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samedi, janvier 31 2015

Edito - Le travail du dimanche doit rester une exception

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Pour Force Ouvrière, le travail dominical doit rester une exception.

"Le syndicat s’est toujours montrée hostile à toute extension du travail dominical. Il ne cesse de rappeler qu’il doit garder un caractère dérogatoire et exceptionnel. Demain, l’exception ne doit pas devenir la règle ! Le travail du dimanche ne favorise pas davantage la consommation. Le pouvoir d’achat des ménages n’est pas extensible en ces périodes de crise. Au surplus, le travail du dimanche déstructure la vie privée et familiale et favorise le travail à temps partiel...

Or, le projet de loi Macron ne répond pas à nos revendications ; bien au contraire. Sous couvert de simplification, de nouvelles zones de dérogation au repos dominical sont créées : zones touristiques, zones touristiques internationales, zones commerciales et commerces de gares. Cependant, faute de définition précise, il est difficile d’en appréhender les contours et les effets à l’égard des salariés.

Réclamation d'une compensation minimale généralisée et applicable à tous

Nos revendications en matière de compensations salariales ont été partiellement entendues puisque ces dernières ont été, dans leur principe, généralisées. Pour autant elles demeurent insatisfaisantes. C’est pourquoi nous continuons à réclamer qu’une compensation minimale généralisée et applicable à tous soit inscrite dans la loi.

En outre, même si la généralisation de l’obligation du volontariat pourrait être saluée, ce volontariat ne leurre personne dans le cadre d’une relation de travail, eu égard au lien de subordination inhérent à tout contrat de travail.

Aucune garantie suffisante pour les salariés

Par ailleurs, Force Ouvrière considérait que 5 dimanches travaillés, c’était déjà trop alors 12, n’en parlons pas ! Non seulement ce nombre a considérablement augmenté mais en plus, il ne s’accompagne d’aucune garantie suffisante !

De surcroît, les commerces de détail alimentaire situés dans les nouvelles zones ne seraient plus dans l’obligation de n’ouvrir que jusqu’à 13 heures, mais pourraient rester ouverts toute la journée, à condition qu’un accord collectif le prévoie ou, à défaut que les salariés l’acceptent, à la majorité des 2/3 et sur proposition de l’employeur, ce qui reviendrait à écarter les organisations syndicales.

Enfin, sans remettre en cause le travail de nuit, le projet de loi crée "le travail en soirée", afin de permettre à certains établissements installés dans des zones de tourisme internationales d'ouvrir jusqu’à minuit. Même s’il est prévu d’accorder à ces salariés certaines garanties protectrices propres au travail de nuit, il s’agit, une nouvelle fois d’une atteinte portée à la sphère privée du salarié. À tout le moins, nous veillerons à ce que cette contrainte supplémentaire soit prise en compte en tant que critère à part entière dans l’appréciation de la pénibilité."

Didier Porte, secrétaire confédéral de FO

mardi, décembre 16 2014

Edito - Emmanuel Macron et la dérégulation trop sélective

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Il n'y a que deux politiques que la France n'ait jamais appliqué : le vrai libéralisme et une "gauche moderne".

La loi Macron sur la relance de l'économie est un exemple du compromis permanent qui règne en France : un peu de libéralisme avec un peu de socialisme archaïque.

L'exemple de cette dérégulation très sélective trouve son application dans le dossier des professions juridiques. S'il y avait un domaine à déréguler c'est la profession des avocats au Conseil d’État et à la Cour de Cassation.

C'est dans la procédure le moment où l'inégalité face à la Justice par l'argent trouve son zénith.

La seule ouverture du dossier "coûte un bras" à ce niveau.

Ce qui pratiquement signifie que, pour des personnes avec des moyens financiers limités, l'ultime recours est impossible, interdit de facto.

Pourquoi la dérégulation de cette profession hyper-protégée n'est-elle pas mise en œuvre ?

Faudrait-il en déduire que la compétence de la "masse des avocats" devient inopérante à ce niveau ?

Si le système politique actuel désespère et met en colère, c'est en raison d'incohérences manifestes de ce type qui pourraient faire l'objet d'une liste longue.

En France, il faut être fort par le nombre et la capacité à gêner ou fort par les relations avec le Pouvoir pour échapper aux principes énoncés lors des réformes.

C'est une de raisons pour lesquelles les Français sont fâchés avec les réformes parce qu'ils ne sont plus dupes des conditions dans lesquelles elles sont engagées.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, décembre 14 2014

Edito - Loi Macron : faux semblants et sens cachés

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Comment ne pas être affligé par le débat sur la loi Macron ? La grande majorité des médias accrédite les arguments absolument pas démontrés selon lesquels la dérèglementation pourrait soutenir la croissance comme des perroquets. Petit décryptage de ce projet.

Un outil pour la croissance ?

L’un des premiers arguments pour justifier la libéralisation du travail du dimanche sont les touristes chinois qui pourraient alors rester à Paris le dimanche pour faire des courses. Passons sur le fait que l’organisation de notre société devrait être définie par les besoins des riches touristes chinois… Cela en dit long sur la boussole de ceux qui osent avancer cet argument. Encore plus effarant, ils ne paient généralement pas la TVA, ce qui limite quand même grandement l’intérêt de leurs achats. Soit dit en passant, rien ne justifie cette niche fiscale qui ne profite qu’aux plus riches. Pourquoi les riches voyageurs internationaux ne devraient pas payer les taxes que les citoyens lambda paient tous les jours ?

D’autres disent que la baisse des prix des professions dites protégées créerait du pouvoir d’achat. Passons sur le fait que la baisse du prix des notaires touchera d’abord les plus riches, qui y passent plus souvent que les classes populaires… Ensuite, cette idée est doublement absurde. La baisse des prix est déflationniste en réduisant le pouvoir d’achat de ces professions et pourrait donc pénaliser la croissance. Pire, on voit souvent que la libéralisation ne provoque pas une baisse des prix : la santé, les écoles privées, l’énergie ou les renseignements téléphoniques démontrent l’exact contraire, pour de multiples raisons. Bref, les arguments sur lesquels repose cette loi ne sont vraiment pas solides.

Boucs émissaires et égoïsme

Mais il y a d’autres aspects de cette loi qui pose problème. Si elle restera probablement sans aucun effet sur la croissance, en revanche, elle est une pièce de plus dans le discours néolibéral qui s’impose. S’il est possible qu’elle s’attaque à quelques rentes exagérées (je ne connais pas assez ces dossiers pour me prononcer), toute la dialectique sur les rentes et les « professions protégées » n’est pas neutre dans le climat actuel. Elle entretient l’idée que ces professions bénéficieraient d’un avantage indu, qu’elles ne contribueraient pas aux efforts que tout le monde fait. Mais ce faisant, cela décrit un objectif final où plus personne ne devrait bénéficier de la moindre protection.

Cette présentation du débat est assez habile car l’assimilation de la réglementation à une protection, puis à une rente, si elle n’est sans doute pas tout le temps fausse (sans quoi l’argument ne pourrait sans doute pas tenir), revient à discréditer a priori toute forme d’organisation et de réglementation de notre économie. L’idée même de défendre la moindre contrainte est implicitement disqualifiée par la rhétorique développée en défense du projet de loi Macron, quelques années à peine après le désastre des subprimes et la plus grave crise économique, provoquée justement par un abus de laisser-faire dans la finance. Derrière cette loi, il y a bel et bien l’idéologie néolibérale la plus dogmatique.

Le néolibéralisme est habile car il créé des boucs émissaires (les professions « protégées) qui nourrissent son idéologie, pour essayer de nous faire croire que la sommes des égoïsmes et la suppression des cadres de notre société produirait du bien commun, alors qu’ils ne produisent que la loi de la jungle.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, décembre 12 2014

Edito - Que penser du projet de loi Macron ?

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C’est le sujet législatif de la semaine. Le projet de loi Macron a été présenté en conseil des ministres, puis à la presse avant hier. Il doit rester comme un marqueur du quinquennat, une des meilleures illustrations du cap libéral assumé par François Hollande, puisqu’il prolonge les travaux de la commission Attali.

Jacques Attali au pouvoir ?

Quand on prend un peu de recul, il y a de quoi être assez estomaqué par ce projet phare de la deuxième moitié du mandat de François Hollande. Bien sûr, il peut exister certaines rentes injustifiées et excessives et il est normal de s’y attaquer et certaines complexités de notre droit peuvent être contre-productives, mais ce projet va bien au-delà. De manière stupéfiante, il s’agit d’un projet néolibéral, qui, sous couvert initialement de redonner du pouvoir d’achat aux ménages, ce qu’avait défendu Arnaud Montebourg cet été, est un projet global de déréglementation de l’économie française, visant à faire reculer le service public et poussant le détail jusqu’à prévoir quelques dérisoires milliards de session d’actifs.

Encore plus effarant, ce projet fourre-tout est un prolongement du rapport de Jacques Attali de « libération de la croissance », qu’avait en partie mis en place Nicolas Sarkozy. Il est tout de même incroyable de voir ce qu’on appelle la gauche déréglementer plus encore l’économie française deux ans et demi après avoir pris le pouvoir à la droite ! Ainsi, François Hollande dépasse Nicolas Sarkozy sur sa droite sur plusieurs questions économiques. Par exemple, il est assez effarant que ce soit le candidat du PS qui libéralise le travail du dimanche, que le président de l’UMP avait tant de fois appelé de ses vœux mais n’avait pas osé faire. Tout ceci démontre la faillite du débat politique actuel quand il se limite au PS et à l’UMP.

Courant d’air néolibéral

Mais le traitement de l’information est également accablant. Si ce n’est un éclairage des décodeurs très descriptif, Le Monde couvre la loi comme pourraient le faire les éléments les plus libéraux et dogmatiques du Medef, accréditant l’idée que cette loi s’attaque aux « maladies de la France », qu’elle est censée doper la croissance et publiant naturellement une tribune qui défend l’ouverture du travail le dimanche, qui serait une « chance économique et sociale ». La couverture de cette loi ressemble plus à de la propagande, la seule question autorisée semblant être de dire qu’elle ne va sans doute pas assez loin puisque le gouvernement a renoncé à réformer les pharmacies, ou les taxis…

La présentation du débat sur le travail du dimanche est particulièrement choquante puisqu’elle se résume à de purs arguments mercantilistes, à savoir que les touristes chinois pourraient dépenser plus en France, et ne pas avoir à aller à Londres, sans jamais vraiment se poser la question de la vie familiale et son équilibre. En outre, parler de volontariat est un peu hypocrite quand 15 % des Français recherchent un travail et il faut noter que la question de la rémunération supplémentaire est renvoyée à des accords, l’État n’imposant pas de cadre… Bref, sur cette question, encore une fois, de manière assez effarante, le Parti Socialiste semble vouloir dépasser l’ancienne majorité par sa droite.

Pour toutes ces raisons, la loi Macron, avec l’opposition de la France à la taxe Tobin européenne, démontre non seulement les reniements de François Hollande, mais aussi la dérive effarante d’une classe politique où ce qu’on appelle la gauche dépasse la droite par la droite sur certains sujets.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, décembre 11 2014

Edito - Martine Aubry défend le repos dominical

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Dans une tribune du journal Le Monde, le maire de Lille s'oppose à la loi Macron et écrit notamment :

"Ce n’est pas une réforme subalterne, c’est un moment de vérité autour de la seule question qui vaille : dans quelle société voulons-nous vivre ?"

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE