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jeudi, novembre 20 2014

Edito - Pourquoi Juppé sera élu ?

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Partons du principe – car il semble difficile d’ imaginer le contraire – qu’il y aura un candidat UMP au deuxième tour de la présidentielle de 2017, et que son adversaire , qu’il soit du PS ou du FN , n’aura aucune chance de le battre ( sans faire injure à tous les autres, qu’ils soient de la « gauche de la gauche », écologistes ou centristes).

Nicolas Sarkozy va certainement être élu, le mois prochain , à la présidence de l’ UMP – sans avoir battu pour autant Alain Juppé , qui a eu l’ habileté de ne pas se présenter à une élection jouée d’avance (là encore, sans faire injure à MM. François Fillon, Bruno Le Maire , Xavier Bertrand ou Hervé Mariton) , les sarkofanatiques étant très majoritaires parmi les militants de ce parti.

Une fois élu, le nouveau président de l’UMP va travailler à remettre en ordre de marche et à refaire l’ unité de ce parti, que François Fillon et Jean-François Copé se sont soigneusement employés, pendant plus de deux ans, à mettre en pièces : nul doute qu’il y parviendra, mais la question est de savoir au bénéfice de qui – car près de deux longues années le sépareront de la désignation du candidat de l’UMP aux présidentielles, et, cette fois, par les sympathisants, et non par les militants ; et le seul opposant crédible à Nicolas Sarkozy est évidemment Alain Juppé ; or, que se passera-t-il, entre décembre 2014 et la fin de 2016 ?

Nicolas Sarkozy, devenu président de l’UMP, sera condamné à tenir le devant de la scène en permanence ; or, tout indique, en quelques semaines, depuis qu’ il a fait officiellement son « retour », qu’il a perdu la main : il semble ne plus être capable que de reprendre sa tactique, qui lui avait réussi en 2007, consistant à accumuler les promesses tous azimuts mais contradictoires entre elles, et dont le seul fil directeur est le contre-pied systématique des décisions du pouvoir actuel ; il donne ainsi, à son détriment, une image du « robot qui refait toujours le même numéro » ; là où il surprenait par sa nouveauté en 2007, il décontenance ses supporteurs en 2014 par cette impression de « déjà vu », de retour à un passé vieux de 10 ans, le passé d’avant la crise : à un monde disparu.

En quelques jours, il a multiplié les prises de position qui doivent laisser perplexe son électorat, et dont Gérard Courtois, dans un article du quotidien Le Monde daté du 18 novembre intitulé « Nicolas Sarkozy à la godille », dresse une liste non exhaustive, toutes ces improvisations imprévisibles au jour le jour donnant de lui une impression de fragilité et d'incohérence.

De ce fait, Alain Juppé n’aura presque pas besoin de s’exprimer : Nicolas Sarkozy suffit à renforcer, par contraste, son image de solidité et de cohérence : il sera l’« homme sérieux » opposé au bateleur d’estrades. Or, en période de crise et de désarroi (ce qui n’était pas le cas en 2007), les Français préféreront un président rassurant à un président anxiogène : grâce à Nicolas Sarkozy, même l’ âge d'Alain Juppé, qui semblait constituer son principal handicap, deviendra pour lui un gage d’expérience, donc un atout .

Mais, surtout, il ne faut pas oublier que, de plus en plus, celui que les sympathisants ou les militants choisissent aux primaires comme candidat à la présidentielle est celui que les sondages donnent comme ayant le plus de chances de l 'emporter : ce fut le cas pour l'illustre inconnue qu’était Ségolène Royal en 2006, ce fut la raison de la popularité de DSK (dont on ignorait tout du programme) avant ses exploits au Sofitel ; or, Alain Juppé « ratisse plus large » que Nicolas Sarkozy - la majorité des électeurs du FN, dont le ralliement avait été la principale raison de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, et qui croient désormais en leurs chances de victoire, étant, cette fois-ci, irrécupérables par qui que ce soit ; et ceci apparaîtra forcément dans les sondages.

Entre un Alain Juppé rassurant qui s’est habilement positionné au centre droit (où il récupérera beaucoup d’électeurs non seulement centristes, mais aussi des déçus de François Hollande) et un Nicolas Sarkozy anxiogène courant derrière l’électorat de Marine Le Pen qui ne l' abandonnera pas, la cause semble entendue.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, novembre 10 2014

Edito - Ces crétins de Jouyet et Fillon collent les affiches de Le Pen

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L’UMPS, ie l’absence de perspective politique, est le principal moteur du FN. Tous les mêmes et rien ne bouge,… alors on vote FN pour les faire dégager (sans imaginer un instant que le FN soit en mesure de diriger le pays). __ Alors, les amours tumultueux de Jean-Pierre Jouyet et François Fillon ?__ __ Jean-Pierre Jouyet, grand pote de François Hollande, est une figurine de l’UMPS : ministre sous Nicolas Sarkozy, et secrétaire général de l’Élysée, donc n° 2, sous François Hollande__. Le changement, c’est maintenant…

François Fillon ? Le matin, il est sur les radios pour nous dire que le gouvernement de François Hollande, c’est la calamité des calamités. Mais à midi, il casse la croûte au Pavillon Ledoyen avec Jean-Pierre Jouyet. C’était le 24 juin. La cantine de l’Élysée n’est pas assez relevée, alors la République offre Ledoyen à ces deux héros du courage politique. Un rendez-vous sur l’agenda, avec nécessairement rapport à François Hollande dans l’après-midi.

Toute la journée d’hier, Jean-Pierre Jouyet et François Fillon nous ont livré un fabuleux concours de mensonges

Il n’a pas parlé de Nicolas Sarkozy, non je n’en ai pas parlé, en fait si il en a parlé, non ma parole je t’assure que je n’en ai pas parlé… Ils nous dégoûtent… Grave.

François Fillon, qui voulait être président de la République, prend sa carte au club de François Bayrou. Il a été catastrophique et devrait s’inscrire à la Cahuzac School, car il n’a tenu qu’une journée.

Jean-Pierre Jouyet, égérie de la Gauche mole, qui exerce une des plus hautes fonctions de l’État, a compris hier dans l’après-midi qu’il était cramoisi quand les journalistes du journal Le Monde lui ont rappelé qu’il avait été enregistré, avec son accord. Alors, il s’est planté devant l’Élysée – usurpateur ! (plus de trois jours) – pour démentir ce qu’il avait dit le matin. Nul. Prévoir aussi un stage à la Cahuzac School.

Les pressions sur le Parquet par François Hollande ou Christiane Taubira ?

Ça ne se passe plus comme cela. C’est ouaté, indirect et suave, car François Hollande sait qu’il a trop à perdre avec des interventions directes. Mais les faits conduisent à faire quelques remarques.

1/ Fillon-le-menteur a rêvé de « taper », ce qui montre que ça se faisait du temps de Sarkozy-Fillon, … avec des résultats plus ou moins heureux, comme nous l’expliquerait notre ami le juge Courroye.

2/ Jouyet-le-menteur se fout du monde. C’est lui qui a pris contact avec François Fillon, non par culte de l’amitié, mais pour tirer des tuyaux du scandale Bygmalion qui avait explosé quelques jours plutôt, obligeant Jean-François Copé à démissionner pour laisser le pouvoir au « triumvirat » Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé et François Fillon. On voit bien le petit Jouyet excité comme une puce : « Je vais avoir des infos de première bourre » (Ce qui justifie l’addition de Ledoyen, repas servi dans un salon privé).

3/ En fait, une seule question qui intéressait Jean-Pierre Jouyet et François Hollande : l’affaire Bygmalion va-t-elle permettre de niquer Nicolas Sarkozy ?

Que peut imaginer que Jean-Pierre Jouyet et François Fillon se fixent en urgence un rencard chez Ledoyen pour parler de la faim dans le monde, du réchauffement de la planète, et ou de la dette publique de la France ?… Non, il n’y a qu’un sujet à l’ordre du jour : nous avons tous deux intérêt à zigouiller Sarkozy, alors comment exploiter les évènements du moment ? L’UMPS dans toute sa splendeur.

Please zigouille and fuck Sarkozy

Pendant le gueuleton chez Ledoyen, François Fillon a du balancer un max d’infos, en qualité de membre (flasque) du triumvirat. Mais en contrepartie, il a fait une petite réclamation : « Please zigouille and fuck Sarkozy, car il a fait payer par l’UMP l’avance forfaitaire de 150 000 euros qui lui avait été versée pour mener sa campagne et les 363 615 euros correspondant au dépassement du plafond légal des dépenses, sommes arrêtées par le Conseil constitutionnel en juillet 2013 ».

Retour sur images. Juillet 2013, c’était l’époque du Sarkothon, pour 10,5 millions d’euros, restant à charge du fait du rejet des comptes de la campagne, et ces paiements de 150 000 et 363 615 euros s’étaient ajoutés à la dette de l’UMP.

Même-moi j'l’avais vu en juillet 2013…

Paiement en juillet 2013, repas le 24 juin 2014, rapport des commissaires aux comptes de l’UMP certifiant les comptes du parti le 30 juin, signalement par les mêmes le 1 juillet au Parquet de Paris et enquête préliminaire ouverte par ce Parquet le 2 juillet… (puis une information judiciaire, le 6 octobre 2014 pour « abus de confiance », « complicité » et « recel ») : tout est limpide,… ou presque.

Pourquoi un an d’attente ? Parce qu’il était impossible de savoir avant, a répondu hier soir le parquet de Paris. Hum, hum…

Restons prudents car un avocat de Nicolas Sarkozy avait analysé que le procédé était régulier, et Bercy avait conclu dans le même sens. On verra, mais arrêtons les salades, please… Le rapport des commissaires aux comptes du 1° juillet n’a rien révélé. La distinction entre les deux sommes était clairement posée par l’analyse des textes et par la décision du Conseil constitutionnel, et même moi je m'en étais aperçu le 18 juillet 2013.

Alors, un deal, genre : « Nous on ne touche pas à ça. Mais si les commissaires aux comptes fait soudain le 1er juillet 2014 un rapport sur des paiements datant de plus d’un an, peut-être que ça fera l’affaire ».

Ces manips vont faire des massacres dans l’opinion. Et que faire ? Dans trois jours, François Hollande va sacrifier Jean-Pierre Jouyet (qui aura trois mois plus tard un joli lot de consolation) et puis après ? Le mal est fait, et les séquelles sont graves.

Tout ceci est désolant

Que faut-il faire pour que nous ayons des politiques au niveau ? Compliqué, alors que les leaders cherchent d’abord à conforter leur rente de situation, et soignant des réseaux à leur service.

Mais que faire pour que la justice ne soit plus salie par ce genre d’affaire ? Là, c’est plus simple : l’indépendance du Parquet.

Dis, François, pourquoi tu tousses ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, septembre 21 2014

Edito - Nicolas Sarkozy ou le retour d'un mort-vivant

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François Hollande a repris la politique de Nicolas Sarkozy,… et voilà Nicolas Sarkozy qui reprend le discours de François Hollande… Vous avez sûrement lu le texte de Nicolas Sarkozy sur Facebook ? Moi, oui. On dirait du pur Hollande. Un plan marketing à la noix…

C’est d’ailleurs bizarre qu’il ait choisi de communiquer par un texte, car tout le monde sait qu’il n’écrit pas lui-même. D’où cette première question : qui est la plume ? Visiblement, ce n’est plus Henri Guaino l’exalté, car le texte c’est vraiment de l’eau de boudin tiède.

Le texte a un côté première année de science Pipo, assez rigolo. « C’est au terme d’une réflexion approfondie que j’ai décidé de proposer aux Français un nouveau choix politique »Eh bien deux ans de réflexion pour pondre ça, ça promet pour la suite ! Pas mal non plus : « On ne fait rien de grand sans l’unité de la nation. On ne fait rien de grand sans espérance, sans perspective ». , c’est niveau Bac philo, pour les derniers de la classe ! Et bien sûr rien sans le roudoudou d’amour, tellement tendance : « J’aime trop la France »…. « Aime-moi vite, le jour se lève… » Çà me rappelle les belles années du lycée…

Normalement, je devrais republier sur ce blog (que vous pouvez voir et à revoir dans l'onglet ci-dessus dans "vous avez sûrement "lu le texte") ce chef d’œuvre de niaiseries, car il est l’expression même de la fragilité du projet Nicolas Sarkozy. Certes, le mec a du métier. Bien sûr dans le contexte économique et social des années qui viennent, tout peut arriver. Mais le plan Nicolas Sarkozy est en réalité bien plombé. Nicolas Sarkozy le battu de 2012 qui devient un espoir pour 2014, va falloir ramer.

Ça va commencer par un peu d’ivresse

Nicolas Sarkozy va reprendre l’UMP. Il l’a dirigeait de manière interposée via Jean-François Copé, alors il connait bien. Son seul adversaire est Bruno Le Maire, un type correct, mais qui n’a pas avec lui les bataillons de militants… Tous les ennemis de Nicolas Sarkozy jouent la carte légitimiste – Vive le parti et ses statuts – justement car ils veulent via les statuts imposer les primaires à Nicolas Sarkozy. Aussi, le congrès sera facile et quasi bon enfant, genre la belle Droite est de retour.

L’UMP, qui aura sans doute changé de nom, va ensuite engranger des victoires électorales, et Nicolas Sarkozy pourra faire le malin… alors que ce sera juste le mouvement de bascule liée aux dramatiques errances de François Hollande et El Blancos. Le Sénat va passer à Droite en septembre, puis suivront les régionales et les cantonales : autant de victoires annoncées pour l’UMP.

Mais pour la présidentielle, c’est une autre affaire

Le bilan accablant de Nicolas Sarkozy est encore sous nos yeux, et « c’est du lourd » politiquement, économiquement et socialement. Qui peut imaginer Nicolas Sarkozy réussissant en 2017 ce qu’il n’avait pas su faire cinq ans plus tôt ? Les salades sur l’unité du pays, c’est facile, mais quel crédit donner à Nicolas Sarkozy sur la seule question qui vaille, la politique économique et sociale ?

Et puis quel positionnement politique ? Le Sarkozy nouveau ne doit pas être celui de 2002, d’où tout le laïus sur le thème « j’ai changé ». D'accord, mais qui peut y croire ? Et quel personnage créer ? Un blaireau genre François Bayrou, mais plus à Droite ? Quelle crédibilité ? Et qui va cadenasser le mec pour que le naturel ne revienne pas au galop ?

Reste les affaires judiciaires, diverses et variées, avec deux solides de corruption de l’ami Gilbert Azibert et d’abus de confiance, pour avoir fait payer par l’UMP sa part de condamnation personnelle après le rejet du compte de campagne des présidentielles. Là, la partition est connue : c’est celle de Berlu. Taper à fond sur les juges, et crier au complot. Comme la justice est le plus critiqué des services publics, ça peut marcher. Mais politiquement c’est nul, et indigne d’une personne qui concourt à la fonction présentielle.

Nouveau chapitre, donc, avec le pataquès du Sarko Circus, et c’est vraiment une bonne nouvelle pour François Hollande : les médias vont trouver un nouveau dérivatif.

Finalement, cette lettre en dit beaucoup des approximations du projet de Nicolas Sarkozy : un discours mièvre, la recherche improbable d’une nouvelle image, l’occultation du bilan et une absence de projet économique et social. Le gout de la revanche, c’est bon pour un championnat de foot, pas pour la vie politique de l’État.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, juillet 25 2014

Edito - A Droite, voyez comme ils s'aiment...

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Pour invectiver Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet use d'un vocabulaire fleuri. « Il m'est arrivé de l'appeler et de lui témoigner mon mépris », assure-t-elle. Quand on lui demande par quels mots elle apostrophe son collègue député, NKM lâche : « Je lui dis "t'es une merde"»... Pourquoi tant de haine, alors qu'elle dénonce les « querelles d'ego » ? ''

« A Paris, il a tout fait pour me faire perdre »'', assure la députée. elle se réjouirait de voir une femme présider l'UMP, répondant à Bruno Le Maire, lui-même candidat au poste, qui estimait dans l'hebdomadaire qu'«à la tête de l'UMP, il faut quelqu'un qui a des couilles ». Sa réplique est ouvertement féministe : ''« Je suis très étonnée de l'utilisation du mot "couilles" dans le discours politique. Il n'est pas prouvé que cette partie de l'anatomie soit le siège du courage. Beaucoup de femmes sont là pour en témoigner »''.

Source : Le Parisien 24/07/2014

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juin 23 2014

Edito - Prêt à l'UMP : les députés réclament des explications à Christian Jacob

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Le groupe parlementaire UMP a prêté 3 millions d'euros au parti à l'été 2012, à confirmé Christian Jacob à l'AFP.

Est-ce à adire qu'Itélé s'est servi dans la caisse de UMP ?

Beaucoup de Français on mis la main à leur poche pour aider Nicolas Sarkozy à l'appel de Jean-François Copé...

Je comprends mieux l'amendement "cols blancs" du président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, dans le projet de réforme pénale.

Sinon on peut aussi s'interroger sur un système qui confie des millions d'euros d'argent public à cet homme.

Moi, j'ai dit bizarre, comme c'est bizarre !!!

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juin 2 2014

Edito - L’UMP après Copé : le pire n’est pas exclu

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Il y a quelques jours, le scandale Bygmalion avec le financement par l’UMP d’une partie de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 a poussé Jean-François Copé à la démission de la présidence du mouvement. Quelles pourraient être les conséquences de cette nouvelle affaire pour la droite et la France ?

La descente aux enfers

La première place du FN aux élections européennes doit sans doute beaucoup au PS et au bilan désastreux d’une majorité qui a échoué à inverser la courbe du chômage, qui annonce un retour de la croissance infirmé par les premières statistiques, et dont la politique d’austérité ne tient même pas ses objectifs budgétaires. Mais le score historique du parti de la famille Le Pen doit aussi beaucoup à la situation du parti d’opposition, qui était traditionnellement le plus important. Depuis 2 ans, nous avons eu droit à une guerre des égos, à une élection truquée pour sa présidence, un ancien président qui donne des conférences à prix d’or pour des banques, et enfin, les multiples ramifications du scandale Bygmalion.

Les révélations continues sur l’affaire Bygmalion ont poussé Jean-François Copé à démissionner, du fait des liens qu’il a avec les dirigeants de cette société. Après l’avoir nié, il a fini par reconnaître que l’UMP avait réglé des frais de la campagne de Nicolas Sarkozy pour qu’il ne dépasse pas le plafond. Du coup, le parti d’opposition, avec avoir été largement devancé par le FN aux européennes, est entré dans une nouvelle crise et a mis en place un triumvirat d’anciens premiers ministres (Juppé, Raffarin et Fillon), dont deux pourraient être candidats en 2017 si Nicolas Sarkozy décide de ne pas y aller. Mais la situation n’est pas apaisée pour autant, comme le montrent les déclarations de Rachida Dati.

Pourquoi ils pourraient ne rien changer

Certains pensent que cette crise pourrait être bénéfique. Quelques uns estiment que cela pourrait aboutir à l’explosion du monstre idéologique contradictoire que représente l’UMP entre centristes, libéraux et post-gaullistes et contribuer à l’émergence de courants plus cohérents idéologiquement. Enfin, la démission de Jean-François Copé est accueillie avec un certain bonheur par ses détracteurs, est en soit une excellente nouvelle. Malheureusement, il n’est pas exclu que cette crise ne produise rien de bon, malgré le mauvais résultat des élections européennes. En effet, le contexte politique actuel peut, au contraire, pousser l’UMP à continuer dans l’impasse dans laquelle elle s’est engagée lors de sa création.

Après tout, les cyniques peuvent se dire qu’une répétition des élections européennes en 2017 ne pose pas de problème puisque le candidat de l’UMP ne devrait pas avoir de problème à battre Marine Le Pen au second tour, l’essentiel étant l’élimination de François Hollande dès le premier. En outre, il ne faut pas oublier que les centristes, qui ont recueilli 10 % le 25 mai, sont revenus clairement dans l’orbite de l’UMP, ce qui semble devoir garantir une majorité solide. La perspective de la victoire devrait assurer un minimum de discipline, comme au PS avant 2012… Et il ne faut malheureusement pas enterrer Jean-François Copé : n’oublions pas que Nicolas Sarkozy et Alain Juppé l’avaient été avant lui…

La crise de l’UMP est une nouvelle illustration de l’ineptie profonde de ce parti, qui n’a aucun programme clair après deux ans d’opposition et affiche souvent un argumentaire navrant de bêtise. Mais le pire est qu’avec la situation du PS, il est plus que possible qu’il se contente de sa médiocrité actuelle.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, mai 28 2014

Edito - L’UMP choisit la chirurgie de guerre… et gagne !

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« Je n’ai jamais menti dans cette affaire » est venu dire l’excellentissime Jean-François Copé à la télé. Certes. Il n’a jamais menti. Mais quand a-t-il dit la vérité ? Sacré Copé… Avec Papy Sarko, ils incarnaient la Droite décomplexée… Voici donc le retour de la Droite complexée, et franchement on ne va pas s’en plaindre. L’UMP ne va pas éclater, et va au contraire très vite trouver une bonne mine.

Copé et Sarko en retraite anticipée

L’UMP est dans la tourmente, au bord de l’explosion, à terre… Je n’en crois pas un mot. Hier matin, Jean-François Copé a commencé la réunion du Conseil national de l’UMP comme s’il était le boss. A 11h, il s’est aperçu qu’il était un blessé de guerre, avec une sympathique équipe de chirurgiens disposés à procéder à une sévère amputation, dans un hôpital de brousse. Une anesthésie en urgence, et l'ami Copé était en réa.

Papy Sarko, qui se la jouait encore Président hier matin, était allé à Madrid se faire prendre en photo à côté de Mariano Rajoy, ce qui a de quoi impressionner les foules. Quand il a lu ses mails à midi, il a su que c’était plié. L’UMP lui échappe, et sa tribune minable sur Schengen – les étrangers menacent la France – avait assez montré qu’il était à bout de souffle.

Ces deux là, qui sont de grands amis, ont donc à apporter quelques explications d’importance à la justice. En attendant, ils partent à la retraite, et ça, c’est franchement une bonne nouvelle.

Affaire Bygmalion phase 1

De l’affaire Bygmalion, on ne connait pas tout, mais seulement la phase 1.

A enseigner dans les écoles d’avocats, la sublime l’attaque de Maisonneuve, l’avocat de Bygmalion de lundi matin… qui balançait comme jamais vu, avec cet incroyable mélange de décontraction et de fermeté. C’était un paysan enfumant un terrier de renards, et quelques heures après les renards se carapataient dans tous les sens, les yeux bien rouges.

Donc, on a bien compris. La campagne de Nicolas Sarkozy a coûté 33 millions, alors que le plafond est de 22, et le gros de la campagne était assuré par Bygmalion, une société créée pour l’occasion, qui regroupe des potes de Jean-François Copé et qui a pour client presque exclusif la « famille » UMP. Pour ne pas dépasser le plafond de 22 millions, l’UMP a passé de fausses conventions avec Bygmalion, pour ce que ce soit l’UMP qui passe. Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy, ces irresponsables, expliquent qu’ils n’étaient au courant de rien. Donc le candidat Sarkozy s’est totalement désintéressé du financement de la campagne, n’a jamais posé une question sur l’argent, et ne s’est jamais aperçu que la campagne explosait le budget de 50%. Comment un crétin pareil pourrait-il envisager de gouvernement le pays ? Itou pour le petit Copé qui a engagé dix millions de dépenses fictives pour l’UMP sans s’en apercevoir.

Affaire Bygmalion phase 2

Mais que sera la phase 2 ? Cette phase 2, ce sera le détail de l’enquête, et la justice va aller vite. Elle dispose de tous les comptes, et « ça balance » de tout coté. On aura alors les réponses à qui a décidé, qui savait, et quelles ont été les petites contreparties. Car 10 millions sortis des comptes juste pour la beauté du geste… à d’autres ! Donc, ça va être le grand festival… Mais attention : ça ne concerne que la campagne de Nicolas Sarkozy, gérée par Jean-François Copé. Le reste est intact.

Là, vient en relais la politique. Les deux décomplexés faisant de l’expérimentation sociale avec la garde-à-vue, le reste de la bande va vite se réorganiser, et pour une raison simple : la victoire est à portée de main, et il y en aura pour tout le monde. En septembre, le Sénat passe à droite ; en mai, ce sont les vingt régions et une bonne partie des départements qui vont basculer ; la voie sera ouverte pour gagner dans trois ans la présidentielle et les législatives.

On va repartir avec le grand classique de la Droite française – le RPR/UDF – qui sera un UMP/UDI Modem. Pour le leadership, François Fillon va essayer cinq minutes d’affronter Alain Juppé… Et on verra alors ce vaut vraiment le vote Le Pen, qui n’est rien d’autre qu’un phénomène de baudruche.

Je résume. François Hollande est carbonisé, mais on s’en fout, c’est Angela Merkel qui dirige, et elle est en forme. Les deux décomplexés Copé et Papy Sarko sortent du jeu. La Droite classique va tout récupérer et finir de ringardiser Le Pen. D’ailleurs, il suffit de voir quels sont ceux qui voient ces jours-ci « La patrie en danger » : ce sont qui ont perdu, et qui le savent.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, avril 30 2014

Edito - Europe: Henri Guaino et Laurent Wauquiez rallient 40 élus UMP en opposition à la ligne Copé

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Le timing est parfaitement choisi: c'est dans l'édition du 25 avril du Figaro qu'est lancé le missile, soit le lendemain d'une conférence de presse censée montrer l'unité de l'UMP aux élections européennes. Henri Guaino, député UMP des Yvelines, allié pour l'occasion à l'ancien ministre Laurent Wauquiez - celui qui veut faire "exploser" l'Europe- ont initié et co-signé une tribune dans Le Figaro avec 40 parlementaires du même parti, sur une toute autre ligne que celle arrêtée par l'UMP en ce mois d'avril 2014.

Selon les informations du Lab, une quarantaine d'élus UMP ont donné leur signature au texte, pourtant initié par celui qui a annoncé qu'il ne voterait pas UMP aux élections européennes de mai.

Ce texte appelle à une Europe plus souverainiste, à l'opposé de la vision défendue par Alain Lamassoure, tête de liste en Ile-de-France, contre lequel Henri Guaino a engagé une bataille idéologique.

Vendredi dernier, ce sont les députés Wauquier et Guaino, vivement critiqués dans leur camp, qui ont pris la plume. Dans une tribune publiée par le «Figaro», ils demandent de «tout changer» en Europe. Un texte cosigné par 37 parlementaires à majorité fillonistes, dont le député des Hauts-de-Seine Patrick Ollier, compagnon de Michèle Alliot-Marie, elle-même tête de liste de l'UMP dans le Sud-Ouest. Sont également signataires les députés Jacques Myard, Lionnel Luca, Gérald Darmanin ou Philippe Meunier.

« Austérité », « déflation », « dumping fiscal et social », flux migratoires « incontrôlés », « élargissement sans fin »... Ils dénoncent les « dérives » de l'Europe. « Ça ne peut plus durer », tempêtent-ils.

« L'urgence est aux remises en cause profondes » '' « Sans nier les responsabilités des gouvernements nationaux, à commencer par les nôtres, force est de constater que trente années de dérives ont condamné l'Europe à devenir une machine bureaucratique qui réduit, jour après jour, l'espace des libertés et de la démocratie », écrivent-ils. « Le temps n'est plus à la valse-hésitation des ajustements à la marge du Meccano institutionnel. L'urgence est aux remises en cause profondes. Notre pays doit prendre ses responsabilités et demander à nos partenaires de se prononcer »''.

Laurent Wauquiez s'est démarqué de son parti en prônant notamment un retour à l'Europe des six et un « protectionnisme intelligent ». Une ligne sèchement critiquée par le président de l'UMP, Jean-François Copé, mais également par Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin. Quant à Henri Guaino, ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, il a fait savoir qu'il ne voterait pas pour la liste UMP conduite en Ile-de-France par Alain Lamassoure, « incarnation d'une ligne qui est à l'opposé de ce que je pense et de ce que je crois être l'intérêt de mon pays ».

Dans une interview à la chaîne de télévision proche de l’extrême droite, TV Libertés, repérée par Le lab d'Europe 1, Thierry Mariani ajoute un peu plus à la cacophonie en sommant l'UMP de « choisir » : « Ou on est de droite, ou on est du centre ». Et d'insister : « Entre les idées de Monsieur Lamassoure qui est pour une Europe fédérale avec, à la limite, un seul gouvernement et les idées des parlementaires de la Droite populaire, on est aux antipodes (...) L’UMP devra, après les européennes, clairement savoir quelle est sa position et clarifier ses choix ».

Source : Europe1

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, avril 24 2014

Edito - Elections européennes : l'UMP en ordre dispersé

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A cinq semaines du scrutin européen, l'UMP serait enfin parvenue à un accord sur sa ligne... Mais l'encre n'est pas encore séchée que le vernis commence déjà à craquer. Rachida Dati : L'accord "exprime un plus petit dénominateur commun, il est fait pour ne fâcher personne", regrette ainsi l'eurodéputée sortante, n°2 sur la liste en Ile-de-France. Il faut dire que derrière ce "dénominateur commun", les divisions sont fortes.

L'orientation pro-européenne de l'UMP, portée par Alain Juppé, Jean-François Copé, François Fillon, Jean-Pierre Raffarin, est en effet très contestée en interne par Laurent Wauquier, Henri Guaino, XavierBertrand...

Premier à faire entendre sa différence, Laurent Wauquiez est partisan du retour à une "Europe des six" et convaincu que la France doit se retirer de Schengen pour retrouver la maîtrise de ses flux migratoires.

Un discours protectionniste, proche de celui du FN, qualifié de "ridicule" par Alain Juppé et d'"irresponsable" par le patron de l'UMP. Les recadrages de ces derniers jours n'y auront rien changé : Laurent Wauquiez n'a pas signé le texte.

Il y a ensuite Henri Guaino, qui y est aussi allé de son coup d'éclat début avril. Le député des Yvelines, connu pour son euroscepticisme, a prévenu qu'il ne votera pas pour Alain Lamassoure, tête de liste UMP en Ile-de-France. L'homme incarne "une ligne qui est à l'opposé de l'intérêt de mon pays", a-t-il expliqué sur LCP.

François Baroin demande l'intervention de Nicolas Sarkozy

Et puis il y a les autres, comme Xavier Bertrand, l'un des rares à militer pour une réduction de l'importance de l'axe franco-allemand. Une pique envers la politique européenne de Nicolas Sarkozy, qui a franchement remonté Nadine Morano, candidate européenne. La liste s'allonge encore si l'on ajoute François Baroin qui, lui, demande à ce que l'ancien président intervienne dans le débat. "Je souhaiterais entendre sa voix, avant les élections européennes, à la lumière du débat qui est en train de s'installer dans notre famille politique", a-t-il déclaré sur RTL dimanche. Résultat : une nouvelle guerre intestine entre les pour et les contre.

L'UMP n'a que quatre semaines pour donner de la force à sa ligne européenne. Et réussir son objectif : infliger "un second désaveu" à François Hollande après celui des municipales. Voilà peut-être le seul sujet qui met tout le monde d'accord.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, avril 2 2014

Edito - Municipales 2014 : raclée infligée au PS

CouvTractprojetGrenobleUneVillePourTous.pngÀ la faveur du 1er tour des élections municipales, une majorité de Français ont sanctionné sans hésitation aucune la politique de François Hollande. Contre toute attente, le 2e tour s’est soldé par une sanction d’autant plus cinglante que le peuple de gauche s’est abstenu. Conséquence immédiate de ce pataquès politique ? Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a été renvoyé au profit de Manuel Valls.

Dans les journées antérieures à la finale de ce scrutin, au siège du Parti socialiste et un peu partout où les candidats socialistes s’étaient maintenus, on s’attendait à ce que les soutiens de la gauche se manifestent, et qu’ainsi, on sauve les meubles. Ce n’est pas du tout cela qui s’est passé. En effet, les réserves de votes quantifiées dans la foulée de la première ronde sont restées des réserves. Autrement dit, comme en clair, ce n’est pas une claque que les Français ont servie au chef de l’État et au gouvernement Ayrault, mais bel et bien une raclée en s’abstenant massivement. En fait, un record a été enregistré à cet égard.

Ce déficit démocratique empreint d’un fort sentiment d’injustice a profité — et comment ! — à l’Union pour une majorité présidentielle (UMP) ainsi qu’au Front national et, mais dans une moindre mesure, à Europe écologie les verts (EELV), qui ont remporté une « grosse » municipalité, soit Grenoble. Toujours est-il que la récolte imposante de l’UMP rééquilibre totalement les rapports de force avec le PS, comme avec les autres formations. Le FN ? Ce 2e tour a confirmé son implantation dans le pays politique, car outre la douzaine de villes de moyenne importance, il a fait élire au-delà de 1000 conseillers municipaux.

Vu l’étendue des dégâts, vu la profondeur de la grogne, François Hollande a été condamné à faire ce qu’il n’aime pas faire : décider rapidement, sur le coup. En l’espace d’une journée, le fade Jean-Marc Ayrault a été renvoyé dans ses valises pour faire place donc au plus populaire des barons de la gauche, soit l’impétueux Manuel Valls. Ce dernier ne laissant personne indifférent, car enclin à trancher sans faire dans la dentelle, il est écrit dans le ciel que les grincements de dents vont se faire entendre dès cette semaine.

municipales_2014.jpgEn effet, à moins d’un revirement qui logerait à l’enseigne de l’arrivisme, Cécile Duflot et peut-être d’autres membres d’EELV vont claquer la porte. La chef de file de l’EELV avait martelé que si Manuel Valls se retrouvait à Matignon, elle démissionnerait. Il faut s’attendre également à ce que la gauche du PS et le Front de gauche hurlent à l’imposture, Manuel Valls étant considéré comme le chef de file de la droite de cette formation politique. Bref, à quelques semaines des élections européennes, mettons que l’harmonie sera ramenée à un mirage.

Au cours de son exposé sur les changements apportés, Hollande a confirmé le maintien d’un programme que beaucoup dans son camp voulaient différer en évoquant les élections européennes. Ce souhait, le chef de l’État l’a écarté en moins de deux en confirmant le pacte de compétitivité, des économies de 70 milliards, etc. En un mot, il n’est pas question de dévier du cap fixé. Qui est ? Redonner à la France une marge de manœuvre financière qu’elle a perdue et qui inquiète ses voisins.

Le score obtenu par l’UMP aura pour conséquence immédiate qu’il assure à Jean-François Copé plusieurs mois de répit. Il était et reste le chef de l’UMP, au grand dam de François Fillon. Si le résultat de l’UMP avait été mi-figue mi-raisin, alors le statut de Jean-François Copé aurait été à tout le moins remis en question. Cela étant, l’UMP étant encore et toujours tiraillé par les ambitions de ces mandarins, sa ligne politique est peu lisible. Et ce, parce que chacun de ces derniers camoufle quelque peu son jeu en vue des primaires de 2016. Bref, le combat s’annonce brutal.

PS : Jean-François Copé s'est fait une gloire de parler de victoire de la droite, mais ne dit-on pas «À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire» ? ne s'agit-il pas tout simplement d'une victoire par abandon ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, mars 23 2014

Edito - Nicolas apprend à distinguer les écoutes administratives et écoutes judiciaires

4382627_6_3cd0_nicolas-sarkozy-a-nice-le-10-mars_ac3e35a388f45f2906ca7855931f07df.jpg- Alors, Nicolas, tu t’énerves ? Toi le gland leader, tu perds ton sang froid ? Qu’est-ce qui se passe ?

- J'apprends par la presse que tous mes téléphones sont écoutés depuis maintenant huit mois. Aujourd'hui encore, toute personne qui me téléphone doit savoir qu'elle sera écoutée. Ce n'est pas un extrait du merveilleux film La Vie des autres sur l'Allemagne de l'Est et les activités de la Stasi. Il ne s'agit pas des agissements de tel dictateur dans le monde à l'endroit de ses opposants. Il s'agit de la France.

- Ah bon ?

- Je n'ai jamais demandé à être au-dessus des lois, mais je ne peux accepter d'être en dessous de celles-ci.

- Ah bon ?

- Des principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds avec une violence inédite et une absence de scrupule sans précédent.

- Allez tu déconnes, c’est pas de toi ces salades. Ce style grandiloquent et lourdingue… C’est encore de Monsieur Taplume ?

- Non, non, je t’assure. Mon cœur est brisé, et mon cœur a parlé. __La Stasi veut ma peau… __

- Arrête ton char, t’es ridicule…

- Mais, non, la preuve Le Figaro m’a laissé presque une page entière tellement c’est grave !

- Tu parles... C'est juste pour fidéliser les gros annonceurs, et les voir prendre ensuite des pages de pub en remerciements… Allez, calme-toi. Je vais t’expliquer.

Des fois, c’est la police qui décide d’écouter les personnes pour les surveiller. C’est la procédure prévue par les articles L. 241-1 et suivants du Code de la sécurité intérieure. Tu connais ces articles ?

- Non, pourquoi je les connaîtrais ? Je n’ai jamais été ministre de l’Intérieur…

- C’est ce qu’on appelle les écoutes administratives : on surveille pour le renseignement et la protection de l’ordre public, pas pour enquêter sur des personnes suspectées d’avoir commis des infractions, ce qui relève de la décision des juges, et est réglé par le Code de procédure pénale.

9024805206_9359fda039_b.jpg- Oui, peut-être, mais moi j’ai la Stasi sur le dos.

- Pas du tout, mon Nicolas. Les lois que tu as fait voter ne sont pas si violentes.

- J’en sais rien, je ne lis rien, même pas les lois que je fais voter…

- Alors, écoute… enfin, écoute ce que je te dis. Le principe est le secret des correspondances, mais, sur demande du ministre de l’Intérieur, le premier ministre peut autoriser la mise sous écoute pour « rechercher des renseignements intéressant la sécurité nationale, la sauvegarde des éléments essentiels du potentiel scientifique et économique de la France, ou la prévention du terrorisme, de la criminalité et de la délinquance organisées et de la reconstitution ou du maintien de groupements dissous ». La décision est valable pour 4 mois renouvelable, et les enregistrements sont détruits sous dix jours.

- C’est bien ce que je disais… la Stasi… Notre pays sombre…

casquette-stasi.jpg- Mais ça n’a rien à voir. D’ailleurs, si tu n’es pas content, tu peux écrire… euh, tu peux dire à Monsieur Taplume d’écrire à la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), 35 rue Saint-Dominique, 75700 PARIS SP 07. Monsieur Taplume peut adresser un mail : secretariat.cncis@pm.gouv.fr

- Tu parles… La Stasi… Ils ne me répondront pas…

- Si, le CNCIS te répondra ! Et il te répondra qu’il n’a aucune écoute à contrôler te concernant, car tu ne relèves pas de ce système…

- Ah bon ?

- Ben oui, réfléchis… Vois ta vie : tu ne représentes pas une menace pour la sécurité intérieure.

- Ça c’est sûr. Je suis un très gentil garçon. La seule chose qui m’intéresse, ce sont les concerts de Carla…

- Réfléchis, Nicolas. Si les écoutes sont publiées dans la presse…

- Dans la presse communiste !

0302-Stasi.jpg- … c’est qu’elles sont conservées sur PV, et il s’agit de PV fait par la police, mais la police judiciaire, celle qui recherche les auteurs d’infractions. C’est le régime prévu par l’article 100 du Code de procédure pénale : « En matière criminelle et en matière correctionnelle, si la peine encourue est égale ou supérieure à deux ans d'emprisonnement, le juge d'instruction peut, lorsque les nécessités de l'information l'exigent, prescrire l'interception, l'enregistrement et la transcription de correspondances émises par la voie des télécommunications. Ces opérations sont effectuées sous son autorité et son contrôle ».

L’article 100-4 précise que le juge d'instruction ou l'officier de police judiciaire dresse procès-verbal de chacune des opérations d'interception et d'enregistrement, et la transcription est versée au dossier.

- Ah bon… Alors, c’est un juge d’instruction, et pas la Sati ?

- Ça, c’est sûr. Monsieur Taplume a écrit n’importe quoi…

- J’aurai du m’en douter : Copé a dit que c'était très bien… Mais pourquoi la Stasi ne me donne pas les PV ?

- Nicolas, c’est pas la Stasi, c’est le juge d’instruction ! Et il te donnera bientôt accès à tous les PV… quand tu seras mis en examen. Tu es toujours trop impatient, mais tu verras, ça ne tardera pas.

- Hum, hum... J’ai une idée… Je vais lui brouiller l’écoute !

http://www.lemonde.fr/politique/art...

http://www.lefigaro.fr/politique/20...

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs...

http://www.lexpress.fr/actualite/po...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, mars 17 2014

Edito - Affaires : pour 81% des Français, l'image de toute la classe politique est ternie

1572457803.jpgRude coup pour les politiques. Selon l’enquête exclusive BVA pour i>télé « CQFD » et Le Parisien, le climat des affaires pèse lourdement sur leur image : 81 % des personnes interrogées estiment ainsi qu’elle est affectée par la multiplication des scandales. Même si, à une semaine du premier tour des élections municipales des 23 et 30 mars, les Français semblent ne pas vouloir tenir compte de ces affaires dans leur choix.

Ces derniers jours, les Français ont donc découvert, successivement : que Jean-François Copé (UMP) était soupçonné de surfacturation au profit d’une société « amie » ; que Patrick Buisson enregistrait des réunions avec Nicolas Sarkozy ; que l’ancien président chercherait à s’immiscer dans le travail des juges enquêtant sur lui; et, enfin, que Christiane Taubira n’était pas informée de la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy… tout en admettant l’inverse quelques jours plus tard.

Au final, tout le monde est renvoyé dos à dos. « C’est l’image de l’ensemble de la classe politique qui s’abîme un peu plus », estime Céline Bracq, directrice de BVA Opinion. Et pour les 19 % de Français qui font la différence, 12 ? % pensent que la droite en sort affaiblie contre 7 % pour la gauche. Pour une écrasante majorité (69 % contre 54 % il y a trois ans), cette multiplication des affaires est le signe d’un mal profond : celui de la corruption.

Hier encore, un juge a demandé la levée de l’immunité parlementaire de Bernard Brochand, le député-maire (UMP) de Cannes, dans le cadre d’une affaire de… corruption. Ce désaveu s’enracine dans la population puisque, selon BVA, « les catégories sociales supérieures, les cadres et les personnes les plus diplômées partagent majoritairement ce jugement sans appel ». De quoi, craint un ministre de poids, « ravir Marine Le Pen », qui n’a pas trop besoin d’en rajouter sur le mode du « tous pourris ». « Le bashing systématique des institutions, des partis politiques, bref, du système, lui profite », conclut le même.

Source : Le Parisien du 14/03/2014

jeudi, mars 6 2014

Edito - Patrick Buisson : Des cassettes pour les juges,… et une piste d’envol pour Alain Juppé ?

h-20-1173737-1206722748.gifLa politique est par terre. Totalement ridiculisée, dénuée de toute valeur intellectuelle, collective ou morale.

A Gauche, rien, plus rien, plus rien du tout. L’un ou l’autre est sans doute estimable, et avec de bonnes idées dans la tête. C’est possible. Mais les commandes ne répondent plus. D’un côté, la société civile, la vraie vie, avec ses efforts, ses combats, ses réussites, ses solidarités, ses maladresses, ses malheurs… De l’autre, une association de cornichons, des phraseurs impénitents, que vous n’embaucheriez même pas comme gardien du stade de votre quartier. Les comptes de la France s’aggravent inexorablement, s’agissant du chômage (1) et de l’endettement (2). Il n’existe plus d’autorité publique. Oui, nous sommes entrés dans le déclin. François Hollande cherche qui peut être plus nul que lui pour être nommé premier ministre tant il a peur que la moindre personne de caractère le relègue chomdu. La majorité de l’électorat socialiste ne lui fait plus confiance, et DSK (3) revient comme valeur sûre… en attendant son passage en correctionnelle pour proxénétisme.

A Droite, c’est le grand dévissage. L’UMP est un vrai bonheur, avec ses élections internes truandées, sa faillite évitée par une quête nationale, ses leaders qui se haïssent, des options politiques proches du délire néo-libéral, et le one man show de l’inénarrable Jean-François Copé, du pain au chocolat aux livres enfantins, en passant par les millions de commandes passés à ses potes. Là-dessus, le grand has been et destructeur de la Droite, Sarkozy Nicolas recommence son cirque comme s’il pouvait un jour être réélu. Il y a deux jours, il se la pétait en se présentant comme grand leader, catégorie chef à plumes,… et aujourd’hui on apprend qu’il était, comme une Bettencourt (4) de base, enregistré par son majordome Buisson, son conseiller venu de Minute (5), la droite extrême et puante installée à l’Elysée par Sarko. A priori, on n’apprendra rien à part des détails croquignolesques sur la manière dont se faisait la politique à l’Elysée… mais d’éventuelles infos pourraient intéresser les juges qui enquêtent sur les turpitudes de l'époque. En revanche, pour ce qui est de l’autorité de Sarkozy, c’est définitivement cuit. Trahi par son conseiller, l’inspirateur de la campagne de 2012… Aucune autorité, ce Sarkozy n’est qu’un minable minus…

les-biterrois-ont-faim_763134_510x25544.jpgNous sommes gouvernés par… Non, nous ne sommes pas gouvernés : nous démerdons, comme des grands, chacun avec son système. Donc, je reprends : les gouvernements des dernières années sont squattés par des personnes ignorantes des réalités, incompétentes et sans caractère. Sarkozy avait imposé à la vie politique française un tour destructeur, et la Gauche de la nouille casquée n’a pas su l’inverser. Dont acte. Les sondages, et ce que chacun peut constater chaque jour autour de lui, montrent un décrochage (6) entre la politique et la société.

Alors, on veut y croire, et on cherche une personne compétente, expérimentée et d’envergure, parce qu’il reste une conviction tenace que la France peut trouver un pouvoir politique à la hauteur. L’idée aussi que la France n’est peut-être pas condamnée à régresser. A Gauche, on aurait pu penser à Martine Aubry (7), mais cette éternelle boudeuse est hors circuit. A Droite, il y a Alain Juppé (8), porté par sa réussite à Bordeaux, qui dépasse le clivage Droite/Gauche. Je n’ai pas à devenir pro-Juppé, et je vois vite tous les points de désaccords, mais le personnage dépasse évidemment le lot commun, et très clairement, il faut le soutenir. Mais dans quel état trouverait-il le pays en 2017 ? Et pour faire quels choix politiques ? Et comment dessouder tout ce fatras institutionnel qui bloque le pays ? Et avec quelles forces ? Mais peut-on admettre comme une fatalité le déclin de la France, géré par le milieu des affaires et les banques, avec le spectacle consternant de sa classe politique croupionne ?

Je sais pas vous... Moi, franchement, je suis dans le brouillard,... mais j'ai encore envie d'y croire.

(1) http://tempsreel.nouvelobs.com/soci...

(2) http://www.boursorama.com/actualite...

(3) http://www.franceinfo.fr/politique/...

(4) http://www.lefigaro.fr/actualite-fr...

(5) http://rue89.nouvelobs.com/2011/03/...

(6) http://www.lexpress.fr/actualite/po...

(7) http://lelab.europe1.fr/martine-aub...

(8) http://www.rtl.fr/actualites/info/p...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, février 28 2014

Edito - Affaire Le Point / UMP - Copé : une affaire d'une extrême gravité

6a00d83451c7ee69e201a5117851a1970c-500wifi.jpgLe dossier publié cette semaine par l'hebdomadaire Le Point est dans toutes les hypothèses une affaire d'une extrême gravité pour la démocratie française.

Cette démocratie va mal. La classe politique est tellement discréditée que les électeurs ont le dégoût de voter. Elle est discréditée parce qu'elle a accrédité l'idée du vote pour rien : les paroles d'élection s'envolent dès l'élection passée à l'exemple de la crise née de la présidentielle 2012.

La classe politique est discréditée parce qu'elle édite des règles pour les autres mais jamais pour les respecter elle-même. C'est l'enjeu d'exemplarité.

Or l'affaire le Point/UMP - Copé est au centre de ces maux.

Soit l'affaire n'existe pas au niveau des révélations de cet hebdomadaire, le fait de la monter en épingle va ajouter au climat de suspicion de complot des médias, climat qui est lui aussi un mal grave pour une démocratie.

Soit l'affaire est mise en relief à juste titre et elle montre surtout que la classe politique n'a tiré aucune conséquence des "années noires". Il y aurait une "vénalité généralisée" du pouvoir qui discrédite le pouvoir. Cette vénalité peut être sexuelle (DSK, dans une moindre division les récentes escapades présidentielles avec les révélations de Closer ...). Elle peut être financière (Cahuzac, Balkany ...). Toutes ces étapes récurrentes aliment un dégoût qui est croissant.

Ce qui est le plus grave c'est que la comédie politique vit comme si de rien n'était. Comme si le divorce avec l'opinion n'existait pas.

A cette étape, ce qui est grave également c'est que les citoyens n'aient pas une meilleure estime d'eux-mêmes. A force d'accepter d'être les militants paillassons tolérant tout et n'importe quoi de leurs partis, c'est la démocratie entière qu'ils ont tiré par le bas, toujours plus bas.

C'est comme à Béziers, exemple parmi beaucoup d'autres, cette comédie des visites à répétition des "leaders" UMP et de leurs nouveaux amis d'"Atouts Béziers". Ils se détestent les uns les autres : Couderc tire les ficelles dans l'ombre d'Elie Aboud pendant qu'Agnès Jullian se prépare à être très prochainement la première adjointe au maire et la première vice-présidente de l'agglomération avec plus de pouvoir". En cas de victoire, Elie Aboud sait qu'il ne sera pour Raymond Couderc qu'un maire au rabais sous sa tutelle car l'ancien maître de la ville sera in fine le vrai patron de l'agglo...C'est de notoriété publique. Agnès Jullian et le tandem Aboud/Couderc ne partagent pas la même vision de la ville et de l'agglo en dehors de furtives rencontres dans des contextes globaux aussi de notoriété publique et pourtant ils ... s'aiment si fort. C'est une classe politique qui est incapable de changer ses usages.

C'est certainement ce dernier aspect qui occupe la première place des gravités. Au moment où il faut tout changer, ils sont incapables d'une moindre évolution. C'est le message le plus inquiétant de cette période.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, février 22 2014

Edito - Tous à poil contre la censure !

L’humour est encore le meilleur pour répondre aux arguments d’abrutis.

Voici donc la belle réaction de quatorze professionnels du livre du Nord-Pas-de-Calais, des éditeurs et des libraires.

Emily Vanhée, présidente de l’association Libr’Aire et libraire à Roubaix, explique : « On soutient aussi ces éditeurs, ces auteurs, qui ont aussi le courage de prendre parti. Le livre n’est pas quelque chose qu’on peut censurer. On est prêts à oser un peu le ridicule pour défendre nos idées ».

Le 9 février, le président de l'UMP Jean-François Copé avait critiqué ce livre, qu'il disait recommandé aux enseignants pour les classes primaires.

Pauvre Jean-François Copé… Pauvre UMP...

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http://www.lefigaro.fr/livres/2014/...

http://www.liberation.fr/societe/20...

http://www.nordeclair.fr/info-local...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE