samedi, décembre 6 2014

Edito - Roland Dumas : « Ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël »

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Roland Dumas interrogé par Sihem Souid pour Le Point. Loin des simagrées des députés votant une résolution dépourvue de toute force juridique et qui relève de l’enfantillage – un État mité par des colonies, sans capitale, et sans liberté de circulation des habitants… une misérable manip’ politique – Roland Dumas s’exprime pour dire deux ou trois choses fortes et juges, reparler de la grande maison commune… Je me sens moins seul.

Que pensez-vous de la politique étrangère menée par François Hollande depuis son élection ?

Le général de Gaulle tenait à ce que la France soit indépendante. Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing (VGE) et Mitterrand ont été dans cette ligne de conduite qui donnait satisfaction à tout le monde, dire oui avec des réserves mais ne pas entrer dans le commandement intégré de l'Otan. Avec Chirac, des discussions ont eu lieu pour une réintégration, mais les contreparties qu'il voulait n'ont pas été acceptées (le commandement de la zone sud - la Méditerranée). Sarkozy a annoncé que la France réintégrait le commandement intégré de l'Otan. Avec l'arrivée de François Hollande au pouvoir, la politique étrangère a entériné ce changement de cap avec peu de débats internes et pas de débat public en réintégrant définitivement le commandement intégré de l'Otan, et cela, sans vraie contrepartie. En réalité, aujourd'hui, ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël. Aujourd'hui, nous sommes dans une alliance où la France n'a plus rien à dire. Nous n'avons plus de politique étrangère indépendante.

Quel œil portez-vous sur le travail mené par Laurent Fabius au Quai d'Orsay ?

Il a été mon Premier ministre, donc je ne peux pas en dire du mal (sourires). Vous connaissez le proverbe anglais "right or wrong, my country is my country". Il a été un très bon Premier ministre, mais il est un moins bon ministre des Affaires étrangères car il ne pousse pas les idées que je viens de vous exposer qui sont les idées traditionnelles de la France. La France a perdu son indépendance en matière de politique étrangère !

Que feriez-vous aujourd'hui si vous étiez encore ministre des Affaires étrangères ?

Je serais déjà toujours resté fidèle à la pensée socialiste. J'aurais rétabli une vraie politique française avec la Russie ! La France doit rétablir une relation privilégiée avec la Russie. Nous traitons mal les Russes, contrairement à ce qui peut se dire dans le monde ! Nous ne tenons compte d'aucun des engagements qui ont été pris, notamment avec Gorbatchev concernant la conférence de Moscou. L'alliance outre-Atlantique n'a pas tenu ses engagements envers Moscou. Je suis contre l'injustice même en politique internationale.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, décembre 3 2014

Edito - Aurons-nous du gaz cet hiver ?

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Vladimir Fédorovski répond au FigaroVox : "La multiplication des sanctions de l'Union européenne contre la Russie n'a pas affaibli Poutine. Elle a même provoqué la naissance d'une aile nationaliste beaucoup plus radicale que Vladimir Poutine. Celle-ci exerce une forte pression sur le gouvernement et a entrainé la marginalisation de l'opposition libérale et pro-occidentale. Vladimir Poutine est donc contraint à une forme de surenchère, ce qui explique le durcissement de son discours.

Les conséquences économiques sont désastreuses pour l'Europe. En Allemagne où les milieux d'affaires sont affolés. 40 % du gaz allemand venant de la Russie, ces derniers craignent un effet domino: augmentation des tarifs de l'énergie en Allemagne, puis décrochage de la croissance allemande et enfin décrochage de l'Europe toute entière. En réalité, les intérêts vitaux de l'Allemagne sont en jeu et par ricochet les intérêts vitaux de la France."

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, octobre 29 2014

Edito - J - 6 : Barack Obama et le tournant des relations internationales

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La démocratie Américaine a parfois des penchants populistes. Dans d'autres domaines, elle est pourtant un lieu d’excellence. C’est le pays qui compte le plus d’universitaires brillants consacrant leurs talents à examiner les enjeux de chaque géographie de la planète.

C’est en matière de relations internationales que les néo-conservateurs ont été les plus productifs.

Des universitaires constituent une sorte de «shadow cabinet» permanent pour les républicains. Ils reprochent aux Démocrates une vision erronée des relations internationales manquant de réalisme dans les rapports de forces permanents. L’angélisme de Carter est leur reproche fondamental. Cette mention évoque les images terribles de l’opération «Blue Light» du 24 avril 1980 destinée à libérer des otages, échouant lamentablement dans le désert à Tabas, devenant le symbole d’une Amérique humiliée. Jamais depuis le Vietnam, l’opinion Américaine n’avait vécu un tel choc.

Une humiliation qui allait ouvrir les portes au Reaganisme avec le retour à la force militaire des États-Unis.

Les valeurs sont simples. Tout d’abord, ils surveillent attentivement la Russie pour ne pas permettre «la résurrection du dinosaure».

De façon générale, sur tous les terrains délicats, la priorité est celle de l’endiguement (containment).

Il s'agit d'une approche basée sur le rapport de forces.

Il ne s’agit pas de parler de dissuasion mais de victoire.

Il ne s’agit pas d’évoquer une quelconque parité mais d’établir la supériorité Américaine.

Il ne s’agit pas de laisser place à une riposte mais à l’action offensive.

Toute autre approche est tournée en dérision car trop éloignée des dures réalités des relations internationales.

La force de cette approche date du début des années 80. Les républicains ont perdu de la superbe. Les démocrates ont beaucoup recruté parmi les professeurs d’Harvard. John Kennedy a McGeorge Bundy. Jimmy Carter a Zbigniew Brzezinski qui a débuté à Harvard.

JFK WH

L’Institut Hoover a été fondé en 1919 par Herbert Hoover. Installé sur le campus de Stanford, l’Institut avait tissé des liens étroits entre 1967 et 1975 avec un Gouverneur de Californie, Ronald Reagan. Lorsqu’il est élu Président le le 5 novembre 1980, l’Institut gagne la reconnaissance dans la qualité de ses analyses qui ont inspiré le candidat et qui vont guider le Président.

Dans son équipe, les membres de l’Institut sont aux postes clefs. Glenn Campbell, alors Directeur de l’Institut, cumule de nombreuses fonctions officielles. Au sein du Comité des Relations Internationales, les membres de l’Institut vont compter 25 % des effectifs. Du jamais vu.

Les années Reagan vont d’abord être celles de la renaissance de la vitalité Américaine et celles conduisant à l’effondrement du communisme.

En 2008 comme en 2012, Barack Obama a respecté cette culture des relations internationales. Durant son 1er mandat, la neutralisation de Ben Laden a été un totem.

Mais depuis le début du second mandat, Barack Obama s'est éloigné de tels repères. Et le 4 novembre, il va en payer le prix politique le plus fort.

Les relations internationales vont occuper une place décisive dans le choix du 4 novembre. Rarement à ce point.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, août 17 2014

Edito - Quand l'économie française va sortir du top 10 ...

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La croissance nulle est la traduction d'un réel décrochage de l'économie française. A ce rythme, il est probable que, dans trois ans, l'économie française sera sur le seuil de la porte de sortie du top 10 des économies mondiales.

La France s'apprête à être dépassée par la Grande-Bretagne, l'Inde, le Brésil, la Russie et peut-être le Canada.

Devenue alors économie "moyenne" et n'appartenant plus au podium des défenses opérationnelles en dehors de la seule détention du nucléaire, c'est le déclassement le plus implacable d'un pays en 60 ans.

A ce rythme, dans 10 ans, le siège de la France au sein du Conseil permanent de l'ONU sera remis en question pour constater le nouveau rapport de forces entre les puissances mondiales.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, août 16 2014

Edito - Conflits internationaux, le silence de l'Union Européenne

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Dans un contexte international trouble, où les conflits se multiplient ces dernières semaines aux portes de l'Europe – toujours plus lointaines - l'Union Européenne reste étrangement sans voix. Pourtant, elle ne manque pas de représentants pour exprimer son opinion, dans la personne de Mme Catherine Ashton, Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, voire même, par celle de Mr Herman Van Rompuy, le « très charismatique » président du Conseil européen.

Il semble laborieux d'unifier et de parler au nom de vingt-huit pays si différents, de par leur intérêt disparate sur le plan international. Avec d'un côté, l'Allemagne, toujours partante pour ne rien faire, et la France qui essaye, tant bien que mal d'assumer sa stature. Mais, que c'est difficile, quand on ne sans donne plus les moyens. D'ailleurs, le silence de l'UE sur les questions internationales fait écho avec celui de notre président François Hollande. L’un comme l’autre, semble dans un flou total sur la position à adopter sur les conflits divers, souvent suspendus aux lèvres du président Américain, qui lui-même, ne sait plus très bien sur quel pied danser. Un pas devant, un pas derrière, un tango diplomatique, qui décrédibilise les puissances occidentales, l'Europe, et ... La France.

La crise Israélo-Palestinienne, qui a connu un nouveau regain ces dernières semaines avec des interventions militaires terrestres dans la bande de Gaza, a vu émerger des pays qui ont su prendre leur part de responsabilité, comme l'Égypte ou l'Arabie Saoudite, face au mutisme de l'Union Européenne, et de ses membres. Lors d'un sommet, tenu le 10 aout, entre ces deux pays du Proche-Orient, les cas de la Libye, de l'Irak et de la Syrie, on en outre était abordé. Le président Égyptien, Abdel Fattah Al Sissi, est arrivé aujourd'hui en Russie, pays avec lequel l'Union Européenne a réussi le coup de force, de détériorer un peu plus ses relations, tout au long de la crise Ukrainienne. Moscou, qui, pourtant, serait un allié de taille pour répondre aux enjeux qui secouent le Proche-Orient.

Ce silence a au moins le mérite de permettre à quelques « rebelles » de l'UMP-PS, de critiquer ouvertement l'UE, mais pas trop. Pourtant, cette institution technocratique, se montre inapte à répondre aux enjeux géopolitiques mondiaux, car essentiellement formaté à promouvoir les aspirations libérales sur le plan économique. Une parole diplomatique, qui, in fine, se contente timidement par voie de communiqué de regretter que le « cessez-le-feu (...) ait déjà été violé » et autres postures dérisoire au regard des évènements. L’Union Européenne sur les questions diplomatiques, n’est que l’ombre des États-Unis, elle-même très affaiblie.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juillet 7 2014

Edito - Le magazine Le Point s'auto-censure !

0.A00lepoint2150-les-neoconservateurs-a-la-francaise1.jpgAprès les émeutes fomentées par des jeunes franco-algériens lors des matches du Mondial, Marine Le Pen a demandé que l’on en finisse avec la double nationalité. Si l’Algérie est leur pays, qui les retiendrait sur notre sol contre leur gré ? L’hebdomadaire Le Point a eu l’idée de demander, par sondage, ce que les internautes en pensaient. La question était ainsi formulée : « Faut-i l retirer aux Français d'origine algérienne leur double nationalité ? » La réponse est « Oui » à 81% ! Mais les lecteurs du Point n’auraient jamais dû le savoir, la direction ayant décidé de ne pas publier le sondage. Son directeur, Etienne Gernelle, en a donné la raison...

C’est tout simple : le résultat serait : « lamentable et consternant » ; en conséquence, il avait « évidemment été retiré ». Au passage, on appréciera le «évidemment ». Si M. Gernelle redoutait la réponse, il ne fallait pas poser la question ! Mais, l’ayant fait, son acte d’autocensure politiquement « correct » est scandaleux et indigne. Ainsi va la presse, et même celle de droite !

Tous les journaux font grand bruit autour de leurs « sondages exclusifs » pour draguer le chaland mais, au grand jamais, ils n’évoquent ceux qu’ils ne publient « évidemment » pas ! Comment s’étonner ensuite que dans des sondages – publiés eux ! – les journalistes soient classés parmi les professions les plus mal considérées, quelque part entre "député" et "prostituée" ?

Conclusion : pour être bien informé, mieux vaut oublier la presse écrite française, généralement aux ordres du pouvoir et du politiquement correct défini par des journalistes à 98 % à gauche. Nous recommandons par contre les lettres privées servies à leurs abonnés, et la consultation d'internet qui reste encore assez libre, même si certains sites ont été obligés de se faire héberger en Russie.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, juin 28 2014

Edito - Nouvelle agression de l'Union européenne contre la Russie

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La signature d'accords commerciaux entre l'Union européenne et l'Ukraine, la Géorgie, la Moldavie est une nouvelle provocation contre la Russie. Mais c'est aussi un coup de couteau dans le dos des travailleurs de notre pays et des autres pays de l'Europe de l'Ouest.

Une Ukraine en état de délabrement économique accéléré qui va déverser sur l’Europe une main d’œuvre moins chère que la main d’œuvre chinoise (salaire minimum en Ukraine : 100 €, en Chine : 130 €) est désormais arrimée à l’Europe.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, juin 19 2014

Edito - Etats-Unis - Russie : c'est l'inversion des valeurs auxquelles nous étions habitués !

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Lors de son entretien à Europe 1 et TF1 le 4 juin, Vladimir Poutine a déçu une partie de la presse française car ses propos étaient en contradiction avec la caricature qu’ont fait de lui certains médias français, selon Ivan Blot :

"Ils voulaient voir un dictateur impérialiste et ont entendu un président démocrate et patriote. La déconvenue de ces journalistes russophobes montre qu’ils sont des hommes rivés sur le passé. Dans le passé, les États-Unis étaient une puissance conservatrice libérale et chrétienne, l’URSS était une dictature communiste athée. Les États-Unis étaient les libérateurs de 1944 face à l’occupation allemande. L’URSS, bien qu’ayant été l’ennemi principal d’Hitler, était surtout la puissance d’occupation de l’Europe de l’Est, enfermée derrière le rideau de fer.

Aujourd’hui, tout s’est inversé et il est difficile de changer ses habitudes de pensée. La Russie est une puissance conservatrice, libérale et chrétienne. Les États-Unis exportent de plus en plus au nom des droits de l’homme déformés, une idéologie égalitaire dogmatique qui s’oppose à la famille, à la religion et à la patrie, en tous cas dans tous les pays étrangers. Ils ont introduit ou contribué à introduire le chaos en Irak, en Afghanistan, en Lybie, voire en Syrie, avec des interventions militaires désordonnées, justifiées par des mensonges comme en Irak ou des interprétations frauduleuses de décisions de l’ONU comme en Lybie.

C’est l’inversion des pôles : la Russie est dans le camp de l’ordre et de la paix, les USA dans le camp des révolutions et des coups d’État voire des guerres.

Pourtant, des journalistes et des hommes politiques veulent continuer de voir dans la Russie une dictature impérialiste comme l’URSS d’autrefois.Hillary Clinton s’est permis des comparaisons entre Poutine et Hitler, ce qui est une ignominie mais aussi une stupidité : à ce compte, c’est comme si l’on accusait madame Angela Merkel d’être une communiste autoritaire sous le prétexte qu’elle a fait partie du dernier gouvernement communiste d’Allemagne de l’Est.

Pour l’Europe, c’est la même chose. L’Union européenne a été créée sur un modèle non démocratique mais bureaucratique, celui des agences fédérales américaines créées par Roosevelt. Aujourd’hui, le monopole de la proposition des lois par la Commission de Bruxelles, le cumul en son sein des tâches législatives et exécutives ne se justifient plus, (...)

En économie, c’est la même chose. Beaucoup de politiciens et fonctionnaires français ont été formés à l’École nationale d’administration (ENA) qui, sur le plan de l’enseignement de l’économie, avait 30 ans de retard, restant à Keynes et ignorant les économistes plus modernes comme Hayek. Résultat : on a les impôts les plus décourageants du monde, un interventionnisme brouillon de l’État et des réglementations archaïques. (...)

Notre système de formation des élites en sciences sociales est archaïque et beaucoup d’hommes politiques français vivent encore sur des vieilles idées diplomatiques ou économiques des années 1950. (...)"

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, juin 10 2014

Edito - Les "merdias" et la réinfosphère

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Grâce à internet, la propagande se retourne de plus en plus contre le système médiatique. Aujourd’hui, des vidéos sur le net font plus d’audience qu’une émission militante de Canal+ par exemple. Grâce à la réinfosphère, l’article dénonçant la censure et la manipulation de l’interview de Vladimir Poutine (exemple ici : http://www.les-crises.fr/interview-poutine-scandale-des-coupes/) a probablement eu plus d’audience (dans le public concerné par la chose politique) que l’interview originale. Les vidéos sur le livre d’Emmanuel Ratier sur Manuel Valls ont fait un carton sur Internet. Une vidéo d’Aldo Stéone peut faire jusqu’à 180 000 vues. Etc, etc…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mai 15 2014

Edito - Napoléon 1er, le promoteur de l’idée nationale

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Au même titre que Jésus-Christ, Alexandre le Grand ou Mozart, Napoléon Bonaparte (1769-1821) fait partie de ces météores dont les destins fascineront toujours les hommes. Venant de la petite noblesse corse, il surgit dans l’histoire à 25 ans (campagne d’Italie).

Les exploits s’enchaînent : expédition d’Égypte ; coup d’État du 18 Brumaire… Devenu Empereur des Français, il multiplie les victoires militaires et ne cesse de redessiner la carte politique de l’Europe. L’épopée finit mal : retraite de Russie, première abdication, retour pour les Cent Jours, deuxième abandon du pouvoir, exil à Sainte-Hélène. Napoléon étant un héros, sa fin tragique grandit et nourrit sa légende.

Dans une perspective géopolitique, l’aventure napoléonienne rappelle qu’un individu, aussi exceptionnel soit-il, finit toujours par buter contre des réalités fortes.

« Les faits sont têtus » selon Lénine. Du strict point de vue géopolitique, Napoléon arrive trop tard. La France a perdu au XVIIIe siècle l’affrontement planétaire l’opposant à l’Angleterre (en 1763, par le traité de Paris, la France renonce notamment à ses possessions au Canada).

L’Angleterre est maîtresse des océans. Napoléon, triomphant sur terre, ne peut briser l’étau par lequel la flotte britannique étouffe l’Europe napoléonienne. Les économies européennes, coupées du monde, sont asphyxiées. En 1812, Napoléon envahit la Russie pour soumettre ce colosse qui s’obstine à échanger avec l’Angleterre. C’est le désastre.

Le constat est plus nuancé sur le plan idéologique. Napoléon est fils de la Révolution française, c’est un parvenu. Il fait tout pour apparaître comme un monarque de droit divin : couronnement impérial (cérémonie lors de laquelle Napoléon ne résiste pas à l’impulsion de se couronner lui-même) ; création d’une noblesse d’Empire ; deuxième mariage avec Marie-Louise de Habsbourg-Lorraine, archiduchesse d’Autriche.

Pour l’Europe des rois et des princes, terrifiée par la Révolution et ses idées, Napoléon ne sera jamais des siens. Il n’est pas Empereur de France mais Empereur des Français.

L’Europe de l’Ancien Régime ne saurait que vouloir la destruction de Napoléon, dont les soldats répandent les principes révolutionnaires.

Napoléon écarté, les idées révolutionnaires n’en continuent pas moins leur chemin, se retournant d’abord contre la France en fournissant la meilleure des justifications aux résistances nationales allemande, italienne, espagnole, russe qui trouvent dans l’envahisseur français l’ennemi qui soude leur unité. __ En 1918, les idées révolutionnaires remportent une victoire écrasante : les vieux empires – Romanov en Russie, Hohenzollern en Allemagne, Habsbourg en Autriche-Hongrie…– sont balayés, les nations triomphent. 1918 ou la revanche posthume de Napoléon !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, mai 10 2014

Edito - Union européenne: ouverture des frontières aux Turcs en 2017 !!

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L’Union européenne vient de porter un nouveau coup à la sécurité et à l’identité des peuples européens. L’accord dit de réadmission prévoit en effet qu’à l’horizon 2017 les ressortissants turcs pourront se rendre dans l’espace européen sans visa préalable.

Source: Atlantico

Le problème chypriote qui revêt un caractère international n'est toujours pas réglé, en raison de données historiques et géographiques, mais pour des raisons politiques inhérentes au rapport de force dans le bassin oriental de la Méditerranée.

Depuis toujours, Chypre fait l'objet de conflits entre l'Orient et l'Occident en raison de sa situation géographique. Même aujourd'hui, l'opposition sur le plan d'ensemble de l'Occident et l'Orient se complète par les rivalités entre les États jadis sous l'emprise coloniale et les États du Moyen Orient et de l'Afrique du Nord.

La Turquie, à part la question de la protection de la minorité turque qui est plutôt une question de prestige, continue de faire peser son avis quant au sort de l'île en évoquant le fait que celle-ci se trouve près de ses côtes méridionales, bien que les frontières entre la Turquie et la Grèce s’étendent sur sur maintes autres lignes insulaires et continentales. La présence de la minorité turque lui offre un inappréciable motif pour la projection d'une politique de prestige dans ce secteur du monde.

Pour éviter cela et pour que le conflit turco-chypriote ne perdure, il est absolument nécessaire de changer les députés français UMP et PS au Parlement européen et d'en élire de nouveaux !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, mars 2 2014

Edito - La Crimée, un enjeu décisif

623111-carte-ukraine.jpgJolie place que cette péninsule de Crimée, une avancée de l’Europe centrale dans la Mer Noire. Bon climat, site parfait pour le commerce et la défense. Un tel site fait des envieux… et son histoire est faite d’invasions, de guerres, de répression.

La Crimée (1), longtemps partie de l’Empire Ottoman, n’est devenue russe qu’en 1783, avec Catherine II. Dans la configuration d’alors, très centrée sur la méditerranée, c’était une prise de choix, et une base pour l’expansionnisme russe. La réponse est venue en 1853, avec la guerre de Crimée (2), conduite par l’Empire Ottoman, la France (3) et la Grande-Bretagne. Une guerre épouvantable, un siège terrible pour Sébastopol, et un bilan de 75000 Morts. La Russie a du renoncer à ses conquêtes, mais la Crimée est restée russe. En 1921, par un décret signé de Staline, elle a intégré l’URSS comme République soviétique socialiste autonome de Crimée… Déjà « autonome ».

Pendant la seconde guerre mondiale, on retrouve la vaillante armée Rouge et la population qui résiste, avec un impressionnant siège de Sébastopol, trop méconnu. La ville tient et bloque l’avancée nazie. Des héros : la Crimée et Sébastopol entrent dans notre histoire. En 1948, Staline revient sur l’autonomie, et crée pour Sébastopol un statut spécial de rattachement direct à Moscou.

3455483.jpgEn 1954 – et c’est un tournant – Nikita Khrouchtchev, qui est né en Ukraine, rattache la Crimée à l'Ukraine, par une volonté de tourner la page de la répression stalinienne sur l’Ukraine. Un geste fort, mais qui ne modifiait pas les grands équilibres, car l’URSS était un bloc.

Tout bascule en 1991, avec l’écroulement de l’URSS, et s’en suivent trois évolutions majeures, qui pèsent beaucoup ces jours-ci.

L’autonomie

La Crimée, étroitement liée à la Russie pendant plus de150 ans, et place forte de l’URSS, s’est en 1991 retrouvée Ukrainienne. C’était en droit incontestable vu les actes signés par Khrouchtchev… Mais il était impossible de balayer l’histoire et la composition de la population. La Crimée est restée partie intégrante de l’Ukraine, mais elle a été dotée, en 1992, d’un statut de république autonome, avec une constitution. Ce texte a ensuite été amendé plusieurs fois, pour aller dans le sens d’une moindre autonomie. Ces jours-ci, l’une des revendications est le retour à la constitution de 1992.

Les Tatars

miss-ukraine-2011.jpgLe second fait marquant est le retour des Tatars. Cette population nomade d'origine turco-mongole s’était, au fil des évènements, installée en Crimée. Majoritairement musulmane – des sunnites – elle avait trouvé sa place dans l’Empire Ottoman. Les Tatars s’étaient accommodés du passage sous le contrôle russe, mais en 1917, ils avaient cherché à échapper au nouveau pouvoir bolchevique, avant de connaître l’échec conduisant à l’intégration de la Crimée dans la Russie en 1921. Depuis, les rapports entre cette population et les autorités de Moscou ont toujours été difficiles. Lorsque les nazis ont pied en Crimée, une partie de la population tatare a collaboré, et après-guerre, Staline a entrepris en rétorsion des déportations systématiques (4) en Sibérie et en Asie centrale. C’est uniquement en 1991 que les Tatars ont pu retrouver leur terre (5), la Crimée, et à ce jour, la communauté représente 12% de la population, soit 2 millions d’habitants. Les Tatars sont très opposés à une mainmise russe, et le font savoir… Hier, les Tatars se sont clairement rangés contre la majorité russophone.

Sébastopol et la question militaire

Enfin, il y a la question miliaire et le statut du port militaire de Sébastopol, la voie d’accès à la Méditerranée pour les Russes, via le Bosphore. En 1991, la discussion a été serrée, car la Russie ne pouvait envisager de voir sa flotte passer à l’Ukraine et Sébastopol lui échapper. Un accord a été conclu en 1997 avec un partage de la flotte – 17% pour l’Ukraine 83% pour la Russie – et la signature d’un bail entre Kiev et Moscou, avec une modification signée en 2010 (6) entre Ianoukovitch et Poutine : l’échéance du bail a été reportée à 2042, et la Russie a accepté un loyer annuel de 8 millions de dollars et une réduction de 30 % du prix normal de livraison du gaz. A ce jour, compte tenu de l’évolution des enjeux stratégiques, la flotte russe est surtout présente en Mer du Nord et sur la façade pacifique. Mais il est hors de question de renoncer à Sébastopol, qui reste la place forte de la flotte en mer Noire, avec vingt-cinq navires de combat et treize mille hommes, en effectif pouvant être porté à 25 000. Avec le recul US, la Russie va se montrer de plus en plus présente, et Sébastopol reste stratégique. Pour la région, cette présence russe est un grand appui économique (7).

Pour quelques temps, les équilibres de la région vont se jouer sur cette péninsule, à nouveau prise dans les tourbillons de l’histoire.

1 http://www.axl.cefan.ulaval.ca/Etat...

2 http://www.histoire-pour-tous.fr/gu...

3 http://www.herodote.net/Guerre_de_C...

4 http://www.cairn.info/resume.php?ID...

5 http://www.monde-diplomatique.fr/20...

6 http://www.lefigaro.fr/internationa...

7 http://ua-travelling.com/fr/article...

vendredi, février 21 2014

Edito - L’Ukraine face à tous les périls

Bg-j-JvIIAANsdb.jpgTous nos regards se tournent vers l’Ukraine,... mais qu’en penser ?

Après des mois de protestations civiles, tendues mais tenues, la situation s’est radicalisée, et a soudain débordé vers de terribles violences : plus de cent morts en deux jours, dont plusieurs membres de forces de l’ordre, et des scènes de guerre dans la capitale. Depuis 48 heures, la thématique dans notre presse est l’empathie avec la population civile, et les efforts des gentils diplomates européens contre les méchants dirigeants ukrainiens pro-russes… C'est peut-être un peu plus compliqué, même s'il est certain que la première responsabilité pèse sur le pouvoir en place.

Je ne prétends pas avoir de lumières sur ce qu’il faut faire en Ukraine, d'autant plus que nous n’avons que des informations partielles, et que nous savons si peu de choses de la vie politique ukrainienne.

La guerre civile ? Le risque est réel, avec la radicalisation, son extension à l’ouest du pays, et la violence, qui efface les négociateurs ukrainiens met eu premier les groupes armés, très proches de l’extrême-extrême droite.

La Russie ? La conviction de Poutine est que l’Occident est une pétaudière endettée et dégénérée, que les US, épuisés par les guerres de la décennie et dont le leadership est menacé par le Chine, se dégagent de l’Europe et de Moyen-Orient. Aussi, c’est à lui d’imposer son ordre. Poutine a promis lundi d’importantes levées de fond, et mercredi, Medvedev a ajouté que pour percevoir ces fonds, les dirigeants ukrainiens doivent se montrer dignes, c’est-à-dire se faire respecter. Comme ces fonds évitent la faillite de l’Ukraine, le scénario est écrit. Poutine veut créer une zone de stabilité autour de la Russie, et il fera beaucoup pour que l’Ukraine en soit un pilier.

3437459.jpgLes Etats-Unis ? Les services secrets russes ont rendu publique la conversation la charmante et délicieuse Victoria Nuland, la secrétaire d’État adjointe chargée de l'Europe, auprès de John Kerry et Geoffrey Pyatt, l’ambassadeur US en Ukraine, les deux voyous expliquant comment ils manipulent les dirigeants de l’opposition. La Russie a publié cette conversation, mais elle doit en avoir cinquante autres, et ça doit bien rire devant notre Obama qui fait des moulinets avec ses grands bras. De toute façon, les US s’en sont remis à la Russie pour tenir la Syrie, l’Iran et l’Egypte. Alors…

L’Europe ? Juste minable... La caricature rêvée par Pouline : embrouillée, divisée, donneuse de leçons, humiliée par les US, dealant en sous-main avec la Russie pour le pétrole et le gaz – vitaux pour la société européenne – et totalement inefficace. L’Union a été incapable de prévenir la crise, avec des revendications et des conditions qui ont projeté les dirigeants dans les bras de la Grande Russie. A ce jour, elle s’excite avec des sanctions débiles, mais elle est incapable de définir un plan, qui inclurait nécessairement la Russie. Elle n’a même pas su former une délégation. Laurent Fabius, Frank-Walter Steinmeier (Allemagne) et Radoslaw Sikorski (Pologne) sont là-bas au titre de leurs gouvernements, et non de l’Europe. Et Fabius fait le malin devant la caméra, mais il n’a rien à dire : pas un plan, ni une ébauche de plan. Fabius n’ose pas aller voir le frère Russe, qui lui mettrait sous le nez ses incohérences graves, pour la Syrie, l’Iran et l’Arabie Saoudite.

Alors ? On peut être raisonnablement très pessimiste pour les semaines qui viennent. Espérons au moins qu’il n’y ait pas trop de victimes.

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Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, février 9 2014

Edito - L’Union européenne doit-elle se faire enculer par la diplomatie étasunienne ?

victoria-nuland.jpg« Fuck EU ! »… La gentille presse a traduit cette expression par « que l’UE aille se faire foutre ! », alors qu’il n’existe aucun doute sur le sens véritable : « que l’UE aille se faire enculer ! ». Il faut dire que l’auteure de cette fine pensée est Victoria Nuland, la secrétaire d’État adjointe chargée de l'Europe, auprès de John Kerry. Partageons les valeurs entre amis...

J’adore la diplomatie : ne rien lâcher de la ligne du parti, mais user au plus fort du savoir-faire relationnel pour gérer l’affrontement. Les avocats s’y essaient dans les négociations, mais les diplomates sont nos maîtres. Aussi, je me suis régalé avec la plongée en direct que nous offre la publication de cette conversation du début janvier entre Geoffrey Pyatt, l’ambassadeur US (Amérique du Nord, territoire indien occupé) en Ukraine, et Victoria.

Le bazar en Ukraine

La toile de fond est bien connue : le président Viktor Ianoukovitch a tourné le dos à un accord d'association avec l'UE, pour conclure le même type d’accord avec la Russie, et il s'en est suivi un vaste mouvement de protestation, avec une opinion divisée. Je ne doute pas de la sincérité et du courage des manifestants ukrainiens qui s’opposent à ces choix politiques, mais ce n’est pas leur faire injure que de souligner les manips des US, Obama n’acceptant pas que l’Ukraine sorte de sa zone d’influence. Ce qui est logique : regardez la carte du monde, et il vous saute aux yeux que l’Ukraine est dans la banlieue de New-York.

Installée à Kiev depuis des semaines, Victoria fait tout ce qu’elle peut pour aider les manifestants opposés au régime. Moscou accuse Washington de dépenser 20 millions de dollars par semaine pour financer l'opposition et les rebelles, ce qui est peut-être beaucoup… Mais cette conversation est la démonstration de l’implication US dans la direction du mouvement.

ukraine.gifLa douce Victoria

Peut-être ne connaissez pas cette punaise néo-con de Victoria Nuland, une femme un peu plus influente que Bambi… Une brute épaisse...

Victoria a fait ses classes comme soldate de la guerre contre l’axe du Mal, en qualité de conseillère en politique étrangère du vice-président Dick Cheney. Repérée pour ses talents, elle a été nommée par George W. Bush ambassadrice auprès de l’OTAN. Lorsqu’Obama, Prix Nobel de la Paix, a pris le pouvoir, Victoria a naturellement dégagé… Eh bien, pas du tout ! Hillary Clinton l’a choisie comme porte-parole, alors que,de notoriété, son époux Robert Kagan était un conseiller du républicain Mitt Romney. Et John Kerry en a fait sa secrétaire d’État adjointe chargée de l'Europe.

Jusque-là tout va bien : on sait qu’il n’existe qu’une politique étrangère US, celle de l’impérialisme au service des intérêts du pays. Républicains ou démocrates, les différences sont cosmétiques.

Le projet gouvernemental pour l’Ukraine de Victoria

Cette conversation est liée à la proposition du président Ianoukovytch faite à l’opposition constituer un gouvernement. Victoria a décidé de former le futur gouvernement ukrainien, et ce n’est pas piqué des hannetons. Le gagnant US est Arseni Iatseniouk (Yats), et il faut maintenir à l’écart Wladimir Klitschko (Klitsch), ancien boxeur dirigeant le parti libéral Oudar (et chouchou de Fabius), jugé trop nul, et éloigner Oleh Tyahnybok, trop à l'extrême-droite.

Victoria expose son projet gouvernemental pour l’Ukraine : « Je pense Yats, c’est le gars. Il a de l’expérience économique et de l’expérience de gouverner. C’est le gars. Vous savez, ce qu’il a besoin, c’est que Klitsch et Tyahnybok restent à l’extérieur. Nous aurons besoin de leur parler quatre fois par semaine. Vous savez, je pense juste que si Klitschko entre, il va devoir travailler à ce niveau avec Iatseniouk, c’est juste que ça ne va pas marcher… »

photo.10286.JPGGeoffrey approuve : « Pour ce qui est de sa non-participation au gouvernement, je serais d’avis de le laisser en dehors pour qu’il se consacre à ses obligations politiques. Pour avancer, nous devons garder ensemble les démocrates modérés. Le problème sera avec Tyahnybok et ses gars. Et, vous savez, je suis sûr que cela fait partie du calcul de Ianoukovytch ».

Geoffrey propose à Victoria d’entrer en contact avec ces trois hommes politiques, mais Victoria préfère que Geoffrey organise une réunion entre les trois leaders, et se fasse inviter à la réunion par la marionnette Yats : « Ma conception de l’appel dont vous parlez, c’est que les trois grands participent à leur propre réunion et que Yats leur propose dans ce contexte votre participation ».

Geoffrey pense que ce n’est pas la bonne solution, car Klitschko va fiche le bazar, et il est préférable que Victoria le briefe en direct : « Donc je pense que si vous vous adressiez directement à lui, cela aiderait à faire de la gestion de personnalités parmi les trois. Cela vous donne également une chance d’agir vite sur tout cela et nous permettra d’être derrière avant qu’ils s’assoient et qu’il explique pourquoi il n’est pas d’accord ». Pour Geoffray, « il faut que l'on fasse quelque chose pour tout coller ensemble parce que tu peux être sûr que quand ça va commencer à décoller, les Russes vont œuvrer en coulisses pour essayer de torpiller ».

Jouer l’ONU contre l’Europe

Russie-Ukraine-UE.jpgVictoria est d’accord. Elle explique ensuite à Geoffray qu’il y a une bonne opportunité avec la nomination de Robert Serry, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l'Ukraine. Pour elle, il faut convaincre Serry de venir sur place et imposer le rôle de l’ONU, comme moyen de faire valoir l’option US. La manip’ via l’ONU permet de faire poids face à la Russie, et tant pis si cette interventionnisme nuit à l’Union européenne : « Ce serait formidable, je pense, ça aiderait à souder ce projet avec l’aide de l’ONU et aussi, que l’Union européenne aille se faire enculer ».

Geoffrey n’est pas effarouché par cette virile approche : « Exactement. Et je pense que nous devons faire quelque chose pour le faire coller à nous, parce que vous pouvez être sûre que si notre plan commence à prendre de l’altitude, les Russes vont travailler dans les coulisses pour essayer de le torpiller ».

À Bruxelles, la Commission européenne et Catherine Ashton n’ont rien entendu. Pour l’excellent Fabius : « Si tous les ministres des Affaires étrangères devaient consacrer l'essentiel de leur temps à commenter les propos tenus par tel ou tel diplomate, nous n'aurions pas le temps de faire autre chose ». Ce qui pose la question de savoir ce qu’est ce « autre chose »... Seule Merkel, la véritable présidente de la République française, a dénoncé ces propos et ces pratiques politiques inacceptables.

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Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE