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Le Brésil est dans une mauvaise passe, avec une croissance écroulée, et une ambiance plombée par la corruption, mais pour qui ne connait pas plus au ça la vie brésilienne, il faut croire Dilma Rousseff et Lula ont vraiment transformé le pays, et marqué la vie des gens, car c’est un quatrième mandat de suite pour le Parti des Travailleurs, au pouvoir depuis 2003 ! Gouverner est partout aussi difficile, et franchement, cette longévité dans cet immense pays de 200 millions d’habitants,… faut le faire. Parlez-en un peu à votre Monsieur 3 %…

Le score est net, à 51,52 % contre 48,48 %, avec près de 20 % de votes blancs, le scrutin étant obligatoire au Brésil. Pour l’opposant Aecio Neves, le chiffre est bon, surtout dans le Sud-Est, plus aisé, et qui avait le principal lieu du grand mouvement de protestation de juin 2013. Mais attention, cette base n’est pas si solide, car Aecio Neves a bénéficié au second tour du soutien inattendu de Marina Silva, l’écologiste. Les partis vont reprendre leur indépendance, et le Parti des Travailleurs reste donc nettement leader.

Marina Silva avait été en tête dans les sondages, avant de s’écrouler. Elle apportait la nouveauté attendue, mais le fait qu’elle soit évangéliste est apparu comme un obstacle, décisif. Aecio Neves est alors devenu le favori, et il a fallu que Dimla Rousseff et la machine du Parti des Travailleurs assurent une fin de campagne d’anthologie pour gagner cette présidentielle. Le résultat était loin d’être acquis, avec comme chiffres au premier tour : Dilma Rousseff à 41,6 %, Neves 33,6 %, et Da Silva 21,3. L’électorat de Da Silva s’est partagé de manière égale.

Dimla Rousseff, que l’on admire tous pour son parcours, va avoir fort à faire, avec trois défis.

Le premier est politique, avec un pays qui ressort divisé. Le Nordeste et le Nord du pays, démunis, accordent plus de 70 % des voix à Dimla Rousseff, alors qu’au Sud-Est, plus riche, autour de Sao Paulo, Aécio Neves est souvent au-dessus de 60 %.

Le second est économique. En quatre ans, la croissance s’est écroulée, passant de 7 % par an à zéro, et la récession menace. L’inflation revient, et il sera difficile de ne pas réorienter le cours actuel de la politique, très social.

Enfin, la grande affaire qui empoisonne le climat est la corruption, avec beaucoup trop de trafics autour du Parti des Travailleurs, et beaucoup d’informations laissant entendre que Dimla Rousseff était au courant. Les juges, bien enhardis, vont vite avancer… ce qui aidera peut-être aussi à renouveler le Parti des Travailleurs !

En attendant, bravo Dimla, grande dame de la politique.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE