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vendredi, juin 13 2014

Edito - Crise de l'UMP : l'électorat de droite ne veut plus se faire avoir

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Pour Pierre-Henri d'Argenson, la crise interne à l'UMP traduit une fracture idéologique plus profonde :

"... Jusquà 2012, la conquête du pouvoir à droite s'était organisée autour d'une répartition des personnalités politiques, entre, d'un côté, la frange libérale, pro-européenne et libre-échangiste, appelée à diriger le parti et à gouverner et, de l'autre, la frange conservatrice, souverainiste, gaulliste ou de tradition catholique, faisant office de simples rabatteurs, remisés dans l'ombre après les élections. Une part croissante de cet électorat conservateur, majoritaire dans le parti et dans la population de droite, n'y croit plus.

Quand Nicolas Sarkozy lui annonce au dernier moment de sa campagne qu'il faut si besoin quitter l'espace Schengen, il n'y croit plus. Quand l'UMP lui jure, la main sur le cœur, à l'occasion des élections européennes de 2014, que la famille sera au cœur de ses préoccupations, il n'y croit plus. Il ne croit plus aux promesses d'«Europe qui protège», de «réindustrialisation», de «défense des valeurs». La cassure est profonde, durable, peut-être définitive.

Il ne s'agit pas seulement de la crédibilité d'un candidat, mais de la cohérence idéologique d'un parti. A la manière d'un coming out, une partie de l'électorat de l'UMP assume désormais le caractère profondément antagoniste du libéralisme et du conservatisme, et a fait sienne la clé de lecture de Jean-Claude Michéa, qui postule le caractère unitaire du libéralisme, qu'il soit de droite ou de gauche, économique ou politique. Est-ce à dire que cet électorat n'aime pas la liberté ? Bien au contraire, il veut la retrouver, sa liberté, face à un libéralisme qui voudrait que le droit et le marché régentent jusqu'aux plus intimes replis de la vie humaine, qui soumet le tout à la somme de ses parties minoritaires, dont les plus virulentes emportent la mise, et qui réduit la politique à un tableau Excel, la nation à un parking, le citoyen à un consommateur, glouton de préférence.

En réalité, l'électorat conservateur ne voit plus le programme libéral comme un pis-aller, un compromis, une concession faite à la globalisation, un moindre mal, en attendant mieux (on devrait dire : en attendant Godot__, qui ne vient jamais), mais comme son véritable ennemi idéologique. En clair, que ce soit la droite du Triumvirat (Fillon, Raffarin, Juppé) ou la gauche qui l'emporte, cela signifie pour lui la même chose. Le système libéral est nu : ses électeurs de droite lui ont arraché sa feuille de vigne des valeurs||VIDEO. Eric Woerth__ juge la crise à l'UMP "extraordinairement violente"], ses électeurs de gauche sa casquette d'ouvrier. La dynamique du vote «anti-système» est désormais lancée."

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juin 2 2014

Edito - L’UMP après Copé : le pire n’est pas exclu

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Il y a quelques jours, le scandale Bygmalion avec le financement par l’UMP d’une partie de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 a poussé Jean-François Copé à la démission de la présidence du mouvement. Quelles pourraient être les conséquences de cette nouvelle affaire pour la droite et la France ?

La descente aux enfers

La première place du FN aux élections européennes doit sans doute beaucoup au PS et au bilan désastreux d’une majorité qui a échoué à inverser la courbe du chômage, qui annonce un retour de la croissance infirmé par les premières statistiques, et dont la politique d’austérité ne tient même pas ses objectifs budgétaires. Mais le score historique du parti de la famille Le Pen doit aussi beaucoup à la situation du parti d’opposition, qui était traditionnellement le plus important. Depuis 2 ans, nous avons eu droit à une guerre des égos, à une élection truquée pour sa présidence, un ancien président qui donne des conférences à prix d’or pour des banques, et enfin, les multiples ramifications du scandale Bygmalion.

Les révélations continues sur l’affaire Bygmalion ont poussé Jean-François Copé à démissionner, du fait des liens qu’il a avec les dirigeants de cette société. Après l’avoir nié, il a fini par reconnaître que l’UMP avait réglé des frais de la campagne de Nicolas Sarkozy pour qu’il ne dépasse pas le plafond. Du coup, le parti d’opposition, avec avoir été largement devancé par le FN aux européennes, est entré dans une nouvelle crise et a mis en place un triumvirat d’anciens premiers ministres (Juppé, Raffarin et Fillon), dont deux pourraient être candidats en 2017 si Nicolas Sarkozy décide de ne pas y aller. Mais la situation n’est pas apaisée pour autant, comme le montrent les déclarations de Rachida Dati.

Pourquoi ils pourraient ne rien changer

Certains pensent que cette crise pourrait être bénéfique. Quelques uns estiment que cela pourrait aboutir à l’explosion du monstre idéologique contradictoire que représente l’UMP entre centristes, libéraux et post-gaullistes et contribuer à l’émergence de courants plus cohérents idéologiquement. Enfin, la démission de Jean-François Copé est accueillie avec un certain bonheur par ses détracteurs, est en soit une excellente nouvelle. Malheureusement, il n’est pas exclu que cette crise ne produise rien de bon, malgré le mauvais résultat des élections européennes. En effet, le contexte politique actuel peut, au contraire, pousser l’UMP à continuer dans l’impasse dans laquelle elle s’est engagée lors de sa création.

Après tout, les cyniques peuvent se dire qu’une répétition des élections européennes en 2017 ne pose pas de problème puisque le candidat de l’UMP ne devrait pas avoir de problème à battre Marine Le Pen au second tour, l’essentiel étant l’élimination de François Hollande dès le premier. En outre, il ne faut pas oublier que les centristes, qui ont recueilli 10 % le 25 mai, sont revenus clairement dans l’orbite de l’UMP, ce qui semble devoir garantir une majorité solide. La perspective de la victoire devrait assurer un minimum de discipline, comme au PS avant 2012… Et il ne faut malheureusement pas enterrer Jean-François Copé : n’oublions pas que Nicolas Sarkozy et Alain Juppé l’avaient été avant lui…

La crise de l’UMP est une nouvelle illustration de l’ineptie profonde de ce parti, qui n’a aucun programme clair après deux ans d’opposition et affiche souvent un argumentaire navrant de bêtise. Mais le pire est qu’avec la situation du PS, il est plus que possible qu’il se contente de sa médiocrité actuelle.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE