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jeudi, novembre 27 2014

Edito - Nicolas Sarkozy : Communautarisme et racisme

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Rachida Dati ministre ? : « Parce que je m'étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler de la politique pénale, ça avait du sens ».

Qui a fait plus de mal à notre communauté nationale que Nicolas Sarkozy ? Je dis bien « communauté », parce que notre nation, au-delà de l’État – le cadre juridique de notre unité – c’est notre histoire et notre vie. Même si vous n’aimez ni votre voisin, ni votre collègue de travail, ni votre maire… Même si vous n’y croyez plus… il y a la France. C’est le petit truc qui vous pince le cœur quand dans un aéroport très lointain vous découvrez quelques mots de français. Nous avons mille raisons de penser à la France. Perso, j’en resterais toujours amoureux car de Ronsard à Eluard, la langue française a illuminé la poésie.

Alors, notre Nicolas Sarkozy ? Plus d’une fois, j’ai lu que la campagne de 2007 resterait un modèle à enseigner dans les écoles politiques. Non. Cette victoire a été la défaite d’un PS pourri jusqu’à l’os et qui avait rêvé de se refaire une virginité avec une candidate lunaire, et la défaite de l’UMP, laissant un Nicolas Sarkozy sans scrupule reprendre tous les thèmes FN. En 2007, ce sont les thèmes du FN, le populisme xénophobe et l’arriération franchouillarde, qui l’ont emporté, en apportant au vote habituel de la Droite, des gens venus d’un autre monde.

Depuis, nous payons cash… La vraie faute de Nicolas Sarkozy, c’est qu’il a cassé la France, notre pays. La gauche mole, tétanisée par ses ombres, est restée dans le sillon, voulant nous passionner pour la gestion de la dette ou le coût des 35 heures, alors qu’il fallait parler du pays, de nos attachements, nos débats, nos désaccords… Les cosmétiques qui font les marioles dans les ministères – vous avez vu l’autre dinde de Fleur Pellerin qui ne lit pas de livres mais mendie auprès de Michel Hazanavicius un rôle dans le prochain film d’OSS 117… – finissent la casse du pays. C’est grave. Nous sommes le pays de toutes les diversités, et c’est excellent, mais il nous faut des leaders politiques capables de dessiner un destin.

C’est là qu’on revient à cette phrase accablante de Nicolas Sarkozy.

« Parce que je m'étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler des droits fondamentaux et défendre l’indépendance de Justice, ça avait du sens ».

Admettons que Nicolas Sarkozy ait dit cette phrase,… elle aurait été inacceptable. Parce que cela aurait signifié que la nomination était due à des critères d’appartenance, et non pas aux compétences.

Par cette phrase lâchée en cette période de déprime, Nicolas Sarkozy, enfin, est sincère. Enfin. Rachida Dati n’a pas été nommée pour ses compétences, mais parce qu’il fallait une arabe dans le gouvernement. C’est du pur casting communautarisme. L’une des données du problème est que François Hollande a fait la même chose avec Christiane Taubira, nommée elle aussi sur les quotas : femme, noire, des Antilles. Sapin, Jean-Yves Le Drian, Stéphane Le Foll ou Emmanuel Macron ont été nommés car ils étaient en situation de prendre du jour au lendemain la tête des ministères. Qui peut soutenir que Christiane Taubira a été nommée pour sa maîtrise des dossiers ? De fait, sur les dossiers difficiles, elle se fait laminer, comme sur l’actuel projet de réforme des professions juridiques, géré de A à Z par Bercy.

Ça, c’est le Nicolas Sarkozy du communautarisme. N’ayant aucune vision du pays, il jongle avec les communautés comme il jongle avec les courants au sein de l’UMP.

Mais son vrai propos a été : « Parce que je m'étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler de la politique pénale, ça avait du sens ».

Ça, c’est du Le Pen Jean-Marie de fin de banquet.

D’abord, ce classique : on parle d’abord de soi, comme me l’expliquait encore hier mon ami Freud. Quand Nicolas Sarkozy parle de la justice, il parle de ce qui le concerne, c’est-à-dire le rapport à la loi pénale. Pour lui, le ministère de la justice, c’est le ministère du droit pénal. Avec comme adminicule, que la justice doit faire peur.

Après, il y a le racisme congénital. Comme son père et mère sont algérien et marocain, Rachida Dati s’y connait en violation de la loi. Avec des parents du Maghreb, vous êtes des experts en droit pénal... Et une rescapée de cette fabrique de voyous pour faire appliquer la loi pénale, çà, çà a de la gueule… Euh : ça « a du sens ».

Pauvre Nicolas Sarkozy.

On va voir ce que la suite va donner. Le problème est que les primaires ont maintenant pris autant d’importance que la présidentielle elle-même, car elles arrêtent le menu. Cet adepte du communautarisme et racisme qui en remettrait une couche, c’est strictement impossible. Alors faudra-t-il prendre sa carte à l’UMP pour éliminer cet agent nocif ? C’est une question sérieuse.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, octobre 17 2014

Edito - Ecomouv’ : Le « gouvernement » en dessous de tout !

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L’affaire de l’écotaxe et de Ecomouv’… Grandiose. Je n’aborderai pas ici les avantages et inconvénients de cette taxe, ni le fait que le gouvernement se soit aligné sur les revendications des mecs qui sont passés en correctionnelle pour avoir détruit les portiques à 500 000 € l’unité. En tant que citoyen responsable, je suis particulièrement attaché au respect de la loi et des décisions de justice, mais bon… Non, je veux ici parler que de la méthode de notre « gouvernement ».

La semaine dernière, notre amie Ségolène Royal a annoncé qu’elle enterrait l’écotaxe. Ce faisant elle prive d’État d’une ressource annuelle de 400 millions d’euros, destinée à alimenter la caisse de l’Agence de financement des infrastructures de transport en France (AFITF). Dans le même temps, elle condamne au dépôt de bilan la société Ecomouv’, entreprise franco-italienne de 130 salariés, qui était chargée de recouvrer cette taxe, et zigouille maints emplois dérivés.

L’État avait signé un contrat de « partenariat public-privé » qui faisait supporter à l’entreprise privée les investissements que l’État, endetté, ne peut plus assumer. Ecomouv’ est détenu à 70 % par l’italien Autostrade, le gérant du réseau autoroutier transalpin, 11 % par Thales, 10 % par la SNCF, 6 % par SFR et 3 % par Steria.

Chez Ecomouv’, c’était une mer d’huile, le contrat s’appliquant. « Le Canard enchaîné », rapporte des commandes de matériel par le ministère encore quelques jours avant l’annonce de la dénonciation du contrat. Pas la moindre réunion de concertation avec les dirigeants. Dominique Gros, le maire PS de Metz, où Ecomouv’ a son siège, avait été rassuré par Manuel Valls il y a un mois : « J’ai obtenu début septembre des assurances au plus haut niveau du gouvernement sur le maintien du dispositif », avec un écrit à l’appui.

Plus sérieux encore : dans un bilan effectué fin juin, l’État avait reconnu que la société avait respecté son contrat et que le système était prêt à fonctionner depuis le 1er mars. C’était la fin de la phase préparatoire. Ecomouv’ n’avait pas de recettes à encaisser, le processus étant gelé, mais en revanche, l’État devait verser le loyer prévu par le contrat, soit mensuel de 16 millions d’euros par mois. Par un avenant, la date d’effet avait été fixée au 1er janvier 2015, date de la mise en place de la taxe nouvelle formule.

Et là, boumbadaboum : l’État ne veut plus. D’où, la question très simple. En admettant que le gouvernement actuel ne veuille plus de cette taxe, comment peut-il juridiquement remettre en cause la signature de l’État sur un contrat ? Que signifie la continuité de l’État ?

Le fait est d’autant plus préoccupant, que ce genre de contrat est blindé, et on imagine bien qu’un groupe privé ne s’engage à assurer lui-même les investissements de l’État sans quelques clauses qui assurent l’avenir de la société. On parle d’une addition pouvant dépasser un milliard d’euros, et c’est le chiffre expliqué par le ministre Stéphane Le Foll il y a quelques mois, chiffres confirmés par un rapport parlementaire.

Là, ça se gâte, et ça sent le cramoisi.

Sur BFM-TV, lorsqu’on demande à Ségolène Royal si l’État est prêt à dédommager la société, elle a pour réponse : « On verra, on va expertiser les choses ». Hum, hum… « On va… » signifie que ça n’a pas été fait préalablement ? Pressée de questions hier, elle a lâché qu’elle allait consulter l’avocate Corinne Lepage pour voir si on peut demander l’annulation du contrat. Brrr.., mais brrrr XXL, car cela veut dire que le « gouvernement » :

- ne dispose plus de services juridiques compétents, et qu’il faut s’en remettre à un cabinet privé ;

- va faire procéder à une analyse critique du contrat après l’avoir dénoncé… et donc en prenant le risque insensé d’avoir dénoncé un contrat valable.

C’est l’hallu ! Quel chef d’entreprise imaginerait de dénoncer un contrat et de le faire analyser par son avocat après coup, quitte à se retrouver responsable de la rupture d’un contrat valable ?

Ouvrez un dossier Ecomouv’, et préparez mouchoirs et chéquiers…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, avril 19 2014

Edito - Le droit des Roms de vivre en France

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Cette histoire des Roms commence à vraiment me chauffer. Ce que fait mon pays, La France, est illégal et ignoble : illégal car la France s’est inscrite dans un plan européen d’inclusion des Roms, plan cohérent et financé, qui a force obligatoire, et qu’elle refuse d’appliquer ; ignoble, car les dirigeants politiques, par un consensus parfait entre le PS, l’UMP et le FN, agitent la haine des pauvres, comme si la pauvreté était la source de nos malheurs.

Il y a trois jours, le cafard de service était un petit marquis de la Hollanderie, Stéphane Le Foll : «Il faut chercher à les faire retourner d’où ils viennent, en Roumanie ou en Bulgarie, et éviter qu’il y en ait qui reviennent ou qui viennent ».

Alors, Stéphane Le Foll, s’il te plait, arrête tes conneries, qui sont cruelles car tu plonges des familles, des enfants, dans la misère. Calme-toi.

Les Roms en France

On compte environ 15.000 à 20.000 Roms migrants en France (1), ce nombre étant stable depuis plusieurs années. Plus de 90% d’entre eux viennent de Roumanie, plusieurs groupes de Bulgarie et quelques familles des pays de l’ex-Yougoslavie. La plupart de ces Roms vivent avec leurs familles, y compris des enfants, enfants qui représentent le tiers de cette population.

Les Roms migrants d’origine roumaine et bulgare, en tant que citoyens de l’Union, ont le droit d’accès au territoire français. Ils peuvent ensuite manifester la volonté de s’y installer, dans le cadre des politiques définies par l’Union européenne (Directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 (2) relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres, art. 6).

Pour la France, ce projet est entièrement réaliste. Si toute situation peut-être améliorée, d’autre pays européens (3) ont obtenu de vraies réussites (4), notamment l’Allemagne (5) avec 70.000 Roms et l’Espagne (6) avec 100.000 Roms. La situation bloque en France car les pouvoirs publics, pour s’attirer le vote xénophobe, refusent de mettre en œuvre les politiques européennes aux quelles sil se sont pourtant engagés.

Une politique européenne très claire

Devant la mauvaise volonté de France et de quelques autre États, la Commission européenne, en 2011, a défini une politique générale d’intégration des Roms pour la période allant jusqu’à 2020 (COM(2011) 173 final, du 5 avril 2011) (7).

Comme tous les États européens, la France a répondu en prenant des engagements par une communication du 6 janvier 2012 (8) (Une place égale dans la société française : Stratégie du gouvernement français pour l’inclusion des Roms dans le cadre de la communication de la Commission du 5 avril 2011 et des conclusions du Conseil du 19 mai 2011).

Aussi, le ministre machin ou le sous-ministre bidule ne vont pas nous gaver en inventant tous les jours de nouveaux plans pour les Roms.

La France a pris un engagement devant l’Europe, et cette politique européenne est financée. Elle doit donc être mise en œuvre. Il n’y a ni à tergiverser, ni à financer, ni à brasser la mélasse xénophobe. Comme disait avant-hier, l’autre rigolo, la France a une signature et l’honore. Oui, mais pas pour les Roms.

Le refus de la France de respecter ses engagements

La situation bloque en France du fait du refus des pouvoirs public de respecter leurs engagement, et cela résulte d’un point très clair : la France refuse de mobiliser les fonds européens disponibles, et qui seraient amplement suffisant pour réussir l’inclusion des 15 000 Roms qui souhaitent vivre en France. C’est un choix politique totalement pourri, mais il fait consensus entre le PS de l’UMP et le FN.

Alors, après c’est très simple. Vous venez à la télé prendre l’air outragé genre : « La France ne pas accueillir toute la misère du monde, nos budgets sociaux sont à secs, et ces gens doivent rentrer chez eux ». Là aussi, consensus entre le PS de l’UMP et le FN.

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Pour la période 2007-2013, l’UE a programmé 26,5 milliards € pour l’intégration sociale, soit 9,6 milliards pour le FSE, et 16,8 milliards pour le FEDER, et au sein de ces prévisions, des fonds sont disponibles pour l’inclusion des Roms dans les États européens, comme cela est explicité par une note « Les Roms au sein du Fonds social européen 2007-2013 » (9).

La non-utilisation des fonds alloués par la France est régulièrement dénoncée par Madame Reding (10), Commissaire européen pour la Justice. En septembre 2013, elle a clairement dénoncé la volonté de la France de pas mettre en œuvre son plan d'intégration des Roms conclu avec l'UE (Le Point, 25 septembre 2013).

On retrouve la même analyse dans trois rapports récents, et du plus haut sérieux, qui tous confirment que non seulement cet argent n’est pas mobilisé, mais de plu il sera perdu car non affecté.

- Rapport de la Cour des Comptes sur l’utilisation des crédits du FSE, de février 2012, extrait du rapport annuel (p. 159 et p. 165 s.) (11) ;

- Rapport du Sénateur M. Michel Billout (12), du 6 décembre 2012 (p. 63 s.) ;

- Rapport des députés Mme Marietta Karmanli et M. Didier Quentin (13), du 18 septembre 2013 (p. 73 s.).

Une organisation de l’échec

Cette « organisation de l’échec » est donc très simple : l’inclusion dans la société française étant financée par les fonds européens, il suffit de ne pas mobiliser ces fonds, et de dire que les services sociaux sont à secs. La cause : la xénophobie d’État contre les Roms, par consensus entre le PS de l’UMP et le FN.

Ce blocage intentionnel a été bien décrit par le préfet Alain REGNIER, préfet délégué en charge notamment de l’inclusion des Roms, un honnête homme (Le Monde, 29 septembre 2013). A la question « Quels sont les obstacles à l'insertion des migrants roms ? », la réponse n’est pas que la solution serait impossible, bien au contraire.

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« Au plan national, les familles roms qui remplissent les conditions pour rester en France doivent pouvoir être éligibles au droit au logement opposable (DALO). Ce qui suppose qu'ils obtiennent des préfets un titre de séjour selon les mêmes critères que les autres ressortissants de l’Union européenne. Ils seraient ainsi soumis aux mêmes conditions que les autres ménages reconnus prioritaires parmi les mal-logés. Les Roms doivent pouvoir être dans les mêmes starting-blocks que les autres exclus. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Toute mon action vise à faire en sorte que cette population avant tout victime du mal-logement puisse être traitée selon le droit commun. Car il ne faut surtout pas de traitement ou filière spécifiques pour les Roms, sous peine de renforcer encore la stigmatisation dont ils sont de plus en plus victimes ».

Des condamnations internationales unanimes

La xénophobie des gouvernements français est unanimement dénoncée dans le monde.

Le 29 août 2012, quatre rapporteurs spéciaux de l’ONU ont dénoncé la politique de la France vis-à-vis des Roms, qui ont estimé la situation française assez grave pour publier une dénonciation des quatre rapporteurs concernés contre « Ces évictions et expulsions alimentent inévitablement le climat d'hostilité déjà préoccupant à l'égard des Roms en France » :François Crépeau, rapporteur spécial sur les droits des migrants ; Rita Izsak, rapporteure sur la question des minorités ; Raquel Rolnik, rapporteure sur le droit au logement ; Mutuma Ruteere, rapporteur sur le racisme.

De très nombreux organismes publics font les mêmes critiques :

- Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, Avis sur le respect des droits des « gens du voyage » et des Roms migrants au regard des réponses récentes de la France aux instances internationales, 22 mars 2012 ;

- Collectif National Droits de l’Homme Romeurope, Rapport 2010-2011, Les Roms, boucs-émissaires d’une politique sécuritaire qui cible les migrants et les pauvres, février 2012 ;

- Observatoire régional de santé d’Ile-de-France, Situation sanitaire et sociale des “Roms migrants” en Ile-de-France, janvier 2012 ;

- Centre européen des Droits des Roms, rapport pour la Commission européenne concernant la légalité de la situation des Roms en France, septembre 2010 ;

- Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI), Rapport sur la France, 29 avril 2010, CRI(2010)16 ;

- Amnesty International, rapports de 2011 et 2013;

- Médecins du Monde, rapport sur les conditions de vie des Roms en France), juillet 2011 ;

- Romeurope, rapport de février 2010 sur la non-scolarisation en France des enfants roms migrants.

Des condamnations en justice permanentes

Du fait du consensus PS-UMP-FN, l’ambiance est bonne en France pour tomber sur les Roms, coupables de tous nos maux. Salauds de pauvres ! Mais dès qu’on s’adresse aux juridictions internationales, la France est condamnée comme voyouse.

Il faut dire que cette xénophobie d’État va à l’exact encontre de l’excellente jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme :

« Du fait de leur histoire, les Roms constituent un type particulier de minorité défavorisée et vulnérable. Ils ont dès lors besoin d'une protection spéciale. Cela implique d'accorder une attention spéciale à leurs besoins et à leur mode de vie propre tant dans le cadre réglementaire considéré que lors de la prise de décisions dans des cas particuliers, non seulement dans le but de protéger les intérêts des minorités elles-mêmes mais aussi pour préserver la diversité culturelle qui est bénéfique à la société dans son ensemble » (CEDH, 16 mars 2010 GC Oršuš et autres c. Croatie, n° 15766/03, §§ 147 et 148).

Le Comité Européen des droits sociaux a souvent condamné la France pour sa politique xénophobe :

- Centre européen des Droits des Roms c. France, n° 51/2008, 19 octobre 2009 ;

- Centre sur les droits au logement et les expulsions (COHRE) c. France, n° 63/2010, 28 juin 2011 ;

- Forum européen des Roms et des Gens du Voyage c. France, n° 64/2011, 24 janvier 2012 ;

- Médecins du Monde International c. France, n° 67/2011, 11 septembre 2012)

Le CEDS a demandé à La France d’être honnête :

« L'un des principaux éléments de la stratégie globale de lutte contre l'exclusion sociale doit être la mise à disposition de ressources suffisantes, qui doivent être affectées aux objectifs de la stratégie. Enfin, il faut que les mesures répondent qualitativement et quantitativement à la nature et à l’ampleur de l’exclusion sociale dans le pays concerné » (CEDS, Centre européen des Droits des Roms c. France, n° 51/2008, 19 octobre 2009, §§93-94).

La CEDH est régulièrement amenée a condamner la France pour sa pratique de destruction de camps Roms (CEDH, Winterstein, n° 27013/07, 17 octobre 2013, § 121).

Alors, deux questions à l’andouille Le Foll : tu attends quoi pour mettre en œuvre la politique à laquelle la France s’est engagée, et tu attends quoi pour mobiliser les fonds sociaux européens, réservés et alloués, qui permettront de régler le problème ?

Tant de malhonnêteté, ça me rend malade.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mars 13 2014

Edito - François Hollande à un plancher historique

000-DV1162162-jpg_112243.jpgDélits d'Opinion : François Hollande atteint ce mois-ci un nouveau plancher historique. Seuls 25% des Français lui accordent leur confiance alors que 49% ne lui font plus du tout confiance. Compte tenu des échéances, notamment électorales, à venir, quelle nouvelle impulsion peut-il apporter ?

Jean-Daniel Lévy : La cote de confiance de François Hollande se situe effectivement au plus bas niveau depuis son élection. On remarquera que ce « record » touche toutes les franges de population : jeunes comme moins jeunes, catégories populaires comme supérieures, sympathisants de Droite comme de Gauche. A ce titre, relevons que les 84% de sympathisants socialistes accordant le mois dernier leur confiance au Président (ce qui pourrait apparaitre encourageant) se réduisent en février à 75%. De même, les électeurs de 1er tour qui, à 68%, répondaient positivement à la question posée sont, ce mois-ci, 61%. La lente reconquête opérée aussi bien auprès de son cœur électoral que des catégories supérieures s'est stoppée. Et nous retrouvons le Président de la République sensiblement au même étiage qu'en novembre dernier. Ainsi les effets de l'annonce du pacte de responsabilité doublée d'une ligne politique qui avait, aux yeux des interviewés plus cléments avec le Président, le mérite de la clarté, s'estompent. Et laissent place parmi ces « déçus » à trois types d'expressions critiques : tout d'abord l'absence de décision et de ligne politique claire, ensuite des promesses non-tenues (nous n'identifions pas ici le vocable du peuple de Droite mobilisant le terme « mensonge »), enfin une interrogation sur la capacité du Président à bien comprendre les problèmes de Français, souvent résumés à une vaste « classe moyenne ». On le voit, point l'interrogation relative non seulement à la ligne politique mais également à la justice de celle-ci.

Si l'on devait établir le portrait type de la personne n'accordant pas du tout sa confiance à François Hollande, il s'agirait d'un homme, âgé de 35 ans et plus, de catégorie populaire, travaillant dans le privé, en couple avec enfant(s), ayant voté Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen à la dernière présidentielle. Il semble, dans ce contexte, déjà important pour le Président de renouer avec son cœur électoral et sa base politique. __ Délits d'opinion :__ Jean-Marc Ayrault atteint également un nouveau record d'impopularité à 23%. Conserve-t-il toutefois une valeur politique aux yeux du Président de la République ?

Capt_-Levy_JD_L.JPGJean-Daniel Lévy : Jean-Marc Ayrault est souvent comparé à... François Hollande. On le voit, le quinquennat a modifié profondément la perception de la pratique politique. Et si l'article 20 de la constitution affirme que « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation », la pratique institutionnelle ne s'inscrit pas totalement dans cet état d'esprit. Ce qui était parfois accordé à François Fillon comparativement à Nicolas Sarkozy (une forme de calme, de retenue et de constance) et lui permettait de se distinguer positivement du Président de l'époque ne l'est que peu aujourd'hui pour Jean-Marc Ayrault. Les 23% de Français faisant confiance à l'actuel Premier ministre reconnaissent son sérieux, son travail, sa compétence. Autant d'évocations positives qui sont également rattachées au Président auprès de cette même population. On remarquera que les Français critiquent moins les décisions à proprement parler. Mais que la thématique de l'aéroport fait son apparition. L'enquête ayant été notamment réalisée alors que les affrontements s'étaient produits à Nantes, ce ne sont pas ces derniers qui sont cités mais plus le fond de la décision et l'opportunité de la construction.

Délits d'opinion : Alors que beaucoup d'observateurs évoquent un remaniement dans les semaines qui viennent, quels sont, parmi les ministres actuels, les poids lourds sur lesquels pourrait s'appuyer le Président ?

Jean-Daniel Lévy : D'un point de vue d'Opinion, Manuel Valls inévitablement (même si l'enquête a été réalisée avant le boycott par la Droite de la séance du mercredi suite à un propos de Manuel Valls contre Claude Goasguen), deux représentants de la France à l'étranger : Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, ainsi que trois femmes : Christiane Taubira, Aurélie Filipetti et Fleur Pellerin.

Si l'on regarde par franges de population, on peut observer que le « classement » des ministres diffère. Ainsi, si le Président décidait de ne considérer que la confiance exprimée par les sympathisants socialistes, il pourrait en premier lieu penser à Laurent Fabius (recueillant la confiance de 79% de cette population), Christiane Taubira (77%), Jean-Yves Le Drian (75%), Najat Vallaud-Belkacem (75%). Il pourra même voir que Cécile Duflot reçoit la confiance de 51% des sympathisants PS (et 71% de ceux proches d'EELV). S'il souhaitait regagner à nouveau les catégories supérieures, il pourrait observer qu'outre les personnes mentionnées, Aurélie Filipetti, Fleur Pellerin et Stéphane Le Foll sont également appréciés par 30% ou plus des personnes au niveau social le plus élevé. Enfin, les sympathisants du Front de Gauche accueillent plus favorablement Benoit Hamon (52%) et Arnaud Montebourg (50%).

Méthodologie : enquête réalisée en ligne du 21 au 24 février 2014. Echantillon de 1 465 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l'access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l'interviewé(e).

Sondage : Harris Interactive