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jeudi, décembre 11 2014

Edito - Lionel Jospin : un grand juriste intègre le Conseil constitutionnel

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Lionel Jospin n’a jamais étudié le droit, et ne l’a jamais pratiqué. Il n’est ni juge, ni avocat, ni enseignant en droit. Il n’a jamais publié un texte juridique, et on ne sait même pas s’il sait lire un ouvrage de droit. On est sûr en revanche qu’il ne sait faire une recherche de jurisprudence sur Legifrance, ou même trouver la page publiant la jurisprudence du Comité des droits de l’homme de l’ONU. Fait-il la différence entre la Cour de Justice de l’Union européenne et la Cour européenne des droits de l’homme ? C’est possible, mais est-il capable d’écrire une ligne cohérente sur les rapports entre les jurisprudences de ces deux cours européennes et celle du Conseil constitutionnel ? Une blague… Ça serait une note éliminatoire, avec corvée de chiottes en prime.

C’est donc ce grand expert ignorant qui intègre le Conseil constitutionnel, nommé par la grâce de son vieil ennemi interne au PS, Claude Bartolone. Trotskiste planqué, leader « socialiste » célèbre pour avoir amené Jean-Marie Le Pen au second tour, et avoir déserté ses troupes devant la défaite.

D'accord, tout n’est pas négatif : l’austère qui se marre va récupérer 10 000 € par mois, et c’est un bon signe pour la relance de l’économie sur l’Ile de Ré.

Mais quel est le vrai problème ?

Le vrai problème est qu’il y a un besoin urgent de renationaliser les droits fondamentaux, pour s’extraire de la toute-puissance de la Cour européenne des droits de l’homme. Cette Cour, de plus en plus touche à tout et inconstante, a un mérite qu’on doit lui reconnaître : elle ne cesse rappeler que le juge national est le mieux placé pour apprécier les données nationales, et qu’elle n’exerce qu’un contrôle des principes. Sauf que si le juge national est nul,… c’est elle qui contrôle tout.

Nous sommes donc condamnés à garder longtemps encore cette plaie : une juridiction suprême, qui ne regroupe pas des juges expérimentés, nommés par une procédure incontestable, mais des hommes politiques nommés par leurs copains. C’est absolument consternant.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, novembre 27 2014

Edito - Nicolas Sarkozy : Communautarisme et racisme

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Rachida Dati ministre ? : « Parce que je m'étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler de la politique pénale, ça avait du sens ».

Qui a fait plus de mal à notre communauté nationale que Nicolas Sarkozy ? Je dis bien « communauté », parce que notre nation, au-delà de l’État – le cadre juridique de notre unité – c’est notre histoire et notre vie. Même si vous n’aimez ni votre voisin, ni votre collègue de travail, ni votre maire… Même si vous n’y croyez plus… il y a la France. C’est le petit truc qui vous pince le cœur quand dans un aéroport très lointain vous découvrez quelques mots de français. Nous avons mille raisons de penser à la France. Perso, j’en resterais toujours amoureux car de Ronsard à Eluard, la langue française a illuminé la poésie.

Alors, notre Nicolas Sarkozy ? Plus d’une fois, j’ai lu que la campagne de 2007 resterait un modèle à enseigner dans les écoles politiques. Non. Cette victoire a été la défaite d’un PS pourri jusqu’à l’os et qui avait rêvé de se refaire une virginité avec une candidate lunaire, et la défaite de l’UMP, laissant un Nicolas Sarkozy sans scrupule reprendre tous les thèmes FN. En 2007, ce sont les thèmes du FN, le populisme xénophobe et l’arriération franchouillarde, qui l’ont emporté, en apportant au vote habituel de la Droite, des gens venus d’un autre monde.

Depuis, nous payons cash… La vraie faute de Nicolas Sarkozy, c’est qu’il a cassé la France, notre pays. La gauche mole, tétanisée par ses ombres, est restée dans le sillon, voulant nous passionner pour la gestion de la dette ou le coût des 35 heures, alors qu’il fallait parler du pays, de nos attachements, nos débats, nos désaccords… Les cosmétiques qui font les marioles dans les ministères – vous avez vu l’autre dinde de Fleur Pellerin qui ne lit pas de livres mais mendie auprès de Michel Hazanavicius un rôle dans le prochain film d’OSS 117… – finissent la casse du pays. C’est grave. Nous sommes le pays de toutes les diversités, et c’est excellent, mais il nous faut des leaders politiques capables de dessiner un destin.

C’est là qu’on revient à cette phrase accablante de Nicolas Sarkozy.

« Parce que je m'étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler des droits fondamentaux et défendre l’indépendance de Justice, ça avait du sens ».

Admettons que Nicolas Sarkozy ait dit cette phrase,… elle aurait été inacceptable. Parce que cela aurait signifié que la nomination était due à des critères d’appartenance, et non pas aux compétences.

Par cette phrase lâchée en cette période de déprime, Nicolas Sarkozy, enfin, est sincère. Enfin. Rachida Dati n’a pas été nommée pour ses compétences, mais parce qu’il fallait une arabe dans le gouvernement. C’est du pur casting communautarisme. L’une des données du problème est que François Hollande a fait la même chose avec Christiane Taubira, nommée elle aussi sur les quotas : femme, noire, des Antilles. Sapin, Jean-Yves Le Drian, Stéphane Le Foll ou Emmanuel Macron ont été nommés car ils étaient en situation de prendre du jour au lendemain la tête des ministères. Qui peut soutenir que Christiane Taubira a été nommée pour sa maîtrise des dossiers ? De fait, sur les dossiers difficiles, elle se fait laminer, comme sur l’actuel projet de réforme des professions juridiques, géré de A à Z par Bercy.

Ça, c’est le Nicolas Sarkozy du communautarisme. N’ayant aucune vision du pays, il jongle avec les communautés comme il jongle avec les courants au sein de l’UMP.

Mais son vrai propos a été : « Parce que je m'étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler de la politique pénale, ça avait du sens ».

Ça, c’est du Le Pen Jean-Marie de fin de banquet.

D’abord, ce classique : on parle d’abord de soi, comme me l’expliquait encore hier mon ami Freud. Quand Nicolas Sarkozy parle de la justice, il parle de ce qui le concerne, c’est-à-dire le rapport à la loi pénale. Pour lui, le ministère de la justice, c’est le ministère du droit pénal. Avec comme adminicule, que la justice doit faire peur.

Après, il y a le racisme congénital. Comme son père et mère sont algérien et marocain, Rachida Dati s’y connait en violation de la loi. Avec des parents du Maghreb, vous êtes des experts en droit pénal... Et une rescapée de cette fabrique de voyous pour faire appliquer la loi pénale, çà, çà a de la gueule… Euh : ça « a du sens ».

Pauvre Nicolas Sarkozy.

On va voir ce que la suite va donner. Le problème est que les primaires ont maintenant pris autant d’importance que la présidentielle elle-même, car elles arrêtent le menu. Cet adepte du communautarisme et racisme qui en remettrait une couche, c’est strictement impossible. Alors faudra-t-il prendre sa carte à l’UMP pour éliminer cet agent nocif ? C’est une question sérieuse.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, mai 12 2014

Edito - Robert Ménard rattrapé par son entourage radical

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Louis Aliot a mis les choses au clair avec Robert Ménard, le maire de Béziers (Hérault), élu avec le soutien du Front national, mais qui a pris ses distances. "Il y a peut-être une certaine contradiction en disant “. ”Je ne suis pas Front national” comme s'il avait en face de lui un épouvantail, tout en prenant à son cabinet des gens qui sont beaucoup plus radicaux que ne le sera jamais le Front national ", a déclaré le vice-président du FN sur France culture, le 7 mai dernier.

"On l'a soutenu lors des élections municipales pour lui rendre la pareille après ce qu'il avait fait pendant la présidentielle, avec son livre Vive Le Pen !", explique M. Aliot au Monde. "Il fait ce qu'il veut. Mais il a plutôt intérêt à agir avec le FN à Béziers. On va recréer une section dynamique, le Front va grandir. Et il l'aura dans les pattes s'il continue à nous dénigrer de la sorte", avertit encore Louis Aliot qui a tenu justement un meeting dans la ville, avec Marine Le Pen, vendredi 9 mai, histoire de se rappeler au bon souvenir de M. Ménard. Ce dernier n'avait pas prévu d'y assister. Il n'était pas donc pas présent.... Dont acte.

Eminence grise

Louis Aliot reproche à Robert Ménard de travailler de manière étroite avec Christophe Pacotte, un cadre du Bloc identitaire, mais surtout avec André-Yves Beck. "M. Beck a été un adversaire acharné du Front national et de Jean-Marie Le Pen depuis toujours, nous ne partageons pas les valeurs de son combat", a jugé la tête de liste FN dans la circonscription Sud-Ouest.

Inconnu du grand public, André-Yves Beck est un acteur de longue date de l'extrême droite. Il travaillait jusqu'à présent aux côtés des époux Bompard, à Orange et Bollène (Vaucluse), dont il a été l'éminence grise. Un de ses faits d’armes a été la purge des bibliothèques municipales d’Orange après que le FN a ravi la ville en 1995. Il est désormais directeur de cabinet de l'ancien patron de Reporters sans frontières.

"Entité sioniste"

Ce choix de Robert Ménard dénote fortement quant à l'image rassurante que celui-ci voudrait se donner. Trente années durant, M. Beck, le lepénisme municipal pratique les coupes claires, aujourd'hui âgé de 52 ans a circulé dans les milieux radicaux, usant de divers pseudonymes et occupant des fonctions officieuses de direction. André-Yves Beck n'a jamais voulu apparaître comme un "tiède", selon le terme de cette mouvance.

Dès son plus jeune âge, il est attiré par l'extrême droite la plus dure. Il le raconte dans un entretien paru en 2001, dans le livre de Christian Bouchet Les Nouveaux Nationalistes. "Dès le lycée, j'ai été attiré par les idées dites nationalistes. (...) Il existait alors, à Grenoble, une section du Parti des forces nouvelles (PFN, dissident FN) assez active, un Front national inexistant en terme militant mais rassemblant une vingtaine de personnes, assez âgées . A la marge de cette marge, une demi-douzaine de jeunes s'agitaient vaguement au sein du Mouvement nationaliste révolutionnaire de Malliarakis ou de la Fédération d'action nationale européenne (FANE, néonazi). Le premier autocollant politique que j'ai remarqué dans ma vie fut d'ailleurs un de la FANE, collé à l'entrée de mon lycée. Il portait comme slogan “ Demain le fascisme !".

Il adhère malgré tout au FNJ en 1983, séduit par le tribun Le Pen. Son amour pour le FN dure trois ans. En 1986, il tracte à l'arrivée de son président à Grenoble. Le document, intitulé "Six questions à Jean-Marie Le Pen", interpelle le leader et lui demande des explications "sur ses liens avec la Trilatérale et l’entité sioniste". "Ces questions n'étaient pas totalement stupides dans le contexte d'une époque qui voyait le président du FN chercher désespérément à être reçu en Terre promise", explique André-Yves Beck dans son entretien de 2001.

Légion noire croate

Mais son aura, il la doit en partie à la Croatie, au début des années 1990. Plusieurs cadres, avec lesquels il militait à l'époque, affirment qu'il est allé combattre, comme d'autres jeunes néofascistes européens, dans la Légion noire croate, lors de la guerre en ex-Yougoslavie. Des faits qu'il est arrivé à M. Beck de démentir, de manière plus ou moins convaincante. Il a surtout organisé, depuis Grenoble, les filières de départs vers la Croatie de militants de sa mouvance politique.

A l'époque, il vient de fonder avec Christian Bouchet, Nouvelle Résistance (NR), petit groupe nationaliste-révolutionnaire. Les nationalistes-révolutionnaires se vivent à la fois comme nationalistes, anticommunistes et anti-américains par rejet du système libéral et du cosmopolitisme. Il y est comme un poisson dans l'eau.

"Les trous dans la chaussée"

A Nouvelle Résistance, André-Yves Beck se charge particulièrement de fumeuses opérations d'infiltrations dans les milieux de gauche et d'extrême gauche. La plus célèbre d'entre elles reste celle des jeunes écologistes dont les protagonistes finiront par être démasqués.

Mais pourquoi Robert Ménard a fait de M. Beck, dont on ne sait s’il est toujours membre clandestin de la direction du Bloc identitaire, son plus proche collaborateur ? Sur Canal Plus, le 7 mai, le maire de Béziers a expliqué que c'est son travail auprès des Bompard qui l'a convaincu de l'embaucher.

On ignore si c'est par conviction ou nécessité que ce païen a rejoint un catholique comme Bompard dont il a épousé la fille. En 2001, il expliquait : "99 % de l’action municipale est apolitique. Il n’ y a pas une manière de gauche et une manière de droite de reboucher les trous dans une chaussée".

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mai 1 2014

Edito - Béziers / CABEME : les habits neufs des vieux blocages

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L’agglomération biterroise s’entête dans les conditions de son déclassement. Le tournant a été en mars dernier. Le départ de Raymond Couderc devait être l’occasion de mettre un terme à une dyarchie qui avait été la clef d’un dénouement en 1995 d'une seule et unique tendance : la main mise de tous les territoires à l'exception de Boujan-sur-Libron.

Robert Ménard veut que Béziers quitte l'Agglomération : il n'accepte pas n'accepte pas le sort qui lui est réservé. Lundi dernier, le conseil communautaire de Béziers-Méditerranée a élu ses vice-présidents permettant à Michel Suere, maire de Corneilhan, de devenir le 1er vice-président de la CABEME. Fou de rage, Robert Ménard a donc quitté la séance... et a été malgré lui élu 2e vice-président. L'intéressé a immédiatement démissionné de sa vice-présidence et veut faire annuler l'élection...

On ne peut donc rien reprocher à Frédéric Lacaze qui a "démocratiquement" été élu président de la communauté d'agglomération mais on peut s'étonner, à juste titre, que six élus Biterrois ont fait le choix de voter contre leur ville : la rancune en politique est tenace.

juste3-z.jpgCe Yalta local continuera d'handicaper bon nombre de dossiers sur les six prochaines années. Le 22 avril dernier, Robert Ménard a manqué son OPA sur la CABEME. La dyarchie continuera sur des bases différentes. M. Michel Suère mènera la même politique que celle de l'ancien président, Raymond Couderc, sans pour autant se séparer de la l'actuel Directeur général des services (DGS) qui n'a plus sa place au sein de cet EPCI très endetté.

Aujourd’hui, cette dyarchie est institutionnalisée par de nouveaux équilibres politiques. Conséquence pratique : la paralysie locale au moment où la compétition des territoires sera plus vive que jamais.

Les mots changent mais ce sont les habits neufs des vieux blocages toujours identiques.

BEZIERS POLITIQUE s'efforce de défendre une approche totalement différente : la clarté des responsabilité.

La Présidence de la CABEME doit être assumée par un représentant de l’exécutif de la Ville de Béziers. C’est d’ailleurs le cas presque partout ailleurs dans les autres métropoles et villes moyennes françaises.

Ce schéma a le mérite de l’unicité d’actions donc l’efficacité.

L’autorité ne se divise pas. Dès qu’elle se divise, c’est la pagaille et l’irresponsabilité.

logo-municipales.jpgA Béziers comme à Fréjus voir à Beaucaire, nous avons assisté à la naissance d’un « frontisme municipal ». Les résultats du scrutins des dernières municipales marquent la renaissance d’un Front national local tel qu’il a pu se constituer dans les années 1990 avec Bruno Mégret. Ce dernier avait essayé de professionnaliser le parti et de l’implanter localement. Il n’avait pas été aidé en ce sens par Jean-Marie Le Pen. C’est la grande différence avec sa fille Marine Le Pen. Elle reprend l’œuvre de Mégret en essayant de constituer un réseau d’élus locaux sans lequel elle ne peut pas arriver au pouvoir. C’est pour cela qu’elle a nommé Steeve Briois secrétaire général : pour qu’il fasse au niveau national, ce qu’il a fait à Hénin-Beaumont.

L'autre novation réside dans le fait que l'on demande aux nouveaux maires FN ou apparentés qui sont aux affaires de ne pas relayer le message national. Pendant toute la durée de la campagne, on leur a demandé de se donner l’apparence de gestionnaires, avec un programme local. Ils ont fait campagne sur la voirie, les commerces, l’emploi local, pour ne pas faire peur. Ils n’appliquent pas la préférence nationale comme Bruno Mégret l’avait fait à Vitrolles. C’est là toute la différence avec 1995. Le Front a conscience des erreurs qui ont été commises, et ne veut pas reproduire cela. Il y a une obsession de ce qui s’est passé à cette époque.

Parmi ces personnalités, c'est le cas de Robert Ménard.

Marine_Le_Pen_-_cropped.jpgLe résultat du 30 mars dernier est dû à l’implantation réussie du candidat Ménard et à la déception envers l’UMP et le PS. Ici, le candidat apparenté FN s'est implanté parce que la ville était très mal gérée. Cela a atténué la peur du FN.

Il appartient désormais à Robert Ménard de se « désidéologiser » au niveau local. Il faudra que ses colistiers et lui-même apparaissent comme des gestionnaires, qu’ils se normalisent pour, in fine, faire de ses nouveaux élus locaux les relais des idées du FN pour les échéances nationales. En somme, ils font d’abord profil bas pour mieux rebondir. Dans les conseils municipaux, les élus frontistes et apparentés s'efforceront de relayer les idées de leur parti et devenir une force idéologique d’appoint en lançant des débats comme sur les Roms ou les subventions aux associations. Le nouveau maire de Béziers va essayer de capitaliser sur ce nouveau personnel politique pour avoir des candidats crédibles pour les prochaines échéances, les cantonales mais surtout pour les prochaines municipales.

L'ex secrétaire général de RSF, Robert Ménard a donc réussi à faire campagne sur Béziers, à redynamiser des quartiers entiers où il n’y avait plus de militants. Il y a une vraie amorce, une vraie dynamique. Par ailleurs, il convient de se rappeler que ce n’est pas parce que l’on a un afflux de militants que l’on gagne une municipalité, mais c’est gagner une municipalité qui suscite un afflux de militants, parce qu’il y a l’espoir d’obtenir quelque chose, des rétributions.

Cela pourra faire venir au FN des militants qui n’auraient pas adhéré normalement. Cela va peut-être ancrer le parti au niveau local et faire émerger un « municipalisme » frontiste.

C’est ce Vrai Changement qui est inquiétant...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, avril 16 2014

Edito - Béziers Municipales mars 2014 : Ménard, grand vainqueur...

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La victoire de Robert Ménard à Béziers s'explique, en grande partie, par sa capacité à dramatiser la situation de la ville, se posant comme un recours. Depuis le début de sa campagne, l'apprenti politique a martelé des messages destinés à noircir la situation de la cité. "La ville est en perdition", écrivait-il sur son blog. Certes, le centre-ville est totalement déserté, de nombreux rideaux de fer sont tirés, le taux de chômage y est supérieur à la moyenne nationale. Mais l'objectif de cette description souvent apocalyptique fut moins de montrer ses talents d'analyse que de disqualifier son principal adversaire, Elie Aboud, comptable de cette situation en tant qu'ancien adjoint de Raymond Couderc, maire depuis près de deux décennies. A chaque débat, de façon systématique, Robert Ménard renvoyait ainsi Elie Aboud à son bilan. Faute d'avoir souhaité réaliser un droit d'inventaire, Elie Aboud était automatiquement privé d'arguments.

Pour convaincre les Biterrois de cette réalité, depuis dix-huit mois, l'ex-secrétaire général de Reporters sans frontières a labouré le terrain, menant une intensive campagne de porte-à-porte pour exposer ses idées. "Bonjour, je suis Robert Ménard, et je veux sauver Béziers", expliquait-il en substance aux biterrois qui acceptaient d'entre-ouvrir leur porte, parfois un peu hébétés.

L'autre force de Robert Ménard, bien sûr, est d'avoir obtenu le soutien du Front National. Grâce à l'appui du parti de Marine le Pen, Robert Ménard faisait coup double. Tout d'abord, il devenait l'objet d'un intérêt national et donc médiatique. Surtout, en éliminant une candidature FN rivale, il s'ouvrait mécaniquement la route vers une potentielle victoire. Enfin, il se débarrassait de l'image de "gauchiste" qui datait de l'époque de RSF. Dès lors, ce proche de Jean-Marie Le Pen - avec qui il prépare un livre d'entretiens - a pu siphonner les voix d'Elie Aboud et récupérer celles du FN qui avait réalisé le joli score de 30% aux dernières élections présidentielles. La gauche étant historiquement faible, à Béziers, cette stratégie lui assurait d'enfiler l'écharpe tricolore sur ses vestons bleus marine.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, mars 25 2014

Edito - Le jour où la Gauche arrivera à se débarrasser du PS…

324428179-e5740bfa-1db5-4e4c-a39c-f73b422a044a_1200.jpgLe scrutin municipal mérite d’être lu avec attention, et il faudra dès demain, regarder ville par ville, et quartier par quartier, ce qui s’est passé, mais pour le coup, l’analyse globale du scrutin simple : un désaveu cuisant et massif de la politique du gouvernement.

A ce titre, les résultats sont profondément logiques. L’abstention est en hausse, le FN (1) fait d’excellents scores (scores magnifiés par la pratique pourave des sondages qui minimisent toujours le vote FN), l’UMP se maintient et progresse quand elle a de bons candidats, et le PS s’effondre. Tous les maires PS sortants avaient bien pris soin de jouer la carte locale, en écartant toute référence au Parti, mais c’est peine perdue.

A Paris (2), NKM qui était annoncée pour être laminée sort en tête, même si le second tour ne lui est pas favorable. A Marseille (3), Patrick Mennucci devait être le signe d’une Gauche conquérante : il est distancé par Jean-Claude Gaudin et dépassé par le FN. A Lyon (4), Collomb attendait tranquillement son triomphe : en recul sur toute la ville, le voilà contraint à second tour, et obligé de dealer avec ses ennemis de Gauche.

Plusieurs grandes villes PS sont menacées, et de partout, les scores s’effondrent.

L’élément marquant... est une confirmation. Jean Marie Le Pen assurait son succès du côté des vielles peaux bronzées de la Côte d’Azur, mais maintenant la carte d’implantation du FN est celle des villes et des quartiers qui vivent mal. Ca plait ou ça ne plait pas, mais le vote FN est le vote populaire. Et les appels de Jean-Marc Ayrault au front républicain ou à faire barrage au FN, comme s’égosillait Bambi, sont juste pitoyables. Le p’tit Valls qui devait sauver la France… Bande de rigolos…

Traditionnellement, le scrutin des municipales, comme celui des présidentielles est le plus raisonnable compte tenu de l’ancrage dans la vie quotidienne. Mais vont suivre dans trois mois les européennes, et dans un an, les régionales. Le scrutin élimine les petits partis, mais pour le reste, tout peut partir en live… Apprêtez-vous à voir le FN bien installé comme premier partie de vie politique française.

logo-municipales.jpgLe PS est mort, intellectuellement et politiquement, car il n’a ni pensée politique, ni programme d’action, et il est tenu par des incapables, juste bons à faire des risettes sur les plateaux télé. Le PS tient pour une seule raison : l’argent public (5), dont il est gavé, et qui manque tant aux forces politiques d’alternance.

Un coup d’œil sur la ville de Lunel (6), ville d'activités viticoles et arboricoles à 21 km à l'est de Montpellier et 28 km au sud-ouest de Nîmes (Gard), qui pendant des décennies a été un bastion socialiste sauf entre 1983 et 1989. Le maire sortant est Philippe Moissonnier, celui-ci n'a glané que 14,62 % des voix. L’abstention est à 37,46 %. Le FN reste très présent sur la commune avec 24,53 %.. L’UMP est à 10,93 %. Un massacre pour la Gauche.

Depuis deux ans, le PS tient tout : l’Élysée, les deux assemblées, 90 % des régions, la majorité des grandes villes et des départements. Pour faire quoi ? Un échec économique et social patent, avec l’affichage d’une immaturité politique consternante. Résultat : l’UMP ressort renforcée, et le FN est le parti politique dominant. Si les leaders du PS avaient une once d’honnêteté politique, ils se barreraient pour laisser la place, devant ce bilan à pleurer. Remaniement, communication revue, plan d’action… de l’esbroufe ! Rien à en attendre, car François Hollande est déjà à magouiller pour se faire réélire, et le FN comme adversaire de second tour, c’est pas si mal.

Pour imaginer un avenir à la Gauche, il n’y a pas d’autre solution que se débarrasser de cette bande d’incapables, prétentieux et intéressés, qu’est devenu le PS.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE