lundi, octobre 6 2014

Edito - Narcotrafiquants : Violence extrême au Mexique

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Le 26 septembre, un groupe d’étudiants, de l’École normale de Chilpancingo, capitale de l’État de Guerrero, s’étaient rendus à Iguala, à une centaine de kilomètres plus au Sud, pour récolter des fonds et manifester contre un projet de réforme de l’éducation.

Pour leur retour, ils se seraient emparés de trois autobus de transport public locaux. Des policiers municipaux et des hommes armés auraient alors tiré sur ces autobus, en deux temps, faisant six morts et une vingtaine blessés. Suite à ces évènements, quarante-trois étudiants sont restés disparus. Rien. Aucune nouvelle.

La police s’est activée. Une trentaine de personnes ont été arrêtées, dont 22 policiers et des membres présumés du groupe criminel local Guerreros Unidos. Les déclarations ont permis à l’enquête d’avancer.

Hier dimanche, le procureur de l’État de Guerrero, Iñaky Blanco, lors d’une conférence de presse a annoncé la découverte de charniers : « Vers midi aujourd’hui ont été découvertes des fosses clandestines à l’intérieur desquelles on a trouvé des restes humains, près d’une colline dans les environs d’Iguala ». Les fosses communes ont été retrouvés dans un lieu montagneux difficile d’accès, proche de Pueblo Viejo. Le procureur n’a pas précisé le nombre de cadavres et on attend les tests génétiques pour l’identification. Des maisons où les étudiants auraient été détenus ont été repérées et perquisitionnées.

La police est convaincue de la complicité des mafieux et des élus locaux. Un mandat d’arrêt a été lancé contre le maire d’Iguala, Jose Luis Albarca, et son responsable de la sécurité. Tous deux ont pris la fuite.

L’État de Guerrero, un des plus pauvres du Mexique, est un des secteurs clé du trafic de drogue au Mexique.

On estime à 80.000 morts les victimes du crime organisé au Mexique depuis 2006. Ces faits, dramatiques, et qui sont un défi à l’État, rappellent à notre pays qui a le don de se traumatiser pour des faits de second ordre, ce qu’est réellement la violence mafieuse : 10 000 morts par an.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, septembre 7 2014

Edito - Une explication des inégalités dans les pays émergents

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Le débat sur les inégalités ne cesse de progresser, ce qui explique l’immense succès international du livre de Thomas Piketty. The Economist rapporte l’étude du « prix Nobel d’économie » 2007, Eric Maskin, qui tente d’expliquer la hausse des inégalités dans les pays émergents.

La globalisation, vecteur d’inégalités

The Economist admet volontiers que les inégalités augmentent dans les pays émergents. Ils citent la hausse de 9 % de l’indice Gini entre 1993 et 2008 pour l’Afrique sub-saharienne, et de 34 % pour la Chine depuis 20 ans. Il explique aussi que cela contredit les théories de Ricardo, pour qui le libre-échange devait profiter aux travailleurs « low skill » (bonjour le biais idéologique), comme de 1700 à 1900 en France, où le rapport entre les revenus des 10 % qui gagnaient le plus et des 10% qui gagnaient le moins, est passé de 31 à 11. Mais depuis les années 1970 ou 1980 selon les pays, les inégalités explosent, avec le cas des États-Unis, comme le rapporte la Fed, qui révèle que de 2010 à 2013, les revenus des 10 % les plus riches ont progressé de 10 % alors que ceux des 20 % les moins riches ont baissé de 8 %

Selon Eric Maskin, les travailleurs bien formés des pays émergents sont en contact avec les travailleurs plus productifs des pays dits développés. Et ce contact entre personnes différentes maximiserait la productivité globale, les plus productifs tirant la productivité des moins productifs, dont l’activité est complémentaire de celle des premiers. La mondialisation a démultiplié ce genre de contacts, favorisant donc les travailleurs les mieux formés des pays émergents, par rapport aux moins formés, qui ne sont pas exposés aux travailleurs des pays dits développés. The Economist rapporte que les entreprises exportatrices au Mexique paient des salaires 60 % plus élevés que les autres et que les usines des multinationales en Indonésie paient leur encadrement 70 % plus cher que les entreprises indonésiennes.

Les zones d’ombre de cette théorie

Même si elle voit sans doute assez juste dans sa globalité, cette étude est critiquable sur deux aspects. D’abord, elle postule que la productivité des travailleurs peu formés dans les pays dits développés est supérieure à celle des travailleurs très formés des pays émergents. Mais ici, l’auteur confond sans doute les revenus ou le PIB / habitant et la productivité. Et si ce raisonnement était juste, alors, les multinationales n’auraient aucune raison pour délocaliser puisque ce qu’’elles perdraient en salaire chez nous serait alors rattrapé par la productivité supérieure. Ce faisant, il apporte de l’eau au moulin de Pascal Lamy, mais des études démontrent que ++ce raisonnement est totalement faux. ++ L’autre parti-pris contestable d’Eric Maskin consiste à soutenir que les travailleurs bien formés des pays émergents bénéficient de leur contact avec les travailleurs peu formés des pays dits développés. Mais ici, il se trompe. D’abord, l’explosion des inégalités dans ces pays démontre qu’il y a une zone d’ombre dans son raisonnement car, s’il avait raison, en bénéficiant de la double exposition aux travailleurs les mieux formés des pays émergents et des pays dits développés, alors, les travailleurs les moins formés des pays dits développés devraient bien se porter. La réalité, c’est sans doute que les travailleurs les plus formés des deux types de pays interagissent ensemble, ce qui contribue à leur faire tirer un profit disproportionnel de la mondialisation, qui ignore totalement les travailleurs les moins formés.

Le débat sur les inégalités ne cesse de progresser dans le monde. Mais pour l’instant, malgré des chiffres extraordinairement parlant, il ne trouve pas d’issue politique. Mais tôt ou tard, leur explosion finira par trouver une concrétisation politique, qui mettra enfin une muselière à la mondialisation.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE