Keyword - Retraite

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi, janvier 1 2015

Edito - Les « synthèses » de François Hollande : force ou faiblesse politique ?

0.A0011Francois_Hollande.jpg

Le goût de la synthèse, aboutissant à des compromis acceptables par tous (tout en laissant chacun un peu insatisfait), si souvent reproché à François Hollande, est-il vraiment un défaut en politique ?

Certes, la synthèse peut aboutir à des textes qui n’ont pour but que de satisfaire toutes les parties, même si, en pratique, ils s’avèrent inapplicables, mêlant des décisions incompatibles entre elles. On connaît la plaisanterie sur l’Union Soviétique à ses débuts qui, constatant que le nombre de voitures en circulation augmentait, a décidé de se doter d’un Code de la Route jusque là inexistant ; le Politburo, réuni pour le rédiger, se divise sur la question de savoir si les véhicules devront rouler à droite, comme dans la plupart des pays, ou à gauche, comme en Grande-Bretagne, où les accidents sont moins nombreux ; finalement, il parvient à une synthèse : les voitures rouleront à droite et les camions à gauche.

En pratique, dans la vie politique, il est très rare que le point de vue des tenants d’une thèse, s’ils ne sont pas majoritaires mais s’ils sont tout de même assez nombreux, puisse être totalement ignoré, à moins de plonger le pays dans un chaos durable (François Hollande a tranché en faveur du mariage homosexuel, question pour laquelle il n’y avait pas de compromis possible – ce devait être oui ou non – jugeant que, malgré leurs manifestations spectaculaires, ses adversaires étaient trop peu nombreux pour paralyser durablement le pays) ; toute la vie politique est faite d’affrontements finissant obligatoirement par déboucher sur des compromis, et peut-être l’art suprême de la politique consiste-t-il à trouver le compromis avant l’affrontement, qui est le compromis auquel on serait arrivé de toutes façons après l’affrontement, mais en ayant réussi à l’éviter : ce qui suppose une bonne capacité à évaluer les rapports de force en présence, de façon à prévoir sur quoi leur affrontement finira par déboucher : les victoires par écrasement total d’un adversaire puissant étant finalement assez rares.

On donne souvent en exemple, et à tort, de « passage en force » , sans vraies négociations, la fixation de l’âge de la retraite à 62 ans par Nicolas Sarkozy ; en réalité, Nicolas Sarkozy savait très bien qu’un équilibre durable (quelques années) du régime des retraites imposait de fixer cet âge à 64 ou 65 ans , comme dans la plupart des pays européens ; le choix de l’âge de 62 ans était un compromis, n’ayant pour but que de faire sauter le verrou psychologique et historique du chiffre rond de 60 ans - et, demain, le gouvernement qui le portera à 64 ans ne se heurtera effectivement plus aux mêmes manifestations ; l’erreur tactique de Nicolas Sarkozy a consisté à ne pas avoir « mis en scène » ce compromis : voulant porter l’âge de la retraite à 62 ans, il aurait dû commencer par proposer de le porter à 64 ans, puis ouvrir des négociations pour finir par accepter 62 ans, offrant ainsi aux syndicats une porte de sortie honorable : « On a quand même gagné deux ans, ce n’est pas rien ! » ; il a commis l’erreur de mener comme une épreuve de force l'atteinte d'un objectif qui, en réalité, constituait lui-même déjà un compromis .

En politique étrangère, il en est de même : le but de la diplomatie est de parvenir à éviter les guerres, en faisant accepter les traités de paix sur lesquels une guerre aurait débouché, mais sans que celle-ci ait eu lieu ; inversant la célèbre formule de Clausewitz, on pourrait dire que « La diplomatie est la poursuite de la guerre par d’autres moyens » ; évidemment, ceci suppose, là aussi, la même évaluation du rapport des forces par les deux camps ; car, si l’un d’eux a l’impression qu’il peut obtenir une victoire militaire totale, la diplomatie ne peut plus rien .

Il n’est donc pas impossible que l’art de la synthèse et du compromis, fondé sur la capacité de bien évaluer les rapports de forces, soit la forme la plus sophistiquée et élaborée de la politique, même si elle est la moins spectaculaire ; sa seule faiblesse réside dans le fait que les peuples préfèrent souvent le plus spectaculaire au plus efficace…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mars 13 2014

Edito - Gel des pensions complémentaires de 11,8 millions de retraités du privé en 2014

538245840.jpgLes pensions complémentaires de l'Arrco, régime des salariés du privé, seront gelées en 2014, ce qui va entraîner une baisse de pouvoir d'achat pour 11,8 millions de retraités, conjuguée aux effets de la réforme des retraites.

Les administrateurs de l'Arrco – représentants du patronat et des syndicats – ont entériné ce gel mardi après-midi lors d'un conseil d'administration, par 36 voix pour et 4 contre.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE