mercredi, décembre 3 2014

Edito - Aurons-nous du gaz cet hiver ?

0.A001tubes-gaz.png

Vladimir Fédorovski répond au FigaroVox : "La multiplication des sanctions de l'Union européenne contre la Russie n'a pas affaibli Poutine. Elle a même provoqué la naissance d'une aile nationaliste beaucoup plus radicale que Vladimir Poutine. Celle-ci exerce une forte pression sur le gouvernement et a entrainé la marginalisation de l'opposition libérale et pro-occidentale. Vladimir Poutine est donc contraint à une forme de surenchère, ce qui explique le durcissement de son discours.

Les conséquences économiques sont désastreuses pour l'Europe. En Allemagne où les milieux d'affaires sont affolés. 40 % du gaz allemand venant de la Russie, ces derniers craignent un effet domino: augmentation des tarifs de l'énergie en Allemagne, puis décrochage de la croissance allemande et enfin décrochage de l'Europe toute entière. En réalité, les intérêts vitaux de l'Allemagne sont en jeu et par ricochet les intérêts vitaux de la France."

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, juin 10 2014

Edito - Les "merdias" et la réinfosphère

0.AFGu796HS4IvGruNo42-4YKsQIhQ.jpg

Grâce à internet, la propagande se retourne de plus en plus contre le système médiatique. Aujourd’hui, des vidéos sur le net font plus d’audience qu’une émission militante de Canal+ par exemple. Grâce à la réinfosphère, l’article dénonçant la censure et la manipulation de l’interview de Vladimir Poutine (exemple ici : http://www.les-crises.fr/interview-poutine-scandale-des-coupes/) a probablement eu plus d’audience (dans le public concerné par la chose politique) que l’interview originale. Les vidéos sur le livre d’Emmanuel Ratier sur Manuel Valls ont fait un carton sur Internet. Une vidéo d’Aldo Stéone peut faire jusqu’à 180 000 vues. Etc, etc…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, juin 5 2014

Edito - Est-il si difficile d’écouter Poutine ?

0.A4432233_3_eeec_distribution-de-mauvais-points-et_5a1545bd88e3cb90a4fe1366fcf1187b.jpg

Une interview de Poutine, c’est assez rare et ça vaut la peine de s’y arrêter, d’autant plus que 1) il joue un rôle clé dans nombre de questions internationales et que 2) il est traité de diable absolu 24 heures sur 24. Alors, intéressons-nous à ce que dit Poutine. Chacun est libre de ses analyses et de ses jugements, mais la moindre des choses est de « prendre connaissance ».

Hier soir, une heure après l’interview, ce n’était plus que des commentaires… qui passaient par pertes et profits ce qui avait été dit, pour reprendre les ritournelles bien rodées sur le méchant Poutine de l’inquiétante Russie.

Toutes les critiques sont bienvenues, mais on améliore sa vision des choses en écoutant et étudiant avec attention les points de vue des autres.

Je relève au moins trois choses, tellement minorées par les opinions dominantes.

La disparition de l’URSS a eu pour effet que «25 millions de personnes d’origine russe se sont retrouvés du jour au lendemain dans un pays étranger, alors qu’ils vivaient jusque-là dans un pays uni ». C’est une donnée de fait dont on peut tirer des conclusions radicalement différentes, mais c’est un fait, et l’ignorer serait une faute.

Quand Poutine rappelle que les États-Unis ont des bases militaires de partout dans le monde, et que la Russie n’en a pratiquement pas, et que les les États-Unis utilisent ces bases pour défendre leurs intérêts, il dit une vérité. De même, il a raison de rappeler que ce petit peuple 320 millions d’habitants dépense pratiquement autant pour son budget militaire que tous les autres États de la planète, soit 7 milliards de personnes. Alors, évidemment, la miss Clinton qui l’accuse d’expansionnisme armé – à la manière de Hitler – ça passe mal.

S’agissant de l’Ukraine, Poutine enfume certes, comme Obama, mais il pose la question cruciale. A partir du moment où le plan est d’inclure l’Ukraine dans l’alliance miliaire de l’OTAN, c’est pour installer des équipements militaires en Ukraine et face à la Russie. C’est là que ça coince.

Alors, voici le texte de l’entretien, et le mieux est d’écouter … et de s’exprimer.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, mai 24 2014

Edito - Le très beau combat de la Veuve Tabitha Speer

0.A1297319988457_ORIGINAL.jpgAujourd'hui, dans l’État de l'Utah, Tabitha Speer, veuve d'un jeune soldat des troupes spéciales américaines, engagera une procédure en dommages intérêts contre Omar Khadr.

L'époux de Tabitha Speer a été tué en Afghanistan. A Guantanamo, Omar Khadr a reconnu ce meurtre parmi beaucoup d'autres.

Tabitha Speer introduit une action en justice pour demander réparation : 38 millions de dollars pour la mort de son époux, 2 millions de dollars pour la souffrance avant la mort.

A cette demande s'ajoute la procédure d'un soldat désormais aveugle suite à un attentat reconnu par Omar Khadr.

C'est un beau combat que celui de cette veuve.

Dans le dossier russe, les États "frappent aux portefeuilles" des proches de Poutine. Ils revendiquent l'efficacité de telles procédures.

Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les financiers du terrorisme islamiste ?

C'est un très beau combat que celui de Tabitha Speer qui peut compter sur l'émotion et la solidarité d'une grande partie de l'opinion américaine.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, mai 5 2014

Edito - Dominique de Villepin et le regard sur la crise de l'Ukraine

00000R6a00d83451d36969e200e54f6fc67c8833-800wi.jpg

Sortir des polémiques permanentes, donner un regard constructif sur un sujet majeur marginalisé dans l'information française : c'est la contribution de Dominique de Villepin sur la crise de l'Ukraine : DdV et l'Ukraine

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, avril 23 2014

Edito - Otages : De l’émotion… et quelques informations ?

SYRIA-CRISIS/FRANCE

Les prises d’otages sont l’une des plus belles crapuleries que l’on connaisse. Le fait de lâches, de bandits sans foi ni loi. Un État doit tout faire pour récupérer ses nationaux, et s’il en est toujours qui ne reviendront pas, les retrouvailles, chaque fois, sont bouleversantes. La joie ne masque pas la souffrance, et on ose deviner les traumatismes qui nécessairement en résultent pour les otages et leurs proches. Vivre de tels évènements....

D'accord, mais on reste plus que mal à l’aise.

D’abord devant ces images qui tournent en boucle. L’évènement compte, et les journalistes sont bien placés pour parler des journalistes, mais qu’apporte le fait de revoir cent fois les mêmes images, avec les commentaires, déjà hélas entendus tant de fois.

Vient ensuite la question des contreparties. Le gouvernement répond toujours qu’il a négocié sans rien offrir et sans rien remettre. Serge July, co-président du Comité de soutien aux otages en Syrie, est assez net : « Si on veut que des journalistes aillent en Syrie, mieux vaut ne pas se poser trop les questions des contreparties ».

Didier François, d’Europe 1, et le photographe Édouard Elias ont été enlevés au nord d'Alep le 6 juin 2013. Nicolas Hénin, reporter indépendant pour Le Point et Arte, et Pierre Torrès, photographe indépendant, l’ont eux été le 22 juin à Raqqa. Ils étaient prisonniers de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), le plus radical des groupes djihadistes en Syrie.

Alain Marsaud, député UMP des Français de Syrie, et ancien magistrat, était hier bien serein pour expliquer sur RFI : « Si ce n'est pas nous qui payons, c'est d'autres qui payent à la place (...) Nos amis, soit qataris soit des Émirats arabes unis, ont dû faire un geste. Est-ce que ce geste, c'est de l'argent, est-ce que ce geste, ce sont des armes ? Nous le saurons peut-être un jour, peut-être qu'on ne le saura jamais. Il y a de bonnes raisons de penser qu'un certain nombre d’États amis, ou un État ami en particulier, après avoir identifié nos preneurs d'otages, a pris langue avec eux et a obtenu cette libération ».

Sur BFM, il en a remis une couche : « Je me suis entretenu, il y a quelques jours, avec les responsables des services de sécurité des Émirats arabes unis, et j'ai cru comprendre, même si les choses n'étaient pas aussi claires, qu’il y avait de bonnes raisons de penser qu'une issue favorable se déroulerait prochainement. Je ne sais pas si c'est eux seuls directement. Mais dans tous les cas, nos amis des Émirats arabes unis ont eu, à un moment ou à un autre, des contacts positifs, vraisemblablement avec les gens d'al-Nosra, dont ils sont proches. C'est un secret pour personne que les pays de la zone soutiennent tel ou tel groupe ou tel sous-groupe au demeurant ».

Enfin, sur la motivation des preneurs d’otages, Alain Marsaud, toujours aussi carré, explique : « Les preneurs d'otage ont fait cela pour essayer d'influencer la politique étrangère de la France. Or finalement cela ne sert pas à grand-chose, parce que la politique étrangère de la France, elle est clairement dans le combat anti-Assad. Donc, d'une certaine manière, ce sont nos alliés qui ont enlevé nos journalistes. C'est un peu paradoxal ».

Paradoxal dit-il… Ce serait bien que nous ayons, en plus des belles images, quelques informations… et que les journalistes pensent à poser quelques questions aux politiques.

Le 6 juillet 2012, François Hollande avait déclaré : « Une chose est sûre, c'est que le régime de Bachar el-Assad ne tiendra pas. Sa chute est inéluctable ». On en est où ?

Le 16 août 2012, Laurent Fabius avait déclaré : «Le régime syrien doit être abattu et rapidement. Je suis conscient de la force de ce que je suis en train de dire : Mr Bachar el-Assad ne mériterait pas d’être sur la Terre ». On en est où ?

A la mi-mars 2013. François Hollande s’était engagé pour une levée rapide de l’embargo européen pour pouvoir livrer des armes à l’opposition syrienne, avant de recarder en septembre : « Les Russes livrent régulièrement des armes au régime, mais nous, nous le ferons dans un cadre élargi, avec un ensemble de pays et dans un cadre qui peut être contrôlé car nous ne pouvons pas accepter que des armes puissent aller vers des djihadistes et non à l'ASL ». On en est où ?

Le 11 septembre 2013, Vladimir Poutine écrivait dans le New York Times : « La Syrie n’est pas une bataille pour la démocratie, mais un conflit armé entre le gouvernement et l'opposition, dans un pays multireligieux. Il y a peu de champions de la démocratie en Syrie. Mais il y a plus qu’assez de combattants d’Al-Qaeda et d’extrémistes de tous bords qui luttent contre le gouvernement. Le Département d’État des États-Unis a désigné Nusra Al et l'Etat islamique d'Irak et du Levant, qui combattent avec l'opposition, comme des organisations terroristes. Ce conflit interne, alimentée par les armes étrangères fournies à l'opposition, est l'un des plus sanglants dans le monde ». On en est où ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, mars 7 2014

Edito - La France sous tutelle de Bruxelles ?

blog_-mensonges_du_pere_Hollande-PS-2.gifLa France sous tutelle de Bruxelles ?

... et ayant écrit le titre, je précise aussitôt : « de Bruxelles, donc de la Commission européenne (1) qui applique les textes (2) adoptés par les dirigeants politiques, réunis au sein du Conseil européen (3), avec le rôle proéminent dans l’adoption de ces textes de la France qui, comme toujours, entend faire la leçon au monde ». Bref, la France a fixé de règles gaillardes qu’elle ne peut respecter.

Petit rappel, donc…

Après l’ouragan de la crise financière, le Conseil européen avait justement dit qu’à partir du moment où les économies européennes sont interdépendantes, il faut qu’elles évoluent de manière proche et dans la sincérité des chiffres. Le Conseil a demandé à la Commission de mettre en place un système pour vérifier que les politiques nationales s’inscrivent dans les objectifs européens communs, et si tel ou tel pays laisse filer ses comptes, on pourra le passer sous une direction européenne, permettant de réformer la politique nationale pour l’inscrire dans la cohérence européenne. Vous pouvez trouver ça bien ou horrible, mais en attendant, ce sont les choix faits par nos valeureux dirigeants politiques. Une tutelle de la Commission, c’est plus cool qu’une tutelle de Poutine, mais bon… c’est le début de la fin.

La France dans les choux

Hier, la Commission a publié son rapport (4) de début d’année. Il y a du bon et du moins bon, mais des pays basculent dans le rouge. Leur politique n’est pas crédible, car ils perdent sur tous les tableaux, et la Commission les place sous « surveillance renforcée » jusqu’à juin, en se préparant à prendre ensuite les commandes. C’est le dernier avertissement «?sur le risque de non-respect de l’objectif budgétaire recommandé ?», et après c’est la tutelle.

blog_-Closer-Gayet_et_Hollande_Une-dec2014.JPGCes pays sont la France, la Croatie, la Slovénie et l'Italie. Ces mauvais élèves doivent prendre des mesures correctrices afin de «s’efforcer de se conformer pleinement à la recommandation du Conseil ?».

La maison n’est pas tenue

On retrouve l’histoire du déficit ramené sous les 3 %, qui pour la France sera explosé en 2014 et 2015, pour atteindre 4%, ce alors que la France avait déjà obtenu deux ans de délai complémentaire... Que dit la Commission, chiffres à l’appui ? « Le déficit commercial, qui ne cesse de se creuser, reflète la perte continue des parts de marché à l'exportation. Malgré les mesures prises pour favoriser la compétitivité, jusqu'à présent, le rééquilibrage est limité. Le coût du travail reste élevé et pèse sur les marges des entreprises. » S’agissant de la dette, le risque est que la France se retrouve « exposée à des turbulences sur les marchés financiers, qui auraient des retombées sur l'économie réelle ».

A la fin de l’automne 2013, la Commission avait fait semblant de croire au projet de budget, mais elle constate aujourd’hui que la France ne tient pas les objectifs auxquels elle s’est engagé. C’est fâcheux, et ça ramène à peu de chose les beaux discours pro-européens. Ce qui n’empêchera pas cette cohorte de cornichons de mener une fervente campagne pour les élections européennes. Avec en figure de proue, la vipère Peillon qui, se sachant bientôt viré, a négocié une place éligible au Parlement européen. A ce stade, ce sont des traitres.

(1) http://ec.europa.eu/index_fr.htm

(2) http://europa.eu/rapid/press-releas...

(3) http://www.european-council.europa....

(4) http://ec.europa.eu/economy_finance...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, mars 2 2014

Edito - La Crimée, un enjeu décisif

623111-carte-ukraine.jpgJolie place que cette péninsule de Crimée, une avancée de l’Europe centrale dans la Mer Noire. Bon climat, site parfait pour le commerce et la défense. Un tel site fait des envieux… et son histoire est faite d’invasions, de guerres, de répression.

La Crimée (1), longtemps partie de l’Empire Ottoman, n’est devenue russe qu’en 1783, avec Catherine II. Dans la configuration d’alors, très centrée sur la méditerranée, c’était une prise de choix, et une base pour l’expansionnisme russe. La réponse est venue en 1853, avec la guerre de Crimée (2), conduite par l’Empire Ottoman, la France (3) et la Grande-Bretagne. Une guerre épouvantable, un siège terrible pour Sébastopol, et un bilan de 75000 Morts. La Russie a du renoncer à ses conquêtes, mais la Crimée est restée russe. En 1921, par un décret signé de Staline, elle a intégré l’URSS comme République soviétique socialiste autonome de Crimée… Déjà « autonome ».

Pendant la seconde guerre mondiale, on retrouve la vaillante armée Rouge et la population qui résiste, avec un impressionnant siège de Sébastopol, trop méconnu. La ville tient et bloque l’avancée nazie. Des héros : la Crimée et Sébastopol entrent dans notre histoire. En 1948, Staline revient sur l’autonomie, et crée pour Sébastopol un statut spécial de rattachement direct à Moscou.

3455483.jpgEn 1954 – et c’est un tournant – Nikita Khrouchtchev, qui est né en Ukraine, rattache la Crimée à l'Ukraine, par une volonté de tourner la page de la répression stalinienne sur l’Ukraine. Un geste fort, mais qui ne modifiait pas les grands équilibres, car l’URSS était un bloc.

Tout bascule en 1991, avec l’écroulement de l’URSS, et s’en suivent trois évolutions majeures, qui pèsent beaucoup ces jours-ci.

L’autonomie

La Crimée, étroitement liée à la Russie pendant plus de150 ans, et place forte de l’URSS, s’est en 1991 retrouvée Ukrainienne. C’était en droit incontestable vu les actes signés par Khrouchtchev… Mais il était impossible de balayer l’histoire et la composition de la population. La Crimée est restée partie intégrante de l’Ukraine, mais elle a été dotée, en 1992, d’un statut de république autonome, avec une constitution. Ce texte a ensuite été amendé plusieurs fois, pour aller dans le sens d’une moindre autonomie. Ces jours-ci, l’une des revendications est le retour à la constitution de 1992.

Les Tatars

miss-ukraine-2011.jpgLe second fait marquant est le retour des Tatars. Cette population nomade d'origine turco-mongole s’était, au fil des évènements, installée en Crimée. Majoritairement musulmane – des sunnites – elle avait trouvé sa place dans l’Empire Ottoman. Les Tatars s’étaient accommodés du passage sous le contrôle russe, mais en 1917, ils avaient cherché à échapper au nouveau pouvoir bolchevique, avant de connaître l’échec conduisant à l’intégration de la Crimée dans la Russie en 1921. Depuis, les rapports entre cette population et les autorités de Moscou ont toujours été difficiles. Lorsque les nazis ont pied en Crimée, une partie de la population tatare a collaboré, et après-guerre, Staline a entrepris en rétorsion des déportations systématiques (4) en Sibérie et en Asie centrale. C’est uniquement en 1991 que les Tatars ont pu retrouver leur terre (5), la Crimée, et à ce jour, la communauté représente 12% de la population, soit 2 millions d’habitants. Les Tatars sont très opposés à une mainmise russe, et le font savoir… Hier, les Tatars se sont clairement rangés contre la majorité russophone.

Sébastopol et la question militaire

Enfin, il y a la question miliaire et le statut du port militaire de Sébastopol, la voie d’accès à la Méditerranée pour les Russes, via le Bosphore. En 1991, la discussion a été serrée, car la Russie ne pouvait envisager de voir sa flotte passer à l’Ukraine et Sébastopol lui échapper. Un accord a été conclu en 1997 avec un partage de la flotte – 17% pour l’Ukraine 83% pour la Russie – et la signature d’un bail entre Kiev et Moscou, avec une modification signée en 2010 (6) entre Ianoukovitch et Poutine : l’échéance du bail a été reportée à 2042, et la Russie a accepté un loyer annuel de 8 millions de dollars et une réduction de 30 % du prix normal de livraison du gaz. A ce jour, compte tenu de l’évolution des enjeux stratégiques, la flotte russe est surtout présente en Mer du Nord et sur la façade pacifique. Mais il est hors de question de renoncer à Sébastopol, qui reste la place forte de la flotte en mer Noire, avec vingt-cinq navires de combat et treize mille hommes, en effectif pouvant être porté à 25 000. Avec le recul US, la Russie va se montrer de plus en plus présente, et Sébastopol reste stratégique. Pour la région, cette présence russe est un grand appui économique (7).

Pour quelques temps, les équilibres de la région vont se jouer sur cette péninsule, à nouveau prise dans les tourbillons de l’histoire.

1 http://www.axl.cefan.ulaval.ca/Etat...

2 http://www.histoire-pour-tous.fr/gu...

3 http://www.herodote.net/Guerre_de_C...

4 http://www.cairn.info/resume.php?ID...

5 http://www.monde-diplomatique.fr/20...

6 http://www.lefigaro.fr/internationa...

7 http://ua-travelling.com/fr/article...

vendredi, février 21 2014

Edito - L’Ukraine face à tous les périls

Bg-j-JvIIAANsdb.jpgTous nos regards se tournent vers l’Ukraine,... mais qu’en penser ?

Après des mois de protestations civiles, tendues mais tenues, la situation s’est radicalisée, et a soudain débordé vers de terribles violences : plus de cent morts en deux jours, dont plusieurs membres de forces de l’ordre, et des scènes de guerre dans la capitale. Depuis 48 heures, la thématique dans notre presse est l’empathie avec la population civile, et les efforts des gentils diplomates européens contre les méchants dirigeants ukrainiens pro-russes… C'est peut-être un peu plus compliqué, même s'il est certain que la première responsabilité pèse sur le pouvoir en place.

Je ne prétends pas avoir de lumières sur ce qu’il faut faire en Ukraine, d'autant plus que nous n’avons que des informations partielles, et que nous savons si peu de choses de la vie politique ukrainienne.

La guerre civile ? Le risque est réel, avec la radicalisation, son extension à l’ouest du pays, et la violence, qui efface les négociateurs ukrainiens met eu premier les groupes armés, très proches de l’extrême-extrême droite.

La Russie ? La conviction de Poutine est que l’Occident est une pétaudière endettée et dégénérée, que les US, épuisés par les guerres de la décennie et dont le leadership est menacé par le Chine, se dégagent de l’Europe et de Moyen-Orient. Aussi, c’est à lui d’imposer son ordre. Poutine a promis lundi d’importantes levées de fond, et mercredi, Medvedev a ajouté que pour percevoir ces fonds, les dirigeants ukrainiens doivent se montrer dignes, c’est-à-dire se faire respecter. Comme ces fonds évitent la faillite de l’Ukraine, le scénario est écrit. Poutine veut créer une zone de stabilité autour de la Russie, et il fera beaucoup pour que l’Ukraine en soit un pilier.

3437459.jpgLes Etats-Unis ? Les services secrets russes ont rendu publique la conversation la charmante et délicieuse Victoria Nuland, la secrétaire d’État adjointe chargée de l'Europe, auprès de John Kerry et Geoffrey Pyatt, l’ambassadeur US en Ukraine, les deux voyous expliquant comment ils manipulent les dirigeants de l’opposition. La Russie a publié cette conversation, mais elle doit en avoir cinquante autres, et ça doit bien rire devant notre Obama qui fait des moulinets avec ses grands bras. De toute façon, les US s’en sont remis à la Russie pour tenir la Syrie, l’Iran et l’Egypte. Alors…

L’Europe ? Juste minable... La caricature rêvée par Pouline : embrouillée, divisée, donneuse de leçons, humiliée par les US, dealant en sous-main avec la Russie pour le pétrole et le gaz – vitaux pour la société européenne – et totalement inefficace. L’Union a été incapable de prévenir la crise, avec des revendications et des conditions qui ont projeté les dirigeants dans les bras de la Grande Russie. A ce jour, elle s’excite avec des sanctions débiles, mais elle est incapable de définir un plan, qui inclurait nécessairement la Russie. Elle n’a même pas su former une délégation. Laurent Fabius, Frank-Walter Steinmeier (Allemagne) et Radoslaw Sikorski (Pologne) sont là-bas au titre de leurs gouvernements, et non de l’Europe. Et Fabius fait le malin devant la caméra, mais il n’a rien à dire : pas un plan, ni une ébauche de plan. Fabius n’ose pas aller voir le frère Russe, qui lui mettrait sous le nez ses incohérences graves, pour la Syrie, l’Iran et l’Arabie Saoudite.

Alors ? On peut être raisonnablement très pessimiste pour les semaines qui viennent. Espérons au moins qu’il n’y ait pas trop de victimes.

http://www.lepoint.fr/monde/en-dire...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE