Alain Juppé

… et d’ailleurs sans doute même si Martine Aubry ne fait plus du boudin. Votant depuis 31 ans, et ayant toujours voté à chaque scrutin qui se présentait devant moi, je m’apprête tranquillement à voter pour Alain Juppé en 2017.

Rappelons d’abord, pour rester bien détendus, que le droit de vote a perdu sa valeur sacrée, initiale. C’est un plus qui fait partie d’un tout, et ce tout, c’est l’ensemble des outils permettant à un citoyen de participer à la vie politique et juridique de son pays. L’action de législateur est entourée de principes du droit, défendus sur les plans constitutionnel (Conseil constitutionnel et juges nationaux appliquant la jurisprudence du Conseil), européen (Cour de Justice de l’Union Européenne et Cour Européenne des Droits de l’homme) et international (Comité des droits de l’Homme de l’ONU). Ce qui veut dire que ce droit fondamental est à la disposition de tous pour défendre les libertés contre les abus du pouvoir – en imposant contre la loi la présence de l’avocat en garde-à-vue – ou en obtenant la reconnaissance de droits nouveaux – par exemple le syndicalisme dans l’armée.

On peut donc être un citoyen très actif, sans voter… ou du moins à renoncer à voter vu le caractère peu affriolant du menu. Stop à la culpabilisation des abstentionnistes… qui ont souvent des convictions politiques plus acérées que les votants par devoir (et avec la pince à linge sur le nez).

En 2017, on votera… si on veut.

Il y en a déjà trois à éliminer : Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Ça, c’est strictement impossible. Ces petits poissons ne font pas la maille, et il faut les rejeter à l’eau.

Martine Aubry ? On verra, mais je constate que Madame continue de bouder dans son coin, en lançant quelques messages subliminaux, dont personne n’a rien à fiche. Expérimentée, et notamment dans la vie des entreprises, excellente première secrétaire du PS, elle dispose d’appuis dans tout le pays… Mais il faudrait primo qu’elle se positionne clairement comme voulant prendre la suite de François Hollande et secundo qu’elle ne nous concocte pas un de ces rafistolages délirants dont a le secret le PS. En réalité, le PS est un appareil d’une lourdeur telle que je ne vois pas comment Martine Aubry pourrait s’en affranchir, avec tous ces mendiants de la proportionnelle interne qui viennent quémander leur juste part. Si c’est dégager François Hollande pour retrouver Martine Aubry avec les mêmes et la même politique, quelques gadgets en moins, c’est niet.

Alors, voter Alain Juppé ?

Alain Juppé est plus à Gauche que François Hollande et El Blancos, et je ne pense pas qu’il nommerait un boss de la Banque Rothschild comme ministre de l’économie et des finances. Pour la politique internationale, il est l’un des rares capables de conserver la juste distance vis-à-vis des bandits en chef que les États-Unis. Sur le refus de toute familiarité avec le FN, il a toujours été nickel, et il a été l’un des premiers à dénoncer l’islamophobie comme maladie française. Ajoutez ce qu’il a fait de Bordeaux,… chapeau ! Pour le reste, et franchement, on se tape de son programme. On sait ce que valent les promesses électorales à l’épreuve des faits.

Surtout, je crois que l’essentiel est ailleurs. Ce serait bien que la présidence, qui hélas reste le centre unique du pouvoir sous cette décalée V° République, soit tenu par quelqu’un qui assume la fonction. Alain Juppé est un homme compétent, expérimenté et de caractère, ça peut le faire. Ça compte, mais nous allons voir aussi comment il va s’entourer, et réunir autour de lui, et comment il va satelliser les mouches frelatées de l’UMP.

Donc, pourquoi pas ? Une équipe de personnes compétentes pour redonner un avenir à notre beau pays ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE