jeudi, janvier 8 2015

Edito - Charlie Hebdo : une pensée pour eux en accord avec notre émotion, notre loi et notre amitié

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C’est d’abord l’émotion qui déborde, quand vers midi apparait sur l’écran de GoogleNews l’attentat contre Charlie et les 12 morts. Des mots qu’on ne voudrait jamais lire… 12 personnes, visées et tuées méthodiquement… Cette violence, on l’a connue, il y a quarante ans avec Action Directe, la RAF chez nos voisins allemands, les Brigades Rouges en Italie,… et tant d’autres. Depuis quelques années, on la voit tous les jours, frappant aveuglément des innocents, à quelques heures de vol, dans des pays qui sont des sources de notre culture. Alors, les fous-furieux sont aussi en France ? Au cœur de Paris ? Tuant froidement des journalistes ?

Je n’avais ni sympathie, ni considération pour le Charlie de ces dernières années, cette feuille sectaire et obsessionnelle, qui puait le renfermé. Mais c’était un journal, et nous avons besoin de toutes les idées, même celle qui choquent qui heurtent ou qui blessent (CEDH, Handyside, 7 décembre 1976) et, à une autre époque, Cabu, Wolinski et les autres, nous faisaient bien rire. Cabu a donné de bons coups de main sur bien des causes. Et puis tuer, non. Non, en toutes circonstances. Ça ne se discute pas. L’hebdomadaire satirique, connu pour ces caricatures parfois décriées, a du lancer, il n'y a pas si longtemps que cela, un appel aux dons pour pouvoir poursuivre ses activités. Une solution de derniers recours qui en dit long. Redynamiser le journal en cette période de “crise de la presse” des journaux satiriques comme celui-ci ou Siné sont d’autant plus touchés qu’ils sont financés par leurs seuls lecteurs : les ventes et les abonnements demeurent leur seule source de revenus.

Un temps masqué par l’émotion, vient le temps de la loi, et ici, un peu de calme est nécessaire. Pour l’instant, nous avons assez infos, qui résultent des qualifications retenues par le procureur de la République de Paris : assassinats, tentatives d'assassinats, port d'armes prohibées, vol à main armée et en bande organisée, association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes. Mais pour le reste, de grâce, un peu de patience… L’enquête commence, et elle a été confiée à trois grands services : la section antiterroriste de la brigade criminelle, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et la Sous-Direction antiterroriste de la Direction centrale de la police judiciaire. Alors, un minimum de respect pour le travail de la police… et pour les victimes.

Quelques minutes après les faits, commençaient les mots et allusions insupportables des experts divers et variés, nous annonçant un commando de professionnels,… alors qu’on apprenait le soir que l’un deux a laissé sa carte d’identité dans la voiture,… et qu’un autre a perdu une basket en courant… Toute personne censé sait le monde qui existe entre ce que l’on dit dans une affaire de la sorte et ce que dévoile l’enquête. Chercher à savoir, oui, mais la précipitation n’apporte rien, et la gravité des faits doit appeler à prendre un peu de distance, pour attendre ce que diront la police et la justice.

« Dans l'Islam la vie humaine est sacrée » a rappelé Dalil Boubakeur, dénonçant une vision absolument erronée, malade de la religion. Même tonalité depuis Téhéran, avec Marzieh Afkham, la porte-parole de la diplomatie iranienne, affirmant que « tout acte terroriste contre des innocents est étranger à la pensée et aux enseignements de l'islam ». Oui, bien sûr,… mais on n’avance pas : pour toutes les religions, et tous les systèmes de pensée, la vie humaine est sacrée. Je crois d’ailleurs comprendre qu’il y a eu aussi des victimes musulmanes. En fait, s’est imposée très vite, plus ou moins formulée, la question qui hantait les esprits : et la communauté musulmane dans cette affaire ? Avec aussitôt l’injonction : qu’ils dénoncent et se démarquent ! La religion a peu à dire de ce qui s’est passé hier, car c’est un crime, et le crime relève de la loi. C’est la barrière qui s’impose à tous et qui est acceptée par tous. Aucun groupe musulman en France, de quelque manière que ce soit, n’a jamais apporté le moindre indice de compréhension ou d’empathie avec le crime. Aucun ! Si je me trompe, apportez-moi la preuve,… mais apportez-moi aussi la preuve qu’il s’agit bien d’un groupe musulman, porteur donc d’un savoir religieux.

Avec tout le respect que je dois aux victimes, je dois dire que la Communauté musulmane française se désintéressait totalement de ce que pouvait publier Charlie, comme elle se désintéresse totalement de ce pauvre Houellebecq, dont on se demande qu’elle serait l’inspiration si l’Islam n’existait pas. Les conceptions véhiculées par l’un ou l’autre, ou encore cet aficionado des médias qu’est Zemmour, sont tellement ignorantes et éloignées de la vie des musulmans, que ceux-ci s’en contrefichent. En 14 ans, depuis 2001, seulement trois procès significatifs ont été engagés contre des saillies antimusulmanes : Michel Houellebecq, les caricatures et Eric Zemmour... Et malgré cela, c’est contre eux le procès permanent de l’intolérance… Est-ce une faute de s’adresser au juge pour demander l’application de la loi commune ? Où est cette intolérance ? Quels faits ? Quels dommages ? Quittez les présupposés, et regardez le réel… Les inepties et attaques malveillantes sont légion, mais si les musulmans déplorent ceux qui alimentent le moteur de l’islamophobie, leurs préoccupations sont ailleurs, et s’appellent le travail, le logement, les études, la santé… le tout avec la garantie de la loi.

La spiritualité est une force intérieure, du domaine intime de la croyance, du sacré,… un trésor hors de portée. Avec les musulmans, nous sommes frères et sœurs. Nous partageons l’amitié, les passions, l’amour… la beauté. Ils nous apportent, nous apprennent et donc nous enrichissent. Ils ne demandent aucune évolution du droit, mais simplement que la loi s’applique de la même manière pour tous. L’islamophobie est une aberration car il n’y a pas de péril social dès lors qu’on s’accorde sur l’application de la loi. L’islamophobie a le vent en poupe, hélas,… mais hélas surtout pour ceux qui sont incapables de regarder la réalité en face, s’inventent des barrières illusoires, et qui par l’entretien des peurs xénophobes – universelles – se privent de la compréhension du monde, et du bonheur de l’amitié.

Un tout autre problème est la fabrique de combattants politiques, c’est-à-dire ce que nous avons tous vus depuis trois ans : le recrutement, la formation, la modélisation, le financement, l’enrôlement de mercenaires de causes dévoyées, par des dirigeants étatiques sans scrupules qui fabriquent des armes qu’ils ne savent plus contrôler. Et qui compensent leur incapacité à conduire un projet politique par des appels théocratiques à une pureté mythique, qui n’est qu’une arriération. L’islamisme a d’ailleurs surtout fait des ravages dans les pays musulmans, et l’attentat de Paris doit aussi nous rappeler que toute vie est égale.

Parce que nous vivons des heures de braise, je veux insister : il n’y a aucun problème avec l’Islam, mais tous les problèmes avec cette fabrication de fous-furieux. Mais alors, il faut élargir le spectre, analyser les choix politiques et identifier les vrais responsables.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, janvier 5 2015

Edito - Conférence Climat Paris 2015 : offrons des vacances à M. Hulot

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À force de crier au réchauffement, de mobiliser des fonds, plus personne n’ose dire : « On s’est trompé, le comité Nobel s’est trompé, on arrête tout ».

Sous prétexte de sauver la planète, en réalité pour une poignée d’écologistes, le Président va engager la France à porter des boulets supplémentaires pour les décennies à venir. Boulets que les États-Unis, en prétextant le refus du Congrès, mais aussi la Chine et bien d’autres refuseront totalement, frontalement.

Peut-on pour autant taxer d’égoïsme ces pays non signataires ?

Claude Allègre avait, il y a longtemps, dénoncé les conclusions du GIEC. Puis il y a eu de nombreuses publications scientifiques (de Vincent Courtillot, par exemple), de nombreux livres (François Gervais, "L’Innocence du carbone", ou plus ludique mais fort bien documenté, Michael Crichton, "État d’urgence"), et une pétition a rassemblé aux États-Unis 30.000 scientifiques s’élevant contre les affirmations du GIEC...

Plus récemment, un scientifique français reconnu, Philippe de Larminat, a publié un travail important (Changement climatique, identification et projections) d’où il ressort que l’effet du soleil sur le climat est beaucoup plus important que ne le dit le GIEC, et que l’effet de l’activité humaine est soit faible, soit nul.

La méthode utilisée, universellement reconnue dans de nombreux domaines, ne l’avait pas encore été sur le réchauffement : il a mis dans un ordinateur toutes les données (température, taux de CO2, activité solaire…) habituellement retenues, sans aucune hypothèse sur les mécanismes pouvant relier les unes aux autres, et a cherché quelles relations elles avaient entre elles. C’est-à-dire qu’il a fait un « simple » travail de compilation de données, d’où sont ressorties des corrélations : le réchauffement est lié aux variations de l’activité solaire, pas à l’activité humaine.

Jean Jouzel, prix Nobel de la paix au titre de sa participation aux travaux du GIEC, a déclaré au milieu de la dernière décennie : « Si le plateau continue pendant encore dix ans, Courtillot aura raison… Mais dans dix ans, il sera trop tard ».

Il voulait dire que si Courtillot avait tort, si l’homme était responsable du réchauffement, il serait trop tard pour agir.

Or, le « plateau » a continué, le niveau des températures est élevé, mais stable depuis 1998, et le discours reste le même.

Les surfaces estivales de glace en Arctique remontent très sensiblement depuis le minimum atteint en 2012, mais personne ne le dit.

Tout se passe comme si ces réalités et ces travaux n’existaient pas. Ces informations glissent sur les journalistes comme l’eau sur les plumes d’un canard.

Parce qu’à force de crier au réchauffement, de mobiliser des fonds, plus personne n’ose dire : « On s’est trompé, le comité Nobel s’est trompé, on arrête tout ». Alors qu’ils se sont trompés, qu’il faut tout arrêter.

Il faudra bien se sevrer du pétrole, mais pour des raisons économiques et géopolitiques, pas pour des raisons climatiques.

Souhaitons un échec de cette conférence de Paris, que nos décideurs ouvrent les yeux et arrêtent de vendre notre avenir contre un plat de lentilles !

Offrons des vacances à M. Hulot !

Source : Yann Sergent / BVoltaire

dimanche, décembre 28 2014

Edito - 2014 : la politique est plus que jamais par terre

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2014 a été une année désastreuse pour la République, et on le doit entièrement aux « responsables » politiques. Et en 2015, ils vont nous faire la leçon « démocratique » parce que, écœurés, nous allons nous abstenir.

Quels ont été les événements majeurs de 2014 ? La plus dramatique des insignifiances… mais l’addition est lourde.

2014 ? C’est François Hollande qui se promène casqué dans les rues de Paris, sur un scooteur 100 % républicain, pour ses petites galipettes clandestines. Christiane Taubira qui arrive en vélo à la réunion des « frondeurs » aux universités du PS à La Rochelle, où elle ne prononce pas un mot… mais la photo était bonne. Fleur Pellerin, ministre de l’inculture, qui explique qu’elle ne lit pas de livres, mais qui négocie avec Michel Hazanavicius un rôle dans le prochain OSS 117 ; Bambi qui, après avoir voulu mettre fin à la prostitution, inflige à nos gosses ses débiles ABCD de l’égalité, avant de remballer sa camelote deux mois plus tard ; l’enfoiré mondain de Pierre Moscovici, viré du gouvernement tellement il est nul, et qui se retrouve Commissaire européen, pour stigmatiser la France pas encore assez libérale ; Benoit Hamon, le fantastique héros de la Gauche de la Gauche, alors sinistre de l’enseignement, qui fusille la rentrée scolaire pour un discours post-ado à la fête de la rose du farfadet Arnaud Montebourg… Le sous-ministre Thomas Thévenoud qui ne déclare pas ses revenus car il souffre de « phobie administrative ». Arnaud Montebourg, autre héros de la Gauche de la Gauche, qui quitte le ministère de l’économie pour s’inscrire à une formation pour patrons à l’Insead qui coûte 34 500 €. François Hollande qui encourage Benjamin Netanyahou « à prendre toutes les mesures pour protéger sa population ». Et ajoutons la volonté d’aller bombarder Damas, avant de se faire calmer par Barack Obama

2014, c’est aussi Nicolas Sarkozy enregistré clandestinement par son homme de confiance l’ex journaliste de Minute Patrick Buisson ; c’est l’affaire Bygmalion, avec un système de fausses factures permettant de doubler le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ; c’est Laurent Wauquiez et NKM qui font mesurer leurs bureaux pour savoir qui aura le plus grand ; Patrick Balkany et Serge Dassault pris dans des trafics crapuleux.

2014, ce sont les élections européennes du mois de mai : le FN en tête avec 25 %, suivi de l’UMP à 20,8% et du PS à 14%. Ce n’est pas grave, nous ont aussitôt expliqué les gentils sondages, car ce vote n’existe pas. Et déjà, on nous met sous le nez le sondage favorable à la loi Macron… Sauf que le même jour, la législative de l’Aube, la PS est éliminé, arrivé en 3° position avec 15 % des voix, loin derrière le FN à 27 %. Le tout, avec 70 % d’abstention. Oui, la politique est plus que jamais par terre : aux élections régionales et départementales de 2015, le FN sera encore en tête, aux alentours de 25 %, et le PS va subir une nouvelle déroute.

2014, c’est la hausse de l’endettement, des impôts et du chômage.

En fait, tout le monde a intégré que Marine Le Pen sera en tête au premier tour de la présidentielle de 2015, et les trois dans la course jouent une seul partition : « c’est moi qui serait le mieux placé pour la battre au second tour ».

Rien à attendre de François Hollande et de Nicolas Sarkozy, qui, bien programmés, vont poursuivre leur cirque habituel, qui a perdu la France. Alain Juppé ? Malgré ses casseroles nombreuses et variées, il se situe au-dessus du lot, mais s’il veut nos suffrages, il va falloir qu’il nous dise quelle politique il va faire, avec qui, et qu’il quitte le bonheur ouaté de sa belle image de papy gentil, pour venir sur le terrain, filer des marrons à Nicolas Sarkozy et François Hollande, ces deux erreurs historiques de la politique française.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, décembre 18 2014

Edito - Taxe Tobin : François Hollande est vraiment le grand ami de la Finance

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Bien sûr, je n’ai jamais cru le président alors candidat, quand il faisait de la finance son adversaire, quelques jours avant de rassurer la City. Malheureusement, sur le dossier de la taxe Tobin européenne, il démontre qu’il est, depuis qu’il est élu, l’un des meilleurs amis de celle qui était censée être son adversaire.

Histoire d’une trahison

Il faut remercier Marianne et Bruno Rieth, qui résume parfaitement l’incroyable histoire d’une trahison. Mais comment François Hollande a-t-il pu dire pendant la campagne électorale que « mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance » avant de mener une telle politique ? Il faut dire que quelques jours après, il confiait au Guardian : « la gauche a gouverné pendant 15 ans, pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n’y a pas de crainte à avoir ». C’est le second texte qui faisait foi, comme le démontre Bruno Rieth dans Marianne. Depuis deux ans et demi, l’Elysée et Bercy ne cessent de défendre l’agenda des banques et de la finance.

Et quelle meilleure illustration que la position de la France sur la taxe Tobin. L’idée a trouvé une seconde jeunesse avec la grande crise, soutenue par Joseph Stiglitz, qui y voit un moyen de réguler la finance mais aussi de davantage la faire contribuer à la collectivité, motivation qui semble d’autant plus juste aujourd’hui que les Etats ont déversé des milliards pour la sauver et qu’ils accumulent les déficits. Même l’Union européenne, pourtant souvent influencée par les intérêts des multinationales, a fini par y céder et pousser un projet, farouchement combattu par le Royaume-Uni et les banques. Si la France fait partie du groupe de onze pays qui avancent, elle semble y être pour ralentir le mouvement et en réduire la portée.

Dépasser la droite par la droite

De manière assez extraordinaire, le PS tempère donc le projet lancé en 2011 par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ! Malheureusement, rien de bien surprenant si on s’en réfère aux propos de Pierre Moscovici à l’été 2013, qui jugeait les projets de la Commission, pourtant guère interventionniste, « excessifs ». Quand mettre un membre du PS à la Commission semble alors la droitiser… Depuis, Michel Sapin vend le projet comme une révolution alors qu’il s’agit d’un pétard mouillé. Le diable étant dans les détails, l’Union européenne avance avec un projet dérisoire qui taxe dix fois moins les dérivés que les actions et les obligations (on se demande bien pourquoi ?), puis qui finit par en exonérer plus de 95 % de toute taxe !

Et même ce projet croupion déclenche de l’urticaire au monde financier, dont l’opinion est bien relayée par The Economist, vent debout contre cette idée, surtout quand elle semble pouvoir s’appliquer aux échanges faits depuis Londres. Pas de problème : il semble, paradoxalement, suffire de passer par Paris pour porter l’estocade comme ce projet nain pour encore en retarder la portée et la possible application. Il faut noter que les sociaux-démocrates allemands, pourtant guère révolutionnaires jugent « essentiel que tous les dérivés soient inclus car le trading international de dérivés a désormais atteint un volume d’environ douze fois le PIB mondial ». Les enfants de Schröder plus interventionnistes que François Hollande !

C’est ainsi que le PS suit l’agenda des multinationales en baissant les cotisations sociales et en flexibilisant le travail, et ne remet pas en cause le laisser-faire financier. Un grand homme aurait dit qu’il « n’aimait pas les socialistes, parce qu’ils ne sont pas socialistes ». 50 ans après, ceci semble encore plus vrai.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, novembre 12 2014

Edito - Le référé rigolo de Fillon le rigolo

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Le presque président de la République engage une procédure de référé « d’heure à heure » pour obtenir la copie intégrale de l’enregistrement de la conversation entre Jean-Pierre Jouyet et les deux journalistes du journal Le Monde, a indiqué son avocat, lundi 10 novembre, dans un communiqué. « D’heure à heure », veut dire que vu l’urgence, on demande au président du tribunal de statuer au plus vite, sans attendre l’audience normale de référé, qui se tient toute les semaines. Ça urge

L'excellent avocat commis d’office, Jean-Pierre Versini-Campinchi parvient à nous expliquer sans pouffer de rire : « Le contenu de cet enregistrement ayant été partiellement rendu public, nous allons engager une procédure de référé d’heure à heure devant le président du tribunal de grande instance de Paris aux fins de lui demander soit de nous faire remettre, soit de faire remettre à un tiers de son choix, une copie intégrale de l’enregistrement audio, ceci aux fins que cette pièce puisse être versée dans la procédure pénale qui sera aussitôt engagée ».

Donc, le presque président de la République veut engager une procédure pénale pour diffamation contre Davet et Lhomme, les deux journalistes du journal Le Monde (deux chouchous qui ont leur cantine à l’Elysée), et pourquoi pas s’il s’estime diffamé ? L'excellent avocat commis d’office ajoute que « cette procédure de référé est un préalable puisque la loi exige que la demande soit faite auprès du juge des référés avant tout procès ». Ah bon ?

C’est bizarre, car la loi dit pile l’inverse. Tout ce qui ressort de la publication des idées relève de la loi sur la presse. Comme cette loi est un casse-tête procédural, les avocats rusaient en engageant des procédures civiles en référé pour la contourner. Je le sais bien pour avoir manœuvré… quand c’était admis. Mais depuis la jurisprudence est claire : pour toute publication, seule la loi sur la presse est applicable. Et c’est parfaitement logique.

Avec le pénal, est en cause la présomption d’innocence, qui justifie un respect scrupuleux des droits de la défense : « Je défends mes droits en fonction des accusations ; donc, tu commences par m’accuser, et je m’organise ». La loi sur la presse formalise cela, depuis plus d’un siècle, avec la règle de l’offre de preuve : la personne citée en correctionnelle a dix jours pour produire ses sources, et la personne poursuivant peut répliquer par une contre-offre de preuve dans les cinq jours. Ceci par voie d’huissier et au domicile élu d’un avocat du barreau de la juridiction.

L'excellent avocat commis d’office connait aussi bien que moi toutes ces règles, et il a déjà prévu le synthol et l’albuplast pour la gamelle qu’il va se ramasser. Mais, après quelques gouttes d’arnica, il pourra dire, outragé, que, décidément, le presque président de la République est victime d’un terrible complot.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, novembre 10 2014

Edito - Ces crétins de Jouyet et Fillon collent les affiches de Le Pen

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L’UMPS, ie l’absence de perspective politique, est le principal moteur du FN. Tous les mêmes et rien ne bouge,… alors on vote FN pour les faire dégager (sans imaginer un instant que le FN soit en mesure de diriger le pays). __ Alors, les amours tumultueux de Jean-Pierre Jouyet et François Fillon ?__ __ Jean-Pierre Jouyet, grand pote de François Hollande, est une figurine de l’UMPS : ministre sous Nicolas Sarkozy, et secrétaire général de l’Élysée, donc n° 2, sous François Hollande__. Le changement, c’est maintenant…

François Fillon ? Le matin, il est sur les radios pour nous dire que le gouvernement de François Hollande, c’est la calamité des calamités. Mais à midi, il casse la croûte au Pavillon Ledoyen avec Jean-Pierre Jouyet. C’était le 24 juin. La cantine de l’Élysée n’est pas assez relevée, alors la République offre Ledoyen à ces deux héros du courage politique. Un rendez-vous sur l’agenda, avec nécessairement rapport à François Hollande dans l’après-midi.

Toute la journée d’hier, Jean-Pierre Jouyet et François Fillon nous ont livré un fabuleux concours de mensonges

Il n’a pas parlé de Nicolas Sarkozy, non je n’en ai pas parlé, en fait si il en a parlé, non ma parole je t’assure que je n’en ai pas parlé… Ils nous dégoûtent… Grave.

François Fillon, qui voulait être président de la République, prend sa carte au club de François Bayrou. Il a été catastrophique et devrait s’inscrire à la Cahuzac School, car il n’a tenu qu’une journée.

Jean-Pierre Jouyet, égérie de la Gauche mole, qui exerce une des plus hautes fonctions de l’État, a compris hier dans l’après-midi qu’il était cramoisi quand les journalistes du journal Le Monde lui ont rappelé qu’il avait été enregistré, avec son accord. Alors, il s’est planté devant l’Élysée – usurpateur ! (plus de trois jours) – pour démentir ce qu’il avait dit le matin. Nul. Prévoir aussi un stage à la Cahuzac School.

Les pressions sur le Parquet par François Hollande ou Christiane Taubira ?

Ça ne se passe plus comme cela. C’est ouaté, indirect et suave, car François Hollande sait qu’il a trop à perdre avec des interventions directes. Mais les faits conduisent à faire quelques remarques.

1/ Fillon-le-menteur a rêvé de « taper », ce qui montre que ça se faisait du temps de Sarkozy-Fillon, … avec des résultats plus ou moins heureux, comme nous l’expliquerait notre ami le juge Courroye.

2/ Jouyet-le-menteur se fout du monde. C’est lui qui a pris contact avec François Fillon, non par culte de l’amitié, mais pour tirer des tuyaux du scandale Bygmalion qui avait explosé quelques jours plutôt, obligeant Jean-François Copé à démissionner pour laisser le pouvoir au « triumvirat » Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé et François Fillon. On voit bien le petit Jouyet excité comme une puce : « Je vais avoir des infos de première bourre » (Ce qui justifie l’addition de Ledoyen, repas servi dans un salon privé).

3/ En fait, une seule question qui intéressait Jean-Pierre Jouyet et François Hollande : l’affaire Bygmalion va-t-elle permettre de niquer Nicolas Sarkozy ?

Que peut imaginer que Jean-Pierre Jouyet et François Fillon se fixent en urgence un rencard chez Ledoyen pour parler de la faim dans le monde, du réchauffement de la planète, et ou de la dette publique de la France ?… Non, il n’y a qu’un sujet à l’ordre du jour : nous avons tous deux intérêt à zigouiller Sarkozy, alors comment exploiter les évènements du moment ? L’UMPS dans toute sa splendeur.

Please zigouille and fuck Sarkozy

Pendant le gueuleton chez Ledoyen, François Fillon a du balancer un max d’infos, en qualité de membre (flasque) du triumvirat. Mais en contrepartie, il a fait une petite réclamation : « Please zigouille and fuck Sarkozy, car il a fait payer par l’UMP l’avance forfaitaire de 150 000 euros qui lui avait été versée pour mener sa campagne et les 363 615 euros correspondant au dépassement du plafond légal des dépenses, sommes arrêtées par le Conseil constitutionnel en juillet 2013 ».

Retour sur images. Juillet 2013, c’était l’époque du Sarkothon, pour 10,5 millions d’euros, restant à charge du fait du rejet des comptes de la campagne, et ces paiements de 150 000 et 363 615 euros s’étaient ajoutés à la dette de l’UMP.

Même-moi j'l’avais vu en juillet 2013…

Paiement en juillet 2013, repas le 24 juin 2014, rapport des commissaires aux comptes de l’UMP certifiant les comptes du parti le 30 juin, signalement par les mêmes le 1 juillet au Parquet de Paris et enquête préliminaire ouverte par ce Parquet le 2 juillet… (puis une information judiciaire, le 6 octobre 2014 pour « abus de confiance », « complicité » et « recel ») : tout est limpide,… ou presque.

Pourquoi un an d’attente ? Parce qu’il était impossible de savoir avant, a répondu hier soir le parquet de Paris. Hum, hum…

Restons prudents car un avocat de Nicolas Sarkozy avait analysé que le procédé était régulier, et Bercy avait conclu dans le même sens. On verra, mais arrêtons les salades, please… Le rapport des commissaires aux comptes du 1° juillet n’a rien révélé. La distinction entre les deux sommes était clairement posée par l’analyse des textes et par la décision du Conseil constitutionnel, et même moi je m'en étais aperçu le 18 juillet 2013.

Alors, un deal, genre : « Nous on ne touche pas à ça. Mais si les commissaires aux comptes fait soudain le 1er juillet 2014 un rapport sur des paiements datant de plus d’un an, peut-être que ça fera l’affaire ».

Ces manips vont faire des massacres dans l’opinion. Et que faire ? Dans trois jours, François Hollande va sacrifier Jean-Pierre Jouyet (qui aura trois mois plus tard un joli lot de consolation) et puis après ? Le mal est fait, et les séquelles sont graves.

Tout ceci est désolant

Que faut-il faire pour que nous ayons des politiques au niveau ? Compliqué, alors que les leaders cherchent d’abord à conforter leur rente de situation, et soignant des réseaux à leur service.

Mais que faire pour que la justice ne soit plus salie par ce genre d’affaire ? Là, c’est plus simple : l’indépendance du Parquet.

Dis, François, pourquoi tu tousses ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, novembre 2 2014

Editi - La tragi-comédie européenne dérisoire et révélatrice sur les budgets

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Ces dernières semaines, les capitales européennes n’ont pas cessé de débattre de leur budget et de celui des pays voisins. Les nouvelles règles européennes (six pack, two pack et le TSCG) ont révolutionné la façon de préparer cet élément fondamental de notre vie commune qu’est le budget d’une nation.

Règles et relativité

Comme au début des années 2000, quand Berlin et Paris avaient délibérément ignoré les règles du Pacte de Stabilité, les règles européennes semblent être faites pour ne pas être respectées. Cela a déjà été le cas pour la plupart des pays qui ont eu recours à « l’aide » européenne pendant la crise des dettes souveraines. L’Espagne était sensée atteindre 6 % du PIB de déficit en 2012, 4,5 % en 2013 et 3 % en 2014. Elle sera à 5,7 % cette année. Idem pour la Grèce ou le Portugal. Mais depuis 2013, la contagion touche désormais les pays qui ne sont pas passés sous les fourches caudines de la redoutable troïka. Les objectifs ne cessent d’être repoussés à Paris, à Rome, à Vienne et ailleurs.

La France est un des cas les plus frappants puisque Pierre Moscovici avait annoncé un déficit à 3 % du PIB en 2013 à son arrivée à Bercy. Un an plus tard, il a reconnu qu’il faudrait attendre 2015, et un an plus tard, Michel Sapin a encore repoussé l’objectif de deux ans. De manière effarante et ironique, c’est Pierre Moscovici, l’architecte de l’échec financier de la France, qui est devenu le très improbable Commissaire Européen à l’économie. Quel meilleur signe de l’irresponsabilité et de l’inconséquence de l’UE ? Tout ceci pose un gros dilemme à l’UE : que faire face au non-respect par Paris de ses objectifs ? Cette semaine, Michel Sapin a lâché 3,6 milliards pour éviter toute sanction.

Un système fou

Le système actuel a démontré son échec, exactement comme les opposants à l’austérité, dont j’ai fait partie dès le début, l’avaient anticipé. Fin 2009, j’écrivais, sur la Grèce, que « la déflation compétitive (…) serait extrêmement brutale et aurait sans doute des conséquences sociales violentes » et en mai 2010 que le plan « ne fait que repousser les problèmes à plus tard en les aggravant ». C’est le paradoxe de cette situation où les politiques de réduction des déficits demandées par l’Europe provoquent une déprime économique qui empêche directement l’atteinte des objectifs définis par ces mêmes politiques ! C’est sans doute pour cela que les écarts finissent par être admis car ils sont généralisés.

Ce faisant, tout le monde est perdant. L’UE, parce que presque personne ne respecte ses objectifs, la faisant apparaître comme l’avocate d’une austérité sans cœur, inefficace et impossible à respecter. Mais cela lui permet aussi de gagner de nouveaux pouvoirs, même si elle rechigne parfois à les utiliser. Les pays parce qu’ils apparaissent comme des mauvais élèves et qu’ils ont cédé une partie de leur autorité. Et les peuples européens souffrent depuis 2008, ne parvenant pas à sortir d’une crise dont l’origine leur est étrangère mais qui y restent de manière bien spécifique.

Tout ceci a pour seul mérite de montrer que l’Europe politique n’a pas de sens étant donnée l’hétérogénéité des situations. Elle ne fait que créer une complexité dysfonctionnelle et déresponsabilité pour les dirigeants nationaux et européens, qui en viennent à torturer leur propre population.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, octobre 11 2014

Edito - Le scandale intolérable des déclarations sur les indemnités liées au chômage

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L'irresponsabilité de la classe politique française et sa totale coupure des réalités quotidiennes les conduisent à chercher à culpabiliser des personnes qui affrontent déjà des difficultés sérieuses et souvent avec un courage exemplaire.

La banalisation des déclarations sur les "chômeurs qui ne cherchent pas du travail" ou sur "leurs indemnités trop élevées" est un scandale de première gravité.

Bien entendu, il y a des chômeurs qui ne mettent pas dans la recherche d'un emploi toute la motivation nécessaire. Et alors ? Il y a des dentistes qui sont des bouchers. Faut-il en déduire que la profession de dentiste doit être interdite ? Il y a des politiciens qui sont condamnés. Faut-il en déduire que tous les politiciens sont condamnables ?

Les chômeurs, comme tout groupe humain, constituent un groupe hétérogène. Les comportements de certains ne doivent pas permettre de culpabiliser tout le monde.

Il en est de même pour le dossier des indemnités liées au chômage. Certaines indemnités sont "confortables". Mais l'immense majorité ne l'est pas et loin s'en faut. Et celles et ceux qui font des choix au quotidien pour une dizaine d'euros méritent davantage de respect de la part de ceux qui dépensent des sommes considérables dans des conditions futiles.

La seule conférence à Paris en 2015 sur le climat va coûter 320 millions d'euros ! Les parlementaires n'ont jamais effectué le moindre effort sur des privilèges d'un autre âge ... où les contribuables leur offrent même deux paires de lunettes par an par Sénateur !

Le vrai enjeu est ailleurs.

De nombreux pays sont revenus à leur taux de chômage d'avant crise de septembre 2008. Pourquoi ?

Parce que les sociétés sont fluides. Parce que le niveau de fiscalité est faible et laisse donc du pouvoir d'achat aux consommateurs. Parce que la formation permanente occupe une vraie place. Parce qu'entreprendre est toujours possible même après des échecs ... : bref, tout ce qui n'existe pas en France.

Avec des déclarations de ce type, le PS lance les intéressés dans les bras de mouvements extrémistes par volonté légitime de revanche sur une classe politique qui ne les respecte plus.

En 2015, le train de vie courant de l’État va encore augmenter de 0, 02 %. Et loin d'accepter cette réalité des chiffres, il est parfois question ... d'austérité.

En réalité, les sujets devraient être sur :

- les économies exemplaires effectuées par l’État et les politiciens avant de demander aux autres de faire les économies qu'ils ne mettent par en œuvre pour eux-mêmes,

- le dossier du "revenu minimum citoyen" qui doit être créé, revalorisé par rapport aux actuels minima, dépense gagée sur les économies de l’État et assorti pour ceux qui sont à la recherche d'emploi de dispositifs personnalisés de formations.

Un État qui n'est fort qu'avec les faibles ne mérite plus le respect. C'est ce à quoi nous assistons actuellement de la part d'un État qui se montre si faible dès qu'il doit affronter le moindre groupe organisé et ce dans tous les domaines comme le dernier exemple de l'éco-taxe.

Mais s'en prendre ainsi aux plus faibles et aux plus inorganisés parce que leur quotidien est d'abord celui de la survie individuelle est une manœuvre lamentable.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, septembre 24 2014

Edito - UMP : un bien curieux débat sur les primaires

FRANCE-SOCIAL-WELFARE-GOVERNMENT-SARKOZY

Les primaires ne sont pas dans la culture politique française. Bien davantage, elles sont à l'opposé des traditions. C'est pourquoi, ceux qui les proposent sont pour un changement radical.

Pour qu'une primaire se déroule dans de bonnes conditions, cela suppose que l'administration d'un parti politique soit totalement détachée des intérêts de l'un des candidats potentiels à une élection. Le parti est "neutralisé". Il devient une logistique ayant vocation à organiser la primaire dans la neutralité. Ce n'est pas la conception française des partis politiques qui sont un cadre d'organisation dédié à la carrière de son Président.

La primaire suppose également que les militants d'un parti acceptent le débat interne. En France, là encore ce n'est pas la culture. Quand des divergences existent au sein du PS, il est question de "frondeurs", de "dissidents". A droite, quand Alain Juppé exprime une position différente de celles de Nicolas Sarkozy, il est question de "guerre" ... Des termes qui montrent qu'ici la culture d'un parti politique c'est qui adhère respecte une discipline de pensée comme d'expression.

La primaire suppose de différencier les moyens des candidats des moyens d'un parti. C'est la seule condition pour qu'il y ait une égalité de départ entre les candidats. Le cadre légal français ne le permet pas puisque les réels financements publics sont voués aux grands partis dotés de la représentation parlementaire.

La primaire suppose que les médias portent une culture de la diversité pour mettre à égalité les candidats. En 2008, Hillary Clinton n'était plus l'ex First Lady mais une candidate comme les autres, parmi les autres, traitée comme les autres. C'est la force des primaires que même le candidat doté d'un parcours de haut niveau revienne à la ... base. C'est l'opposé de la culture médiaticopolitique française. Il suffit de constater les modalités de couverture du retour de Nicolas Sarkozy.

Le PS en 2012 a-t-il bousculé cette culture en organisant des primaires ? Non. En 2012, le PS a été décapité en quelques jours de son présidentiable, DSK, dans des conditions totalement inattendues. Ponctuellement, les primaires ont été alors le moyen d'arbitrer un second choix qui n'était pas arbitrable par d'autres modalités apaisées.

La preuve, lors des municipales de mars 2014, dans combien de grandes villes le PS a-t-il organisé des primaires pour désigner ses candidats ? Très peu de villes et dans des conditions très problématiques à l'exemple du clash de Marseille. A Marseille, les primaires ont fait sombrer le ... PS alors que l'absence de primaire à droite assurait la bonne organisation.

Il en est de même à droite en mars 2014. Paris et Lyon ont été des "mauvais exemples" avec des contestations très graves. A Béziers, Annie Schmitt a préféré lâcher Raymond Couderc pour rejoindre Robert Ménard et le PS local a plié ses primaires en 48 heures dans l'indifférence totale et les participants aux primaires n'ont connu aucun bonus bien au contraire. La désertion centre-ville a très fortement favorisé le vote FN .

Les primaires n'auront pas lieu pour 2017. Il s'agit seulement de les enterrer en douceur en attendant que les "mouches changent d'âne" et que les médias passent à d'autres sujets.

Cette réalité des faits montre l'immensité des blocages français et la quasi-incapacité à vivre autrement certaines activités.

Le système dysfonctionne mais le système est tellement impactant qu'il ne change pas véritablement.

Comment la politique pourrait-elle appliquer à autrui un changement qu'elle ne s'applique pas à elle-même ?

C'est une des raisons pour lesquelles je reste persuadé que, bien tristement, ce pays terminera sous une forme de redressement international qui seul constituera l'électrochoc pour le changement comme ce fut le cas début 1958 pour le début de la fin de la IVème République.

A titre personnel et de longue date, j'ai défendu le mécanisme des primaires. Mais il y a un moment où il faut reconnaître la réalité des faits et constater qu'il n'est pas adapté aux coutumes qui structurent l'opinion donc les engagements.

PS : Il Il est souvent moins cher de louer un taudis dans le centre, qu'un HLM. De quoi maintenir d'incroyables poches de pauvreté en pleine ville. Les villes du Sud qui ont réélu leur maire au premier tour, ou qui ont été placé en très bonne posture avant le second, sont celles qui se sont lancées, depuis des années, dans une rénovation énergique du centre de leur cité. Pour Raymond Couderc, le cœur de ville était mort de fort longtemps ; Bien mal lui en a pris...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, septembre 4 2014

Edito - Interview exclusive de Hollande : « L’avenir du social-libéralisme passe par le dentiste »

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- Alors, François, comme ça, tu n’aimes pas les pauvres ?

- C’est pas que je les aime pas, c’est que j’en ai rien à foutre. Et c’est pas nouveau.

- Pas nouveau ?

- Ben oui, rigolo. Mon souffre-douleur El Blancos est allé devant le MEDEF pour clamer, la larme à l’œil « J’aime l’entreprise ». Tu ne l’imagines pas aller avec les sans-dents de Paris pour leur clamer « J’aime les pauvres ». Faut pas déconner… Les pauvres menacent notre économie. C’est un mal pire que les « puissances de l’argent », qui elles, cherchent à bien faire.

- Mais c’est l’inverse de ton programme…

- Peut-être,… mais c’est la continuité de mon action. De toute ma carrière politique, je ne me suis jamais intéressé à la question de la pauvreté, et je ne vais pas commencer à mon âge ! Regarde bien : j’ai toujours fait le minimum légal, et le plus tard possible, pour les bas revenus et les seuils sociaux. Comme Sarkozy était qualifié « de Droite », il devait lâcher du lest, mais moi je suis « de Gauche », alors ça passe tout seul. Je fais des moulinets devant la statue de Jaurès, et on me fiche la paix.

- Quand même… Les appeler les « sans-dents »

- Je n’ai rien inventé. Notre profonde sagesse ancestrale nous a légué un dicton d’une grande puissance d’analyse : « Un homme sans argent est un loup sans dents ». Et puis, franchement, les sans-dents c’est « pas jojo »

- C’est pas que t’en as rien à foutre, c’est que tu les méprises…

- Mais pas du tout, je dis juste la vérité. Depuis l’Abbé Pierre, on parle des sans-abris. Moi je les appelle les « sans-dents », et il n’y a pas diffamation car le fait est vrai. T’as vu les pauvres ? Ils ont des dentitions pourries. Et mon devoir est de dire la vérité aux Français. Le mieux, c’est les sans-abris, sans-dents et sans-papiers… Ceux-là, les Roms, je leur botte le cul depuis le premier jour de mon mandat… et tout le monde applaudit ! Pour ce qui est des sans-dents, ils n’ont qu’à aller chez le dentiste,… s’ils en trouvent un qui prend les patients CMU ! L’avenir du social-libéralisme passe par le dentiste… Ce que je suis drôle…

- Et puis que je les méprise ou non, les pauvres votent pour la Gauche. Ça aussi c’est un fait. Il suffit que je dise « c’est vrai, je n’aime pas les riches » ou « mon ennemi, ce sont les puissances de l’argent », et les sans-dents votent pour moi. C’est trop drôle…

- Attention, François, il y a plein de pauvres qui, écœurés par l’incurie politique, votent maintient FN

- Mais dit donc, toi t’es un vrai puceau de journaliste… Réfléchis un peu… Pour 2017, il n’y a que le vote FN qui peut me sauver la vie, en dégageant l’UMP au premier tour…

- Et pour les puissances de l’argent, tu fais quoi ?

- Je fais le max… mais le max pour elles, pas contre elles ! Je suis leur meilleure garantie, et avec moi elles sont tranquilles. Dès qu’il y a un mouvement de grève, je culpabilise la CGT en disant qu’elle joue contre le camp du progrès social, et ça marche… C’est comme le gadget Obama : il fait comme Bush, mais avec l’étiquette morale, c’est tout bénef. Non, il faut être réaliste. Avec les mecs de Gauche comme moi, la Droite n’a plus d’avenir, car je lui ai bouffé le marché… et à pleines dents !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, août 15 2014

Edito - Le tandem Hollande/Valls : Les incompétents qui font sombrer le pays

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La France est un pays sérieux : la preuve, les têtes pensantes du ministère de l’Intérieur ont faire arrêter un manifestant qui, dans une mise en scène rodée, mimait la scène de soldats abattant des enfants (terroristes) : notre ami est le roi des pépères, et la kalachnikov est en caoutchouc. Mais l’État français est fermement dirigé, et notre vaillant gouvernement, toutes affaires cessantes, a fait arrêter notre ami pépère pour que vérifier par expertise que la kalachnikov était en caoutchouc… Et notre ami s’est trouvé en garde-à-vue : pathétique.

C’est ainsi : dès qu’on les regarde de près, nos braves dirigeants apparaissent nature, ie comme des crétins finis.

Notre gouvernement passe son temps à tenter de nous dissiper avec ce genre de calembredaines, et on finit par de désintéresser de son action,… Sauf qu’ils sont en train de fiche en France un bazar rare,… et que nous allons tous passer à la casserole.

Le tandem Hollande/Valls, les fossoyeurs de la Gauche, ces deux irresponsables aux épaules en forme de bouteille de Coca-Cola, nous avaient vanté les mérites du Pacte de responsabilité. Un truc bidon, qui était en fait la remise des clés du pays au MEDEF. Pour faire joli, François Hollande et Manuel Valls avaient promis la baisse des cotisations sociales des salariés les moins payés. Un « marqueur de Gauche », comme le disait Le Monde (des innocents).

Mais voilà : le Conseil constitutionnel a annulé la baisse des cotisations sociales. Du travail d’amateur.

Tétanisés devant la réussite économique de l’Allemagne, notre pays frère, François Hollande n’avait rien trouvé de mieux que d’appeler l’Allemagne à lancer des programmes pour draguer à la croissance, pour que la France en profite. La réponse a été un coup de pied au cul, par le président de la banque centrale allemande Bundesbank, Jens Weidmann, qui a invité la France à être «un exemple en matière budgétaire» et à cesser d’en appeler à l’Allemagne pour soutenir sa croissance. Angela Merkel n’a pas bronché une oreille, et elle a laissé le banquier dézinguer François Hollande.

Il y a deux jours, nouvel épisode dans l’inexorable chute. Jean-Christophe Cambadélis a jugé «inévitable» d’abandonner l’objectif d’un déficit public de 3% du PIB en 2015. En septembre 2013, Paris avait obtenu de Bruxelles un délai de deux ans pour passer sous la barre des 3%, objectif initialement fixé pour 2013, et promis de ramener son déficit public à 3,6 % du PIB fin 2014 et 2,8 % fin 2015. Engagement martelé par El Blancos. Aujourd’hui, nos gouvernants renoncent. En juillet, les prix à la consommation ont baissé de 0,3% et on voit apparaitre un risque de déflation. C’est grave.

L’illusionniste Michel Sapin, qui avait estimé la croissance française à 1%, reconnait qu’on ne dépassera pas les 0,5%. Ce qui oblige à revoir toutes les prévisions fiscales…

A ce stade, nous n’avons plus le choix : il faut que Angela Merkel gouverne la France. Pendant ce temps, notre gouvernement s’occupera des enquêtes sur les kalachnikovs en caoutchouc.

On en rit,… mais pas trop, car François Hollande et Manuel Valls sont entrain de flinguer notre pays…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, juillet 25 2014

Edito - A Droite, voyez comme ils s'aiment...

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Pour invectiver Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet use d'un vocabulaire fleuri. « Il m'est arrivé de l'appeler et de lui témoigner mon mépris », assure-t-elle. Quand on lui demande par quels mots elle apostrophe son collègue député, NKM lâche : « Je lui dis "t'es une merde"»... Pourquoi tant de haine, alors qu'elle dénonce les « querelles d'ego » ? ''

« A Paris, il a tout fait pour me faire perdre »'', assure la députée. elle se réjouirait de voir une femme présider l'UMP, répondant à Bruno Le Maire, lui-même candidat au poste, qui estimait dans l'hebdomadaire qu'«à la tête de l'UMP, il faut quelqu'un qui a des couilles ». Sa réplique est ouvertement féministe : ''« Je suis très étonnée de l'utilisation du mot "couilles" dans le discours politique. Il n'est pas prouvé que cette partie de l'anatomie soit le siège du courage. Beaucoup de femmes sont là pour en témoigner »''.

Source : Le Parisien 24/07/2014

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, juillet 19 2014

Edito - Information : jusqu'où la réalité des faits peut-elle être kidnappée ?

La crise de régime en France atteint une gravité inédite.

Les politiciens brassent dans le vide. L'analyse faite par VGE dans Paris Match cette semaine est d'une terrible lucidité. Les affaires de l'UMP jointes à l'amateurisme du Gouvernement font que la majorité est défaite sans qu'une alternative séduisante ne se dégage. Deux forces de gouvernement décrédibilisées en même temps, c'est rare à ce point.

La Justice est désormais perçue comme partiale. C'est une appréciation (juste ou fausse ?) qui correspond désormais à une réalité dans l'opinion parce qu'il ne suffit plus que la "justice soit rendue" mais il faut aussi que "la décision de justice soit perçue comme la Justice". Ce qui est plus qu'une nuance. Dans l'affaire Taubira, la ministre a gagné dans le prétoire mais elle a perdu dans l'opinion à entendre les commentaires unanimes sur la sanction d'un délit très grave d'expression, voire de pensée.

L'Information, supposée quatrième pouvoir, est entrée dans la même zone de crise. Perpignan et le viol qui n'a pas eu lieu. L'eau et la condamnation trop rapide. Marseille et l'animal jamais persécuté ... : presque chaque jour apporte un fait qui n'a pas ... eu lieu.

L'information est déstabilisée par ce qui est rapporté à tort comme par ce qui n'est pas rapporté à tort aussi. Les voitures brûlées dans la nuit du 14 juillet ont été occultées. Dimanche les conditions d'attaque d'une synagogue à Paris ont été considérablement sous-traitées... L’État d'Israël et le Hamas ne peuvent raisonnablement être mis à égalité dans leurs conditions de fonctionnement.

Des actes reposant sur des guerres religieuses ne peuvent être sous-considérés à ce point.

Il y a aujourd'hui trois vecteurs d'offensive pour kidnapper la réalité de faits :

- l'engagement partisan du journalisme qui a considérablement progressé ces dernières années. Presque chaque support national d'opinion a désormais une ligne éditoriale très engagée,

- l'éditorialisation qui a trop pris le pas sur la simple présentation matérielle de faits,

- la personnalisation de l'information comme si bien s'entendre avec un journaliste était la meilleure garantie d'un certain traitement avant même le contenu réel de l'information. Selon une signature, le contenu devient terriblement prévisible.

Peut-être pour la première fois à ce point, tous ces piliers d'un bon fonctionnement démocratique sont en crise mais surtout tous en même temps.

Il y a quelques semaines, le FN est arrivé en tête en France lors des européennes. C'est plus qu'une alerte. Ce score n'est pas celui de la séduction d'un discours nouveau ou d'un leadership attractif.

C'est le score de la fièvre collective, exclusivement de la fièvre liée au mal être ambiant.

Depuis les Européennes, cette fièvre n'est pas tombée, loin s'en faut. Il suffit d'entendre les commentaires, les analyses. Des barrières tombent les unes après les autres. Nous assistons à une réelle fin de régime. Cette fin est inscrite dans les faits. Il reste plus qu'à connaître le calendrier mais surtout l'ampleur du désastre à l'issue de ce sinistre épisode.

Si cela continue sur l'actuelle "dynamique", la lucidité doit conduire à conclure à un réel désastre collectif.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, juillet 15 2014

Edito - Tous les indicateurs de la délinquance sont au rouge

Bernard Cazeneuve s’exprime assez peu sur les chiffres de la délinquance depuis son arrivée Place Beauvau. Un rapport confidentiel, que Valeurs actuelles s’est procuré, donne la raison de son mutisme : les chiffres sont catastrophiques.

Dans le “Tableau de bord national mensuel des infractions et des interventions” du mois de mai 2014, il apparaît que le nombre d’infractions liées aux violences sexuelles constatées par la police a explosé de 25,33 % dans l’agglomération parisienne par rapport au mois de mai 2013.

À Paris, ce chiffre a bondi de 17,17 %. Les atteintes aux biens ont quant à elles connu une progression de 19,04 %, soit 2 635 faits constatés en plus par rapport à 2013 à Paris. Les vols sans violence, enfin, ont augmenté de 26,89 % et les infractions liées à la grande criminalité ont connu une progression de près de 30 % (28,72 %) à Paris. Entre mai 2013 et mai 2014, le nombre d’interventions des gendarmes pour faits de violences sexuelles a connu une progression record : 42,96 %.

Zone police et zone gendarmerie confondues, la progression est de 14,79 %. Toujours en zone gendarmerie, le nombre d’interventions des militaires liées aux violences physiques non crapuleuses a connu une progression de 34,44 %. Pour tenter d’expliquer cette hausse, le ministre de l’Intérieur s’est réfugié derrière des arguments purement techniques, évoquant « un nouveau système de comptabilisation des actes de délinquance ».

Source : Info Valeurs Actuelles

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, juillet 11 2014

Edito - Google lance un fonds de 100 millions en Europe

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Le fonds Google Ventures, bras financier de Google, débarque en Europe avec une enveloppe de 100 millions de dollars pour investir dans les start-up, selon un message consulté jeudi sur son blog.

Pour ce faire, Google Ventures va lancer une déclinaison européenne de sa propre structure consacrée exclusivement à l'Europe.

« Notre objectif est simple : nous voulons investir dans les bonnes idées venant des meilleurs entrepreneurs européens et les aider à concrétiser ces idées », écrit Bill Maris, l'un des responsables de Google Ventures. '' « Nous sommes persuadés que la scène des start-up européennes a un gros potentiel. Nous avons vu des entreprises captivantes émerger de Londres, Paris, Berlin, des pays nordiques et au-delà »'', ajoute Google Ventures. Le fonds cite en particulier les plateformes de musique en ligne SoundCloud, fondée en Suède et basée à Berlin, et le suédois Spotify, de même que l'application finlandaise de jeux vidéo en ligne Supercell.

Bill Maris ne donne pas de détails sur les secteurs visés ni les cibles potentielles.

Google avait créé Google Ventures en 2009 pour accompagner le développement de start-up américaines.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, juin 11 2014

Edito - Philosophons...

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Au moins nous voyons où passent nos impôts...

Anne Hidalgo et d'autres de ce gouvernement utilisent des bacs+5 comme esclave "porte-parapluie".

Tout cela est Ubuesque.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, juin 7 2014

Edito - Van Gogh / Artaud - Le suicidé de la société, au Musée d'Orsay à Paris

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Hier matin, à la première heure, je suis allé visiter l'exposition consacrée à Vincent Van Gogh, dont la fluidité du parcours a été guidée par le texte d'Antonin Artaud, Van Gogh - Le suicidé de la société.

J'avais été prévenu. Il fallait, même muni d'un billet, arriver tôt. Trois quarts d'heure avant l'heure j'ai donc émergé de la station de métro Solférino, boulevard Saint-Germain. Il était tout de même suffisamment tôt pour que j'aille prendre un café. J'ai donc avisé le Solférino, qui se trouve à l'angle de la rue de Solférino, à deux pas du siège du PS...

Quand je vois la foule qui se presse pour voir l'exposition Van Gogh/Artaud, je ne peux m'empêcher de penser à cette phrase d'Antonin Artaud qui se trouve à la dernière page de son Van Gogh - Le suicidé de la société et par laquelle il s'adresse à ceux qui visitent à l'époque, en 1946, l'exposition consacrée au peintre à L'Orangerie :

Les mêmes, qui à tant de reprises montrèrent à nu et à la face de tous leurs âmes de bas pourceaux, défilent maintenant devant Van Gogh à qui, de son vivant, eux ou leurs pères et mères ont si bien tordu le cou.

Alors, au moment de franchir le seuil de l'expo temporaire de cette année, je m'efforce de défiler devant les œuvres du peintre hollandais, en faisant abstraction de ce que je sais de l'homme, pour ne plus voir qu'elles.

C'est bien difficile, parce que dans la première salle sont suspendus trois autoportraits dans l'ordre chronologique, et parce qu'il est impossible de ne pas voir la transformation physique du peintre en quelques mois, son visage se creusant de plus en plus et ses yeux devenant de plus en plus inquiétants.

C'est bien difficile parce que sont exposées des toiles qu'il a peintes à l'hôpital Saint Paul à Saint-Rémy-de-Provence, où il avait demandé lui-même à être interné après s'être coupé l'oreille pour se punir d'avoir menacé son hôte, Paul Gauguin, avec un rasoir.

A défaut d'avoir pu faire venir Le champ de blé aux corbeaux, une projection en est faite à mi-parcours, en très grand format. Le texte inouï d'Artaud sur cette œuvre, vraisemblablement la dernière du peintre, est dit par Alain Cuny, qui l'a enregistré en 1995. J'en frémis encore, tellement il est suggestif.

C'est avec émotion que j'ai vu, de mes yeux vu, La nuit étoilée, dont je ne me souvenais pas qu'elle se trouve de manière permanente au Musée d'Orsay.

Sur Les lauriers-roses, peints à Arles en 1888, l'obsédé textuel que je suis a repéré le titre du livre posé sur la table. C'est La joie de vivre d'Emile Zola...

0.Atmp_cae3813a6c8c57af5d951fc7e6347979.gifAntonin Artaud a raison. Il est impossible de décrire les toiles de Vincent Van Gogh aussi bien qu'il l'a fait lui-même dans ses lettres à son frère Théo. Il faut donc se contenter de dire avec Artaud que :

Van Gogh est peintre parce qu'il a recollecté la nature, qu'il l'a comme retranspirée et fait suer, qu'il a fait gicler en faisceaux sur ses toiles, en gerbes comme monumentales de couleurs le séculaire concassement d'éléments, l'épouvantable pression élémentaire d'apostrophes, de stries, de virgules, de barres dont on ne peut plus croire après lui que les aspects naturels ne soient faits.

Ce que dit Artaud est d'autant plus vrai que ces apostrophes, ces stries, ces virgules, ces barres, visibles quand on a le nez sur ses toiles, ne sont plus perceptibles à bonne distance pour les contempler.

De très courts extraits de films dans lesquels Artaud a joué défilent sur un écran, des films muets comme des parlants. Il crève l'écran par sa présence, souvent celle d'un halluciné qui ne peut laisser personne indifférent.

Artaud était comédien, acteur, metteur en scène, écrivain et... dessinateur. De son autoportrait du 17 décembre 1946 se dégage une solitude mélancolique qui ne peut qu'émouvoir.

Artaud, cet hypersensible était à même de comprendre cet autre hypersensible qu'était Vincent Van Gogh et son livre, pourtant très bref, en dit plus sur le peintre, et d'une autre manière, que bien des livres écrits précédemment et depuis.

Cela dit, même si je n'avais pas lu Artaud, les œuvres de Van Gogh exposées à Paris ce printemps m'auraient confirmé un trait de caractère que je ressens en les voyant et qui n'est peut-être pas assez souligné, obnubilés que nous sommes par sa fin tragique, Vincent Van Gogh avait une grande compassion pour ses semblables.

Au sortir du Musée d'Orsay, mes pas me conduisirent en bord de Seine, où Au sortir du Musée d'Orsay, mes pas me conduisirent en bord de Seine, où une jeune femme solitaire pianotait sur son smartphone...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, mai 25 2014

Edito - La mêlée numérique s’anime

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Bordeaux, Lyon, Nantes, Lille, Toulouse, Paris animent la “mêlée numérique” dans le cadre de la French Tech.

Le projet le plus spectaculaire est celui de Bordeaux : objectif 25 000 emplois créés dans le numérique au sein de la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB).

25 000 emplois au sein de l’objectif global de 75 000 emplois à créer dans le cadre de la CUB.

Virginie Calmels, nouvelle adjointe à l’économie, accélère la mobilisation. Il est de plus en plus question de la création d’un Conseil des Entrepreneurs dont la présidence pourrait être confiée à Xavier Niel.

Et, pendant ce temps, on fait quoi à Béziers ou Montpellier ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, mai 7 2014

Edito - La bêtise des marchés n’a pas de limites

00000000AA20140419_LDC753.png __ Jusqu’où s’arrêtera la bêtise des marchés ?__ Après des siècles de crises, on peut sans doute dire qu’elle est sans fin, comme le montrent dernièrement la baisse des taux sur les dettes souveraines dans la zone euro, la nouvelle bulle Internet et les folies du marché immobilier dans quelques pays.

Du jugement des dettes souveraines

Le succès récent de la vente de bons du trésor grec illustre le nouveau changement d’humeur des marchés. Début 2009, tous les États de la zone euro pouvaient emprunter à peu près au même taux, une absurdité quand on examinait un tant soit peu les différences colossales entre Berlin, Madrid, Paris ou Athènes. La crise qui a suivi a démontré la faillite des marchés à produire des taux justes puisqu’ils ont nourri un excès de dettes (privé, plus encore que public) dans de nombreux pays (Espagne et Irlande notamment), qui ont mené à la crise de la zone euro. Bref, la main invisible était celle d’un dealer vendant sa marchandise à si bas coûts que cela a provoqué quelques overdoses...

Les marchés étant excessifs à la hausse comme à la baisse, début 2012, la dette à 10 ans d’Athènes s’échangeait avec un taux annuel théorique supérieur à 40 %, la dette portugaise dépassant les 15 % ! Là encore, on peut imaginer qu’un tel taux était absurde et était le pendant inverse des excès passés. De tels niveaux étaient assez ridicules par rapport à ceux des pays émergents. En deux ans, la situation s’est complètement renversée puisque la Grèce peut emprunter à 5 % à 5 ans et que la dette à 10 ans de l’Italie et l’Espagne dépasse à peine le cap des 3 % (contre près de 7 % au pire de la crise de la zone euro). Difficile de ne pas croire que, là encore, la baisse des taux est excessive.

Où l’État entre en jeu

Les évolutions erratiques et extrêmes du jugement des marchés sur la dette publique de la zone euro démontrent de facto que ce jugement est irrationnel et exubérant, sans doute trop bon par temps calme et trop dur quand le vent souffle. Tout le problème est que cela est vrai pour tous les marchés. Le début d’année a été marqué par une forte baisse des valeurs technologiques, notamment aux États-Unis, du fait de l’écart colossal entre la valeur des entreprises et ce qu’elles dégageaient réellement. De nombreux marchés immobiliers montrent aussi de gros signes de dysfonctionnement, que ce soit en Grande-Bretagne ou au Danemark, sachant que la bulle explose déjà aux Pays-Bas.

Bien sûr, les néolibéraux pointeront (pas totalement à tort), la responsabilité de l’État au sens large dans ces épisodes. L’incapacité des européens à mettre en place un plan solide ayant provoqué un fort stress des marchés et les annonces de 2012 ayant permis de ramener le calme. Ils pointeront également le rôle des politiques monétaires, qui contribuent à augmenter la demande pour tous les types d’actifs. Mais, cela revient à ne voir qu’un aspect de ces crises. Car de tous les temps, les marchés ont été exubérants, parfois à rebours des politiques publiques, ce qui montre qu’il y a une nature intrinsèquement excessive et instable dans les marchés, bien théorisée par les « esprits animaux » de Keynes.

Mais du coup, cela signifie qu’il est fondamentalement absurde de mener des politiques basées sur le jugement des marchés, puisque ce dernier se révèle si souvent mal avisé. Il faut absolument s’en détacher pour pouvoir mener des politiques qui vont dans le sens de l’intérêt général.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, avril 24 2014

Edito - DVD : "Minuit à Paris" de Woody Allen

3384442249454.gifQuel amoureux de la Ville-Lumière ne serait pas conquis par le merveilleux film de Woody Allen ?

En effet celui-ci dans Minuit à Paris promène sa caméra dans les lieux mythiques de la capitale française et nous invite à la revisiter en remontant le temps jusqu'aux Années folles et même jusqu'à la Belle Époque.

Le personnage principal, Gil Pender, Owen Wilson, est un jeune écrivain en visite à Paris avec sa fiancée, Inez, Rachel McAdams, et ses futurs beaux-parents, venus pour affaires. Ce véritable artiste figure un vilain petit canard au milieu de ces Américains argentés, pragmatiques et sans la moindre once de romantisme.

Tandis qu'Inez ne songe qu'à s'amuser, à courir les boutiques de luxe et à danser, Gil bat la semelle dans les rues et avenues de la cité capitale, qui n'est jamais si envoûtante que lorsqu'il se met à pleuvoir et que le ciel ensoleillé devient tourmenté.

Aux douze coups de minuit la magie parisienne opère, mais elle ne le fait qu'auprès de ceux qui y sont prédisposés. Une vieille Peugeot s'arrête dans une courbe d'une rue pavée qui monte une colline de Paname. A l'invitation des occupants Gil monte à bord pour un voyage au pays des artistes, des poètes et des écrivains d'un autre temps.

La première fois il est transporté dans le Paris des Années folles et rencontre Francis Scott Fitzgerald et sa femme Zelda, Ernest Hemingway, Cole Porter et Pablo Picasso, qui trompe effrontément sa femme avec la belle Adriana, Marion Cotillard, qui a tout de suite un penchant pour Gil, quand elle entend les premières lignes de son roman lues par Gertrude Stein.

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Les nuits se suivent. Tandis que Gil remonte le temps, Inez reste bien ancrée dans le présent. Le couple, petit à petit, se disloque. Inez et Gil n'étaient visiblement pas faits l'un pour l'autre. Leurs différences, au lieu de les rendre complémentaires, les éloignent gentiment l'un de l'autre.

Après les Années folles d'un Paris interlope, où ils ont approché Salvador Dali, Juan Belmonte ou encore Joséphine Baker, Adriana et Gil se retrouvent après un autre minuit à la Belle époque et côtoient Gauguin, Degas et Toulouse-Lautrec. Mais ils ne vont pas continuer la route ensemble.

Adriana pense avoir trouvé l'âge d'or, alors que Gil sait fort bien qu'il n'existe pas, même s'il a une forte propension à se complaire dans une vie rêvée, ce qui est le lot des vrais romanciers. Il retourne donc tout seul dans le temps présent.

Gabrielle, Léa Seydoux, rencontrée au marché aux puces, où il lui a acheté un microsillon de Cole Porter, le rencontre sur un pont au-dessous duquel coule la Seine, et très naturellement s'éloigne avec lui sous la pluie qui baptise leur idylle naissante.

Hier soir, j'ai regardé ce DVD, aux alentours de minuit. Même si j'étais loin du Paris de mon enfance et de ma prime adolescence, j'avais les yeux remplis de ces lieux jadis arpentés et le cœur réchauffé à la pensée de tous ceux qui ont œuvré dans la littérature, dans l'art ou la poésie à son insigne rayonnement.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

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