vendredi, octobre 17 2014

Edito - Ecomouv’ : Le « gouvernement » en dessous de tout !

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L’affaire de l’écotaxe et de Ecomouv’… Grandiose. Je n’aborderai pas ici les avantages et inconvénients de cette taxe, ni le fait que le gouvernement se soit aligné sur les revendications des mecs qui sont passés en correctionnelle pour avoir détruit les portiques à 500 000 € l’unité. En tant que citoyen responsable, je suis particulièrement attaché au respect de la loi et des décisions de justice, mais bon… Non, je veux ici parler que de la méthode de notre « gouvernement ».

La semaine dernière, notre amie Ségolène Royal a annoncé qu’elle enterrait l’écotaxe. Ce faisant elle prive d’État d’une ressource annuelle de 400 millions d’euros, destinée à alimenter la caisse de l’Agence de financement des infrastructures de transport en France (AFITF). Dans le même temps, elle condamne au dépôt de bilan la société Ecomouv’, entreprise franco-italienne de 130 salariés, qui était chargée de recouvrer cette taxe, et zigouille maints emplois dérivés.

L’État avait signé un contrat de « partenariat public-privé » qui faisait supporter à l’entreprise privée les investissements que l’État, endetté, ne peut plus assumer. Ecomouv’ est détenu à 70 % par l’italien Autostrade, le gérant du réseau autoroutier transalpin, 11 % par Thales, 10 % par la SNCF, 6 % par SFR et 3 % par Steria.

Chez Ecomouv’, c’était une mer d’huile, le contrat s’appliquant. « Le Canard enchaîné », rapporte des commandes de matériel par le ministère encore quelques jours avant l’annonce de la dénonciation du contrat. Pas la moindre réunion de concertation avec les dirigeants. Dominique Gros, le maire PS de Metz, où Ecomouv’ a son siège, avait été rassuré par Manuel Valls il y a un mois : « J’ai obtenu début septembre des assurances au plus haut niveau du gouvernement sur le maintien du dispositif », avec un écrit à l’appui.

Plus sérieux encore : dans un bilan effectué fin juin, l’État avait reconnu que la société avait respecté son contrat et que le système était prêt à fonctionner depuis le 1er mars. C’était la fin de la phase préparatoire. Ecomouv’ n’avait pas de recettes à encaisser, le processus étant gelé, mais en revanche, l’État devait verser le loyer prévu par le contrat, soit mensuel de 16 millions d’euros par mois. Par un avenant, la date d’effet avait été fixée au 1er janvier 2015, date de la mise en place de la taxe nouvelle formule.

Et là, boumbadaboum : l’État ne veut plus. D’où, la question très simple. En admettant que le gouvernement actuel ne veuille plus de cette taxe, comment peut-il juridiquement remettre en cause la signature de l’État sur un contrat ? Que signifie la continuité de l’État ?

Le fait est d’autant plus préoccupant, que ce genre de contrat est blindé, et on imagine bien qu’un groupe privé ne s’engage à assurer lui-même les investissements de l’État sans quelques clauses qui assurent l’avenir de la société. On parle d’une addition pouvant dépasser un milliard d’euros, et c’est le chiffre expliqué par le ministre Stéphane Le Foll il y a quelques mois, chiffres confirmés par un rapport parlementaire.

Là, ça se gâte, et ça sent le cramoisi.

Sur BFM-TV, lorsqu’on demande à Ségolène Royal si l’État est prêt à dédommager la société, elle a pour réponse : « On verra, on va expertiser les choses ». Hum, hum… « On va… » signifie que ça n’a pas été fait préalablement ? Pressée de questions hier, elle a lâché qu’elle allait consulter l’avocate Corinne Lepage pour voir si on peut demander l’annulation du contrat. Brrr.., mais brrrr XXL, car cela veut dire que le « gouvernement » :

- ne dispose plus de services juridiques compétents, et qu’il faut s’en remettre à un cabinet privé ;

- va faire procéder à une analyse critique du contrat après l’avoir dénoncé… et donc en prenant le risque insensé d’avoir dénoncé un contrat valable.

C’est l’hallu ! Quel chef d’entreprise imaginerait de dénoncer un contrat et de le faire analyser par son avocat après coup, quitte à se retrouver responsable de la rupture d’un contrat valable ?

Ouvrez un dossier Ecomouv’, et préparez mouchoirs et chéquiers…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, juillet 11 2014

Edito - Obama et l'esprit "start-up nation"

USA-FISCAL/OBAMA-SHUTDOWN

Depuis que je peux activement écrire sur ce blog à des fins politiques, jamais je n'ai constaté un tel décrochage entre la France et les pays qui comptent. Nous sommes aujourd'hui sur un champ d'échecs d'une gravité extrême.

Les quartiers difficiles ont généré leur accent et leur vocabulaire bien au-delà du tissu d'égalité de l'enseignement.

Les médias s'exposent à un discrédit permanent par le choix et surtout par le non traitement de l'information.

Face à Nicolas Sarkozy, les deux journalistes ont été nullissimes, ce qui est dommage parce qu'avec le répondant de l'ancien président de la République, ils l'auraient poussé dans ses retranchements s'ils avaient été courageux, bref ... journalistes.

Le rapport sur la SNCF et l'accident dramatique est terrible de responsabilités qui ne seront jamais exécutées.

Il y a matière à combien de rapports de ce type dans d'autre domaines où les maintenances ne sont pas assurées dont les réseaux d'eau.... ?

Deux hommes innocents ont passé 11 ans de leurs vies derrière les barreaux : conséquence concrète : rien. Si les journalistes félicitent la justice d'avoir consenti à reconnaître ses erreurs. Quel sens du sacrifice et de la responsabilité !

Qu'est ce qui manque à notre pays : le goût du neuf, le nouveau matin.

Il n'a même plus le courage de vivre le "grand soir" alors comment serait-il possible de lui demander de vivre un nouveau matin ?

Ce nouveau matin que des nations ont engagé actuellement. La veille des fêtes du 4 juillet, Barack Obama s'est rendu dans les locaux de l'incubateur 1776 pour parler de l'esprit "start-up nation". Un esprit qui est partagé dans des dimensions différentes en Israël, en Grande-Bretagne, au Canada...

Mais la France non.

En France, la startup est celle qui est d'abord capable de gagner des subventions avant même de gagner des ... clients.

Celle qui vit dans les satellites des grands groupes et non pas face à la brise de l'indépendance.

Sans changement majeur rapide, le jour où l'opinion prendra conscience du niveau de la manipulation dont elle est actuellement l'objet, le réveil risque d'être violent.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, juin 20 2014

Edito - Grèves SNCF : cas pratique de la différence entre la France et la Pennsylvanie

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Le 14 juin, un préavis de grève a été déposé par 2 syndicats de cheminots de Pennsylvanie.

Le Gouverneur, Tom Corbett, a saisi immédiatement Barack Obama, qui – dans la journée – a nommé un conseil de 3 médiateurs pour obliger syndicats + compagnie de chemins de fer à négocier.

Les auditions commenceront le 23/06 et seront publiques (!), des solutions devront être présentées le 14/07.

En contrepartie, tout arrêt de travail des cheminots est interdit.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, mai 31 2014

Edito - Bygmalion : un nouveau feu de paille ?

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Les affaires sur les financements politiques ont commencé sur la place publique française en 1986. Depuis cette date, c'est un feu continu où rien n'est jamais réglé.

Cette situation est le résultat de 3 facteurs majeurs :

1) un rapport toujours hypocrite avec l'argent comme si une campagne électorale n'avait aucun coût,

2) une acceptation de l'irresponsabilité généralisée : l'exemple le plus caricatural est celui de l'interdiction absolue du travail de personnels territoriaux en faveur d'une campagne électorale. Parfois même par voie de presse, des fonctionnaires expliquent qu'ils se consacrent jour et nuit à une campagne électorale et n'ont pas déposé des jours de congés auprès de leur collectivité de rattachement ... Conséquence concrète : aucune !

Les règles fourmillent mais ne sont pas appliquées.

3) le régime déclaratif en bloc après la campagne est une disposition inefficace. A l'exemple des États-Unis, un dispositif public trimestriel serait considérablement plus vrai.

Mais il en est des finances électorales comme du reste : pas de suite.

Affaire SNCF et la largeur des rails : oubliée.

Affaire BNP Paribas : amande record et irresponsabilité ... record.

Affaire de Carolis : disparue.

Chaque affaire de ce type n'est qu'un feu de paille et après comment s'étonner que l'opinion publique soit révoltée contre ce système ?

Que ce système respecte l'opinion et l'opinion le respectera ...

Faute de remettre à leurs places ces considérations, le système se noie dans le ridicule. Mais en France, le pouvoir c'est le tabou du sexe et de l'argent. La morale est donc loin d'avoir sa place.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, mai 3 2014

Edito - Alstom: dans l'UE, la France a l'interdiction de protéger ses entreprises !!

0000loic-le-floch-prigent.jpgLoïk le-Floch Prigent, ancien président de Rhône-Poulenc, Elf, Gaz de France et de la SNCF, un homme de gauche qu'on ne peut soupçonner de soutenir le FN ou l'UMP, pousse un cri de colère et d'alerte sur la gestion du dossier Alstom. Il préconise un audit de la situation économique, financière, commerciale et sociale de l'entreprise et souhaite mobiliser les grands industriels et les pouvoirs publics français pour préserver l'indépendance énergétique et l'intérêt supérieur de la France. Lire la suite...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE