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mardi, décembre 30 2014

Edito - Les discours ou quand l'âme est inscrite dans les mots

0.A00119788861126138_1_75.jpgJe recommande l'ouvrage sorti dernièrement sur les "discours qui ont changé le monde moderne". Le recueil des discours est remarquable.

Que montre cette lecture ? La force du discours c'est la preuve que l'image ne suffit pas pour emporter la conviction.

Et cet ouvrage apporte la preuve du caractère incontournable de l'écrit.

La campagne 2007 de Nicolas Sarkozy aurait-elle connu le même lancement sans le discours du 14 janvier 2008 ? Celle de François Hollande aurait-elle eu la même dimension sans le discours du Bourget du 22 janvier 2012 ?

Autant de circonstances qui appellent à se poser la question de fond : qu'est ce qu'un discours réussi ?

Finalement, il y a deux critères essentiels :

1) c'est quand l'âme est inscrite dans les mots : les mots prennent un sens particulier qui rejoint l'imaginaire,

2) c'est surtout quand cet imaginaire repose sur un clivage clair entre un discours et un ennemi. Finalement, c'est la qualité de l'ennemi qui fait la force du discours qui s'oppose.

Que serait de Charles de Gaulle sans Adolf Hitler ?

La gauche de François Mitterrand sans l'aristocratie de VGE ?

Tony Blair sans Margaret Tatcher ?

Barack Obama sans GW Bush ?

L'énergie de Nicolas Sarkozy sans l'immobilisme de Jacques Chirac ?

La normalité de François Hollande sans la provocation permanente de Nicolas Sarkozy ?

C'est tout le mystère des bons discours : susciter l'imaginaire en réaction à une réalité qui insupporte. Ce contexte rend plus humble la seule qualité de la plume.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, décembre 6 2014

Edito - Roland Dumas : « Ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël »

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Roland Dumas interrogé par Sihem Souid pour Le Point. Loin des simagrées des députés votant une résolution dépourvue de toute force juridique et qui relève de l’enfantillage – un État mité par des colonies, sans capitale, et sans liberté de circulation des habitants… une misérable manip’ politique – Roland Dumas s’exprime pour dire deux ou trois choses fortes et juges, reparler de la grande maison commune… Je me sens moins seul.

Que pensez-vous de la politique étrangère menée par François Hollande depuis son élection ?

Le général de Gaulle tenait à ce que la France soit indépendante. Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing (VGE) et Mitterrand ont été dans cette ligne de conduite qui donnait satisfaction à tout le monde, dire oui avec des réserves mais ne pas entrer dans le commandement intégré de l'Otan. Avec Chirac, des discussions ont eu lieu pour une réintégration, mais les contreparties qu'il voulait n'ont pas été acceptées (le commandement de la zone sud - la Méditerranée). Sarkozy a annoncé que la France réintégrait le commandement intégré de l'Otan. Avec l'arrivée de François Hollande au pouvoir, la politique étrangère a entériné ce changement de cap avec peu de débats internes et pas de débat public en réintégrant définitivement le commandement intégré de l'Otan, et cela, sans vraie contrepartie. En réalité, aujourd'hui, ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël. Aujourd'hui, nous sommes dans une alliance où la France n'a plus rien à dire. Nous n'avons plus de politique étrangère indépendante.

Quel œil portez-vous sur le travail mené par Laurent Fabius au Quai d'Orsay ?

Il a été mon Premier ministre, donc je ne peux pas en dire du mal (sourires). Vous connaissez le proverbe anglais "right or wrong, my country is my country". Il a été un très bon Premier ministre, mais il est un moins bon ministre des Affaires étrangères car il ne pousse pas les idées que je viens de vous exposer qui sont les idées traditionnelles de la France. La France a perdu son indépendance en matière de politique étrangère !

Que feriez-vous aujourd'hui si vous étiez encore ministre des Affaires étrangères ?

Je serais déjà toujours resté fidèle à la pensée socialiste. J'aurais rétabli une vraie politique française avec la Russie ! La France doit rétablir une relation privilégiée avec la Russie. Nous traitons mal les Russes, contrairement à ce qui peut se dire dans le monde ! Nous ne tenons compte d'aucun des engagements qui ont été pris, notamment avec Gorbatchev concernant la conférence de Moscou. L'alliance outre-Atlantique n'a pas tenu ses engagements envers Moscou. Je suis contre l'injustice même en politique internationale.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, décembre 1 2014

Edito - VGE : le grand oublié de l'anniversaire de la "loi Veil"

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La France a un vrai souci avec son Histoire. Tantôt elle l'oublie très rapidement. Tantôt elle le scénarise avec un sens de la discrimination assez surprenant. Ce fut le cas cette semaine avec les 40 ans de la "loi Veil" sur l'avortement. Il n'a jamais été question de VGE. Ou si peu.

Dans un régime où tout procède du Chef de l’État, là le Chef de l’État était ... absent. Il n'existait pas. Pas un commentaire pour quand même célébrer celui qui a eu le talent et le courage de nommer des personnalités comme Simone Veil ou Françoise Giroud.

A en croire l'actualité de la semaine écoulée, Simone Veil a été nommée toute seule. Elle a présenté le dossier de sa seule initiative. Où était donc Valéry Giscard d'Estaing à cette époque ?

C'est incroyable, cette incapacité à ne pas discriminer une lecture historique en France.

C'est probablement l'une des raisons du malaise de ce pays. Il n' a jamais l'honnêteté de regarder son Histoire en face. Ses meilleurs moments. Ses pires moments. Dans ces conditions, comment profiter des premiers et comment éviter les seconds ?

En 40, tous les Français ont été résistants.

En 60, la France n'a abandonné aucun de ses territoires. Quand elle a fait la guerre, la torture a été exceptionnelle, des faits personnels.

Et bien sûr, la France est écoutée de la terre entière.

Ainsi vont les légendes politiques bien orchestrées.

Une légende s'ajoutera : Simone Veil a été détachée de tout gouvernement pendant une loi qui mettait à l'épreuve une société, donc pas banale.

Il est même possible que la date anniversaire ne soit pas la bonne. Comme c'est le cas en espèce.

En 1974, au 1er tour de la présidentielle, si j'avais eu a le faire que crois j'aurai voté Jacques Chaban-Delmas. Au second tour en 1974, j'aurai voté VGE. Parce que François Mitterrand a toujours incarné à mes yeux la "gauche insupportable", celle qui porte le cœur en bandoulière, qui fait espérer les couches populaires mais qui vit dans les pires clichés de la "droite" à titre personnel. C'est si simple en France.

Dernièrement,sur France 2, j'ai regardé avec intérêt le portrait d'Arlette Laguiller. Quel air pur. Je ne partage pas ses idées. Mais quelle honnêteté dans ses combats. Quelle honnêteté entre ses combats collectifs et son comportement personnel.

Je pense VGE a été un bon et honnête président de la République. Malheureusement, à cette époque, j'étais trop jeune pour voter.... mais, je souviens de tout. Quelle belle mécanique intellectuelle. Sa campagne 1974 a été merveilleuse. une vraie fête.

Son bilan a porté des réformes de société considérables.

Quelle tristesse de ne pas l'avoir vu associé à l'une des réformes importantes de son mandat.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, octobre 19 2014

Edito - Les cinq responsables de la dette publique dénoncés par Contribuables Associés

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Ces « Frères Dalton de la dette », flanqués du célèbre Rantanplan, auront présidé à l’un des plus gros hold-ups de l’histoire de France : 2000 milliards d’euros de dette publique en 40 ans (plus de 31 000 € par habitant !), avec des budgets déficitaires depuis 1974.

En 2015, la dette publique française devrait atteindre le seuil symbolique de 100% du Produit intérieur brut (PIB)…

Comme nous en avertissons les Français et leurs dirigeants depuis un quart de siècle, cela n’est pas sans conséquence sur l’avenir, mais aussi sur le présent-même de la France : chaque année, l’État, donc nous contribuables, consacre son premier poste budgétaire au paiement des intérêts de la dette… Ce paiement, appelé « service » de la dette, engloutit la recette de l’impôt sur le revenu. Les impôts que vous venez de payer servent donc à payer les intérêts (et non la dette elle-même) résultant de mauvaises politiques depuis 40 ans.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, juillet 9 2014

Edito - La fin de la "Sarkonostalgie"

0.A00image_BUISSON_ET_SARKO.jpgEn cet été 2014, il n'y a plus vraiment de « Sarkonostalgie ». Sa popularité diminue au fil des épisodes judiciaires, Bygmalion et maintenant celui des écoutes. On évoque même parfois les contours incertains de la campagne de 2007 et que dire de celle d'Edouard Balladur en 1995 et son financement toujours en question.

Le leadership de Nicolas Sarkozy, son autorité ont été très contestés ces dernières semaines. D'abord par l'envie de certains de le voir définitivement tourner la page et de disparaître du champ politique actif. Par d'autres aussi qui expriment, au grand jour désormais, une lassitude quant aux alternances des postures narratives utilisées par l'ex-président, tour à tour dans le registre du recours, puis du devoir ou celui de la nécessité. Les mêmes qui regrettent le doute né de l'incertitude d'un retour toujours annoncé mais sans cesse repoussé. Ne restent dans l'espérance que les fidèles de Nicolas Sarkozy.

Mais on n'hésite plus maintenant à dresser le bilan de l'UMP avec Sarkozy. Le voici :... - la création de la Halde c’est l’UMP et non le PS

- la création du CFCM c’est l’UMP et soutenu par Sarkozy

- les permis de construire pour les mosquées existent aussi dans les communes UMP

- l’immigration « choisie » qui s’ajoute au regroupement familial c’est encore l’UMP et non le PS (il y a eu plus d’immigration que sous Lionel Jospin)

- la réduction de la « double peine » c’est Sarkozy

- le bouclier fiscal qui reporte la charge fiscale sur les classes moyennes, c’est encore Sarkozy

- l’accélération de la discrimination positive sur des bases ethniques, c’est aussi c’est l’UMP

- la réduction drastique des effectifs de police et de gendarmerie c’est encore Sarkozy

- l’interdiction de poursuivre les « jeunes » jusque dans les banlieues, c’était sur ordre de Sarkozy (exécutée par Michèle Alliot-Marie)

- l’adoption de la constitution de l’Euroland en violation du résultat du referendum, c’est encore et toujours l’UMP

- le projet de construction de l’Union méditerranéenne c’est l’UMP avec comme chef de file Sarkozy

- les filières favorisées pour certaines immigrations, et spécifiquement dans le droit, c’est toujours sous la houlette de Sarkozy (effectuées par Rachida Dati)

- l’engagement aux plus hautes fonctions de l’État de Dati, Yade et Amara, c’est Sarkozy. Or tant Dati et Yade appartenaient au Club du XXIe Siècle, club pro immigration à l’extrême.

- Cette même Yade militait au PS auparavant et avait comme idoles les Black Panthers et MalcomX

- N’oublions pas le regroupement familial mis en place par Chirac (RPR devenu UMP) lorsqu’il était 1er ministre de Giscard.

- la départementalisation de Mayotte par Sarkozy, terre 100 % musulmane ce qui induit des conséquences pour le moins regrettables sur le plan financier.

- La guerre en Libye faisant la place aux djihadistes c’est Sarkozy

- La vente de la France par morceau au Qatar, c’est sous Sarkozy

- 600 milliards de dettes nouvelles

- Augmentation de son salaire à 170 % pendant que les Français essayaient de nouer les 2 bouts.

- Le métissage forcé par déclaration télévisuelle c’est Sarkozy

- Les magouilles pour son financement aux présidentielles, en totale violation de la loi, c’est Sarkozy. Les frais étant répercutés sur l’UMP qui demandera par la suite… des DONS à ses adhérents pour renflouer cette escroquerie. En clair, il a été élu président sur une fraude.

- Et bien entendu son financement via Kadhafi. Ce qui n’a pas empêché de le tuer par la suite. Faire confiance à l’UMP, symbolisée par Sarkozy qui n’a pas hésité à tuer son mécène, ce serait une preuve de maladie mentale.

- Sarkozy a usurpé l’identité d’un Franco-Israélien

- L’UMP et les 24’000 euros de frais de billets d’avion pour la femme de Copé (respéciale dédicace à tous les cocus)

- 80 millions de dettes pour l’UMP et ce parti prétend encore gouverner la France ?

J’en oublie et des meilleures.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, mai 10 2014

Edito - VGE : aujourd'hui être révolutionnaire en France c'est être libéral

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Remarquable entretien de Valéry Giscard d'Estaing dans l'hebdomadaire Le Point de cette semaine. En quelques pages tout y est c'est à dire tout ce qui fait défaut à l'actuel débat politique Français : une vision, une approche internationale, des explications historiques ...

VGE évoque l'actuelle décadence de la France devenue le "pays qui se croise les bras", "celui où il ne faut surtout pas fatiguer les neurones".

VGE insiste sur la "France qui doit accepter les réalités du monde" alors que la France "conserve le modèle de la Libération".

C'est vrai qu'aujourd'hui être révolutionnaire en France, c'est être libéral.

Les socialistes sont d'abord devenus d'abord des bourgeois socialistes qui ne connaissent pas et n'aiment pas la classe moyenne. La gauche de la gauche est dans le refus des réalités. Seul le libéralisme permettra de redonner à la France le classement qu'elle perd, le niveau de vie qu'elle aliène et de respecter son apport historique en veillant à ce que ce libéralisme soit compatible avec une protection sociale de qualité.

C'est ce chemin que VGE évoque avec talent et lucidité.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE