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La politique n’aimant pas le vide, voici le nouveau spectacle : « Hollande candidat ». Ça peut surprendre, mais c’est en fait une évidence,… et qui l’en empêcherait ?

On peut faire des pages et des pages avec ses échecs, à commencer sur le chômage et la dette, sa politique molle et insaisissable, ses attitudes de fuite, son gouvernement de sales gosses, ses amours casqués, et encore, et encore… Peu importe : aussi nul que soit le bilan, aussi désespérant que soit ce naufrage de la Gauche, François Hollande a les mains libres pour être candidat pour 2017, et il a déjà fait son choix. Il doit se délecter en passant en revue la série des petits marquis qui, après s’être battus pour être avec lui sur la photo en 2012, prennent l’air aujourd’hui des grincheux critiques,… et se battront à nouveau pour être avec lui sur la photo en 2017.

La raison de l’assurance sereine de François Hollande est qu’il est président de la République, cette fonction iconoclaste qui, par la maladie gaulliste, centralise tous les pouvoirs, et qui a été encore dopée par le quinquennat, avec les législatives dans la foulée des présidentielles. Une seule élection compte,… et il n’y a pas de meilleur poste pour la préparer qu’en occupant la fonction.

C’est le truc génial. Quand tu es président, tu es en campagne électorale permanente, en pouvant mobiliser tout le staff, tous les moyens de la République, et tous les médias, tout en exerçant aussi le pouvoir, jouant avec les effets d’annonce, les nominations, les inaugurations, le calendrier… Alors, le camarade ne va pas s’en priver.

Il n’a plus la cote ? Et alors ? Y-a-t-il une seule personne au sein du PS capable de se déclarer candidat contre François Hollande président sortant, et d’imposer au PS d’organiser des primaires l’opposant au président de la République en cours de mandat ? Vous pouvez rêver…

El Blancos est un pur gadget, magnifiquement embauché par le cynique François Hollande pour jouer le rôle de l’idiot utile. Il va l’user jusqu’à la corde, et le jettera quand il voudra, comme il voudra. Manuel Valls alias El Blancos, qui n’a aucun appui dans le PS, est un leurre. Alors qu'il doit son semblant de côte à la Droite, il a fini de se piéger tout seul en proposant de changer le nom du PS ou de gouverner avec Bayrou. Tchao kleenex !

La seule qui pourrait, c’est Martine Aubry. Elle agite beaucoup les réseaux ces temps-ci, et veut refaire une bonne opération pour le congrès du PS, base sur laquelle elle jouera son influence. Mais est-elle en position de créer un rapport de force tel qu’elle amènerait François Hollande à renoncer à se présenter ? Et comment ferait-elle ? François Hollande, tout en faisant campagne comme un damné, jouera la carte de « moi, je gouverne, ce n’est pas encore le temps de la campagne », bloquant tout initiative du genre des primaires, alors que ces élections internes doivent être faites bien en amont du scrutin. Et puis cette ombrageuse a-t-elle envie de se lancer dans une bataille aussi incertaine ? Elle n’en montre aucun signe.

Alors reste le cas de François Hollande qui s’écroule, mais je n’y crois pas. Les institutions ont totalement blindé la fonction présidentielle, et comme ses adversaires politiques rêvent de cette fonction, ils ne prendront pas le risque de l’affaiblir.

Bon courage donc à la brave piétaille soc’… qui doit s’apprêter pour 2017 à scander en chœur « Hollande président, le changement c’est pas maintenant »…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE