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lundi, décembre 15 2014

Edito - Troisième circonscription de l’Aube : Des chiffres sinistres pour la démocratie

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Une législative partielle vaut bien une dizaine de sondages parce que là, on parle du réel. Certes, il y a loin entre une élection partielle et un scrutin national, mais attention de prendre le temps de regarder ce qui se passe sur le terrain, dans la vraie vie. Pour apprécier ce faire, il faut prendre les chiffres, et pas seulement les pourcentages.

A ce titre, l’élection dans la troisième circonscription de l’Aube ne manque pas d’intérêt. François Baroin, qui était le député, a été élu au Sénat, et l’UMP était bien placé pour garder la circonscription. Il n’en reste pas moins que les chiffres parlent, car la tendance est très nette : le désintérêt massif de l’électorat.

La circonscription compte 65 758 électeurs. Au premier tour de 2012, 38 248 avaient voté, et deux ans plus tard, le chiffre n’est plus que de 16 195. On est à 24 % de participation et 76 % d’abstention.

En 2012, François Baroin avait eu au premier tour 15 677 suffrages et au second tour 20 051, soit 56,45 %. Hier, Gérard Menuel a été élu avec 63,85 % des voix, mais seulement 10 527 suffrages, et 6 422 au premier tour.

Pour le PS, la candidate était en 2012 Lorette Joly, qui au premier tour avait réuni 10 899 suffrages, soit 28,79 % et au second tour 15 466 voix, soit 43,55 %. Pour 2014, le candidat Olivier Girardin n’a recueilli que 2 315 voix, soit 14,69 % des voix. Cela représente le quart des voix de 2012. 2 315 voix sur 65 758 inscrits… soit environ 3 %. Un problème sérieux.

Pour le FN ? On ne retrouve pas du tout la vague bleu marine, car si le pourcentage est flatteur, le nombre de voix est en baisse. En 2012, la candidate Mireille Cazard était au premier tour à 17,79 %, avec 6 733 voix. Pour 2014, le pourcentage au premier tour était de 27,64 %, mais le nombre de voix au premier tour n’a été de 4 355, soit une perte de 30 % des électeurs. Et au second tour, le FN arrive à 36,15%, mais avec 5 960 voix, soit moins qu’au premier tour de 2012.

Le prochain grand test est celui des élections départementales de mars 2015. Hier Jean-Christophe Cambadélis a appelé à présenter des candidats uniques de la Gauche au premier tour, pour éviter le risque d’élimination. Le résultat de la 3° de l’Aube souligne l’importance du risque.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, novembre 23 2014

Edito - Ça sera Juppé

FRANCE-POLITICS/

Alain Juppé ? Franchement, je ne vois pas comment on pourra faire autrement… Gauche/Droite… Ce n’est pas la musique du moment. On parle quand même de présider la République, et en trouver un enfin qui entre dans le costume, c’est pas si mal.

A moins d’un épisode genre Sofitel-Manhattan bis, nous avons tous les ingrédients pour 2017, et la clé est l’économie. La France tient, et bien mieux qu’on ne le dit souvent, mais en masse, l’économie ne bougera pas, ou peu. Emploi, dette, croissance… Ça se jouera à quelques points de pourcentage, mais nous aurons dans deux ans le même décor.

Le décor politique, donc, sera aussi le même.

A Gauche, les frondeurs en culotte courte vont se calmer s’ils veulent garder leur investiture. Pour le Congrès de 2015, le repris de justice Jean-Christophe Cambadélis veut que rien ne bouge, pour que, en grand arbitre, il sauve sa place.

Les écolos vont faire gentil-gentil, sinon adieu aux délicieuses circonscriptions réservées,… qui garantissent la croûte du parti. Miss Cécile Duflot joue un jeu totalement réglé de semi-révoltée, pour ramener au second tour des voix qui sinon seraient à jamais perdues pour le PS. Jeu de dupes.

Les institutions protègent François Hollande, et sous la V° République, aucune personnalité issue du parti présidentiel ne peut se présenter contre le président.

Nicolas Sarkozy aussi sera dans le jeu. Il va gagner la présidence de l’UMP, sûrement pas avec les 80 % qu’il espérait, mais il ne lâchera pas. Et un président de l’UMP, qui récupère le fichier, les finances, les investitures, et l’organisation de primaires, ça ne se dessoude pas comme ça.

Alors un remake François Hollande-Nicolas Sarkozy ? Eh bien, non, et c’est là que tout change, car dans cet immobilisme économique et politique, Marine Le Pen sera au deuxième tour.

La question n’est plus « qui est le moins pire ? », mais « qui est le mieux placé pour écraser Marine Le Pen » ? Le reste, c’est de la finasserie.

Nicolas Sarkozy ? Ingérable ! Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen sont sur les mêmes propositions, les mêmes mots, les mêmes haines. Nicolas Sarkozy sera plus extrême que Marine Le Pen s’il croit que c’est là son salut. Ce mec est capable de tout, avec son ego mal placé.

François Hollande ? Les permanents du PS vont oublier leurs aigreurs d’estomac, et se mobiliser pour tenter de sauver leur job, mais François Hollande est trop faible. Les institutions le protègent, mais à l’épreuve du feu, impossible de lui faire confiance. Il a trop trahi la Gauche.

Martine Aubry ? La boudeuse osera-t-elle reprendre le PS pour marginaliser François Hollande ? Sincèrement, j’y ai cru, mais je n’y crois plus. Ses combines secrètes à deux balles, avec Laurent Fabius pour lui renvoyer la balle… c’est niveau EHPAD. Quand je vois qu’elle n’arrive même pas à gérer le parachutage de Jean-François Lamy à Lille

Alain Juppé, c’est d’abord du pragmatisme : il est le mieux placé pour contrer Marine Le Pen au second tour : la Gauche et la Droite voteront Alain Juppé, qui a toujours rejeté le discours arriéré du FN.

Et après quelle politique fera Alain Juppé ? Il fera une politique de Droite, ça ne fait pas de doute, mais quand même moins à Droite que El-Blancos ou Emmanuel Macron.

En fait, Alain Juppé, on compte sur toi pour deux choses : tu réunis une équipe de pros, car ras-le-bol des gouvernements casting de Nicolas Sarkozy et François Hollande, et tu restaures une politique étrangère digne d’un pays indépendant.

Pour le reste, je voterai pour toi, et le lendemain, je serai dans l’opposition, en toute amitié.

Dans l’immédiat, il y a de récifs, et en un, la primaire, alors que Nicolas Sarkozy est prêt à tout pour blinder cette élection interne, puis à faire perdre son camp, si ce n’est pas lui qui l’emporte, pour rester un recours. Alors… Voter aux primaires de la Droite pour zigouiller Marine Le Pen,… Quel métier…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, octobre 20 2014

Edito - Offensive de Martine Aubry : Manuel Valls bientôt minoritaire

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Un premier ministre peut-il rester en fonction si sa ligne politique est mise en minorité lors d’un congrès de son parti ? Peut-il, comme premier ministre, être le chef de la majorité présidentielle quand il est minoritaire dans cette majorité ? Peut-il être le chef du gouvernement en période de campagne électorale pour la présidentielle de 2017 s’il défend une ligne politique contraire à celle du parti ?

Ces questions posent l’équation du maintien d’El Blancos au gouvernement, et en fait fixent la date de son départ : après le congrès du PS, fin 2015 ou début 2016.

L’attaque de Martine Aubry, attendue, est sévère. Les grandes manœuvres pour 2017 ont commencé, avec la nécessité de créer un rapport de forces tel que François Hollande renonce à se présenter. Autant dire que ça va être vif, et dans son interview au JDD, Martine Aubry est claire : « Je ne me résous pas à voir notre pays s’enfoncer dans la morosité, le doute, le repli sur soi. Je ne baisse pas les bras devant la montée du Front national. Je ne me résigne pas davantage à la victoire en 2017 de la droite ». Et de poursuivre : « Nous avions prévu qu’à mi-mandat la croissance serait revenue, le chômage en repli et les déficits réduits en deçà de 3 %. Ce n’est pas le cas. Il nous faut trouver au plus vite le bon réglage des politiques économiques qui permettra de sortir la France de la crise. Et puis il nous faut refaire de la politique. Aujourd’hui, une raison profonde du malaise est que les Français ne comprennent pas quelle société nous voulons construire, le sens donné à l’action et les valeurs qui la fondent. Même lorsque nos réformes vont dans le bon sens, tels les rythmes scolaires et la priorité donnée à l’école, on n’a pas fixé le cap et engagé les collectivités locales à lutter contre l’échec scolaire ou à promouvoir l’éducation artistique et citoyenne. On ne mobilise pas un pays sur la seule gestion financière, on doit donner la destination du voyage ».

En toile de fond, il y a une lourde hostilité entre François Hollande et Martine Aubry, et c’est une vieille histoire. On peut dire que ces deux-là ne peuvent pas se piffrer. Les relations étaient déjà mauvaises, mais Martine Aubry sait de quoi elle parle,… vu l’état dans lequel elle avait retrouvé le PS après les années Hollande.

Mais l’essentiel est la politique, celle d’avant-congrès. Personnalité, méthode, caractère… Ça peut suffire pour diviser, mais il n’en sort rien. Là, les choses vont être différentes car François Hollande et ses enfants de chœur El Blancos et Macron ont revendiqué de passer au « social-libéralisme ». Martine Aubry répond en stigmatisant l’échec de Tony Blair et Gerhard Schröder, et revendique une nouvelle « social-démocratie ». Guerre de mots ? Sans doute, mais pas que…, et ce sera l’affaire du PS dans les mois qui suivent.

En peu de temps, le débat va s’enflammer, avec pour décor ce gouvernement qui allie à merveille les échecs et les cafouillages. Premier rendez-vous avec le vote du budget. Viendra dans le même temps deux lignes pour le Congrès : « social-libéralisme » contre nouvelle « social-démocratie ». Dès hier, Martine Aubry a mis en ligne un texte appelant aux soutiens militants. Vu l’ambiance actuelle, et ce que sont les militants restés au Parti, je vois mal comment la ligne social-libéralisme, qui signe la fin du PS, pourrait l’emporter. Martine Aubry a la cote dans le parti, et elle a des réseaux de premier ordre : les siens, ceux de Laurent Fabius et ceux de Jean-Christophe Cambadélis.

Une fois le ménage fait, à l’intérieur du PS, les primaires seront presque une formalité.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, septembre 3 2014

Edito - PS : C’est l’heure de Martine Aubry !

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Seule Martine Aubry est en mesure de réunir le Parti Socialiste, puis de réunir la Gauche. Certes, elle ne fait pas l’unanimité, et personne ne lui demande, mais elle dispose de nombreux et solides soutiens, avec la capacité de rassembler bien au-delà de son cercle d’amis. Elle a été une ministre respectée, et elle a un excellent bilan de premier secrétaire, alors qu’elle avait récupéré un PS largué par François Hollande. A son départ, elle souhaitait que ce soit Jean-Chistophe Cambadellis qui prenne la suite,… mais les petits morveux du « gouvernement » (El Blancos, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Vincent Peillon) avaient imposé Harlem Désir, pour bien le manipuler. Une véritable réussite.

Ce sera pour faire quelle politique ? De la bonne politique de Gauche, gestionnaire et solidaire, du grand classique. Rien d’enthousiasmant, certes, et des choix de politique extérieure décalés. Mais avec Martine Aubry, le pays serait tenu, alors que l’amateurisme du Hollande Circus nous conduit au naufrage national. C’est une femme particulièrement expérimentée, qui connait le monde de l’entreprise. Allez faire un tour à Lille, mesurez le bilan, et essayez de gagner une élection contre elle…

Dans la période actuelle, c’est la seule capable de reprendre les rênes. Elle peut compter sur une bonne équipe, structurée autour de deux parlementaires solides, Jean-Marc Germain et Christian Paul, mais aussi des personnalités aussi diverses que Philipe Baumel, Jérôme Guedj, François Lamy et le sympathique Pouria Amirshahi. Et puis le cercle s’élargit vite, car au PS tout le monde sait qu’elle est la seule à pouvoir empêcher l’écrassement du PS, au fond d’une falaise.

El Blancos avait essayé de faire revenir au gouvernement François Lamy, qui a refusé : pas de proches de Martine Aubry dans cette équipe de bras cassés, qui fait la politique de Nicolas Sarkozy. En rechange, El Blancos a recruté Patrick Kanner, un élu du Nord comme ministre de la ville,… et aussitôt, l’équipe de Martine Aubry a expliqué que Patrick Kanner n’était pas un proche politique. Bref, la ligne est claire : Martine Aubry va se présenter comme une alternative. Ouf !

Bref, c’est l’heure de Martine Aubry, et avec deux raisons-clés.

Elle est la seule à pouvoir fédérer ce monde si remuant. Arnaud Montebourg ne vaut pas une cacahuète à côté d’elle. Il reste un trublion isolé, aussi médiatisé qu’incompétent.

Elle est la seule à pouvoir imposer à François Hollande de ne pas se représenter. Et ça, c’est la clé de tout, car un président sortant qui se représente ne peut être déboulonné par son propre camp.

Il y a peu, elle avait rencontré François Hollande – avec qui les relations sont de longue date exécrables – pour lui dire (et faire fuiter qu’elle avait dit) : « Le problème, c’est toi ». C’est une excellente synthèse.

Le Rédacteur en chef de BEZIES POLITIQUE

vendredi, août 15 2014

Edito - Le tandem Hollande/Valls : Les incompétents qui font sombrer le pays

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La France est un pays sérieux : la preuve, les têtes pensantes du ministère de l’Intérieur ont faire arrêter un manifestant qui, dans une mise en scène rodée, mimait la scène de soldats abattant des enfants (terroristes) : notre ami est le roi des pépères, et la kalachnikov est en caoutchouc. Mais l’État français est fermement dirigé, et notre vaillant gouvernement, toutes affaires cessantes, a fait arrêter notre ami pépère pour que vérifier par expertise que la kalachnikov était en caoutchouc… Et notre ami s’est trouvé en garde-à-vue : pathétique.

C’est ainsi : dès qu’on les regarde de près, nos braves dirigeants apparaissent nature, ie comme des crétins finis.

Notre gouvernement passe son temps à tenter de nous dissiper avec ce genre de calembredaines, et on finit par de désintéresser de son action,… Sauf qu’ils sont en train de fiche en France un bazar rare,… et que nous allons tous passer à la casserole.

Le tandem Hollande/Valls, les fossoyeurs de la Gauche, ces deux irresponsables aux épaules en forme de bouteille de Coca-Cola, nous avaient vanté les mérites du Pacte de responsabilité. Un truc bidon, qui était en fait la remise des clés du pays au MEDEF. Pour faire joli, François Hollande et Manuel Valls avaient promis la baisse des cotisations sociales des salariés les moins payés. Un « marqueur de Gauche », comme le disait Le Monde (des innocents).

Mais voilà : le Conseil constitutionnel a annulé la baisse des cotisations sociales. Du travail d’amateur.

Tétanisés devant la réussite économique de l’Allemagne, notre pays frère, François Hollande n’avait rien trouvé de mieux que d’appeler l’Allemagne à lancer des programmes pour draguer à la croissance, pour que la France en profite. La réponse a été un coup de pied au cul, par le président de la banque centrale allemande Bundesbank, Jens Weidmann, qui a invité la France à être «un exemple en matière budgétaire» et à cesser d’en appeler à l’Allemagne pour soutenir sa croissance. Angela Merkel n’a pas bronché une oreille, et elle a laissé le banquier dézinguer François Hollande.

Il y a deux jours, nouvel épisode dans l’inexorable chute. Jean-Christophe Cambadélis a jugé «inévitable» d’abandonner l’objectif d’un déficit public de 3% du PIB en 2015. En septembre 2013, Paris avait obtenu de Bruxelles un délai de deux ans pour passer sous la barre des 3%, objectif initialement fixé pour 2013, et promis de ramener son déficit public à 3,6 % du PIB fin 2014 et 2,8 % fin 2015. Engagement martelé par El Blancos. Aujourd’hui, nos gouvernants renoncent. En juillet, les prix à la consommation ont baissé de 0,3% et on voit apparaitre un risque de déflation. C’est grave.

L’illusionniste Michel Sapin, qui avait estimé la croissance française à 1%, reconnait qu’on ne dépassera pas les 0,5%. Ce qui oblige à revoir toutes les prévisions fiscales…

A ce stade, nous n’avons plus le choix : il faut que Angela Merkel gouverne la France. Pendant ce temps, notre gouvernement s’occupera des enquêtes sur les kalachnikovs en caoutchouc.

On en rit,… mais pas trop, car François Hollande et Manuel Valls sont entrain de flinguer notre pays…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE