Keyword - Jacques Chirac

Fil des billets - Fil des commentaires

mercredi, janvier 21 2015

Edito - François Hollande ou le vrai socle du rebond : la victoire contre ... soi

0.A0011jacques-chirac-et-francois-hollande-en-correze-le-dimanche-12-10476815kuknr_1713.jpg

Quand une impopularité s'est installée au sujet d'un trait de tempérament d'un individu, le rebond naît d'abord dans l'apparence manifeste que la personne concernée a gagné contre ... elle. Donc elle a changé. C'est la victoire que l'opinion publique salue avec le maximum d'émotion.

A l'automne 1988, je participe à une réunion publique avec Jacques Chirac. L'ex-candidat à la présidentielle apparaît défait, détruit. Alain Juppé se tient quelques pas derrière lui et lui souffle même parfois des passages de son intervention. Le soir de la défaite contre François Mitterrand, son épouse avait dit : "les français ne l'aiment pas". Jacques Chirac était agité, cassant, trop pressé. En 1995, il gagne d'abord contre lui-même. Il est cool, sympa, proche. Il voyage seul dans le train pour ses déplacements en province. Il organise des tables de travail. Il fait même preuve d'auto-dérision. En mai 1995, Jacques Chirac est aimé des français et gagne.

En 2000, aux États-Unis, lors de la primaire, tout vouait McCain à une victoire facile face à GW Bush. Ce dernier est le "mauvais garçon" : élève moyen, Gouverneur modeste, fils peu proche de son père. Mais l'équipe de GW Bush va désamorcer les critiques en endossant un grief majeur (l'alcool) et montrer que GW Bush a gagné contre lui. D'un coup, cette victoire éclaire tout sous un autre angle : sa volonté, la place de la religion, la place de la famille dont celle de son épouse ... Le "brave gars" était né.

Quand un trait de tempérament inquiète l'opinion, dès que l'intéressé le gomme, la réconcilation est prometteuse.

François Hollande était "mou". Le voilà Rambo : c'est la plus manifeste victoire contre soi.

A partir de là en effet, une autre histoire devient possible.

Ce qui est intéressant en l'espèce, c'est que cette victoire coïncide avec un efficace redéploiement des supports de communication.

A ce rythme, dans cette ambiance, les cantonales de mars vont s'annoncer sous un angle très différent du défoulement initialement prévu.

C'est quand même très ludique de voir désormais l'opinion fluctuer ainsi, offrir des nouvelles chances en permanence. Reste à savoir pour quelle durée. Mais dans le cas de François Hollande force est de constater qu'une nouvelle page est manifestement ouverte.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, janvier 3 2015

Edito - Casser l'actuel système bancaire : la Silicon Valley va le faire

0.A001110bits-dorsey-tmagArticle.jpg

Aujourd'hui les changements passent par l'économie et non par la politique. La démocratisation de la musique, c'est Itunes et pas une loi. Celle des informations planétaires c'est Facebook, Twitter, Instagram et pas une loi. Demain celle du film c'est Netflix et pas une loi. La lutte contre les grands monopoles d'informations, c'est Google.

... : la liste est longue des réformes de fond portées par le marché et non plus par les institutions publiques.

Demain, il en sera de même pour le système bancaire. Square, Wealthfront ... vont faire exploser l'actuel système bancaire.

Le discours du Bourget avec François Hollande c'est la flûte des politiques qui promettent l'opposé de ce qu'ils font une fois aux affaires. Jacques Chirac avait confié l'économie à un "ex-petit garagiste" (René Monory) dont on pouvait penser qu'avant de devenir un professionnel de la politique il lui resterait quelques souvenirs de son ancienne profession. François Hollande la confie à un banquier. Comment le peuple peut-il comprendre ce symbole après le Bourget ?

C'est comme Piketty dont on découvre désormais qu'il est l'ex-compagnon de Filippetti, ex Ministre de la Culture qui est l'actuelle compagne de Montebourg et qui avait porté plainte contre son ex-compagnon pour violences ...

Tout ce système de consanguinité court à sa perte. Les vraies révolutions seront portées par les marchés ou par les derniers révolutionnaires comme en Grèce ou en Espagne où il semble rester des leaders qui ont encore le sens du refus. Quant à la France, la résistance aux systèmes c'est au Musée comme dans tant d'autres domaines.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, décembre 30 2014

Edito - Les discours ou quand l'âme est inscrite dans les mots

0.A00119788861126138_1_75.jpgJe recommande l'ouvrage sorti dernièrement sur les "discours qui ont changé le monde moderne". Le recueil des discours est remarquable.

Que montre cette lecture ? La force du discours c'est la preuve que l'image ne suffit pas pour emporter la conviction.

Et cet ouvrage apporte la preuve du caractère incontournable de l'écrit.

La campagne 2007 de Nicolas Sarkozy aurait-elle connu le même lancement sans le discours du 14 janvier 2008 ? Celle de François Hollande aurait-elle eu la même dimension sans le discours du Bourget du 22 janvier 2012 ?

Autant de circonstances qui appellent à se poser la question de fond : qu'est ce qu'un discours réussi ?

Finalement, il y a deux critères essentiels :

1) c'est quand l'âme est inscrite dans les mots : les mots prennent un sens particulier qui rejoint l'imaginaire,

2) c'est surtout quand cet imaginaire repose sur un clivage clair entre un discours et un ennemi. Finalement, c'est la qualité de l'ennemi qui fait la force du discours qui s'oppose.

Que serait de Charles de Gaulle sans Adolf Hitler ?

La gauche de François Mitterrand sans l'aristocratie de VGE ?

Tony Blair sans Margaret Tatcher ?

Barack Obama sans GW Bush ?

L'énergie de Nicolas Sarkozy sans l'immobilisme de Jacques Chirac ?

La normalité de François Hollande sans la provocation permanente de Nicolas Sarkozy ?

C'est tout le mystère des bons discours : susciter l'imaginaire en réaction à une réalité qui insupporte. Ce contexte rend plus humble la seule qualité de la plume.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, décembre 6 2014

Edito - Roland Dumas : « Ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël »

0.A0011Roland-Dumas-va-defendre-les-victimes-de-l-Otan-en-Libye.jpg

Roland Dumas interrogé par Sihem Souid pour Le Point. Loin des simagrées des députés votant une résolution dépourvue de toute force juridique et qui relève de l’enfantillage – un État mité par des colonies, sans capitale, et sans liberté de circulation des habitants… une misérable manip’ politique – Roland Dumas s’exprime pour dire deux ou trois choses fortes et juges, reparler de la grande maison commune… Je me sens moins seul.

Que pensez-vous de la politique étrangère menée par François Hollande depuis son élection ?

Le général de Gaulle tenait à ce que la France soit indépendante. Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing (VGE) et Mitterrand ont été dans cette ligne de conduite qui donnait satisfaction à tout le monde, dire oui avec des réserves mais ne pas entrer dans le commandement intégré de l'Otan. Avec Chirac, des discussions ont eu lieu pour une réintégration, mais les contreparties qu'il voulait n'ont pas été acceptées (le commandement de la zone sud - la Méditerranée). Sarkozy a annoncé que la France réintégrait le commandement intégré de l'Otan. Avec l'arrivée de François Hollande au pouvoir, la politique étrangère a entériné ce changement de cap avec peu de débats internes et pas de débat public en réintégrant définitivement le commandement intégré de l'Otan, et cela, sans vraie contrepartie. En réalité, aujourd'hui, ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël. Aujourd'hui, nous sommes dans une alliance où la France n'a plus rien à dire. Nous n'avons plus de politique étrangère indépendante.

Quel œil portez-vous sur le travail mené par Laurent Fabius au Quai d'Orsay ?

Il a été mon Premier ministre, donc je ne peux pas en dire du mal (sourires). Vous connaissez le proverbe anglais "right or wrong, my country is my country". Il a été un très bon Premier ministre, mais il est un moins bon ministre des Affaires étrangères car il ne pousse pas les idées que je viens de vous exposer qui sont les idées traditionnelles de la France. La France a perdu son indépendance en matière de politique étrangère !

Que feriez-vous aujourd'hui si vous étiez encore ministre des Affaires étrangères ?

Je serais déjà toujours resté fidèle à la pensée socialiste. J'aurais rétabli une vraie politique française avec la Russie ! La France doit rétablir une relation privilégiée avec la Russie. Nous traitons mal les Russes, contrairement à ce qui peut se dire dans le monde ! Nous ne tenons compte d'aucun des engagements qui ont été pris, notamment avec Gorbatchev concernant la conférence de Moscou. L'alliance outre-Atlantique n'a pas tenu ses engagements envers Moscou. Je suis contre l'injustice même en politique internationale.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, octobre 19 2014

Edito - Les cinq responsables de la dette publique dénoncés par Contribuables Associés

0.A00unnamed.jpg

Ces « Frères Dalton de la dette », flanqués du célèbre Rantanplan, auront présidé à l’un des plus gros hold-ups de l’histoire de France : 2000 milliards d’euros de dette publique en 40 ans (plus de 31 000 € par habitant !), avec des budgets déficitaires depuis 1974.

En 2015, la dette publique française devrait atteindre le seuil symbolique de 100% du Produit intérieur brut (PIB)…

Comme nous en avertissons les Français et leurs dirigeants depuis un quart de siècle, cela n’est pas sans conséquence sur l’avenir, mais aussi sur le présent-même de la France : chaque année, l’État, donc nous contribuables, consacre son premier poste budgétaire au paiement des intérêts de la dette… Ce paiement, appelé « service » de la dette, engloutit la recette de l’impôt sur le revenu. Les impôts que vous venez de payer servent donc à payer les intérêts (et non la dette elle-même) résultant de mauvaises politiques depuis 40 ans.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, octobre 5 2014

Edito - A quoi tient l'actuelle Juppémania ?

0.A001slide_372346_4319410_compressed.jpg

La "mode Juppé" est née au printemps 2011. Il ne s'agit donc pas d'une mode éphémère. Elle existe et elle vit déjà dans les chiffres depuis plus de 3 ans.

Alain Juppé bénéficie de trois tendances fortes :

1) il rassure : la droite a finalement peu de profils de ce type qui ont montré dans la durée une constance et une expérience indiscutables. En période de crises, ce profil rassure tout naturellement.

2) il bénéficie de la référence de Bordeaux : Alain Juppé est sorti grâce à Bordeaux de l'univers des discours politiques pour occuper celui des réalités concrètes. Bordeaux est une ville qui fait référence. A la différence de Marseille, Bordeaux n'est pas exposée à des poussées de délinquances qui occupent les faits divers. Bordeaux représente le terroir avec l'emblème du vin qui est, lui aussi, très mode. Il y a un "style Bordeaux" de qualité de vie.

3) il a payé pour les fautes des autres : l'opinion a conscience qu'Alain Juppé a été le bouc-émissaire du "système Chirac" et qu'il avait donc eu une "double peine" : que le "système Chirac" paye pour tous les autres et qu'Alain Juppé paye pour Jacques Chirac. Il y a donc une forme de volonté de récupération de l'opinion auprès d'Alain Juppé.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, juillet 9 2014

Edito - La fin de la "Sarkonostalgie"

0.A00image_BUISSON_ET_SARKO.jpgEn cet été 2014, il n'y a plus vraiment de « Sarkonostalgie ». Sa popularité diminue au fil des épisodes judiciaires, Bygmalion et maintenant celui des écoutes. On évoque même parfois les contours incertains de la campagne de 2007 et que dire de celle d'Edouard Balladur en 1995 et son financement toujours en question.

Le leadership de Nicolas Sarkozy, son autorité ont été très contestés ces dernières semaines. D'abord par l'envie de certains de le voir définitivement tourner la page et de disparaître du champ politique actif. Par d'autres aussi qui expriment, au grand jour désormais, une lassitude quant aux alternances des postures narratives utilisées par l'ex-président, tour à tour dans le registre du recours, puis du devoir ou celui de la nécessité. Les mêmes qui regrettent le doute né de l'incertitude d'un retour toujours annoncé mais sans cesse repoussé. Ne restent dans l'espérance que les fidèles de Nicolas Sarkozy.

Mais on n'hésite plus maintenant à dresser le bilan de l'UMP avec Sarkozy. Le voici :... - la création de la Halde c’est l’UMP et non le PS

- la création du CFCM c’est l’UMP et soutenu par Sarkozy

- les permis de construire pour les mosquées existent aussi dans les communes UMP

- l’immigration « choisie » qui s’ajoute au regroupement familial c’est encore l’UMP et non le PS (il y a eu plus d’immigration que sous Lionel Jospin)

- la réduction de la « double peine » c’est Sarkozy

- le bouclier fiscal qui reporte la charge fiscale sur les classes moyennes, c’est encore Sarkozy

- l’accélération de la discrimination positive sur des bases ethniques, c’est aussi c’est l’UMP

- la réduction drastique des effectifs de police et de gendarmerie c’est encore Sarkozy

- l’interdiction de poursuivre les « jeunes » jusque dans les banlieues, c’était sur ordre de Sarkozy (exécutée par Michèle Alliot-Marie)

- l’adoption de la constitution de l’Euroland en violation du résultat du referendum, c’est encore et toujours l’UMP

- le projet de construction de l’Union méditerranéenne c’est l’UMP avec comme chef de file Sarkozy

- les filières favorisées pour certaines immigrations, et spécifiquement dans le droit, c’est toujours sous la houlette de Sarkozy (effectuées par Rachida Dati)

- l’engagement aux plus hautes fonctions de l’État de Dati, Yade et Amara, c’est Sarkozy. Or tant Dati et Yade appartenaient au Club du XXIe Siècle, club pro immigration à l’extrême.

- Cette même Yade militait au PS auparavant et avait comme idoles les Black Panthers et MalcomX

- N’oublions pas le regroupement familial mis en place par Chirac (RPR devenu UMP) lorsqu’il était 1er ministre de Giscard.

- la départementalisation de Mayotte par Sarkozy, terre 100 % musulmane ce qui induit des conséquences pour le moins regrettables sur le plan financier.

- La guerre en Libye faisant la place aux djihadistes c’est Sarkozy

- La vente de la France par morceau au Qatar, c’est sous Sarkozy

- 600 milliards de dettes nouvelles

- Augmentation de son salaire à 170 % pendant que les Français essayaient de nouer les 2 bouts.

- Le métissage forcé par déclaration télévisuelle c’est Sarkozy

- Les magouilles pour son financement aux présidentielles, en totale violation de la loi, c’est Sarkozy. Les frais étant répercutés sur l’UMP qui demandera par la suite… des DONS à ses adhérents pour renflouer cette escroquerie. En clair, il a été élu président sur une fraude.

- Et bien entendu son financement via Kadhafi. Ce qui n’a pas empêché de le tuer par la suite. Faire confiance à l’UMP, symbolisée par Sarkozy qui n’a pas hésité à tuer son mécène, ce serait une preuve de maladie mentale.

- Sarkozy a usurpé l’identité d’un Franco-Israélien

- L’UMP et les 24’000 euros de frais de billets d’avion pour la femme de Copé (respéciale dédicace à tous les cocus)

- 80 millions de dettes pour l’UMP et ce parti prétend encore gouverner la France ?

J’en oublie et des meilleures.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, juin 26 2014

Edito - Le foot, pour calmer les chômeurs !

0.A00721c7f4b7a_album-bresil-01.jpg

Voici que le méchant dieu foot est de retour avec sa coupe du monde, le fameux Mondial. Débauche d’images, débauche de matchs, débauche de commentaires débiles, débauche de manifestions violentes, bref, débauche de « sport ». Un « sport » qui ne peut que soulever le cœur tant il nous montre un spectacle indécent : les noces hideuses du fric et du cosmopolitisme, sur fond de manipulation de masse...

Le conditionnement par le sport

L’abrutissement sportif constitue un rouage important du conditionnement des populations occidentales par le Système. Que ce soit par la promotion individualiste du faire-du-sport-pour-rester-en-bonne-santé (mais à condition d’acheter des chaussures Nike et des sacs Adidas, bien sûr) ou par la promotion collectiviste du sport de masse.

Le sport de masse permet en effet de créer des foules psychologiques, comme disait Gustave Le Bon. Le Mondial vampirise les médias – c’est-à-dire les recettes publicitaires – et donc l’attention de chacun. On soupèse et commente ainsi les moindres faits et gestes des joueurs, comme s’il s’agissait des oracles de notre temps. Un tel a fait un doigt d’honneur, tel autre a donné un coup de boule. Tel joueur a « marqué ». Un autre a plaqué sa petite amie ou bien a insulté son entraîneur. Les médias s’en donnent à cœur joie pour nous « informer », c’est-à-dire pour nous submerger de cette grotesque insignifiance !

Dans le métro on nous annonce même les résultats des matchs. Pas question de rester indifférent ne serait-ce que l’espace d’un déplacement ! L’indifférence au foot devient suspecte. Presque un signe de fâââchisme…

Le foot mondialisé c’est un patriotisme débile

On agite les drapeaux comme s’il s’agissait de saluer une victoire militaire ou un grand événement national. Le foot serait-il le dernier refuge du patriotisme ?

Mais ces héros que l’on nous fait célébrer ne sont que des mercenaires et, leurs combats, des spectacles factices, sinon truqués ou dopés.

Les supporteurs s’arrogent pourtant le droit de « manifester leur joie » à chaque match en faisant un tintamarre de tous les diables, en hurlant pour chaque but marqué, en bloquant la circulation ou en cassant tout.

Les municipalités et les préfectures recommandent maintenant aux braves gens de ne plus circuler les soirs de matchs : couvre-feu obligatoire pour les autochtones les soirs de foot ! On voit combien ce « sport » adoucit les mœurs et l’intégration… Le mieux ne serait-il pas finalement de rester scotché devant sa télé en priant sainte Pub ?

La grand-messe du déracinement planétaire

Le Mondial du foot c’est aussi la grand-messe du déracinement planétaire : celle qui sert à raffermir périodiquement la foi cosmopolite. Voilà pourquoi le foot intéresse tant le Système.

Le Mondial célèbre le déracinement européen d’abord, puisque nos équipes « nationales » se composent principalement désormais de joueurs cosmopolites, dont beaucoup proviennent d’Afrique. Hier « espagnol », aujourd’hui « français », demain « anglais » peut-être par la magie des contrats en or, le joueur de foot incarne le héros aux semelles de vent, celui qui n’est nulle part chez lui.

Le Mondial souligne aussi le déracinement immigré, à l’instar de ces supporteurs « franco-algériens » qui sifflent la Marseillaise et ne brandissent que le drapeau de leur vraie patrie : l’Algérie, démontrant par là même qu’ils ne se sentent pas chez nous chez eux.

Le foot c’est enfin le déracinement programmé pour tous ces petits Africains ou descendants d’Africains que les clubs et les manageurs achètent comme une vulgaire ressource humaine à faire fructifier.

Car le sport ne peut plus exister sans publicité ni sans sponsors, c’est-à-dire sans se soumettre à Mammon. Ultime déracinement. Ultime décadence.Et tout cela pour que ce beau monde des « sportifs » achète force maillots, ballons et portraits de ces héros frelatés : les joueurs de foot ! Heureux consommateurs de produits dérivés qui allez enrichir l’oligarchie du sport et des médias, le Système vous remercie !

Décadence du sport ou sport de la décadence ?

Les saturnales du Mondial offrent enfin l’avantage de détourner l’attention des tristes réalités du moment.

Hier, Jacques Chirac s’appropriait la Coupe du monde pour tenter de sauver sa présidence stagnante en vantant les vertus sportives du métissage, en réponse au Front national. Aujourd’hui, François Hollande commente les buts des autres à défaut de commenter son propre désastre.

Dans la Rome décadente on offrait du pain et des jeux, pour calmer la plèbe de plus en plus agitée. Mais cela n’a pas empêché la chute finale.

Dans l’Europe décadente et désindustrialisée on offre le foot télévisé aux chômeurs. Cela ne durera pas non plus.

Une chronique percutante de Michel Geoffroy. Polemia 23/06/2014

vendredi, juin 20 2014

Edito - Nicolas Sarkozy : le zombie de 2017

4205679.jpg

Tout indique que le président sortant de 2012, battu par François Hollande, se prépare à être pour une troisième fois candidat dans trois ans. Mais devant l’amoncèlement d’affaires et de décisions hasardeuses de sa part, on peut croire qu’il a déjà perdu ces élections.

Entre Karachi et Bygmalion

Comme les affaires n’ont pas empêché Jacques Chirac d’être réélu en 2002 et qu’elles n’ont pas empêché Alain Juppé de revenir dans le peloton de tête des personnalités de l’UMP, il est probable que Nicolas Sarkozy et son entourage ne se préoccupent pas trop du déluge d’affaires qui s’abat sur lui. Pourtant, les dernières révélations jettent une ombre préoccupante pour ses perspectives électorales. Certes, l’affaire Karachi, l’enquête sur le financement de la campagne électorale d’Edouard Balladur en 1995, est accablante, mais non seulement elle repose sur des faits très datés et il semble qu’il n’y ait pas de preuves irréfutables de la culpabilité de celui qui était à l’époque ministre du budget.

Mais l’affaire la plus grave est sans doute l’affaire Bygmalion, du financement de sa campagne de 2012. Il y a quelques jours, Jérôme Lavrilleux, qui supervisait son financement, a admis qu’elle avait coûté en réalité 32 millions d’euros, 11 de plus que le plafond légal de 21, couvert par des fausses factures réglées par l’UMP. Médiapart avance aujourd’hui un dérapage de 17 millions. De deux choses l’une : soit il était au courant, et alors il est disqualifié pour non-respect des règles électorales, soit il ne l’était et cela révèle deux problèmes. Non seulement, il n’aurait pas été capable de comprendre qu’en réalité le budget dérapait, mais en plus, il serait un chef qui pousserait ses équipes à lui cacher des choses importantes, ce qui n’est pas rassurant pour un candidat à la présidence de la République.

Un pari déjà perdu ?

Du coup, on peut sérieusement se demander, si, malgré de bons sondages auprès des électeurs de l’UMP, la cause de Nicolas Sarkozy n’est pas déjà perdue. L’affaire Bygmalion est peut-être encore plus grave qu’il n’y paraît, disqualifiant durablement l’ancien président pour exercer à nouveau de telles responsabilités puisque soit il est profondément malhonnête et irresponsable financièrement, soit il est un chef désastreux. En outre, on peut ajouter son bilan, suffisamment détestable en 2012 pour que la France élise un candidat pourtant guère enthousiasmant et charismatique. Pire, il est difficile de croire qu’il soit une bonne idée de donner des conférences payées des fortunes par des banquiers pour gagner les faveurs des électeurs. Le candidat de Bygmalion et de Goldman Sachs a sans doute déjà perdu.

Ce faisant, on pourrait faire un parallèle inversé avec la situation de 1997-2002. François Hollande ne pourrait-il pas être la réplique de Jacques Chirac, ce président également rapidement devenu très impopulaire pour ne pas avoir respecté lui aussi ses promesses, que personne ne voyait gagner en premier lieu et que tout le monde voit d’autant plus défait qu’il est sous-estimé. Car même si je m’oppose complètement à la ligne défendue par le président, il faut aussi reconnaître que d’un point de vue tactique politicienne, elle n’est pas sans fondement, à savoir occuper le centre pour repousser l’UMP trop à droite et se faisant, prendre le pari d’un 21 avril à l’envers, où Marine Le Pen n’éliminerait pas le PS mais l’UMP, asphyxiée par manque d’espace, les affaires et son candidat.

L’affaire Bygmalion est extrêmement grave par ce qu’elle révèle de Nicolas Sarkozy, ce qui explique sans doute que certains commencent déjà à vouloir l’écarter. Mais s’ils n’y parviennent pas, on peut croire que la partie serait alors déjà jouée, et François Hollande pourrait en être l’incroyable vainqueur.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juin 16 2014

Edito - 2003, Chirac sur l’Irak : la décision US engage la stabilité du monde

0.A00706x410q70khadija_iraq_war.jpg

Nous sommes le 18 mars 2003. George W. Bush, mis en échec par le Conseil de sécurité, vient de lancer un ultimatum à Saddam Hussein pour le sommer de quitter son pays faute de quoi ce serait la guerre. Une décision, expression pure de la volonté impérialiste, violant les plus basiques des principes du droit international, et en engageant « l’avenir d’un peuple, l’avenir d’une région, la stabilité du monde ». La responsabilité est US est accablante : qui leur présentera l’addition ?

Voici la déclaration de notre Jacquot national alias Chichi. Impeccable. Il fallait écouter Jacques Chirac, et quels massacres nous aurions évités…

Depuis le début de la crise irakienne, la France s’est attachée à rendre possible le nécessaire désarmement de l’Irak sous l’autorité des Nations Unies. Ce désarmement est en cours, les inspecteurs en témoignent.

La France a agi au nom de la primauté du droit et en vertu de sa conception des rapports entre les peuples et entre les nations.

Fidèle à l’esprit de la Charte des Nations Unies, qui est notre loi commune, la France considère que le recours à la force est le dernier recours, quand toutes les autres options ont été épuisées.

La position de la France est partagée par la grande majorité de la Communauté internationale. Les derniers débats ont clairement montré que le Conseil de Sécurité n’était pas disposé, dans les circonstances présentes, à cautionner une marche précipitée à la guerre.

Les États-Unis viennent d’adresser un ultimatum à l’Irak. Qu’il s’agisse, je le répète, du désarmement nécessaire de l’Irak ou du changement souhaitable de régime dans ce pays, il n’y a pas là de justification à une décision unilatérale de recours à la guerre.

Quelle que soit l’évolution prochaine des événements, cet ultimatum met en cause l’idée que nous nous faisons des relations internationales. Il engage l’avenir d’un peuple, l’avenir d’une région, la stabilité du monde.

C’est une décision grave, alors que le désarmement de l’Irak est en cours et que les inspections ont démontré qu’elles étaient une alternative crédible pour désarmer ce pays.

C’est aussi une décision qui compromet pour l’avenir les méthodes de règlement pacifique des crises liées à la prolifération des armes de destruction massive.

L’Irak ne représente pas aujourd’hui une menace immédiate telle qu’elle justifie une guerre immédiate. La France en appelle à la responsabilité de chacun pour que la légalité internationale soit respectée. Elle appelle à préserver l’unité du Conseil de Sécurité en restant dans le cadre fixé par la résolution 1441.

S’affranchir de la légitimité des Nations Unies, privilégier la force sur le droit, ce serait prendre une lourde responsabilité.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mai 1 2014

Edito - Philosophons...

1004666-Georges_Marchais.jpgPour finir en beauté la journée, quelques citations que j'ai tirées de mes lectures ce mois-ci, extrêmement éclectiques. Des phrases à méditer sur les hommes politiques de tous les temps !

Années 1900 : Louise Michel : "Les uns sont conservateurs, les autres républicains, libres-penseurs ou socialistes, ça ne fait rien, pourvu qu'on arrive." (conversation rapportée par Ernest Girault, Une colonie d'enfer, Ed. Libertaires, 2007) ;

Années 1980 : "Ces gens (Marchais, Chirac) mentent. Ils sont eux-mêmes harassés par leur lutte pour la popularité, mais en vain, car ils sont à eux-mêmes leur propre déveine, curieusement parallèles, haineux tous deux sans répit aucun, inlassablement plantés au milieu du décor. Tragiques : des appariteurs du musée du pouvoir." (Marguerite Duras, Je ne crois pas au mot gloire..., 1986, in Le monde extérieur : outside 2, POL, 1993) ;

Années 1990 : "La décennie 1990 avait désormais poussé la politique vers une voie de garage, vers la compétition entre nullités. En cette époque qui fait de la conquête du centre le seul credo stratégique, la grisaille et la sottise deviennent valeur ajoutée." (Paolo Persichetti, Exil et châtiment : coulisses d'une extradition, Textuel, 2005).

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, avril 22 2014

Edito - Hollande / Valls et cette culture du pouvoir triste punitif

634601-000_par7843943.jpg

Valéry Giscard d’Estaing (VGE) avait le pouvoir séducteur comme s'il ne parvenait pas à comprendre qu'on puisse lui résister. François Mitterrand a eu le pouvoir historique. Rien ne pouvait être "normal", tout devait faire date. Jacques Chirac a eu le pouvoir sympa comme s'il était le grand frère content d'être "enfin aimé" comme il le méritait. Nicolas Sarkozy avait le pouvoir réactif toujours en mouvement. Tout pouvait être sujet à des réactions immédiates, des invectives, d'où le sentiment d'une certaine violence surtout après la bonhomie des années Jacques Chirac.

François Hollande et Manuel Valls ont le pouvoir triste et punitif. La tristesse naît des échecs permanents donnant le sentiment que François Hollande est un boulet pour le pays.

A quand remonte le dernier rire de François Hollande quand ce n'est pas à ses dépens ?

Punitif, parce que Manuel Valls endosse le costume du méchant pour lutter contre les gaspillages. On ne discute plus, on exécute. On ne débat pas, on applique... Il pourrait être cool. Il se raidit en permanence.

Ce faisant, cette culture est à l'opposé des autres démocraties comparable. Jo Biden lance depuis cinq jours son compte Instagram en saluant l'arrivée d'un ami (BO) : succès garanti. Justin Trudeau cède même à un selfie à la sortie d'un ... enterrement et est critiqué pour ne pas "avoir la tristesse de circonstance".

Étonnants contrastes ...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, avril 15 2014

Edito - Le gaulliste de gauche Philippe Dechartre décède à 95 ans

img561a.jpgRésistant, trois fois ministre sous la droite, il a appelé à voter Mitterrand en 1981.

L’homme politique français Philippe Dechartre, figure du gaullisme de gauche, est mort le 7 avril dernier à l'âge de 95 ans, à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, a-t-on appris auprès de ses proches.

Né à Truong Thi (Vietnam), le 14 février 1919, Philippe Dechartre, de son vrai nom Jean Duprat-Geneau, fait ses études de droit à Paris. Entré tôt dans la Résistance, gaulliste de la première heure, il se lie d’amitié en 1943 avec François Mitterrand.

Après guerre, Philippe Dechartre s’engage au Parti radical, puis dans différents mouvements gaullistes de gauche, notamment l’Union démocratique du travail (UDT), composante de la majorité gaulliste en 1958 et le Mouvement Socialisme et Participation. Il est élu (UDR) député de Charente-Maritime en 1968, puis est secrétaire d’Etat dans trois gouvernements de 1968 à 1972 (Georges Pompidou, Maurice Couve de Murville et Jacques Chaban-Delmas, au Logement, puis au Travail).

En 1981, alors membre du RPR, il est au cœur du mouvement d’opposition au candidat naturel de son camp, Valery Giscard d’Estaing, qui se présente pour un second mandat: avec d’autres gaullistes de gauche, Philippe Dechartre appelle à voter François Mitterrand, et va même jusqu’à s’adresser directement aux militants du RPR dans un courrier. Jacques Chirac aura toujours nié être directement à la manœuvre dans ces affaires, même si nombre de cadres du RPR se seront mobilisés contre VGE, comme le rappelle -par exemple- Pierre Péan dans son livre L’inconnu de l’Elysée.

Philippe Dechartre démissionna en 2010 du Conseil économique et social dont il fut longtemps doyen d’âge.

«Toute sa vie, Philippe Dechartre n’a eu qu’un seul parti : celui de la France humaniste qu’il a défendue dans la Résistance », a réagi lundi soir François Hollande dans un communiqué. « Il a incarné dans la Vème République cette sensibilité sociale du gaullisme restée fidèle à l’élan de progrès de la Libération », a ajouté l’Élysée.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, avril 13 2014

Edito - Valéry Giscard d'Etaing (VGE) : 40 ans déjà !

3981327942733.jpg

Il y a 40 ans déjà la présidentielle entrait dans une phase très active. Le 13 avril 1974, Jacques Chirac lançait l'appel des 43 qui fut un tournant de la campagne.

Cette date anniversaire appelle quelques remarques :

1) La "discrétion" qui a entouré le 40ème anniversaire du décès de Georges Pompidou atteste, si besoin était, de l'évolution de notre vie publique vers une logique people superficielle bien éloignée de racines historiques.

2) En 1974, la présidentielle a connu plus de 87 % de participation !

3) La campagne 74 de Valéry Giscard d'Etaing (VGE) a été l'une des plus réussies, imaginatives de la Vème République : une fête printanière. Hier après-midi, par hasard, ce fut un plaisir de tomber sur le film de Raymond Depardon.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, mars 12 2014

Edito - Dominique Villepin, le clochard à 100.000 € pour un jour

villepin_narrowweb__300x498_0.jpgUn jour qui compte pour notre grand dadais de Dominique Galouzeau de Villepin : 100.000 €. Un authentique braquage. C’est notre so british friend The Telegraph (1) qui publie l’info, et je vous la répercute bien volontiers car, loin du pessimisme dépressif ambiant, elle vous rendra le sourire : oui l’administration française, loin des indexations de misère de la mère Lebranchu, reste une terre d’opportunités.

Dominique Galouzeau de Villepin est un p’tit gars de l’ENA, de la promotion Voltaire (Que son âme repose en paix), celle de François H. et de Ségolène R. Un bon p’tit gars de l’administration, de 1980 à 1993. Donc treize ans.

La politique le faisant frétiller, il a largué l’administration pour devenir dir’cab de Juppé, alors ministre des affaires étrangères de Balladur. En mai 1995, Chirac, élu en niquant Ballamou, a nommé Dominique Galouzeau de Villepin secrétaire général de l’Elysée. En 1997, il se démène pour obtenir de Chirac la dissolution de l’Assemblée Nationale, avec l’excellent résultat que l’on connait… Un visionnaire. Je lis aussi que, pendant cette période, Dominique Galouzeau de Villepin a été nommé (par le Saint-Esprit) président du conseil d’administration de l’Office national des forêts (ONF) de 1996 à 1999. Ce qui correspond 1) à ses compétences de diplomate, et 2) à sa vie de paysan de la France de nos campagnes.

Bon, mais tout ça, ça ne fait que 13 ans de carrière dans l’administration des affaires étrangères... Un peu juste pour la retraite.

Mais en ce mois de septembre 2013, notre excellent Dominique Galouzeau de Villepin a ressenti l’envie furieuse de reprendre le chemin de son bureau. Une envie furieuse et fugace : le lendemain, il avait déjà déguerpi. En fait, il était juste venu faire acte de présence un jour, ce qui lui permet de récupérer une prime de retraite de 100 000 euros. Tout ceci est bien légal, de la légalité des lascars, bien sûr, et The Telegraph relève qu’il faut juste une signature du ministre des affaires étrangères en personne, le si sympathique Fafa.

Totalement pourri ? Oui, en effet. Allez, chère amies, chers amis, on fait le point demain : celui qui aura gagné une place gratuite à un meeting de l’UMP.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE