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dimanche, janvier 18 2015

Edito - Sur le mouvement "Je suis Charlie": "En état de choc, on fait n’importe quoi"

http://petrus.angel.over-blog.com/article-jesuischarlie-en-etat-de-choc-on-fait-n-importe-quoi-125387093.html

« En état de choc, on fait n’importe quoi » : Guillaume de Prémare livre son décryptage du choc « Charlie Hebdo » et du mouvement « Je suis Charlie ».

Que pensez-vous de ce que nous vivons autour du choc « Charlie Hebdo » ?

Il faut partir du fait générateur qui est le terrorisme. La France a déjà connu, dans un passé récent, des vagues de terrorisme. Mais elles n’étaient pas de la même nature. Je vois deux différences profondes.

La première différence est que les vagues de terrorisme des années 1980 et 1990 étaient principalement destinées à faire pression sur la politique internationale de la France, qu’il s’agisse du conflit israélo-palestinien ou de l’Algérie. Aujourd’hui, les terroristes cherchent aussi à faire pression sur la France par rapport à ses engagements militaires à travers le monde, mais ils poursuivent plus largement un objectif de conquête politico-religieuse à l’échelle mondiale, ce qui est nouveau, appuyé sur une idéologie politico-religieuse qui est ancienne.

La deuxième différence, c’est que les terroristes venaient jusqu’ici le plus souvent de l’extérieur. Aujourd’hui, l’islam radical s’appuie principalement sur des musulmans qui vivent en France, et sont même de nationalité française.

Ne manquez pas la suite... (un entretien avec Guillaume de Prémare, en texte et en VIDEO)

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, janvier 9 2015

Edito - De grâce, je vous demande de ne pas aller dans le sens voulu par les terroristes !

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Qui sont les terroristes, assassins de la rédaction de Charlie ? Agissent-ils seuls ? Ont-ils des commanditaires ? Ont-ils un maître à penser ? Reçoivent-ils des consignes ? De qui ? Ont-ils un réseau local ? Quelle est leur préparation ? Quelles sont leurs motivations ? Qu’a-t-on trouvé chez eux ? Que disent leurs ordinateurs ? Ont-ils des échanges avec des groupes étrangers ? Lesquels ? Quels sont leurs sites de référence ? Ont-ils gardé des liens avec leurs filières irakiennes ? Ont-ils des financements extérieurs ? Y a-t-il d’autres armes ? Quelle documentation trouve-t-on chez eux ? Avaient-ils tenté d’autres opérations ? Ont-ils eux-mêmes un rôle de leaders ? Ou sont-ils deux loups solitaires ? Avaient-ils infiltré des associations ? Ont-ils contaminé autour d’eux ? Que disent leur famille, leurs amis, leurs voisins ?

Il faut attendre pour répondre au juste niveau. Les fuyards vont être arrêtés,… peut-être abattus. Même si c’est le cas, une enquête judiciaire très approfondie aura lieu, justement pour répondre à ces questions. Cela prendra du temps, et en attendant, on doit poser quelques principes, calmement.

1/ La qualification d’islamiste, étiquette facile, ne veut pas dire grand-chose : attendons les faits pour étudier et comprendre.

Nous y verrons plus clair avec les progrès de l’enquête, mais il y a déjà des pistes sérieuses. On décrit des professionnels car, devant des hommes et des femmes sans défense, ils ont fait un usage méthodique de leurs armes. C’est un peu court… Je note des faits établis : ils se sont trompés d’adresse, puis d’étage ; lorsqu’ils descendent de voiture, l’un deux perd sa basket… Je passe sur cette invraisemblable affaire de carte d’identité tombée…

Et puis, est-on sûr que ce sont des islamistes, au sens de fous-furieux de leurs convictions ? Oui, il y a le contexte religieux, dévoyé et violent. Mais s’ils ont tué, ils n’ont rien détruit… La scène du crime a été longue, très longue, semble-t-il entre 10 et 15 minutes. L’enquête de police nous en apprendra beaucoup sur le discours, les comportements, les buts… Et puis, la manière dont, pendant la fuite, ils assassinent le policier, en s’arrêtant pour l’achever d’une balle dans la tête, a beaucoup avoir avec la truanderie, et peu avec l’islamisme. Nous devons comprendre, et nous ne pouvons rien construire dans la confusion.

2/ Le pays doit renforcer ses liens avec la communauté musulmane, et avec tous les Etats musulmans, amis de la France.

Si le but premier de ce crime est une vengeance meurtrière, le second est de braquer de la société française, pour isoler la communauté musulmane. Leur rêve, c’est de cliver, de casser. Pour eux, des musulmans vivant paisiblement dans une démocratie, c’est juste insupportable, car ça ruine leur système. Dans le mauvais climat actuel, avec des lascars comme Eric Zemmour et Michel Houellebecq qui annoncent avec des analyses imbéciles la guerre civile, les terroristes comptent sur le choc que va créer leur crime pour causer des ravages sur le thème : les Occidentaux d’un côté, les Musulmans de l’autre. Aussi, notre devoir impérieux est de combattre ce plan destructeur.

Ce crime est un crime prévu par la loi, ce n’est pas une affaire de civilisation, comme Nicolas Sarkozy s’est dépêché de la dire. Où est le problème de civilisation quand deux personnes isolées violent une loi que toute la société reconnait ? Une association fatiguée affirme que 99 % de la communauté musulmane respecte la loi et rejette le crime. Mais le 1%, ça fait entre 60 et 80 000 personnes ? Où sont-elles ? Des criminels, je n’en ai compté que deux ! Si la société se trouve plus divisée après ce crime, ce sera une victoire pour les terroristes. Alors, par pitié, ne leur donnons pas raison, et multiplions les signes de respect et d’amitié avec les Musulmans.

3/ La France est forte, et elle ne doit pas renoncer à ses libertés car elle dispose de toutes les armes juridiques pour riposter.

Là encore, il serait pitoyable d’offrir aux terroristes ce qu’ils cherchent : une France qui renonce à être ce qu’elle est, une terre de justice, forte parce qu’elle respecte les droits et libertés. La partie est facile pour un groupe armé qui attaque des civils… Dans un premier temps, la police et la justice plient sous le choc, c’est inévitable, mais nous avons tout dans nos lois et notre organisation policière pour faire face. C’est l’Etat de droit, qui est l’ennemi de ces obscurantistes. Si la République décide de bouleverser ses lois après un crime, elle reconnait la victoire de ce crime, qui l’a désarçonnée, mise à nu.

Aussi, j’espère vivement que la réponse à ce crime ne sera pas un abandon de notre culture juridique, par une horreur genre Patriot Act… lourd et inefficace contre le crime, et qui vise surtout à assurer le contrôle social. Je souhaite que les criminels soient arrêtés, jugés avec tous les droits de la défense, et qu’ils puissent faire valoir leur droit jusque devant la Cour européenne des droits de l’Homme, cette belle justice qui représente le contraire de l’arriération qui les motive.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, septembre 26 2014

Edito - Exécution d’Hervé Gourdel : Et si on fichait la paix aux musulmans

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Je trouve les musulmans particulièrement patients, d’une tolérance infinie.

L’exécution d’Hervé Gourdel est un assassinat, pratiqué dans une perspective terroriste et il a été commis par les résidus de groupes armés qui, il y a quelques années, avaient mis à feu et à sang ce beau pays qu'est l’Algérie. Et que demande-t-on aux musulmans ? De condamner ces crimes, et de manière nette… et plus vite que ça… car ils doivent d’en désolidariser.

C’est insupportable. Quand un homme est jugé parce qu’il a violenté sa femme, adresse-t-on des sommations moralisantes à la communauté des mecs de condamner ces faits ? A-t-on demandé aux chrétiens de se désolidariser des crimes du Ku-Klux-Klan ?

La patience des musulmans est d’autant plus remarquable que cette sommation prend place dans l’interprétation d’un Islam qui par nature rejette notre société, d’un Islam de semi-sauvages qui auraient un compte à régler avec notre société. C’est donc de la grasse et replète islamophobie qui s’affiche.

Les responsables musulmans organisent des rassemblements symboliques devant les mosquées, en solidarité avec l’exécution de ce compatriote… avec des déclarations minimales dans la presse. Là, nous restons dans la bonne mesure.

En revanche, je ne peux que déplorer les initiatives du genre #notinmyname et autres. Chers amies, chers amis, il y a un minimum de sens politique à avoir avant de se lancer dans de telles opérations. Comment pouvez-vous admettre de faire un pas dans cette direction, d’accréditer l’idée de musulmans toujours obligés de faire leurs preuves de citoyens ? On a l’impression que la logique de SOS Racisme – touche pas à mon gentil arabe, je vais bien le blanchir pour en faire quelqu’un – a été métabolisée au point de revenir au galop depuis la communauté… Et tous les articles de presse louant cette belle initiative… Pouah…

La réalité est très simple : les musulmans ont été les premières victimes des groupes islamistes. Alors… Oui, bravo pour leur patience, fondée sur leur sagesse.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE