battront à nouveau pour être avec lui sur la photo en 2017.

La raison de l’assurance sereine de François Hollande est qu’il est président de la République, cette fonction iconoclaste qui, par la maladie gaulliste, centralise tous les pouvoirs, et qui a été encore dopée par le quinquennat, avec les législatives dans la foulée des présidentielles. Une seule élection compte,… et il n’y a pas de meilleur poste pour la préparer qu’en occupant la fonction.

C’est le truc génial. Quand tu es président, tu es en campagne électorale permanente, en pouvant mobiliser tout le staff, tous les moyens de la République, et tous les médias, tout en exerçant aussi le pouvoir, jouant avec les effets d’annonce, les nominations, les inaugurations, le calendrier… Alors, le camarade ne va pas s’en priver.

Il n’a plus la cote ? Et alors ? Y-a-t-il une seule personne au sein du PS capable de se déclarer candidat contre François Hollande président sortant, et d’imposer au PS d’organiser des primaires l’opposant au président de la République en cours de mandat ? Vous pouvez rêver…

El Blancos est un pur gadget, magnifiquement embauché par le cynique François Hollande pour jouer le rôle de l’idiot utile. Il va l’user jusqu’à la corde, et le jettera quand il voudra, comme il voudra. Manuel Valls alias El Blancos, qui n’a aucun appui dans le PS, est un leurre. Alors qu'il doit son semblant de côte à la Droite, il a fini de se piéger tout seul en proposant de changer le nom du PS ou de gouverner avec Bayrou. Tchao kleenex !

La seule qui pourrait, c’est Martine Aubry. Elle agite beaucoup les réseaux ces temps-ci, et veut refaire une bonne opération pour le congrès du PS, base sur laquelle elle jouera son influence. Mais est-elle en position de créer un rapport de force tel qu’elle amènerait François Hollande à renoncer à se présenter ? Et comment ferait-elle ? François Hollande, tout en faisant campagne comme un damné, jouera la carte de « moi, je gouverne, ce n’est pas encore le temps de la campagne », bloquant tout initiative du genre des primaires, alors que ces élections internes doivent être faites bien en amont du scrutin. Et puis cette ombrageuse a-t-elle envie de se lancer dans une bataille aussi incertaine ? Elle n’en montre aucun signe.

Alors reste le cas de François Hollande qui s’écroule, mais je n’y crois pas. Les institutions ont totalement blindé la fonction présidentielle, et comme ses adversaires politiques rêvent de cette fonction, ils ne prendront pas le risque de l’affaiblir.

Bon courage donc à la brave piétaille soc’… qui doit s’apprêter pour 2017 à scander en chœur « Hollande président, le changement c’est pas maintenant »…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, octobre 24 2014

Edito - Parti Socialiste : le dernier récital ?

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Hier, Manuel Valls a annoncé la mort du PS.

Dans l'attente, le PS termine son one-man-show dans l'indifférence. Il suffit que ses têtes d'affiches apparaissent pour que l'on change de chaîne TV. Elles ne font plus recette même par curiosité.

Pourquoi à ce point ?

Parce que le PS a inversé l'ordre des valeurs. Il donne le sentiment de vouloir diriger contre les citoyens, ce qui est assez original dans une ... démocratie.

Parce que sa classe politique n'est plus respectée mais moquée.

Parce que cette classe politique, qui se présente comme "l'élite du savoir", sait surtout ne rien résoudre.

Parce que cette classe politique n'a même pas eu la volonté de tourner la page de la monarchie, ce qui venant d'élus PS est quand même le comble de la reconnaissance de l'illusion des paroles d'élection.

Il ne viendrait à l'idée de personne aujourd'hui de peindre une affiche avec la rose et le logo du PS.

Le PS ne suscite plus le rêve, ni même le divertissement.

La seule question est de savoir où iront les floués, les indignés, les leurrés. Resteront-ils chez eux ou voteront-ils FN ?

Il ne manque plus que l'épisode où le vote UMP se termine fin novembre par des contestations sur les modalités de votes et le FN n'a plus qu'à craindre les mots suicidaires de son ex-Président qui semble consacrer son énergie à être l'ultime bouclier de ceux qui ne veulent pas voir le FN au pouvoir.

C'est quand même une situation irréelle quand on prend le temps de lire le "programme" du FN mais plus personne ne demande le programme dans le théâtre politique français.

D'ailleurs, l'UMP a tant à redouter de l'image publique de nouvelles tricheries que c'est même le laisser-passer pour leur déploiement tant il paraît difficile de les ... dénoncer publiquement.

Et puis finalement, l'UMP aura un argument pour justifier ses éventuelles largesses avec la gestion des fichiers : la phobie administrative ...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, octobre 20 2014

Edito - Offensive de Martine Aubry : Manuel Valls bientôt minoritaire

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Un premier ministre peut-il rester en fonction si sa ligne politique est mise en minorité lors d’un congrès de son parti ? Peut-il, comme premier ministre, être le chef de la majorité présidentielle quand il est minoritaire dans cette majorité ? Peut-il être le chef du gouvernement en période de campagne électorale pour la présidentielle de 2017 s’il défend une ligne politique contraire à celle du parti ?

Ces questions posent l’équation du maintien d’El Blancos au gouvernement, et en fait fixent la date de son départ : après le congrès du PS, fin 2015 ou début 2016.

L’attaque de Martine Aubry, attendue, est sévère. Les grandes manœuvres pour 2017 ont commencé, avec la nécessité de créer un rapport de forces tel que François Hollande renonce à se présenter. Autant dire que ça va être vif, et dans son interview au JDD, Martine Aubry est claire : « Je ne me résous pas à voir notre pays s’enfoncer dans la morosité, le doute, le repli sur soi. Je ne baisse pas les bras devant la montée du Front national. Je ne me résigne pas davantage à la victoire en 2017 de la droite ». Et de poursuivre : « Nous avions prévu qu’à mi-mandat la croissance serait revenue, le chômage en repli et les déficits réduits en deçà de 3 %. Ce n’est pas le cas. Il nous faut trouver au plus vite le bon réglage des politiques économiques qui permettra de sortir la France de la crise. Et puis il nous faut refaire de la politique. Aujourd’hui, une raison profonde du malaise est que les Français ne comprennent pas quelle société nous voulons construire, le sens donné à l’action et les valeurs qui la fondent. Même lorsque nos réformes vont dans le bon sens, tels les rythmes scolaires et la priorité donnée à l’école, on n’a pas fixé le cap et engagé les collectivités locales à lutter contre l’échec scolaire ou à promouvoir l’éducation artistique et citoyenne. On ne mobilise pas un pays sur la seule gestion financière, on doit donner la destination du voyage ».

En toile de fond, il y a une lourde hostilité entre François Hollande et Martine Aubry, et c’est une vieille histoire. On peut dire que ces deux-là ne peuvent pas se piffrer. Les relations étaient déjà mauvaises, mais Martine Aubry sait de quoi elle parle,… vu l’état dans lequel elle avait retrouvé le PS après les années Hollande.

Mais l’essentiel est la politique, celle d’avant-congrès. Personnalité, méthode, caractère… Ça peut suffire pour diviser, mais il n’en sort rien. Là, les choses vont être différentes car François Hollande et ses enfants de chœur El Blancos et Macron ont revendiqué de passer au « social-libéralisme ». Martine Aubry répond en stigmatisant l’échec de Tony Blair et Gerhard Schröder, et revendique une nouvelle « social-démocratie ». Guerre de mots ? Sans doute, mais pas que…, et ce sera l’affaire du PS dans les mois qui suivent.

En peu de temps, le débat va s’enflammer, avec pour décor ce gouvernement qui allie à merveille les échecs et les cafouillages. Premier rendez-vous avec le vote du budget. Viendra dans le même temps deux lignes pour le Congrès : « social-libéralisme » contre nouvelle « social-démocratie ». Dès hier, Martine Aubry a mis en ligne un texte appelant aux soutiens militants. Vu l’ambiance actuelle, et ce que sont les militants restés au Parti, je vois mal comment la ligne social-libéralisme, qui signe la fin du PS, pourrait l’emporter. Martine Aubry a la cote dans le parti, et elle a des réseaux de premier ordre : les siens, ceux de Laurent Fabius et ceux de Jean-Christophe Cambadélis.

Une fois le ménage fait, à l’intérieur du PS, les primaires seront presque une formalité.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, octobre 18 2014

Edito - 4 novembre 2014 : convaincre : les nouvelles règles du "Je"

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Depuis quelques mois, on assiste à une accélération des conditions de communication pour convaincre.

Trois modifications majeures se produisent :

1) Le règne de l'image : dernier exemple en date en France, Valls montre sa proximité en dormant dans les Bauges. L'image parle davantage que les discours. Et encore les politiques français dont Manuel Valls alias El Blancos ont tellement de retard dans ce message à l'oeil.

2) Le règne des images brèves : les moins de 35 ans vivent au royaume des vidéos courtes : moins de 5 minutes.

3) Le règne des images brèves à commande : à l'exemple hier des annonces de CBS, l'autonomie des spectateurs va s'affirmer face aux horaires imposés. C'est la commande qui va gagner. D'où la modification des abonnements pour les chaînes TV classiques mais surtout l'affirmation des "niches" à vidéos thématiques (YouTube...).

Cette logique est l'affirmation du "Je" à tous les étages.

La nouvelle règle du "jeu", c'est le "Je".

Dans l'entreprise et l'économie où la personnalisation de la société est incontournable.

Dans la vie publique où le style devient le message.

Les élections intermédiaires de novembre 2014 aux États-Unis ont intégré ces nouvelles obligations. Elles ne devraient plus tarder à s'imposer ailleurs.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, octobre 17 2014

Edito - Ecomouv’ : Le « gouvernement » en dessous de tout !

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L’affaire de l’écotaxe et de Ecomouv’… Grandiose. Je n’aborderai pas ici les avantages et inconvénients de cette taxe, ni le fait que le gouvernement se soit aligné sur les revendications des mecs qui sont passés en correctionnelle pour avoir détruit les portiques à 500 000 € l’unité. En tant que citoyen responsable, je suis particulièrement attaché au respect de la loi et des décisions de justice, mais bon… Non, je veux ici parler que de la méthode de notre « gouvernement ».

La semaine dernière, notre amie Ségolène Royal a annoncé qu’elle enterrait l’écotaxe. Ce faisant elle prive d’État d’une ressource annuelle de 400 millions d’euros, destinée à alimenter la caisse de l’Agence de financement des infrastructures de transport en France (AFITF). Dans le même temps, elle condamne au dépôt de bilan la société Ecomouv’, entreprise franco-italienne de 130 salariés, qui était chargée de recouvrer cette taxe, et zigouille maints emplois dérivés.

L’État avait signé un contrat de « partenariat public-privé » qui faisait supporter à l’entreprise privée les investissements que l’État, endetté, ne peut plus assumer. Ecomouv’ est détenu à 70 % par l’italien Autostrade, le gérant du réseau autoroutier transalpin, 11 % par Thales, 10 % par la SNCF, 6 % par SFR et 3 % par Steria.

Chez Ecomouv’, c’était une mer d’huile, le contrat s’appliquant. « Le Canard enchaîné », rapporte des commandes de matériel par le ministère encore quelques jours avant l’annonce de la dénonciation du contrat. Pas la moindre réunion de concertation avec les dirigeants. Dominique Gros, le maire PS de Metz, où Ecomouv’ a son siège, avait été rassuré par Manuel Valls il y a un mois : « J’ai obtenu début septembre des assurances au plus haut niveau du gouvernement sur le maintien du dispositif », avec un écrit à l’appui.

Plus sérieux encore : dans un bilan effectué fin juin, l’État avait reconnu que la société avait respecté son contrat et que le système était prêt à fonctionner depuis le 1er mars. C’était la fin de la phase préparatoire. Ecomouv’ n’avait pas de recettes à encaisser, le processus étant gelé, mais en revanche, l’État devait verser le loyer prévu par le contrat, soit mensuel de 16 millions d’euros par mois. Par un avenant, la date d’effet avait été fixée au 1er janvier 2015, date de la mise en place de la taxe nouvelle formule.

Et là, boumbadaboum : l’État ne veut plus. D’où, la question très simple. En admettant que le gouvernement actuel ne veuille plus de cette taxe, comment peut-il juridiquement remettre en cause la signature de l’État sur un contrat ? Que signifie la continuité de l’État ?

Le fait est d’autant plus préoccupant, que ce genre de contrat est blindé, et on imagine bien qu’un groupe privé ne s’engage à assurer lui-même les investissements de l’État sans quelques clauses qui assurent l’avenir de la société. On parle d’une addition pouvant dépasser un milliard d’euros, et c’est le chiffre expliqué par le ministre Stéphane Le Foll il y a quelques mois, chiffres confirmés par un rapport parlementaire.

Là, ça se gâte, et ça sent le cramoisi.

Sur BFM-TV, lorsqu’on demande à Ségolène Royal si l’État est prêt à dédommager la société, elle a pour réponse : « On verra, on va expertiser les choses ». Hum, hum… « On va… » signifie que ça n’a pas été fait préalablement ? Pressée de questions hier, elle a lâché qu’elle allait consulter l’avocate Corinne Lepage pour voir si on peut demander l’annulation du contrat. Brrr.., mais brrrr XXL, car cela veut dire que le « gouvernement » :

- ne dispose plus de services juridiques compétents, et qu’il faut s’en remettre à un cabinet privé ;

- va faire procéder à une analyse critique du contrat après l’avoir dénoncé… et donc en prenant le risque insensé d’avoir dénoncé un contrat valable.

C’est l’hallu ! Quel chef d’entreprise imaginerait de dénoncer un contrat et de le faire analyser par son avocat après coup, quitte à se retrouver responsable de la rupture d’un contrat valable ?

Ouvrez un dossier Ecomouv’, et préparez mouchoirs et chéquiers…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, octobre 11 2014

Edito - François Hollande accélère sur le laisser-faire, et freine (un peu) sur l’austérité

BRITAIN-FRANCE-DIPLOMACY-POLITICS

De l’agenda néolibéral et austéritaire, notamment promu par l’UE, François Hollande avait donné la priorité à la réduction des déficits. Devant l’échec de cette politiques, et malgré la pression de nos partenaires, il a décidé depuis l’automne 2013 d’inverser ses priorités.

Laisser-faire et laisser-passer

L’évolution du discours de la majorité est stupéfiante. Déjà, le virage eurolibéral et le fait de parier tout son mandat sur l’amélioration de la compétitivité sont assez stupéfiants pour une majorité se disant de gauche. Mais c’est tout le discours économique du gouvernement qui se droitise depuis la rentrée. Après s’être fait applaudir à l’université d’été du Medef, Manuel Valls a poursuivi dans la même veine à Londres, en vouant la taxe à 75 % aux gémonies, en vantant les « réformes structurelles » (comprendre, le démontage de notre modèle social), et en s’attaquant aux allocations chômage en s’appuyant sur les emplois non pourvus alors que les études sérieuses montrent qu’ils ne sont pas nombreux en France.

Le Premier Ministre a résumé sa pensée en se déclarant « pro-business ». On aimerait juste qu’il défende aussi l’emploi, le pouvoir d’achat et les classes populaires… Quel chemin parcouru depuis que François Hollande avait fait de la finance son ennemi, même s’il s’était à l’époque empressé de rassurer la City dans une interview au Guardian. François Rebsamen, le ministre du travail a déclaré « qu’il se bat depuis longtemps pour une vision libérale de l’économie », en cohérence avec ses propos sur les chômeurs, mais il n’assume pas encore ses idées, puisqu’il est intervenu pour supprimer l’interview qu’il avait réalisée dans un magazine. Bref, le PS n’assume pas encore pleinement son virage néolibéral.

Pédale moins dure sur l’austérité

On arrive au paradoxe stupéfiant d’une majorité socialiste qui met en place un agenda de libéralisation de l’économie après 10 ans de pouvoir de droite ! Une partie du Rapport Attali que Nicolas Sarkozy n’a pas osé mettre en place va l’être par François Hollande, notamment sur les professions réglementées. En revanche, après avoir calqué sa politique budgétaire sur celle de la majorité précédente, et échoué également, le PS semble avoir changé son fusil d’épaule. Il y avait déjà eu le premier report de l’objectif d’un déficit à 3% du PIB, de 2013 à 2015, à l’automne 2013. Cet été, Michel Sapin a repoussé encore de deux ans l’objectif, qui est passé à 2017, même si certains partenaires européens râlent.

C’est d’ailleurs tout le paradoxe de l’éviction d’Arnaud Montebourg, tant on retrouve des proximités entre son discours et celui du gouvernement sur les questions budgétaires et européennes. Certes, l’ancien ministre va bien plus loin dans la dénonciation de l’austérité et de l’Europe, mais il faut quand même noter que le ton monte entre la France et l’UE avec Michel Sapin qui fustige publiquement la « bonne politique budgétaire de Bruxelles ». Mais il ne s’agit que d’une remise en cause très partielle de l’austérité, un simple ralentissement de son rythme sans véritable remise en cause, comme cela se dessine dans le budget 2015, et toutes les annonces de coupes budgétaires dans la Sécurité Sociale ou ailleurs.

En mettant le cap à droite, François Hollande espérait sans doute coincer l’UMP en vue de 2017. Mais il semblerait au contribue à droitiser le débat politique sans en tirer profit et en apparaissant comme celui qui est ballotté par les évènements et ne va pas au bout des idées qu’il défend. Pauvre France.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, octobre 10 2014

Edito - Jusqu'où ira l'insouciance des parlementaires français ?

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La définition même d'une crise systémique c'est que la crise est tellement installée au cœur d'un système que ce système ne peut plus se réformer tant qu'il n'a pas connu le krach qui change la donne de façon incontournable.

C'est la situation de l'actuelle crise du système politique français.

Comment des parlementaires peuvent-ils imaginer pouvoir toujours demander des efforts supplémentaires aux autres sans donner le moindre exemple sur leur propre régime de privilèges (retraites, réserves, emprunts, rémunérations réelles ...) ?

C'est une insouciance d'une extrême gravité. Le pays est plongé dans la crise et son système représentatif est totalement discrédité, détesté.

C'est comme pour les dernières élections municipales, qui peut dire dans une Commune ayant connu l'alternance ce qui a changé ? Rien.

C'est la plus belle rampe de lancement pour le FN : PS = UMP, quant à l'autre gauche elle se dissout au pouvoir pour devenir le ... PS.

Et les cantonales de mars 2015, si cette date est confirmée en dépit de ses difficultés juridiques notamment dans le décompte annuel des comptes de campagne, risquent d'être une étape de plus sur la victoire du FN dans ce contexte : municipales + européennes + sénatoriales + second tour de la présidentielle + ... ?

Finalement, c'est peut-être cela le krach logique en bout de cycle de cette crise systémique ?

La question commence à se poser très sérieusement.

C'est étonnant combien cette question sérieuse est évitée avec insouciance, presque fatalisme comme pour le krach financier de 2008 mais là en matière politique. Comme si chacun pensait : "le système mérite de se casser la figure et on verra à se moment là". Étonnant.

Probablement la plus lourde responsabilité de François Hollande au moment où Manuel Valls alias El Blanco donne le sentiment d'avoir une telle conscience des dégâts qu'il fait tout pour être ... viré tant il cumule les provocations les plus grossières à l'exemple de la City.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, septembre 27 2014

Edito - Le monde change ... vraiment !

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"Aussi étrange que cela puisse paraître, Nicolas Sarkozy n’a pas tort de dire que le clivage droite-gauche est largement dépassé. Mais il l’instrumentalise à son profit : c’est « votez pour moi, sinon, c’est Marine ». Le Front national de Marine Le Pen n’est pas un parti de droite, encore moins d’extrême droite. C’est l’alliance inédite (pas dans l’idée qui existe depuis le boulangisme, mais par les scores très élevés) de la gauche du travail et de la droite des valeurs. C’est pour cela qu’elle a le soutien du mouvement social. A la différence de 2002, si Marine Le Pen arrive au pouvoir, il n’y aura pas de grève ouvrière. Les « sans dents » descendront plutôt dans la rue pour défendre leur idole, véritable nouvelle Jeanne d’Arc pour eux. En revanche, les permanents CGT venus d’outre-Méditerranée, les profs bobos à la Jean-Luc Mélenchon et les fils de bourgeois de Sciences-Po seront sans doute dans la rue.

Marine Le Pen est devenue le symbole de ce quart-monde (qui représente maintenant près de la moitié des Français) qui a peur de se faire manger par le tiers-monde avec l’aval de l’oligarchie mondialisée. Ce que Jean-Yves Le Gallou appelle « l’hyper classe mondialisée » (que j’ai décrite dans mon livre sur le club Le Siècle).

Avec la gauche libérale-libertaire à la Macron et à la Valls, je crois qu’on va assister à un scénario inédit à la future élection présidentielle : en raison de l’implosion de la gauche et de son absence au second tour de l’élection présidentielle, comme l’a parfaitement défini le sociologue François Dubet (Les Inrockuptibles, 17 septembre), face à Marine Le Pen, « le candidat de la droite sera le candidat de gauche en 2017. Il ne sera d’ailleurs pas plus à droite que Manuel Valls ».

En clair, la prochaine élection présidentielle devrait signifier la fin de la (fausse) gauche et la fin de la (pseudo) droite. C’est la supposée « extrême droite », qui deviendrait la droite. Toutes les études (voir les livres du géographe Philippe Giuily) montrent que le nouvel électeur du FN, ce n’est pas un ancien combattant d’Algérie, c’est de plus en plus un ouvrier au chômage dont la fille sort avec un Arabe.

Extrait d'une interview d'Emmanuel Ratier dans Présent du 25 septembre 2014

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, septembre 24 2014

Edito - Francois Hollande, Bernard Cazeneuve et El Blancos : Les trois bras cassés de l’antiterrorisme

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Les sketchs des 3 islamistes venant de Turquie et dont le sinistre de l'Intérieur avait annoncé un peu rapidement l'arrestation se poursuit. Après avoir constaté qu'ils n'étaient pas interpellé, le ministre a montré ses muscles :

"Les services français ont été informés par leurs homologues turcs de ce changement de vol après l’arrivée sur le sol français des trois ressortissants expulsés. Dès cette information communiquée aux services français de sécurité et de renseignement, ceux-ci poursuivaient les investigations dans le cadre du mandat délivré par le magistrat instructeur du pôle antiterroriste".

En fait, les trois jihadistes se sont rendus tranquillement à la gendarmerie du Caylar (Hérault). Les trois hommes ont sonné à la porte de la gendarmerie du Caylar qui était fermée. Une patrouille de gendarmerie s'est mise en route pour les récupérer. En fin de matinée les avocats se concertaient pour assister leurs clients en garde à vue.

Mais selon le sinistre de l'intérieur :

"Le dispositif Vigipirate, dans ses dispositions actuelles, est aujourd’hui opérationnel et efficace".

Inquiétant quand même que le contrôle des passeports ne soit pas plus sérieux…

Hier matin, c’étaient encore les plus mâles accents de notre governemental circus pour s’affirmer intraitable face à la menace terroriste. Dormez tranquilles braves gens, François Hollande, le supplétif et El Blancos veillent sur votre sécurité.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, septembre 21 2014

Edito - Nicolas Sarkozy ou le retour d'un mort-vivant

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François Hollande a repris la politique de Nicolas Sarkozy,… et voilà Nicolas Sarkozy qui reprend le discours de François Hollande… Vous avez sûrement lu le texte de Nicolas Sarkozy sur Facebook ? Moi, oui. On dirait du pur Hollande. Un plan marketing à la noix…

C’est d’ailleurs bizarre qu’il ait choisi de communiquer par un texte, car tout le monde sait qu’il n’écrit pas lui-même. D’où cette première question : qui est la plume ? Visiblement, ce n’est plus Henri Guaino l’exalté, car le texte c’est vraiment de l’eau de boudin tiède.

Le texte a un côté première année de science Pipo, assez rigolo. « C’est au terme d’une réflexion approfondie que j’ai décidé de proposer aux Français un nouveau choix politique »Eh bien deux ans de réflexion pour pondre ça, ça promet pour la suite ! Pas mal non plus : « On ne fait rien de grand sans l’unité de la nation. On ne fait rien de grand sans espérance, sans perspective ». , c’est niveau Bac philo, pour les derniers de la classe ! Et bien sûr rien sans le roudoudou d’amour, tellement tendance : « J’aime trop la France »…. « Aime-moi vite, le jour se lève… » Çà me rappelle les belles années du lycée…

Normalement, je devrais republier sur ce blog (que vous pouvez voir et à revoir dans l'onglet ci-dessus dans "vous avez sûrement "lu le texte") ce chef d’œuvre de niaiseries, car il est l’expression même de la fragilité du projet Nicolas Sarkozy. Certes, le mec a du métier. Bien sûr dans le contexte économique et social des années qui viennent, tout peut arriver. Mais le plan Nicolas Sarkozy est en réalité bien plombé. Nicolas Sarkozy le battu de 2012 qui devient un espoir pour 2014, va falloir ramer.

Ça va commencer par un peu d’ivresse

Nicolas Sarkozy va reprendre l’UMP. Il l’a dirigeait de manière interposée via Jean-François Copé, alors il connait bien. Son seul adversaire est Bruno Le Maire, un type correct, mais qui n’a pas avec lui les bataillons de militants… Tous les ennemis de Nicolas Sarkozy jouent la carte légitimiste – Vive le parti et ses statuts – justement car ils veulent via les statuts imposer les primaires à Nicolas Sarkozy. Aussi, le congrès sera facile et quasi bon enfant, genre la belle Droite est de retour.

L’UMP, qui aura sans doute changé de nom, va ensuite engranger des victoires électorales, et Nicolas Sarkozy pourra faire le malin… alors que ce sera juste le mouvement de bascule liée aux dramatiques errances de François Hollande et El Blancos. Le Sénat va passer à Droite en septembre, puis suivront les régionales et les cantonales : autant de victoires annoncées pour l’UMP.

Mais pour la présidentielle, c’est une autre affaire

Le bilan accablant de Nicolas Sarkozy est encore sous nos yeux, et « c’est du lourd » politiquement, économiquement et socialement. Qui peut imaginer Nicolas Sarkozy réussissant en 2017 ce qu’il n’avait pas su faire cinq ans plus tôt ? Les salades sur l’unité du pays, c’est facile, mais quel crédit donner à Nicolas Sarkozy sur la seule question qui vaille, la politique économique et sociale ?

Et puis quel positionnement politique ? Le Sarkozy nouveau ne doit pas être celui de 2002, d’où tout le laïus sur le thème « j’ai changé ». D'accord, mais qui peut y croire ? Et quel personnage créer ? Un blaireau genre François Bayrou, mais plus à Droite ? Quelle crédibilité ? Et qui va cadenasser le mec pour que le naturel ne revienne pas au galop ?

Reste les affaires judiciaires, diverses et variées, avec deux solides de corruption de l’ami Gilbert Azibert et d’abus de confiance, pour avoir fait payer par l’UMP sa part de condamnation personnelle après le rejet du compte de campagne des présidentielles. Là, la partition est connue : c’est celle de Berlu. Taper à fond sur les juges, et crier au complot. Comme la justice est le plus critiqué des services publics, ça peut marcher. Mais politiquement c’est nul, et indigne d’une personne qui concourt à la fonction présentielle.

Nouveau chapitre, donc, avec le pataquès du Sarko Circus, et c’est vraiment une bonne nouvelle pour François Hollande : les médias vont trouver un nouveau dérivatif.

Finalement, cette lettre en dit beaucoup des approximations du projet de Nicolas Sarkozy : un discours mièvre, la recherche improbable d’une nouvelle image, l’occultation du bilan et une absence de projet économique et social. Le gout de la revanche, c’est bon pour un championnat de foot, pas pour la vie politique de l’État.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE