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Il y a quelques jours, le parlement a voté la réorganisation de la carte des régions, qui passeront de 22 à 13. Même si je pense qu’elles devraient s’effacer devant les départements, ce redécoupage, qui ressemble à une réorganisation d’entreprise, démontre à nouveau la faillite du pouvoir en place.

Réorganisation néolibérale

Tout, dans ce charcutage de nos territoires, ressemble au pire de notre époque. D’abord, ce raisonnement effarant qui consiste à vouloir faire des économies, totalement négligeables par rapport au montant total de la dépense publique, au mépris de l’organisation du pays, qui ne pèse pas lourd face aux injonctions de baisse des déficits ! Mais bien évidemment, cette réorganisation est d’une cohérence limitée, qui révèle le poids des lobbys. Comment justifier le maintien de la Corse, non intégrée dans la région PACA, ou même de la Bretagne, alors que le Languedoc-Roussillon et la Lorraine sont fondus dans le Midi-Pyrénées ou un ensemble avec l’Alsace et la Champagne-Ardennes.

Le territoire national est victime d’une réorganisation qui ressemble furieusement aux réorganisations des multinationales, qui effacent les Etats-nations historiques pour créer des organisations trans-nationales. Encore plus stupéfiant, on parle désormais d’une possibilité pour les départements de quitter les régions auxquelles ils sont affectés : la volonté du moment prime sur les cadres qui permettent d’organiser la vie collective, qui ressemble de plus en plus à une jungle où il y a tous les jours moins de cadre qu’il faudrait respecter, si ce n’est la loi du marché et de l’argent.

François Hollande fait ce que Nicolas Sarkozy n’avait pas osé faire

Encore une fois, François Hollande, qui avait annoncé cette réforme en janvier, fait ce que Nicolas Sarkozy avait hésité à faire et n’avait pas osé, dans un brouillage complet des lignes politiques, qui, sur certains sujets, ne semblent plus avoir aucun sens. Depuis quelques mois, le Parti Socialiste s’est lancé dans une effarante course à droite que pas grand chose ne semble arrêter, comme on le voit avec les nombreux projets portés par Emmanuel Macron. Ceci démontre une nouvelle fois qu’il n’y a plus la moindre boussole idéologique, ni même la moindre réflexion au sein de la majorité.

Malheureusement, cette réforme surfe sur un air du temps néolibéral qui ne favorise pas l’émergence d’une opposition forte à ces projets délirants. Il y a donc fort à parier que la carte de notre beau pays souffrira de ce charcutage dans les prochains mois.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE