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lundi, décembre 29 2014

Edito - Avec Podemos et Syriza, l’Europe va-t-elle suivre l’Amérique Latine ?

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Aujourd’hui, les parlementaires grecs votent pour le 3ème tour de la présidentielle. Si le candidat du pouvoir ne recueille pas 180 voix, des élections législatives anticipées seront organisées, offrant une nouvelle opportunité à Syriza. Avec Podemos en Espagne, la gauche radicale a le vent en poupe en Europe.

Les dérapages du Monde

La couverture de la montée de la gauche radicale est extrêmement révélatrice du fond idéologique de ceux qui en parlent. Pour le journal Le Monde « les mouvements d’extrême-gauche séduisent aussi des électeurs épuisés par une rigueur imposée ‘d’en haut’ depuis Bruxelles, et nostalgiques d’un État-providence généreux ». On ne peut sans doute pas faire plus déformé et donc révélateur dans le traitement de l’information. Le journal Le Monde alterne entre « gauche radicale » et extrême gauche, ce qui n’a pas le même sens. Puis, il parle de séduire, sous-entendant qu’il n’y a aucune démarche rationnelle dans le soutien à Syriza et Podemos, qui ne feraient que séduire et ne pourraient bien sûr pas convaincre les citoyens.

Passons également sur cette « nostalgie d’un État-providence généreux » si révélatrice d’une capitulation de cette gauche eurolibérale vis-à-vis des conquêtes que ces ancêtres ont défendues il y a des décennies. On y décèle également ce refus borné du débat qui consiste à dire que notre système de protection aurait forcément vécu, qu’il serait trop généreux et que in fine, il serait normal de le démanteler et que tous ceux qui le refusent seraient des nostalgiques archaïques. Ceci rejoint les déclarations de Jean-Claude Juncker et la visite de Pierre Moscovici à Athènes. Mais ces leçons suffisantes et superficielles pourraient finalement pousser les peuples européens plus encore dans les bras des alternatifs.

Une légitime révolte démocratique

Au final, la tournure des débats européens confirment ce sentiment que j’ai depuis quelques temps, à savoir que l’Europe finira par suivre l’Amérique Latine, Et la bonne nouvelle, c’est qu’elle semble se tourner vers des Lula et non des Chavez, car on ne décèle chez Syriza et Podemos qu’un véritable progressisme et en aucun cas les dérives autoritaristes de certains dirigeants de ce monde, rendant bien ridicule le qualificatif d’extrême-gauche utilisé par le journla Le Monde. Comme si refuser l’austérité (comme les « prix Nobel d’économie » Krugman et Stiglitz), vouloir réduire les inégalités ou remettre en cause l’Union européenne étaient extrémistes ! Bien sûr, le journal Le Monde pointe le fait que Syriza veut renégocier la dette de la Grèce.

Mais il ne faut pas oublier que l’Union européenne a déjà accepté deux fortes restructurations, que les niveaux actuels sont comparables à ceux qui avaient déclenché les premiers réaménagements. A moins que l’on pense que cela était des solutions extrémistes… Bref, ce que nous voyons sous nos yeux, avec Syriza et Podemos, c’est une réaction démocratique normale et bienvenue de citoyens qui pourraient bien renvoyer les deux grands partis qui ont été incapables de gérer leur pays (au point de laisser un quart de la population au chômage) et de donner les clés de leur destin collectif à de nouveaux venus qui, eux, se sont montrés capables d’exprimer leur révolte mais aussi de proposer une véritable alternative.

Merci aux Grecs et aux Espagnols de montrer qu’il y a une voie de sortie de cette impasse dans laquelle les dirigeants européens ont placé leurs pays. La solution, c’est le renvoi de ces partis décatis qui ne pensent plus, si ce n’est à leur ego et leur carrière, sans pour autant tomber dans l’extrémisme.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, décembre 24 2014

Edito - Et si la Grèce ne sortait toujours pas de l’impasse ?

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Hier a lieu le second tour de l’élection présidentielle grecque, qui devrait donner lieu à un troisième le 29 décembre, étant donné que le gouvernement peine à réunir une majorité qualifiée. 5 ans après le début de la crise, une pleine sortie ne semble malheureusement pas encore à l’ordre du jour.

Vers une impasse présidentielle ?

Il y a une semaine, le gouvernement n’a réuni que 160 voix sur 300 pour Stavros Dimas, un pillier du parti de centre-droit au pouvoir, ancien commissaire européen, et non les 200 nécessaires pour être élu. Déjà, il est proprement effarant que le Premier Ministre propose comme président du pays un ancien membre de cette troïka qui torture le pays depuis près de cinq ans. Le second tour ne devrait pas permettre de trancher car la majorité requise est également de 200 voix, le seuil baissant à 180 pour le troisième tour, qui doit être tenu le 29 décembre. Des bruits circulent sur de possibles tentatives d’achat des voix manquantes, auprès des membres d’un petit parti de droite hostile aux potions amères de la troïka.

Néanmoins, il ne faut pas exclure la possibilité que le gouvernement grapille les 20 voix qui lui manquent d’ici une semaine car l’opposition aux mémorandums est très morcelée et le Premier Ministre joue l’intox en annonçant qu’un échec « pourrait s’avérer fatal à l’évolution européenne du pays » et qu’une élection de son poulain « ne serait pas interprétée comme un plébiscite du gouvernement, mais comme le choix de défendre la Constitution et de respecter l’institution présidentielle ». Comme en 2012, Nouvelle Démocratie joue la carte de « moi ou le chaos », carte efficace dans un petit pays en crise où l’Europe représente une forme de garantie face au voisin Turc, avec qui le pays a été en guerre à Chypre.

Partie de poker sur l’Égée

Comme on pouvait malheureusement le prévoir dès 2010, s’ils sont révoltés par les politiques qui sont menées depuis maintenant près de 5 ans, les Grecs ne semblent pas vouloir couper le cordon avec l’Union européenne. C’est sans pour cette raison qu’Alexis Tsipras se dit « déterminée à maintenir la Grèce dans la zone euro ». On peut considérer cela assez paradoxal car ce faisant, il se prive d’une marge de manœuvre nécessaire pour relancer son pays (par la dévaluation et la monétisation de sa dette restante), mais, par conviction ou par calcul, le chef de Syriza ne l’aborde pas, même s’il promet hausse du salaire minimum et des dépenses publiques et annulation de deux tiers de la dette publique.

Romaric Godin, de La Tribune, a écrit, comme souvent, un très bon papier sur ce que fera Syriza s’ils arrivent au pouvoir, loin des caricatures souvent véhiculées. Il note justement qu’en cas de victoire de Tsipras, les dirigeants de l’Union européenne pourraient bien être contraints de céder et accepter une troisième restructuration de la dette d’Athènes plutôt que de se lancer dans un conflit qui pourrait inspirer d’autres pays d’Europe du Sud, comme l’Italie ou l’Espagne, où les opposants à la monnaie unique ont le vent en poupe. Mais la situation de la Grèce démontre aussi encore une fois que jamais la crise de l’euro ne finira car il s’agit d’une construction qui est bancale et artificielle. Elle ne prendra fin qu’à son démontage.

Et pendant ce temps, pour gagner du temps et protéger ce veau d’or moderne, on martyrise les peuples. Ce faisant, on constate que ce sont ceux qui appliquent les potions amères de la troïka qui sont déraisonnables. Il est dommage, même si cela était prévisible, que la voie de la raison tarde à s’imposer.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, décembre 18 2014

Edito - Taxe Tobin : François Hollande est vraiment le grand ami de la Finance

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Bien sûr, je n’ai jamais cru le président alors candidat, quand il faisait de la finance son adversaire, quelques jours avant de rassurer la City. Malheureusement, sur le dossier de la taxe Tobin européenne, il démontre qu’il est, depuis qu’il est élu, l’un des meilleurs amis de celle qui était censée être son adversaire.

Histoire d’une trahison

Il faut remercier Marianne et Bruno Rieth, qui résume parfaitement l’incroyable histoire d’une trahison. Mais comment François Hollande a-t-il pu dire pendant la campagne électorale que « mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance » avant de mener une telle politique ? Il faut dire que quelques jours après, il confiait au Guardian : « la gauche a gouverné pendant 15 ans, pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n’y a pas de crainte à avoir ». C’est le second texte qui faisait foi, comme le démontre Bruno Rieth dans Marianne. Depuis deux ans et demi, l’Elysée et Bercy ne cessent de défendre l’agenda des banques et de la finance.

Et quelle meilleure illustration que la position de la France sur la taxe Tobin. L’idée a trouvé une seconde jeunesse avec la grande crise, soutenue par Joseph Stiglitz, qui y voit un moyen de réguler la finance mais aussi de davantage la faire contribuer à la collectivité, motivation qui semble d’autant plus juste aujourd’hui que les Etats ont déversé des milliards pour la sauver et qu’ils accumulent les déficits. Même l’Union européenne, pourtant souvent influencée par les intérêts des multinationales, a fini par y céder et pousser un projet, farouchement combattu par le Royaume-Uni et les banques. Si la France fait partie du groupe de onze pays qui avancent, elle semble y être pour ralentir le mouvement et en réduire la portée.

Dépasser la droite par la droite

De manière assez extraordinaire, le PS tempère donc le projet lancé en 2011 par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ! Malheureusement, rien de bien surprenant si on s’en réfère aux propos de Pierre Moscovici à l’été 2013, qui jugeait les projets de la Commission, pourtant guère interventionniste, « excessifs ». Quand mettre un membre du PS à la Commission semble alors la droitiser… Depuis, Michel Sapin vend le projet comme une révolution alors qu’il s’agit d’un pétard mouillé. Le diable étant dans les détails, l’Union européenne avance avec un projet dérisoire qui taxe dix fois moins les dérivés que les actions et les obligations (on se demande bien pourquoi ?), puis qui finit par en exonérer plus de 95 % de toute taxe !

Et même ce projet croupion déclenche de l’urticaire au monde financier, dont l’opinion est bien relayée par The Economist, vent debout contre cette idée, surtout quand elle semble pouvoir s’appliquer aux échanges faits depuis Londres. Pas de problème : il semble, paradoxalement, suffire de passer par Paris pour porter l’estocade comme ce projet nain pour encore en retarder la portée et la possible application. Il faut noter que les sociaux-démocrates allemands, pourtant guère révolutionnaires jugent « essentiel que tous les dérivés soient inclus car le trading international de dérivés a désormais atteint un volume d’environ douze fois le PIB mondial ». Les enfants de Schröder plus interventionnistes que François Hollande !

C’est ainsi que le PS suit l’agenda des multinationales en baissant les cotisations sociales et en flexibilisant le travail, et ne remet pas en cause le laisser-faire financier. Un grand homme aurait dit qu’il « n’aimait pas les socialistes, parce qu’ils ne sont pas socialistes ». 50 ans après, ceci semble encore plus vrai.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, décembre 3 2014

Edito - Aurons-nous du gaz cet hiver ?

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Vladimir Fédorovski répond au FigaroVox : "La multiplication des sanctions de l'Union européenne contre la Russie n'a pas affaibli Poutine. Elle a même provoqué la naissance d'une aile nationaliste beaucoup plus radicale que Vladimir Poutine. Celle-ci exerce une forte pression sur le gouvernement et a entrainé la marginalisation de l'opposition libérale et pro-occidentale. Vladimir Poutine est donc contraint à une forme de surenchère, ce qui explique le durcissement de son discours.

Les conséquences économiques sont désastreuses pour l'Europe. En Allemagne où les milieux d'affaires sont affolés. 40 % du gaz allemand venant de la Russie, ces derniers craignent un effet domino: augmentation des tarifs de l'énergie en Allemagne, puis décrochage de la croissance allemande et enfin décrochage de l'Europe toute entière. En réalité, les intérêts vitaux de l'Allemagne sont en jeu et par ricochet les intérêts vitaux de la France."

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, novembre 15 2014

Edito - "Tourisme social": la Cour de Justice de l'UE valide l'idée de préférence nationale

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La Cour de justice de l’UE a statué mardi que les États membres de l’Union n’étaient pas tenus d’octroyer des prestations sociales à des citoyens d’autres États membres ne se rendant sur leur territoire que dans le but de bénéficier de l’aide sociale.

Les accusations portant sur un abus du principe de libre circulation entre États membres de l’Union européenne, ainsi détourné en « tourisme social », ont favorisé une poussée des formations europhobes, qui ont fait campagne pour une limitation de l’immigration. ...

La Cour de justice européenne a jugé mardi qu’un citoyen d’un État membre de l’UE qui migrerait dans un autre État membre, ne pourrait bénéficier de prestations sociales que si son séjour était conforme à la directive européenne sur la libre circulation. « L’une des conditions (…) pour un permis de séjour est que les personnes économiquement inactives aient des ressources propres suffisantes », a-t-elle jugé.

La directive cherche à empêcher que les citoyens de l’Union inactifs utilisent le système de protection sociale de l’État d’accueil pour financer leurs moyens d’existence, selon la Cour. La Cour, statuant sur un litige soulevé par l’Allemagne, a considéré qu’il appartenait à chaque État de juger de l’octroi ou non de ces prestations sociales.

Source : Le Point

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, novembre 2 2014

Editi - La tragi-comédie européenne dérisoire et révélatrice sur les budgets

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Ces dernières semaines, les capitales européennes n’ont pas cessé de débattre de leur budget et de celui des pays voisins. Les nouvelles règles européennes (six pack, two pack et le TSCG) ont révolutionné la façon de préparer cet élément fondamental de notre vie commune qu’est le budget d’une nation.

Règles et relativité

Comme au début des années 2000, quand Berlin et Paris avaient délibérément ignoré les règles du Pacte de Stabilité, les règles européennes semblent être faites pour ne pas être respectées. Cela a déjà été le cas pour la plupart des pays qui ont eu recours à « l’aide » européenne pendant la crise des dettes souveraines. L’Espagne était sensée atteindre 6 % du PIB de déficit en 2012, 4,5 % en 2013 et 3 % en 2014. Elle sera à 5,7 % cette année. Idem pour la Grèce ou le Portugal. Mais depuis 2013, la contagion touche désormais les pays qui ne sont pas passés sous les fourches caudines de la redoutable troïka. Les objectifs ne cessent d’être repoussés à Paris, à Rome, à Vienne et ailleurs.

La France est un des cas les plus frappants puisque Pierre Moscovici avait annoncé un déficit à 3 % du PIB en 2013 à son arrivée à Bercy. Un an plus tard, il a reconnu qu’il faudrait attendre 2015, et un an plus tard, Michel Sapin a encore repoussé l’objectif de deux ans. De manière effarante et ironique, c’est Pierre Moscovici, l’architecte de l’échec financier de la France, qui est devenu le très improbable Commissaire Européen à l’économie. Quel meilleur signe de l’irresponsabilité et de l’inconséquence de l’UE ? Tout ceci pose un gros dilemme à l’UE : que faire face au non-respect par Paris de ses objectifs ? Cette semaine, Michel Sapin a lâché 3,6 milliards pour éviter toute sanction.

Un système fou

Le système actuel a démontré son échec, exactement comme les opposants à l’austérité, dont j’ai fait partie dès le début, l’avaient anticipé. Fin 2009, j’écrivais, sur la Grèce, que « la déflation compétitive (…) serait extrêmement brutale et aurait sans doute des conséquences sociales violentes » et en mai 2010 que le plan « ne fait que repousser les problèmes à plus tard en les aggravant ». C’est le paradoxe de cette situation où les politiques de réduction des déficits demandées par l’Europe provoquent une déprime économique qui empêche directement l’atteinte des objectifs définis par ces mêmes politiques ! C’est sans doute pour cela que les écarts finissent par être admis car ils sont généralisés.

Ce faisant, tout le monde est perdant. L’UE, parce que presque personne ne respecte ses objectifs, la faisant apparaître comme l’avocate d’une austérité sans cœur, inefficace et impossible à respecter. Mais cela lui permet aussi de gagner de nouveaux pouvoirs, même si elle rechigne parfois à les utiliser. Les pays parce qu’ils apparaissent comme des mauvais élèves et qu’ils ont cédé une partie de leur autorité. Et les peuples européens souffrent depuis 2008, ne parvenant pas à sortir d’une crise dont l’origine leur est étrangère mais qui y restent de manière bien spécifique.

Tout ceci a pour seul mérite de montrer que l’Europe politique n’a pas de sens étant donnée l’hétérogénéité des situations. Elle ne fait que créer une complexité dysfonctionnelle et déresponsabilité pour les dirigeants nationaux et européens, qui en viennent à torturer leur propre population.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, octobre 25 2014

Edito - Budget : La Commission européenne ne fait que rappeler la règle du jeu

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Hier, François Hollande et Matteo Renzi fulminaient contre la Commission européenne qui avait osé leur adresser une lettre les invitant à rectifier leur projet de budget. Atteinte intolérable à la souveraineté nationale ! Sauf que la Commission se contente de mettre en œuvre les procédures… adoptées par les dirigeants politiques des États européens. C’est en effet très clair : au fil du temps, les États ont créé un système donnant compétence à la Commission pour les réguler. François Hollande et Mattéo Renzi, sont deux souris prises au piège qu’elles ont inventé.

Tout part du traité de Maastricht… en 1993

Pour instaurer la monnaie unique, il fallait que les économies nationales, déjà très interdépendantes, aillent dans le même sens. Le traité de Maastricht a ainsi créé le « pacte de stabilité et de croissance » fixant des critères de convergence des économies, avec un déficit public fixé à 3 % du PIB et une dette publique brute à 60 % de la richesse nationale. Ce pacte prévoyait des sanctions en cas de non-respect… Hahaha…

L’étape suivante a été la création d’un calendrier, permettant une concertation véritable pendant la la préparation des budgets. C’est le fameux « semestre européen » : on fixe un point d’étape tous les six mois, et on dote la Commission d’un bel outil, neutre, l’examen annuel de croissance (EAC), qui permet de rectifier les prévisions, souvent trop optimistes, des gouvernements. Fin 2012, dans son EAC, la Commission européenne proposait cinq priorités : assainissement budgétaire différencié propice à la croissance ; promotion de la croissance et de la compétitivité ; lutte contre le chômage et les conséquences sociales de la crise, rétablissement de conditions normales d’octroi de crédits à l’économie ; modernisation de l’administration publique. Donc chaque État va à sa guise, mais respecte le cadre qu’il a confié à la Commission de fixer.

« Six pack » et « two-pact »

C’était bien, mais trop mou du genou, comme l’ont montré les crises grecque et portugaise. Les politiques ont adopté deux ensembles de textes, le « six pack » en 2012 et le « two-pack » en 2013. Chaque fois, on trouve : l’initiative du Conseil européen – l’organe politique de l’Europe –, le vote des parlements nationaux, et le vote du parlement européen. La Commission qui ne prend pas le melon : elle applique les textes que les politiques ont adoptés.

Le « six pack » permet à la Commission de demander des corrections aux projets de budgets, et inclut un volet répressif, autorisant la Commission à lancer, après deux rappels, la procédure dite « d’application rigoureuse ». Dans ce cas, l’État doit verser une garantie portant intérêt, et le texte organise un système pour que le Conseil européen ne puisse s’opposer à ces sanctions. Toujours le même jeu : les États se méfient d’eux-mêmes, et renforcent les pouvoirs de la commission.

Le « Two Pact » est entré en vigueur le 30 mai 2013, donc hier. Il prévoit un suivi très intrusif, et des sanctions.

Les États doivent adoptent leur projet de budget avant le 15 octobre. La Commission examine alors ce projet et émet un avis avant le 30 octobre, pouvant demander des modifications. La Commission diffuse les projets pour que chaque État soit informé et puisse faire pression sur les vilains canards qui pataugent à plus de 3 %. Le débat dure un mois, jusqu’à la fin novembre. Par ailleurs, pour éviter la gonflette des prévisions de croissance, les États doivent se fonder sur des prévisions de croissance indépendantes et soumettre son budget à un organisme indépendant de contrôle budgétaire. En France, a été créé le Haut Conseil des Finances publiques… lequel s’est prononcé, en disant que le budget n’était pas sincère.

Comme si ça ne suffisait pas, les États ont adopté le pacte budgétaire inclu dans le Traité sur la stabilité, la gouvernance et la coopération (TSCG), qui prévoit que les États doivent disposer de budgets équilibrés, une « règle d’or » européenne qui doit devenir réalité en 2018, avec des sanctions financières à la clé. Wahou…

Bilan ? L’État reste souverain, et le Parlement vote le budget qu’il veut. Mais c’est une crise politique ouverte si un État fait un bras d’honneur… aux règles qu’il a lui-même créées, et qu’il devrait respecter de lui-même par honneur pour sa signature.

Le cas de la France

La France fait partie des 8 pays placés « sous procédure de déficit excessif », car trop loin des 3 %. Elle propose 4,3 % de déficit public en 2015 et un passage sous la barre des 3 % reporté à 2017, les deux chiffres étant irréalistes.

Jyrki Katainen, commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, a écrit François Hollande :

«Je vous écris pour vous demander les raisons qui ont conduit à ce que la France prévoit de dévier des objectifs budgétaires fixés par le Conseil, en ce qui concerne à la fois le déficit public général, et l’ajustement de l’équilibre structurel en 2015. Je voudrais également savoir comment la France prévoit de se conformer à ses obligations de politique budgétaire en 2015, conformément au pacte de stabilité et de croissance.

«A partir de la proposition française, il ressort que l’ébauche de proposition budgétaire ne prévoit pas de ramener le déficit public global sous la barre des 3% du PIB définie par les traités d’ici 2015, qui correspond à la date butoir fixée par le Conseil dans ses recommandations du 21 juin 2013 – avec l’objectif de mettre fin à la procédure de déficit public excessif pour la France».

«D’après notre analyse préliminaire, l’ajustement du déficit structurel devrait ressortir à un niveau bien inférieur au niveau recommandé. Dès lors, tout porte à croire que l’ébauche de programme budgétaire pour 2015 prévoit de manquer aux obligations budgétaires qui découlent des recommandations du Conseil, sous la procédure de déficit public excessif».

Le dialogue va se poursuivre. Si la Commission n’est pas convaincue, elle rendra un « avis négatif ». Hollande pourra répondre « Je m’en tape, le Parlement est souverain », ce qui est exact. Mais la Commission ne fait que rappeler à la France les règles que la France avait estimées nécessaire pour tenir l’économie.

Au lieu de taper sur la Commission, qui ne fait que son travail, François Hollande et Mattéo Renzi – s’ils avaient un peu de courage politique – devraient ouvrir des discussions au sein du Conseil européen pour modifier les règles, dégager le « Six pack », le « two-pact » et le pacte budgétaire inclu dans le Traité sur la stabilité, la gouvernance et la coopération (TSCG). Là ce serait assumer,… quitte à payer le prix. Mais protester contre la règle sans demander que la règle change, c’est nul.

Chiche ?

Le Rédacteur en cgef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, septembre 22 2014

Edito - François Hollande nous raconte des histoires

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Jeudi, François Hollande a fait sa quatrième conférence de presse du quinquennat, alors que nous approchons de la moitié de son mandat. Que retenir de ce long exercice de style, qui complète le très riche dispositif de communication du président depuis la rentrée politique ?

La fin du président normal

Il semble décidément bien loin le temps où le candidat François Hollande promettait d’être un « président normal », un concept qui renvoyait aux innombrables aspects anormaux du président sortant. Mais la dureté des temps, l’atonie économique, un chômage en hausse, un pouvoir d’achat en baisse, une impopularité qui bat des records ont poussé le président de la République a changé de ton. Il a de facto dit que sa fonction n’est pas normale et donné à cette conférence de presse une dimension cérémoniale assez contradictoire avec sa promesse d’être un président normal. Dans l’adversité, il trouve du réconfort dans les ors et le cérémonial de la Cinquième République, comme d’autres avant lui.

Devant son échec économique patent, comme beaucoup d’autres présidents de la République en difficulté sur cette question, François Hollande a décidé de mettre l’accent sur les questions internationales, qui lui donnent un statut plus présidentiel et une dimension de chef, deux dimensions sans doute importantes alors que Nicolas Sarkozy vient d’annoncer son retour. L’intervention militaire en Irak lui permet de parler comme chef des armées, un rôle définitivement pas normal, qui doit combattre l’idée qu’il ne serait pas à la hauteur de sa fonction. Nous avons également eu droit à un couplet un peu facile en réalité sur l’Ebola, contre lequel « la France doit là aussi prendre ses responsabilités ».

Ce n'est pas sa faute à lui

L’autre petite musique qu’a essayé de faire passer François Hollande pendant toute la conférence de presse, c’est qu’il ne serait pas le principal responsable des difficultés du pays. Trois coupables dans son argumentation : Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et l’Union Européenne. Jouer encore sur le bilan de son prédécesseur près de deux ans et demi après avoir été élu est quand même un peu fort de café. François Hollande a eu tout le temps nécessaire pour redresser la situation en 2014. Sur l’Allemagne, il n’a pas peur des paradoxes en tenant un discours finalement assez proche de celui d’Arnaud Montebourg et pour lequel il a congédié son ancien ministre il y a moins d’un mois.

Enfin, il y avait quand même quelque chose d’incroyable à voir le président pleurnicher sur la direction de l’Union Européenne, qu’il faudrait réorienter, sempiternel discours du PS depuis les années 1970 alors qu’il a soutenu absolument tous les traités qui ont été signés depuis 30 ans, et qui définissent ce qu’est l’UE aujourd’hui. Au final, François Hollande se présente comme une victime des mauvais éléments qui se battraient avec courage dans l’adversité. Sauf qu’il ne se soucie que de raconter une belle histoire aux Français pour essayer de se représenter avec succès en 2017 sans s’intéresser au fond des problèmes contre lesquels il utilise les mêmes recettes qui échouent depuis 30 ans.

D’ailleurs, cette conférence de presse n’a pas eu un grand impact et a finalement été éclipsée par l’annonce du retour de Nicolas Sarkozy. Il faut dire qu’elle était aussi légère sur le fond que longue sur la forme. Il se contente de vouloir raconter une histoire qui le présente sous le meilleur angle.

le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, septembre 4 2014

Edito - Michel Onfray : « Le libéralisme de l’UE, c’est la catastrophe pour des millions de personnes »

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« Vous avez la foi en l’UE, vous avez la foi en l’euro et vous nous expliquez qu’on ne peut pas en sortir, que ce serait la catastrophe. Mais c’est déjà la catastrophe pour des millions de Français actuellement. »Michel Onfray

« La France est majoritairement souverainiste. Il ne s’agit pas d’enterrer l’Europe mais d’en faire une autre. »

Vidéo de Michel Onfray (5:31 min)

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, juillet 26 2014

Edito - "Des migrants par millions", disent les services secrets !

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Il Tempo : Ils sont des millions. Ils fuient la guerre, des dictatures, des persécutions religieuses, la faim. Et ils ont toute la même destination: l’Italie. Pour beaucoup c’est seulement une terre de passage, pour d’autres la destination finale de leur voyage désespéré. Ils viennent de la Tunisie, du Maroc, de l'Égypte, de la Syrie, de la Corne de l’Afrique, du Subsahara, de l’Érythrée, de la Somalie, du Nigeria, du Soudan, du Congo, de l’Inde, du Sri Lanka, des Philippines.

Pour ce qui concerne l’Afrique, 90 % atteignent les côtes libyennes pour se diriger vers la Péninsule italienne. Un exode biblique qui enrichit les marchant d’hommes en favorisant le trafic de drogue et l’infiltration de terroristes islamistes potentiels. Cet exode fait exploser les structures d’accueil, appauvrit les caisses de l’État et cela compromet l’efficacité des contrôles sanitaires, en donnant maintenant vie au spectre de la diffusion de maladies infectieuses comme l’ebola meurtrier, le tbc, la méningite, le choléra...

La « forteresse Europe » est attaquée. Et le pied-de-biche pour accéder à l’UE passe par les côtes italiennes. Conflits à fond religieux ou inter-tribales, dictatures impitoyables, famines et progrom intérieurs poussent une masse énorme de gens à chercher leur salut dans l’émigration, un phénomène qui ces derniers mois a pris une dimension alarmante. Et, en effet, les services secrets sont alarmés. Beaucoup. Dans leurs rapports, soulignent que les progrom récents sont attribuables aux deux facteurs principaux: « les combats entre milices en Libye et la guerre civile en Syrie ».

Dans le cas premier, après la chute de Kadhafi, l’État central est en train d’effriter sous la pression des luttes entre tribus et des séparatistes « excessifs en Cyrénaïque et dans le Fezzan. » Le pays est divisé et les organisations criminelles en profite pour développer leurs trafics illégaux, en comptant aussi sur la corruption de de ceux qui contrôlent les frontières. Dans ce tableau, beaucoup de milices irrégulières, « les Katibe » exploitent le phénomène pour s’autofinancer. De leur point de vue, l’opération Mare Nostrum représente une opportunité : ils savent qu’ils vont devoir affronter un parcours plus bref qu’avant, en pouvant compter sur l’intervention de la Marine italienne pour secourir les naufragés éventuels ou chalands à la dérive.

En Syrie trois facteurs sont à l’origine des fuites massives : la guerre civile qui semble ne pas avoir de fin et qui emmène beaucoup de réfugiés déjà sortis du Pays quitte à « perdre chaque espoir d’un retour rapide en Patrie » et donc à tenter d’atteindre l'Europe du Nord, toujours à travers l’Italie ; l’attaque des communautés « chrétiennes » de la part des musulmans intégristes, Al Qaïda ; l’indigence croissante de la population.

La Libye est le point de départ maintenant de 90 % des migrants provenant du « continent noir ». Une sorte de « hub migratoire privilégié ». Et c’est là que se concentre le nombre le plus grand de gens dans l’attente de s’engager pour la Sicile ou, chose rare, pour la Calabre. Par contre beaucoup de Syriens mais aussi des Palestiniens passent par la Turquie avec des vols de ligne. La « nouvelle filière turque » trouve son origine aussi dans les politiques antiterroristes et anti-criminelles du gouvernement du Caire qui considère les syriens voisins réfugiés comme des proches des « Frères Musulmans déchus ».

Aussi le Sahel est devenu un couloir important pour les trafiquants d’hommes, grâce à la porosité des frontières et à l’instabilité politico-économique. Mais les préoccupations des services secrets ne concernent pas seulement la Libye et la Syrie. Dans l’avenir immédiat, ils prévoient que les flux migratoires auront aussi pour origine la République Centrafricaine dévastée par les combats entre rebelles et des religieux persécutés, qui ont déjà fait un million de réfugiés. Au Nigeria les milices de Boko Haram ont presque provoqué l’an dernier un demi million de « déplacés » pendant que 60.000 Nigériens se sont échappés au Cameroun, au Tchad et au Niger (…).

La prévision des services secrets est que à cause de l’impuissance des hommes politique « d’être certains et fiables » à pouvoir maintenir valides les pactes établis entre notre Pays et la Libye, le phénomène va prendre des formes plus structurées. Ce n’est pas tout, le trafic de clandestins et la nécessité de contrôler le territoire à cette fin favorisent le trafic de drogue, d’armes et la contrebande.

Enfin on ne peut pas être tranquille. Aussi parce qu’il y a le risque d’épidémies. Le nombre exceptionnel de migrants arrivé rend ardu les « contrôles sanitaires à bord de nos navires et dans les points d’abordage Siciliens ». Et, quoique pour le moment il y n’ait pas de « signaux » de pathologies dangereuses, on relève la diffusion entre les populations africaines du virus Ebola, présent en Guinée, au Libéria et a au Sierra Leone. Du choléra, au Soudan, de la tuberculose et de la poliomyélite, dans la Corne de l’Afrique et dans la zone Subsaharienne. De la méningite, dans l’enclave ibérique de Melilla et du Mers, un syndrome respiratoire très différent du Sars, en Algérie et en Arabie Saoudite.

Ils arriveront non seulement nombreux mais ils seront bientôt très enragés. En effet, nos structures d’accueil sont saturées maintenant et cela aggrave « les conditions de privation des migrants », ce qui engendre des protestations, « aussi violentes », comme des épisodes d’« automutilation » et de fuites en masse.

Cet exode pourrait compromettre l’intégration des étrangers en développant l’agrandissement des ghettos « ethniques », et en exposant les migrants à prostitution et travail noir ou à l’enrôlement dans le milieu organisé, intéressée à « intercepter les demandes de quelques entrepreneurs » méridionaux pour le travail dans les champs.

Finalement l’invasion peut rendre difficile les procédés d’identification des nouveaux venus en permettant de faire entrer dans nos frontières nationales des « criminels ou des terroristes djihadistes. » Nos gouvernants sont avertis."

Source

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, juin 19 2014

Edito - Etats-Unis - Russie : c'est l'inversion des valeurs auxquelles nous étions habitués !

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Lors de son entretien à Europe 1 et TF1 le 4 juin, Vladimir Poutine a déçu une partie de la presse française car ses propos étaient en contradiction avec la caricature qu’ont fait de lui certains médias français, selon Ivan Blot :

"Ils voulaient voir un dictateur impérialiste et ont entendu un président démocrate et patriote. La déconvenue de ces journalistes russophobes montre qu’ils sont des hommes rivés sur le passé. Dans le passé, les États-Unis étaient une puissance conservatrice libérale et chrétienne, l’URSS était une dictature communiste athée. Les États-Unis étaient les libérateurs de 1944 face à l’occupation allemande. L’URSS, bien qu’ayant été l’ennemi principal d’Hitler, était surtout la puissance d’occupation de l’Europe de l’Est, enfermée derrière le rideau de fer.

Aujourd’hui, tout s’est inversé et il est difficile de changer ses habitudes de pensée. La Russie est une puissance conservatrice, libérale et chrétienne. Les États-Unis exportent de plus en plus au nom des droits de l’homme déformés, une idéologie égalitaire dogmatique qui s’oppose à la famille, à la religion et à la patrie, en tous cas dans tous les pays étrangers. Ils ont introduit ou contribué à introduire le chaos en Irak, en Afghanistan, en Lybie, voire en Syrie, avec des interventions militaires désordonnées, justifiées par des mensonges comme en Irak ou des interprétations frauduleuses de décisions de l’ONU comme en Lybie.

C’est l’inversion des pôles : la Russie est dans le camp de l’ordre et de la paix, les USA dans le camp des révolutions et des coups d’État voire des guerres.

Pourtant, des journalistes et des hommes politiques veulent continuer de voir dans la Russie une dictature impérialiste comme l’URSS d’autrefois.Hillary Clinton s’est permis des comparaisons entre Poutine et Hitler, ce qui est une ignominie mais aussi une stupidité : à ce compte, c’est comme si l’on accusait madame Angela Merkel d’être une communiste autoritaire sous le prétexte qu’elle a fait partie du dernier gouvernement communiste d’Allemagne de l’Est.

Pour l’Europe, c’est la même chose. L’Union européenne a été créée sur un modèle non démocratique mais bureaucratique, celui des agences fédérales américaines créées par Roosevelt. Aujourd’hui, le monopole de la proposition des lois par la Commission de Bruxelles, le cumul en son sein des tâches législatives et exécutives ne se justifient plus, (...)

En économie, c’est la même chose. Beaucoup de politiciens et fonctionnaires français ont été formés à l’École nationale d’administration (ENA) qui, sur le plan de l’enseignement de l’économie, avait 30 ans de retard, restant à Keynes et ignorant les économistes plus modernes comme Hayek. Résultat : on a les impôts les plus décourageants du monde, un interventionnisme brouillon de l’État et des réglementations archaïques. (...)

Notre système de formation des élites en sciences sociales est archaïque et beaucoup d’hommes politiques français vivent encore sur des vieilles idées diplomatiques ou économiques des années 1950. (...)"

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, juin 1 2014

Edito - Le roi est nu : la souveraineté limitée

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Le premier grand secret que nous cache l’oligarchie politicienne tient à ce que les États européens ont perdu leur souveraineté et donc que les gouvernements nationaux gouvernent – c’est-à-dire choisissent – de moins en moins par eux-mêmes.

Les États de la zone euro ont ainsi perdu leur souveraineté monétaire au profit d’une banque (la Banque centrale européenne) qui est devenue en outre le tuteur souverain de toutes les banques centrales de la zone.

Ils ont aussi perdu l’essentiel de leur souveraineté budgétaire avec la mise en œuvre du TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) signé en mars 2012 et entré en vigueur dans notre ordre constitutionnel. Ce traité impose en effet des règles d’équilibre budgétaire, de correction et de sanctions automatiques en cas de déséquilibre : il impose aussi l’examen des données budgétaires par un organisme indépendant, c’est-à-dire, dans l’esprit de ses promoteurs, non élu.

Les parlements des États de l’Union européenne ont également perdu l’essentiel de leur pouvoir législatif puisque leur rôle se borne de plus en plus à transcrire les décisions prises par les autorités de Bruxelles et notamment de la commission.

Enfin, les pays européens ont perdu l’essentiel de leur souveraineté de défense puisque celle-ci est transférée à l’OTAN, qui est une organisation contrôlée par les États-Unis, puisque l’Union européenne se garde bien de mettre sur pied une véritable défense européenne. La France possède, certes, une capacité nucléaire autonome, mais elle a réintégré l’OTAN, comme on le sait, à l’initiative de Nicolas Sarkozy et fait preuve depuis d’un alignement exemplaire sur les positions de Washington.

Source : Polemia

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, mai 25 2014

Edito - Chypre, une ile coupée en deux, voire en trois…

0.Achypre-ente-l-europe-et-la-turquie.jpgAlors que Chypre est membre à part entière de l'union européenne depuis le 1er mai 2004, le passé et le passif de cette île n’est pas vraiment connu de nous autres Européens, notamment les dernières évolutions de ce territoire coupé en deux depuis 1974, après l’occupation du nord du pays par l’armée turque. Une intervention qui a modifié aussi la sociologie et l’économie du pays. En fait, Chypre n’est pas seulement coupé en deux mais en trois, avec deux bases sous pleine souveraineté britannique qui abritent non seulement les avions britanniques mais servent également aux alliés (américains essentiellement) pour poser leurs avions et déplier leurs « grandes oreilles ». A deux pas de la Syrie, du Liban, d’Israël… c’est toujours utile…

J’ai relu hier ce livre de Jean-François Drevet et je conseille à chacun de lire et/ou de le relire. Car il campe à la fois le paysage politique de cette séparation mais aussi ses conséquences en matière de population comme économiques. Alors que le nord semblait s’appauvrir, le sud retrouvait un certain dynamisme. Les négociations du début des années 2000 sous l’égide de Kofi Annan ont failli aboutir mais ont buté sur des intransigeances des deux cotés. A lire J.-F. Drevet, on comprend que la situation n’est pas toujours très simple. Et qu’on ne peut imputer ce rejet vraiment aux chypriotes grecs, du moins à eux seuls.

L’intérêt de l’intégration européenne semble visible, même si l’Europe hérite ainsi d’un pays coupé en deux par un mur. Mais finalement cette situation un peu ubuesque – où le nord est à la fois dans l’Union européenne et hors d’atteinte de l’UE – n’est pas vraiment une première. C’était déjà le cas de l‘Allemagne de l’Est pendant une trentaine d’années.

Normalien, géographe, Jean-Francois Drevet a été responsable de la prospective, puis de l’élargissement à la DG (direction générale) de la politique régionale de la Commission Européenne de 1989 à 2005.

• Chypre, entre l’Europe et la Turquie (éditions Karthala, 2011, 356 p., 24 euros);

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

Edito - La schizophrénie européenne de Nicolas Sarkozy

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Finalement, il s’est exprimé. Comme à la veille des élections municipales, l’ancien président de la République a sorti une tribune qui lui permet de continuer à exister médiatiquement. L’occasion de rappeler à nouveau les incohérences de sa pensée sur l’Europe.

Un coup pour les UE-sceptiques

Nicolas Sarkozy est un récidiviste dans la critique de l’UE. Déjà, lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2007, il critiquait l’euro cher et proposait un nouveau traité qui prendrait en compte le « non » des Français au TCE. En 2012, il remettait le couvert en critiquant la politique monétaire européenne. Dans cette tribune au Point, il dénonce « un échec sans appel de la politique migratoire européenne » et propose de suspendre Schengen ! Il dénonce également l’excès de pouvoir de la Commission qui « ne devrait plus avoir de compétences législatives puisqu’il y a un Parlement européen ». Enfin, il propose de « diminuer drastiquement l’étendue des compétences communautaires ». Ce faisant, les opposants de l’UE peuvent trouver des points de convergence.

Mais le problème avec Nicolas Sarkozy, comme souvent, c’est qu’il parle beaucoup mais n’agit pas. En effet, voici un ancien président de la République qui s’est retrouvé dans une position de force en 2007 pour négocier un nouveau traité européen après le rejet du TCE par référendum. Contre une ratification par la voie parlementaire, il pouvait demander beaucoup à nos partenaires : une réforme de la politique monétaire, une réforme de Schengen, dont cet ancien ministre de l’intérieur connaissait les failles. Mais il n’a absolument rien, faisant accepter à Lisbonne une copie conforme du TCE rejeté par les Français. Pour lui aussi, les promesses ne semblent engager que ceux qui les écoutent.

Un coup pour les fédéralistes

Il faut dire que son discours est totalement contradictoire car une partie de son texte pourrait être signée par les plus fédéralistes des fédéralistes. En effet, « il sait maintenant que l’on n’est pas seulement d’un pays, que l’on appartient tout autant à un continent ». Les Français seront heureux de savoir que la France n’est pas plus importante pour lui que le reste de l’Europe. Il avance aussi qu’il « voit un grand mérite à l’Europe (…) elle nous protège des dérives idéologiques de nos gouvernants ». Voici l’admission que la construction européenne actuelle est bien profondément anti-démocratique par nature !

Enfin, il appelle à « la création d’une grande zone économique franco-allemande cohérente et stable au cœur de la zone euro qui permettra d’abord de mieux défendre nos intérêts (…) en gommant nos handicaps fiscaux et sociaux ». Une lubie d’ancien président qui ne l’a pourtant pas fait quand il était au pouvoir. Et on peut aussi voir dans le fait de « gommer nos handicaps fiscaux et sociaux » une perspective de baisse de notre protection sociale et nos salaires. Merci de nous prévenir pour 2017 ! Ce faisant, Nicolas Sarkozy fait une synthèse de son camp politique, quitte à donner le tournis.

Mais ce que montre principalement cette tribune, c’est l’incohérence de la pensée de Nicolas Sarkozy, à cheval sur deux positions opposées. Cela nous rappelle utilement le grand écart qu’il y a depuis plus de sept ans entre ce qu’il dit de l’Union Européenne et ce qu’il en a fait.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, mai 24 2014

Edito - Alain Lamassoure est le responsable de la suppression des contrôles aux frontières

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Dans cette interview, Alain Lamassoure se fait une gloire d'avoir "tenu bon pour supprimer les contrôles aux frontières". Il est donc très directement responsable des frontières passoires que l'Union européenne a imposées aux États ayant signé les accords de Schengen. Alain Lamassoure est la tête de liste Ile-de-France pour l'UMP aux élections européennes.

C'est ici (vidéo de 1.45 min).

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, mai 23 2014

Edito - Léonarda, elle, a tout compris du fonctionnement de l'Union européenne...

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Léonarda, elle, a bien compris que le droit européen est en sa faveur :

« on attend que notre passeport (croate) soit prêt et on est libre, on peut aller où on veut après. Parce que c’est l’Europe et puis voilà ».

Pendant ce temps, Le FN détourne sans gêne l'image de Leonarda pour faire campagne.

En utilisant une photo de la jeune Kosovare pour faire campagne sur Twitter, le parti de Marine Le Pen s'expose à de possibles poursuites judiciaires.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mai 22 2014

Edito - L'homme qui ose tout publie six pages dans Le Point

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Nicolas Sarkozy fait partie de ces hommes qui osent tout :

- En 2005, les Français se sont prononcés par referendum contre la constitution européenne. Il a osé contourner le vote des Français et amené les parlementaires Gauche et Droite confondus à violer leur consentement.

- Au cours de son mandat, il a laissé l'immigration atteindre des sommets inégalés et maintenant il prétend qu'il veut faire modifier les accords de Schengen. Il avait pourtant fait dans un discours mémorable l'apologie du métissage voulu et "obligatoire".

- Il a osé faire retirer l'obligation d'un referendum pour l'entrée de la Turquie ou de nouveaux arrivants dans l'Union européenne.

- Il n'a jamais remis en cause la pertinence d'une monnaie unique pour 18 pays aux économies divergentes ; ce qui est la preuve d'un fédéralisme non avoué. Il a par ailleurs fait l'apologie d'un gouvernement mondial vers lequel le fédéralisme européen est la première marche.

- Il a endetté la France de plus de 600 milliards d'Euros et poussé le pays à l'extrême limite de l'endettement possible.

Après cela, il ose aujourd'hui donner des leçons aux Français.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

Edito - Grâce à Schengen, Léonarda va pouvoir revenir en France !

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Dans une note confidentielle datée du 12 février, adressée par le service de sécurité intérieure (SSI) de l’ambassade de France à Pristina (Kosovo) à Manuel Valls, il apparait que la famille de Léonarda a entamé des procédures pour changer de nom.

Un rapport que dévoile Valeurs Actuelles

Dans ce rapport que Valeurs actuelles s’est procuré, les policiers et les gendarmes en poste relèvent « que M. Reshat Dibrani (…) père de la jeune Léonarda Dibrani, (a changé) de patronyme pour celui de Reshat TAHIRI ». Ce nouveau patronyme « correspond à celui d’un autre membre de la fratrie (…) installé en Croatie ». Au cours de leur enquête, ils se sont aperçus « que M. DIBRANI/TAHIRI ne se trouvait plus avec sa famille au Kosovo, qu’il était parti, depuis le 10 février 2014, rendre visite à son frère, installé en Serbie ». Les services Français ont demandé à leurs homologues kosovars les raisons de ce changement de nom, sans obtenir de réponse.

Deux hypothèses sont envisageables : la famille de Léonarda cherche à obtenir la nationalité Croate pour bénéficier d’une disposition du 1er juillet 2013 permettant aux citoyens croates d’entrer librement dans tous les états de l’Union européenne avec une simple carte d’identité. Autre possibilité : les Dibrani veulent obtenir la nationalité serbe. En effet, depuis le 30 novembre 2009, les citoyens serbes peuvent entrer dans l’espace Schenghen sans visa. Dans les deux situations, en vertu des accords européens de Schengen, la famille de Léonarda||Le père de Leonarda : «Hollande ment tout le temps, moi aussi !»] peut revenir en toute légalité en France.

Les politiques embarrassés face à la révélation du rapport

Ces révélations de Valeurs actuelles plongent les politiques dans l’embarras. Notamment du côté de l’UMP, où les responsables du parti ont compris à quel point cette nouvelle affaire Léonarda pouvait leur être in fine préjudiciable à quelques jours des élections européennes. En effet, en novembre 2009, la droite est au pouvoir et c’est un certain Brice Hortefeux qui est alors ministre de l’Intérieur ; C’est lui qui a signé pour la France la convention permettant aux ressortissants serbes de se déplacer librement dans l’espace espace Schengen. Difficile aujourd’hui pour les responsables de l’UMP de s’en prendre aux socialistes. Ces derniers ne sont pas responsables des possibilités qui sont aujourd’hui offertes à la famille Dibrani (alias Tahiri, leur nouvelle identité) de revenir en France, une fois adoptée la nationalité serbe.

Au parti socialiste, on hésite encore sur la ligne à adopter. D’autant plus que c’est Manuel Valls, alors à Beauvau, qui, de son côté, a ratifié la disposition du 1er juillet 2013 permettant aux ressortissants croates d’entrer librement dans l’espace Schengen munis d’une simple carte d’identité.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, mai 21 2014

Edito - Européennes: J-4 !

0.Acouv_ipsos.pngVingt-deux ans après l'adoption ric-rac du traité de Maastricht sur l'euro, neuf ans après le net rejet du référendum sur le traité constitutionnel européen, c'est une résignation de plus en plus grincheuse que les Français ressentent à l'égard de l'Union européenne (UE). Tel est le principal enseignement de l'enquête réalisée par Ipsos-Steria Sondage Ipsos-Steria pour Le Monde, le Cevipof et Terra Nova - Elections européennes 2014 - Baromètre quotidien d’intentions de vote - 14 mai]_ pour Le Monde, le Cevipof et Terra Nova et Terra Nova - Elections européennes 2014 - Baromètre quotidien d’intentions de vote - 14 mai].

Ainsi, d'une manière générale, les Français ne sont plus que 39 % à juger que l'appartenance de la France à l'UE est une « bonne chose », contre 39 % également qui pensent que ce n'est « ni une bonne ni une mauvaise chose », et 22 % que c'est une « mauvaise chose ». Le rejet de l'UE porté par le Front national – dont 61 % des sympathisants déclarent qu'elle est une « mauvaise chose » pour la France – pèse de plus en plus sur l'ensemble de l'opinion.

De même, lorsqu'on interroge les Français sur leur sentiment d'appartenance, près d'un sur cinq (19 %) dit se sentir « seulement français » et près d'un sur deux (46 %) « plus français qu'européen ». Soit un total de 65 %, contre 32 % qui se déclarent « autant européen que français ».

Source : Le Monde.

vendredi, mai 16 2014

Edito - Bien vivre

897666-reve-bleu.jpg« Tout le monde recherche le bonheur, même celui qui va se pendre », dit Pascal.

Les hommes ne se contentent pas de vivre, ils ne se contentent pas de cette vie animale qui consiste à subvenir à ses besoins, à se reproduire et à mourir. Ils veulent encore vivre bien, ce qui ne peut avoir d’autre sens que réaliser ses potentialités d’homme.

Quand les Grecs inventèrent la philosophie, il s’agissait d’abord de rechercher un genre de vie qui soit réellement cette vie bonne, contre les idéaux illusoires de la puissance et de la richesse. Nous ne sommes sans doute pas beaucoup plus avancés qu’eux pour déterminer en quoi consiste cette vie bonne.

En revanche, nous avons une intuition assez précise de ce qu’est une vie non humaine, une vie mutilée.

Vies mutilées, celles des jeunes ouvrières qui périssent dans l’incendie d’une usine de textile au Bangladesh, où les salaires de misère se combinent avec l’extension indéfinie de la journée de travail pour satisfaire à temps les commandes des grands distributeurs occidentaux de vêtements bon marché (H&M et les autres). Vies mutilées, celles de ces millions de travailleurs pauvres pour qui la fin de mois commence quelques jours tout juste après le 1er. Vies de galère pour les jeunes sans emploi (24% dans l’ensemble de l’Union Européenne).

Le pire est quand la situation des dominés apparaît sans issue, quand le futur a été sciemment, méthodiquement, évacué de notre horizon. Que reste-t-il ? Une vie soumise à la tyrannie du temps occupé et à l’obligation de consommer. Nous sommes comme les hamsters qui font tourner leur roue pour manger et mangent pour faire tourner leur roue. Notre époque glorifie l’individu, mais ce qu’elle produit ce ne sont pas des individus singuliers, du non identique, mais des individus tous semblables que l’on met dans des boîtes, des petites boîtes toutes pareilles. __ Sommes-nous condamnés à renoncer à bien vivre ? Non, à condition de reprendre à la racine, radicalement, la critique d’une société qui rend l’homme inutile. Et cette critique commence par la mise en cause de l’économie. L’économie d’aujourd’hui, ce n’est pas la production de biens destinés à la satisfaction des besoins humains, c’est la production de la valeur, pour elle-même, ce qu’Aristote appelait « chrématistique » et dont il disait qu’elle est « contre nature ». Organiser la production en vue de l’usage et non en vue de l’augmentation de la valeur, se rappeler que richesse et valeur marchande ne coïncident pas mais finissent souvent par s’opposer, voilà la première orientation à suivre pour vivre bien. Ni croissance, ni décroissance, deux termes qui s’inscrivent en positif ou en négatif dans la logique de l’accumulation : c’est la vie qui doit gagner__.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

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