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mercredi, janvier 28 2015

Edito - Le Trombinoscope prime Briois, Bartolone boycotte la remise des prix

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Le prix du Trombinoscope, annuaire des principaux acteurs de la vie publique, est attribué depuis 23 ans.

Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS) refuse de participer mardi soir à la remise des prix politiques du Trombinoscope en raison du prix «de l’élu local de l’année» décerné au maire FN d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois, a-t-on appris dans son entourage.

Le jury a désigné Manuel Valls comme «personnalité politique de l’année», Ségolène Royal «ministre de l’année», Emmanuel Macron «révélation politique de l’année», et Steeve Briois comme «élu local de l’année».

«On sait désormais qui remportera le prix du sectarisme en 2015», a répondu l’élu frontiste dans un tweet. «Ça appelle à "l’union nationale", mais ça boude quand un maire FN est "élu local de l’année" : «Bartolone zéro pointé de l’année !», a ajouté un autre vice-président du FN, Florian Philippot.

Source: : Libération

jeudi, novembre 20 2014

Edito - Pourquoi Juppé sera élu ?

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Partons du principe – car il semble difficile d’ imaginer le contraire – qu’il y aura un candidat UMP au deuxième tour de la présidentielle de 2017, et que son adversaire , qu’il soit du PS ou du FN , n’aura aucune chance de le battre ( sans faire injure à tous les autres, qu’ils soient de la « gauche de la gauche », écologistes ou centristes).

Nicolas Sarkozy va certainement être élu, le mois prochain , à la présidence de l’ UMP – sans avoir battu pour autant Alain Juppé , qui a eu l’ habileté de ne pas se présenter à une élection jouée d’avance (là encore, sans faire injure à MM. François Fillon, Bruno Le Maire , Xavier Bertrand ou Hervé Mariton) , les sarkofanatiques étant très majoritaires parmi les militants de ce parti.

Une fois élu, le nouveau président de l’UMP va travailler à remettre en ordre de marche et à refaire l’ unité de ce parti, que François Fillon et Jean-François Copé se sont soigneusement employés, pendant plus de deux ans, à mettre en pièces : nul doute qu’il y parviendra, mais la question est de savoir au bénéfice de qui – car près de deux longues années le sépareront de la désignation du candidat de l’UMP aux présidentielles, et, cette fois, par les sympathisants, et non par les militants ; et le seul opposant crédible à Nicolas Sarkozy est évidemment Alain Juppé ; or, que se passera-t-il, entre décembre 2014 et la fin de 2016 ?

Nicolas Sarkozy, devenu président de l’UMP, sera condamné à tenir le devant de la scène en permanence ; or, tout indique, en quelques semaines, depuis qu’ il a fait officiellement son « retour », qu’il a perdu la main : il semble ne plus être capable que de reprendre sa tactique, qui lui avait réussi en 2007, consistant à accumuler les promesses tous azimuts mais contradictoires entre elles, et dont le seul fil directeur est le contre-pied systématique des décisions du pouvoir actuel ; il donne ainsi, à son détriment, une image du « robot qui refait toujours le même numéro » ; là où il surprenait par sa nouveauté en 2007, il décontenance ses supporteurs en 2014 par cette impression de « déjà vu », de retour à un passé vieux de 10 ans, le passé d’avant la crise : à un monde disparu.

En quelques jours, il a multiplié les prises de position qui doivent laisser perplexe son électorat, et dont Gérard Courtois, dans un article du quotidien Le Monde daté du 18 novembre intitulé « Nicolas Sarkozy à la godille », dresse une liste non exhaustive, toutes ces improvisations imprévisibles au jour le jour donnant de lui une impression de fragilité et d'incohérence.

De ce fait, Alain Juppé n’aura presque pas besoin de s’exprimer : Nicolas Sarkozy suffit à renforcer, par contraste, son image de solidité et de cohérence : il sera l’« homme sérieux » opposé au bateleur d’estrades. Or, en période de crise et de désarroi (ce qui n’était pas le cas en 2007), les Français préféreront un président rassurant à un président anxiogène : grâce à Nicolas Sarkozy, même l’ âge d'Alain Juppé, qui semblait constituer son principal handicap, deviendra pour lui un gage d’expérience, donc un atout .

Mais, surtout, il ne faut pas oublier que, de plus en plus, celui que les sympathisants ou les militants choisissent aux primaires comme candidat à la présidentielle est celui que les sondages donnent comme ayant le plus de chances de l 'emporter : ce fut le cas pour l'illustre inconnue qu’était Ségolène Royal en 2006, ce fut la raison de la popularité de DSK (dont on ignorait tout du programme) avant ses exploits au Sofitel ; or, Alain Juppé « ratisse plus large » que Nicolas Sarkozy - la majorité des électeurs du FN, dont le ralliement avait été la principale raison de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, et qui croient désormais en leurs chances de victoire, étant, cette fois-ci, irrécupérables par qui que ce soit ; et ceci apparaîtra forcément dans les sondages.

Entre un Alain Juppé rassurant qui s’est habilement positionné au centre droit (où il récupérera beaucoup d’électeurs non seulement centristes, mais aussi des déçus de François Hollande) et un Nicolas Sarkozy anxiogène courant derrière l’électorat de Marine Le Pen qui ne l' abandonnera pas, la cause semble entendue.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, octobre 18 2014

Edito - Budget de l'Etat : des leurres avérés

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La classe politique française ne peut pas être prise au sérieux quand, en pleine crise, elle continue à présenter des prévisions budgétaires aussi éloignées de faits établis.

Prenons les ressources liées aux cessions d'actifs.

C'est un dossier ancien. La mission de réalisation des actifs immobiliers de l’État date de 1987. Depuis cette date, les produits réalisés par an ont été dans le meilleur des cas au quart des recettes prévues. Une mission parlementaire avait d'ailleurs effectué officiellement ce constat.

Pour avoir engagé des négociations avec la MRAI à plusieurs reprises, il apparaissait immédiatement qu'elle n'avait pas les moyens de remplir les missions confiées.

La spécificité de certains patrimoines entraînait une décote immédiate entre la valeur abstraite et le prix du marché. Par exemple, le prix des sémaphores.

Sans parler de cas très précis pour lesquels les interlocuteurs n'avaient pas la volonté d'exécuter et l'indiquaient assez ouvertement d'ailleurs.

Deuxième constat, quand l’État a vendu des actions qu'il détenait dans une entreprise, par définition, il ne peut plus exercer le pouvoir de direction qu'il détenait hier en raison de son statut d'actionnaire.

C'est donc une conception totalement différente des conditions d'exercice pratique des fonctions de l’État. Le dernier exemple est les autoroutes. Privatisées, l’État peut toujours parler mais il ne peut que ... parler au point d'ailleurs de se ridiculiser comme Ségolène Royal.

C'est quand même terrible de constater un budget qui repose ainsi sur deux leurres avérés :

- des recettes prévues qui ne seront pas réalisées comme elles ne l'avaient pas été par le passé et pour des montants considérables,

- des abandons de compétences liés à des cessions d'actifs qui feront que l’État une fois dehors demain ne pourra plus décider comme hier quand il était dans la société concernée.

Ce décalage avec des vérités élémentaires de bon sens donne le sentiment que la classe politique prend véritablement les citoyens pour des ânes. Heureusement, ce n'est plus tout à fait le cas. Malheureusement pour les politiques.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, octobre 17 2014

Edito - Ecomouv’ : Le « gouvernement » en dessous de tout !

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L’affaire de l’écotaxe et de Ecomouv’… Grandiose. Je n’aborderai pas ici les avantages et inconvénients de cette taxe, ni le fait que le gouvernement se soit aligné sur les revendications des mecs qui sont passés en correctionnelle pour avoir détruit les portiques à 500 000 € l’unité. En tant que citoyen responsable, je suis particulièrement attaché au respect de la loi et des décisions de justice, mais bon… Non, je veux ici parler que de la méthode de notre « gouvernement ».

La semaine dernière, notre amie Ségolène Royal a annoncé qu’elle enterrait l’écotaxe. Ce faisant elle prive d’État d’une ressource annuelle de 400 millions d’euros, destinée à alimenter la caisse de l’Agence de financement des infrastructures de transport en France (AFITF). Dans le même temps, elle condamne au dépôt de bilan la société Ecomouv’, entreprise franco-italienne de 130 salariés, qui était chargée de recouvrer cette taxe, et zigouille maints emplois dérivés.

L’État avait signé un contrat de « partenariat public-privé » qui faisait supporter à l’entreprise privée les investissements que l’État, endetté, ne peut plus assumer. Ecomouv’ est détenu à 70 % par l’italien Autostrade, le gérant du réseau autoroutier transalpin, 11 % par Thales, 10 % par la SNCF, 6 % par SFR et 3 % par Steria.

Chez Ecomouv’, c’était une mer d’huile, le contrat s’appliquant. « Le Canard enchaîné », rapporte des commandes de matériel par le ministère encore quelques jours avant l’annonce de la dénonciation du contrat. Pas la moindre réunion de concertation avec les dirigeants. Dominique Gros, le maire PS de Metz, où Ecomouv’ a son siège, avait été rassuré par Manuel Valls il y a un mois : « J’ai obtenu début septembre des assurances au plus haut niveau du gouvernement sur le maintien du dispositif », avec un écrit à l’appui.

Plus sérieux encore : dans un bilan effectué fin juin, l’État avait reconnu que la société avait respecté son contrat et que le système était prêt à fonctionner depuis le 1er mars. C’était la fin de la phase préparatoire. Ecomouv’ n’avait pas de recettes à encaisser, le processus étant gelé, mais en revanche, l’État devait verser le loyer prévu par le contrat, soit mensuel de 16 millions d’euros par mois. Par un avenant, la date d’effet avait été fixée au 1er janvier 2015, date de la mise en place de la taxe nouvelle formule.

Et là, boumbadaboum : l’État ne veut plus. D’où, la question très simple. En admettant que le gouvernement actuel ne veuille plus de cette taxe, comment peut-il juridiquement remettre en cause la signature de l’État sur un contrat ? Que signifie la continuité de l’État ?

Le fait est d’autant plus préoccupant, que ce genre de contrat est blindé, et on imagine bien qu’un groupe privé ne s’engage à assurer lui-même les investissements de l’État sans quelques clauses qui assurent l’avenir de la société. On parle d’une addition pouvant dépasser un milliard d’euros, et c’est le chiffre expliqué par le ministre Stéphane Le Foll il y a quelques mois, chiffres confirmés par un rapport parlementaire.

Là, ça se gâte, et ça sent le cramoisi.

Sur BFM-TV, lorsqu’on demande à Ségolène Royal si l’État est prêt à dédommager la société, elle a pour réponse : « On verra, on va expertiser les choses ». Hum, hum… « On va… » signifie que ça n’a pas été fait préalablement ? Pressée de questions hier, elle a lâché qu’elle allait consulter l’avocate Corinne Lepage pour voir si on peut demander l’annulation du contrat. Brrr.., mais brrrr XXL, car cela veut dire que le « gouvernement » :

- ne dispose plus de services juridiques compétents, et qu’il faut s’en remettre à un cabinet privé ;

- va faire procéder à une analyse critique du contrat après l’avoir dénoncé… et donc en prenant le risque insensé d’avoir dénoncé un contrat valable.

C’est l’hallu ! Quel chef d’entreprise imaginerait de dénoncer un contrat et de le faire analyser par son avocat après coup, quitte à se retrouver responsable de la rupture d’un contrat valable ?

Ouvrez un dossier Ecomouv’, et préparez mouchoirs et chéquiers…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, mai 13 2014

Edito - Une même situation mais un traitement médiatique entièrement différent ...

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Si la vie publique française est confrontée actuellement à une réelle et profonde crise, c'est aussi parce que des traitements médiatiques tellement différents d'un même sujet donnent le sentiment d'un système qui manipule.

En 2012, la présentation et l'exposition de sa compagne d'alors répondait à la volonté de François Hollande de montrer qu'il "était un candidat normal" donc en couple. Bien davantage, le couple devenait un exemple de qualité de recomposition. Sa compagne nouvelle était toujours à ses côtés tandis que l'un de ses enfants du couple d'avant, Thomas, participait également activement à la campagne.

Tout baignait donc dans la plus totale sérénité.

Deux ans plus tard, la situation a explosé. Le Président est "célibataire". Est-ce un précédent ? Non. Il en fut de même pour Nicolas Sarkozy. Mais à cette époque, des médias consacraient une part considérable des reportages à cette "déchirure" : comment faire ? La vie privée ne prend-elle pas le pas sur la vie publique dans l'agenda du Président ? Comment organiser les réceptions à l'étranger quand le Président "solitaire" sera reçu par des couples ? ...

Et là pour François Hollande : pas une question, pas un commentaire ...

On assiste en direct à une triple recomposition :

- la mise à l'écart de la compagne de 2012 (Valérie Trierweiler),

- la réintégration de la compagne d'avant 2012 (Ségolène Royal),

- la totale discrétion sur la compagne de l'après 2013 (Julie Gayet).

Mais à cette occasion, la vie privée devient "vie privée" donc vouée à la plus totale discrétion.

De telles méthodes aussi manifestement discriminatoires discréditent l'ensemble de la profession médiatique aux yeux de l'opinion qui s'estime manipulée.

Cette inégalité de traitement est une réelle question de fond dans l'examen de ses causes comme dans celui de ses conséquences.

Il y a peu de démocraties modernes qui toléreraient une telle situation.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, avril 28 2014

Edito - Alstom franco-français, c’est fini

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Après les épisodes glorieux des pompes d’Aquilino : "Tu m'abandonnes, tu es vraiment un salaud" ] et le réchauffement des relations entre François et Valérie, une nouvelle aventure attend notre équipe de choc : ++l’avenir d’Alstom++. Après Arcelor-Mittal et SFR__, voici à nouveau la pérennité de l’industrie en France sur la table.

Je n’ai jamais compris pourquoi l’aller-retour Béziers-Barcelone (86,30 €) était au même niveau que celui vers Dijon (79,30 €), mais la fierté de passer sur le quai de la gare devant la locomotive Alstom du TGV, enviée dans le monde entier, calmait ma curiosité. Bon, le problème est que j’ai appris hier qu’Alstom était à la ramasse, et que la direction cherchait à vendre la firme, fleuron de l’industrie française, pour ne pas boire le bouillon.

Putain ? Vous étiez au courant vous ? Alstom est en discussion avec General Electric (GE), pour que le mastodonte US rachète l’activité énergétique d’Alstom, soit 70% du CA. Pour situer, GE est, avec 140 milliards d'euros de CA et 300 000 salariés, cinq fois plus gros qu’Alstom. GE a une déjà une forte implantation en France, avec un siège à Belfort et 11.000 salariés, contre 18.000 pour Alstom. Les pourparlers GE/Alstom ont été rendus publics samedi, et depuis hier, Siemens se démène pour faire une contre-offre.

Pour ma part, en écoutant la semaine dernière Ségolène Royal nous expliquer que la transition énergétique allait créer 100 000 emplois, j’étais trop content pour mon vieil ami Pascal, qui est cadre chez Alstom. Je l’ai appelé hier soir, et pour lui c’est net :

(1) Alstom est effectivement dans la panade, avec le poids lourd qu’est la stagnation du marché du nucléaire, et Bouygues l’actionnaire principal qui a besoin d’argent et qui veut vendre.

(2) Tant qu’à faire, il faut mieux que l'affaire se fasse avec GE, peu présent sur les équipements énergétiques, ce qui peut booster l’excellent savoir-faire d’Alstom, alors que Siemens, le concurrent de toujours, est sur les mêmes marchés et les mêmes produits, avec un gros risque de casse. D’ailleurs, c’est pour cela que Siemens avait été écarté du plan de sauvetage d’Alstom en 2004… De plus, les affaires de Siemens ne sont pas au top, et le groupe en est plus à vendre qu’à acheter… ce qui lui impose un looping de haute voltige.

(3) Alstom-GE, ça peut devenir une force de frappe, et Siemens a alors du souci à se faire.

(4) Alstom replié sur le transport, son second métier (70% pour l’énergie, et 30% pour le transport), ça peut le faire, mais ça va être serré, alors que Siemens pourrait apporter des marchés.

Le conseil d'administration d’Alstom a annoncé une décision pour mercredi.

De ce qu’on lit, GE aurait proposé 9,4 milliards € pour acheter branche énergie d'Alstom, qui fait un CA de 14 milliards d'euros, et les choses sont assez avancées. Siemens a fait une offre d’un montant proche, mais c’est moins précis car Alstom et Siemens ne sont pas des amis mais de rudes concurrents. Côté équipe de France, c’est plus que mou : Areva, Schneider Electric ou GDF-Suez n’ont rien à proposer. Depuis dimanche, Siemens se démène et multiplie les arguments pour se présenter comme la base pour un plan européen, parle de réinvestissements en France, et écarte tout plan social.

Que peut faire l’État ? Alstom est une entreprise 100 % privée, et l’État n’a pas beaucoup de marge. Pas facile, alors que la concurrence est vive, d’apporter de l’argent – qu’il faudrait emprunter… – ou de se porter caution pour un refinancement par Alstom, alors que la grande question est la rétraction du marché. Impliquer un fonds qatari ? Rien à voir avec GE qui a l’argent,… et le métier ! La seule vraie prise pour le gouvernement est ce qui touche au nucléaire, qui est la cause sacrée.

Nous allons dans les jours qui viennent vivre le feuilleton en direct pour l’avenir d’Alstom, mais un fait bien brutal est déjà acquis : Alstom franco-français, c’est fini.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, avril 15 2014

Edito - Electricité : pourquoi on va payer plus cher

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Une hausse rétroactive ? Génial, c’est pour ma paie… Euh, non, c’est pour la facture d’électricité, avec l'arrêt du Conseil d’État du 11 avril 2014 (n° 365219) (1). Une victoire des forces de l’argent à l'heure du socialisme triomphant ? Que s’est-il passé ?

Le prix de l’électricité est arrêté par les ministres chargés de l’énergie et de l’économie en application de règles définies par un décret n° 2009-975 du 12 août 2009, venant en application des articles L. 337-1 à L. 337-9 du Code de l’énergie (2). Article en « L », ça veut dire voté par la loi. Donc, le « gouvernement » a créé un système, et il l’applique. Enfin, il devrait l’appliquer…

L’article 3 de ce décret vous dit tout dans le creux de l’oreille :

''« La part fixe et la part proportionnelle de chaque option ou version tarifaire sont chacune l’addition d’une part correspondant à l’acheminement et d’une part correspondant à la fourniture qui sont établies de manière à couvrir les coûts de production, les coûts d’approvisionnement, les coûts d’utilisation des réseaux publics de transport et de distribution et les coûts de commercialisation, que supportent pour fournir leurs clients Électricité de France et les distributeurs non nationalisés, ainsi qu’une marge raisonnable.

« La part correspondant à l’acheminement est déterminée en fonction du tarif d’utilisation des réseaux publics en vigueur applicable à l’option ou à la version concernée. La part correspondant à la fourniture couvre les coûts de production, d’approvisionnement et de commercialisation supportés par Électricité de France et les distributeurs non nationalisés pour fournir les clients ayant souscrit à cette option ou version. »''

En clair : les ministres doivent répercuter les coûts réels car il faut que le 31 décembre 2015, l’électricité soit distribuée au tarif du marché. Donc, il faut augmenter le prix.

La légende de l’électricité pas chère en France a bien vécu : sur les 35 États européens, la France est au treizième rang. Il faut dire que le gentil abonné EDF est rincé pour financer les centrales nucléaires et leur entretien.

Pour définir ce prix, les textes ont institué une Commission de régulation de l’énergie (CRE) (3) qui donne une estimation des hausses des coûts, et donc de la hausse qu’il faudra répercuter. La CRE a avisé à plusieurs reprises que les prix de l’électricité devraient augmenter d’environ 30 % entre 2012 et 2017. Wahou…

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Pour le tarif « bleu », les particuliers, et « jaune », les petites entreprises, la CRE avait estimé la hausse d’abord à 5,7 %, pour la porter ensuite à 7 %,… et l’arrêté du 20 juillet 2012 avait retenu une hausse de 2 %. Pourquoi ? Parce que. Autant dire que c’était mort d’emblée, car l’arrêté ministériel ne respectait pas le décret.

La gentille et douce EDF n’était pas contente, mais elle n’a pas formé de recours, car ce prix cassé fait aussi ses affaires, alors qu’elle est menacée par les concurrents (Direct Énergie, Eni, Lampiris…) qui n’ont pas les rentes d’EDF pour supporter ces tarifs déficitaires. Aussi, c’est l’Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (ANODE) (4) qui a saisi le Conseil d’État d’un recours en annulation.

Le seul suspens était le délai mis pour juger l’affaire. Il aura fallu vingt-et-un mois pour que le Conseil d’État sorte sa calculette, découvre que 2 ce n’est pas 7, et conclut que les tarifs étaient « manifestement inférieurs au niveau auquel ils auraient dû être fixés en application des principes s’imposant aux ministres ».

Donc, le Conseil d’État n’ordonne pas une hausse rétroactive. Simplement comme il annule l’arrêté ministériel débile, le « gouvernement » va devoir reprendre un arrêté qui aura effet à la date du texte annulé, le 20 juillet 2012.

La hausse de rattrapage sera d’environ 5%, qui s’ajoute à une hausse de 5 % en août 2013, et une à venir d’environ 5 % en août 2014.

Ségolène Royal a réagi, pour dénoncer « une décision très regrettable pour les consommateurs, qui ne correspond pas à la volonté du gouvernement ». Elle a également affirmé sa volonté de « réformer le mode de calcul » fixant les tarifs réglementés d’EDF, « pour que le gouvernement puisse appliquer une politique énergétique sans être entravé par des textes administratifs qui ne correspondent pas à sa volonté politique ».

Elle est super notre Ségo… Les textes administratifs en cause… Pas de chance, c’est une loi, qui fixe le retour au prix du marché en 2015. Alors, le « gouvernement » va-t-il faire voter une loi pour un prix d’électricité cassé ? On prend les paris ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, janvier 13 2014

Edito - Affaire Hollande - Gayet : Ségolène Royal et le choix du mot "feuilleton"

h-4-1265359-126200882011.jpgSans donner l'air, Ségolène Royal a donné un coup terrible à François Hollande sur le plateau de France 2 à 13 heures en utilisant le mot "feuilleton" au sujet de l'affaire Hollande - Gayet comme s'il ne s'agissait que d'un ... épisode parmi tant d'autres.

Ségolène Royal a répondu du bout des lèvres:

"Je ne vous en veux pas Laurent Delahousse de me poser cette question.

Si vous ne l'aviez pas fait, on vous l'aurez reproché.

Mais, je ne veux pas aimenter ce feuilleton qui est très éloigné des préoccupations des Français.

On est dans une émission politique importante, et votre invitation date du mois de décembre dernier. Je ne suis pas là pour parler de ça, et je ne veux pas perdre des minutes pour répondre à ça.

Il faut maintenant tourner la page et se remettre au travail. "

La réponse avait probablement été particulièrement bien préparée en plaçant ainsi François Hollande dans un style de "serial lover".

Difficile de faire plus dur ... avec le sourire bien sûr.

La VIDEO se trouve dans la rubrique "Lien" sur votre droite.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE