SCHWEIZ GELD

Il y a deux jours, des électeurs suisses ont donné leur avis sur plusieurs initiatives populaires, notamment durcir encore les règles sur l'immigration cette fois au nom de l'environnement et supprimer ou non les forfaits fiscaux pour les riches étrangers.

Ils doivent aussi se prononcer pour «sauver l'or de la Suisse» en obligeant la BNS, la Banque Nationale, à conserver un minimum de 20 % de ses avoirs sous forme d'or, alors que son stock correspond aujourd'hui à 7 % de ses avoirs.

Dans les trois cas, les sondages prévoyaient un échec des initiatives, mais la classe politique n'excluait pas une «surprise» sur l'immigration, à la faveur de l'anonymat du bulletin de vote.

Les électeurs étaient peu enclins en effet à se réclamer d'une démarche lancée en dehors de partis au nom de la défense des ressources naturelles et régulièrement dénoncée par la classe politique, les milieux économiques et les syndicats comme «xénophobe et raciste».

Les électeurs ont été appelés dans une votation à dire «halte à la surpopulation» par Écologie et population (Ecopop), une organisation qui se décriait comme «non partisane» et qui voulait limiter le solde migratoire annuel du pays à 0,2 % de la population (environ 16 000 personnes). Elle exigeait aussi que la Suisse consacre 10 % de ses fonds d'aide au développement à des mesures de régulation des naissances dans les pays du sud.

«Au rythme où on bétonne le paysage actuellement, à 1,1 mètre carré par seconde, en 2050 si on ne fait rien on aura entièrement bétonné» toutes les régions non montagneuses de la Suisse, a dernièrement affirmé Anita Messere, membre du comité Ecopop.

Il ne pouvait que se heurter à un front du refus venant de tous les milieux. Même la droite populiste de l'UDC, qui avait porté avec un succès plutôt inattendu le vote anti-immigration du 9 février, trouva l'initiative excessive. Tous ont fait valoir que le fonctionnement de l'économie, dont certains secteurs comme la santé comptaient un tiers d'employés étrangers, ne serait plus assuré normalement et surtout elle ne pourrait plus se développer.

Résultat : L'initiative «Sauvez l'or de la Suisse» a été balayée dimanche par 77,3 % des votants. Aucun canton ne l'a acceptée. Le rejet dépasse les 70 % partout sauf au Tessin.

Le 4 novembre, à Berkeley en Californie, les citoyens étaient appelés à voter pour une surtaxe applicable aux boissons sucrées. Toujours le 4 novembre 2014, plus de 58 % des électeurs de Californie ont approuvé une mesure (la «proposition 47») qui fait de la possession de drogue un délit mineur et réduit les peines minimum pour les infractions non violentes.

Quel mépris acceptent les citoyens français pour être ainsi dépossédés de leur sort entre deux élections générales ?

Le pays historiquement de la citoyenneté est aujourd'hui dépassé dans des conditions irréelles.

Il y a même des municipalités qui se revendiquent officiellement de la VIème République (Béziers et sa qualité de laboratoire de Robert Ménard) et toujours pas le moindre referendum populaire en perspective.

Ce chômage civique dévitalise la démocratie française et contribue aux taux records d'abstention. C'est un des grands échecs de la part de nos politiques de tous bords car là, à la différence de l'économie, il n'y a ni les contraintes de l'Europe ni celles du marché pour expliquer cette défaillance. C'est la volonté politique qui fait défaut. Tout simplement.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE