vendredi, janvier 30 2015

Edito - David Cameron et le déclassement des politiciens français

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Rien ne nous semble plus important que l'article que publie Le Nouvel Obsertvateur (L'Obs) sur la situation en Libye.

Ce qu'on sait : il n'y a plus d’État en Libye, le pays est livré à l'anarchie sanglante de plusieurs centaines de milices.

Ce qu'on commence à comprendre : l’État Islamique a bien l'intention d'empocher la mise. Pourquoi ? Parce que la Libye présente les mêmes caractéristiques que la Syrie/l'Irak. Celles qui ont fait le succès de Daech : un État désintégré + les plus grandes réserves de pétrole de la région permettant un financement miraculeux.

Ce qui devrait nous empêcher de dormir : les succès de Daech. Il contrôle déjà Derna (ville côtière de 100.000 habitants près de la frontière égyptienne), ce qui fait de cette ville le "seul endroit au monde où l'EI administre un territoire, en dehors de la zone irako-syrienne".

Un sujet de fond totalement occulté en France "l'efficacité gouvernementale" se résume à mener la lutte contre un enfant de 8 ans et organiser les diverses cérémonies de mémoire de façon récurrente.

Le seul leader en Europe qui a l'analyse et la mobilisation nécessaires c'est David Cameron. La comparaison entre ses actions et l'inaction française met en relief un déclassement des politiciens français qui est irréel.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, août 16 2014

Edito - Conflits internationaux, le silence de l'Union Européenne

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Dans un contexte international trouble, où les conflits se multiplient ces dernières semaines aux portes de l'Europe – toujours plus lointaines - l'Union Européenne reste étrangement sans voix. Pourtant, elle ne manque pas de représentants pour exprimer son opinion, dans la personne de Mme Catherine Ashton, Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, voire même, par celle de Mr Herman Van Rompuy, le « très charismatique » président du Conseil européen.

Il semble laborieux d'unifier et de parler au nom de vingt-huit pays si différents, de par leur intérêt disparate sur le plan international. Avec d'un côté, l'Allemagne, toujours partante pour ne rien faire, et la France qui essaye, tant bien que mal d'assumer sa stature. Mais, que c'est difficile, quand on ne sans donne plus les moyens. D'ailleurs, le silence de l'UE sur les questions internationales fait écho avec celui de notre président François Hollande. L’un comme l’autre, semble dans un flou total sur la position à adopter sur les conflits divers, souvent suspendus aux lèvres du président Américain, qui lui-même, ne sait plus très bien sur quel pied danser. Un pas devant, un pas derrière, un tango diplomatique, qui décrédibilise les puissances occidentales, l'Europe, et ... La France.

La crise Israélo-Palestinienne, qui a connu un nouveau regain ces dernières semaines avec des interventions militaires terrestres dans la bande de Gaza, a vu émerger des pays qui ont su prendre leur part de responsabilité, comme l'Égypte ou l'Arabie Saoudite, face au mutisme de l'Union Européenne, et de ses membres. Lors d'un sommet, tenu le 10 aout, entre ces deux pays du Proche-Orient, les cas de la Libye, de l'Irak et de la Syrie, on en outre était abordé. Le président Égyptien, Abdel Fattah Al Sissi, est arrivé aujourd'hui en Russie, pays avec lequel l'Union Européenne a réussi le coup de force, de détériorer un peu plus ses relations, tout au long de la crise Ukrainienne. Moscou, qui, pourtant, serait un allié de taille pour répondre aux enjeux qui secouent le Proche-Orient.

Ce silence a au moins le mérite de permettre à quelques « rebelles » de l'UMP-PS, de critiquer ouvertement l'UE, mais pas trop. Pourtant, cette institution technocratique, se montre inapte à répondre aux enjeux géopolitiques mondiaux, car essentiellement formaté à promouvoir les aspirations libérales sur le plan économique. Une parole diplomatique, qui, in fine, se contente timidement par voie de communiqué de regretter que le « cessez-le-feu (...) ait déjà été violé » et autres postures dérisoire au regard des évènements. L’Union Européenne sur les questions diplomatiques, n’est que l’ombre des États-Unis, elle-même très affaiblie.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, juillet 26 2014

Edito - "Des migrants par millions", disent les services secrets !

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Il Tempo : Ils sont des millions. Ils fuient la guerre, des dictatures, des persécutions religieuses, la faim. Et ils ont toute la même destination: l’Italie. Pour beaucoup c’est seulement une terre de passage, pour d’autres la destination finale de leur voyage désespéré. Ils viennent de la Tunisie, du Maroc, de l'Égypte, de la Syrie, de la Corne de l’Afrique, du Subsahara, de l’Érythrée, de la Somalie, du Nigeria, du Soudan, du Congo, de l’Inde, du Sri Lanka, des Philippines.

Pour ce qui concerne l’Afrique, 90 % atteignent les côtes libyennes pour se diriger vers la Péninsule italienne. Un exode biblique qui enrichit les marchant d’hommes en favorisant le trafic de drogue et l’infiltration de terroristes islamistes potentiels. Cet exode fait exploser les structures d’accueil, appauvrit les caisses de l’État et cela compromet l’efficacité des contrôles sanitaires, en donnant maintenant vie au spectre de la diffusion de maladies infectieuses comme l’ebola meurtrier, le tbc, la méningite, le choléra...

La « forteresse Europe » est attaquée. Et le pied-de-biche pour accéder à l’UE passe par les côtes italiennes. Conflits à fond religieux ou inter-tribales, dictatures impitoyables, famines et progrom intérieurs poussent une masse énorme de gens à chercher leur salut dans l’émigration, un phénomène qui ces derniers mois a pris une dimension alarmante. Et, en effet, les services secrets sont alarmés. Beaucoup. Dans leurs rapports, soulignent que les progrom récents sont attribuables aux deux facteurs principaux: « les combats entre milices en Libye et la guerre civile en Syrie ».

Dans le cas premier, après la chute de Kadhafi, l’État central est en train d’effriter sous la pression des luttes entre tribus et des séparatistes « excessifs en Cyrénaïque et dans le Fezzan. » Le pays est divisé et les organisations criminelles en profite pour développer leurs trafics illégaux, en comptant aussi sur la corruption de de ceux qui contrôlent les frontières. Dans ce tableau, beaucoup de milices irrégulières, « les Katibe » exploitent le phénomène pour s’autofinancer. De leur point de vue, l’opération Mare Nostrum représente une opportunité : ils savent qu’ils vont devoir affronter un parcours plus bref qu’avant, en pouvant compter sur l’intervention de la Marine italienne pour secourir les naufragés éventuels ou chalands à la dérive.

En Syrie trois facteurs sont à l’origine des fuites massives : la guerre civile qui semble ne pas avoir de fin et qui emmène beaucoup de réfugiés déjà sortis du Pays quitte à « perdre chaque espoir d’un retour rapide en Patrie » et donc à tenter d’atteindre l'Europe du Nord, toujours à travers l’Italie ; l’attaque des communautés « chrétiennes » de la part des musulmans intégristes, Al Qaïda ; l’indigence croissante de la population.

La Libye est le point de départ maintenant de 90 % des migrants provenant du « continent noir ». Une sorte de « hub migratoire privilégié ». Et c’est là que se concentre le nombre le plus grand de gens dans l’attente de s’engager pour la Sicile ou, chose rare, pour la Calabre. Par contre beaucoup de Syriens mais aussi des Palestiniens passent par la Turquie avec des vols de ligne. La « nouvelle filière turque » trouve son origine aussi dans les politiques antiterroristes et anti-criminelles du gouvernement du Caire qui considère les syriens voisins réfugiés comme des proches des « Frères Musulmans déchus ».

Aussi le Sahel est devenu un couloir important pour les trafiquants d’hommes, grâce à la porosité des frontières et à l’instabilité politico-économique. Mais les préoccupations des services secrets ne concernent pas seulement la Libye et la Syrie. Dans l’avenir immédiat, ils prévoient que les flux migratoires auront aussi pour origine la République Centrafricaine dévastée par les combats entre rebelles et des religieux persécutés, qui ont déjà fait un million de réfugiés. Au Nigeria les milices de Boko Haram ont presque provoqué l’an dernier un demi million de « déplacés » pendant que 60.000 Nigériens se sont échappés au Cameroun, au Tchad et au Niger (…).

La prévision des services secrets est que à cause de l’impuissance des hommes politique « d’être certains et fiables » à pouvoir maintenir valides les pactes établis entre notre Pays et la Libye, le phénomène va prendre des formes plus structurées. Ce n’est pas tout, le trafic de clandestins et la nécessité de contrôler le territoire à cette fin favorisent le trafic de drogue, d’armes et la contrebande.

Enfin on ne peut pas être tranquille. Aussi parce qu’il y a le risque d’épidémies. Le nombre exceptionnel de migrants arrivé rend ardu les « contrôles sanitaires à bord de nos navires et dans les points d’abordage Siciliens ». Et, quoique pour le moment il y n’ait pas de « signaux » de pathologies dangereuses, on relève la diffusion entre les populations africaines du virus Ebola, présent en Guinée, au Libéria et a au Sierra Leone. Du choléra, au Soudan, de la tuberculose et de la poliomyélite, dans la Corne de l’Afrique et dans la zone Subsaharienne. De la méningite, dans l’enclave ibérique de Melilla et du Mers, un syndrome respiratoire très différent du Sars, en Algérie et en Arabie Saoudite.

Ils arriveront non seulement nombreux mais ils seront bientôt très enragés. En effet, nos structures d’accueil sont saturées maintenant et cela aggrave « les conditions de privation des migrants », ce qui engendre des protestations, « aussi violentes », comme des épisodes d’« automutilation » et de fuites en masse.

Cet exode pourrait compromettre l’intégration des étrangers en développant l’agrandissement des ghettos « ethniques », et en exposant les migrants à prostitution et travail noir ou à l’enrôlement dans le milieu organisé, intéressée à « intercepter les demandes de quelques entrepreneurs » méridionaux pour le travail dans les champs.

Finalement l’invasion peut rendre difficile les procédés d’identification des nouveaux venus en permettant de faire entrer dans nos frontières nationales des « criminels ou des terroristes djihadistes. » Nos gouvernants sont avertis."

Source

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, juillet 9 2014

Edito - La fin de la "Sarkonostalgie"

0.A00image_BUISSON_ET_SARKO.jpgEn cet été 2014, il n'y a plus vraiment de « Sarkonostalgie ». Sa popularité diminue au fil des épisodes judiciaires, Bygmalion et maintenant celui des écoutes. On évoque même parfois les contours incertains de la campagne de 2007 et que dire de celle d'Edouard Balladur en 1995 et son financement toujours en question.

Le leadership de Nicolas Sarkozy, son autorité ont été très contestés ces dernières semaines. D'abord par l'envie de certains de le voir définitivement tourner la page et de disparaître du champ politique actif. Par d'autres aussi qui expriment, au grand jour désormais, une lassitude quant aux alternances des postures narratives utilisées par l'ex-président, tour à tour dans le registre du recours, puis du devoir ou celui de la nécessité. Les mêmes qui regrettent le doute né de l'incertitude d'un retour toujours annoncé mais sans cesse repoussé. Ne restent dans l'espérance que les fidèles de Nicolas Sarkozy.

Mais on n'hésite plus maintenant à dresser le bilan de l'UMP avec Sarkozy. Le voici :... - la création de la Halde c’est l’UMP et non le PS

- la création du CFCM c’est l’UMP et soutenu par Sarkozy

- les permis de construire pour les mosquées existent aussi dans les communes UMP

- l’immigration « choisie » qui s’ajoute au regroupement familial c’est encore l’UMP et non le PS (il y a eu plus d’immigration que sous Lionel Jospin)

- la réduction de la « double peine » c’est Sarkozy

- le bouclier fiscal qui reporte la charge fiscale sur les classes moyennes, c’est encore Sarkozy

- l’accélération de la discrimination positive sur des bases ethniques, c’est aussi c’est l’UMP

- la réduction drastique des effectifs de police et de gendarmerie c’est encore Sarkozy

- l’interdiction de poursuivre les « jeunes » jusque dans les banlieues, c’était sur ordre de Sarkozy (exécutée par Michèle Alliot-Marie)

- l’adoption de la constitution de l’Euroland en violation du résultat du referendum, c’est encore et toujours l’UMP

- le projet de construction de l’Union méditerranéenne c’est l’UMP avec comme chef de file Sarkozy

- les filières favorisées pour certaines immigrations, et spécifiquement dans le droit, c’est toujours sous la houlette de Sarkozy (effectuées par Rachida Dati)

- l’engagement aux plus hautes fonctions de l’État de Dati, Yade et Amara, c’est Sarkozy. Or tant Dati et Yade appartenaient au Club du XXIe Siècle, club pro immigration à l’extrême.

- Cette même Yade militait au PS auparavant et avait comme idoles les Black Panthers et MalcomX

- N’oublions pas le regroupement familial mis en place par Chirac (RPR devenu UMP) lorsqu’il était 1er ministre de Giscard.

- la départementalisation de Mayotte par Sarkozy, terre 100 % musulmane ce qui induit des conséquences pour le moins regrettables sur le plan financier.

- La guerre en Libye faisant la place aux djihadistes c’est Sarkozy

- La vente de la France par morceau au Qatar, c’est sous Sarkozy

- 600 milliards de dettes nouvelles

- Augmentation de son salaire à 170 % pendant que les Français essayaient de nouer les 2 bouts.

- Le métissage forcé par déclaration télévisuelle c’est Sarkozy

- Les magouilles pour son financement aux présidentielles, en totale violation de la loi, c’est Sarkozy. Les frais étant répercutés sur l’UMP qui demandera par la suite… des DONS à ses adhérents pour renflouer cette escroquerie. En clair, il a été élu président sur une fraude.

- Et bien entendu son financement via Kadhafi. Ce qui n’a pas empêché de le tuer par la suite. Faire confiance à l’UMP, symbolisée par Sarkozy qui n’a pas hésité à tuer son mécène, ce serait une preuve de maladie mentale.

- Sarkozy a usurpé l’identité d’un Franco-Israélien

- L’UMP et les 24’000 euros de frais de billets d’avion pour la femme de Copé (respéciale dédicace à tous les cocus)

- 80 millions de dettes pour l’UMP et ce parti prétend encore gouverner la France ?

J’en oublie et des meilleures.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, juin 19 2014

Edito - La Libye est-elle encore un Etat ?

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Le 11 septembre 2012, le consulat des États-Unis à de Benghazi avait l’objet d’une violente attaque, entraînant la mort de l’ambassadeur, Christopher Stevens, et de trois autres agents. L’affaire a eu un très grand retentissement aux US.

Que la guerre était belle…

Hier, Washington a fait savoir que samedi 14 juin, un commando des forces spéciales a « capturé » celui qui est désigné comme l’organisateur de l’attaque, Ahmed Abou Khattala, un activiste, qui a plusieurs reprises avait contesté son implication. Il était recherché par la justice libyenne, qui avait décerné un mandat d’arrêt. Précisons que le gouvernement libyen a été informé quand tout était fini.

Ce sont donc les États-Unis qui l’ont « capturé », puis l’ont exfiltré, pour le séquestrer dans un navire de guerre, en direction des US. Hier, le Prix Nobel de la Paix a rendu la nouvelle publique : « Avec cette opération, les États-Unis ont une nouvelle fois démontré qu’ils feraient tout leur possible pour que justice soit rendue lorsque l’on s’en prend à des Américains ».

Selon Eric Holder, le ministre de la justice Ahmed Abou Khatalla sera jugé pour trois chefs d’accusation dont celui de « meurtre au cours d’une attaque contre un bâtiment fédéral ».

D'accord. Sauf que la Libye est un État, souverain, et qu’elle est donc seule en droit d’exercer les fonctions régaliennes que sont la police et la justice, et si les États-Unis veulent juger quelqu’un, ils font une demande d’extradition, comme tout le monde. Imaginez les services russes qui récupèrent un type à Kiev, avec Vladimir Poutine annonçant qu’on l’a exfiltré et qu’on va le juger à Moscou…

Dans l’après-midi, le gouvernement libyen s’est réveillé, pour publier ce communiqué mollasson : « Le gouvernement condamne cette atteinte regrettable à la souveraineté de la Libye. Il souligne le droit de la Libye à juger Abou Khattala sur ses terres et conformément à ses lois et demande au gouvernement américain de le remettre à la Libye pour le traduire devant la justice libyenne ». Plus pitoyable encore, le ministre libyen de la Justice, Saleh al Marghani : « Nous attendions des États-Unis qu’ils nous aident mais nous ne nous attendions pas à ce qu’ils sèment la pagaille sur la scène politique ». Voici la Libye, à nouveau abaissée par les États-Unis, alors qu’elle est en campagne électorale pour la présidence du pays. Quel pays…

Alors, essayons de raisonner

1/ Sans l’accord et le pilotage des autorités libyennes, le commando US n’a aucun droit en Libye. C’est une bande de gangsters armés, forme aggravée de l’association de malfaiteurs, qui a commis une arrestation illégale et une séquestration avec violence, et dont les membres étaient en outre sans titre de séjour valable. Imparable. Aussi, le ministre libyen de la Justice doit ordonner l’ouverture d’une enquête, et lancer les mandats d’arrêt. Vu l’état du pouvoir, il ne se passera rien.

2/ La deuxième solution est qu’Ahmed Abou Khatalla dépose plainte aux US pour arrestation illégale et séquestration. Ce serait possible si les États-Unis étaient soumis à une juridiction internationale de garantie des droits, mais ce n’est pas le cas. Les États-Unis refusent tout contrôle de la Cour interaméricaine des droits de l’homme ou du Comité des Droits de l’homme de l’ONU. Donc, il ne se passera rien.

3/ La troisième solution serait qu’Ahmed Abou Khatalla dépose plainte devant la CPI, car le Conseil de Sécurité, par la résolution 1970 du 26 février 2011, a saisi le Procureur de la Cour pénale internationale « de la situation qui règne en Jamahiriya arabe libyenne depuis le 15 février 2011 ». Le dossier est toujours ouvert, et la compétence de la CPI est acquise pour tous les faits commis sur le territoire depuis le 15 février 2011. Oui, sauf que l’article 6 de la résolution précise qu’elle n’a pas d’effet contre les ressortissants d’un État autre que la Libye. L’exemple même du double standard. Donc, il ne se passera rien.

Un bilan ?

La Libye, qui avait un tel rôle en Afrique, n’a plus de structure étatique ; l’Egypte est par terre, la Syrie ensanglantée, l’Irak explosé et l’Afghanistan au bord du précipice. Du bon boulot, et les valeurs de la démocratie en progrès… Bientôt, tout ceci se retournera contre nous, car c’est trop d’injustice. Nulle société ne peut le supporter.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, juin 13 2014

Edito - Le Nord de l’Irak est un sujet mondial

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Deux images, les visages de criminels impunis : Collin Powell__ avec ses armes de destruction massive ; George W Bush__ frétillant parce que des élections s’étaient tenues en Irak. Tout ira mieux quand ces types, et leurs sous-traitants, auront été jugés et entaulés, car les sociétés réagissent mal à l’injustice. C’est ce que nous disent les Irakiens du Nord, pour peu qu’on les écoute. Mais qui les écoute ?

Le drame, c’est la division des sunnites et des chiites

Je ne sous-estime pas cette division, née des tous premiers temps, et conduisant à des écoles théologiques très différentes. Les uns et les autres sont des musulmans, et ils se déchirent un héritage qui intéresse le tiers de l’humanité. J’ai la grande chance de connaitre les uns et les autres. J’apprécie des sociétés aussi différente que celles de Téhéran ou d’Alger, de Ramallah ou de [Damas|http://www.lexpressiondz.com/internationale/196602-damas-a-coopere-avec-baghdad-contre-les-jihadistes.html||Damas a coopéré avec Baghdad contre les jihadistes], et il m’est impossible de faire la différence entre l’accueil au Nord ou au Sud du Liban. De partout, je me félicite de cette constance : tous cherchent se faire comprendre, avec ce respect scrupuleux de ce nous sommes. Ils demandent la compréhension, pas l’adhésion.

Aussi, je ne peux que renouveler ce message, qui est celui de tous leurs vrais amis : « Cette terre, partagée depuis toujours, est la vôtre. Vous devez résister à la guerre que veulent implanter des étrangers, ignorants de tout, mais intéressés par votre destruction ». Les guerres furieuses que se livrent sunnites et chiites, activées par les plus pourris des impérialismes, me désolent.

Les faits sont d’une importance exceptionnelle

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L’info est qu'hier des groupes djihadistes – l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), proches d’Al-Qaida – ont pris Mossoul, la deuxième ville d'Irak, plantée depuis des millénaires sur le Tibre, bordée de champs pétroliers. Les troupes gouvernementales n’ont pas tenu 48 heures. L’armée irakienne, formée depuis 10 ans par les experts US, a déserté. Les combattants en tenue noire de l’EIIL ont pris le contrôle de la ville, récupérant des armes et les fonds des banques, appelant la population à poursuivre ses activés, et imposant un ordre de nature à dissuader les pillages. D’après l'Organisation internationale pour les migrations, 500 000 personnes sont en fuite, essentiellement en direction de la province autonome du Kurdistan.

Alors une victoire à l’arrache des méchants commandos post-Al-Qaida ?

C’est un peu plus compliqué, et voir Washington, Moscou, Téhéran et Damas sur la même ligne doit conduire à se poser quelques questions. La prise de Mossoul, la deuxième ville du pays est spectaculaire, mais elle n’est qu’une pièce – majeure – dans un grand puzzle qui fait effectivement ressembler L’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) à un État. L’EEIL contrôle le nord de l'Irak, à savoir les provinces d'Anbar, de Ninive et de Salaheddine – et une large part du nord-est de la Syrie. Le fait marquant avait été il y a six mois, la prise Fallouja, à soixante kilomètres au nord de Bagdad, et depuis le régime de Bagdad n’a fait que perdre du terrain. Hier, l’EIIL a cueilli pratiquement sans combattre plusieurs places militaires ou pétrolières… et Al-Awja, village natal de Saddam Hussein, à 160 km au nord de Bagdad.

Croyez-vous aux salades d’Obama et de Poutine ?

0.Apeuple-irak.gifAlors, un tiers de l’Irak et une grosse frange de la Syrie tenue par un groupe terroriste ? La conquête de cet immense territoire serait impossible sans l’appui des populations et un grand corps militaire, où l’on retrouve des cadres baasistes de l'armée de Saddam Hussein. L’alliance qui s’empare du sol irakien est composite, certes, mais – et c’est force – elle est unie pour combattre l’autoritaire et si contestable premier ministre, le chiite Nouri Al-Maliki.

Pour se faire élire « démocratiquement », il a radicalisé le discours religieux, et a réuni le vote chiite, la population chiite étant majoritaire en Irak. Les crétins ont commenté : « Que c’est beau la démocratie… ». Les violences US ont laissé la place aux violences d’Al-Maliki, depuis l’exécution de Saddam Hussein le jour de l’Aïd à la condamnation à mort par un procès bidon de l’ancien Vice-président Al-Hashemi, avec en toile de fond la répression aveugle par les forces de sécurité et les milices.

Depuis le début 2024, on compte 4 600 morts

Effrat. Pris de panique, Al-Maliki a demandé avant-hier au Parlement de décréter l'état d'urgence et il affirme vouloir armer les populations, ce qui finirait de faire sombrer le pays dans le chaos. Jen Psaki, le porte-parole US du département d’État, déclare : « Les États-Unis sont profondément préoccupés par les événements qui se sont produits au cours des dernières 48 heures à Mossoul, où des éléments de l’État islamique en Irak et au Levant se sont emparés d'une partie importante de la ville. La situation reste extrêmement grave. Les États-Unis vont fournir toute l'aide nécessaire au gouvernement irakien dans le cadre de l'Accord-cadre stratégique pour contribuer au succès de ces efforts ». Quelle bande d’enfoirés…

Diviser, pour faire régner Israël

L’objectif immédiat de l’EEIL n’est pas Bagdad, mais la création d’un État regroupant le Nord de l’Irak et une large bande du Nord-Est syrien. A ce jour, quelle force militaire peut s’y opposer, après treize années de massacre de l’Irak, et maintenant de la Syrie, par les États-Unis ? Quel est le but des États-Unis ? Eux qui n'ont aucun droit dans la région, pour la simple et bonne raison qu'ils ont été créés, peuple d'immigration exterminant les Indiens, alors que les peuples du Moyen Orient ont tous des histoires millénaires.

Le pétrole ? Celui du Moyen Orient n’est plus vital. Le but est ailleurs, manifestement. La seule hypothèse qui tient est une volonté US de faire diviser les pays de la région pour faire admettre que la Palestine puisse être divisée. Ce plan funeste est la seule ligne qui donne une cohérence à leur politique. Alors qu’ils doivent se mettre en retrait sur le secteur, pour se consacrer au Pacifique et à leur rival chinois, les États-Unis finissent de pourrir la vie des peuples en attisant les divisions. Leur plan est bien connu : au nord-est, le Kurdistan ami, État de facto ; au nord-est, une zone dédiée aux sunnites ; au sud, un petit __Irak__ qui ne ressemble plus à rien.

Cette politique est parfaitement connue, car elle a toujours été celle des US, du Vietnam à la Libye. Au regard de l’histoire, il est dramatique que nos amis musulmans, aveuglés par leurs vraies différences, entrent dans ce jeu mortifère, organisé pour les laminer. C'est dramatique. Depuis deux siècles chrétiens, juifs, sunnites et chiites vivent sur ces terres. La seule solution est qu’ils se ressaisissent pour réécrire, eux et eux seuls, cette histoire commune, chacun ayant ses droits, chacun respectant les droits de autres.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE