lundi, décembre 8 2014

Edito - Mitt Romney et la religion du tweet

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Mitt Romney est actuellement en tête de tous les sondages dans le cadre de la présidentielle 2016. Il a effectué l'une des plus remarquables reconquêtes post-défaite électorale. A la différence de 2012, Mitt Romney a accepté d'engager la bataille des images et aucune correction d'image n'a manqué.

Celui qui était présenté comme "une mécanique froide" est devenu le "grand père sympathique" qui passe du temps au milieu de ses petits-enfants, leur prépare même dans le confort de la cuisine familiale des pâtisseries...

Le "financier froid" toujours coiffé de façon stricte est même ... décoiffé.

Il communique sur ses vacances via un réseau social neuf (Medium) pour paraitre encore plus branché.

Bref, rien ne manque à la "nouvelle image" même la "confession" sur les erreurs passées d'une campagne qui ne l'aurait pas montré sous le "vrai jour".

D'ailleurs, il suffit de l'appeler désormais par son prénom Mitt, c'est tellement plus proche.

Mais une confidence d'un professeur d'université de Caroline du Nord apporte un grain de sable. Son équipe de campagne de 2012 indique que les tweets à cette époque comme les publications sur les réseaux sociaux supposaient de recueillir pas moins de ... 22 autorisations préalables pour que chacun pèse et sous-pèse le moindre mot et la moindre image.

D'un coup, la spontanéité de la communication est ébréchée.

La présidentielle 2016 est bien engagée. Pour faire durablement la course en tête, il faut être très solide parce que la moindre révélation peut emporter de nombreux efforts. Romney venait de mettre en difficulté Mitt...

La religion du tweet vient peut-être de faire une victime ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, novembre 9 2014

Edito - L'art de l’intimisme en politique : François Hollande tué par sa com

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La plus grande erreur de ce quinquennat sera probablement la communication présidentielle. Au fond, François Hollande aura été le premier homme politique tué par sa com.

Que l'on considère le fond ou encore la forme de l’intervention du chef de l’État sur TF1 le 6 novembre devant les Français, nombreuses sont les illustrations indiquant que l’intimisme est plus que jamais devenu une stratégie de communication prisée par François Hollande.

François Hollande a veillé à utiliser un ton très bas et patelin, à formuler classiquement mais systématiquement des questions aux Français qui exposent leur cas afin de démontrer l’écoute accordée et l’attention portée à leur situation personnelle. Il nous a plongés dans une mise en scène qui avait pour vocation première d’appliquer la théorie nord-américaine dite du soft paternalisme.

Il s’agissait pour le Président de la République de susciter l’adhésion de son auditoire dont la défiance n’a jamais été aussi grande sous la Ve république. Pourquoi et comment ? D’abord parce que François Hollande et ses spin doctors ont compris que la télévision a un défaut : le spectacle de l’émotion est plus fort que ce qui y est dit. Ensuite parce que jamais un président de la République n’a été dans une telle situation vis-à-vis de son opinion publique. Il fallait les réconcilier.

La stratégie du Père tranquille

Les Français ne le comprennent plus. Les Français ne le suivent plus. Pire, les Français ne l’écoutent plus. Le mieux était donc aux yeux de l’Élysée d’aller se confronter au terrain et de mettre en scène le fait qu’il était un Français parmi d’autre. Il venait ainsi dire aux Français : je suis normal. Je suis comme vous. Je suis l’un des vôtres. Bref, il enfilait son costume de Président Normal. Comme pour regagner sa légitimité perdue. Peine perdue. Les Français se souviennent avoir voté contre Nicolas Sarkozy et ses excès comportementaux, ils attendaient d’être rassurés d’avoir voté pour François Hollande.

Cette émission a révélé la stratégie de l’équipe de spin doctors du palais de l’Elysée. Il s’agissait, pour eux, de représidentialiser François Hollande et d’installer dans l’opinion l’image d’un « père tranquille de la Nation ». À plusieurs reprises, le président de la République se désignera lui-même du doigt comme pour se renforcer et rappeler le personnage qu’il incarne.

En considérant que le geste est travaillé parce qu’il fait la majorité du sens du message perçu et retenu par le téléspectateur, cela est important.

Deux autres gestes sont particulièrement révélateurs. Lorsque François Hollande fait un geste avec le plat de la main vers le bas en parlant de Manuel Valls, c’est, aux yeux de tous, le symbole du "Le patron c’est moi".

Le moulinet

François Hollande multipliera le geste dit du « moulinet » afin de symboliser le changement. On sent qu'il l'a appris. Ce n’est pas naturel et ce geste est exactement celui qu’il ne faut pas utiliser pour réconforter et apaiser son interlocuteur. Encore une fois, c’est raté.

L’un des plus grands enjeux en participant à cette émission, pour François Hollande, c’était de lutter contre sa propre caricature politique qui s'installe durablement dans l’opinion publique et qui confirme ce qu’avait en son temps prophétisé Jacques Pilhan : Si on n'est pas président tout de suite, on ne le devient jamais. François Hollande a l’image d’un président de la République qui n’a que le titre et n’a pas encore su habiter sa fonction.

François Hollande a voulu à tout prix apparaître comme « le Président de la République des Français d’en-bas ». Il a pris le risque dangereux de renforcer le sentiment des Français : les politiques parlent trop pour ne rien dire.

Aussi, il faut remarquer que ce format d’émission était peu judicieux. L'analyse de cas particuliers rend la politique de François Hollande complètement illisible. Il n’a pas su lier les situations personnes de Français qui l’interrogeaient avec ses choix politiques.

Au total, l’émission met en évidence l'existant. Il était illusoire de tout miser sur une émission pour redresser l’image présidentielle. Nous l’avions dit. Parions qu’elle n’aura au final fait, au mieux, que conforter les traits d’image du Président de la république dans l’opinion. Au pire, elle les aura aggravés.

Fâcheux lapsus

Le plus intéressant et le plus dramatique de l’émission, c’est la multiplication des lapsus particulièrement forts de sens. Ils révèlent la tension qui est celle du Président de la République lors de l’émission.

Il dira ainsi « que mes petits enfants ne me disent pas que même pour le réchauffement, je n'ai rien fait »

Il parlera de « charges pondérales à porter »

Pire, alors qu’il tente de sortir d’une séquence conjugale désastreuse, il évoquera « ses vies privées » comme pour parler de « ses double vies ».

Enfin, il y aura le « J'ai mis les douchées doubles »… Autant dire que la démonstration du volontarisme en politique est ratée.

On pourrait aussi et surtout être particulièrement stupéfait devant les formules maladroites utilisées par le président de la République de la cinquième puissance économique du monde qui affirme qu’il « a passé 30 ans de sa vie à fréquenter les bistrots » après avoir dit qu’il allait « nous raconter une histoire ».

De quoi rire

On pourrait aussi parler de la désastreuse formule : « Non, ça ne coûte rien, c'est l'État qui paie ».

Un François Hollande approximatif, privé de bilan sur lequel s’appuyer pour mener une politique du résultat par la preuve et n’ayant pas la capacité de formuler de véritables annonces courageuses pour l'avenir de la France... Dès lors, __la question de l'utilité de cette allocution se pose. L’équipe de François Hollande__ a échoué à organiser la rencontre de l’homme et de l’opinion.

Quant à son équipe digitale dont les nominations avaient été mises en avant tout au long de ces derniers jours, autant dire qu’elle a été inexistante tout au long de l’émission. Le vrai désastre est d’ailleurs ici. Comment un Président de la République peut-il aujourd’hui ne pas être appuyé par un vrai dispositif d’influence digital alors qu’il participe à une émission dont les enjeux d’image sont pour lui, majeurs. Le résultat est à la hauteur du désastre : des dizaines de milliers de tweets moqueurs ont été publiés par les twittos. Après tout, pourquoi s’en priveraient-ils ? Le Président de la République leur a fourni de quoi rire, contre toute attente… et à son détriment !

La plus grande erreur de ce quinquennat sera probablement la communication présidentielle. Au fond, François Hollande aura été le premier homme politique tué par sa com.

Florian Silnicki est expert en stratégies de communication.

Source: Liberté politique

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, juillet 16 2014

Edito - Quand Twitter devient l'Agence Générale de Presse ...

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Hier, en Grande-Bretagne, David Cameron a annoncé la composition de son nouveau Gouvernement par ... Twitter. C'était simple : une succession de tweets avec un nom, une fonction et la référence à un mot clef.

Dans l'une des plus grandes démocraties occidentales, Twitter était ainsi consacré comme Agence Générale de Presse.

Au bal des réseaux sociaux, la répartition des rôles se décante.

Facebook occupe la "scénarisation du moi" avec le meilleur et le ... pire.

Twitter porte l'information immédiate. C'est la "dépêche AFP moderne". Dimanche soir, les manifestations sur Paris devant deux synagogues étaient suivies via Twitter alors qu'aucun média national n'en parlait.

Sur le plan international, on suit presque à l'heure près les déplacements de John Kerry ou les corrections d'images de Mitt Romney pour la présidentielle 2016.

Google + et LinkedIn occupent le créneau du professionnel, l'information technique.

Puis Instagram et Pinterest deviennent les bibliothèques où règnent les photos.

En moins de 5 ans, des supports internationaux ont totalement redéfini les moyens de communication et les parts principales de marchés ont été prises.

Une internationalisation, une accélération et une redistribution totalement inédites.

Les équipes de Twitter se structurent. Katie Stanton gère une antenne parisienne. Les audiences des tweets seront bientôt mesurées. Un nouveau circuit d'informations est en train de naître.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE