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jeudi, décembre 11 2014

Edito - Lionel Jospin : un grand juriste intègre le Conseil constitutionnel

FRANCE-POLITICS-JOSPIN

Lionel Jospin n’a jamais étudié le droit, et ne l’a jamais pratiqué. Il n’est ni juge, ni avocat, ni enseignant en droit. Il n’a jamais publié un texte juridique, et on ne sait même pas s’il sait lire un ouvrage de droit. On est sûr en revanche qu’il ne sait faire une recherche de jurisprudence sur Legifrance, ou même trouver la page publiant la jurisprudence du Comité des droits de l’homme de l’ONU. Fait-il la différence entre la Cour de Justice de l’Union européenne et la Cour européenne des droits de l’homme ? C’est possible, mais est-il capable d’écrire une ligne cohérente sur les rapports entre les jurisprudences de ces deux cours européennes et celle du Conseil constitutionnel ? Une blague… Ça serait une note éliminatoire, avec corvée de chiottes en prime.

C’est donc ce grand expert ignorant qui intègre le Conseil constitutionnel, nommé par la grâce de son vieil ennemi interne au PS, Claude Bartolone. Trotskiste planqué, leader « socialiste » célèbre pour avoir amené Jean-Marie Le Pen au second tour, et avoir déserté ses troupes devant la défaite.

D'accord, tout n’est pas négatif : l’austère qui se marre va récupérer 10 000 € par mois, et c’est un bon signe pour la relance de l’économie sur l’Ile de Ré.

Mais quel est le vrai problème ?

Le vrai problème est qu’il y a un besoin urgent de renationaliser les droits fondamentaux, pour s’extraire de la toute-puissance de la Cour européenne des droits de l’homme. Cette Cour, de plus en plus touche à tout et inconstante, a un mérite qu’on doit lui reconnaître : elle ne cesse rappeler que le juge national est le mieux placé pour apprécier les données nationales, et qu’elle n’exerce qu’un contrôle des principes. Sauf que si le juge national est nul,… c’est elle qui contrôle tout.

Nous sommes donc condamnés à garder longtemps encore cette plaie : une juridiction suprême, qui ne regroupe pas des juges expérimentés, nommés par une procédure incontestable, mais des hommes politiques nommés par leurs copains. C’est absolument consternant.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, juillet 9 2014

Edito - La fin de la "Sarkonostalgie"

0.A00image_BUISSON_ET_SARKO.jpgEn cet été 2014, il n'y a plus vraiment de « Sarkonostalgie ». Sa popularité diminue au fil des épisodes judiciaires, Bygmalion et maintenant celui des écoutes. On évoque même parfois les contours incertains de la campagne de 2007 et que dire de celle d'Edouard Balladur en 1995 et son financement toujours en question.

Le leadership de Nicolas Sarkozy, son autorité ont été très contestés ces dernières semaines. D'abord par l'envie de certains de le voir définitivement tourner la page et de disparaître du champ politique actif. Par d'autres aussi qui expriment, au grand jour désormais, une lassitude quant aux alternances des postures narratives utilisées par l'ex-président, tour à tour dans le registre du recours, puis du devoir ou celui de la nécessité. Les mêmes qui regrettent le doute né de l'incertitude d'un retour toujours annoncé mais sans cesse repoussé. Ne restent dans l'espérance que les fidèles de Nicolas Sarkozy.

Mais on n'hésite plus maintenant à dresser le bilan de l'UMP avec Sarkozy. Le voici :... - la création de la Halde c’est l’UMP et non le PS

- la création du CFCM c’est l’UMP et soutenu par Sarkozy

- les permis de construire pour les mosquées existent aussi dans les communes UMP

- l’immigration « choisie » qui s’ajoute au regroupement familial c’est encore l’UMP et non le PS (il y a eu plus d’immigration que sous Lionel Jospin)

- la réduction de la « double peine » c’est Sarkozy

- le bouclier fiscal qui reporte la charge fiscale sur les classes moyennes, c’est encore Sarkozy

- l’accélération de la discrimination positive sur des bases ethniques, c’est aussi c’est l’UMP

- la réduction drastique des effectifs de police et de gendarmerie c’est encore Sarkozy

- l’interdiction de poursuivre les « jeunes » jusque dans les banlieues, c’était sur ordre de Sarkozy (exécutée par Michèle Alliot-Marie)

- l’adoption de la constitution de l’Euroland en violation du résultat du referendum, c’est encore et toujours l’UMP

- le projet de construction de l’Union méditerranéenne c’est l’UMP avec comme chef de file Sarkozy

- les filières favorisées pour certaines immigrations, et spécifiquement dans le droit, c’est toujours sous la houlette de Sarkozy (effectuées par Rachida Dati)

- l’engagement aux plus hautes fonctions de l’État de Dati, Yade et Amara, c’est Sarkozy. Or tant Dati et Yade appartenaient au Club du XXIe Siècle, club pro immigration à l’extrême.

- Cette même Yade militait au PS auparavant et avait comme idoles les Black Panthers et MalcomX

- N’oublions pas le regroupement familial mis en place par Chirac (RPR devenu UMP) lorsqu’il était 1er ministre de Giscard.

- la départementalisation de Mayotte par Sarkozy, terre 100 % musulmane ce qui induit des conséquences pour le moins regrettables sur le plan financier.

- La guerre en Libye faisant la place aux djihadistes c’est Sarkozy

- La vente de la France par morceau au Qatar, c’est sous Sarkozy

- 600 milliards de dettes nouvelles

- Augmentation de son salaire à 170 % pendant que les Français essayaient de nouer les 2 bouts.

- Le métissage forcé par déclaration télévisuelle c’est Sarkozy

- Les magouilles pour son financement aux présidentielles, en totale violation de la loi, c’est Sarkozy. Les frais étant répercutés sur l’UMP qui demandera par la suite… des DONS à ses adhérents pour renflouer cette escroquerie. En clair, il a été élu président sur une fraude.

- Et bien entendu son financement via Kadhafi. Ce qui n’a pas empêché de le tuer par la suite. Faire confiance à l’UMP, symbolisée par Sarkozy qui n’a pas hésité à tuer son mécène, ce serait une preuve de maladie mentale.

- Sarkozy a usurpé l’identité d’un Franco-Israélien

- L’UMP et les 24’000 euros de frais de billets d’avion pour la femme de Copé (respéciale dédicace à tous les cocus)

- 80 millions de dettes pour l’UMP et ce parti prétend encore gouverner la France ?

J’en oublie et des meilleures.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juin 30 2014

Edito - Le dangereux retour des austéritaires, au PS !

0.A00Jean-Pisani-Ferry.jpg

Paradoxe assez incroyable qui démontre à quel point la décomposition de la pensée économique, alors que les preuves des méfaits des politiques austéritaires ne cessent de s’accumuler et sont aujourd’hui admises par des intellectuels de tous les bords, le PS y cède de plus en plus, comme le montre le dernier rapport de la Cour des Comptes et le rapport de Jean Pisani-Ferry.

Quand un socialiste propose de faire du Sarkozy !

Le PS est vraiment dans une phase de décomposition intellectuelle avancée pour produire une intelligentsia qui embraye le pas à la pensée économique de la droite la plus bête, pour paraphraser Paul Krugman au sujet de la défense de la politique de l’offre de François Hollande. Didier Migaud, député « socialiste » nommé par Nicolas Sarkozy à la tête de la Cour des Comptes, a publié un rapport qui questionne la capacité du pays à tenir ses objectifs de réduction du déficit budgétaire et propose de réanimer la politique initiée par Nicolas Sarkozy, visant à supprimer 10 000 postes de fonctionnaires par an, mais en incluant les collectivités locales et la Sécurité Sociale au lieu de la limiter à l’État. Il avait déjà critiqué la promesse du président de créer 60 000 postes dans l’éducation, malgré un véritable besoin.

Jean Pisani-Ferry, ancien conseiller économique des ministres de l’économie de Lionel Jospin de 1997 à 2002, pousse encore plus loin la logique austéritaire. Il dénonce le poids des dépenses publiques « 12 points supérieur à l’Allemagne », en feignant d’ignorer qu’il compare des choux et des carottes et que la réalité est beaucoup plus équilibrée, notre service public étant beaucoup plus étendu que vos voisins. Il propose de diminuer les dépenses publiques de 54,8 à 48,8% d’ici à 2025, soit un effort de 0,6 point de PIB tous les ans. On suppose qu’il ne prend pas en compte le fait que la baisse des dépenses réduit le PIB, d’un coefficient de 0,9 à 1,7 selon la dernière étude du FMI. Une telle baisse réduirait le PIB de 5 à 10% sur 10 ans, ce qui contredit complètement l’objectif de réduction du poids de la dette, qui serait augmenté d’autant, comme cela se passe dans une partie des pays de la zone euro.

L’austérité est contre productive

Il y a quand même quelque chose de piquant à voir des socialistes proposer de démanteler l’État et baisser les dépenses publiques alors même que le très libéral et anti-Etat The Economist vient de publier un long article démontrant les ravages des politiques d’austérité. Il est tout de même effarant que des hiérarques socialistes ferment les yeux sur les ravages des politiques suivies dans le reste de l’UE, la Grèce où des études suggèrent que pas moi de 30% de la richesse nationale aurait été perdue depuis 2007, avec son cortège de chômage et d’effondrement du pouvoir d’achat (28% en Irlande et 18% en Espagne). The Economist soutient que la crise aura également un effet sur le long terme en réduisant les dépenses d’investissement des entreprises, ce qui sera un handicap pour le futur.

Paul Krugman, qui a démonté les politiques austéritaires dans son dernier livre, livre un jugement sévère sur l’UE. Pour lui « les problèmes inhérents à l’euro ont été aggravés par de mauvaises décisions. Les leaders européens ont insisté, et ont continué à insister, malgré les preuves éclatantes, sur le fait que la crise n’était qu’une affaire d’irresponsabilité fiscale, et ont donc imposé une austérité sauvage qui ne fait qu’empirer une situation déjà terrible » et conclut « il est terrifiant de voir un si grand nombre d’européens rejeter les valeurs démocratiques, mais au moins, une partie du problème vient des responsables qui semblent plus intéressés par la stabilisation des prix et la probité fiscale que par la démocratie ». Il est tout de même incroyable de voir le Parti dit Socialiste ignorer la voix de ce « prix Nobel d’économie ».

Merci néanmoins à Didier Migaud et Jean Pisani-Ferry de démontrer que les sommités économiques issues du Parti Socialiste ont à ce point arrêter de penser sur les questions économiques. Car outre le fait d’ignorer Paul Krugman, ils ignorent même les derniers travaux du FMI, pourtant guère suspects de laxisme.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, avril 20 2014

Edito - Aquilino Laplume, petit marquis de la Hollanderie

Yamini-Lila-Kumar-Aquilino-Morelle-avant-premiere-doutes.jpgVous ne connaissez pas Aquilino Morelle, le Guaino du PS ? Une plume génétique : plume de Jospin à Matignon, plume de Montebourpif lors de primaire, et désormais plume de la nouille casquée. Hier, Mediapart nous en a raconté de bien belles sur ce lascar.

Coté rigolo, la séance de cirage à l’Elysée

On va commencer par le côté rigolo, avec l’interview au Point de David Ysebaert, auto-entrepreneur, qui exerce la noble profession de cireur de chaussures :

« Je cire les chaussures d'Aquilino Morelle en effet depuis un an et demi. Je l'ai connu au Bon Marché, comme 80 % de ma clientèle. C'est 10 euros pour un cirage et 25 euros pour un glaçage. Mais cela dépend du travail à faire. Je me déplace pour minimum cinq paires ». C’était donc une bonne affaire, car Aquilino Morelle a « trente paires de souliers de luxe faits sur mesure, pour son pied qui a une forme particulière ».

Au sein du gouvernement de combat contre les puissances de l’argent, la loi est rude, et l’ami David a été viré illico presto par le sublime Aquilino, pour avoir répondu au Point et s’être aventuré sur le nombre des chaussures : « Il m'a précisé qu'il n'avait pas trente paires de Weston, mais une dizaine ». Erreur historique, ou coquetterie d’un minet emplumé ? En attendant, David a été viré.

Aquilino-Morelle-au-projet-presidentiel_pics_809.jpg

Mais il se susurre que l’ami David cirait d’autres chaussures au Palais de l’Élysée… L’enquête progresse… Mediapart nous raconte aussi des histoires distrayantes sur l’organisation à l’Élysée de séances de gommage pour le chouchou à plumes, sur son goût pour les bonnes bouteilles de la République et sur les voitures de service qui trimbalent les lardons de Laplume aux activités péri-scolaires. Ah la vertu…

Comme David Ysebaert a perdu une bonne affaire, voici ses coordonnées pour lui confier du job :

06 22 42 44 42 ; david.ysebaert@sfr.fr"

Mais aussi, soyons justes, celles d'un concurrent.

Coté frauduleux, les marchés contre nature du petit marquis

Dans la légende socialiste, Aquilino est un austère écrivant les discours de Jospin, celui qui en équipe avec le repris de justice Camba, amena Le Pen au deuxième tour en 2002.

Aquilino-Morelle-1.jpgAprès ces exploits politiques, l’excellent Aquilino est allé se refaire une santé à l'Inspection générale des affaires sanitaires (IGAS), qui est l’Union européenne pour les éclopés politiques de second rôle (comme notre excellente Voynet).

Et là, Aquilino Laplume s’est déchaîné en signant un rapport médiatisé – merci, Monsieur Fouks ! – sur le Mediator. Notre lascar avait de bonnes infos car il avait pour job de contrôler les labos.

Petit problème : dans le même temps, Aquilino Laplume travaillait pour un laboratoire danois, Lundbeck. Il était alors payé a rédiger un rapport sur «l’encadrement des programmes d’accompagnement des patients associés à un traitement médicamenteux, financés par les entreprises pharmaceutiques», mais il avait proposé ses services à Lundbeck, qui le confirme : « Il m’a dit qu’il cherchait à travailler pour l’industrie pharmaceutique, qu’il avait du temps libre, que son travail à l’IGAS ne lui prenait que deux jours sur cinq ». Un cirque bien rémunérateur, avec des pépètes versées à une EURL… gérée par son frère. La blague courante des receleurs.

En réponse, la défense d’Aquilino Laplume parait bien asthmatique : « En tant que fonctionnaire, un certain nombre d'activités annexes sont autorisées, dont l'enseignement et le conseil ».

Certes. Mais, petit problème, André Nutte qui était son chef de service de l'IGAS, réfute lui avoir donné l'autorisation d'exercer cette activité, et il explique que si Aquilino Laplume en avait fait la demande, celle-ci lui aurait été refusée : « Ça n'a pas de sens. C'est comme si on accordait le droit à un inspecteur d'hôpital entré à l'IGAS d'aller travailler parallèlement dans une clinique privée. Ou à un inspecteur du travail de conseiller une entreprise ».

Interrogé par Mediapart, Aquilino Laplume explique ne pas avoir retrouvé la trace de sa déclaration… ce qui est fâcheux, mais n’est pas un problème, car la police va bientôt l’aider à retrouver la mémoire

Selon l’article 432-12 du Code pénal, « Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public ou par une personne investie d'un mandat électif public, de prendre, recevoir ou conserver, directement ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou dans une opération dont elle a, au moment de l'acte, en tout ou partie, la charge d'assurer la surveillance, l'administration, la liquidation ou le paiement, est puni de cinq ans d'emprisonnement et d'une amende de 500 000 €, dont le montant peut être porté au double du produit tiré de l'infraction ».

C’est pénible ce Code pénal, car ça casse l’esprit d’entreprise… Il faudrait demander à l’ami Fouks de le réécrire, parce que, franchement, respecter la loi, c’est un frein aux affaires morales.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE