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mercredi, avril 2 2014

Edito - Municipales 2014 : raclée infligée au PS

CouvTractprojetGrenobleUneVillePourTous.pngÀ la faveur du 1er tour des élections municipales, une majorité de Français ont sanctionné sans hésitation aucune la politique de François Hollande. Contre toute attente, le 2e tour s’est soldé par une sanction d’autant plus cinglante que le peuple de gauche s’est abstenu. Conséquence immédiate de ce pataquès politique ? Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a été renvoyé au profit de Manuel Valls.

Dans les journées antérieures à la finale de ce scrutin, au siège du Parti socialiste et un peu partout où les candidats socialistes s’étaient maintenus, on s’attendait à ce que les soutiens de la gauche se manifestent, et qu’ainsi, on sauve les meubles. Ce n’est pas du tout cela qui s’est passé. En effet, les réserves de votes quantifiées dans la foulée de la première ronde sont restées des réserves. Autrement dit, comme en clair, ce n’est pas une claque que les Français ont servie au chef de l’État et au gouvernement Ayrault, mais bel et bien une raclée en s’abstenant massivement. En fait, un record a été enregistré à cet égard.

Ce déficit démocratique empreint d’un fort sentiment d’injustice a profité — et comment ! — à l’Union pour une majorité présidentielle (UMP) ainsi qu’au Front national et, mais dans une moindre mesure, à Europe écologie les verts (EELV), qui ont remporté une « grosse » municipalité, soit Grenoble. Toujours est-il que la récolte imposante de l’UMP rééquilibre totalement les rapports de force avec le PS, comme avec les autres formations. Le FN ? Ce 2e tour a confirmé son implantation dans le pays politique, car outre la douzaine de villes de moyenne importance, il a fait élire au-delà de 1000 conseillers municipaux.

Vu l’étendue des dégâts, vu la profondeur de la grogne, François Hollande a été condamné à faire ce qu’il n’aime pas faire : décider rapidement, sur le coup. En l’espace d’une journée, le fade Jean-Marc Ayrault a été renvoyé dans ses valises pour faire place donc au plus populaire des barons de la gauche, soit l’impétueux Manuel Valls. Ce dernier ne laissant personne indifférent, car enclin à trancher sans faire dans la dentelle, il est écrit dans le ciel que les grincements de dents vont se faire entendre dès cette semaine.

municipales_2014.jpgEn effet, à moins d’un revirement qui logerait à l’enseigne de l’arrivisme, Cécile Duflot et peut-être d’autres membres d’EELV vont claquer la porte. La chef de file de l’EELV avait martelé que si Manuel Valls se retrouvait à Matignon, elle démissionnerait. Il faut s’attendre également à ce que la gauche du PS et le Front de gauche hurlent à l’imposture, Manuel Valls étant considéré comme le chef de file de la droite de cette formation politique. Bref, à quelques semaines des élections européennes, mettons que l’harmonie sera ramenée à un mirage.

Au cours de son exposé sur les changements apportés, Hollande a confirmé le maintien d’un programme que beaucoup dans son camp voulaient différer en évoquant les élections européennes. Ce souhait, le chef de l’État l’a écarté en moins de deux en confirmant le pacte de compétitivité, des économies de 70 milliards, etc. En un mot, il n’est pas question de dévier du cap fixé. Qui est ? Redonner à la France une marge de manœuvre financière qu’elle a perdue et qui inquiète ses voisins.

Le score obtenu par l’UMP aura pour conséquence immédiate qu’il assure à Jean-François Copé plusieurs mois de répit. Il était et reste le chef de l’UMP, au grand dam de François Fillon. Si le résultat de l’UMP avait été mi-figue mi-raisin, alors le statut de Jean-François Copé aurait été à tout le moins remis en question. Cela étant, l’UMP étant encore et toujours tiraillé par les ambitions de ces mandarins, sa ligne politique est peu lisible. Et ce, parce que chacun de ces derniers camoufle quelque peu son jeu en vue des primaires de 2016. Bref, le combat s’annonce brutal.

PS : Jean-François Copé s'est fait une gloire de parler de victoire de la droite, mais ne dit-on pas «À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire» ? ne s'agit-il pas tout simplement d'une victoire par abandon ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mars 27 2014

Edito - Le prochain premier ministre ? On s’en tape !

jean-marc-ayrault_948452_460x306.jpgParlons du réel : en février, la France compte 31.500 nouveaux inscrits (1) à Pôle Emploi en métropole (+0,9%) (2) dans la "catégorie A", soit les chômeurs sans aucune activité. Si l’on inclut, les demandeurs d'emploi exerçant une petite activité, le total des inscrits parvient à un sommet historique (3) de 4,93 millions. Pour les seniors, la hausse atteint 12,1% sur un an. Ce sont des chiffres catastrophiques, qui scellent les fractures de la société française.

Pour le déficit, l’objectif affiché était de ramener le montant à 3,0 % du PIB à la fin 2013,… puis fin 2015. Fin 2013, et malgré toutes les hausses d’impôts et de taxes, le taux a été de 4,1 % du PIB, et il sera inchangé en 2014 et 2015, d’après la Commission européenne (4) et la Cour de comptes, avec au mieux un coup de rabot de 0,2%. Le gouvernement continue de mentir (5) effrontément en annonçant un déficit ramené à 3,6 % à la fin de l'année, et 2,8 % fin 2015. Une bombe (6) à retardement... La charge de la dette, soit le remboursement des intérêts, sans toucher le capital, sera en 2014 de 46 milliards d’euros versés aux banques. Pour avoir une référence, l’impôt sur le revenu (7) c’est 77 milliards de recettes.

Ça, c’est le réel. L’échec total du président-casqué (8). Une cause de licenciement à effet immédiat (9).

Alors, franchement, la précipitation gourmande des uns des autres pour choper la place encore tiédasse d’Ayrault, c’est indécent. Un seule mot vient à l’esprit : qu’ils dégagent, et ce fourbe de Hollande en tête.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, mars 25 2014

Edito - Le jour où la Gauche arrivera à se débarrasser du PS…

324428179-e5740bfa-1db5-4e4c-a39c-f73b422a044a_1200.jpgLe scrutin municipal mérite d’être lu avec attention, et il faudra dès demain, regarder ville par ville, et quartier par quartier, ce qui s’est passé, mais pour le coup, l’analyse globale du scrutin simple : un désaveu cuisant et massif de la politique du gouvernement.

A ce titre, les résultats sont profondément logiques. L’abstention est en hausse, le FN (1) fait d’excellents scores (scores magnifiés par la pratique pourave des sondages qui minimisent toujours le vote FN), l’UMP se maintient et progresse quand elle a de bons candidats, et le PS s’effondre. Tous les maires PS sortants avaient bien pris soin de jouer la carte locale, en écartant toute référence au Parti, mais c’est peine perdue.

A Paris (2), NKM qui était annoncée pour être laminée sort en tête, même si le second tour ne lui est pas favorable. A Marseille (3), Patrick Mennucci devait être le signe d’une Gauche conquérante : il est distancé par Jean-Claude Gaudin et dépassé par le FN. A Lyon (4), Collomb attendait tranquillement son triomphe : en recul sur toute la ville, le voilà contraint à second tour, et obligé de dealer avec ses ennemis de Gauche.

Plusieurs grandes villes PS sont menacées, et de partout, les scores s’effondrent.

L’élément marquant... est une confirmation. Jean Marie Le Pen assurait son succès du côté des vielles peaux bronzées de la Côte d’Azur, mais maintenant la carte d’implantation du FN est celle des villes et des quartiers qui vivent mal. Ca plait ou ça ne plait pas, mais le vote FN est le vote populaire. Et les appels de Jean-Marc Ayrault au front républicain ou à faire barrage au FN, comme s’égosillait Bambi, sont juste pitoyables. Le p’tit Valls qui devait sauver la France… Bande de rigolos…

Traditionnellement, le scrutin des municipales, comme celui des présidentielles est le plus raisonnable compte tenu de l’ancrage dans la vie quotidienne. Mais vont suivre dans trois mois les européennes, et dans un an, les régionales. Le scrutin élimine les petits partis, mais pour le reste, tout peut partir en live… Apprêtez-vous à voir le FN bien installé comme premier partie de vie politique française.

logo-municipales.jpgLe PS est mort, intellectuellement et politiquement, car il n’a ni pensée politique, ni programme d’action, et il est tenu par des incapables, juste bons à faire des risettes sur les plateaux télé. Le PS tient pour une seule raison : l’argent public (5), dont il est gavé, et qui manque tant aux forces politiques d’alternance.

Un coup d’œil sur la ville de Lunel (6), ville d'activités viticoles et arboricoles à 21 km à l'est de Montpellier et 28 km au sud-ouest de Nîmes (Gard), qui pendant des décennies a été un bastion socialiste sauf entre 1983 et 1989. Le maire sortant est Philippe Moissonnier, celui-ci n'a glané que 14,62 % des voix. L’abstention est à 37,46 %. Le FN reste très présent sur la commune avec 24,53 %.. L’UMP est à 10,93 %. Un massacre pour la Gauche.

Depuis deux ans, le PS tient tout : l’Élysée, les deux assemblées, 90 % des régions, la majorité des grandes villes et des départements. Pour faire quoi ? Un échec économique et social patent, avec l’affichage d’une immaturité politique consternante. Résultat : l’UMP ressort renforcée, et le FN est le parti politique dominant. Si les leaders du PS avaient une once d’honnêteté politique, ils se barreraient pour laisser la place, devant ce bilan à pleurer. Remaniement, communication revue, plan d’action… de l’esbroufe ! Rien à en attendre, car François Hollande est déjà à magouiller pour se faire réélire, et le FN comme adversaire de second tour, c’est pas si mal.

Pour imaginer un avenir à la Gauche, il n’y a pas d’autre solution que se débarrasser de cette bande d’incapables, prétentieux et intéressés, qu’est devenu le PS.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mars 13 2014

Edito - François Hollande à un plancher historique

000-DV1162162-jpg_112243.jpgDélits d'Opinion : François Hollande atteint ce mois-ci un nouveau plancher historique. Seuls 25% des Français lui accordent leur confiance alors que 49% ne lui font plus du tout confiance. Compte tenu des échéances, notamment électorales, à venir, quelle nouvelle impulsion peut-il apporter ?

Jean-Daniel Lévy : La cote de confiance de François Hollande se situe effectivement au plus bas niveau depuis son élection. On remarquera que ce « record » touche toutes les franges de population : jeunes comme moins jeunes, catégories populaires comme supérieures, sympathisants de Droite comme de Gauche. A ce titre, relevons que les 84% de sympathisants socialistes accordant le mois dernier leur confiance au Président (ce qui pourrait apparaitre encourageant) se réduisent en février à 75%. De même, les électeurs de 1er tour qui, à 68%, répondaient positivement à la question posée sont, ce mois-ci, 61%. La lente reconquête opérée aussi bien auprès de son cœur électoral que des catégories supérieures s'est stoppée. Et nous retrouvons le Président de la République sensiblement au même étiage qu'en novembre dernier. Ainsi les effets de l'annonce du pacte de responsabilité doublée d'une ligne politique qui avait, aux yeux des interviewés plus cléments avec le Président, le mérite de la clarté, s'estompent. Et laissent place parmi ces « déçus » à trois types d'expressions critiques : tout d'abord l'absence de décision et de ligne politique claire, ensuite des promesses non-tenues (nous n'identifions pas ici le vocable du peuple de Droite mobilisant le terme « mensonge »), enfin une interrogation sur la capacité du Président à bien comprendre les problèmes de Français, souvent résumés à une vaste « classe moyenne ». On le voit, point l'interrogation relative non seulement à la ligne politique mais également à la justice de celle-ci.

Si l'on devait établir le portrait type de la personne n'accordant pas du tout sa confiance à François Hollande, il s'agirait d'un homme, âgé de 35 ans et plus, de catégorie populaire, travaillant dans le privé, en couple avec enfant(s), ayant voté Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen à la dernière présidentielle. Il semble, dans ce contexte, déjà important pour le Président de renouer avec son cœur électoral et sa base politique. __ Délits d'opinion :__ Jean-Marc Ayrault atteint également un nouveau record d'impopularité à 23%. Conserve-t-il toutefois une valeur politique aux yeux du Président de la République ?

Capt_-Levy_JD_L.JPGJean-Daniel Lévy : Jean-Marc Ayrault est souvent comparé à... François Hollande. On le voit, le quinquennat a modifié profondément la perception de la pratique politique. Et si l'article 20 de la constitution affirme que « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation », la pratique institutionnelle ne s'inscrit pas totalement dans cet état d'esprit. Ce qui était parfois accordé à François Fillon comparativement à Nicolas Sarkozy (une forme de calme, de retenue et de constance) et lui permettait de se distinguer positivement du Président de l'époque ne l'est que peu aujourd'hui pour Jean-Marc Ayrault. Les 23% de Français faisant confiance à l'actuel Premier ministre reconnaissent son sérieux, son travail, sa compétence. Autant d'évocations positives qui sont également rattachées au Président auprès de cette même population. On remarquera que les Français critiquent moins les décisions à proprement parler. Mais que la thématique de l'aéroport fait son apparition. L'enquête ayant été notamment réalisée alors que les affrontements s'étaient produits à Nantes, ce ne sont pas ces derniers qui sont cités mais plus le fond de la décision et l'opportunité de la construction.

Délits d'opinion : Alors que beaucoup d'observateurs évoquent un remaniement dans les semaines qui viennent, quels sont, parmi les ministres actuels, les poids lourds sur lesquels pourrait s'appuyer le Président ?

Jean-Daniel Lévy : D'un point de vue d'Opinion, Manuel Valls inévitablement (même si l'enquête a été réalisée avant le boycott par la Droite de la séance du mercredi suite à un propos de Manuel Valls contre Claude Goasguen), deux représentants de la France à l'étranger : Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, ainsi que trois femmes : Christiane Taubira, Aurélie Filipetti et Fleur Pellerin.

Si l'on regarde par franges de population, on peut observer que le « classement » des ministres diffère. Ainsi, si le Président décidait de ne considérer que la confiance exprimée par les sympathisants socialistes, il pourrait en premier lieu penser à Laurent Fabius (recueillant la confiance de 79% de cette population), Christiane Taubira (77%), Jean-Yves Le Drian (75%), Najat Vallaud-Belkacem (75%). Il pourra même voir que Cécile Duflot reçoit la confiance de 51% des sympathisants PS (et 71% de ceux proches d'EELV). S'il souhaitait regagner à nouveau les catégories supérieures, il pourrait observer qu'outre les personnes mentionnées, Aurélie Filipetti, Fleur Pellerin et Stéphane Le Foll sont également appréciés par 30% ou plus des personnes au niveau social le plus élevé. Enfin, les sympathisants du Front de Gauche accueillent plus favorablement Benoit Hamon (52%) et Arnaud Montebourg (50%).

Méthodologie : enquête réalisée en ligne du 21 au 24 février 2014. Echantillon de 1 465 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l'access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l'interviewé(e).

Sondage : Harris Interactive

Edito - Elections municipales (sondage Ifop) : l'opinion commence à entrer dans l'élection

miracle_02.jpgMarquée par la baisse de la crédibilité de l’opposition, la vague de mars du tableau de bord Ifop-Paris Match, livre les enseignements suivants :

- La cote d’approbation de l’action de François Hollande se maintient à son niveau le plus bas. 23% des Français déclarent en effet approuver l’action du Président de la République, soit un résultat similaire à celui du mois dernier. Le soutien des sympathisants du Parti Socialiste, seul segment de la population émettant majoritairement un avis positif sur la politique présidentielle, diminue cependant de manière significative (59%, -7). François Hollande notamment des perceptions négatives sur sa politique socioéconomique : seuls 24% des Français jugent qu’il mène une politique efficace contre la dette et les déficits publics (-2) et 20% qu’il mène une bonne politique économique (-2). En revanche, le sentiment selon lequel le chef de l’État défend bien les intérêts de la France à l’étranger redevient majoritaire (54%, +5).

- Alors que les rumeurs autour d’un remaniement ministériel après les élections municipales se font insistantes, Jean-Marc Ayrault atteint de son côté le niveau d’approbation de son action le plus bas depuis qu’il est à Matignon (28%, -2). Le Premier ministre bénéficie toutefois du soutien toujours majoritaire des sympathisants du Parti Socialiste (58%, -5), mais ne peut compter sur la bienveillance des partisans des autres mouvements. S’agissant de ses traits d’image, Jean-Marc Ayrault n’est pas considéré majoritairement comme un homme de dialogue (42%, -2) et comme dirigeant bien l’action de son gouvernement (34%, -5). A l’instar du Président de la République, sa politique socioéconomique est particulièrement décriée : 32% des personnes interrogées estiment qu’il mène une bonne politique sociale (-2) et 26% qu’il mène une bonne politique économique (-3).

- Mais la conjoncture se révèle morose pour l’opposition quelques semaines avant le premier tour du scrutin municipal, traduisant un fort sentiment de défiance à l’égard du personnel politique. La crédibilité de l’opposition se retrouve ainsi fortement mise en doute et atteint son plus bas niveau depuis le changement de législature. 36% des Français seulement déclarent qu’elle ferait mieux que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir, impliquant une baisse de 6 points par rapport à la vague précédente. Les sympathisants de l’UMP (68%, -3), les jeunes de moins de 25 ans (58%, +2) et les proches du Front National (55%, -4) ont néanmoins majoritairement confiance dans les capacités de l’opposition à faire mieux que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir.

- Dans une semaine marquée par des intempéries et des inondations dans l’ouest de la France – 77% des personnes interrogées ont évoqué ce sujet cette semaine – l’approche des élections municipales intéresse les Français. 60% d’entre eux en ont parlé, soit une progression de 6 points par rapport au mois dernier. Population habituellement plus abstentionniste et moins politisée, les jeunes de moins de 25 ans semblent développer un intérêt sensible pour le prochain scrutin, 65% d’entre eux ayant abordé le sujet avec des proches cette semaine. C’est moins le cas des catégories socioprofessionnelles les plus modestes : seulement 53% des employés et 46% des ouvriers en ont parlé.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, février 27 2014

Edito - 15 ministres sur 38 candidats aux municipales

Elections.jpg15 ministres du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, sur 38, étaient candidats à un mois du premier tour des municipales, tous en position éligible à l'exception des deux ministres écologistes.

Deux d’entre eux sont têtes de liste, Frédéric Cuvillier, à Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais) et Marie-Arlette Carlotti dans le 3e secteur de Marseille. Le ministre des Transports était maire de sa ville jusqu’à son entrée au gouvernement. Elu en 2002 après la démission de Guy Langagne, il avait été réélu dès le premier tour en 2008. La ministre aux personnes handicapées, battue lors d’une primaire PS pour la mairie de Marseille, part à l’assaut de deux arrondissements clefs (4e et 5e) dans la bataille pour cette ville face au maire sortant Bruno Gilles (UMP). En 2008 le candidat PS Jean-Noël Guerini y avait été battu de peu (985 voix)

Si leur liste est majoritaire, les deux ministres devront choisir. La charte de déontologie qu’ils ont en effet signé lors du premier conseil des ministres prévoit l’incompatibilité entre la fonction de ministre et le mandat de maire.

Les ministres écologistes n’auront pas ce problème, étant derniers de listes à Paris, Pascal Canfin (Développement) dans le XIIe arrondissement et Cécile Duflot (Logement) dans le XIe.

Un pied dans la commune

Plusieurs poids lourds du gouvernement entendent garder un pied dans leur ville. Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls figure en troisième position à Evry (Essonne), ville qu’il a dirigée de 2011 à 2012, sur la liste de son successeur et proche Francis Chouat.

Laurent Fabius (Affaires étrangères) sera au 11e rang sur la liste de son successeur au Grand Quevilly (Seine-Maritime) dont il a été maire de 1995 à 2000. Il est actuellement simple « conseiller municipal au développement durable ».

Pierre Moscovici (Economie) repart en 3e position sur la liste de gauche à Valentigney (Doubs) dans le pays de Montbéliard où il est conseiller municipal depuis 1995. Il a pris la tête de l’agglomération en 2008 jusqu’en juin 2012 où il a été réélu député du Doubs après avoir été nommé ministre.

Michel Sapin (Travail) occupera la 3e place à Argenton-sur-Creuse, son fief électoral dans l’Indre, où il a été maire régulièrement depuis 1995.

Sa collègue de la Culture, Aurélie Filipetti, occupera la deuxième place à Metz derrière le maire sortant Dominique Gros (70 ans). Elle a été de 2007 à 2012 députée de Moselle.

Michèle Delaunay (Personnes âgées), qui avait battu Alain Juppé (UMP) aux législatives de 2007 et a été réélu en 2012, sera numéro 2 sur la liste de Vincent Feltesse à Bordeaux.

Règle du non cumul entre un mandat local et exécutif et un portefeuille jamais institutionnalisée

Guillaume Garot (Agroalimentaire), qui avait créé la surprise en devenant le premier député de gauche de Mayenne en 2007 avant de ravir en 2008 la mairie de Laval à l’UMP, sera numéro trois dans cette ville que la droite a de bon espoirs de reprendre.

Le ministre de la Ville, François Lamy est en deuxième position sur la liste de gauche de Palaiseau (Essonne) dont il était maire depuis 2001, jusqu’à son entrée au gouvernement.

Enfin également éligible Yamina Benguigui (Francophonie), déjà au Conseil de Paris se représente, en 4e position, dans le Xe arrondissement.

La règle de non cumul entre un mandat local exécutif et un portefeuille n’a jamais été institutionnalisée, même si elle a été appliquée par Lionel Jospin de 1997 à 2002, sauf pour les ministres de très petites communes.

Nicolas Sarkozy élu en 2007 avait autorisé le cumul : François Baroin (Budget, puis finances) avait conservé la mairie de Troyes ou Christian Estrosi (Industrie) la mairie de Nice.

Jean-Marc Ayrault a repris la règle de son prédécesseur socialiste et tous ses ministres ainsi que lui-même ont démissionné de leurs mandats de maire.

Le président François Hollande, lors de ses vœux au gouvernement le 3 janvier avait laissé ses ministres libres de faire campagne mais, à condition de consacrer « l’essentiel de leur temps » au gouvernement __et de ne pas utiliser les moyens de l’Etat pour faire campagne. __ Source : AFP du 25/04/2014