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samedi, décembre 6 2014

Edito - Roland Dumas : « Ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël »

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Roland Dumas interrogé par Sihem Souid pour Le Point. Loin des simagrées des députés votant une résolution dépourvue de toute force juridique et qui relève de l’enfantillage – un État mité par des colonies, sans capitale, et sans liberté de circulation des habitants… une misérable manip’ politique – Roland Dumas s’exprime pour dire deux ou trois choses fortes et juges, reparler de la grande maison commune… Je me sens moins seul.

Que pensez-vous de la politique étrangère menée par François Hollande depuis son élection ?

Le général de Gaulle tenait à ce que la France soit indépendante. Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing (VGE) et Mitterrand ont été dans cette ligne de conduite qui donnait satisfaction à tout le monde, dire oui avec des réserves mais ne pas entrer dans le commandement intégré de l'Otan. Avec Chirac, des discussions ont eu lieu pour une réintégration, mais les contreparties qu'il voulait n'ont pas été acceptées (le commandement de la zone sud - la Méditerranée). Sarkozy a annoncé que la France réintégrait le commandement intégré de l'Otan. Avec l'arrivée de François Hollande au pouvoir, la politique étrangère a entériné ce changement de cap avec peu de débats internes et pas de débat public en réintégrant définitivement le commandement intégré de l'Otan, et cela, sans vraie contrepartie. En réalité, aujourd'hui, ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël. Aujourd'hui, nous sommes dans une alliance où la France n'a plus rien à dire. Nous n'avons plus de politique étrangère indépendante.

Quel œil portez-vous sur le travail mené par Laurent Fabius au Quai d'Orsay ?

Il a été mon Premier ministre, donc je ne peux pas en dire du mal (sourires). Vous connaissez le proverbe anglais "right or wrong, my country is my country". Il a été un très bon Premier ministre, mais il est un moins bon ministre des Affaires étrangères car il ne pousse pas les idées que je viens de vous exposer qui sont les idées traditionnelles de la France. La France a perdu son indépendance en matière de politique étrangère !

Que feriez-vous aujourd'hui si vous étiez encore ministre des Affaires étrangères ?

Je serais déjà toujours resté fidèle à la pensée socialiste. J'aurais rétabli une vraie politique française avec la Russie ! La France doit rétablir une relation privilégiée avec la Russie. Nous traitons mal les Russes, contrairement à ce qui peut se dire dans le monde ! Nous ne tenons compte d'aucun des engagements qui ont été pris, notamment avec Gorbatchev concernant la conférence de Moscou. L'alliance outre-Atlantique n'a pas tenu ses engagements envers Moscou. Je suis contre l'injustice même en politique internationale.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, novembre 23 2014

Edito - Ça sera Juppé

FRANCE-POLITICS/

Alain Juppé ? Franchement, je ne vois pas comment on pourra faire autrement… Gauche/Droite… Ce n’est pas la musique du moment. On parle quand même de présider la République, et en trouver un enfin qui entre dans le costume, c’est pas si mal.

A moins d’un épisode genre Sofitel-Manhattan bis, nous avons tous les ingrédients pour 2017, et la clé est l’économie. La France tient, et bien mieux qu’on ne le dit souvent, mais en masse, l’économie ne bougera pas, ou peu. Emploi, dette, croissance… Ça se jouera à quelques points de pourcentage, mais nous aurons dans deux ans le même décor.

Le décor politique, donc, sera aussi le même.

A Gauche, les frondeurs en culotte courte vont se calmer s’ils veulent garder leur investiture. Pour le Congrès de 2015, le repris de justice Jean-Christophe Cambadélis veut que rien ne bouge, pour que, en grand arbitre, il sauve sa place.

Les écolos vont faire gentil-gentil, sinon adieu aux délicieuses circonscriptions réservées,… qui garantissent la croûte du parti. Miss Cécile Duflot joue un jeu totalement réglé de semi-révoltée, pour ramener au second tour des voix qui sinon seraient à jamais perdues pour le PS. Jeu de dupes.

Les institutions protègent François Hollande, et sous la V° République, aucune personnalité issue du parti présidentiel ne peut se présenter contre le président.

Nicolas Sarkozy aussi sera dans le jeu. Il va gagner la présidence de l’UMP, sûrement pas avec les 80 % qu’il espérait, mais il ne lâchera pas. Et un président de l’UMP, qui récupère le fichier, les finances, les investitures, et l’organisation de primaires, ça ne se dessoude pas comme ça.

Alors un remake François Hollande-Nicolas Sarkozy ? Eh bien, non, et c’est là que tout change, car dans cet immobilisme économique et politique, Marine Le Pen sera au deuxième tour.

La question n’est plus « qui est le moins pire ? », mais « qui est le mieux placé pour écraser Marine Le Pen » ? Le reste, c’est de la finasserie.

Nicolas Sarkozy ? Ingérable ! Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen sont sur les mêmes propositions, les mêmes mots, les mêmes haines. Nicolas Sarkozy sera plus extrême que Marine Le Pen s’il croit que c’est là son salut. Ce mec est capable de tout, avec son ego mal placé.

François Hollande ? Les permanents du PS vont oublier leurs aigreurs d’estomac, et se mobiliser pour tenter de sauver leur job, mais François Hollande est trop faible. Les institutions le protègent, mais à l’épreuve du feu, impossible de lui faire confiance. Il a trop trahi la Gauche.

Martine Aubry ? La boudeuse osera-t-elle reprendre le PS pour marginaliser François Hollande ? Sincèrement, j’y ai cru, mais je n’y crois plus. Ses combines secrètes à deux balles, avec Laurent Fabius pour lui renvoyer la balle… c’est niveau EHPAD. Quand je vois qu’elle n’arrive même pas à gérer le parachutage de Jean-François Lamy à Lille

Alain Juppé, c’est d’abord du pragmatisme : il est le mieux placé pour contrer Marine Le Pen au second tour : la Gauche et la Droite voteront Alain Juppé, qui a toujours rejeté le discours arriéré du FN.

Et après quelle politique fera Alain Juppé ? Il fera une politique de Droite, ça ne fait pas de doute, mais quand même moins à Droite que El-Blancos ou Emmanuel Macron.

En fait, Alain Juppé, on compte sur toi pour deux choses : tu réunis une équipe de pros, car ras-le-bol des gouvernements casting de Nicolas Sarkozy et François Hollande, et tu restaures une politique étrangère digne d’un pays indépendant.

Pour le reste, je voterai pour toi, et le lendemain, je serai dans l’opposition, en toute amitié.

Dans l’immédiat, il y a de récifs, et en un, la primaire, alors que Nicolas Sarkozy est prêt à tout pour blinder cette élection interne, puis à faire perdre son camp, si ce n’est pas lui qui l’emporte, pour rester un recours. Alors… Voter aux primaires de la Droite pour zigouiller Marine Le Pen,… Quel métier…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, octobre 20 2014

Edito - Offensive de Martine Aubry : Manuel Valls bientôt minoritaire

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Un premier ministre peut-il rester en fonction si sa ligne politique est mise en minorité lors d’un congrès de son parti ? Peut-il, comme premier ministre, être le chef de la majorité présidentielle quand il est minoritaire dans cette majorité ? Peut-il être le chef du gouvernement en période de campagne électorale pour la présidentielle de 2017 s’il défend une ligne politique contraire à celle du parti ?

Ces questions posent l’équation du maintien d’El Blancos au gouvernement, et en fait fixent la date de son départ : après le congrès du PS, fin 2015 ou début 2016.

L’attaque de Martine Aubry, attendue, est sévère. Les grandes manœuvres pour 2017 ont commencé, avec la nécessité de créer un rapport de forces tel que François Hollande renonce à se présenter. Autant dire que ça va être vif, et dans son interview au JDD, Martine Aubry est claire : « Je ne me résous pas à voir notre pays s’enfoncer dans la morosité, le doute, le repli sur soi. Je ne baisse pas les bras devant la montée du Front national. Je ne me résigne pas davantage à la victoire en 2017 de la droite ». Et de poursuivre : « Nous avions prévu qu’à mi-mandat la croissance serait revenue, le chômage en repli et les déficits réduits en deçà de 3 %. Ce n’est pas le cas. Il nous faut trouver au plus vite le bon réglage des politiques économiques qui permettra de sortir la France de la crise. Et puis il nous faut refaire de la politique. Aujourd’hui, une raison profonde du malaise est que les Français ne comprennent pas quelle société nous voulons construire, le sens donné à l’action et les valeurs qui la fondent. Même lorsque nos réformes vont dans le bon sens, tels les rythmes scolaires et la priorité donnée à l’école, on n’a pas fixé le cap et engagé les collectivités locales à lutter contre l’échec scolaire ou à promouvoir l’éducation artistique et citoyenne. On ne mobilise pas un pays sur la seule gestion financière, on doit donner la destination du voyage ».

En toile de fond, il y a une lourde hostilité entre François Hollande et Martine Aubry, et c’est une vieille histoire. On peut dire que ces deux-là ne peuvent pas se piffrer. Les relations étaient déjà mauvaises, mais Martine Aubry sait de quoi elle parle,… vu l’état dans lequel elle avait retrouvé le PS après les années Hollande.

Mais l’essentiel est la politique, celle d’avant-congrès. Personnalité, méthode, caractère… Ça peut suffire pour diviser, mais il n’en sort rien. Là, les choses vont être différentes car François Hollande et ses enfants de chœur El Blancos et Macron ont revendiqué de passer au « social-libéralisme ». Martine Aubry répond en stigmatisant l’échec de Tony Blair et Gerhard Schröder, et revendique une nouvelle « social-démocratie ». Guerre de mots ? Sans doute, mais pas que…, et ce sera l’affaire du PS dans les mois qui suivent.

En peu de temps, le débat va s’enflammer, avec pour décor ce gouvernement qui allie à merveille les échecs et les cafouillages. Premier rendez-vous avec le vote du budget. Viendra dans le même temps deux lignes pour le Congrès : « social-libéralisme » contre nouvelle « social-démocratie ». Dès hier, Martine Aubry a mis en ligne un texte appelant aux soutiens militants. Vu l’ambiance actuelle, et ce que sont les militants restés au Parti, je vois mal comment la ligne social-libéralisme, qui signe la fin du PS, pourrait l’emporter. Martine Aubry a la cote dans le parti, et elle a des réseaux de premier ordre : les siens, ceux de Laurent Fabius et ceux de Jean-Christophe Cambadélis.

Une fois le ménage fait, à l’intérieur du PS, les primaires seront presque une formalité.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, septembre 25 2014

Edito - L'environnement sans défenseur en France ?

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Le fossé entre les discours officiels et la réalité des faits se creuse de façon inédite. Laurent Fabius se rend à New York dimanche pour marcher aux côtés d'Al Gore dans le cadre de la marche contre le réchauffement climatique.

Le réchauffement climatique met en évidence la nécessaire lutte pour mieux protéger l'eau notamment exposée à la rareté dans des conditions sans précédent.

Et que fait le Gouvernement dans le même temps sur 2015 : il décide une ponction de 175 millions par an sur les Agences de l'Eau ! Les structures qui veillent à la cohérence des actions par grand bassin versant sur le plan national, qui participent aux financement des réseaux ... voient leurs moyens baisser de façon considérable.

C'est l'incohérence la plus totale.

Une incohérence dans le silence parce que les Verts en France, c'est d'abord la gauche de la gauche et pas des défenseurs de l'Environnement. La marque diffère du contenu réel du produit.

Une incohérence parce que les ponctions de l'Etat pour atteindre les économies nécessaires annoncées sont faites sur des organismes de terrain et pas sur les "fromages de la République" : supprimer le Conseil Economique et Social, diminuer le nombre des parlementaires ...

Agences de l'Eau, Chambres de Commerce ... : ce sont des organismes de terrain, de proximité qui vont être étranglés par des économies.

C'est un véritable démantèlement de la structure de services publics du pays.

Et ce démantèlement se passe dans le silence des politiques comme des journalistes puisque l'enjeu est le "costume de Nicolas Sarkozy pour son 1er meeting demain", la "formule assassine du conseiller de François Hollande qui ne cire plus ses pompes", le ... : décalage dramatique.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, septembre 16 2014

Edito - La France paie-t-elle des rançons, finançant ainsi le terrorisme ?

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Moi qui suis un gentil p’tit gars, je crois sur parole – et applaudit – mon gouvernement de la digne République française. Et comme mon génial Président (mou) de la République (molle) a dit que la France ne paie pas de rançon aux groupes terroristes qui prennent en otage des concitoyens, et bien je m’endors l’esprit en paix, et je salue le génie de notre diplomatie qui sait négocier avec des grues des trafiquants mafieux sans leur donner un centime.

Là, tout se complique.

De ce que j’ai lu ici ou là, les États-Unis, sont les grands amis de la France.

Or quelle n’a pas été ma surprise de lire cette déclaration du si sympathique Barack Obama au New York Times, le 13 septembre dernier, à propos du sujet épineux des rançons : « Le président français, François Hollande, dit que son pays ne paye pas de rançons aux terroristes, alors qu’en réalité, il le fait ». En clair : les États-Unis ne payent pas de rançon, ce qui limite le risque de prise d’otages et évite le financement du terrorisme. Pas gentil pour Le coupe glamour du social-libéralisme, Hollande-Fabius. Selon le New York Times, la France a versé 58,1 millions de dollars depuis 2008 pour libérer ses ressortissants retenus par al-Qaida au Maghreb islamique, ce qui en fait le principal bailleur de fonds de ce groupe terroriste.

Pas de problème : ce sont des balourds. Je suis sûr que dès ce matin, Bichou-Hollande et Bidou-Fabius vont publier un démenti cinglant dans la journée.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, mai 23 2014

Edito - Mali : Le naufrage de la politique française

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Par charité chrétienne, je ne vais pas citer la presse – française et africaine – en transe, admirant « le héros de la guerre contre le terrorisme », François Hollande, triomphant le 2 février 2013 à Tombouctou, après l’offensive des militaires français du 11 janvier sur le Nord-Mali. Ce jour-là était « le plus beau de sa carrière politique ». Une si belle journée gâchée par un mauvais présage… François Hollande s’était fait refiler comme cadeau un chameau volé…, qui depuis a été rendu à ses propriétaires,… qui l’ont mangé. Un destin…

Tout était bidon ?

Oui. Tout a été bidon. Dans la foulée, Laurent Fabius a imposé en juin 2013 la signature à Ouagadougou d’un accord prévoyant des pourparlers de paix entre Bamako et le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) – du pipeau – et des élections ultra rapidos en juillet 2013, avec une campagne impossible pendant le ramadan. Le Sud a gentiment voté comme on lui demandait. Mais au Nord, la population avait déjà affiché sa rupture en dédaignant massivement les urnes.

En fait, à l’époque, on savait déjà que cette affaire ne tenait pas la route : comment 1 500 soldats français avaient-ils pu prendre le contrôle d’un territoire grand comme une fois et demi la France ? Tout reposait sur un deal de frelaté.

Le MNLA est un mouvement indépendantiste touareg très implanté, qui se nourrit du désintérêt du Sud pour le Nord. Mais le Nord se trouvait soudain sous l’emprise des mercenaires, ripolinés en djihadistes, venus de la guerre imposée à la Libye par les crapules de l’OTAN.

Les services français avaient alors passé un marché avec le MNLA : « Vous qui connaissez bien le terrain, vous nous donnez les réseaux et les planques des djihadistes-terroristes-d’Al-Qaïda, et après la victoire, on imposera à Bamako de vous reconnaitre une autonomie réelle et de l’argent pour faire les routes qui n’ont pas faites en soixante ans ».

Le MNLA a joué le jeu, les militaires français ont mené une offensive éclair – en refusant de donner la moindre information sur les morts causés par cette guerre – et les djihadistes sont repartis du côté du Sud-Libyen pour d’autres aventures. Pour quel résultat effectif ?

Où en est-on un an plus tard ?

Le MNLA, trahi par la France, a repris le contrôle du Nord contre l’armée malienne, et le grand niais de François Hollande ne risque pas de ramener sa fraise à Tombouctou, même avec son joli casque. Ce qui ne l’a pas empêché la semaine dernière de déclarer la guerre à Boko Haram. Et toute la presse, encore bien accro aux drogues de Georges W. Bush, a repris benoitement…

Sur le terrain, la France s’est grillée pour être incapable de donner le moindre contenu à l’accord de Ouagadougou. Elle a très vite été en quenouille, comme l’a montré l’enlèvement et l’assassinat des deux journalistes de RFI à Kidal le 2 novembre… Un déferlement de paroles guerrières, pour quel résultat ? Rien, car tous les fils sont coupés. La France de François Hollande et Laurent Fabius est impuissante en Afrique.

Dans la vraie vie, le MNLA a repris ses positions, soutenu par une population écœurée des promesses non tenues et d’un avenir de misère. Et ces derniers jours, le décor du film s’est écroulé.

Le nouveau Premier ministre Moussa Mara, en fonction depuis avril 2014, avait prévu une visite dans le Nord, la première pour un chef de gouvernement. Vendredi, il était à Tombouctou pour inaugurer l’engagement des travaux de la route devant relier la ville à Bamako. C’est dire que rien n’est fait pour la route en direction de Kidal et du Nord… Même pas une route en un an… Imaginez ce que ça veut dire pour la population.

Moussa Mara devait ensuite se rendre à Kidal, mais la population a marqué son opposition en manifestant vendredi vers l’aéroport, avec pour réponse une violente répression armée. « C’est la troisième fois que les Maliens tirent ainsi sur la population, nous avons agi en état de légitime défense. Pour nous, le processus de négociation est mort, il faut renégocier de nouvelles bases », a dénoncé Moussa ag-Acharatoumane, du MNLA.

Samedi, le MNLA a déclenché l’opération de prise du pouvoir, prenant en otages trente fonctionnaires maliens, dont le gouverneur. Dimanche, ont éclaté des affrontements armés entre le MNLA et l’armée malienne : bilan, selon Bamako, 8 morts et 25 blessés pour l’armée malienne, 28 morts et 62 blessés pour le MNLA. A vérifier. Les hostilités se sont poursuivies à l’avantage des indépendantistes, et depuis peu le MNLA a pris le contrôle de Kidal. Le premier ministre est reparti par hélicoptère, sous protection de l’armée française.

Alors que va-t-il se passer ?

Le MNLA va retrouver toute son influence sur le Nord, alors que Bamako va continuer à s’affaiblir, avec son gouvernement de pantins. La France va payer cash ses promesses d’autonomie non tenues, et son incapacité à imposer le moindre projet de développement pour le Nord.

Attention, regardez la carte : il ne faut pas que le Mali casse. Pour éviter que ce scénario désastreux, et faire de la vraie politique africaine, les regards se tournent désormais vers la seule vraie puissance de la région, l’Algérie.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, avril 23 2014

Edito - Otages : De l’émotion… et quelques informations ?

SYRIA-CRISIS/FRANCE

Les prises d’otages sont l’une des plus belles crapuleries que l’on connaisse. Le fait de lâches, de bandits sans foi ni loi. Un État doit tout faire pour récupérer ses nationaux, et s’il en est toujours qui ne reviendront pas, les retrouvailles, chaque fois, sont bouleversantes. La joie ne masque pas la souffrance, et on ose deviner les traumatismes qui nécessairement en résultent pour les otages et leurs proches. Vivre de tels évènements....

D'accord, mais on reste plus que mal à l’aise.

D’abord devant ces images qui tournent en boucle. L’évènement compte, et les journalistes sont bien placés pour parler des journalistes, mais qu’apporte le fait de revoir cent fois les mêmes images, avec les commentaires, déjà hélas entendus tant de fois.

Vient ensuite la question des contreparties. Le gouvernement répond toujours qu’il a négocié sans rien offrir et sans rien remettre. Serge July, co-président du Comité de soutien aux otages en Syrie, est assez net : « Si on veut que des journalistes aillent en Syrie, mieux vaut ne pas se poser trop les questions des contreparties ».

Didier François, d’Europe 1, et le photographe Édouard Elias ont été enlevés au nord d'Alep le 6 juin 2013. Nicolas Hénin, reporter indépendant pour Le Point et Arte, et Pierre Torrès, photographe indépendant, l’ont eux été le 22 juin à Raqqa. Ils étaient prisonniers de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), le plus radical des groupes djihadistes en Syrie.

Alain Marsaud, député UMP des Français de Syrie, et ancien magistrat, était hier bien serein pour expliquer sur RFI : « Si ce n'est pas nous qui payons, c'est d'autres qui payent à la place (...) Nos amis, soit qataris soit des Émirats arabes unis, ont dû faire un geste. Est-ce que ce geste, c'est de l'argent, est-ce que ce geste, ce sont des armes ? Nous le saurons peut-être un jour, peut-être qu'on ne le saura jamais. Il y a de bonnes raisons de penser qu'un certain nombre d’États amis, ou un État ami en particulier, après avoir identifié nos preneurs d'otages, a pris langue avec eux et a obtenu cette libération ».

Sur BFM, il en a remis une couche : « Je me suis entretenu, il y a quelques jours, avec les responsables des services de sécurité des Émirats arabes unis, et j'ai cru comprendre, même si les choses n'étaient pas aussi claires, qu’il y avait de bonnes raisons de penser qu'une issue favorable se déroulerait prochainement. Je ne sais pas si c'est eux seuls directement. Mais dans tous les cas, nos amis des Émirats arabes unis ont eu, à un moment ou à un autre, des contacts positifs, vraisemblablement avec les gens d'al-Nosra, dont ils sont proches. C'est un secret pour personne que les pays de la zone soutiennent tel ou tel groupe ou tel sous-groupe au demeurant ».

Enfin, sur la motivation des preneurs d’otages, Alain Marsaud, toujours aussi carré, explique : « Les preneurs d'otage ont fait cela pour essayer d'influencer la politique étrangère de la France. Or finalement cela ne sert pas à grand-chose, parce que la politique étrangère de la France, elle est clairement dans le combat anti-Assad. Donc, d'une certaine manière, ce sont nos alliés qui ont enlevé nos journalistes. C'est un peu paradoxal ».

Paradoxal dit-il… Ce serait bien que nous ayons, en plus des belles images, quelques informations… et que les journalistes pensent à poser quelques questions aux politiques.

Le 6 juillet 2012, François Hollande avait déclaré : « Une chose est sûre, c'est que le régime de Bachar el-Assad ne tiendra pas. Sa chute est inéluctable ». On en est où ?

Le 16 août 2012, Laurent Fabius avait déclaré : «Le régime syrien doit être abattu et rapidement. Je suis conscient de la force de ce que je suis en train de dire : Mr Bachar el-Assad ne mériterait pas d’être sur la Terre ». On en est où ?

A la mi-mars 2013. François Hollande s’était engagé pour une levée rapide de l’embargo européen pour pouvoir livrer des armes à l’opposition syrienne, avant de recarder en septembre : « Les Russes livrent régulièrement des armes au régime, mais nous, nous le ferons dans un cadre élargi, avec un ensemble de pays et dans un cadre qui peut être contrôlé car nous ne pouvons pas accepter que des armes puissent aller vers des djihadistes et non à l'ASL ». On en est où ?

Le 11 septembre 2013, Vladimir Poutine écrivait dans le New York Times : « La Syrie n’est pas une bataille pour la démocratie, mais un conflit armé entre le gouvernement et l'opposition, dans un pays multireligieux. Il y a peu de champions de la démocratie en Syrie. Mais il y a plus qu’assez de combattants d’Al-Qaeda et d’extrémistes de tous bords qui luttent contre le gouvernement. Le Département d’État des États-Unis a désigné Nusra Al et l'Etat islamique d'Irak et du Levant, qui combattent avec l'opposition, comme des organisations terroristes. Ce conflit interne, alimentée par les armes étrangères fournies à l'opposition, est l'un des plus sanglants dans le monde ». On en est où ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mars 13 2014

Edito - François Hollande à un plancher historique

000-DV1162162-jpg_112243.jpgDélits d'Opinion : François Hollande atteint ce mois-ci un nouveau plancher historique. Seuls 25% des Français lui accordent leur confiance alors que 49% ne lui font plus du tout confiance. Compte tenu des échéances, notamment électorales, à venir, quelle nouvelle impulsion peut-il apporter ?

Jean-Daniel Lévy : La cote de confiance de François Hollande se situe effectivement au plus bas niveau depuis son élection. On remarquera que ce « record » touche toutes les franges de population : jeunes comme moins jeunes, catégories populaires comme supérieures, sympathisants de Droite comme de Gauche. A ce titre, relevons que les 84% de sympathisants socialistes accordant le mois dernier leur confiance au Président (ce qui pourrait apparaitre encourageant) se réduisent en février à 75%. De même, les électeurs de 1er tour qui, à 68%, répondaient positivement à la question posée sont, ce mois-ci, 61%. La lente reconquête opérée aussi bien auprès de son cœur électoral que des catégories supérieures s'est stoppée. Et nous retrouvons le Président de la République sensiblement au même étiage qu'en novembre dernier. Ainsi les effets de l'annonce du pacte de responsabilité doublée d'une ligne politique qui avait, aux yeux des interviewés plus cléments avec le Président, le mérite de la clarté, s'estompent. Et laissent place parmi ces « déçus » à trois types d'expressions critiques : tout d'abord l'absence de décision et de ligne politique claire, ensuite des promesses non-tenues (nous n'identifions pas ici le vocable du peuple de Droite mobilisant le terme « mensonge »), enfin une interrogation sur la capacité du Président à bien comprendre les problèmes de Français, souvent résumés à une vaste « classe moyenne ». On le voit, point l'interrogation relative non seulement à la ligne politique mais également à la justice de celle-ci.

Si l'on devait établir le portrait type de la personne n'accordant pas du tout sa confiance à François Hollande, il s'agirait d'un homme, âgé de 35 ans et plus, de catégorie populaire, travaillant dans le privé, en couple avec enfant(s), ayant voté Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen à la dernière présidentielle. Il semble, dans ce contexte, déjà important pour le Président de renouer avec son cœur électoral et sa base politique. __ Délits d'opinion :__ Jean-Marc Ayrault atteint également un nouveau record d'impopularité à 23%. Conserve-t-il toutefois une valeur politique aux yeux du Président de la République ?

Capt_-Levy_JD_L.JPGJean-Daniel Lévy : Jean-Marc Ayrault est souvent comparé à... François Hollande. On le voit, le quinquennat a modifié profondément la perception de la pratique politique. Et si l'article 20 de la constitution affirme que « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation », la pratique institutionnelle ne s'inscrit pas totalement dans cet état d'esprit. Ce qui était parfois accordé à François Fillon comparativement à Nicolas Sarkozy (une forme de calme, de retenue et de constance) et lui permettait de se distinguer positivement du Président de l'époque ne l'est que peu aujourd'hui pour Jean-Marc Ayrault. Les 23% de Français faisant confiance à l'actuel Premier ministre reconnaissent son sérieux, son travail, sa compétence. Autant d'évocations positives qui sont également rattachées au Président auprès de cette même population. On remarquera que les Français critiquent moins les décisions à proprement parler. Mais que la thématique de l'aéroport fait son apparition. L'enquête ayant été notamment réalisée alors que les affrontements s'étaient produits à Nantes, ce ne sont pas ces derniers qui sont cités mais plus le fond de la décision et l'opportunité de la construction.

Délits d'opinion : Alors que beaucoup d'observateurs évoquent un remaniement dans les semaines qui viennent, quels sont, parmi les ministres actuels, les poids lourds sur lesquels pourrait s'appuyer le Président ?

Jean-Daniel Lévy : D'un point de vue d'Opinion, Manuel Valls inévitablement (même si l'enquête a été réalisée avant le boycott par la Droite de la séance du mercredi suite à un propos de Manuel Valls contre Claude Goasguen), deux représentants de la France à l'étranger : Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, ainsi que trois femmes : Christiane Taubira, Aurélie Filipetti et Fleur Pellerin.

Si l'on regarde par franges de population, on peut observer que le « classement » des ministres diffère. Ainsi, si le Président décidait de ne considérer que la confiance exprimée par les sympathisants socialistes, il pourrait en premier lieu penser à Laurent Fabius (recueillant la confiance de 79% de cette population), Christiane Taubira (77%), Jean-Yves Le Drian (75%), Najat Vallaud-Belkacem (75%). Il pourra même voir que Cécile Duflot reçoit la confiance de 51% des sympathisants PS (et 71% de ceux proches d'EELV). S'il souhaitait regagner à nouveau les catégories supérieures, il pourrait observer qu'outre les personnes mentionnées, Aurélie Filipetti, Fleur Pellerin et Stéphane Le Foll sont également appréciés par 30% ou plus des personnes au niveau social le plus élevé. Enfin, les sympathisants du Front de Gauche accueillent plus favorablement Benoit Hamon (52%) et Arnaud Montebourg (50%).

Méthodologie : enquête réalisée en ligne du 21 au 24 février 2014. Echantillon de 1 465 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l'access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l'interviewé(e).

Sondage : Harris Interactive