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dimanche, janvier 11 2015

Edito - "Je Suis Charlie" : une opinion publique qui ne se connaissait pas ?

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La période actuelle est très surprenante. Les conditions de sortie de cette période peuvent l'être encore davantage que les actuelles circonstances. Il y a ce que la semaine montre et ce qu'elle laisse en interrogations.

Ce qu'elle montre :

- un choc émotionnel naturellement fort puisqu'il touche au dernier carré de sacré : la vie,

- face à ce choc la capacité de l'opinion publique française à vivre un "coup de révolte",

- ce coup de révolte mobilise parce que, derrière les mots d'ordre globaux, les raisons des participants sont très différentes.

Mais il reste des interrogations majeures, peut-être encore plus importantes que les acquis de cette semaine :

- s'agit-il d'une révolte ou d'une résistance : dans le 1er cas, l'attention retombera vite. Dans le second cas, l'attention vivra. Pour l'instant, la réalité de l'attention sur des faits internationaux de terrorisme a été très faible dans les médias français et encore actuellement à la différence de médias étrangers. La résistance, si elle naît, deviendra-t-elle universelle ou seulement sur le territoire français ? Qui se souciait en France cet automne du symbole des Églises en feu ?

- le temps de l'union ne doit pas cacher des échecs considérables sur des institutions françaises. Quand ce débat sera-t-il ouvert sérieusement alors même qu'il ne l'a jamais été ?

La semaine donne le sentiment d'une opinion qui ne se connaissait pas.

Elle devait être indifférente et elle se découvre historiquement mobilisée.

Elle avait des signes permanents d'alertes mais même les évoquer semblait jusqu'alors difficile.

Si un réel feu de mobilisation a été allumé, il risque d'être difficile à éteindre tant du retard avait été pris. Et dans ce cas, les changements pourraient être profonds : le "printemps français" ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, août 23 2014

Edito - La France, la Résistance et ses mythes

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Comment un pays peut-il progresser quand il ne fait jamais un point sérieux sur ses comportements passés, positifs et négatifs ?

La ré-écriture opérée ces derniers jours sur la Résistance n'est pas digne d'une nation moderne, émancipée, lucide.

La présentation officielle voudrait qu'en 1940-1944, à chaque angle de rue des français se soient levés pour résister. Les fleurs fânaient de manière anticipée tant le souffle de la liberté leur manquait. Tous les fonctionnaires sans la moindre exception refusaient d'exécuter les ordres, défiaient les occupants les yeux dans les yeux ...

Ce trait est bien entendu forcé ci-dessus mais finalement si peu face à des exagérations qui sont une offense à ceux qui ont vraiment résisté.

L'imaginaire ne peut pas dominer ainsi les faits.

C'est comme pour l'Algérie. La France a fait la guerre, torturé, s'est sali les mains parce qu'il n'y a pas de "guerre propre" et que la réalité humaine est ainsi faite en temps de guerre et de façon incontournable. Pourquoi ne pas le reconnaître simplement ? Le reconnaître c'est la seule façon pour servir la paix car c'est ne pas sous-estimer les effets de guerre !

Les responsables politiques prennent une très lourde responsabilité collective en occultant la réalité des faits.

La mémoire véritable inter-générationnelle est faussée.

Des enseignements collectifs sérieux ne peuvent plus être tirés d'une réalité matérielle inexacte.

C'est perdre deux fois son rapport à l'Histoire. Une fois en direct dans la confrontation avec les évènements et une fois avec le recul de la "réflexion".

C'est une occasion perdue ces derniers jours de corriger cette triste habitude. C'est dommage que cette occasion ait été manquée.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE