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samedi, janvier 24 2015

Edito - La France est-elle prête pour un mouvement comme Syriza ?

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Pour bien répondre à cette question importante, il faut identifier le sens de la dynamique Syriza. Ce n'est pas une "mode de gauche". C'est la réussite d'une course au peuple. En Grèce des leaders de gauche ont été capables de canaliser cette course au peuple. Mais le fond est la course au peuple qui veut se réapproprier sa démocratie.

Le véritable signal a été le Mouvement Tea Party aux États-Unis en 2009. C'est un mouvement d'une extrême importance qui repose sur un socle simple : les "bons citoyens contre les méchantes élites".

Des journalistes français engagés à gauche ont caricaturé à l'époque ce mouvement en mettant en relief des excès de certains candidats sur des sujets de société. Au-delà de ces clichés qui déformaient la réalité du mouvement, le Tea Party c'est une nouvelle démocratie sur trois principes :

- l’émergence de l’opinion consommatrice de résultats,

- la volonté de sanction de l’élite politique qui a été incapable de prévoir la crise, incapable de fixer une sortie rapide voire même une seule visibilité de calendrier de sortie et qui a échappé à la crise.

- le vote plébiscitaire : le scrutin est un referendum sur une ou deux questions et pas davantage. Le Tea Party était le vote sur la fiscalité et les pouvoirs de l’État fédéral. Syriza c'est sur l'austérité.

Sur ces bases, cette tendance peut-elle concerner la France ?

Oui.

Syriza c'est "je suis Charlie" mais sans l'étape du passage par l'isoloir pour ce dernier mouvement.

Ce sera une partie du vote Front National lors des cantonales.

Ce peut être l'avenir d'actuels mouvements comme Nous Citoyens ou Nouvelle Donne s'ils changent rapidement certains volets de leurs actions et de leurs images, voire de nouvelles initiatives à venir.

C'est une étape clef qui s'ouvre et que des associations locales vont devoir engager en France avec davantage de rapidité et de réactivité.

NB : Béziers notre ville (BNV) et Béziers dialogue citoyen (BDC) étaient dans une approche forte intéressante mais elles ont disparues depuis tellement longtemps et c'est bien dommage !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, mai 20 2014

Edito - 25 mai : Marine le Pen ou le passage de 6 à ... 28 % ?

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Le 7 juin 2009, le FN réalisait un score de 6 % aux élections européennes. Des sondages internationaux donnent à ce jour un score de ... 28 %. D'où le fait que la couverture de Time Magazine soit consacrée à Marine le Pen.

Si ce score se confirmait, ce serait le marqueur de quatre tendances fortes :

1) Une opinion qui zappe ses choix d'une élection à l'autre d'où l'amplitude des évolutions brutales.

2) La naissance de deux droites à parts égales, ce qui est une nouvelle donne totale pour les prochaines échéances nationales.

3) La radicalisation d'une partie importante de l'électorat français dont l'examen sérieux des causes ne peut plus être différé. Un examen d'autant plus urgent quand la géographie de ces progressions du FN marque des messages anciens, durables, croissants.

0.AMDPortrait4.jpg4) L'image internationale d'une France en crise au point qu'un parti extrême est devenu le 1er parti de France. Il y a quelques années, l'image internationale était portée par Christine Lagarde. Elle est désormais portée par Marine le Pen ...

Si ce score se confirmait, le Gouvernement ne pourrait pas banaliser ce score ni ce classement s'il devait être confirmé le 25 mai et une étape supplémentaire dans la crise qui serait alors franchi.

C'est aujourd'hui le test du 25 mai.

Un test étonnant car, progressivement, le FN a capitalisé le rejet d'un système politique auquel il appartient désormais pleinement. Le rejet véritable devrait passer par la poussée spectaculaire de nouvelles formations (Nous Citoyens, Nouvelle Donne ...) mais ces dernières ne bénéficient pas de la visibilité nécessaire.

Probablement aussi, à la différence du FN, ces formations sont associées aux élites (économiques ou intellectuelles) et progressivement le vote FN n'est plus le vote anti-système politique mais le vote anti-élites. C'est ce tournant qui explique son score dans les quartiers populaires et c'est ce volet qui mérite l'attention la plus sérieuse.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE