dimanche, novembre 9 2014

Edito - L'art de l’intimisme en politique : François Hollande tué par sa com

0.A0012419990-francois-hollande-pourquoi-vous-ne-l-aimez-pas.jpg

La plus grande erreur de ce quinquennat sera probablement la communication présidentielle. Au fond, François Hollande aura été le premier homme politique tué par sa com.

Que l'on considère le fond ou encore la forme de l’intervention du chef de l’État sur TF1 le 6 novembre devant les Français, nombreuses sont les illustrations indiquant que l’intimisme est plus que jamais devenu une stratégie de communication prisée par François Hollande.

François Hollande a veillé à utiliser un ton très bas et patelin, à formuler classiquement mais systématiquement des questions aux Français qui exposent leur cas afin de démontrer l’écoute accordée et l’attention portée à leur situation personnelle. Il nous a plongés dans une mise en scène qui avait pour vocation première d’appliquer la théorie nord-américaine dite du soft paternalisme.

Il s’agissait pour le Président de la République de susciter l’adhésion de son auditoire dont la défiance n’a jamais été aussi grande sous la Ve république. Pourquoi et comment ? D’abord parce que François Hollande et ses spin doctors ont compris que la télévision a un défaut : le spectacle de l’émotion est plus fort que ce qui y est dit. Ensuite parce que jamais un président de la République n’a été dans une telle situation vis-à-vis de son opinion publique. Il fallait les réconcilier.

La stratégie du Père tranquille

Les Français ne le comprennent plus. Les Français ne le suivent plus. Pire, les Français ne l’écoutent plus. Le mieux était donc aux yeux de l’Élysée d’aller se confronter au terrain et de mettre en scène le fait qu’il était un Français parmi d’autre. Il venait ainsi dire aux Français : je suis normal. Je suis comme vous. Je suis l’un des vôtres. Bref, il enfilait son costume de Président Normal. Comme pour regagner sa légitimité perdue. Peine perdue. Les Français se souviennent avoir voté contre Nicolas Sarkozy et ses excès comportementaux, ils attendaient d’être rassurés d’avoir voté pour François Hollande.

Cette émission a révélé la stratégie de l’équipe de spin doctors du palais de l’Elysée. Il s’agissait, pour eux, de représidentialiser François Hollande et d’installer dans l’opinion l’image d’un « père tranquille de la Nation ». À plusieurs reprises, le président de la République se désignera lui-même du doigt comme pour se renforcer et rappeler le personnage qu’il incarne.

En considérant que le geste est travaillé parce qu’il fait la majorité du sens du message perçu et retenu par le téléspectateur, cela est important.

Deux autres gestes sont particulièrement révélateurs. Lorsque François Hollande fait un geste avec le plat de la main vers le bas en parlant de Manuel Valls, c’est, aux yeux de tous, le symbole du "Le patron c’est moi".

Le moulinet

François Hollande multipliera le geste dit du « moulinet » afin de symboliser le changement. On sent qu'il l'a appris. Ce n’est pas naturel et ce geste est exactement celui qu’il ne faut pas utiliser pour réconforter et apaiser son interlocuteur. Encore une fois, c’est raté.

L’un des plus grands enjeux en participant à cette émission, pour François Hollande, c’était de lutter contre sa propre caricature politique qui s'installe durablement dans l’opinion publique et qui confirme ce qu’avait en son temps prophétisé Jacques Pilhan : Si on n'est pas président tout de suite, on ne le devient jamais. François Hollande a l’image d’un président de la République qui n’a que le titre et n’a pas encore su habiter sa fonction.

François Hollande a voulu à tout prix apparaître comme « le Président de la République des Français d’en-bas ». Il a pris le risque dangereux de renforcer le sentiment des Français : les politiques parlent trop pour ne rien dire.

Aussi, il faut remarquer que ce format d’émission était peu judicieux. L'analyse de cas particuliers rend la politique de François Hollande complètement illisible. Il n’a pas su lier les situations personnes de Français qui l’interrogeaient avec ses choix politiques.

Au total, l’émission met en évidence l'existant. Il était illusoire de tout miser sur une émission pour redresser l’image présidentielle. Nous l’avions dit. Parions qu’elle n’aura au final fait, au mieux, que conforter les traits d’image du Président de la république dans l’opinion. Au pire, elle les aura aggravés.

Fâcheux lapsus

Le plus intéressant et le plus dramatique de l’émission, c’est la multiplication des lapsus particulièrement forts de sens. Ils révèlent la tension qui est celle du Président de la République lors de l’émission.

Il dira ainsi « que mes petits enfants ne me disent pas que même pour le réchauffement, je n'ai rien fait »

Il parlera de « charges pondérales à porter »

Pire, alors qu’il tente de sortir d’une séquence conjugale désastreuse, il évoquera « ses vies privées » comme pour parler de « ses double vies ».

Enfin, il y aura le « J'ai mis les douchées doubles »… Autant dire que la démonstration du volontarisme en politique est ratée.

On pourrait aussi et surtout être particulièrement stupéfait devant les formules maladroites utilisées par le président de la République de la cinquième puissance économique du monde qui affirme qu’il « a passé 30 ans de sa vie à fréquenter les bistrots » après avoir dit qu’il allait « nous raconter une histoire ».

De quoi rire

On pourrait aussi parler de la désastreuse formule : « Non, ça ne coûte rien, c'est l'État qui paie ».

Un François Hollande approximatif, privé de bilan sur lequel s’appuyer pour mener une politique du résultat par la preuve et n’ayant pas la capacité de formuler de véritables annonces courageuses pour l'avenir de la France... Dès lors, __la question de l'utilité de cette allocution se pose. L’équipe de François Hollande__ a échoué à organiser la rencontre de l’homme et de l’opinion.

Quant à son équipe digitale dont les nominations avaient été mises en avant tout au long de ces derniers jours, autant dire qu’elle a été inexistante tout au long de l’émission. Le vrai désastre est d’ailleurs ici. Comment un Président de la République peut-il aujourd’hui ne pas être appuyé par un vrai dispositif d’influence digital alors qu’il participe à une émission dont les enjeux d’image sont pour lui, majeurs. Le résultat est à la hauteur du désastre : des dizaines de milliers de tweets moqueurs ont été publiés par les twittos. Après tout, pourquoi s’en priveraient-ils ? Le Président de la République leur a fourni de quoi rire, contre toute attente… et à son détriment !

La plus grande erreur de ce quinquennat sera probablement la communication présidentielle. Au fond, François Hollande aura été le premier homme politique tué par sa com.

Florian Silnicki est expert en stratégies de communication.

Source: Liberté politique

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, octobre 3 2014

Edito - Le coq, l'autruche et le renard

0.A00capitelle_faugeres.jpg

Le Washington Post, Le Monde ... tentent de trouver le contenu offensif du nouveau rituel quotidien de l'information. C'est un enjeu passionnant au moment où la concurrence s'accélère dans les supports, dans le rythme, dans l'internationalisation.

En France, selon la juste classification d'Eric le Boucher (les saboteurs), ce défi s'annonce très difficile car il y a trois tempéraments qui se dissocient de plus en plus : le coq, l'autruche et le renard.

Appliquée à l'information, le coq, c'est le journal de TF1 13 heures : des plongées dans les musées des régions : la "France est belle et l'Histoire l'a faite grande ...".

L'autruche, c'est l'ensemble des "hors jeux" : sortir de l'euro, fermer les frontières, relancer la dépense publique pour créer des emplois ... Il ne s'agit pas de démontrer, il faut affimer.

Le renard, c'est le tempérament qui s'adapte, qui ruse, qui intègre les réalités pour tenter de les surmonter.

Comme chacun cherche désormais dans l'information ce qu'il veut trouver et rejette ce qu'il n'accepte pas, comment trois tempéraments aussi différents peuvent-ils cohabiter en trouvant "leurs" informations dans un même support ?

Ceux qui vont résoudre cette énigme auront du mérite parce que, pour la première fois peut-être à ce point, le rituel quotidien de l'information n'existe peut-être plus tout simplement ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, septembre 14 2014

Edito - "L'énergie éolienne, la grande arnaque !"

0.A00eolienne.jpg

Ce film est visible sur https://player.vimeo.com/video/105732886

Il a été réalisé par le journaliste Armel Joubert Des Ouches ancien reporter de TF1. Il dénonce les méthodes utilisées par les promoteurs éoliens pour arriver à leurs fins. C'est une enquête sans concession sur la corruption et l'Omerta qui règne dans les médias sur ce sujet. Un immense scandale économique couvert par l’État, une honte écologique et un mensonge sociétal. L'éolien détruit notre pays.

Vous pouvez remercier Armel Joubert des Ouches en lui adressant un mail ajoubertdesouches@orange.fr avec copie à : postmaster@reinformation.tv

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, juin 10 2014

Edito - Les "merdias" et la réinfosphère

0.AFGu796HS4IvGruNo42-4YKsQIhQ.jpg

Grâce à internet, la propagande se retourne de plus en plus contre le système médiatique. Aujourd’hui, des vidéos sur le net font plus d’audience qu’une émission militante de Canal+ par exemple. Grâce à la réinfosphère, l’article dénonçant la censure et la manipulation de l’interview de Vladimir Poutine (exemple ici : http://www.les-crises.fr/interview-poutine-scandale-des-coupes/) a probablement eu plus d’audience (dans le public concerné par la chose politique) que l’interview originale. Les vidéos sur le livre d’Emmanuel Ratier sur Manuel Valls ont fait un carton sur Internet. Une vidéo d’Aldo Stéone peut faire jusqu’à 180 000 vues. Etc, etc…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, mai 23 2014

Edito - Elections européennes: le CSA tacle plusieurs médias sur le déséquilibre des temps de parole

0.A2e676bd61208ddb436e2f1b5dbd4ffed-0-628-424-3809284.jpg

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a adressé aujourd’hui une sévère mise en garde à plusieurs médias audiovisuels français en raison du déséquilibre des temps de parole entre les partis politiques durant la campagne des élections européennes.

« A deux jours de la fin de la campagne, le Conseil souligne l’extrême urgence pour les radios et télévisions de respecter le principe d’équité, en remédiant sans délai aux déséquilibres constatés », dit le communiqué du CSA. Le CSA souligne que certains partis ou groupements politiques n’ont « pas encore bénéficié d’un accès à certaines antennes ». Il dit avoir « fermement » mis en garde « ferme » TF1, RMC Découverte et RTL, et avoir également alerté France Info et France Bleu.

Selon les relevés du CSA sur la période du 14 avril au 16 mai, TF1 a accordé 49,80 % du temps de parole au Parti socialiste, 32,81% à l’UMP. Cinq autres formations se partagent le reste, dont le Front national (6,78%) et 12 n’ont eu aucun temps de parole. (...)

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE