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vendredi, avril 25 2014

Edito - Agressions sexuelles : L’armée serait-elle arriérée ?

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Il y a des crapules partout, et même dans l’armée. Des sauvages qui violent les femmes… Le violeur est un criminel qui doit passer aux assises, avec huit ans de prison comme tarif de base. A côté du violeur prédateur, il y a la troupe des vicelards incontinents, qui ne peuvent se retenir de baver quand ils rencontrent une femme. Ça passe par les injures graveleuses, le harcèlement sexuel, les atteintes à la pudeur, les mains baladeuses et ploteuses... Des comportements de gougnafier qui doivent conduire en correctionnelle et en conseil de discipline, systématiquement.

C’est la loi, et elle n’est pas si mal appliquée que cela,… sauf dans l’armée. Une inacceptable arriération.

Depuis la professionnalisation, en 1996, on compte 15 % de femmes à l’effectif. La question des agressons sexuelles sur les femmes est devenue publique fin février avec le livre La Guerre invisible, de Leila Minano et Julia Pascual, deux journalistes. Un livre très fort, qui a obligé le ministère à prendre position, et annoncer un plan de lutte contre ce système. On attend un rapport confié à Didier Bolelli, inspecteur général de l'armée de terre, ancien patron du renseignement militaire, et Brigitte Debernardy, contrôleur général. Le ministre s’est dit très vigilant, et on veut le croire.

Dans Le Monde d’hier, trois femmes témoignent, dans une lettre ouverte adressée à Jean-Yves Le Drian.

51MBsevl1PL.jpg« Je m'appelle Céline, j'ai 28 ans. J'ai été une des premières femmes militaires admises dans une compagnie de combat. J'étais si fière de suivre le chemin tracé par mon grand-père. J'ai cependant été victime de harcèlement moral, sexuel et d'une tentative de viol de la part de mes camarades. On a tenté de me dissuader de porter plainte. Lors de l’enquête de commandement qui a suivi la dénonciation des faits, les officiers m'ont expliqué qu'une « femme entourée d'hommes était comme une brebis au milieu des loups » et que j'aurais dû m’attendre à ce que l'on « me saute dessus ». J'ai dû quitter l'armée par la petite porte alors que mes agresseurs, eux, sont restés en place. J'ai tenté de mettre fin à mes jours avant de sombrer dans l'alcool et la dépression. Aujourd'hui encore, je cherche à me reconstruire ».

« Je m'appelle Lætitia, je me suis engagée dans l'armée de terre en mai 2001. Deux mois plus tard, j'étais victime d'un viol sous GHB, ou « drogue du viol », au sein de mon régiment. Une procédure douloureuse et longue de sept ans s'en est suivie. Mon agresseur a finalement été confondu et condamné pénalement. En revanche, les autres, ceux qui ont vu mais n'ont rien fait, n'ont jamais été inquiétés. Ma carrière et ma vie privée ont été brisées ! Treize ans après les faits, rien n'a changé. Certaines mesures ont été prises mais sans que notre parole soit écoutée. Le projet présenté ne passe-t-il pas à côté de l'essentiel : les attentes des victimes ? ».

« Je m'appelle Lyne, j'ai 26 ans. Il y a moins d'un an, j'ai été victime d'un viol dans ma garnison. J'ai porté plainte trois jours après les faits. Une semaine plus tard, on m'a mutée dans une autre unité mais sans changer de base. Aujourd'hui, je suis toujours dans l'armée et en aucun cas je ne souhaite quitter mon travail. Je croise tous les jours mon agresseur qui a, lui, conservé son poste. Est-il normal, alors que je suis victime, que j'aie été détachée de mon unité, tandis que mon agresseur n'a jamais été muté et n'est pas inquiété ? A présent, je souffre du regard des autres. J'ai fini par faire une demande de mutation actuellement étudiée par le service des ressources humaines. J'attends avec impatience la décision, qui je l'espère sera positive ».

Il faut vraiment saluer le courage de ces femmes, qui dont le choix de rejoindre notre armée, et qui étant victimes et cassées par le système, se rebellent. Le courage et la justice contre les lâches, la justice contre les violents.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mars 13 2014

Edito - François Hollande à un plancher historique

000-DV1162162-jpg_112243.jpgDélits d'Opinion : François Hollande atteint ce mois-ci un nouveau plancher historique. Seuls 25% des Français lui accordent leur confiance alors que 49% ne lui font plus du tout confiance. Compte tenu des échéances, notamment électorales, à venir, quelle nouvelle impulsion peut-il apporter ?

Jean-Daniel Lévy : La cote de confiance de François Hollande se situe effectivement au plus bas niveau depuis son élection. On remarquera que ce « record » touche toutes les franges de population : jeunes comme moins jeunes, catégories populaires comme supérieures, sympathisants de Droite comme de Gauche. A ce titre, relevons que les 84% de sympathisants socialistes accordant le mois dernier leur confiance au Président (ce qui pourrait apparaitre encourageant) se réduisent en février à 75%. De même, les électeurs de 1er tour qui, à 68%, répondaient positivement à la question posée sont, ce mois-ci, 61%. La lente reconquête opérée aussi bien auprès de son cœur électoral que des catégories supérieures s'est stoppée. Et nous retrouvons le Président de la République sensiblement au même étiage qu'en novembre dernier. Ainsi les effets de l'annonce du pacte de responsabilité doublée d'une ligne politique qui avait, aux yeux des interviewés plus cléments avec le Président, le mérite de la clarté, s'estompent. Et laissent place parmi ces « déçus » à trois types d'expressions critiques : tout d'abord l'absence de décision et de ligne politique claire, ensuite des promesses non-tenues (nous n'identifions pas ici le vocable du peuple de Droite mobilisant le terme « mensonge »), enfin une interrogation sur la capacité du Président à bien comprendre les problèmes de Français, souvent résumés à une vaste « classe moyenne ». On le voit, point l'interrogation relative non seulement à la ligne politique mais également à la justice de celle-ci.

Si l'on devait établir le portrait type de la personne n'accordant pas du tout sa confiance à François Hollande, il s'agirait d'un homme, âgé de 35 ans et plus, de catégorie populaire, travaillant dans le privé, en couple avec enfant(s), ayant voté Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen à la dernière présidentielle. Il semble, dans ce contexte, déjà important pour le Président de renouer avec son cœur électoral et sa base politique. __ Délits d'opinion :__ Jean-Marc Ayrault atteint également un nouveau record d'impopularité à 23%. Conserve-t-il toutefois une valeur politique aux yeux du Président de la République ?

Capt_-Levy_JD_L.JPGJean-Daniel Lévy : Jean-Marc Ayrault est souvent comparé à... François Hollande. On le voit, le quinquennat a modifié profondément la perception de la pratique politique. Et si l'article 20 de la constitution affirme que « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation », la pratique institutionnelle ne s'inscrit pas totalement dans cet état d'esprit. Ce qui était parfois accordé à François Fillon comparativement à Nicolas Sarkozy (une forme de calme, de retenue et de constance) et lui permettait de se distinguer positivement du Président de l'époque ne l'est que peu aujourd'hui pour Jean-Marc Ayrault. Les 23% de Français faisant confiance à l'actuel Premier ministre reconnaissent son sérieux, son travail, sa compétence. Autant d'évocations positives qui sont également rattachées au Président auprès de cette même population. On remarquera que les Français critiquent moins les décisions à proprement parler. Mais que la thématique de l'aéroport fait son apparition. L'enquête ayant été notamment réalisée alors que les affrontements s'étaient produits à Nantes, ce ne sont pas ces derniers qui sont cités mais plus le fond de la décision et l'opportunité de la construction.

Délits d'opinion : Alors que beaucoup d'observateurs évoquent un remaniement dans les semaines qui viennent, quels sont, parmi les ministres actuels, les poids lourds sur lesquels pourrait s'appuyer le Président ?

Jean-Daniel Lévy : D'un point de vue d'Opinion, Manuel Valls inévitablement (même si l'enquête a été réalisée avant le boycott par la Droite de la séance du mercredi suite à un propos de Manuel Valls contre Claude Goasguen), deux représentants de la France à l'étranger : Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, ainsi que trois femmes : Christiane Taubira, Aurélie Filipetti et Fleur Pellerin.

Si l'on regarde par franges de population, on peut observer que le « classement » des ministres diffère. Ainsi, si le Président décidait de ne considérer que la confiance exprimée par les sympathisants socialistes, il pourrait en premier lieu penser à Laurent Fabius (recueillant la confiance de 79% de cette population), Christiane Taubira (77%), Jean-Yves Le Drian (75%), Najat Vallaud-Belkacem (75%). Il pourra même voir que Cécile Duflot reçoit la confiance de 51% des sympathisants PS (et 71% de ceux proches d'EELV). S'il souhaitait regagner à nouveau les catégories supérieures, il pourrait observer qu'outre les personnes mentionnées, Aurélie Filipetti, Fleur Pellerin et Stéphane Le Foll sont également appréciés par 30% ou plus des personnes au niveau social le plus élevé. Enfin, les sympathisants du Front de Gauche accueillent plus favorablement Benoit Hamon (52%) et Arnaud Montebourg (50%).

Méthodologie : enquête réalisée en ligne du 21 au 24 février 2014. Echantillon de 1 465 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l'access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l'interviewé(e).

Sondage : Harris Interactive

lundi, février 3 2014

Edito - Avant-première : Le résultat des élections européennes

esprit-de-famille-11040_L.jpgEn décembre, la France a compté 10.200 chômeurs (1) de plus (+0,3 %) n’ayant pas travaillé (catégorie A). Le nombre de personnes inscrites comme demandeurs d’emploi et ayant travaillé partiellement (catégories B et C) a progressé de 11.800.

La France compte ainsi 3 563 400 demandeurs d’emploi de catégorie A, un record absolu. Sur l’ensemble de l’année, la hausse a atteint 177.800, soit une progression de 5,7 %. En catégories A,B et C, la hausse annuelle atteint 6 %, pour un total de 5 194 100 inscrits.

Les chiffres sont limités par le traitement social du chômage des jeunes, avec la signature de 100.000 emplois d’avenir financés au trois quarts par l’État, marquant un timide recul du chômage des jeunes, revenu à son niveau de début 2013.

Le chômage des seniors a augmenté tout au long de l'année pour atteindre +12,3 % en un an. Désormais, près d’un inscrit sur quatre à Pôle emploi a plus de 50 ans. Fin décembre plus de 2 millions de personnes pointaient à Pôle emploi depuis plus d'un an (+0,9% sur un mois, +13,3% sur un an). Parmi eux, 591.000 étaient même inscrits depuis plus de 3 ans (+1,7% sur un mois, +18,1% sur un an).

Pourtant, le gouvernement a su se montrer actif, avec 60.000 radiations administratives en décembre (2), soit 40% de plus qu'en novembre.

Comme le dirait notre ami le joyeux Conseil d’État de l’État moral, la cohésion nationale est menacée.

Pas fameux,... mais une bonne nouvelle vient éclairer ce tableau un peu sombre : le gouvernement a inversé la courbe du chômage au sein de la famille Le Drian.

photo.jpgLe jeune et vaillant Thomas Le Drian, 29 ans, fils de Jean-Yves, le ministre de la défense, a été engagé comme chargé de mission auprès du président du directoire du groupe SNI (3), 4 200 collaborateurs et 1,3 milliard d’euros de CA, André Yché. Thomas a été nommé membre du comité exécutif, directeur du contrôle interne et du contrôle de gestion de la filiale Efidis. La SNI a succédé en 1976 à la Sogima, créée en 1961 pour répondre aux besoins de logement des personnels des armées. Fin 2012, la SNI assurait aussi la gestion de 604 casernes de gendarmerie et 9 539 équivalents logements. La SNI est le premier bailleur social français avec près de 275 000 logements. Efidis (4), qui compte 840 collaborateurs, gère plus de 50 000 logements sociaux en Ile de France, et contrôle les résidences étudiantes Studefi.

Diplômé en 2008 d’une école de commerce du bled (5), l'Institut supérieur du commerce, Thomas avait été recruté en novembre 2012 au cabinet de Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la Caisse des dépôts (CDC). Jouyet est le grand pote de Hollande, parrain d’un des enfants (6), et de Sarkozy (7), dont il avait été ministre. Jouyet avait obtenu de Sarko la présidence la CDC, qui détient le groupe SNI à 100 %. André Yché, un proche de Sarko, avait été nommé en 1997 directeur adjoint du cabinet d'Alain Richard, ministre de la défense de Jospin, et en juillet 2013, il avait reçu des mains de Jean-Yves l'Ordre du mérite (8).

Lisez bien ce texte, et vous avez le résultat des élections européennes.

(1) http://travail-emploi.gouv.fr/etude...

(2) http://www.liberation.fr/politiques...

(3) http://www.groupesni.fr/

(4) http://www.efidis.fr/

(5) http://www.challenges.fr/galeries-p...

(6) http://www.lavie.fr/actualite/franc...

(7) http://www.lejdd.fr/Politique/Actua...

(8) http://www.immoweek.fr/immobilier/p...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE