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mardi, décembre 16 2014

Edito - Florian Philippot invite Fatima Allaoui à rejoindre le Front national

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Nommée secrétaire nationale de l'UMP à la formation professionnelle vendredi 12 décembre, Fatima Allaoui a finalement été démise de ses toutes nouvelles fonctions lundi 15 décembre, en raison de son récent passé avec l'extrême droite. Et Florian Philippot, numéro 2 du FN, n'a pas loupé l'occasion... À l'en croire, Fatima Allaoui serait donc naturellement plus proche de l'univers Front national que de l'UMP.

Il y a quelques semaines, Fatima Allaoui a adhéré au Siel, un mouvement proche du Rassemblement bleu marine et du FN. Nathalie Kosciusko-Morizet, qui avait personnellement poussé sa candidature auprès de Nicolas Sarkozy, a donc dû annoncer qu'elle était remerciée, affirmant n'avoir pas eu connaissance de ses liens avec l'extrême droite.

La jeune femme de 37 ans aurait très mal pris le refus de l'UMP de l’investir aux élections départementales dans un canton où elle aurait pu être élue, en raison du cumul des mandats puisqu’elle est déjà conseillère régionale. Elle aurait alors rejoint le SIEL et se serait tournée alors vers le maire de Béziers, Robert Ménard, élu avec le soutien du Front national pour obtenir l’investiture de son mouvement politique local « Choisir Béziers ». Mais l'ancien président de Reporters sans frontières ne veut rien savoir, « lui rappelant qu’elle avait participé à une réunion contre lui intitulée Les loups sont entrés dans Béziers », rapporte « Libération ».

Fatima Allaoui aurait donc « demandé leur soutien » aux formations politiques d’extrême droite « par désespoir de cause et pour augmenter (ses) chances d’être élue ». « Localement, je soutiens la plupart des initiatives de Robert Ménard, que ce soit le couvre-feu pour les mineurs ou l’installation d’une crèche dans les locaux de l’hôtel de ville », affirme-t-elle à « Libération », tout en expliquant avoir fait « une sorte de crise d'adolescence ».

L'eurodéputé semble donc très bien renseigné sur cette éventuelle recrue que pourrait représenter Fatima Allaoui. Si elle devait accepter la proposition, cette dernière ajouterait un trajet de plus à ses allers-retours entre le principal parti d'opposition et le parti d'extrême droite. Elle n'est d'ailleurs pas la seule militante de la rue de Vaugirard à se laisser séduire par le FN. Sébastien Chenu, ancien secrétaire national de l'UMP et fondateur de GayLib, vient de rejoindre le Rassemblement bleu marine, où il sera chargé du collectif culture.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, avril 16 2014

Edito - Béziers Municipales mars 2014 : Ménard, grand vainqueur...

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La victoire de Robert Ménard à Béziers s'explique, en grande partie, par sa capacité à dramatiser la situation de la ville, se posant comme un recours. Depuis le début de sa campagne, l'apprenti politique a martelé des messages destinés à noircir la situation de la cité. "La ville est en perdition", écrivait-il sur son blog. Certes, le centre-ville est totalement déserté, de nombreux rideaux de fer sont tirés, le taux de chômage y est supérieur à la moyenne nationale. Mais l'objectif de cette description souvent apocalyptique fut moins de montrer ses talents d'analyse que de disqualifier son principal adversaire, Elie Aboud, comptable de cette situation en tant qu'ancien adjoint de Raymond Couderc, maire depuis près de deux décennies. A chaque débat, de façon systématique, Robert Ménard renvoyait ainsi Elie Aboud à son bilan. Faute d'avoir souhaité réaliser un droit d'inventaire, Elie Aboud était automatiquement privé d'arguments.

Pour convaincre les Biterrois de cette réalité, depuis dix-huit mois, l'ex-secrétaire général de Reporters sans frontières a labouré le terrain, menant une intensive campagne de porte-à-porte pour exposer ses idées. "Bonjour, je suis Robert Ménard, et je veux sauver Béziers", expliquait-il en substance aux biterrois qui acceptaient d'entre-ouvrir leur porte, parfois un peu hébétés.

L'autre force de Robert Ménard, bien sûr, est d'avoir obtenu le soutien du Front National. Grâce à l'appui du parti de Marine le Pen, Robert Ménard faisait coup double. Tout d'abord, il devenait l'objet d'un intérêt national et donc médiatique. Surtout, en éliminant une candidature FN rivale, il s'ouvrait mécaniquement la route vers une potentielle victoire. Enfin, il se débarrassait de l'image de "gauchiste" qui datait de l'époque de RSF. Dès lors, ce proche de Jean-Marie Le Pen - avec qui il prépare un livre d'entretiens - a pu siphonner les voix d'Elie Aboud et récupérer celles du FN qui avait réalisé le joli score de 30% aux dernières élections présidentielles. La gauche étant historiquement faible, à Béziers, cette stratégie lui assurait d'enfiler l'écharpe tricolore sur ses vestons bleus marine.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE