lundi, février 2 2015

Edito - Quatrième circonscription du Doubs : La République perd, mais françois Hollande a le sourire

0.A00105542571.jpg

Tout le monde perd lors de ce premier tour de la quatrième circonscription du Doubs… mais François Hollande peut avoir le sourire.

En résumé. On a viré le plus nul des ministres de l’économie pour en faire un commissaire européen à l’économie (L’Europe, mieux que Pôle-Emploi… le mec n’ose même pas dire le montant de sa paie…), le chômage explose, la croissance est nulle, et l’endettement reste au top, mais avec de la bonne et grasse tambouille politicienne, François Hollande voit se dessiner son rêve : un deuxième tour contre Le Pen, qui le ferait élire comme sauveur de la République.

Le premier enseignement de l’élection du Doubs est net : l’écroulement de la participation, avec seulement 39,5 % de votants. Les endoctrineurs radicaux qui succèdent dans les médias pour nous attendrir sur la fervente unité du peuple peuvent aller se faire voir chez Plumeau. Les élections, 60 % des Français s’en tapent, même en période larmoyante. Tu piges, Charlie ?

Deuxième enseignement, le FN est en tête comme lors de toutes les premiers tours depuis la brillante élection du président casqué. La candidate Sophie Montel passe en deux ans de 23,8 % à 32,6 %... pendant que le candidat PS passe de (Pierre Moscovici) 40,8 % à (Barbier) 32,6 %, alors que l’UMP est stable, de 23,6% à 26,5%.

Troisième enseignement, il n’y a aucun engouement pour le FN, dont la candidate a perdu des voix : 8382 en 2015 contre 9.605 en 2012. Je sais que les législatives partielles mobilisent peu,… mais par pitié, qu’on arrête de nous jouer le péril FN, alors que ce parti perd des électeurs ou stagne, et que c’est l’abstention qui gagne.

Quatrième enseignement, Nicolas Sarkozy n’est qu’un pet. Il a beau en faire des montgolfière de pets, ses discours à deux balles, qui annoncent comme des révolutions ce qui existe déjà ou ce qu’il n’a pas fait, ne marchent pas. Nicolas Sarkozy, ça n’imprime plus !... Le résultat est génial pour le PS, qui perd 9 % de voix, avec un nombre d’électeurs passant des 16421 à 7416, mais qui fait le mariole parce qu’il se retrouve au second tour. C’est tout le pari de François Hollande-le-Planqué, qui n’hésite pas légitimer les thèmes FN, comme avec ses mièvres incantations sur la laïcité et l’apologie, qui sont de la vraie islamophobie, propre et décontractée, ou sur les Roms, car son seul espoir pour être réélu est d’éliminer l’UMP au premier tour de la présidentielle.

Dans le rôle du loser, Nicolas Sarkozy est à nouveau parfait, et François Hollande va tout faire pour le conforter comme leader de l’opposition. Ce sacré François Hollande qui doit tout aux maladies sexuelles de DSK et aux lubies paranos de Nicolas Sarkozy : un destin...

Et nous on fait quoi là-dedans ?

1) On s’apprête à s’abstenir, lassé par ce jeu de dupes, ces ministres cométiques, en sachant que le pouvoir est ailleurs, du côté des grands groupes économiques. Le pouvoir politique a perdu, et je mise peu sur la tentative grecque.

2) L’alternative est de s’organiser pour soutenir Alain Juppé, compétent et intello, le seul capable d’éviter que la France finisse serpillère des Etats-Unis ). Mais comment faire, alors que l’appareil de l’UMP est cadenassé au service de Nicolas Sarkozy, et que le PS et le FN ont besoin du p’tit nerveux pour garantir leur premier tour ?

Pouah, quelle sinistre période… Heureusement, il nous reste la musique.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, janvier 22 2015

Edito - Bordeaux en compétition pour la meilleure destination 2015 en Europe

0.A0011B73WxekIQAEcGD4.jpg

Bordeaux a franchi l'étape des nominations pour être parmi les 20 villes en course pour la meilleure destination 2015 en Europe.

Il y a une indiscutable et indiscutée réussite de Bordeaux.

Cette réussite est liée à 5 facteurs :

1) Une réelle vision à long terme qui a consisté à placer Bordeaux dans les critères de la compétition des grandes métropoles européennes.

2) Pendant la Présidence Sarkozy, il faut reconnaitre que l'Etat a accordé à Bordeaux des financements considérables. Dans une ville, j'ai rarement vu autant de panneaux de travaux avec des mentions de financements d'Etat aussi importants.

3) La CUB s'organise autour de la Ville-Centre considérant que l'agglomération sera bénéficiaire de la performance de la Ville-Centre.

4) Bordeaux associe la performance économique et la qualité de vie qui passe par une ville sportive, culturelle, propre ...

5) Dans la compétition des capitales régionales, la compétition entre Bordeaux, Toulouse, Lyon, Nantes, Lille, Marseille, Strasbourg s'annonce intéressante. Montpellier devient la grande perdante des nouvelles cartes régionales.

Quant à Béziers, ville moyenne française par excellence, l'abandon du Sillon Languedocien la voue à terme à n'être qu'une sous sous-métropole de promotion d'honneur faute de se raccrocher à une locomotive comme Perpignan ou Montpellier, cette dernière tant la grande perdante dans cette affaire.

Le Parc Tertiaire Supérieur de Mazeran à Béziers qui a vocation à fédérer les activités dédiées à l'innovation est désespérément vide. Sur le papier, tout semblait briller mais plus les mois passent et plus on se dit que la réalité ne parvient à donner vie à ces dessins dorés. Et le confit qui perdure entre Robert Ménard et Frédéric Lacas ne fait que pénaliser toute l'agglomération dans son renouvellement économique et dans son positionnement stratégique et ce sur le plan régional et national. Un immense gâchis ! Voilà le sentiment qui prédominait aujourd'hui et l'on verra d'ici quelques mois ce que donnera l'accord de partenariat qui a été signé entre la CABEME et la Région qui prévoit une enveloppe de 14.51 millions €.

Pour voter pour Bordeaux : cliquer sur le lien suivant : Allez Bordeaux !

Le Rédacteur en chef de BEZIER POLITIQUE

mardi, janvier 20 2015

Edito - Qui sera le 1er en France à diffuser l'esprit de la Silicon Valley ?

0.A0011silicon-valley.jpg

Les banques et les capitaux-risqueurs français ont une responsabilité déterminante dans l'actuelle crise économique française durable. 4 constats pratiques s'imposent :

1) depuis 2008, la hiérarchie bancaire française a été parmi les plus protégées face à ses errements de placements, Nicolas Sarkozy et François Hollande confondus ! Les dissociations entre fonctions spéculatives des banques et fonctions de simple gestion n'ont pas été opérées. C'est le plus sûr moyen pour éponger sur le dos des particuliers dans le courant de gestion des comptes les pertes abyssales des échecs spéculatifs. 300 € en moyenne par an par compte de particulier pour des frais d'une opacité absolue.

2) il en est de même du capital-risque à la française. C'est d'abord de la gestion de capital avant d'accepter du risque. La raison : les intéressés ne gèrent pas leur argent. Donc ils doivent se prémunir en permanence contre les reproches éventuels de mauvais placements. Ils préfèrent avoir tort avec tout le monde plutôt que de chercher à avoir raison contre tout le monde, ce qui est la définition même du ... risque. D'où des comportements moutonniers et frileux.

Un exemple concret : en France quand la crise frappe, il faut "baisser la voilure". Dans la Silicon Valley, quand la crise frappe, il faut "libérer la voilure". L'opposé. Déployer la voilure parce que des parts de marchés vont se libérer.

3) En France, les projets très novateurs sont qualifiés de"bulles". La Silicon Valley aime les "bulles". Parce qu'une bulle peut monter au ciel tandis qu'un trou ne sera jamais sans fond. La potentialité de gagner prévaut sur le risque de la perte maximale envisagée.

4) Très rares sont les projets immédiatement rentables. Il faut donc du cash pour tenir jusqu'à ce seuil. En France, pour que le seuil de rentabilité soit atteint le plus vite, tout est prévu "petit". Dans la Silicon Valley c'est l'opposé. Tout doit être grand parce qu'un grand fleuve trouve toujours un port. Le "grand" aura créé son propre chemin ou gênera un concurrent qui voudra le racheter. Mais l'effet taille est déterminant.

Tant qu'en France cet esprit ne deviendra pas la "pensée dominante", la sortie de crise sera difficile et lointaine.

Pour rappel, la Silicon Valley c'est le taux d'emploi record. Un salaire moyen près de trois fois supérieur au salaire moyen américain. Un nombre record d'introductions en Bourse...

Dans le défaitisme français actuel, ce sont des repères qui méritent peut-être la réflexion que de tels résultats ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, janvier 12 2015

Edito - L'économiste Jean-Louis Caccomo menacé d'internement psychiatrique

0.A0011caccomo_jean_louis.jpgJe reproduis ci-dessous la lettre que l’économiste Jean-Louis Caccomo a été contraint d’envoyer au Ministre et à la Cour européenne des droits de l’homme. Merci de la relayer le plus largement possible en soutien à cet éminent professeur de l'Université de Perpignan, et en soutien des libertés fondamentales.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

"J’ai l’honneur de vous écrire pour vous alerter que mon université a déclenché vendredi une procédure d’internement psychiatrique à mon encontre sans aucun motif.

Je dois vous dire que j’ai déjà été victime d’un internement psychiatrique qui m’a coûté deux ans de ma vie à la demande du président de l’université en invoquant le motif de précaution.

En effet, un étudiant chinois a commis un assassinat sur mon campus et il a été jugé irresponsable car schizophrène. A l’époque, le président Sarkozy est venu assister aux obsèques. A la suite de ce tragique événement, j’ai été interné sous contrainte pendant deux ans, puis transféré à Montpellier pour y subir les électrochocs.

J’ai réintégré mon poste en juin 2014 et je suis depuis suivi par Montpellier qui m’a jugé apte à la reprise du travail. Pourtant la direction de l’IAE a déclenché à mon encontre une procédure d’hospitalisation vendredi qu’il m’a fallu 4 heures pour stopper.

Je voulais donc vous alerter sur les méthodes en vigueur dans mon université alors que j’ai contribué depuis 15 ans au rayonnement de l’Université de Perpignan (parfois au péril de ma vie comme en Thaïlande, Syrie ou Algérie) à travers mes nombreux articles académiques et mes livres mondialement reconnus.

Il est clair que je n’en resterai pas là d’autant qu’ils me disent qu’ils ont le droit de me faire interner à tout moment sur simple signalement de mon université, bafouant mes droits fondamentaux les plus élémentaires.

Je vous serai très reconnaissant de me répondre car je ne peux vivre dans cette angoisse permanente d’être interné.

Bien cordialement",

Jean-Louis Caccomo

PS

Le dernier livre de Jean-Louis Caccomo :

Le modèle français dans l'impasse, 252 pages, Tatamis.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, janvier 9 2015

Edito - De grâce, je vous demande de ne pas aller dans le sens voulu par les terroristes !

0.A0011833d3fc24f22657aea779f622e291c40ddd44f5b.jpg

Qui sont les terroristes, assassins de la rédaction de Charlie ? Agissent-ils seuls ? Ont-ils des commanditaires ? Ont-ils un maître à penser ? Reçoivent-ils des consignes ? De qui ? Ont-ils un réseau local ? Quelle est leur préparation ? Quelles sont leurs motivations ? Qu’a-t-on trouvé chez eux ? Que disent leurs ordinateurs ? Ont-ils des échanges avec des groupes étrangers ? Lesquels ? Quels sont leurs sites de référence ? Ont-ils gardé des liens avec leurs filières irakiennes ? Ont-ils des financements extérieurs ? Y a-t-il d’autres armes ? Quelle documentation trouve-t-on chez eux ? Avaient-ils tenté d’autres opérations ? Ont-ils eux-mêmes un rôle de leaders ? Ou sont-ils deux loups solitaires ? Avaient-ils infiltré des associations ? Ont-ils contaminé autour d’eux ? Que disent leur famille, leurs amis, leurs voisins ?

Il faut attendre pour répondre au juste niveau. Les fuyards vont être arrêtés,… peut-être abattus. Même si c’est le cas, une enquête judiciaire très approfondie aura lieu, justement pour répondre à ces questions. Cela prendra du temps, et en attendant, on doit poser quelques principes, calmement.

1/ La qualification d’islamiste, étiquette facile, ne veut pas dire grand-chose : attendons les faits pour étudier et comprendre.

Nous y verrons plus clair avec les progrès de l’enquête, mais il y a déjà des pistes sérieuses. On décrit des professionnels car, devant des hommes et des femmes sans défense, ils ont fait un usage méthodique de leurs armes. C’est un peu court… Je note des faits établis : ils se sont trompés d’adresse, puis d’étage ; lorsqu’ils descendent de voiture, l’un deux perd sa basket… Je passe sur cette invraisemblable affaire de carte d’identité tombée…

Et puis, est-on sûr que ce sont des islamistes, au sens de fous-furieux de leurs convictions ? Oui, il y a le contexte religieux, dévoyé et violent. Mais s’ils ont tué, ils n’ont rien détruit… La scène du crime a été longue, très longue, semble-t-il entre 10 et 15 minutes. L’enquête de police nous en apprendra beaucoup sur le discours, les comportements, les buts… Et puis, la manière dont, pendant la fuite, ils assassinent le policier, en s’arrêtant pour l’achever d’une balle dans la tête, a beaucoup avoir avec la truanderie, et peu avec l’islamisme. Nous devons comprendre, et nous ne pouvons rien construire dans la confusion.

2/ Le pays doit renforcer ses liens avec la communauté musulmane, et avec tous les Etats musulmans, amis de la France.

Si le but premier de ce crime est une vengeance meurtrière, le second est de braquer de la société française, pour isoler la communauté musulmane. Leur rêve, c’est de cliver, de casser. Pour eux, des musulmans vivant paisiblement dans une démocratie, c’est juste insupportable, car ça ruine leur système. Dans le mauvais climat actuel, avec des lascars comme Eric Zemmour et Michel Houellebecq qui annoncent avec des analyses imbéciles la guerre civile, les terroristes comptent sur le choc que va créer leur crime pour causer des ravages sur le thème : les Occidentaux d’un côté, les Musulmans de l’autre. Aussi, notre devoir impérieux est de combattre ce plan destructeur.

Ce crime est un crime prévu par la loi, ce n’est pas une affaire de civilisation, comme Nicolas Sarkozy s’est dépêché de la dire. Où est le problème de civilisation quand deux personnes isolées violent une loi que toute la société reconnait ? Une association fatiguée affirme que 99 % de la communauté musulmane respecte la loi et rejette le crime. Mais le 1%, ça fait entre 60 et 80 000 personnes ? Où sont-elles ? Des criminels, je n’en ai compté que deux ! Si la société se trouve plus divisée après ce crime, ce sera une victoire pour les terroristes. Alors, par pitié, ne leur donnons pas raison, et multiplions les signes de respect et d’amitié avec les Musulmans.

3/ La France est forte, et elle ne doit pas renoncer à ses libertés car elle dispose de toutes les armes juridiques pour riposter.

Là encore, il serait pitoyable d’offrir aux terroristes ce qu’ils cherchent : une France qui renonce à être ce qu’elle est, une terre de justice, forte parce qu’elle respecte les droits et libertés. La partie est facile pour un groupe armé qui attaque des civils… Dans un premier temps, la police et la justice plient sous le choc, c’est inévitable, mais nous avons tout dans nos lois et notre organisation policière pour faire face. C’est l’Etat de droit, qui est l’ennemi de ces obscurantistes. Si la République décide de bouleverser ses lois après un crime, elle reconnait la victoire de ce crime, qui l’a désarçonnée, mise à nu.

Aussi, j’espère vivement que la réponse à ce crime ne sera pas un abandon de notre culture juridique, par une horreur genre Patriot Act… lourd et inefficace contre le crime, et qui vise surtout à assurer le contrôle social. Je souhaite que les criminels soient arrêtés, jugés avec tous les droits de la défense, et qu’ils puissent faire valoir leur droit jusque devant la Cour européenne des droits de l’Homme, cette belle justice qui représente le contraire de l’arriération qui les motive.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, janvier 1 2015

Edito - Politique : le "privé" a gagné tous les terrains : le "vol" consenti.

a-l-annonce-des-resultats-du-second-tour-des-elections_1233172_1200x800.jpg

La grande innovation des vœux de François Hollande le 31/12/2014 ? Pour la première fois à ce point la communication a porté sur "les coulisses" de la préparation. Même le réseau social Vine a été utilisé pour montrer la préparation. Les médias classiques ont été porteurs d'images et d'infos sur le choix du bureau, les éclairages, les conditions de préparation du Président ...

C'est une étape nouvelle du narcissisme : faire une émission sur ... l'émission !

Bref, tout ce qui d'ordinaire restait ... privé.

C'est le tournant vrai de 2014 : le privé a gagné tous les terrains.

Le privé familial avec les débordements de confidences sur des vies intimes dont le succès du livre de Trierweiller.

Le privé professionnel par exemple à Béziers avec le succès d'un maire soutenu par le FN mais soit disant non encarté et qui partage 80 % des idées de Marine Le Pen dont la carte de visite de présentation n'a pas été le programme mais une étape de sa carrière professionnelle personnelle très habilement scénarisée initialement par des journalistes de supports nationaux idéologiquement très proches de l'intéressé puis considérée comme unanimement acquise.

Le privé "psychologique" quand toute la primaire de l'UMP repose sur le point de savoir si le tempérament de Nicolas Sarkozy a changé ou pas. C'est parce que cette donne est essentielle que le premier concerné communique à ce point sur la réconciliation avec Dominique de Villepin, preuve du changement quand il est ainsi possible de s'entendre avec son "principal ennemi d'hier". Fatima Allaoui aura peut-être très prochainement la change d'y prétendre si le FN la soutient comme promis...

Et maintenant avec la mode des "coulisses", le privé devient porteur des messages que le message public officiel ne porte plus tant le discours officiel est décrédibilisé.

Une nouvelle génération de campagnes électorales est en train de voir le jour.

Une fois de plus, sans le reconnaître officiellement, la France est sur le chemin des États-Unis qui ont déjà franchi cette étape depuis longtemps. Obama, son épouse, Pete Souza excellent dans cette scénarisation du "faux moment privé " supposé volé.

Mais c'est du vol consenti, bien organisé où voleur et volé font la paire, d'un commun accord.

Pas sûr que l'opinion se prête encore longtemps à ce jeu.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

Edito - Les « synthèses » de François Hollande : force ou faiblesse politique ?

0.A0011Francois_Hollande.jpg

Le goût de la synthèse, aboutissant à des compromis acceptables par tous (tout en laissant chacun un peu insatisfait), si souvent reproché à François Hollande, est-il vraiment un défaut en politique ?

Certes, la synthèse peut aboutir à des textes qui n’ont pour but que de satisfaire toutes les parties, même si, en pratique, ils s’avèrent inapplicables, mêlant des décisions incompatibles entre elles. On connaît la plaisanterie sur l’Union Soviétique à ses débuts qui, constatant que le nombre de voitures en circulation augmentait, a décidé de se doter d’un Code de la Route jusque là inexistant ; le Politburo, réuni pour le rédiger, se divise sur la question de savoir si les véhicules devront rouler à droite, comme dans la plupart des pays, ou à gauche, comme en Grande-Bretagne, où les accidents sont moins nombreux ; finalement, il parvient à une synthèse : les voitures rouleront à droite et les camions à gauche.

En pratique, dans la vie politique, il est très rare que le point de vue des tenants d’une thèse, s’ils ne sont pas majoritaires mais s’ils sont tout de même assez nombreux, puisse être totalement ignoré, à moins de plonger le pays dans un chaos durable (François Hollande a tranché en faveur du mariage homosexuel, question pour laquelle il n’y avait pas de compromis possible – ce devait être oui ou non – jugeant que, malgré leurs manifestations spectaculaires, ses adversaires étaient trop peu nombreux pour paralyser durablement le pays) ; toute la vie politique est faite d’affrontements finissant obligatoirement par déboucher sur des compromis, et peut-être l’art suprême de la politique consiste-t-il à trouver le compromis avant l’affrontement, qui est le compromis auquel on serait arrivé de toutes façons après l’affrontement, mais en ayant réussi à l’éviter : ce qui suppose une bonne capacité à évaluer les rapports de force en présence, de façon à prévoir sur quoi leur affrontement finira par déboucher : les victoires par écrasement total d’un adversaire puissant étant finalement assez rares.

On donne souvent en exemple, et à tort, de « passage en force » , sans vraies négociations, la fixation de l’âge de la retraite à 62 ans par Nicolas Sarkozy ; en réalité, Nicolas Sarkozy savait très bien qu’un équilibre durable (quelques années) du régime des retraites imposait de fixer cet âge à 64 ou 65 ans , comme dans la plupart des pays européens ; le choix de l’âge de 62 ans était un compromis, n’ayant pour but que de faire sauter le verrou psychologique et historique du chiffre rond de 60 ans - et, demain, le gouvernement qui le portera à 64 ans ne se heurtera effectivement plus aux mêmes manifestations ; l’erreur tactique de Nicolas Sarkozy a consisté à ne pas avoir « mis en scène » ce compromis : voulant porter l’âge de la retraite à 62 ans, il aurait dû commencer par proposer de le porter à 64 ans, puis ouvrir des négociations pour finir par accepter 62 ans, offrant ainsi aux syndicats une porte de sortie honorable : « On a quand même gagné deux ans, ce n’est pas rien ! » ; il a commis l’erreur de mener comme une épreuve de force l'atteinte d'un objectif qui, en réalité, constituait lui-même déjà un compromis .

En politique étrangère, il en est de même : le but de la diplomatie est de parvenir à éviter les guerres, en faisant accepter les traités de paix sur lesquels une guerre aurait débouché, mais sans que celle-ci ait eu lieu ; inversant la célèbre formule de Clausewitz, on pourrait dire que « La diplomatie est la poursuite de la guerre par d’autres moyens » ; évidemment, ceci suppose, là aussi, la même évaluation du rapport des forces par les deux camps ; car, si l’un d’eux a l’impression qu’il peut obtenir une victoire militaire totale, la diplomatie ne peut plus rien .

Il n’est donc pas impossible que l’art de la synthèse et du compromis, fondé sur la capacité de bien évaluer les rapports de forces, soit la forme la plus sophistiquée et élaborée de la politique, même si elle est la moins spectaculaire ; sa seule faiblesse réside dans le fait que les peuples préfèrent souvent le plus spectaculaire au plus efficace…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, décembre 30 2014

Edito - Les discours ou quand l'âme est inscrite dans les mots

0.A00119788861126138_1_75.jpgJe recommande l'ouvrage sorti dernièrement sur les "discours qui ont changé le monde moderne". Le recueil des discours est remarquable.

Que montre cette lecture ? La force du discours c'est la preuve que l'image ne suffit pas pour emporter la conviction.

Et cet ouvrage apporte la preuve du caractère incontournable de l'écrit.

La campagne 2007 de Nicolas Sarkozy aurait-elle connu le même lancement sans le discours du 14 janvier 2008 ? Celle de François Hollande aurait-elle eu la même dimension sans le discours du Bourget du 22 janvier 2012 ?

Autant de circonstances qui appellent à se poser la question de fond : qu'est ce qu'un discours réussi ?

Finalement, il y a deux critères essentiels :

1) c'est quand l'âme est inscrite dans les mots : les mots prennent un sens particulier qui rejoint l'imaginaire,

2) c'est surtout quand cet imaginaire repose sur un clivage clair entre un discours et un ennemi. Finalement, c'est la qualité de l'ennemi qui fait la force du discours qui s'oppose.

Que serait de Charles de Gaulle sans Adolf Hitler ?

La gauche de François Mitterrand sans l'aristocratie de VGE ?

Tony Blair sans Margaret Tatcher ?

Barack Obama sans GW Bush ?

L'énergie de Nicolas Sarkozy sans l'immobilisme de Jacques Chirac ?

La normalité de François Hollande sans la provocation permanente de Nicolas Sarkozy ?

C'est tout le mystère des bons discours : susciter l'imaginaire en réaction à une réalité qui insupporte. Ce contexte rend plus humble la seule qualité de la plume.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, décembre 28 2014

Edito - 2014 : la politique est plus que jamais par terre

0.A00116872708.jpg

2014 a été une année désastreuse pour la République, et on le doit entièrement aux « responsables » politiques. Et en 2015, ils vont nous faire la leçon « démocratique » parce que, écœurés, nous allons nous abstenir.

Quels ont été les événements majeurs de 2014 ? La plus dramatique des insignifiances… mais l’addition est lourde.

2014 ? C’est François Hollande qui se promène casqué dans les rues de Paris, sur un scooteur 100 % républicain, pour ses petites galipettes clandestines. Christiane Taubira qui arrive en vélo à la réunion des « frondeurs » aux universités du PS à La Rochelle, où elle ne prononce pas un mot… mais la photo était bonne. Fleur Pellerin, ministre de l’inculture, qui explique qu’elle ne lit pas de livres, mais qui négocie avec Michel Hazanavicius un rôle dans le prochain OSS 117 ; Bambi qui, après avoir voulu mettre fin à la prostitution, inflige à nos gosses ses débiles ABCD de l’égalité, avant de remballer sa camelote deux mois plus tard ; l’enfoiré mondain de Pierre Moscovici, viré du gouvernement tellement il est nul, et qui se retrouve Commissaire européen, pour stigmatiser la France pas encore assez libérale ; Benoit Hamon, le fantastique héros de la Gauche de la Gauche, alors sinistre de l’enseignement, qui fusille la rentrée scolaire pour un discours post-ado à la fête de la rose du farfadet Arnaud Montebourg… Le sous-ministre Thomas Thévenoud qui ne déclare pas ses revenus car il souffre de « phobie administrative ». Arnaud Montebourg, autre héros de la Gauche de la Gauche, qui quitte le ministère de l’économie pour s’inscrire à une formation pour patrons à l’Insead qui coûte 34 500 €. François Hollande qui encourage Benjamin Netanyahou « à prendre toutes les mesures pour protéger sa population ». Et ajoutons la volonté d’aller bombarder Damas, avant de se faire calmer par Barack Obama

2014, c’est aussi Nicolas Sarkozy enregistré clandestinement par son homme de confiance l’ex journaliste de Minute Patrick Buisson ; c’est l’affaire Bygmalion, avec un système de fausses factures permettant de doubler le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ; c’est Laurent Wauquiez et NKM qui font mesurer leurs bureaux pour savoir qui aura le plus grand ; Patrick Balkany et Serge Dassault pris dans des trafics crapuleux.

2014, ce sont les élections européennes du mois de mai : le FN en tête avec 25 %, suivi de l’UMP à 20,8% et du PS à 14%. Ce n’est pas grave, nous ont aussitôt expliqué les gentils sondages, car ce vote n’existe pas. Et déjà, on nous met sous le nez le sondage favorable à la loi Macron… Sauf que le même jour, la législative de l’Aube, la PS est éliminé, arrivé en 3° position avec 15 % des voix, loin derrière le FN à 27 %. Le tout, avec 70 % d’abstention. Oui, la politique est plus que jamais par terre : aux élections régionales et départementales de 2015, le FN sera encore en tête, aux alentours de 25 %, et le PS va subir une nouvelle déroute.

2014, c’est la hausse de l’endettement, des impôts et du chômage.

En fait, tout le monde a intégré que Marine Le Pen sera en tête au premier tour de la présidentielle de 2015, et les trois dans la course jouent une seul partition : « c’est moi qui serait le mieux placé pour la battre au second tour ».

Rien à attendre de François Hollande et de Nicolas Sarkozy, qui, bien programmés, vont poursuivre leur cirque habituel, qui a perdu la France. Alain Juppé ? Malgré ses casseroles nombreuses et variées, il se situe au-dessus du lot, mais s’il veut nos suffrages, il va falloir qu’il nous dise quelle politique il va faire, avec qui, et qu’il quitte le bonheur ouaté de sa belle image de papy gentil, pour venir sur le terrain, filer des marrons à Nicolas Sarkozy et François Hollande, ces deux erreurs historiques de la politique française.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, décembre 27 2014

Edito - Qu’est-ce qui aura le plus fortement marqué les Français au terme d’une année politique très riche ?

0.A00114353329_sarkozy-martignac.jpg

Qu’est-ce qui aura le plus fortement marqué les Français au terme d’une année politique très riche ? L’Institut Odoxa a posé quatre questions, dans un sondage exclusif pour le Parisien-Aujourd’hui en France et ITélé : quel est l’événement politique le plus important de 2014, la révélation politique de l’année, et la personnalité la plus scandaleuse ? Enfin nous avons demandé, sur un registre plus léger, avec quel(le) homme ou femme politique les Français aimeraient passer le réveillon du 31 décembre.

L'événement politique de l'année 2014 : le Front national en tête lors des élections européennes.

C’est d’abord, sans conteste, « le score canon de 25 % réalisé par le parti de Marine Le Pen aux élections européennes qui a marqué les esprits », relève Céline Bracq, directrice d’Odoxa. C'est l'événement marquant de l'année pour 51 % des Français. « Le FN premier parti de France est ainsi cité en priorité par les sympathisants de gauche (45 %) et encore plus par ceux de droite (57 %) ». Loin devant la réforme territoriale avec une France qui passe à 13 régions (31 % des personnes interrogées)...

Le retour de Nicolas Sarkozy et la victoire de la droite aux élections municipales arrivent ex-aequo en 3e position : 24%. Le remaniement ministériel avec le départ d'Arnaud Montebourg est en 4e position (19%).Valérie Trierweiler et la sortie de son livre « Merci pour ce moment » se retrouvent en bas du classement (10 %). « Une nouvelle preuve que les Français font la différence entre événement médiatique et événement politique », souligne l'institut de sondages. L'affaire Jouyet-Fillon n'a, elle, marqué que 3 % des Français.

Fait notable, le mouvement d’extrême droite apparaît en haut de classement dans trois des quatre catégories du sondage. Marion Maréchal-Le Pen est seconde chez les « révélations de l’année », tandis que sa tante Marine apparaît au deuxième rang des politiques avec qui réveillonner.

Emmanuel Macron, révélation politique de l'année

C’est un homme arrivant avec des recettes nouvelles, et un brin iconoclastes à gauche, Emmanuel Macron, qui est élu haut la main « révélation de l’année ». Le ministre de l’économie est cité par 47 % des Français, loin devant la nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen (32 %). La jeune députée FN est néanmoins la favorite des sympathisants de droite (47 %, devant Emmanuel Macron à 39 %), relève l'institut, « une place qu'elle doit aux sympathisants FN. Les trois quarts la citent et ils représentent un tiers des sympathisants de droite ». Elle devance Bruno Le Maire (30 %), candidat à la présidence de l'UMP.

Le plus scandaleux : Thomas Thévenoud

Dans la catégorie scandale de l’année, Thomas Thévenoud, le secrétaire d’État PS qui oubliait de payer ses impôts pour cause de « phobie administrative », arrive en tête (40 %). Il devance de peu la « scandaleuse » Valérie Trierweiler (39 %), qui a très négativement marqué les sympathisants de gauche (ces derniers classent d’ailleurs l’ex-compagne de François Hollande première, avec 54 % de citations). Elle est suivie de près par Thierry Lepaon (37 %), pour les révélations sur ses frais et indemnités payés par la CGT. Jérôme Lavrilleux et l'affaire Bygmalion arrivent en 4e position de ce classement (19 %).

Sarkozy et Le Pen, personnalités préférées pour passer le Réveillon

Avec qui les Français souhaiteraient finir l’année ? Le plus cité est Nicolas Sarkozy avec 19 % de citations. Ce sont Marine Le Pen et Rama Yade qui arrivent en deuxième position : la patronne du FN parce qu’elle génère certes très peu « d’envie » chez les Français en général mais que 8 sympathisants FN sur 10 rêvent de passer un Réveillon avec elle ; la centriste Rama Yade parce qu’elle est globalement appréciée par toutes les catégories de Français, souligne Odoxa. Loin derrière, François Hollande (9 %). Au pied du classement, Nadine Morano : ils ne sont que 2 % à dire qu'ils aimeraient passer le Nouvel An avec elle.

Source : Sondage du Parisien ce 27/12/2014

mercredi, décembre 24 2014

Edito - Le conte de Noël néolibéral de Jacques Attali

0.A0011jacques-attali-10830788bwivg_1713.jpg

Dès que j’ai entendu la publicité pour son dernier livre, « Devenir Soi », j’avais envie d’en savoir plus sur le dernier opus du conseiller de nos gouvernants, sans vouloir, quand même, perdre le temps pour le lire. Merci donc à Régis Soubrouillard, du quotidien Marianne, de l’avoir fait et d’en avoir tiré un papier si amusant.

Le refus de la société

Finalement, c’est ce tout ce qui transparaît de la théorie du conseiller de Nicolas Sarkozy et François Hollande. Comme le rappelle Régis Soubrouillard, quand John Kennedy demandait de s’interroger sur ce que l’on peut faire pour son pays, Jacques Attali répond : « demandez-vous ce que vous pouvez faire pour… vous ». Pour l’homo néolibéralus, tout semble secondaire par rapport à son nombril : famille, concitoyens ou pays ne sont plus que des points de détail pour ces boules de pulsions et d’ego à dominante marchande. Jacques Attali semble remplir son livre de biographies indigentes et indigestes de personnes, d’Arthur Rimbaud à Bill Gates, qui se seraient accomplies pour démontrer sa thèse.

Mais cette avalanche de cas particuliers n’a pas le moindre intérêt démonstratif et ne montre pas en quoi « l’État ne pourrait rien ». Les États-Unis ou la Chine démontrent encore largement que la volonté nationale permet de faire beaucoup, tout comme de nombreux autres pays souvent bien moins puissants que ne le sont les pays européens dont la France, que ce soit en Amérique Latine ou en Asie. Régis Soubrouillard rappelle justement que la réussite de la Silicon Valley doit beaucoup aux investissements publics massifs de l’État, contredisant la bluette néolibérale individualisto-marchande que tente de raconter l’apprenti-sorcier Jacques Attali dont le rejet pathologique de l’État laisse perplexe.

Le refus de l’humanité

Ce faisant, ce livre fait penser à un autre, autrement plus intéressant et mieux argumenté, « La dissociété » de Jacques Généreux, sans doute un des meilleurs et des plus complets décryptages de cette société néo-libérale. L’intellectuel y insistait sur le fait que « la nature humaine est faite de l’interaction continue entre une aspiration à l’autonomie et une aspiration à l’association, entre la pulsion d’autosatisfaction et le désir de société, (…) le désir d’être soi et le désir d’être avec ». Jacques Attali représente la caricature de ces néolibéraux qui sacrifient sans vergogne l’être avec à l’être soi, « le délire narcissique exaltant l’autonomie et la toute-puissance du moi » pour reprendre Jacques Généreux.

Bien sûr, pour camoufler son individualisme infantile et barbare, le conseiller de nos princes équilibre son discours de considérations pseudo-religieuses, mais elles semblent être du calibre d’un touriste trop pressé qui reste à l’extrême surface des choses. Ne pouvant quand même pas ignorer la dureté de l’époque, il « dresse en effet un tableau très sommaire et complètement apocalyptique de l’époque : les dérives du progrès technique, la pollution, les guerres, le chômage, la criminalité, la ‘somalisation’ du monde ». Mais il est quasiment comique, pour ne pas dire ridicule, de penser que ce sont des individus isolés qui pourront en venir à bout. Ce sont nos sociétés de citoyens qui sont la réponse.

Merci donc à Régis Soubrouillard de s’être infligé ce pensum. La superficialité et la légèreté de son discours démontrent de facto que la « pensée » néolibérale n’est qu’un courant d’air, absolument vide. Bien sûr, elle domine le temps présent, mais elle finira par disparaître.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, décembre 18 2014

Edito - Taxe Tobin : François Hollande est vraiment le grand ami de la Finance

0.A0011Pierre-Moscovici-Francois-Hollande-Michel-Sapin.jpg

Bien sûr, je n’ai jamais cru le président alors candidat, quand il faisait de la finance son adversaire, quelques jours avant de rassurer la City. Malheureusement, sur le dossier de la taxe Tobin européenne, il démontre qu’il est, depuis qu’il est élu, l’un des meilleurs amis de celle qui était censée être son adversaire.

Histoire d’une trahison

Il faut remercier Marianne et Bruno Rieth, qui résume parfaitement l’incroyable histoire d’une trahison. Mais comment François Hollande a-t-il pu dire pendant la campagne électorale que « mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance » avant de mener une telle politique ? Il faut dire que quelques jours après, il confiait au Guardian : « la gauche a gouverné pendant 15 ans, pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n’y a pas de crainte à avoir ». C’est le second texte qui faisait foi, comme le démontre Bruno Rieth dans Marianne. Depuis deux ans et demi, l’Elysée et Bercy ne cessent de défendre l’agenda des banques et de la finance.

Et quelle meilleure illustration que la position de la France sur la taxe Tobin. L’idée a trouvé une seconde jeunesse avec la grande crise, soutenue par Joseph Stiglitz, qui y voit un moyen de réguler la finance mais aussi de davantage la faire contribuer à la collectivité, motivation qui semble d’autant plus juste aujourd’hui que les Etats ont déversé des milliards pour la sauver et qu’ils accumulent les déficits. Même l’Union européenne, pourtant souvent influencée par les intérêts des multinationales, a fini par y céder et pousser un projet, farouchement combattu par le Royaume-Uni et les banques. Si la France fait partie du groupe de onze pays qui avancent, elle semble y être pour ralentir le mouvement et en réduire la portée.

Dépasser la droite par la droite

De manière assez extraordinaire, le PS tempère donc le projet lancé en 2011 par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ! Malheureusement, rien de bien surprenant si on s’en réfère aux propos de Pierre Moscovici à l’été 2013, qui jugeait les projets de la Commission, pourtant guère interventionniste, « excessifs ». Quand mettre un membre du PS à la Commission semble alors la droitiser… Depuis, Michel Sapin vend le projet comme une révolution alors qu’il s’agit d’un pétard mouillé. Le diable étant dans les détails, l’Union européenne avance avec un projet dérisoire qui taxe dix fois moins les dérivés que les actions et les obligations (on se demande bien pourquoi ?), puis qui finit par en exonérer plus de 95 % de toute taxe !

Et même ce projet croupion déclenche de l’urticaire au monde financier, dont l’opinion est bien relayée par The Economist, vent debout contre cette idée, surtout quand elle semble pouvoir s’appliquer aux échanges faits depuis Londres. Pas de problème : il semble, paradoxalement, suffire de passer par Paris pour porter l’estocade comme ce projet nain pour encore en retarder la portée et la possible application. Il faut noter que les sociaux-démocrates allemands, pourtant guère révolutionnaires jugent « essentiel que tous les dérivés soient inclus car le trading international de dérivés a désormais atteint un volume d’environ douze fois le PIB mondial ». Les enfants de Schröder plus interventionnistes que François Hollande !

C’est ainsi que le PS suit l’agenda des multinationales en baissant les cotisations sociales et en flexibilisant le travail, et ne remet pas en cause le laisser-faire financier. Un grand homme aurait dit qu’il « n’aimait pas les socialistes, parce qu’ils ne sont pas socialistes ». 50 ans après, ceci semble encore plus vrai.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

Edito - Fatima Allaoui ; "si la proposition de Philippot est sérieuse je l'étudierai"

0.A0011fatima-allaoui-deuxieme-a-gauche-du-temps-d-une_1215205_667x333.jpg

A la décharge de NKM, il faut bien reconnaître que "l'aventure extrême" de Fatima Allaoui est à la fois récente et restée discrète. C'est un désaccord avec l'UMP au sujet des cantonales qui a poussé la conseillère régionale à en claquer la porte. Alors que le parti refusait de l'investir, elle a rejoint le Siel et s'est tournée vers le maire de Béziers Robert Ménard, soutenu par le FN, pour obtenir son appui, qu'il lui a refusé.

Au journal "Libération", Fatima Allaoui avait invoqué "une crise d'adolescence politique", affirmant avoir demandé ces soutiens "par désespoir de cause et pour augmenter (ses) chances d’être élue". Si elle assume soutenir "localement la plupart des initiatives" de Robert Ménard, une plongée dans les archives montre en effet que son tropisme d'extrême-droite est très local.

Il y a sept mois encore, elle félicitait ainsi sur Twitter "@GeoffroyDidier qui vient de ridiculiser M Lepen sur les élections européennes. Ça fait plaisir":-). Le 6 mai 2013, elle rapportait par ailleurs s'être fait "agresser physiquement par une militante FN" en marge d'un meeting de Jean-François Copé (dans un tweet supprimé depuis mais rapporté par Midi Libre). Pas vraiment le profil d'une fervente aficionado des Le Pen. Alors, conversion tardive ou égarement ?

Fatima Allaoui n'est pas à une contradiction près. La Biterroise a la mémoire courte. Elle apparaît sur une photo où, aux temps des dernières municipales à Béziers, on la voit manifester le 27 mars 2014 derrière une banderole anti-FN. Elle affirme avoir été exclue du secrétariat national de l’UMP mais pas du parti. Néanmoins, elle ne devrait pas poursuivre l’aventure avec la formation politique dirigée par Nicolas Sarkozy. « Il va de soi que c’est moi qui quitte mes fonctions à l’UMP et notamment au niveau du groupe régional et au niveau du bureau politique », a-t-elle déclaré. « Je ne renouvellerai pas mon adhésion à l’UMP », a-t-elle encore fait savoir.

Mais, le Front national qui a flairé la nouvelle prise de guerre, lui a proposé, par la voix de son vice-président,Florian Phillippot de venir grossir les rangs. Et, surprise, la jeune femme entend très sérieusement étudier la proposition. "Franchement, j'ai apprécié la déclaration de Florian Philippot, c'est la seule parole gentille que j'ai pu entendre. Si sa proposition est sérieuse, je l'étudierai", a-t-elle expliqué sur i-télé. En clair, elle n'exclut pas un nouveau retournement de veste.

NB : Ses convictions très élastiques et ses "idées" à ressort vont lui permettre de se trouver une place très facilement dans ce parti d'extrême-droite qui prend tout et n'importe quoi de ce qui se présente !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, décembre 12 2014

Edito - Que penser du projet de loi Macron ?

0.A00114537891_6_34b5_manuel-valls-et-emmanuel-macron-quitte_d58d4522799baca38f8c0809b8ae7c33.jpg

C’est le sujet législatif de la semaine. Le projet de loi Macron a été présenté en conseil des ministres, puis à la presse avant hier. Il doit rester comme un marqueur du quinquennat, une des meilleures illustrations du cap libéral assumé par François Hollande, puisqu’il prolonge les travaux de la commission Attali.

Jacques Attali au pouvoir ?

Quand on prend un peu de recul, il y a de quoi être assez estomaqué par ce projet phare de la deuxième moitié du mandat de François Hollande. Bien sûr, il peut exister certaines rentes injustifiées et excessives et il est normal de s’y attaquer et certaines complexités de notre droit peuvent être contre-productives, mais ce projet va bien au-delà. De manière stupéfiante, il s’agit d’un projet néolibéral, qui, sous couvert initialement de redonner du pouvoir d’achat aux ménages, ce qu’avait défendu Arnaud Montebourg cet été, est un projet global de déréglementation de l’économie française, visant à faire reculer le service public et poussant le détail jusqu’à prévoir quelques dérisoires milliards de session d’actifs.

Encore plus effarant, ce projet fourre-tout est un prolongement du rapport de Jacques Attali de « libération de la croissance », qu’avait en partie mis en place Nicolas Sarkozy. Il est tout de même incroyable de voir ce qu’on appelle la gauche déréglementer plus encore l’économie française deux ans et demi après avoir pris le pouvoir à la droite ! Ainsi, François Hollande dépasse Nicolas Sarkozy sur sa droite sur plusieurs questions économiques. Par exemple, il est assez effarant que ce soit le candidat du PS qui libéralise le travail du dimanche, que le président de l’UMP avait tant de fois appelé de ses vœux mais n’avait pas osé faire. Tout ceci démontre la faillite du débat politique actuel quand il se limite au PS et à l’UMP.

Courant d’air néolibéral

Mais le traitement de l’information est également accablant. Si ce n’est un éclairage des décodeurs très descriptif, Le Monde couvre la loi comme pourraient le faire les éléments les plus libéraux et dogmatiques du Medef, accréditant l’idée que cette loi s’attaque aux « maladies de la France », qu’elle est censée doper la croissance et publiant naturellement une tribune qui défend l’ouverture du travail le dimanche, qui serait une « chance économique et sociale ». La couverture de cette loi ressemble plus à de la propagande, la seule question autorisée semblant être de dire qu’elle ne va sans doute pas assez loin puisque le gouvernement a renoncé à réformer les pharmacies, ou les taxis…

La présentation du débat sur le travail du dimanche est particulièrement choquante puisqu’elle se résume à de purs arguments mercantilistes, à savoir que les touristes chinois pourraient dépenser plus en France, et ne pas avoir à aller à Londres, sans jamais vraiment se poser la question de la vie familiale et son équilibre. En outre, parler de volontariat est un peu hypocrite quand 15 % des Français recherchent un travail et il faut noter que la question de la rémunération supplémentaire est renvoyée à des accords, l’État n’imposant pas de cadre… Bref, sur cette question, encore une fois, de manière assez effarante, le Parti Socialiste semble vouloir dépasser l’ancienne majorité par sa droite.

Pour toutes ces raisons, la loi Macron, avec l’opposition de la France à la taxe Tobin européenne, démontre non seulement les reniements de François Hollande, mais aussi la dérive effarante d’une classe politique où ce qu’on appelle la gauche dépasse la droite par la droite sur certains sujets.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, décembre 6 2014

Edito - Roland Dumas : « Ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël »

0.A0011Roland-Dumas-va-defendre-les-victimes-de-l-Otan-en-Libye.jpg

Roland Dumas interrogé par Sihem Souid pour Le Point. Loin des simagrées des députés votant une résolution dépourvue de toute force juridique et qui relève de l’enfantillage – un État mité par des colonies, sans capitale, et sans liberté de circulation des habitants… une misérable manip’ politique – Roland Dumas s’exprime pour dire deux ou trois choses fortes et juges, reparler de la grande maison commune… Je me sens moins seul.

Que pensez-vous de la politique étrangère menée par François Hollande depuis son élection ?

Le général de Gaulle tenait à ce que la France soit indépendante. Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing (VGE) et Mitterrand ont été dans cette ligne de conduite qui donnait satisfaction à tout le monde, dire oui avec des réserves mais ne pas entrer dans le commandement intégré de l'Otan. Avec Chirac, des discussions ont eu lieu pour une réintégration, mais les contreparties qu'il voulait n'ont pas été acceptées (le commandement de la zone sud - la Méditerranée). Sarkozy a annoncé que la France réintégrait le commandement intégré de l'Otan. Avec l'arrivée de François Hollande au pouvoir, la politique étrangère a entériné ce changement de cap avec peu de débats internes et pas de débat public en réintégrant définitivement le commandement intégré de l'Otan, et cela, sans vraie contrepartie. En réalité, aujourd'hui, ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël. Aujourd'hui, nous sommes dans une alliance où la France n'a plus rien à dire. Nous n'avons plus de politique étrangère indépendante.

Quel œil portez-vous sur le travail mené par Laurent Fabius au Quai d'Orsay ?

Il a été mon Premier ministre, donc je ne peux pas en dire du mal (sourires). Vous connaissez le proverbe anglais "right or wrong, my country is my country". Il a été un très bon Premier ministre, mais il est un moins bon ministre des Affaires étrangères car il ne pousse pas les idées que je viens de vous exposer qui sont les idées traditionnelles de la France. La France a perdu son indépendance en matière de politique étrangère !

Que feriez-vous aujourd'hui si vous étiez encore ministre des Affaires étrangères ?

Je serais déjà toujours resté fidèle à la pensée socialiste. J'aurais rétabli une vraie politique française avec la Russie ! La France doit rétablir une relation privilégiée avec la Russie. Nous traitons mal les Russes, contrairement à ce qui peut se dire dans le monde ! Nous ne tenons compte d'aucun des engagements qui ont été pris, notamment avec Gorbatchev concernant la conférence de Moscou. L'alliance outre-Atlantique n'a pas tenu ses engagements envers Moscou. Je suis contre l'injustice même en politique internationale.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, décembre 2 2014

Edito - La vraie exception culturelle française

SOCIAL-EMPLOI-STAGIAIRES

François Hollande a installé une "génération précaire" sans visibilité hormis l'idée que l'échec sera au bout du chemin. Ce qui a été étonnant dans l'intervention de Nicolas Sarkozy d'avant hier c'est que le contenu était soit tourné vers des aspects d'appareils politiques soit vers la critique des autres candidats politiques (Le Pen, Hollande, PS ...).

Il y a un thème qui a disparu du discours politique français : la chance de réussir.

François Hollande défend la "chance" de conserver des protections.

Nicolas Sarkozy va défendre la "chance" de changer de pouvoir.

Marine Le Pen défend la "chance" de tout sanctionner.

La seule vraie chance pour les citoyens devrait être celle de réussir.

Réussir individuellement pour installer un parcours personnel dans une logique de progrès.

Réussir collectivement pour une sortie de crise rapide.

Cette chance là personne n'en parle.

La culture de l'échec a tout emporté en France même le simple usage du mot "réussir".

Il est vrai qu'avec François Hollande, cette culture a un VRP de chaque instant.

Mais à ce point, cela constitue quand même l'actuelle exception culturelle française quand on compare la situation et les projets avec d'autres démocraties comparables.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, décembre 1 2014

Edito - France : comment une gouvernance sans visibilité peut-elle réussir ?

0.A00115891888205_1be143e94c_c.jpg

Dans l'actuelle course à l'énumération des échecs de la France, il y a deux échecs qui méritent un classement particulier : __ 1) La faiblesse collective devant l'énonciation de la réalité actuelle :__ il est aujourd'hui courant de participer à une conférence et à l'issue de faire le point avec des intervenants et de constater les intéressés dénoncer une "situation dramatique, à la grecque du pays" alors même que, quelques minutes auparavant, les intéressés énonçaient des points ... d'optimisme,

2) l'inexistence de visibilité. Comment des efforts peuvent-ils être demandés sans avoir la visibilité sur la sortie ? Quand ? Comment ? Avec quelles conséquences pratiques ?

La France vit au coup par coup. Par coup de communication à la journée, à la "petite semaine".

En est-il partout ainsi ? Non.

Cette semaine, la lecture des contributions au colloque __''"Canada 2020"''__ organisé par Justin Trudeau montre une réelle volonté de donner un cap, fixer des perspectives, placer des mesures dans la logique globale de vision.

C'est tout ce qui fait défaut à la France actuellement. Le débat politique vit au rythme des photos privées de François Hollande, des déclarations emportées de Nicolas Sarkozy... Un vide de vision pas connu à ce point depuis les années de la IVème République et les jeux des partis dans l'instabilité parlementaire.

Et l'opinion commence à se dire : "et si on ne nous parlait pas de demain tellement ce sera effrayant...".

Chaque jour qui passe dans ce climat creuse le fossé entre l'opinion et les "gouvernants".

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, novembre 30 2014

Edito - Grosse gamelle de pour Nicolas Sarkozy : Une excellente nouvelle

0.A001696754-000_par8042291.jpg

J’avoue que cette élection interne à l’UMP me laissait inquiet, car si Nicolas Sarkozy l’avait emporté à plus de 80 % des voix, comme en 2012, le match des primaires était plié. Cette victoire enferme Nicolas Sarkozy dans un piège… qu’il a organisé tout seul.

64 %, ça reste un gros score,… mais c’est dans la fourchette la plus basse des estimations, et bien peu pour un type qui était chef de l’État il y a deux ans… Surtout, le vote met dans la lumière un Bruno Le Maire à 29,5 %, soit la moitié du vote de Nicolas Sarkozy. Dans l’immédiat, Bruno Le Maire va réclamer un tiers des sièges et des fonctions : Nicolas Sarkozy ne sera pas seul maître à bord. Son projet n’était pas de prendre l’UMP, mais de tout prendre à l’UMP pour en faire un outil à son service exclusif. Eh bien c’est raté. Il se faisait un film genre De Gaulle le retour, et il va se retrouver à gérer la proportionnelle interne au Parti… Un destin.

S’ajoute trois points qui vont beaucoup compter par la suite.

Il se confirme que Nicolas Sarkozy n’a plus la gagne. Fini la grincha ou la baraka. Sous son mandat, toutes les élections ont été perdues, et sur cette élection qui se jouait en interne, pour laquelle il avait mis tout son poids de son statut d’ancien chef de l’État, il fait un score faible, qui confirme la tendance lourde des sondages : en baisse régulière. Ces discours à deux balles ne passent plus.

C’est Bruno Le Maire qui avait hier le sourire de la victoire, et on le comprend avec un score jamais envisagé, qui montre où se joue le renouveau de la Droite. Franchement le mec a eu du cran de se présenter contre Nicolas Sarkozy. Du coup, il est payé de ses efforts : il prend un statut de leader face à tous Les petits marquis et marquises qui s’étaient rangés douillettement dans les écuries de Nicolas Sarkozy ou François Fillon. Quant à Nicolas Sarkozy qui jouait le jeunot face à Alain Juppé, il va falloir trouver un autre thème…

Bruno Le Maire va pouvoir se présenter aux primaires, et là aussi ça change tous les plans de Nicolas Sarkozy. En concurrence avec François Fillon, Alain Juppé et Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy qui part de 64 % auprès des militants a peu de chance de gagner une primaire ouverte au premier tour. Au second tour, il aura le mieux placé des trois, avec donc un potentiel de plus de 50 %. Et un ticket Alain Juppé président – Bruno Le Maire premier ministre, ça devrait faire son effet.

Oui, c’est une bonne soirée… Finalement Nicolas Sarkozy va peut-être opter pour reprendre sa place au Conseil constitutionnel. Après tout, c’est là qu’il fait le moins de dégâts...

Le Rédacteur en che de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, novembre 27 2014

Edito - Nicolas Sarkozy : Communautarisme et racisme

0.A00111rachida_dati_et_nicolas_sarkozy_reference.jpg

Rachida Dati ministre ? : « Parce que je m'étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler de la politique pénale, ça avait du sens ».

Qui a fait plus de mal à notre communauté nationale que Nicolas Sarkozy ? Je dis bien « communauté », parce que notre nation, au-delà de l’État – le cadre juridique de notre unité – c’est notre histoire et notre vie. Même si vous n’aimez ni votre voisin, ni votre collègue de travail, ni votre maire… Même si vous n’y croyez plus… il y a la France. C’est le petit truc qui vous pince le cœur quand dans un aéroport très lointain vous découvrez quelques mots de français. Nous avons mille raisons de penser à la France. Perso, j’en resterais toujours amoureux car de Ronsard à Eluard, la langue française a illuminé la poésie.

Alors, notre Nicolas Sarkozy ? Plus d’une fois, j’ai lu que la campagne de 2007 resterait un modèle à enseigner dans les écoles politiques. Non. Cette victoire a été la défaite d’un PS pourri jusqu’à l’os et qui avait rêvé de se refaire une virginité avec une candidate lunaire, et la défaite de l’UMP, laissant un Nicolas Sarkozy sans scrupule reprendre tous les thèmes FN. En 2007, ce sont les thèmes du FN, le populisme xénophobe et l’arriération franchouillarde, qui l’ont emporté, en apportant au vote habituel de la Droite, des gens venus d’un autre monde.

Depuis, nous payons cash… La vraie faute de Nicolas Sarkozy, c’est qu’il a cassé la France, notre pays. La gauche mole, tétanisée par ses ombres, est restée dans le sillon, voulant nous passionner pour la gestion de la dette ou le coût des 35 heures, alors qu’il fallait parler du pays, de nos attachements, nos débats, nos désaccords… Les cosmétiques qui font les marioles dans les ministères – vous avez vu l’autre dinde de Fleur Pellerin qui ne lit pas de livres mais mendie auprès de Michel Hazanavicius un rôle dans le prochain film d’OSS 117… – finissent la casse du pays. C’est grave. Nous sommes le pays de toutes les diversités, et c’est excellent, mais il nous faut des leaders politiques capables de dessiner un destin.

C’est là qu’on revient à cette phrase accablante de Nicolas Sarkozy.

« Parce que je m'étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler des droits fondamentaux et défendre l’indépendance de Justice, ça avait du sens ».

Admettons que Nicolas Sarkozy ait dit cette phrase,… elle aurait été inacceptable. Parce que cela aurait signifié que la nomination était due à des critères d’appartenance, et non pas aux compétences.

Par cette phrase lâchée en cette période de déprime, Nicolas Sarkozy, enfin, est sincère. Enfin. Rachida Dati n’a pas été nommée pour ses compétences, mais parce qu’il fallait une arabe dans le gouvernement. C’est du pur casting communautarisme. L’une des données du problème est que François Hollande a fait la même chose avec Christiane Taubira, nommée elle aussi sur les quotas : femme, noire, des Antilles. Sapin, Jean-Yves Le Drian, Stéphane Le Foll ou Emmanuel Macron ont été nommés car ils étaient en situation de prendre du jour au lendemain la tête des ministères. Qui peut soutenir que Christiane Taubira a été nommée pour sa maîtrise des dossiers ? De fait, sur les dossiers difficiles, elle se fait laminer, comme sur l’actuel projet de réforme des professions juridiques, géré de A à Z par Bercy.

Ça, c’est le Nicolas Sarkozy du communautarisme. N’ayant aucune vision du pays, il jongle avec les communautés comme il jongle avec les courants au sein de l’UMP.

Mais son vrai propos a été : « Parce que je m'étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler de la politique pénale, ça avait du sens ».

Ça, c’est du Le Pen Jean-Marie de fin de banquet.

D’abord, ce classique : on parle d’abord de soi, comme me l’expliquait encore hier mon ami Freud. Quand Nicolas Sarkozy parle de la justice, il parle de ce qui le concerne, c’est-à-dire le rapport à la loi pénale. Pour lui, le ministère de la justice, c’est le ministère du droit pénal. Avec comme adminicule, que la justice doit faire peur.

Après, il y a le racisme congénital. Comme son père et mère sont algérien et marocain, Rachida Dati s’y connait en violation de la loi. Avec des parents du Maghreb, vous êtes des experts en droit pénal... Et une rescapée de cette fabrique de voyous pour faire appliquer la loi pénale, çà, çà a de la gueule… Euh : ça « a du sens ».

Pauvre Nicolas Sarkozy.

On va voir ce que la suite va donner. Le problème est que les primaires ont maintenant pris autant d’importance que la présidentielle elle-même, car elles arrêtent le menu. Cet adepte du communautarisme et racisme qui en remettrait une couche, c’est strictement impossible. Alors faudra-t-il prendre sa carte à l’UMP pour éliminer cet agent nocif ? C’est une question sérieuse.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, novembre 25 2014

Edito - Régions : non au charcutage néolibéral du territoire !

0.A00114.jpg

Il y a quelques jours, le parlement a voté la réorganisation de la carte des régions, qui passeront de 22 à 13. Même si je pense qu’elles devraient s’effacer devant les départements, ce redécoupage, qui ressemble à une réorganisation d’entreprise, démontre à nouveau la faillite du pouvoir en place.

Réorganisation néolibérale

Tout, dans ce charcutage de nos territoires, ressemble au pire de notre époque. D’abord, ce raisonnement effarant qui consiste à vouloir faire des économies, totalement négligeables par rapport au montant total de la dépense publique, au mépris de l’organisation du pays, qui ne pèse pas lourd face aux injonctions de baisse des déficits ! Mais bien évidemment, cette réorganisation est d’une cohérence limitée, qui révèle le poids des lobbys. Comment justifier le maintien de la Corse, non intégrée dans la région PACA, ou même de la Bretagne, alors que le Languedoc-Roussillon et la Lorraine sont fondus dans le Midi-Pyrénées ou un ensemble avec l’Alsace et la Champagne-Ardennes.

Le territoire national est victime d’une réorganisation qui ressemble furieusement aux réorganisations des multinationales, qui effacent les Etats-nations historiques pour créer des organisations trans-nationales. Encore plus stupéfiant, on parle désormais d’une possibilité pour les départements de quitter les régions auxquelles ils sont affectés : la volonté du moment prime sur les cadres qui permettent d’organiser la vie collective, qui ressemble de plus en plus à une jungle où il y a tous les jours moins de cadre qu’il faudrait respecter, si ce n’est la loi du marché et de l’argent.

François Hollande fait ce que Nicolas Sarkozy n’avait pas osé faire

Encore une fois, François Hollande, qui avait annoncé cette réforme en janvier, fait ce que Nicolas Sarkozy avait hésité à faire et n’avait pas osé, dans un brouillage complet des lignes politiques, qui, sur certains sujets, ne semblent plus avoir aucun sens. Depuis quelques mois, le Parti Socialiste s’est lancé dans une effarante course à droite que pas grand chose ne semble arrêter, comme on le voit avec les nombreux projets portés par Emmanuel Macron. Ceci démontre une nouvelle fois qu’il n’y a plus la moindre boussole idéologique, ni même la moindre réflexion au sein de la majorité.

Malheureusement, cette réforme surfe sur un air du temps néolibéral qui ne favorise pas l’émergence d’une opposition forte à ces projets délirants. Il y a donc fort à parier que la carte de notre beau pays souffrira de ce charcutage dans les prochains mois.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

- page 1 de 3