Keyword - Jean-Luc Mélenchon

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samedi, septembre 27 2014

Edito - Le monde change ... vraiment !

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"Aussi étrange que cela puisse paraître, Nicolas Sarkozy n’a pas tort de dire que le clivage droite-gauche est largement dépassé. Mais il l’instrumentalise à son profit : c’est « votez pour moi, sinon, c’est Marine ». Le Front national de Marine Le Pen n’est pas un parti de droite, encore moins d’extrême droite. C’est l’alliance inédite (pas dans l’idée qui existe depuis le boulangisme, mais par les scores très élevés) de la gauche du travail et de la droite des valeurs. C’est pour cela qu’elle a le soutien du mouvement social. A la différence de 2002, si Marine Le Pen arrive au pouvoir, il n’y aura pas de grève ouvrière. Les « sans dents » descendront plutôt dans la rue pour défendre leur idole, véritable nouvelle Jeanne d’Arc pour eux. En revanche, les permanents CGT venus d’outre-Méditerranée, les profs bobos à la Jean-Luc Mélenchon et les fils de bourgeois de Sciences-Po seront sans doute dans la rue.

Marine Le Pen est devenue le symbole de ce quart-monde (qui représente maintenant près de la moitié des Français) qui a peur de se faire manger par le tiers-monde avec l’aval de l’oligarchie mondialisée. Ce que Jean-Yves Le Gallou appelle « l’hyper classe mondialisée » (que j’ai décrite dans mon livre sur le club Le Siècle).

Avec la gauche libérale-libertaire à la Macron et à la Valls, je crois qu’on va assister à un scénario inédit à la future élection présidentielle : en raison de l’implosion de la gauche et de son absence au second tour de l’élection présidentielle, comme l’a parfaitement défini le sociologue François Dubet (Les Inrockuptibles, 17 septembre), face à Marine Le Pen, « le candidat de la droite sera le candidat de gauche en 2017. Il ne sera d’ailleurs pas plus à droite que Manuel Valls ».

En clair, la prochaine élection présidentielle devrait signifier la fin de la (fausse) gauche et la fin de la (pseudo) droite. C’est la supposée « extrême droite », qui deviendrait la droite. Toutes les études (voir les livres du géographe Philippe Giuily) montrent que le nouvel électeur du FN, ce n’est pas un ancien combattant d’Algérie, c’est de plus en plus un ouvrier au chômage dont la fille sort avec un Arabe.

Extrait d'une interview d'Emmanuel Ratier dans Présent du 25 septembre 2014

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, septembre 8 2014

Edito - Politique : la France après 2017

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Un sondage de l’IFOP qui vaut ce que valent tous les sondages, c’est - à - dire qui montre ce que seraient les résultats de la présidentielle si elle avait lieu dimanche prochain, sans campagne électorale préalable et hors de la conjoncture de mai 2017 sur laquelle nous ne savons rien, apporte tout de même quelques informations intéressantes :

Si le dernier espoir de François Hollande, pour gagner en 2017, était de se retrouver face à Martine Le Pen au deuxième tour, ça semble râpé : si l'élection avait lieu dimanche prochain, c'est lui qui serait largement battu par elle...Par contre, Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy l’emporteraient largement contre la candidate du FN ;

Confirmation, au premier tour, d’un Jean-Luc Mélenchon à 10 % et d’une Cécile Duflot « out ».

Au-delà de ce sondage et de 2017, on peut raisonnablement prévoir l’avenir plus lointain :

1/La France va se "normaliser" :

La campagne de 2012 aura été la dernière pendant laquelle le PS aura encore tenu un discours marxisant, si loin de sa vision réelle comme de celle des Français (voir un exemple spectaculaire en cliquant Plus de sept Français sur dix approuvent le contrôle des chômeurs"),

Comme dans tous les autres pays d’Europe de l’ Ouest, on ne verra y alterner au pouvoir que deux partis tous deux économiquement plus ou moins libéraux, et assumant leur libéralisme : s’il doit il y avoir un jour un président issu du PS, ce ne pourra être que Manuel Valls, ou quelqu’un tenant le même discours que lui (si Manuel Valls est aujourd’hui impopulaire, ce n’est pas à cause de son discours socio-libéral, mais parce qu’il est le Premier ministre d’un Président à qui plus rien ne réussit).

2 /La seule inconnue est celle des alliances des libéraux de droite avec un parti eurosceptique et un parti xénophobe (qui peut être le même ou pas).

3/Mais je ne vois aucun avenir :

Ni au candidat de « la gauche anticapitaliste », de la « vraie gauche », de « la gauche de la gauche », de « la gauche anti-PS », etc. , scotché à 10 %, comme Die Linke en Allemagne, définitivement marginalisé et, comme dans tous les autres pays européens, sans espoir de participer au pouvoir,

Ni aux écologistes : l’écologie est une science, et ses données, nouvelles il y a quelques années, seront, à l’avenir, plus ou moins intégrées dans les programmes de tous les partis politiques, et rien ne justifiera plus l’existence d’un parti qui en ferait encore sa spécificité.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, août 25 2014

Edito - Les grosses manips’ de l’apparatchik Arnaud Montebourg

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En lisant les titres de ce dimanche soir, j’ai cru rêver : le Parti socialiste aurait en tête une nouvelle politique économique et sociale ? Et quelle nouveauté !… La relance, une volonté pour les plus démunis et, en prime, un carton sur Angela Merkel

En réalité, ces deux lascars – Arnaud Montebourg et son servant de messe, Benoît Hamon – n’ont rien à proposer à part des formules à deux balles, et cela a toujours été la base de leur action politique. Ils n’ont aucune ambition pour changer de politique, faute de quoi ils se consacreraient à leur action ministérielle, en utilisant tous les relais qu’offre l’exercice du pouvoir. Non, leur seul but est de rafler la mise lors du prochain congrès du PS.

Ils visent à prendre la majorité – tout le monde sait que François Hollande est maintenant minoritaire chez les socialistes – ou à tout le moins à s’offrir une grosse minorité, ce qui permet ensuite d’exiger sa part dans tous les organes de pouvoir, et de se donner une bonne base pour les primaires. Et pour rameuter la troupe, rien de mieux que « Demain on rase gratis ».

La parlote à coup de phrase vide de sens, en endormant ceux qui ne demandent qu’à dormir… Ils ont toujours fait ça au Parti socialiste, et ça a toujours suffi à leur donner droit de cité, alors qu’ils sont incapables de rien faire d’autre. Aux primaires de 2012, Benoît Hamon – qui roulait pour Aubry – avait été malade de voir Arnaud Montebourg ramasser la mise du côté de l’aile gauche du Parti (expression qui me fait toujours rire). Là, les deux doivent se bouger, car ils craignent que cet électorat tant amateur de lubies se laisse draguer par un Jean-Luc Mélenchon grandiloquent, des Verts en délire ou… des frondeurs qui vont peut-être quitter leur barboteuse. Et comme la base « militante » est en pleine déprime, un petit shoot sur les lendemains qui chantent ne peut qu’avoir du succès.

C’est absolument sidérant. Depuis la SFIO toujours la même salade… : discours de gauche pour le congrès, et politique de droite dès le lendemain.

Au passage, ces deux-là avait tout fait pour faire nommer El Blancos, le fils spirituel de Nicolas Sarkozy. 4 mois plus tard, ils le dézinguent, sur une musique gauchiste. Grand sens de la responsabilité…

Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont approuvé et mis en œuvre toute la politique de François Hollande. Après avoir dit exactement l’inverse auparavant. Donc, du côté de la tambouille socialiste, rien de neuf : business as usual…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mai 8 2014

Edito - Sondage Européennes : Marine Le Pen en tête, pas d'effet Valls pour le PS

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Le Parisien : Sondage après sondage, la tendance se confirme : après avoir réussi une percée aux dernières municipales en raflant une douzaine de mairies, le Front national pourrait à nouveau créer la sensation aux élections européennes du 25 mai. C'est en tous cas ce qui ressort de notre sondage Harris-Interactive pour LCP AN et « le Parisien »- « Aujourd’hui en France ». Des trois principales listes, celle soutenue par Marine Le Pen arriverait en tête avec 22 % des suffrages, suivie de près par l’UMP à 21 %, et le PS distancé à 17 %.

A un moment où la défiance n’a jamais été aussi forte dans l’opinion concernant tout ce qui touche de près ou de loin aux institutions de Bruxelles, les thèmes développés par la patronne du FN semblent faire mouche. A commencer par la sortie de l’euro, proposition jugée délirante par de nombreux experts mais ardemment défendue dans tous les meetings FN. « Il sera décidé par référendum », précise le conseiller spécial du parti lepéniste chargé des questions économiques, qui plaide pour le retour d’un « nouveau franc » et un changement radical de mandat de la Banque centrale européenne (BCE).

Les mouvements populistes ont le vent en poupe

Mais la France n’est pas une île. En Hongrie, aux Pays-Bas, en Belgique, en Finlande : partout, les mouvements populistes hostiles à la politique européenne telle qu’elle est actuellement menée ont le vent en poupe. Les plans d’austérité ont déclenché des manifestations en série, même si, dans certains pays, comme l’Italie ou l’Espagne, la situation s’améliore au fil des mois. « Il y a encore quelques années, l’Europe était considérée comme un espace protecteur, ce n’est plus le cas actuellement, la colère ne cesse de croître », reconnaît un diplomate français à Bruxelles.

Au PS, on se dirige vers une nouvelle défaite cuisante après la débâcle des municipales. La crainte d’une déroute est telle qu’au siège de Solférino les 17 % que lui attribue notre sondage paraissent presque miraculeux à certains cadres du parti qui s’attendent à ne pas dépasser la barre des 15 % le 25 mai (contre 16,4 % en 2009). Les socialistes ne profitent pas (encore ??) de l’arrivée de Manuel Valls à Matignon. Et malgré les promesses répétées de changement, François Hollande reste le président le plus impopulaire de la Ve République.

Selon l’enquête de l’Institut Harris-Interactive, c’est la gauche dans son ensemble qui est en net recul : 9 % pour les écologistes, 8 % pour Mélenchon et le Front de gauche, 2?% seulement pour Lutte ouvrière et le NPA d’Olivier Besancenot. Il reste trois semaines aux ténors de la majorité pour tenter de mobiliser leur électorat.

Sondage réalisé par Internet du 2 au 5 mai 2014 auprès de 1 600 personnes. Méthode des quotas.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, mai 3 2014

Edito - Campagne européenne inégale

epelections.jpg_574_800_2.jpgComment faut-il crier pour avoir des débats pour les élections européennes ?

Actuellement, seuls les souverainistes mènent campagne (Le Pen, Dupont-Aignan, Mélenchon). Les fédéralistes (qu'ils soient socialistes ou UMP) sont à peu près muets.

Pourquoi ? Leur bilan européen leur fait-il peur, ou honte ? Savent-ils ce qu'ils veulent promouvoir ? Comment pourrait-on les écouter si on ne les entend pas ?

Par contre dans les émissions organisées par les télévisions (type Yves Calvi), les "experts" invités sont tous fédéralistes. Les hommes politiques auraient-ils transféré leur campagne aux journalistes et experts auto-proclamés ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, avril 11 2014

Edito - Jean-Luc Mélenchon peut qualifier Marine Le Pen de fasciste

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Marine Le Pen, pour développer le chiffre d’affaires de l’épicerie familiale, a choisi le thème du relookage pépère et mémère. Donc, quiconque osera dire que le FN est d’extrême droite sera attaqué illico presto en justice. Bon. Sauf qu’on n’a pas vu le premier procès depuis ce fier effet d’annonce,... et que c’est en toute hypothèse bien mal barré : Jean-Luc Mélenchon qui avait traité Marine Le Pen de fasciste… a été honoré d’un procès, qui a été perdu…

Être homme politique présente quelques petits avantages question liberté d’expression : on peut y aller franco. Pour que le débat politique ait lieu, il faut admettre une part d’outrance, surtout en période de campagne électorale, et cette outrance est d’autant plus admise qu’un leader politique dispose de moyens pour répliquer. Plus fondamentalement, il faut admettre que si une idée est dans l’air, il faut qu’elle puisse s’exprimer, pour être mise sur la table et soumise aux contre-arguments.

Les limites sont les attaques personnelles, les éructations qui ne contiennent aucune idée, et le discours de haine. Ici, on redoute moins l’idée elle-même, que son rôle déclencheur. Le discours de haine (1) désinhibe les malfrats, et celui qui tient le discours est dans l’incapacité de contrôler les effets. C’est le jeu de lâcher de chiens qui est condamné.

Alors, notre affaire ?

On part d’un sondage publié le 5 mars 2011, qui donnait Marine Le Pen en tête au premier tour de la présidentielle de 2012. Réponse de Jean-Luc Mélenchon sur iTélé : « Tout ça est une guignolisation de la vie politique, absolument invraisemblable. Pourquoi voulez-vous que le peuple français soit le seul peuple qui ait envie d'avoir un fasciste à sa tête ?

« Kézaco, moi fasciste ? » Marine Le Pen avait fait citer Jean-Luc Mélenchon devant la 17° chambre correctionnelle de Paris pour injure, en visant l'article 29 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, aux termes duquel « toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait est une injure ». C’est l’argument : l'imputation péjorative d'une opinion illicite et universellement réprouvée constitue une injure.

Pas si simple. Pour Jean-Luc Mélenchon, ce n’était pas une question d’injure, mais de qualification politique. Il s’était amusé à relever que Marine Le Pen parlait elle-même de « fascisme doré des marchés financiers » et de « fascisme vert » à propos d’une certaine religion qui la défrise. Plus essentiellement, qualifier de fasciste, « ce n'est certes pas un compliment, mais c'est une opinion » qui a sa place dans le débat public.

Et d’expliquer que la « négation des conflits de classes » au profit de « communautés mythiques comme la nationalité ou la religion », et la posture « ni droite, ni gauche », sont des marqueurs « typiques » du fascisme. Enfin, et à très juste titre, il ajoutait que sanctionner pénalement cette caractérisation politique reviendrait à « interdire tout travail scientifique sur ce thème ».

Le jugement, rendu ce 10 avril, n’est pas connu mais on trouve les attendus principaux dans la presse.

« Si le terme fasciste peut prendre une connotation outrageante quand il est utilisé en dehors de tout contexte politique ou s'il est accompagné d'autres termes dégradants, il est, en revanche, dépourvu de caractère injurieux lorsqu'il est employé entre adversaires politiques sur un sujet politique ».

« Dans un tel contexte, il se situe dans le cadre d'un débat d'idées et d'une polémique sur la doctrine et le rôle d'un parti politique, sur lesquels Jean-Luc Mélenchon pouvait légitimement faire valoir son opinion sans dépasser les limites autorisées de la liberté d'expression en la matière ».

Marine Le Pen a annoncé qu’elle interjetait appel (2) (3) (4). Une nouvelle défaite promise. Aimer perdre, un destin...

PS : Je trouve que cette phrase de Jean Clair (qui c'est ?) est en revanche ouvertement diffamatoire. "Jean Clair trouve en effet qu'accuser Alain Finkielkraut d'être « un fourrier du FN » est « une ignominie » , quand on sait que le père de celui-ci, juif polonais, a été déporté à Auschwitz, avant d'émigrer en France". En effet, cette phrase accrédite un lien entre le FN et Auschwitz. Il y a décidément beaucoup de cons à cette académie française

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE