jeudi, février 5 2015

Edito - L'actualité de la clause de retour à meilleure fortune

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La Grèce met en relief à juste titre, et pour la première fois à ce point, trois facettes jusqu'alors marginalisées au sujet de la crise de 2008.

1) Dans le feu de l'incendie en octobre 2008, les banquiers d'affaires ont remarquablement pris en otages les dépôts des particuliers pour que le plan de sauvetage des banquiers d'affaires deviennent le bouclier des particuliers.

L'équipe de Barack Obama était en pleine installation. Elle avait besoin de passer des messages pour sécuriser les marchés. L'orthodoxie a donc primé.

Tim Geithner livre

2) Dans cette orthodoxie, deux réflexes ont dominé. D'une part, ne pas ouvrir le dossier de fond sur la vraie responsabilité des acteurs de la crise : politiques et milieux d'affaires seraient fragilisés. Par conséquent, le "filet de sécurité" a fonctionné pour tous. Mais la crise de septembre 2008 avait débuté de façon manifeste dès le 1er semestre 2007 quand les défauts de paiements sur les crédits hypothécaires se multiplient aux États-Unis et provoquent les premières faillites d'établissements bancaires spécialisés. Mais aussi quand en juin 2007 la banque d'investissement Bear Stearns annonce la faillite de deux fonds spéculatifs.

D'autre part, donner à l'opinion publique l'image d'une nouvelle rigueur en exposant une intransigeance sur des États qui devenaient les caricatures des fauteurs de troubles dont la Grèce.

3) Cette logique a créé une chape de plomb de pensée unique que la Grèce est la 1ère à remettre en question à l'exemple de la clause de retour à meilleure fortune qu'elle propose. C'est un dispositif solide, ancien, constructif mais qui suppose une forme de reconnaissance de la responsabilité de la part du prêteur. Or c'est cette forme de reconnaissance que des États ne voulaient pas assumer. La Grèce vient en une élection de changer la donne et c'est très sain qu'il en soit ainsi.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, février 4 2015

Edito - Barack Obama, Syriza : enfin les questions sur le sens de la dette

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Selon des expressions différentes, la question du sens de la dette commence enfin à être posée. Jusqu'où est-il possible de pousser à l'exécution absolue d'un actif qui place le débiteur dans une situation impossible ? Dimanche dernier, Obama a posé la question avec une réelle honnêteté.

C'est une question de fond.

Il y a une conception punitive de l'endettement : conduire l'endetté à l'épuisement total.

Cette conception occulte la responsabilité du créancier.

Dans les dettes publiques, la responsabilité des créanciers est considérable et tout particulièrement dans le dossier de la Grèce avec le dispositif de titrisation qui a consisté à volontairement masquer la réalité globale de l'endettement.

Pourquoi les contribuables de ce pays seraient-ils tenus pour responsables d'un maquillage comptable qui n'a pas été de leur fait ? Pourquoi seraient-ils responsables alors même que les auteurs de ces mécanismes sont ... irresponsables ?

A quel moment faut-il accorder une faculté de rebond et si oui sur quelles bases ? La proposition de Syriza "avec une clause de retour à bonne fortune" n'est pas dépourvue d'intérêt, loin s'en faut. C'est même probablement un dispositif intelligent et constructif.

C'est d'ailleurs cette logique qui m'avait conduit à défendre sur ce blog pendant les municipales l'annulation partielle ou totale de dettes pour des sans logis ou des exclus de bonne foi. La part de la dette ramenée aux ressources disponibles ne peut plus être honorée. Pourquoi s'acharner en condamnant toute faculté de rebond ?

La conception absolutiste du remboursement d'une dette est un "pousse au crime" non seulement destructeur mais aussi non rentable à terme. C'est d'ailleurs ce constat de "bon sens" qui a conduit à de si fréquentes annulations de dettes par le passé.

C'est ce volet qui devrait aujourd'hui conduire à poser avec lucidité l'ensemble des questions de dettes contractées dans les années de crise dont les dettes toxiques des collectivités publiques. Il y a un temps où glisser les problèmes sous un tapis produit à terme davantage d'effets négatifs que l'examen lucide une fois pour toutes.

C'est l'utilité positive du dossier de la Grèce actuellement.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, janvier 22 2015

Edito - A 11 jours d'un exploit historique : allez les Patriots !

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Le football américain est l'un des sports les plus complets et spectaculaires qui soit. Dans 12 jours, le Super Bowl connaîtra sa finale avec la participation des Patriots de la Nouvelle Angleterre. Cette équipe est aux portes d'un exploit historique ne serait-ce que par le nombre de participations à des finales.

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Au moment où la France s'interroge sur tant de sujets de fond qu'elle n'a pas voulu ou pas su traiter ces 20 dernières années, il y a un sujet peu abordé : la place du sport comme facteur d'intégration et surtout d'acquisition de la mentalité de la bonne compétition.

Ce qui me surprend toujours dans les stades américains, c'est le nombre des spectateurs mais surtout l'esprit de famille qui y règne. Le baseball a un rythme trop lent à mon goût avec trop de ruptures de jeu. Mais le football américain est un spectacle hors du commun. La vitesse impose une préparation tactique d'une réelle perfection car l'improvisation est impossible. La façon de lancer le ballon lui donne une capacité à "voler" qui emporte des distances considérables.

Heureusement, le 1er février, une chaîne française diffuse en direct la finale.

Allez les Patriots de la Nouvelle Angleterre. Ils sont aux portes d'un exploit historique avec plusieurs joueurs mythiques dont Brady. J'adore ce sport. Et puis à Béziers, nous avons une "modeste" équipe de football américain, en championnat de France en 3ème division, Les Vypers de Béziers et cette structure peut être fier d'être un jeune club en plein développement. C'est vraiment un sport très intéressant !

Alors tous avec les Patriots de la Nouvelle Angleterre pour une superbe finale.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, janvier 21 2015

Edito - François Hollande ou le vrai socle du rebond : la victoire contre ... soi

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Quand une impopularité s'est installée au sujet d'un trait de tempérament d'un individu, le rebond naît d'abord dans l'apparence manifeste que la personne concernée a gagné contre ... elle. Donc elle a changé. C'est la victoire que l'opinion publique salue avec le maximum d'émotion.

A l'automne 1988, je participe à une réunion publique avec Jacques Chirac. L'ex-candidat à la présidentielle apparaît défait, détruit. Alain Juppé se tient quelques pas derrière lui et lui souffle même parfois des passages de son intervention. Le soir de la défaite contre François Mitterrand, son épouse avait dit : "les français ne l'aiment pas". Jacques Chirac était agité, cassant, trop pressé. En 1995, il gagne d'abord contre lui-même. Il est cool, sympa, proche. Il voyage seul dans le train pour ses déplacements en province. Il organise des tables de travail. Il fait même preuve d'auto-dérision. En mai 1995, Jacques Chirac est aimé des français et gagne.

En 2000, aux États-Unis, lors de la primaire, tout vouait McCain à une victoire facile face à GW Bush. Ce dernier est le "mauvais garçon" : élève moyen, Gouverneur modeste, fils peu proche de son père. Mais l'équipe de GW Bush va désamorcer les critiques en endossant un grief majeur (l'alcool) et montrer que GW Bush a gagné contre lui. D'un coup, cette victoire éclaire tout sous un autre angle : sa volonté, la place de la religion, la place de la famille dont celle de son épouse ... Le "brave gars" était né.

Quand un trait de tempérament inquiète l'opinion, dès que l'intéressé le gomme, la réconcilation est prometteuse.

François Hollande était "mou". Le voilà Rambo : c'est la plus manifeste victoire contre soi.

A partir de là en effet, une autre histoire devient possible.

Ce qui est intéressant en l'espèce, c'est que cette victoire coïncide avec un efficace redéploiement des supports de communication.

A ce rythme, dans cette ambiance, les cantonales de mars vont s'annoncer sous un angle très différent du défoulement initialement prévu.

C'est quand même très ludique de voir désormais l'opinion fluctuer ainsi, offrir des nouvelles chances en permanence. Reste à savoir pour quelle durée. Mais dans le cas de François Hollande force est de constater qu'une nouvelle page est manifestement ouverte.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, janvier 20 2015

Edito - Qui sera le 1er en France à diffuser l'esprit de la Silicon Valley ?

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Les banques et les capitaux-risqueurs français ont une responsabilité déterminante dans l'actuelle crise économique française durable. 4 constats pratiques s'imposent :

1) depuis 2008, la hiérarchie bancaire française a été parmi les plus protégées face à ses errements de placements, Nicolas Sarkozy et François Hollande confondus ! Les dissociations entre fonctions spéculatives des banques et fonctions de simple gestion n'ont pas été opérées. C'est le plus sûr moyen pour éponger sur le dos des particuliers dans le courant de gestion des comptes les pertes abyssales des échecs spéculatifs. 300 € en moyenne par an par compte de particulier pour des frais d'une opacité absolue.

2) il en est de même du capital-risque à la française. C'est d'abord de la gestion de capital avant d'accepter du risque. La raison : les intéressés ne gèrent pas leur argent. Donc ils doivent se prémunir en permanence contre les reproches éventuels de mauvais placements. Ils préfèrent avoir tort avec tout le monde plutôt que de chercher à avoir raison contre tout le monde, ce qui est la définition même du ... risque. D'où des comportements moutonniers et frileux.

Un exemple concret : en France quand la crise frappe, il faut "baisser la voilure". Dans la Silicon Valley, quand la crise frappe, il faut "libérer la voilure". L'opposé. Déployer la voilure parce que des parts de marchés vont se libérer.

3) En France, les projets très novateurs sont qualifiés de"bulles". La Silicon Valley aime les "bulles". Parce qu'une bulle peut monter au ciel tandis qu'un trou ne sera jamais sans fond. La potentialité de gagner prévaut sur le risque de la perte maximale envisagée.

4) Très rares sont les projets immédiatement rentables. Il faut donc du cash pour tenir jusqu'à ce seuil. En France, pour que le seuil de rentabilité soit atteint le plus vite, tout est prévu "petit". Dans la Silicon Valley c'est l'opposé. Tout doit être grand parce qu'un grand fleuve trouve toujours un port. Le "grand" aura créé son propre chemin ou gênera un concurrent qui voudra le racheter. Mais l'effet taille est déterminant.

Tant qu'en France cet esprit ne deviendra pas la "pensée dominante", la sortie de crise sera difficile et lointaine.

Pour rappel, la Silicon Valley c'est le taux d'emploi record. Un salaire moyen près de trois fois supérieur au salaire moyen américain. Un nombre record d'introductions en Bourse...

Dans le défaitisme français actuel, ce sont des repères qui méritent peut-être la réflexion que de tels résultats ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, janvier 19 2015

Edito - François Hollande ou la communication finira-t-elle par avoir la peau de la réflexion ?

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Depuis une semaine, le "scénario de la guerre" nous est vendu comme une super-production. Avant hier à 13 heures 15, le supplément infos de France 2 était un "modèle" en la matière.

Le scénario est simple : François Hollande est transformé en chef de guerre pour lutter contre le pire ennemi qui soit : l'ennemi de l'intérieur. En 2012 son ennemi de l'intérieur c'était la finance. A-t-il seulement livré cette guerre annoncée (?), voilà qu'il en ouvre une seconde : celle des religions. Ou plutôt une quatrième puis-qu’entre temps il y avait eu la guerre perdue de la baisse du chômage puis celle pas encore livrée mais déjà annoncée de la guerre pour le climat (décembre 2015).

L'actualité serait morose et rasante. La "guerre" contre l'ennemi intérieur écrase cette actualité. L'opération "bouclier de France" applique les mêmes fondamentaux que le "bouclier du désert" en 1991. Les "enfants politiques de Mitterrand" retrouvent l'ambiance d'octobre 1990 quand toute la nation était soudée autour de son Président (Mitterrand) pour libérer les otages. Rien ne manque à la comparaison y compris les Le Pen qui se prennent les pieds dans le tapis dans de telles circonstances.

Mais quand la communication s'effacera-t-elle devant une réflexion ?

1) La réflexion suppose le pluralisme des appréciations. Ce pluralisme fait totalement défaut. Par exemple, les États-Unis commencent à expliquer pourquoi Obama n'aurait pas voulu venir le 11 janvier. Pas un mot en France sur ce volet.

2) la réflexion suppose une analyse calme avec des visions dans le temps, des plans de paix. Où sont ces analyses, ces visions, ces plans quand tout n'est qu'émotions immédiates ?

3) Et comme en France le soutien "vole au secours du succès", les sondages vont maintenant auto-entretenir le rebond dans l'opinion. Il y a même la formulation que François Hollande aurait "réussi la seconde élection" celle devant la crise ... Il faut quand même oser dans une démocratie.

La super-production marche à fond. Le "pays de la pensée" prend un surprenant visage quand il doit défendre la liberté d'opinion et d'expression.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, janvier 14 2015

Edito - Les Français devraient "revisiter" les attentats du 11 septembre 2001

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La quantité de morts ne peut créer une échelle des tristesses. Mais avec moins de 20 morts, les Français devraient revisiter leurs commentaires sur les attentats du 11 septembre 2001.

En septembre 2001 :

- 2 996 morts immédiats,

- 6 291 blessés !

Ces chiffres sont ceux de l'impact immédiat sans comptabiliser les décès ultérieurs dont les maladies des pompiers.

A entendre les actuels discours, il serait utile, honnête et responsable de revenir sur les déclarations des intéressés alors sur GW Bush, Donald Rumsfeld...

A l'époque, en dehors des postures, bon nombre des déclarations françaises ont été très décalées de la part du personnel politique français et tout particulièrement avec une gauche toujours animée par un anti-américanisme primaire.

Dominique de Villepin a eu raison de refuser la guerre fondée sur des motifs officiels mensongers mais il avait trouvé aussi les mots justes dans l'épreuve de 2001. Un des rares.

Il y a aujourd'hui une partie considérable du personnel politique français qui devrait, dans l'escalade actuelle des mots comme des initiatives, faire preuve d'une honnêteté intellectuelle face à leur incompréhension d'alors. La qualité de leurs actuelles analyses y gagnerait.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, janvier 11 2015

Edito - A quand l'interrogation sur l'exception économique française ?

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Avant hier, selon les chiffres du Département américain du travail, le taux de chômage aux États-Unis a encore reculé en décembre, tombant à son plus bas niveau depuis juin 2008 (5,6 %).

L'année 2014 est la meilleure depuis 15 ans en ce qui concerne les nouvelles embauches. L’économie a créé 2,95 millions d’emplois l’année dernière contre 3,18 millions lors du boom d’Internet et des industries technologiques en 1999.

Jason Furman a souligné que le taux de chômage a décru au rythme le plus rapide en 30 ans.

Tout contribue à une telle relance : prix historiquement bas de l'énergie, taux historiquement bas du prix de l'argent, rebond de croissance dans de nombreux pays ...

Et la France reste à l'arrêt. Le chômage progresse toujours. Le pourcentage de chômage au sein des jeunes atteint des niveaux records. Le 1er semestre 2015 s'annonce redoutable pour des gros pourvoyeurs d'emplois dont le BTP avec la baisse des dotations d’État aux collectivités locales.

C'est un décrochage caricatural entre la France et les autres pays. Cette triste "exception économique française" méritera quand même un jour une explication sérieuse entendue par l'opinion. Encore faut-il que cette explication soit exprimée, ce qui est loin d'être acquis dans l'actuelle ambiance.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, janvier 10 2015

Edito - France : une société bloquée, une représentation figée

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En début de semaine, le Congrès américain issu des élections de novembre 2014 a été installé.

Quelques traits forts :

- 104 femmes soit le record historique de la présence féminine,

- une diversité d'âges, de professions amplifiée,

- une diversité apparente de plus en plus forte.

Avant d'effectuer ce constat, il faut en effectuer un autre : que de temps a-t-il fallu pour qu'il en soit ainsi. Des repères précis s'imposent et, à certains égards, ils sont irréels :

- 1984 : 1ère femmes candidate à la Vice-Présidence : Geraldine Ferraro

- 1997 : 1ère femme à la fonction de Secrétaire d’État : Madeleine Albright,

- 2005 : 1ère femme afro-américaine à la fonction de Secrétaire d’État : Condoleezza Rice,

- 2007 : 1 ère femme élue à la fonction de speaker donc de Présidente de la Chambre des Représentants,

... 2015 : 104 femmes au Congrès !

Et dans cette évolution, les États-Unis ont élu un Président métis (Barack Obama) et une "banalisation" des Gouverneurs de couleur : Deval Patrick, Bobby Jindal...

Face à ces dates, que sont les dates françaises :

- jamais une femme à la tête de l'une des Chambres (Sénat ou Assemblée Nationale),

- une seule femme à Matignon dans toute l'Histoire de la République française,

- il faut attendre Christiane Taubira donc 2012 pour qu'une femme de couleur soit à un ministère dit régalien,

Au moment où il est question à juste titre de la meilleure compréhension entre des communautés différentes, il n'est pas possible de constater de tels décalages dans la représentation de la société.

Il ne s'agit pas d'aller vers le dupliquage d'une représentation morcelée de la société. Mais la représentation peut-elle demeurer elle-même quand elle est aussi éloignée des réalités du terrain ?

C'est un sujet qui mérite une attention prioritaire au moment où la désertion des isoloirs progresse toujours.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, janvier 1 2015

Edito - Politique : le "privé" a gagné tous les terrains : le "vol" consenti.

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La grande innovation des vœux de François Hollande le 31/12/2014 ? Pour la première fois à ce point la communication a porté sur "les coulisses" de la préparation. Même le réseau social Vine a été utilisé pour montrer la préparation. Les médias classiques ont été porteurs d'images et d'infos sur le choix du bureau, les éclairages, les conditions de préparation du Président ...

C'est une étape nouvelle du narcissisme : faire une émission sur ... l'émission !

Bref, tout ce qui d'ordinaire restait ... privé.

C'est le tournant vrai de 2014 : le privé a gagné tous les terrains.

Le privé familial avec les débordements de confidences sur des vies intimes dont le succès du livre de Trierweiller.

Le privé professionnel par exemple à Béziers avec le succès d'un maire soutenu par le FN mais soit disant non encarté et qui partage 80 % des idées de Marine Le Pen dont la carte de visite de présentation n'a pas été le programme mais une étape de sa carrière professionnelle personnelle très habilement scénarisée initialement par des journalistes de supports nationaux idéologiquement très proches de l'intéressé puis considérée comme unanimement acquise.

Le privé "psychologique" quand toute la primaire de l'UMP repose sur le point de savoir si le tempérament de Nicolas Sarkozy a changé ou pas. C'est parce que cette donne est essentielle que le premier concerné communique à ce point sur la réconciliation avec Dominique de Villepin, preuve du changement quand il est ainsi possible de s'entendre avec son "principal ennemi d'hier". Fatima Allaoui aura peut-être très prochainement la change d'y prétendre si le FN la soutient comme promis...

Et maintenant avec la mode des "coulisses", le privé devient porteur des messages que le message public officiel ne porte plus tant le discours officiel est décrédibilisé.

Une nouvelle génération de campagnes électorales est en train de voir le jour.

Une fois de plus, sans le reconnaître officiellement, la France est sur le chemin des États-Unis qui ont déjà franchi cette étape depuis longtemps. Obama, son épouse, Pete Souza excellent dans cette scénarisation du "faux moment privé " supposé volé.

Mais c'est du vol consenti, bien organisé où voleur et volé font la paire, d'un commun accord.

Pas sûr que l'opinion se prête encore longtemps à ce jeu.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, décembre 25 2014

Edito - La croissance française est, elle aussi, .. déséquilibrée

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La croissance des USA a atteint 5 % au troisième trimestre. Plus haut depuis 2003. C'est 17 fois plus qu'en France sur la même période (0,3 % au Q3).

Bien davantage, pour trouver en France une croissance de ce type, il faut remonter à ... 1989, 25 ans !

Pour autant, les politiciens français s'interrogent-ils sérieusement sur les mesures à prendre pour débloquer ce surplace en France ?

Non. Puisque leur jeu consiste à dire à l'opinion ce qu'ils pensent qu'elle veut entendre.

Bref, la croissance française est aussi déséquilibrée, mot à la mode pour illustrer le déni des réalités.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, décembre 24 2014

Edito - Le conte de Noël néolibéral de Jacques Attali

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Dès que j’ai entendu la publicité pour son dernier livre, « Devenir Soi », j’avais envie d’en savoir plus sur le dernier opus du conseiller de nos gouvernants, sans vouloir, quand même, perdre le temps pour le lire. Merci donc à Régis Soubrouillard, du quotidien Marianne, de l’avoir fait et d’en avoir tiré un papier si amusant.

Le refus de la société

Finalement, c’est ce tout ce qui transparaît de la théorie du conseiller de Nicolas Sarkozy et François Hollande. Comme le rappelle Régis Soubrouillard, quand John Kennedy demandait de s’interroger sur ce que l’on peut faire pour son pays, Jacques Attali répond : « demandez-vous ce que vous pouvez faire pour… vous ». Pour l’homo néolibéralus, tout semble secondaire par rapport à son nombril : famille, concitoyens ou pays ne sont plus que des points de détail pour ces boules de pulsions et d’ego à dominante marchande. Jacques Attali semble remplir son livre de biographies indigentes et indigestes de personnes, d’Arthur Rimbaud à Bill Gates, qui se seraient accomplies pour démontrer sa thèse.

Mais cette avalanche de cas particuliers n’a pas le moindre intérêt démonstratif et ne montre pas en quoi « l’État ne pourrait rien ». Les États-Unis ou la Chine démontrent encore largement que la volonté nationale permet de faire beaucoup, tout comme de nombreux autres pays souvent bien moins puissants que ne le sont les pays européens dont la France, que ce soit en Amérique Latine ou en Asie. Régis Soubrouillard rappelle justement que la réussite de la Silicon Valley doit beaucoup aux investissements publics massifs de l’État, contredisant la bluette néolibérale individualisto-marchande que tente de raconter l’apprenti-sorcier Jacques Attali dont le rejet pathologique de l’État laisse perplexe.

Le refus de l’humanité

Ce faisant, ce livre fait penser à un autre, autrement plus intéressant et mieux argumenté, « La dissociété » de Jacques Généreux, sans doute un des meilleurs et des plus complets décryptages de cette société néo-libérale. L’intellectuel y insistait sur le fait que « la nature humaine est faite de l’interaction continue entre une aspiration à l’autonomie et une aspiration à l’association, entre la pulsion d’autosatisfaction et le désir de société, (…) le désir d’être soi et le désir d’être avec ». Jacques Attali représente la caricature de ces néolibéraux qui sacrifient sans vergogne l’être avec à l’être soi, « le délire narcissique exaltant l’autonomie et la toute-puissance du moi » pour reprendre Jacques Généreux.

Bien sûr, pour camoufler son individualisme infantile et barbare, le conseiller de nos princes équilibre son discours de considérations pseudo-religieuses, mais elles semblent être du calibre d’un touriste trop pressé qui reste à l’extrême surface des choses. Ne pouvant quand même pas ignorer la dureté de l’époque, il « dresse en effet un tableau très sommaire et complètement apocalyptique de l’époque : les dérives du progrès technique, la pollution, les guerres, le chômage, la criminalité, la ‘somalisation’ du monde ». Mais il est quasiment comique, pour ne pas dire ridicule, de penser que ce sont des individus isolés qui pourront en venir à bout. Ce sont nos sociétés de citoyens qui sont la réponse.

Merci donc à Régis Soubrouillard de s’être infligé ce pensum. La superficialité et la légèreté de son discours démontrent de facto que la « pensée » néolibérale n’est qu’un courant d’air, absolument vide. Bien sûr, elle domine le temps présent, mais elle finira par disparaître.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, décembre 22 2014

Edito - La finance prédispose-t-elle au sexe ?

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Selon un indicateur reconnu professionnellement, la bande annonce la plus vue sur YouTube en 2014 c'est celle de 50 nuances de Grey : 93 millions de vues depuis sa diffusion.

Un indicateur qui se situe dans la lignée des ventes du livre : aux États-Unis, pendant 37 semaines en tête des ventes des livres !

C'est une ambiance qui mêle Thomas Crown Affair et 9 semaines et 1/2 dans une évolution qui montre bien les tendances nouvelles de la société.

9 semaines 1/2, c'était la rencontre entre un trader et une bobo.

Thomas Crown Affair, c'était la culture de "l'anti-système", la passion du défi : un banquier peut-il voler une banque ?

Dans ces trois étapes, le sexe prend une place croissante mais surtout révélant des tendances qui en disent long sur la société moderne.

1) L'attraction progressive du matérialisme flamboyant : Thomas Crown est discret. Il va aux ventes de charité. Il aime les soirées sur les plages de Cape Cod à côté d'un feu de bois. Christian Grey c'est la puissance apparente : hélicoptère, séances photos ...

2) Hier le sexe trompe d'abord l'ennui (Thomas Crown et John Gray). Maintenant, il devient une fin en soi. L'inversion est presque totale.

3) Mais il y a une constante : le rapport entre la finance et le sexe. La finance serait sulfureuse au point de ne pas se limiter aux pratiques professionnelles mais de s'associer à des volets privés. C'est aussi le sentiment du choc de la glace (tempérament professionnel) et du feu (vie privée).

C'est quand même une constante étonnante pour des films cultes si on excepte des films exceptions comme celui inspiré de la vie de Stern. La profession choisie aurait pu changer. A la différence d'un financier, il aurait pu être question d'une profession médicale, d'un universitaire, d'un journaliste ...

Non, à la différence des ces évolutions possibles, la finance semble prédisposer au sexe de façon constante. Comme si, quand l'argent permet déjà d'acheter le matériel courant, il ouvrait en plus la séduction pour convaincre des âmes et des corps.

Avec humour, on pourrait dire que décidément le marché gagne sur tous les tableaux et en plus il s'expose de façon ostentatoire avec l'assentiment du public : la gauche française est donc vouée à lutter contre de terribles vents contraires si même le cinéma s'y met dans de telles conditions...Petite nuance à constater d'autres lectures, la gauche française aurait probablement bien vu un politique à la place du financier ... Peut-être le cinéma est-il en retard pour la France ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, décembre 21 2014

Edito - 6 mois après, le dépeçage d’Alstom s’accomplit

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En juin, le gouvernement annonçait une prise de participation dans Alstom, avec la création de co-entreprise avec General Electric, qui reprenait également une partie des activités de l’entreprise française. Quelques mois après, il semble que les vautours s’agitent sur les derniers restes d’Alstom.

Trois vautours et un cadavre

Le bilan est amer. Le vote de l’Assemblée Générale d'avant hier a entériné un dépeçage complet de l’entreprise. Pas moins de 70 % du chiffre d’affaires de l’entreprise va être cédé à General Electric pour 12,35 milliards. Plus de 60 000 salariés changent d’employeurs. Toute la question est de savoir combien le seront encore dans quelques années. Pire, la fiction des co-entreprises tombe puisque GE détiendra « 50 % plus une action en capital et en droits de vote » comme le rapporte le journal Le Monde. Et sur le nucléaire, GE disposera de « 80 % du capital et 50 % plus deux voix en droits de vote ». Bref, dans la réalité, comme je l’annonçais alors malheureusement Alstom est dépecé par GE, le vautour en chef.

Mais le géant étasunien n’est pas le seul vautour en chef. Habile, pour obtenir le soutien des autres partis-prenantes, il partage le cadavre avec les actionnaires et les dirigeants, s’assurant un vote positif lors de l’Assemblée Général. C’est ainsi que « le groupe a annoncé qu’il compter reverser à ses actionnaires, sous la forme d’une offre publique de rachat d’actions, 3,5 à 4 milliards d’euros ». Cela aide à obtenir 99,2 % de vote positif à l’Assemblée. Mais ce n’est pas tout : Patrick Kron, actuel PDG, va recevoir 150 000 actions, qui représentent plus de 4 millions d’euros. Le Figaro cite un délégué syndical CGT-Métallurgie pour qui « 2000 hauts dirigeants vont également se partager 60 millions d’euros ».

La victoire du capitalisme cannibale

Voici un nouvel exemple typique du mode de fonctionnement de ce capitalisme totalement dérégulé et qui ressemble définitivement à la loi de la jungle. Le pire est que l’État avait théoriquement un droit de vote, ce qui signifie qu’il a entériné ce plan barbare, où les dirigeants de l’entreprise n’hésitent pas à la dévorer eux même contre espèces sonnantes et trébuchantes. Quand aux actionnaires, dans ce système, il y a bien longtemps qu’ils ne se soucient plus du long terme et qu’ils ne regardent que ce que cela leur rapporte à court terme, les rendant ouverts à ce genre de dépeçage où ils touchent rapidement beaucoup d’argent, plutôt que d’essayer de construire quoique ce soit dans la durée,

Mais que restera-t-il demain d’Alstom ? Finalement, ne devrait subsister que la partie transport ferroviaire, qui n’intéressant pas General Electric. Mais, même si GE a une forte et ancienne présence en France, comment ne pas comprendre que les intérêts de la filière énergie d’Alstom ne seront qu’un détail par rapport à ceux des actionnaires et des dirigeants du monstre étasunien. La France a soldé sa filière énergétique et l’État laisse faire sans que grand monde ne se rende compte de cette énorme arnaque et des mécanismes délétères à l’œuvre dans ce capitalisme cannibale qui dévore les organisations pour gagner toujours plus d’argent, sachant laisser quelques restes à ceux dont il a besoin.

Dès le début de l’affaire, en avril, on pouvait comprendre qu’il fallait protéger Alstom de General Electric, mais aussi de Siemens. Malheureusement, le laisser-faire continue à régner. Il est effarant que François Hollande ait été moins interventionniste sur Alstom que son prédécesseur à l’Elysée.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, décembre 14 2014

Edito - Et si le scénario de la hausse des taux débutait mercredi ...: la fin de l'open bar

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Il n'y a pas de fatalité d'un maintien permanent de taux d'intérêt bas. Cette situation a été la contribution d'autorités bancaires centrales au soutien de l'économie dans le creux de la crise. Par définition, quand ce creux sera passé, les taux devraient connaître une évolution.

Le tournant est peut-être mercredi avec la décision de la FED.

Avec sa montagne de dettes, si ce scénario s'engage, quelques mois plus tard, la situation française sera méconnaissable.

Les actuelles économies ou diminutions de dotations d’État apparaitront comme un modeste hors d’œuvre.

Depuis 2008, la France n'a engagé aucune économie significative. Les "fromages de la Républiques" sont toujours là. La culture de l'open bar n'a pas été modifiée.

Le système politique français a été incapable de se réformer dans la douceur. Si les taux partent à la hausse, le pays le plus endetté d'Europe va voir exploser son système politique dans la douleur. C'est peut-être le vrai rendez-vous du 1er semestre 2015 ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, décembre 13 2014

Edito - L'importance de la marche aujourd'hui à Washington

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"C'est n'être bon à rien que d'être bon qu'à soi-même" : cette formule de Voltaire est un peu excessive mais elle porte un sens qui mérite réflexion. Dans la nature humaine, il doit y avoir une dimension qui dépasse sa seule survie personnelle.

Aujourd'hui la marche à Washington pour lutter contre les traitements différents liés à la couleur de peau est un enjeu universel.

Pendant des décennies, notre civilisation a réfléchi sur la notion de progrès : le contenu, les menaces ...

Progressivement, ce qui a marqué les étapes importantes a été la reconnaissance de l__a primauté donnée à l'individu, à chaque individu.

C'est d'ailleurs la force de la religion chrétienne que d'avoir défendu à la fois__ l'universalisme, la reconnaissance de la différence et la place de l'individu.

Un individu responsable, unique, respecté par les pouvoirs.

C'est très surprenant et inquiétant de voir ce progrès remis en cause.

Il est remis en cause quand il y a place au doute sur l'existence de violences liées à une couleur de peau.

Quand des pouvoirs veulent imposer à des adultes majeurs responsables la façon de vivre leur vie en choisissant le partenaire qu'ils aiment.

Quand cette liberté individuelle devrait être fractionnée, vécue alors comme une sous-liberté, oui à l'union mais non à l'adoption.

Quand des services publics de l'enseignement sont faibles au point de laisser à la reproduction mécanique de statuts intellectuels ou matériels la sélection face à des formations.

Quand des fascismes religieux défendent une conception de l'islam où l'orgueil d'une religion serait de s'imposer aux autres.

Il y a des moments où l'importance d'enjeux devient le marqueur de défis aux progrès de notre civilisation.

Aujourd'hui à Washington, la marche pour l'égalité est l'un de ces enjeux.

En novembre 2008, je n'étais pas être présent le jour de la victoire Barack Obama. Mais un ami qui était à Boston, à ce moment là, m'a raconté que la fête qui a eu lieu au cours de la nuit (dès 22 heures, heure locale), est l'un des temps forts de ses souvenirs personnels. Il faut se remémorer que Barack Obama est et reste pour l'instant le premier président métis de l'Histoire des États-Unis à avoir été élu. Une frontière du rêve américain avait été franchie. Sous cet angle, l'émotion collective était forte, réelle, manifeste. C'est inquiétant que 6 ans plus tard une marche comme celle de Washington ce jour se produise encore sous une telle présidence.

Preuve si besoin était qu'en complément des symboles, l'implication individuelle de chacun est incontournable dans la vie de tous les jours pour que des progrès naissent et vivent.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

Edito - Lending Club ou la nouvelle participation civique ?

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Le phénomène du crowdfunding est en train de porter des changements importants. C'est peut-être la naissance d'un vrai actionnariat populaire mais sur des bases totalement différentes des valeurs initiales appliquées à la Bourse.

Dans l'opinion des porteurs, la Bourse devait être le résultat assuré. D'ailleurs, cette logique était assumée par toutes les parties à la cotation. Euronext recommandait au chef d'entreprise de veiller à ce que son cours d'introduction soit un plancher de façon à pouvoir toujours communiquer sur le fait qu'un entrant du 1er jour n'ait jamais vu l'érosion de son placement.

Dans l'opinion des porteurs, la Bourse devait être la fluidité des échanges donc la mobilisation quasi-immédiate de son placement.

La Bourse s'est éloignée de tels fondamentaux. Les introductions ont été de moins en moins nombreuses donc la sécurité du 1er cours ne joue pas.

En dehors des quelques valeurs du CAC 40 qui assurent une fluidité immédiate des titres, combien de porteurs ont été scotchés incapables de rentabiliser un placement parce que le jour de l'offre il n'y avait pas assez de demande.

Donc la Bourse a déçu l'actionnariat populaire.

Mais une nouvelle Bourse est en train de naître : le financement participatif (crowdfunding).

Là, de façon étonnante, les attentes ont entièrement changé.

La place est à l'émotion et non plus à la raison financière dans le choix des placements.

L'attente du retour n'est pas la motivation essentielle.

L'opinion aurait corrigé le tir en intégrant les leçons de la Bourse d'hier.

C'est la nouvelle participation civique : l'impôt positif volontaire pour l'emploi.

C'est peut-être un tournant majeur.

Un premier tournant est intervenu : un jeune talentueux désormais fait des affaires et non pas de la politique. Le moindre questionnaire dans une École supérieure de Commerce est révélateur en la matière.

Mais le financement participatif c'est peut-être la démocratie économique de demain quand la démocratie politique est en crise et qu'elle donne le sentiment d'être un piège permanent.

Et si la nouvelle citoyenneté s'ouvrait sur des financements de ce type ?

Une victoire de plus du marché et, dans cette hypothèse, quelle victoire !

Lending Club, c'est peut-être un phénomène bien plus ample que la seule valorisation boursière record d'hier...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, décembre 8 2014

Edito - Mitt Romney et la religion du tweet

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Mitt Romney est actuellement en tête de tous les sondages dans le cadre de la présidentielle 2016. Il a effectué l'une des plus remarquables reconquêtes post-défaite électorale. A la différence de 2012, Mitt Romney a accepté d'engager la bataille des images et aucune correction d'image n'a manqué.

Celui qui était présenté comme "une mécanique froide" est devenu le "grand père sympathique" qui passe du temps au milieu de ses petits-enfants, leur prépare même dans le confort de la cuisine familiale des pâtisseries...

Le "financier froid" toujours coiffé de façon stricte est même ... décoiffé.

Il communique sur ses vacances via un réseau social neuf (Medium) pour paraitre encore plus branché.

Bref, rien ne manque à la "nouvelle image" même la "confession" sur les erreurs passées d'une campagne qui ne l'aurait pas montré sous le "vrai jour".

D'ailleurs, il suffit de l'appeler désormais par son prénom Mitt, c'est tellement plus proche.

Mais une confidence d'un professeur d'université de Caroline du Nord apporte un grain de sable. Son équipe de campagne de 2012 indique que les tweets à cette époque comme les publications sur les réseaux sociaux supposaient de recueillir pas moins de ... 22 autorisations préalables pour que chacun pèse et sous-pèse le moindre mot et la moindre image.

D'un coup, la spontanéité de la communication est ébréchée.

La présidentielle 2016 est bien engagée. Pour faire durablement la course en tête, il faut être très solide parce que la moindre révélation peut emporter de nombreux efforts. Romney venait de mettre en difficulté Mitt...

La religion du tweet vient peut-être de faire une victime ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, décembre 7 2014

Edito - Emploi : le wagon France attend toujours la locomotive américaine ...

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L’économie des États-Unis confirme la vigueur de sa reprise avec de massives créations d’emplois en novembre, les plus fortes depuis presque trois ans, même si le taux de chômage est resté inchangé à 5,8 %, toujours au plus bas depuis six ans.

L’économie a créé 321 000 nouveaux emplois en novembre, un sommet depuis janvier 2012, dépassant largement les attentes des analystes. Le taux de chômage est demeuré à 5,8 %, son niveau le plus faible depuis juillet 2008.

Il s’agit de « la plus longue période de création d’emplois de l’histoire dans le secteur privé », a souligné Barack Obama, saluant le 57e mois consécutif de croissance du nombre d’emplois. « Les États-Unis continuent de dépasser la plupart des autres pays », s’est-il empressé d’ajouter. « Au cours des quatre années passées, nous avons remis au travail davantage de gens que ce qu’ont fait l’Europe, le Japon et tous les autres pays industrialisés réunis », a avancé Barack Obama.

Sur les trois derniers mois, la moyenne des nouveaux emplois a grimpé à 278 000, le rythme le plus fort depuis la reprise économique début 2010.

La vitalité des embauches s’est reflétée dans presque tous les secteurs économiques même si le mois de novembre est de toute façon traditionnellement une période favorable au marché du travail du fait de la préparation des ventes de fin d’année. Les services aux entreprises ont été très dynamiques mais aussi le commerce de détail, les services de santé et le secteur manufacturier. Même le service public est de la partie.

Voilà une réalité des chiffres qui tranche singulièrement avec la situation française. En réalité, le wagon France, toujours très critique vis à vis des États-Unis, attend la locomotive américaine pour être tiré par un rebond de croissance internationale, selon les cycles classiques.

Mais avec les modifications géographiques de l'économie moderne, il est possible que la locomotive américaine passe par d'autres "gares" et que le wagon France ait à attendre encore longtemps.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, décembre 6 2014

Edito - Roland Dumas : « Ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël »

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Roland Dumas interrogé par Sihem Souid pour Le Point. Loin des simagrées des députés votant une résolution dépourvue de toute force juridique et qui relève de l’enfantillage – un État mité par des colonies, sans capitale, et sans liberté de circulation des habitants… une misérable manip’ politique – Roland Dumas s’exprime pour dire deux ou trois choses fortes et juges, reparler de la grande maison commune… Je me sens moins seul.

Que pensez-vous de la politique étrangère menée par François Hollande depuis son élection ?

Le général de Gaulle tenait à ce que la France soit indépendante. Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing (VGE) et Mitterrand ont été dans cette ligne de conduite qui donnait satisfaction à tout le monde, dire oui avec des réserves mais ne pas entrer dans le commandement intégré de l'Otan. Avec Chirac, des discussions ont eu lieu pour une réintégration, mais les contreparties qu'il voulait n'ont pas été acceptées (le commandement de la zone sud - la Méditerranée). Sarkozy a annoncé que la France réintégrait le commandement intégré de l'Otan. Avec l'arrivée de François Hollande au pouvoir, la politique étrangère a entériné ce changement de cap avec peu de débats internes et pas de débat public en réintégrant définitivement le commandement intégré de l'Otan, et cela, sans vraie contrepartie. En réalité, aujourd'hui, ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël. Aujourd'hui, nous sommes dans une alliance où la France n'a plus rien à dire. Nous n'avons plus de politique étrangère indépendante.

Quel œil portez-vous sur le travail mené par Laurent Fabius au Quai d'Orsay ?

Il a été mon Premier ministre, donc je ne peux pas en dire du mal (sourires). Vous connaissez le proverbe anglais "right or wrong, my country is my country". Il a été un très bon Premier ministre, mais il est un moins bon ministre des Affaires étrangères car il ne pousse pas les idées que je viens de vous exposer qui sont les idées traditionnelles de la France. La France a perdu son indépendance en matière de politique étrangère !

Que feriez-vous aujourd'hui si vous étiez encore ministre des Affaires étrangères ?

Je serais déjà toujours resté fidèle à la pensée socialiste. J'aurais rétabli une vraie politique française avec la Russie ! La France doit rétablir une relation privilégiée avec la Russie. Nous traitons mal les Russes, contrairement à ce qui peut se dire dans le monde ! Nous ne tenons compte d'aucun des engagements qui ont été pris, notamment avec Gorbatchev concernant la conférence de Moscou. L'alliance outre-Atlantique n'a pas tenu ses engagements envers Moscou. Je suis contre l'injustice même en politique internationale.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

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