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lundi, décembre 29 2014

Edito - La marque Trudeau et la nouvelle politique 2015

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Deux démocraties modernes importantes vont vivre des temps forts électoraux sur 2015 qui vont impacter les autres pays : les États-Unis et le Canada.

Les États-Unis vont entrer dans le dispositif des primaires pour 2016. Avec la fin de la présidence de Barack Obama, c'est toute une génération démocrate qui peut être emportée comme elle le fut déjà pour partie lors des élections intermédiaires de novembre 2014. La jeune génération républicaine va passer à l'assaut.

Ce style de "jeune génération" c'est la "marque Trudeau" au Canada.

Son père avait déjà modifié le leadership politique. Mais Justin Trudeau peut entièrement le révolutionner. C'est encore un étage de plus dans le "star système". Tout est médiatique. Tout doit être charme. Toute bataille va se gagner par les images et surtout par l'émotion.

Il ne s'enlise pas dans la politique mais il veut réinventer le Canada. Y parviendra-t-il ? Ce nouveau style peut le conduire à se brûler les ailes. Ce qui est sûr, c'est que ces deux campagnes vont donner un sérieux coup de vieux à d'autres démocraties dont la France.

Est-ce que l'opinion va voter pour le spectacle afin de sortir de crise quand la gestion de la crise la désespère tant ?

Fin 2015, un début de réponse sera disponible.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, décembre 1 2014

Edito - France : comment une gouvernance sans visibilité peut-elle réussir ?

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Dans l'actuelle course à l'énumération des échecs de la France, il y a deux échecs qui méritent un classement particulier : __ 1) La faiblesse collective devant l'énonciation de la réalité actuelle :__ il est aujourd'hui courant de participer à une conférence et à l'issue de faire le point avec des intervenants et de constater les intéressés dénoncer une "situation dramatique, à la grecque du pays" alors même que, quelques minutes auparavant, les intéressés énonçaient des points ... d'optimisme,

2) l'inexistence de visibilité. Comment des efforts peuvent-ils être demandés sans avoir la visibilité sur la sortie ? Quand ? Comment ? Avec quelles conséquences pratiques ?

La France vit au coup par coup. Par coup de communication à la journée, à la "petite semaine".

En est-il partout ainsi ? Non.

Cette semaine, la lecture des contributions au colloque __''"Canada 2020"''__ organisé par Justin Trudeau montre une réelle volonté de donner un cap, fixer des perspectives, placer des mesures dans la logique globale de vision.

C'est tout ce qui fait défaut à la France actuellement. Le débat politique vit au rythme des photos privées de François Hollande, des déclarations emportées de Nicolas Sarkozy... Un vide de vision pas connu à ce point depuis les années de la IVème République et les jeux des partis dans l'instabilité parlementaire.

Et l'opinion commence à se dire : "et si on ne nous parlait pas de demain tellement ce sera effrayant...".

Chaque jour qui passe dans ce climat creuse le fossé entre l'opinion et les "gouvernants".

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, octobre 5 2014

Edito - François Hollande et la notion de "guerres normales"

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La normalité ces deux dernières années a surtout impacté l'engagement de troupes françaises sur des théâtres extérieurs d'opérations.

Ce serait désormais banal que d'envoyer des militaires français en Afrique et au Moyen Orient.

Ce qui est très surprenant ce sont les conditions dans lesquelles ces engagements interviennent. L'acte d'entrer en guerre est l'un des plus graves. Dans une démocratie, il serait concevable que l'opinion soit informée : choix entre plusieurs variantes ? Pourquoi l'entrée en guerre est incontournable ? Le coût ? La durée ? Les objectifs poursuivis ? La victoire, c'est quoi ?

Aucune de ces questions n'est abordée. Il ne s'agit pas d'entrer dans de la stratégie militaire mais de disposer d'éléments indispensables.

Ce manquement est d'autant plus surprenant que lors de la guerre d'Irak il est avéré que GW Bush a menti à la communauté internationale comme il est avéré qu'en 1991 la communication de guerre de son père avait comporté des manipulations grossières dont des témoignages montés de toutes pièces.

Ces expériences ont été sans lendemain.

Au Canada, Justin Trudeau, leader du Parti Libéral, a demandé hier ces explications dans un discours bref, concret, lucide :

''" Avec cette motion, le premier ministre a finalement annoncé au Canada ce qu’il avait dit à New York il y a maintenant plus d’une semaine. Il a l’intention de faire entrer le Canada en guerre en Irak.

L’État islamique en Irak et au Levant est une menace pour la sécurité des régions concernées, pour la sécurité mondiale.

Il assassine des membres de minorités ethniques et religieuses en Irak.

Il assassine des civils innocents, des travailleurs humanitaires et des journalistes.

Ces actes horribles ont été pleinement documentés, souvent par les terroristes eux-mêmes.

C’est pourquoi le Parti libéral a appuyé de bonne foi la mission de non-combat d’une durée de 30 jours que l’on nous avait présentée.

Cette fois-ci, au lieu d’une réunion de présentation, nous avons eu droit à un discours enflammé.

Les libéraux feront valoir quelques principes fondamentaux lors de ce débat.

Premier principe : Que le Canada a un rôle à jouer pour répondre aux crises humanitaires et aux menaces à la sécurité dans le monde.

Deuxième principe : Que lorsqu’un gouvernement envisage le déploiement de nos hommes et de nos femmes en uniforme, la mission et le rôle du Canada dans cette mission doivent être clairement définis.

Troisième principe : Que l’argumentaire pour le déploiement de nos forces doit être présenté ouvertement et avec transparence, sur la base de faits présentés de façon claire, fiable et rationnelle.

Et quatrième principe : Que le rôle du Canada doit être le reflet de son plein potentiel, afin que nous puissions venir en aide de la meilleure façon qui soit.

Contrairement à M. Harper, les libéraux ne croient pas que la meilleure façon dont le Canada puisse contribuer aux efforts internationaux de lutte contre l’EIIL soit d’envoyer simplement une poignée d’avions de chasse vieillissants.

Je crois que les Canadiens peuvent contribuer de bien d’autres façons. Nous pouvons faire preuve d’ingéniosité, et le Canada peut jouer de nombreux rôles de non-combat significatifs.

Et nous pouvons jouer certains rôles mieux que beaucoup de nos alliés, voire mieux que tous nos alliés.

Qu’il s’agisse de transport aérien stratégique… d’entraînement… ou encore d’aide médicale.

Nous avons les moyens de prêter main-forte efficacement dans un rôle de non-combat, au sein d’une mission internationale bien définie.

Mais un fait subsiste : M. Harper n’a pas été franc avec les Canadiens sur ce qu’il planifiait de faire.

Le premier ministre et le gouvernement nous ont donné peu de raisons de croire que notre rôle sera limité une fois que nous serons sur le front.

Ils ont recours à un discours enflammé et moraliste pour justifier bien plus que de simples frappes aériennes.

Ils tentent de justifier une guerre.

Pour les Canadiens, tout cela n’est que trop familier, surtout venant de ce premier ministre.

La guerre en Irak de 2003 a été menée sous de faux prétextes et avec des renseignements erronés.

Cette mission a déstabilisé cette région du globe… engendré d’autres conflits… coûté à nos alliés environ trois mille milliards de dollars… et coûté la vie à des milliers de personnes.

Le monde entier paie encore aujourd’hui le lourd tribut de cette erreur.

N’oublions jamais la façon dont cette mission a été présentée à la population.

En 2003, ce premier ministre avait déclaré que la guerre en Irak du président Bush était une question de « liberté, de démocratie et de civilisation ».

Le fiasco de 2003 en Irak nous hante toujours. Parce que de mauvaises décisions ont été prises à ce moment-là, nous ne pouvons pas nous tromper cette fois-ci.

Le Canada a déjà demandé beaucoup de la part de ses hommes et ses femmes en uniforme au cours de la dernière décennie. Et trop souvent, on les a laissé tomber à leur retour au pays.

Si nous devons à présent leur demander d’en faire encore plus, nos délibérations dans cette Chambre doivent être honnêtes et franches, afin que nous soyons dignes de la bravoure et du courage dont nos Forces font toujours preuve sur le terrain.

Nous le leur devons.

Nous croyons que le Canada a un rôle à jouer dans la lutte contre l’État islamique.

Mais la ligne qui sépare le combat du non-combat est très nette.

Il est facile de franchir cette ligne, mais bien plus difficile de revenir en arrière ensuite.

C’est toujours plus facile d’entrer en guerre que d’en sortir.

Le premier ministre a la responsabilité sacrée d’être honnête et sincère envers la population, à plus forte raison lorsque des vies sont en jeu. Chaque fois que l’on décidera de prendre part à des combats, ne perdons pas de vue qu’un courageux Canadien risquera sa vie. Nous lui devons de faire preuve de clarté. Nous lui devons d’avoir un plan.

Mais par-dessus tout, nous lui devons de dire la vérité.

Le premier ministre a manqué à tous ces devoirs.

Le Parti libéral du Canada ne peut pas appuyer et n’appuiera pas cette motion du premier ministre d’aller en guerre en Irak."''

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Ces questions de bon sens n'ont jamais été abordées en France.

La banalisation de l'exposition des troupes françaises sous la présidence de François Hollande intervient dans des conditions bien surprenantes.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, juin 19 2014

Edito - Léo Bureau Blouin gagne la présidence des jeunes du PQ ou la belle nouvelle génération du Canada

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Le décrochage de la France en matière de nouveau souffle politique est considérable. L'UMP est en crise. Elle fait appel à trois ... anciens Premiers Ministres. François Hollande doit désigner le défenseur des Droits. Il propose ... Jacques Toubon ancien secrétaire général du RPR en ... 1984.

Tout paraît figé, bloqué, fermé. Une sorte de musée où l'exposition change au gré des circonstances mais toujours à partir des mêmes "réserves".

Le personnel politique français incarne à la caricature la société bloquée française.

Au même moment les autres pays bougent. Mattéo Renzi dépoussière l'Italie à la hussarde. David Cameron modernise la Grande Bretagne peut-être bien au-delà de Margaret Tatcher. Le Canada voit une génération nouvelle prendre le pouvoir.

Justin Trudeau est à l'offensive fédérale.

Mélanie Joly change les pratiques sur Montréal.

Léo Bureau Blouin gagne (avant hier) une responsabilité éminente au sein du PQ.

Jusqu'à quand, avec de tels échecs permanents et graves, l'opinion publique française supportera-t-elle cette rotation des ex qui se passent le pouvoir d'élection en élection, totalement coupés des réalités de la vie ordinaire ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, avril 22 2014

Edito - Hollande / Valls et cette culture du pouvoir triste punitif

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Valéry Giscard d’Estaing (VGE) avait le pouvoir séducteur comme s'il ne parvenait pas à comprendre qu'on puisse lui résister. François Mitterrand a eu le pouvoir historique. Rien ne pouvait être "normal", tout devait faire date. Jacques Chirac a eu le pouvoir sympa comme s'il était le grand frère content d'être "enfin aimé" comme il le méritait. Nicolas Sarkozy avait le pouvoir réactif toujours en mouvement. Tout pouvait être sujet à des réactions immédiates, des invectives, d'où le sentiment d'une certaine violence surtout après la bonhomie des années Jacques Chirac.

François Hollande et Manuel Valls ont le pouvoir triste et punitif. La tristesse naît des échecs permanents donnant le sentiment que François Hollande est un boulet pour le pays.

A quand remonte le dernier rire de François Hollande quand ce n'est pas à ses dépens ?

Punitif, parce que Manuel Valls endosse le costume du méchant pour lutter contre les gaspillages. On ne discute plus, on exécute. On ne débat pas, on applique... Il pourrait être cool. Il se raidit en permanence.

Ce faisant, cette culture est à l'opposé des autres démocraties comparable. Jo Biden lance depuis cinq jours son compte Instagram en saluant l'arrivée d'un ami (BO) : succès garanti. Justin Trudeau cède même à un selfie à la sortie d'un ... enterrement et est critiqué pour ne pas "avoir la tristesse de circonstance".

Étonnants contrastes ...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, avril 19 2014

Edito - Comment gouverner avec un "chef" sans leadership ?

USA-FISCAL/OBAMA-SHUTDOWN

Les élections municipales ont été la première étape d'une France déboussolée qui s’en remet à la dérision avec déraison.

L'abstention bat des records dans le pays de la déclaration des Droits de l'Homme et de 1789. Les extrêmes poussent. L'alternance se produit de façon mécanique dans un climat où il vaut mieux croire que chercher à comprendre.

Une crise de gouvernance sans précédent sous la Vème République se transforme sous nos yeux en crise permanente de régime pour une raison simple et quasi-tragique à ce point : l'absence de réponse à l'enjeu majeur de toute démocratie moderne : comment gouverner avec un "chef" sans leadership ?

François Hollande n'a aucun leadership personnel faute de charisme. Même la fonction présidentielle semble incapable de lui procurer au moins le vernis élémentaire. Comment définir son style ?

Il n'a pas davantage de leadership d'idées. Quelles grandes causes nationales nouvelles ou internationales sont portées par l'actuelle vision présidentielle ?

Quand ce ne sont pas les reproches qui fusent sur ses fautes ou sur ses erreurs personnelles, c'est le silence obligatoire face au ... vide.

Aucune autre démocratie comparable n'est actuellement confrontée à une telle réalité.

Les États-Unis ont Obama qui incarne un souffle historique. Il a déjà changé des pans entiers de la politique américaine avec une révolution sans précédent qu'est l'Obamacare qui a certes ses ratés techniques au démarrage mais qui est une avancée historique.

L'Allemagne a Merkel.

Le Canada opère son transfert affectif et d'espoir sur Justin Trudeau.

La Grande-Bretagne a David Cameron qui réforme en profondeur peut-être davantage que ... Margaret Thatcher.

Et la France reste au port. Une situation inédite à ce point. Pendant combien de temps encore ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE