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mardi, janvier 6 2015

Edito - Quand la dette toxique va sortir de dessous le tapis ...

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Rappelez-vous ! Dès de le début de l'année 2007, Dexia se permettait de proposer aux collectivités territoriales une nouvelle recette miracle : Taux fixe – Dual Euro / CHF, un crédit qui spéculait sur la parité euro – franc suisse. Tant que celui-ci restait supérieur à 1,44 franc suisse, le taux restait fixe, mais dès lors qu’il passait ce seuil, le taux se mettait grimper jusqu’à 22 % !

Pour autant, un journal comme le Midi Libre ne consacre plus aucune page à ce dossier de la dette toxique des collectivités territoriales. La vérité serait elle inavouable aux contribuables?languedociens ?

Par contre, le Dauphiné Libéré a consacré hier une page entière.

La démocratie française consacre des débats interminables sur deux dimanches de plus travaillés ou pas mais n'évoque pas un sujet qui représente plus d'une dizaine de milliards sur le plan national ...

Comme de nombreuses autres collectivités, Béziers (Hérault, 71 000 habitants) s’est vu offrir, par Dexia et la Société Générale, des prêts absolument incompréhensibles du profane. Contrairement à d'autres Maires et Président de collectivités territoriales, l'ancien sénateur-maire, Raymond Couderc n'avait pas voulu dans un premier temps, poursuivre ces banques indélicates en justice. Il se ravisa... On connait la suite.

Depuis plusieurs mois, le Trésor public a placé la Ville dans son réseau d'alerte.

Hier, dans l'article du Dauphiné Libéré, il était question de Chambéry. Son Maire Michel Dantin qui est une référence propose une approche sérieuse, lucide, courageuse. A comparer les mesures pratiques qu'il a mit en œuvre avec l'attentisme d'autres collectivités, on voit rapidement l'impact des bombes à venir.

La Ville de Chambéry doit faire face à un taux moyen de conciliation qui fait exploser les intérêts de la Ville.

Or, dans le même temps, s'ajoute la baisse des dotations d’État.

Que fait-elle ?

1) elle part à la collecte de recettes supplémentaires dans les tarifs commerciaux,

2) elle cède des biens immobiliers,

3) elle engage toutes les économies de fonctionnement qui ne touchent pas au cœur des services publics locaux ...

Elle engage les économies dans la plus totale transparence (cf le magazine municipal de décembre 2014 où toutes les explications sont données).

On est loin de l'attentisme actuel qui caractérisent la ville de Béziers et la CABEME pourtant très impactées par des dettes toxiques.

C'est d'ailleurs l'une des faiblesses majeures des actuelles oppositions PS et UMP que de consacrer son énergie aux petites phrases ou aux polémiques sans présenter des alternatives sur des sujets de cette importance.

Ce sujet n'a pas été éclipsé pendant la campagne des municipales à l'exception de la liste d'Elie Aboud. Elle l'est encore à l'excès. Robert Ménard n'a pas engagé la transparence utile sur la réalité financière de Béziers comme il avait promis en mars dernier. La ville de Béziers à entretemps revu sa copie mais on sait que les contribuables biterrois vont payer les 4 millions d'euros de la renégociation bancaire. Un coin de voile est levé puis immédiatement refermé. Il faudra également payer les pénalités de remboursements anticipés. Combien ? 900 000 Euros.

Les finances semblent être une menace dans les rapports entre le FN et les autres composantes de droite davantage qu'un sujet de gestion. Seul Aimé Couquet (PCF) a depuis des années pointé du doigt ce problème démontrant que l'ancien sénateur-maire, Raymond Couderc était un incompétent et un irresponsable qui a fait passé en un mandat (3 emprunts toxiques en 2007) la dette de la ville de 85 millions à 111 Millions d'Euros.

Quant à la CABEME, c'est le mutisme le plus total qui règne pendant ce temps. Frédéric Lacas n'a jamais osé pointé du doigt son prédécesseur, Raymond Couderc, qui a semé un héritage de remboursement et d’endettement pour les 30 prochaines années. Aujourd'hui, Lacas, c'est aussi motus et bouche cousue. Quoiqu’il en dise, les chiffres parlent d’eux-mêmes et ils correspondent à une situation que nous mettons en lumière depuis longtemps : la CABEME est dans une situation financière très difficile.

Quand la dette toxique va sortir de dessous le tapis dans l'agglomération biterroise, les réveils s'annoncent très douloureux.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, novembre 8 2014

Edito - A quand l'affirmation des femmes dans la politique française ?

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En une semaine, les États-Unis ont consacré l'accession des femmes au premier rang des responsabilités publiques :

- Wendy Sherman est nommée adjointe de John Kerry au département d’État,

- 100 femmes (!) sont élues au Congrès le 4 novembre,

- Loretta Lynch succède à Eric Holder au Ministère de la Justice.

Dans le même temps en France :

- primaire pour la présidence de l'UMP : pas une femme candidate,

- esquisse des profils de présidentiables pour 2017 : pas une femme en dehors de Martine Aubry qui se cantonne dans la posture du "ronchon perpétuel",

- bataille pour la présidence de l'UDI : pas une femme candidate, ...

Sur le plan local, schéma identique :

- la présidence de la CABEME comme la succession de Christian Bourquin au Conseil régional : pas de femme,

- A Béziers, Elisabeth Pissarro qui avait, pendant la campagne un charisme et une énergie hors du commun, s'est fondue dans le moule de la 3ème adjointe, discrète, voire muette,

- à la CABEME, aucune femme ne préside un groupe politique,

- seule Virginie Rozière, Montpelliéraine de 37 ans, tranche dans cette grisaille masculine en ayant un parcours politique intéressant et gagné un mandat de députée européenne.

C'est un terrible passif.

Lors des municipales, la liste conduite par Robert Ménard n'a même pas été capable de casser cette grisaille avec des femmes à des postes clefs, avec des responsabilités importantes et avec du tempérament. Seule Annie Schmitt fait exception à la règle mais elle qu'un transfuge de l'ère Couderc mais reste inaudible.

Car c'est ce dernier point qui fait défaut. Trop de femmes et trop de jeunes attendent en France qu'une part de pouvoir leur soit donnée. Le pouvoir ne se donne pas, il se prend.

L'une des faiblesses de la France actuellement c'est d'avoir des femmes et une jeune génération qui manquent d'audace, de tempérament, de courage pour faire vivre leur engagement direct.

Si les États-Unis ont connu le 4 novembre 2014 un vrai changement générationnel, c'est parce que des femmes et des jeunes ont cassé les habitudes, contesté les rentes de situations.

C'est d'ailleurs un volet qui a suscité une attention très forte comme le montre l'audience de ce blog hier : 1050 visites dans la journée sur les billets liés aux élections américaines.

C'est un volet qui contribue aussi à l'actuelle ringardisation de la politique française : "un jeu de mecs souvent vieux, incapables de faire autre chose et coupés du quotidien. Et quant aux jeunes, ils semblent vieux avant l'âge ...".

C'est ce volet qu'il faut changer. Il y a des murs qu'il faut absolument exploser.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, septembre 24 2014

Edito - UMP : un bien curieux débat sur les primaires

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Les primaires ne sont pas dans la culture politique française. Bien davantage, elles sont à l'opposé des traditions. C'est pourquoi, ceux qui les proposent sont pour un changement radical.

Pour qu'une primaire se déroule dans de bonnes conditions, cela suppose que l'administration d'un parti politique soit totalement détachée des intérêts de l'un des candidats potentiels à une élection. Le parti est "neutralisé". Il devient une logistique ayant vocation à organiser la primaire dans la neutralité. Ce n'est pas la conception française des partis politiques qui sont un cadre d'organisation dédié à la carrière de son Président.

La primaire suppose également que les militants d'un parti acceptent le débat interne. En France, là encore ce n'est pas la culture. Quand des divergences existent au sein du PS, il est question de "frondeurs", de "dissidents". A droite, quand Alain Juppé exprime une position différente de celles de Nicolas Sarkozy, il est question de "guerre" ... Des termes qui montrent qu'ici la culture d'un parti politique c'est qui adhère respecte une discipline de pensée comme d'expression.

La primaire suppose de différencier les moyens des candidats des moyens d'un parti. C'est la seule condition pour qu'il y ait une égalité de départ entre les candidats. Le cadre légal français ne le permet pas puisque les réels financements publics sont voués aux grands partis dotés de la représentation parlementaire.

La primaire suppose que les médias portent une culture de la diversité pour mettre à égalité les candidats. En 2008, Hillary Clinton n'était plus l'ex First Lady mais une candidate comme les autres, parmi les autres, traitée comme les autres. C'est la force des primaires que même le candidat doté d'un parcours de haut niveau revienne à la ... base. C'est l'opposé de la culture médiaticopolitique française. Il suffit de constater les modalités de couverture du retour de Nicolas Sarkozy.

Le PS en 2012 a-t-il bousculé cette culture en organisant des primaires ? Non. En 2012, le PS a été décapité en quelques jours de son présidentiable, DSK, dans des conditions totalement inattendues. Ponctuellement, les primaires ont été alors le moyen d'arbitrer un second choix qui n'était pas arbitrable par d'autres modalités apaisées.

La preuve, lors des municipales de mars 2014, dans combien de grandes villes le PS a-t-il organisé des primaires pour désigner ses candidats ? Très peu de villes et dans des conditions très problématiques à l'exemple du clash de Marseille. A Marseille, les primaires ont fait sombrer le ... PS alors que l'absence de primaire à droite assurait la bonne organisation.

Il en est de même à droite en mars 2014. Paris et Lyon ont été des "mauvais exemples" avec des contestations très graves. A Béziers, Annie Schmitt a préféré lâcher Raymond Couderc pour rejoindre Robert Ménard et le PS local a plié ses primaires en 48 heures dans l'indifférence totale et les participants aux primaires n'ont connu aucun bonus bien au contraire. La désertion centre-ville a très fortement favorisé le vote FN .

Les primaires n'auront pas lieu pour 2017. Il s'agit seulement de les enterrer en douceur en attendant que les "mouches changent d'âne" et que les médias passent à d'autres sujets.

Cette réalité des faits montre l'immensité des blocages français et la quasi-incapacité à vivre autrement certaines activités.

Le système dysfonctionne mais le système est tellement impactant qu'il ne change pas véritablement.

Comment la politique pourrait-elle appliquer à autrui un changement qu'elle ne s'applique pas à elle-même ?

C'est une des raisons pour lesquelles je reste persuadé que, bien tristement, ce pays terminera sous une forme de redressement international qui seul constituera l'électrochoc pour le changement comme ce fut le cas début 1958 pour le début de la fin de la IVème République.

A titre personnel et de longue date, j'ai défendu le mécanisme des primaires. Mais il y a un moment où il faut reconnaître la réalité des faits et constater qu'il n'est pas adapté aux coutumes qui structurent l'opinion donc les engagements.

PS : Il Il est souvent moins cher de louer un taudis dans le centre, qu'un HLM. De quoi maintenir d'incroyables poches de pauvreté en pleine ville. Les villes du Sud qui ont réélu leur maire au premier tour, ou qui ont été placé en très bonne posture avant le second, sont celles qui se sont lancées, depuis des années, dans une rénovation énergique du centre de leur cité. Pour Raymond Couderc, le cœur de ville était mort de fort longtemps ; Bien mal lui en a pris...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, juillet 1 2014

Edito - J + 91 : défi n°1 de la municipalité Ménard

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Gérer le sens des nouvelles différences : pour une fois, le défi n°1 d’une équipe nouvellement installée est simple à identifier : donner un contenu au sens des différences entre l’ex-équipe (Couderc ) et la nouvelle (Ménard).

Pendant la campagne, chaque candidat a été confronté à ce défi des différences. Robert Ménard est manifestement celui qui l’a alors le mieux livré et réussi.

Pour Elie Aboud, dès qu’il acceptait de défendre aussi loyalement le bilan des ''“années Couderc”'' il devenait héritier et non plus challenger neuf. Il incarnait d’abord une forme de continuité et non pas de changement.

Pour Jean-Michel Du Plaa, dès qu’il a accepté la présence “d’ex” emblématiques et d’apparatchik, il devenait unitaire et non plus différent, renouvelant d’ailleurs d’un coup le “fonds de commerce” qui avait été le sien pendant tant d’années.

Pour tous les autres à l'exception Aimé Couquet, dès qu’ils acceptaient de participer aux primaires du PS Biterrois puis de prendre dans son équipe des personnes perçues comme “PS notoires”, il devenait “satellite” du PS Biterrois, image cassée seulement au le 1er tour.

Pour Aimé Couquet, il est resté “ex-adjoint d'un temps révolu” en défendant également avec loyauté et de façon indirecte le bilan des différentes actions de Du Plaa au sein de l'opposition et des projet qu'il a mené en temps que vice-président du Conseil général de l'Hérault dans le cadre de son délégation.

__Robert Ménard a été le seul à incarner un vrai changement, ce qui était la “promesse” attendue par l’opinion.__

Il l’a fait dans trois directions :

- en “changeant le paquet” avec le nouveau look : blazer bleu marine bon marché, pas de cravate, ultra médiatisation, démarchage à domicile, marche à pied…

- en se démarquant du bilan catastrophique de Couderc qu’il a critiqué vertement régulièrement, rendant d’ailleurs difficiles dès le départ, voire impossibles, les retrouvailles du second tour au sein de toute la droite,

- en rompant avec l’image habituelle de l'UMP local scotché à des images de guerre interne, d’indécision, d’amateurisme pour substituer l’entente affichée, les décisions claires et un professionnalisme certain dans les techniques de communication avec la campagne très probablement la plus chère mais aussi la plus préparée.

Ce “costume du candidat” a fait vivre le changement. __ Le “costume du maire” sera-t-il capable de faire de même ?__

C’est désormais à la fois un bataille de contenus et de communication.

__L’opinion doit identifier rapidement les décisions de Ménard qui n’auraient pas été celles de Couderc.__

C’est sur cette question que les 100 jours seront jugés pour qualifier l’installation de la municipalité Ménard et question à laquelle nous tenterons de répondre dans un prochain billet.

C’est un enjeu de contenus parce que Ménard est désormais perçu comme un vrai pro de la communication ayant réfléchi, programmé, calibré son image, organisé ses postures.

Le contenant ne fera donc plus longtemps illusion. Cette étape est même probablement dépassée.

C’est maintenant le contenu qui doit exister et c’est ce contenu qui permettra de donner du corps aux 100 premiers jours et de fonder une appréciation solide sur les 100 premiers jours.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, juin 8 2014

Edito - Et si la réforme territoriale augmentait les dépenses ...

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Chacun se moque des députés européens qui se baladent entre Bruxelles et Strasbourg avec les surcoûts et les gaspillages qui en résultent. Et si demain il en est de même avec les nouvelles régions ?

Le Président de la Région Auvergne a annoncé le même dispositif entre Lyon et Clermont-Ferrand. Les assemblées se tiendront à Lyon mais les commissions se tiendront à ... Clermont-Ferrand !

Voir la déclaration très claire et ferme de René Souchon (PS) en cliquant sur le lien suivant : Clermont-Ferrand

Les économies sont annoncées ... mais elles n'interviendront probablement pas.

La culture de la dépense publique impacte totalement les professionnels de la politique. Une culture qui s'accompagne de l'opacité et du consensus.

Prenons l'exemple de la ville de Béziers et de la SEBLI. A Béziers, le bras armé de la ville a acheté pendant des années des centaines d'immeubles sur tout le territoire communale qui sont toujours vides de tous occupants ! Mais la SEBLI intervient aussi pour alléger un engagement immobilier tel que celui de l'ancienne IUT devenu le Celsi (ex-Fernando-Pessoa) sans pour autant racheté l'immeuble à la CABEME comme elle s'y était engagée du temps de Raymond Couderc. Or, c'est la Sebli qui porte les loyers de Pessoa sans être propriétaire. Étrangement, Robert Ménard n'en parle pas du tout laissant l'ardoise aux contribuable biterrois !!!

C'est déjà une faute de gestion.

Qui a continuer d'évoquer cet état de faits datant d'avant les municipales de mars dernier ?

Aucun membre de la CABEME y compris de la supposée "opposition".

Qu'en est-il de l'avenir de Henri Dorme à la tête de la SEBLI ? Ne conviendrait-il pas de se passer de ces services ? N'est-il pas temps pour lui de repartir en Auvergne ?

La France avance vers une dette "hors de contrôle". C'est une réalité inscrite dans les tendances actuelles.

Il faut peut-être se résigner à ce que le plan de sauvetage international qui sera alors imposé constituera l'électrochoc incontournable. Mais ce réveil sera très dur.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mai 29 2014

Edito - Santander et le débat sur la "ville moderne"

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Hier soir, sur France 2, ouverture d'un débat de fond : qu'est qu'une ville moderne ? En quoi consiste la "modernité" et en quoi ce contenu peut-il impacter positivement la vie des habitants ?

Les technologies ont beaucoup évolué. Elle seraient une avancée dans la quasi-totalité des domaines mais pas dans la vie publique ? Étonnant paradoxe.

Il y aurait donc la vie économique qui répond aux exigences de compétitivité et la vie locale qui serait le refuge vers le passé ?

En quoi le refus de la modernité peut-il être le passeport du mieux vivre ?

Hier soir, sur France 2, le reportage sur Santander (ville portuaire espagnole d'envion 184 000 habitants qui dispose de plages magnifiques) a montré les avancées des technologies.

Pour découvrir le reportage, cliquer sur le lien suivant : Santander, la ville moderne

En France, de façon très paradoxale, il y a une génération qui vit professionnellement dans les nouvelles technologies mais qui les repousse dès qu'il n'y a plus d'engagement professionnel.

Ce sera le tournant de Béziers dans les 6 prochaines années : en quoi la crème de la crème de l'extrême droite BCBG entraîne "le mieux vivre" et par quel contenu concret ?

Béziers a la sociologie de son score de mars 2014. 70 % des commerçants ne sont plus inscrits sur les listes électorales de Béziers où ils gagnent pourtant leur vie.

Les seniors aisés ont quitté Béziers pour aller dans les villages environnants où ils constituent les bataillons électoraux de Lacas, de Combes et autres élus locaux bien à droite.

Les couples aisés amoureux d'espace votent pour le péri-urbain.

Béziers a ainsi progressivement concentré une sociologie très particulière ces dernières années : CSP pauvres et miséreuses, sur-représentation des personnages âgées à bas revenus, jeunes subissant le pire que la société a à offrir ...

Les Couderc et Aboud ont vilipendé l'héritage de Pierre Brousse alors même qu'ils devraient lui faire une statut : l'urbanisme des "années Brousse" avait généré un "nouveau Béziers". Il n'a sociologiquement plus aucun rapport avec les années Balmigère ni même avec les poussées surprises éphémères de Fontès et Barrau.

En 19 ans (1995 - 2014), l'urbanisme a changé la sociologie de la Ville.

Cette ville qui s'est longtemps voulue, pour partie à tort d'ailleurs en raison d'un orgueil local surdimensionné, l' "ancienne capitale mondiale du vin" est désormais au pied du mur : la modernité c'est quoi ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mai 1 2014

Edito - Béziers / CABEME : les habits neufs des vieux blocages

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L’agglomération biterroise s’entête dans les conditions de son déclassement. Le tournant a été en mars dernier. Le départ de Raymond Couderc devait être l’occasion de mettre un terme à une dyarchie qui avait été la clef d’un dénouement en 1995 d'une seule et unique tendance : la main mise de tous les territoires à l'exception de Boujan-sur-Libron.

Robert Ménard veut que Béziers quitte l'Agglomération : il n'accepte pas n'accepte pas le sort qui lui est réservé. Lundi dernier, le conseil communautaire de Béziers-Méditerranée a élu ses vice-présidents permettant à Michel Suere, maire de Corneilhan, de devenir le 1er vice-président de la CABEME. Fou de rage, Robert Ménard a donc quitté la séance... et a été malgré lui élu 2e vice-président. L'intéressé a immédiatement démissionné de sa vice-présidence et veut faire annuler l'élection...

On ne peut donc rien reprocher à Frédéric Lacaze qui a "démocratiquement" été élu président de la communauté d'agglomération mais on peut s'étonner, à juste titre, que six élus Biterrois ont fait le choix de voter contre leur ville : la rancune en politique est tenace.

juste3-z.jpgCe Yalta local continuera d'handicaper bon nombre de dossiers sur les six prochaines années. Le 22 avril dernier, Robert Ménard a manqué son OPA sur la CABEME. La dyarchie continuera sur des bases différentes. M. Michel Suère mènera la même politique que celle de l'ancien président, Raymond Couderc, sans pour autant se séparer de la l'actuel Directeur général des services (DGS) qui n'a plus sa place au sein de cet EPCI très endetté.

Aujourd’hui, cette dyarchie est institutionnalisée par de nouveaux équilibres politiques. Conséquence pratique : la paralysie locale au moment où la compétition des territoires sera plus vive que jamais.

Les mots changent mais ce sont les habits neufs des vieux blocages toujours identiques.

BEZIERS POLITIQUE s'efforce de défendre une approche totalement différente : la clarté des responsabilité.

La Présidence de la CABEME doit être assumée par un représentant de l’exécutif de la Ville de Béziers. C’est d’ailleurs le cas presque partout ailleurs dans les autres métropoles et villes moyennes françaises.

Ce schéma a le mérite de l’unicité d’actions donc l’efficacité.

L’autorité ne se divise pas. Dès qu’elle se divise, c’est la pagaille et l’irresponsabilité.

logo-municipales.jpgA Béziers comme à Fréjus voir à Beaucaire, nous avons assisté à la naissance d’un « frontisme municipal ». Les résultats du scrutins des dernières municipales marquent la renaissance d’un Front national local tel qu’il a pu se constituer dans les années 1990 avec Bruno Mégret. Ce dernier avait essayé de professionnaliser le parti et de l’implanter localement. Il n’avait pas été aidé en ce sens par Jean-Marie Le Pen. C’est la grande différence avec sa fille Marine Le Pen. Elle reprend l’œuvre de Mégret en essayant de constituer un réseau d’élus locaux sans lequel elle ne peut pas arriver au pouvoir. C’est pour cela qu’elle a nommé Steeve Briois secrétaire général : pour qu’il fasse au niveau national, ce qu’il a fait à Hénin-Beaumont.

L'autre novation réside dans le fait que l'on demande aux nouveaux maires FN ou apparentés qui sont aux affaires de ne pas relayer le message national. Pendant toute la durée de la campagne, on leur a demandé de se donner l’apparence de gestionnaires, avec un programme local. Ils ont fait campagne sur la voirie, les commerces, l’emploi local, pour ne pas faire peur. Ils n’appliquent pas la préférence nationale comme Bruno Mégret l’avait fait à Vitrolles. C’est là toute la différence avec 1995. Le Front a conscience des erreurs qui ont été commises, et ne veut pas reproduire cela. Il y a une obsession de ce qui s’est passé à cette époque.

Parmi ces personnalités, c'est le cas de Robert Ménard.

Marine_Le_Pen_-_cropped.jpgLe résultat du 30 mars dernier est dû à l’implantation réussie du candidat Ménard et à la déception envers l’UMP et le PS. Ici, le candidat apparenté FN s'est implanté parce que la ville était très mal gérée. Cela a atténué la peur du FN.

Il appartient désormais à Robert Ménard de se « désidéologiser » au niveau local. Il faudra que ses colistiers et lui-même apparaissent comme des gestionnaires, qu’ils se normalisent pour, in fine, faire de ses nouveaux élus locaux les relais des idées du FN pour les échéances nationales. En somme, ils font d’abord profil bas pour mieux rebondir. Dans les conseils municipaux, les élus frontistes et apparentés s'efforceront de relayer les idées de leur parti et devenir une force idéologique d’appoint en lançant des débats comme sur les Roms ou les subventions aux associations. Le nouveau maire de Béziers va essayer de capitaliser sur ce nouveau personnel politique pour avoir des candidats crédibles pour les prochaines échéances, les cantonales mais surtout pour les prochaines municipales.

L'ex secrétaire général de RSF, Robert Ménard a donc réussi à faire campagne sur Béziers, à redynamiser des quartiers entiers où il n’y avait plus de militants. Il y a une vraie amorce, une vraie dynamique. Par ailleurs, il convient de se rappeler que ce n’est pas parce que l’on a un afflux de militants que l’on gagne une municipalité, mais c’est gagner une municipalité qui suscite un afflux de militants, parce qu’il y a l’espoir d’obtenir quelque chose, des rétributions.

Cela pourra faire venir au FN des militants qui n’auraient pas adhéré normalement. Cela va peut-être ancrer le parti au niveau local et faire émerger un « municipalisme » frontiste.

C’est ce Vrai Changement qui est inquiétant...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE