jeudi, janvier 8 2015

Edito - Charlie Hebdo : une pensée pour eux en accord avec notre émotion, notre loi et notre amitié

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C’est d’abord l’émotion qui déborde, quand vers midi apparait sur l’écran de GoogleNews l’attentat contre Charlie et les 12 morts. Des mots qu’on ne voudrait jamais lire… 12 personnes, visées et tuées méthodiquement… Cette violence, on l’a connue, il y a quarante ans avec Action Directe, la RAF chez nos voisins allemands, les Brigades Rouges en Italie,… et tant d’autres. Depuis quelques années, on la voit tous les jours, frappant aveuglément des innocents, à quelques heures de vol, dans des pays qui sont des sources de notre culture. Alors, les fous-furieux sont aussi en France ? Au cœur de Paris ? Tuant froidement des journalistes ?

Je n’avais ni sympathie, ni considération pour le Charlie de ces dernières années, cette feuille sectaire et obsessionnelle, qui puait le renfermé. Mais c’était un journal, et nous avons besoin de toutes les idées, même celle qui choquent qui heurtent ou qui blessent (CEDH, Handyside, 7 décembre 1976) et, à une autre époque, Cabu, Wolinski et les autres, nous faisaient bien rire. Cabu a donné de bons coups de main sur bien des causes. Et puis tuer, non. Non, en toutes circonstances. Ça ne se discute pas. L’hebdomadaire satirique, connu pour ces caricatures parfois décriées, a du lancer, il n'y a pas si longtemps que cela, un appel aux dons pour pouvoir poursuivre ses activités. Une solution de derniers recours qui en dit long. Redynamiser le journal en cette période de “crise de la presse” des journaux satiriques comme celui-ci ou Siné sont d’autant plus touchés qu’ils sont financés par leurs seuls lecteurs : les ventes et les abonnements demeurent leur seule source de revenus.

Un temps masqué par l’émotion, vient le temps de la loi, et ici, un peu de calme est nécessaire. Pour l’instant, nous avons assez infos, qui résultent des qualifications retenues par le procureur de la République de Paris : assassinats, tentatives d'assassinats, port d'armes prohibées, vol à main armée et en bande organisée, association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes. Mais pour le reste, de grâce, un peu de patience… L’enquête commence, et elle a été confiée à trois grands services : la section antiterroriste de la brigade criminelle, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et la Sous-Direction antiterroriste de la Direction centrale de la police judiciaire. Alors, un minimum de respect pour le travail de la police… et pour les victimes.

Quelques minutes après les faits, commençaient les mots et allusions insupportables des experts divers et variés, nous annonçant un commando de professionnels,… alors qu’on apprenait le soir que l’un deux a laissé sa carte d’identité dans la voiture,… et qu’un autre a perdu une basket en courant… Toute personne censé sait le monde qui existe entre ce que l’on dit dans une affaire de la sorte et ce que dévoile l’enquête. Chercher à savoir, oui, mais la précipitation n’apporte rien, et la gravité des faits doit appeler à prendre un peu de distance, pour attendre ce que diront la police et la justice.

« Dans l'Islam la vie humaine est sacrée » a rappelé Dalil Boubakeur, dénonçant une vision absolument erronée, malade de la religion. Même tonalité depuis Téhéran, avec Marzieh Afkham, la porte-parole de la diplomatie iranienne, affirmant que « tout acte terroriste contre des innocents est étranger à la pensée et aux enseignements de l'islam ». Oui, bien sûr,… mais on n’avance pas : pour toutes les religions, et tous les systèmes de pensée, la vie humaine est sacrée. Je crois d’ailleurs comprendre qu’il y a eu aussi des victimes musulmanes. En fait, s’est imposée très vite, plus ou moins formulée, la question qui hantait les esprits : et la communauté musulmane dans cette affaire ? Avec aussitôt l’injonction : qu’ils dénoncent et se démarquent ! La religion a peu à dire de ce qui s’est passé hier, car c’est un crime, et le crime relève de la loi. C’est la barrière qui s’impose à tous et qui est acceptée par tous. Aucun groupe musulman en France, de quelque manière que ce soit, n’a jamais apporté le moindre indice de compréhension ou d’empathie avec le crime. Aucun ! Si je me trompe, apportez-moi la preuve,… mais apportez-moi aussi la preuve qu’il s’agit bien d’un groupe musulman, porteur donc d’un savoir religieux.

Avec tout le respect que je dois aux victimes, je dois dire que la Communauté musulmane française se désintéressait totalement de ce que pouvait publier Charlie, comme elle se désintéresse totalement de ce pauvre Houellebecq, dont on se demande qu’elle serait l’inspiration si l’Islam n’existait pas. Les conceptions véhiculées par l’un ou l’autre, ou encore cet aficionado des médias qu’est Zemmour, sont tellement ignorantes et éloignées de la vie des musulmans, que ceux-ci s’en contrefichent. En 14 ans, depuis 2001, seulement trois procès significatifs ont été engagés contre des saillies antimusulmanes : Michel Houellebecq, les caricatures et Eric Zemmour... Et malgré cela, c’est contre eux le procès permanent de l’intolérance… Est-ce une faute de s’adresser au juge pour demander l’application de la loi commune ? Où est cette intolérance ? Quels faits ? Quels dommages ? Quittez les présupposés, et regardez le réel… Les inepties et attaques malveillantes sont légion, mais si les musulmans déplorent ceux qui alimentent le moteur de l’islamophobie, leurs préoccupations sont ailleurs, et s’appellent le travail, le logement, les études, la santé… le tout avec la garantie de la loi.

La spiritualité est une force intérieure, du domaine intime de la croyance, du sacré,… un trésor hors de portée. Avec les musulmans, nous sommes frères et sœurs. Nous partageons l’amitié, les passions, l’amour… la beauté. Ils nous apportent, nous apprennent et donc nous enrichissent. Ils ne demandent aucune évolution du droit, mais simplement que la loi s’applique de la même manière pour tous. L’islamophobie est une aberration car il n’y a pas de péril social dès lors qu’on s’accorde sur l’application de la loi. L’islamophobie a le vent en poupe, hélas,… mais hélas surtout pour ceux qui sont incapables de regarder la réalité en face, s’inventent des barrières illusoires, et qui par l’entretien des peurs xénophobes – universelles – se privent de la compréhension du monde, et du bonheur de l’amitié.

Un tout autre problème est la fabrique de combattants politiques, c’est-à-dire ce que nous avons tous vus depuis trois ans : le recrutement, la formation, la modélisation, le financement, l’enrôlement de mercenaires de causes dévoyées, par des dirigeants étatiques sans scrupules qui fabriquent des armes qu’ils ne savent plus contrôler. Et qui compensent leur incapacité à conduire un projet politique par des appels théocratiques à une pureté mythique, qui n’est qu’une arriération. L’islamisme a d’ailleurs surtout fait des ravages dans les pays musulmans, et l’attentat de Paris doit aussi nous rappeler que toute vie est égale.

Parce que nous vivons des heures de braise, je veux insister : il n’y a aucun problème avec l’Islam, mais tous les problèmes avec cette fabrication de fous-furieux. Mais alors, il faut élargir le spectre, analyser les choix politiques et identifier les vrais responsables.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, décembre 24 2014

Edito - Et si la Grèce ne sortait toujours pas de l’impasse ?

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Hier a lieu le second tour de l’élection présidentielle grecque, qui devrait donner lieu à un troisième le 29 décembre, étant donné que le gouvernement peine à réunir une majorité qualifiée. 5 ans après le début de la crise, une pleine sortie ne semble malheureusement pas encore à l’ordre du jour.

Vers une impasse présidentielle ?

Il y a une semaine, le gouvernement n’a réuni que 160 voix sur 300 pour Stavros Dimas, un pillier du parti de centre-droit au pouvoir, ancien commissaire européen, et non les 200 nécessaires pour être élu. Déjà, il est proprement effarant que le Premier Ministre propose comme président du pays un ancien membre de cette troïka qui torture le pays depuis près de cinq ans. Le second tour ne devrait pas permettre de trancher car la majorité requise est également de 200 voix, le seuil baissant à 180 pour le troisième tour, qui doit être tenu le 29 décembre. Des bruits circulent sur de possibles tentatives d’achat des voix manquantes, auprès des membres d’un petit parti de droite hostile aux potions amères de la troïka.

Néanmoins, il ne faut pas exclure la possibilité que le gouvernement grapille les 20 voix qui lui manquent d’ici une semaine car l’opposition aux mémorandums est très morcelée et le Premier Ministre joue l’intox en annonçant qu’un échec « pourrait s’avérer fatal à l’évolution européenne du pays » et qu’une élection de son poulain « ne serait pas interprétée comme un plébiscite du gouvernement, mais comme le choix de défendre la Constitution et de respecter l’institution présidentielle ». Comme en 2012, Nouvelle Démocratie joue la carte de « moi ou le chaos », carte efficace dans un petit pays en crise où l’Europe représente une forme de garantie face au voisin Turc, avec qui le pays a été en guerre à Chypre.

Partie de poker sur l’Égée

Comme on pouvait malheureusement le prévoir dès 2010, s’ils sont révoltés par les politiques qui sont menées depuis maintenant près de 5 ans, les Grecs ne semblent pas vouloir couper le cordon avec l’Union européenne. C’est sans pour cette raison qu’Alexis Tsipras se dit « déterminée à maintenir la Grèce dans la zone euro ». On peut considérer cela assez paradoxal car ce faisant, il se prive d’une marge de manœuvre nécessaire pour relancer son pays (par la dévaluation et la monétisation de sa dette restante), mais, par conviction ou par calcul, le chef de Syriza ne l’aborde pas, même s’il promet hausse du salaire minimum et des dépenses publiques et annulation de deux tiers de la dette publique.

Romaric Godin, de La Tribune, a écrit, comme souvent, un très bon papier sur ce que fera Syriza s’ils arrivent au pouvoir, loin des caricatures souvent véhiculées. Il note justement qu’en cas de victoire de Tsipras, les dirigeants de l’Union européenne pourraient bien être contraints de céder et accepter une troisième restructuration de la dette d’Athènes plutôt que de se lancer dans un conflit qui pourrait inspirer d’autres pays d’Europe du Sud, comme l’Italie ou l’Espagne, où les opposants à la monnaie unique ont le vent en poupe. Mais la situation de la Grèce démontre aussi encore une fois que jamais la crise de l’euro ne finira car il s’agit d’une construction qui est bancale et artificielle. Elle ne prendra fin qu’à son démontage.

Et pendant ce temps, pour gagner du temps et protéger ce veau d’or moderne, on martyrise les peuples. Ce faisant, on constate que ce sont ceux qui appliquent les potions amères de la troïka qui sont déraisonnables. Il est dommage, même si cela était prévisible, que la voie de la raison tarde à s’imposer.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juillet 21 2014

Edito - Mattéo Renzi et le pari de socialistes français sur la contagion positive

Matteo Renzi

Pour la première fois à ce point, des socialistes européens ont un modèle : Mattéo Renzi. Ils s'habillent comme Mattéo Renzi. Ils décident comme Mattéo Renzi. Ils parlent comme Mattéo Renzi. Les PS européens auraient maintenant une maison mère en Italie avec les filiales dans les divers pays.

C'est une situation inédite : l'attente de la contagion positive.

Mattéo Renzi doit jouer la fonction d'amorçage.

Et ensuite les "babies Renzi" devraient en profiter.

Sur le fond, l'originalité tient au fait qu'il n'y a pas de fond ci ce n'est une capacité à cultiver l'autopromotion permanente.

Ils font leur "pub perso" et confient au réseautage le fait de la démultiplier. Et dans le "réseautage", les journalistes occupent une large place si ce n'est la principale.

C'est la première fois, mais ce n'est pas étonnant au pays de Berlusconi mais plus surprenant ailleurs, que la fonction des journalistes soit "rabaissée" à celle de relais, de cautions.

Cette mode a ses codes :

- pas de cravate,

- si possible le jeans,

- le vélo qui fait sportif,

- l'esprit copain.

Tous ces codes sont nés en Italie avec Renzi parce que ces postures avaient vocation à le couper des images de la gérontocratie en vigueur dans la politique italienne. __ Mais au-delà de la mode, où est l'effet Renzi dans la réalité des faits ?__

Pour l'instant, en Italie comme à la présidence de l'Europe, impossible à dire ... car en dehors de l'auto-promotion c'est le vide absolu.

Inquiétant comme modèle !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, juin 27 2014

Edito - Fonction publique : les chiffres qui font peur...

0.A00fonnction-publique-fonctionnaires-administration.pngCher Contribuable,

« La France est un pays fertile : on y plante des fonctionnaires, il y pousse des impôts ». Clémenceau a tout résumé il y a plus d’un siècle avec une clarté stupéfiante…

La République s’est fait un devoir de planter des fonctionnaires partout, à tous les niveaux, dans tous les endroits, sans plus savoir pourquoi !

Résultat

La France = 7 millions de fonctionnaires

En 2014, un employé sur quatre est en réalité payé par l’État.

Ainsi, la fonction publique au sens strict compte près de 4,8 millions de fonctionnaires ! Il y en a 2,4 pour la fonction publique d’État, 1,5 pour la fonction publique territoriale et plus de 900.000 pour la fonction publique hospitalière.

Mais ce n’est pas tout. 2 millions sont assimilés fonctionnaires et profitent du statut ! On en compte plus de 900.000 dans les entreprises et établissements publics, 144.000 dans l’enseignement privé sous contrat, 220.000 dans les chambres consulaires, 400.000 dans les associations subventionnées, 330.000 dans les emplois aidés…

Ces chiffres donnent le vertige et sont catastrophiques, surtout si on les compare avec des pays voisins ou similaires. La France compte 11 fonctionnaires pour 100 habitants, les États-Unis 8, l’Allemagne 6, l’Italie et l’Espagne 4 et pourtant, le service au public est assuré.

C’est évident : la France a trop de fonctionnaires, d’autant plus que plusieurs millions de ces employés sont déclarés « fonctionnaires » alors qu’ils ne travaillent pas directement pour l’État. Le statut des fonctionnaires est à revoir d’urgence pour alléger les dépenses publiques et le poids des impôts qui pèsent sur nous.

Car ce sont les contribuables qui paient les fonctionnaires, pas l’État. Ne vous laissez pas bercer par les paroles lénifiantes du gouvernement lorsqu’il dit que c’est l’argent public qui rémunère les fonctionnaires, car l’argent public sort directement de votre poche.

« L’argent public n’existe pas, il n’y a que l’argent des contribuables », clamait Margaret Thatcher. Cela veut dire que les 7 millions de fonctionnaires sont rémunérés avec votre argent : voilà la vérité !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juin 23 2014

Edito - Mattéo Renzi ou la gauche française à la recherche d'un socialisme qui pourrait réussir

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En France, deux mots semblent fâchés, irréconciliables : socialisme et réussite. Est-il possible de trouver un socialisme qui réussit ? Les directeurs de conscience cherchent et trouvent ... Mattéo Renzi. C'est la nouvelle icône de la gauche française. La magazine Le Monde cède à la mode cette semaine. Il y aurait tellement de choses à dire que l'article "termine" à la page 39 sur un paragraphe qui n'est pas ... fini.

Ce qui marque surtout, c'est la double écriture qui peut exister sur les mêmes faits quand la gauche cherche son icône. Tout trouve grâce à ses yeux. Le marketing politique, vulgaire, devient la sociologie politique, plus noble.

Le storytelling devient efforts pour parler au peuple.

En réalité, en dépit d'efforts de mots, cette génération intègre trois modifications majeures :

1) la scénarisation des campagnes : la campagne électorale comme la gestion devient un film avec ses épisodes, ses temps forts, ses jeux de rôles ...

2) dans cette scénarisation, les temps forts ne dépendent pas des contenus mais des postures : l'article du Monde est une caricature. Matteo Renzi existe par le choix ou pas d'une cravate, la participation à un match de foot ... Pour un candidat de droite, ce serait des anecdotes populistes. Là, bien entendu, il s'agit de tranches de vies qui montrent l'authentique d'un tempérament.

3) cette scénarisation est post-idéologique : il n'y a pas de vision mais des images, ce qui est très différent. __ Matteo Renzi, c'est la dernière branche à laquelle tente de se raccrocher un establishment de gauche qui, pour la première fois à ce point, tente encore de laisser penser que le divorce entre socialisme et réussite pourrait ne pas être définitif.__

Et si Matteo Renzi dans quelques mois devenait surtout l'icône que pour réussir il faut abandonner les dogmes du socialisme. Dur réveil alors.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, mai 20 2014

Edito - Mettre fin au cauchemar de l'Euro ! Pour stopper la désindustrialisation et le chômage...

O.A1.jpgJacques Sapir réagit au documentaire de France 2 présentant le «roman de l'euro». L'économiste nous livre une autre version de l'histoire, celle d'un «cauchemar» dont il est urgent de sortir !

Jacques Sapir dirige le groupe de recherche Irses à la FMSH, et coorganise avec l'Institut de prévision de l'économie nationale (IPEN-ASR) le séminaire franco-russe sur les problèmes financiers et monétaires du développement de la Russie. Vous pouvez lire ses chroniques sur son blog RussEurope

Le « roman de l'Euro », quel beau titre pour une soirée de propagande sur France 2 ! On nous a présenté donc comme un « roman » ce qui est, pour la majorité des Français, mais aussi des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Grecs, un véritable cauchemar.

Le «roman de l'Euro», quel beau titre pour une soirée de propagande sur France 2! On nous a présenté donc comme un «roman» ce qui est, pour la majorité des Français, mais aussi des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Grecs, un véritable cauchemar. Notons que les réalisateurs n'avaient pris aucun risque. Les voix discordantes étaient réduites au strict minimum. Et si l'on doit saluer le courage d'un Philippe Villin, toujours très battant sur ce terrain, le spectateur moyen est laissé dans l'ignorance du nombre important d'économistes qui ont exprimé, ou qui expriment aujourd'hui, leurs doutes quant à la survie et surtout l'efficacité de l'Euro. Des Bernard Maris, conseiller économique à la Banque de France, Bernard Mazier, Alain Cotta ou Frédéric Lordon, il ne fut donc pas questions, ni des quelques soixante-dix noms d'économistes européens ou américains. De «débat», il n'y eut que le nom, et cela est indigne, mais hélas très habituel, de la télévision publique mais aussi de la France en général.

L'Euro existe depuis 1999 pour ce qui concerne l'Euro bancaire et depuis 2002 pour la monnaie courante, ce que l'on appelle l'Euro fiduciaire. Jusqu'en 2008, soit jusqu'à la crise des subprimes, il a provoqué un fort ralentissement de la croissance sur les pays qui l'ont utilisé. On peut comparer les taux de croissance annuel entre pays de la zone euro et le reste des pays développés.

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L'écart est, par an, de 0,5 % à 0,7 % avec la moyenne des pays de l'OCDE, qui incluse en fait les pays de la zone Euro. Cette situation s'est en réalité aggravée avec la crise, et l'on voit que dans la période 2007-2011, le taux de croissance annuel de la zone Euro est bien plus faible que celui des États-Unis, ou de la Suisse et de la Norvège. L'effet de freinage sur la croissance dû à l'existence de l'Euro est indéniable. Encore faut-il savoir que la zone Euro est elle-même très hétérogène. L'impact de la crise de l'Euro sur les divers pays mérite que l'on s'y attarde.

Un seul pays a vu son PIB s'accroître de manière conséquente par rapport à 2008, c'est l'Allemagne. La France stagne (avec un gain total pour l'ensemble de la période, soit 5 ans de 0,72 %). Par contre la chute est importante pour les autres pays. Elle est impressionnante dans le cas de la Grèce (-23,3 %) mais elles est très significative pour l'Espagne, l'Italie et le Portugal, et loin d'être négligeable pour un pays comme les Pays-Bas. Si l'on retirait l'Allemagne de la zone Euro, on verrait que le bilan global est encore plus négatif.

Mais, ces chiffres sont loin de nous dire l'ampleur réel du problème induit par l'Euro. La chute des investissements est encore plus spectaculaire, et cette fois elle est générale.

De 2008 à 2013, l'investissement, autrement dit la source même du progrès économique et social pour toute économie, s'est contracté dans tous les pays considérés. Cette contraction est très faible en Allemagne, significative en France et en Belgique, importante en Italie, aux Pays-Bas et au Portugal, et catastrophique en Espagne et en Grèce. Ces derniers pays sont ramenés au niveau d'investissement qui était le leur au milieu des années 1980. Il ne faut donc pas nourrir d'illusions quant à l'effet des politiques d'austérité. Ces dernières ont permis à certains de ces pays de retrouver une balance commerciale en équilibre, mais ce fut au prix d'une contraction drastique des importations. Compte tenu de l'effondrement des investissements dans ces pays, on doit s'attendre à des chutes importantes de la productivité qui vont faire réapparaître à bref délai un problème de balance commerciale.

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Source: Base de donnée du FMI.

On voit, par contre, que l'Allemagne a un excédent important, et qui paraît même déraisonnable. L'Allemagne se fait tracter par le reste du monde, zone Euro incluse. Cette situation, elle la doit à l'Euro. Si l'Allemagne avait conservé le Deutschemark, ce dernier se serait réévalué au fur et à mesure des excédents commerciaux. Son taux de change serait probablement compris entre 1,50 et 1,55 dollars (ou USD) pour 1 DM. Mais, l'Allemagne bénéficie de l'Euro, et l'impact dépressif sur le taux de change qu'exercent les situations des autres pays. C'est pourquoi le taux de change de l'Euro, poussé à la hausse par les excédents allemands, mais à la baisse par les déficits des autres pays (dont la France) voit son taux de change évoluer entre 1,35 et 1,40 USD. Ce taux est excellent pour l'industrie allemande, mais bien trop fort pour les autres pays, qui doivent pour s'ajuster sacrifier leurs importations et leurs investissements. Un taux de 1,10 USD correspondrait à ce qui serait nécessaire pour la France, et pour l'Italie et l'Espagne, des taux compris entre 1,05 USD et 0,95 USD assurerait une bonne compétitivité sans avoir à sacrifier le long terme, par la compression des investissements. On mesure immédiatement qu'il ne peut y avoir de taux de change unique correspondant aux différentes économies. L'écart des taux de change d'équilibre pour les différents pays, et sans inclure la Grèce, va de 0,95 à 1,55 USD. L'ampleur de cet écart signe l'impossibilité de faire fonctionner la monnaie unique sans provoquer une catastrophe en Europe, et au-delà dans l'économie mondiale. Car, l'impact des politiques d'austérité qui n'ont été mises en œuvre que pour «sauver» l'Euro dépasse de loin les frontières de l'Europe . En fait, la zone Euro exerce une effet dépressif sur l'ensemble de l'économie mondiale.

L'impact social de l'Euro est aussi catastrophique, en particulier, mais pas uniquement, dans le domaine du chômage.

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Source: Base de donnée du FMI

La prise de conscience de la catastrophe induite par l'Euro sur l'économie européenne commence à être perçue, que ce soit par les gouvernements ou par les agents privés. De fait, aujourd'hui, le marché des dettes tant publiques que privées, tend à se fractionner, et l'on est revenu à la situation de 2000. Il faut ici rappeler que le marché des dettes était le seul sur lequel on avait pu noter une réelle convergence. Cette dernière est désormais effacée.

Il ne faut donc pas s'étonner si des voix s'élèvent pour demander une baisse du taux de change de l'Euro face au Dollar, et en particulier en France. Mais, si l'économie française qui est l'une des moins intégrées dans la zone Euro pourrait en tirer quelques profits, cela ne résoudrait nullement le problème de l'Italie ou de l'Espagne. Or, qui peut croire que la croissance reviendrait en France si ces deux pays sont en dépression ?

Mais, les calculs réalisés au Ministère des Finances, et dont Arnaud Montebourg s'est fait l'écho au début de cette année avec une déclaration importante au journal les Échos, dans une interview sur le site internet , ont l'immense intérêt de montrer de manière incontestable que nous aurions grand intérêt à sortir de l'Euro. Les taux de croissance qui sont indiqués par la DGTP (Direction Générale du Trésor et de la Prévision), soit 1,2 % de croissance la première année et 0,6 % la seconde en cas de dépréciation de 10 % de l'Euro correspondent d'ailleurs aux valeurs «hautes» du modèle qui a été publié en septembre dernier. Nous tablions, pour une dépréciation de 20 % de la monnaie française (et non de l'Euro seulement) sur un gain direct de 2,5 % à 2,8 %, et un gain indirect total de 4,5 % à 6 % par an se répétant pour les 3 premières années .

La seule solution raisonnable, celle qui mettrait fin au cauchemar de l'Euro, serait une dissolution concertée de ce dernier. Il faut souhaiter qu'elle soit prise le plus rapidement possible, car le désastre imposé par l'Euro n'a que trop duré.

La solution dite de «dépréciation» de l'Euro se heurte à plusieurs obstacles. D'une part, on ne «déprécie» pas si simplement la monnaie correspondant à une zone économique qui est en excédent commercial (du fait de l'Allemagne). On peut certes faire l'équivalent d'une «quantitative easing» à l'européenne, c'est-à-dire obliger la Banque Centrale Européenne à racheter des montants importants de dettes publiques pour injecter de la monnaie et, par un processus de marché, comme il y aurait plus d'offre d'euros que de demande, provoquer une baisse du cours par rapport au Dollar et au Yen. Mais, un tel programme rencontrera l'opposition absolue de l'Allemagne. En effet, l'article 88 de la loi fondamentale allemande interdit à la Banque Centrale de prêter à l'État, et la cour de Karlsruhe a statué que les pratiques de la BCE ne doivent pas violer la constitution allemande. D'ailleurs, le problème se pose dès aujourd'hui à propos du programme Outright Monetary Operation envisagé par Mario Draghi, le président de la BCE, dont la légalité au regard de la loi allemande et du statut de la BCE est mise en cause par 6 juges sur 8. Enfin, il faudrait que la BCE adopte de manière claire une politique de ciblage du taux de change (et du taux de change réel par surcroît), ce qu'elle s'est toujours refusée à faire. On peut le déplorer, mais il faut le constater, il n'y a pas de majorité qui permette de faire changer de politique la BCE. Sauf à expulser l'Allemagne de la Zone Euro, rien ne sera possible dans la Zone Euro.

On le mesure alors. La seule solution raisonnable, celle qui mettrait fin au cauchemar de l'Euro, serait une dissolution concertée de ce dernier. Il faut souhaiter qu'elle soit prise le plus rapidement possible, car le désastre imposé par l'Euro n'a que trop duré.

Source : FigaroVox/Tribune

jeudi, mai 8 2014

Edito - Sondage Européennes : Marine Le Pen en tête, pas d'effet Valls pour le PS

FRANCE-POLITICS-PARTIES-FN

Le Parisien : Sondage après sondage, la tendance se confirme : après avoir réussi une percée aux dernières municipales en raflant une douzaine de mairies, le Front national pourrait à nouveau créer la sensation aux élections européennes du 25 mai. C'est en tous cas ce qui ressort de notre sondage Harris-Interactive pour LCP AN et « le Parisien »- « Aujourd’hui en France ». Des trois principales listes, celle soutenue par Marine Le Pen arriverait en tête avec 22 % des suffrages, suivie de près par l’UMP à 21 %, et le PS distancé à 17 %.

A un moment où la défiance n’a jamais été aussi forte dans l’opinion concernant tout ce qui touche de près ou de loin aux institutions de Bruxelles, les thèmes développés par la patronne du FN semblent faire mouche. A commencer par la sortie de l’euro, proposition jugée délirante par de nombreux experts mais ardemment défendue dans tous les meetings FN. « Il sera décidé par référendum », précise le conseiller spécial du parti lepéniste chargé des questions économiques, qui plaide pour le retour d’un « nouveau franc » et un changement radical de mandat de la Banque centrale européenne (BCE).

Les mouvements populistes ont le vent en poupe

Mais la France n’est pas une île. En Hongrie, aux Pays-Bas, en Belgique, en Finlande : partout, les mouvements populistes hostiles à la politique européenne telle qu’elle est actuellement menée ont le vent en poupe. Les plans d’austérité ont déclenché des manifestations en série, même si, dans certains pays, comme l’Italie ou l’Espagne, la situation s’améliore au fil des mois. « Il y a encore quelques années, l’Europe était considérée comme un espace protecteur, ce n’est plus le cas actuellement, la colère ne cesse de croître », reconnaît un diplomate français à Bruxelles.

Au PS, on se dirige vers une nouvelle défaite cuisante après la débâcle des municipales. La crainte d’une déroute est telle qu’au siège de Solférino les 17 % que lui attribue notre sondage paraissent presque miraculeux à certains cadres du parti qui s’attendent à ne pas dépasser la barre des 15 % le 25 mai (contre 16,4 % en 2009). Les socialistes ne profitent pas (encore ??) de l’arrivée de Manuel Valls à Matignon. Et malgré les promesses répétées de changement, François Hollande reste le président le plus impopulaire de la Ve République.

Selon l’enquête de l’Institut Harris-Interactive, c’est la gauche dans son ensemble qui est en net recul : 9 % pour les écologistes, 8 % pour Mélenchon et le Front de gauche, 2?% seulement pour Lutte ouvrière et le NPA d’Olivier Besancenot. Il reste trois semaines aux ténors de la majorité pour tenter de mobiliser leur électorat.

Sondage réalisé par Internet du 2 au 5 mai 2014 auprès de 1 600 personnes. Méthode des quotas.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, mai 7 2014

Edito - La bêtise des marchés n’a pas de limites

00000000AA20140419_LDC753.png __ Jusqu’où s’arrêtera la bêtise des marchés ?__ Après des siècles de crises, on peut sans doute dire qu’elle est sans fin, comme le montrent dernièrement la baisse des taux sur les dettes souveraines dans la zone euro, la nouvelle bulle Internet et les folies du marché immobilier dans quelques pays.

Du jugement des dettes souveraines

Le succès récent de la vente de bons du trésor grec illustre le nouveau changement d’humeur des marchés. Début 2009, tous les États de la zone euro pouvaient emprunter à peu près au même taux, une absurdité quand on examinait un tant soit peu les différences colossales entre Berlin, Madrid, Paris ou Athènes. La crise qui a suivi a démontré la faillite des marchés à produire des taux justes puisqu’ils ont nourri un excès de dettes (privé, plus encore que public) dans de nombreux pays (Espagne et Irlande notamment), qui ont mené à la crise de la zone euro. Bref, la main invisible était celle d’un dealer vendant sa marchandise à si bas coûts que cela a provoqué quelques overdoses...

Les marchés étant excessifs à la hausse comme à la baisse, début 2012, la dette à 10 ans d’Athènes s’échangeait avec un taux annuel théorique supérieur à 40 %, la dette portugaise dépassant les 15 % ! Là encore, on peut imaginer qu’un tel taux était absurde et était le pendant inverse des excès passés. De tels niveaux étaient assez ridicules par rapport à ceux des pays émergents. En deux ans, la situation s’est complètement renversée puisque la Grèce peut emprunter à 5 % à 5 ans et que la dette à 10 ans de l’Italie et l’Espagne dépasse à peine le cap des 3 % (contre près de 7 % au pire de la crise de la zone euro). Difficile de ne pas croire que, là encore, la baisse des taux est excessive.

Où l’État entre en jeu

Les évolutions erratiques et extrêmes du jugement des marchés sur la dette publique de la zone euro démontrent de facto que ce jugement est irrationnel et exubérant, sans doute trop bon par temps calme et trop dur quand le vent souffle. Tout le problème est que cela est vrai pour tous les marchés. Le début d’année a été marqué par une forte baisse des valeurs technologiques, notamment aux États-Unis, du fait de l’écart colossal entre la valeur des entreprises et ce qu’elles dégageaient réellement. De nombreux marchés immobiliers montrent aussi de gros signes de dysfonctionnement, que ce soit en Grande-Bretagne ou au Danemark, sachant que la bulle explose déjà aux Pays-Bas.

Bien sûr, les néolibéraux pointeront (pas totalement à tort), la responsabilité de l’État au sens large dans ces épisodes. L’incapacité des européens à mettre en place un plan solide ayant provoqué un fort stress des marchés et les annonces de 2012 ayant permis de ramener le calme. Ils pointeront également le rôle des politiques monétaires, qui contribuent à augmenter la demande pour tous les types d’actifs. Mais, cela revient à ne voir qu’un aspect de ces crises. Car de tous les temps, les marchés ont été exubérants, parfois à rebours des politiques publiques, ce qui montre qu’il y a une nature intrinsèquement excessive et instable dans les marchés, bien théorisée par les « esprits animaux » de Keynes.

Mais du coup, cela signifie qu’il est fondamentalement absurde de mener des politiques basées sur le jugement des marchés, puisque ce dernier se révèle si souvent mal avisé. Il faut absolument s’en détacher pour pouvoir mener des politiques qui vont dans le sens de l’intérêt général.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, avril 23 2014

Edito - L'UMP partagée sur le plan Valls

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Michel Barnier appelle l'UMP à soutenir le plan Valls. Il demande que "l'opposition ait le courage de soutenir" le plan d'économies . "Si ce plan est confirmé ou même accentué sur certains sujets, il faut que l'opposition ait le courage de le soutenir parce que c'est l'intérêt national", a déclaré Michel Barnier. "Ce courage et cette responsabilité, les partis de droite et de gauche en Allemagne, en Italie, en Grèce et dans d'autres pays l'ont, puisqu'ils agissent ensemble sur certains points", a-t-il souligné.

Derrière ce débat, c'est tout l'enjeu de la recomposition du paysage politique français.

Comment l'UMP peut-elle à la fois reprocher au PS son ancrage avec le Parti de Gauche en dénonçant une contre-culture économique et ne pas passer des signaux de soutiens ponctuels quand le PS évolue vers un plus grand réalisme économique ?

Le manichéisme permanent sert-il les intérêts du pays ?

Manuel Valls sera-il le "Blair à la française" à l'exemple de Tony Blair quand il a libéré le Parti travailliste britannique de dogmes syndicaux qui lui faisaient tourner le dos à l'économie moderne ?

Jean-Pierre Jouyet l'actuel Secrétaire Général de l’Élysée n'avait-il pas été choisi par Nicolas Sarkozy comme Secrétaire d’État ? Quand perd-il les qualités qui lui avaient valu sa nomination d'avant-hier et pourquoi ?

Il y a un obscurantisme français qui relève de l'instrumentalisation ponctuelle de l'opinion.

C'est très grave quand il en est ainsi a fortiori dans des circonstances graves.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, mars 7 2014

Edito - La France sous tutelle de Bruxelles ?

blog_-mensonges_du_pere_Hollande-PS-2.gifLa France sous tutelle de Bruxelles ?

... et ayant écrit le titre, je précise aussitôt : « de Bruxelles, donc de la Commission européenne (1) qui applique les textes (2) adoptés par les dirigeants politiques, réunis au sein du Conseil européen (3), avec le rôle proéminent dans l’adoption de ces textes de la France qui, comme toujours, entend faire la leçon au monde ». Bref, la France a fixé de règles gaillardes qu’elle ne peut respecter.

Petit rappel, donc…

Après l’ouragan de la crise financière, le Conseil européen avait justement dit qu’à partir du moment où les économies européennes sont interdépendantes, il faut qu’elles évoluent de manière proche et dans la sincérité des chiffres. Le Conseil a demandé à la Commission de mettre en place un système pour vérifier que les politiques nationales s’inscrivent dans les objectifs européens communs, et si tel ou tel pays laisse filer ses comptes, on pourra le passer sous une direction européenne, permettant de réformer la politique nationale pour l’inscrire dans la cohérence européenne. Vous pouvez trouver ça bien ou horrible, mais en attendant, ce sont les choix faits par nos valeureux dirigeants politiques. Une tutelle de la Commission, c’est plus cool qu’une tutelle de Poutine, mais bon… c’est le début de la fin.

La France dans les choux

Hier, la Commission a publié son rapport (4) de début d’année. Il y a du bon et du moins bon, mais des pays basculent dans le rouge. Leur politique n’est pas crédible, car ils perdent sur tous les tableaux, et la Commission les place sous « surveillance renforcée » jusqu’à juin, en se préparant à prendre ensuite les commandes. C’est le dernier avertissement «?sur le risque de non-respect de l’objectif budgétaire recommandé ?», et après c’est la tutelle.

blog_-Closer-Gayet_et_Hollande_Une-dec2014.JPGCes pays sont la France, la Croatie, la Slovénie et l'Italie. Ces mauvais élèves doivent prendre des mesures correctrices afin de «s’efforcer de se conformer pleinement à la recommandation du Conseil ?».

La maison n’est pas tenue

On retrouve l’histoire du déficit ramené sous les 3 %, qui pour la France sera explosé en 2014 et 2015, pour atteindre 4%, ce alors que la France avait déjà obtenu deux ans de délai complémentaire... Que dit la Commission, chiffres à l’appui ? « Le déficit commercial, qui ne cesse de se creuser, reflète la perte continue des parts de marché à l'exportation. Malgré les mesures prises pour favoriser la compétitivité, jusqu'à présent, le rééquilibrage est limité. Le coût du travail reste élevé et pèse sur les marges des entreprises. » S’agissant de la dette, le risque est que la France se retrouve « exposée à des turbulences sur les marchés financiers, qui auraient des retombées sur l'économie réelle ».

A la fin de l’automne 2013, la Commission avait fait semblant de croire au projet de budget, mais elle constate aujourd’hui que la France ne tient pas les objectifs auxquels elle s’est engagé. C’est fâcheux, et ça ramène à peu de chose les beaux discours pro-européens. Ce qui n’empêchera pas cette cohorte de cornichons de mener une fervente campagne pour les élections européennes. Avec en figure de proue, la vipère Peillon qui, se sachant bientôt viré, a négocié une place éligible au Parlement européen. A ce stade, ce sont des traitres.

(1) http://ec.europa.eu/index_fr.htm

(2) http://europa.eu/rapid/press-releas...

(3) http://www.european-council.europa....

(4) http://ec.europa.eu/economy_finance...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, février 16 2014

Edito - Paolo Conte, le fabricant de bonheur auditif ou le Jazz d'Asti

conte_200_200.jpgCet avocat a longtemps hésité entre sa passion pour le piano et le chant et sa carrière au barreau italien. Mais comme le barreau lui filait le blues, il a finalement préféré le blues parlé qui lui est propre. Plus célèbre moustuchu piémontais (avec un petit look à la Noël Mamère). Un parcours sans faille, qui va du simple chant au piano aux aventures orchestrales électroniques. Un grand au succès mérité reconnaissable à la première écoute, de Via con me à Un gelato al limon, en passant par Sotto le stelle del Jazz et Sparring Partner.

Passionné, dès l'enfance, par le jazz et les beaux arts, il passe le début des années 40 dans la ferme de son grand-père. Il s'y initie au respect des autres et aux traditions italiennes. Une base qui lui permet d’aller loin, de jouer de tous les styles, avec cette marque inimitable : quatre mesures, et on sait qu’on est chez Paolo Conte, accueilli dans la plus bienveillante des familles. À la sortie du lycée, il se dirige vers le droit. Issu d'une famille de notaires, pendant vingt-cinq ans, Paolo Conte a été avocat et chanteur, menant de front deux carrières.

En 1979, c’est le grand envol : après le succès de l’album Un Gelato Al Limon et du célébrissime Via Con Me, il se consacrera à la musique. Le monde entier l’attend, et après les tournées sur les plus grandes scènes, Paolo se ressource dans la douceur d’Asti. En 1990, il surprend avec un album (Parole d'amore scritte a machina), mêlant chœurs et sonorités électroniques, une spécialité italienne depuis les années 70 et PFM. En 1992, le retour à ses premières influences s’intitule Novecento, un clin d’œil cinématographique à Bertolucci.

105192190.jpgEn 1995, Una faccia in prestito mélange le jazz aux chansons populaires, avec du tango et de chansons extraites de comédies musicales. Razmataz fera de même, avant le live de 2005 Live Arena di Verona. Puis, en 2006, il collabore avec le groupe pop-jazz Piccola Orchestra Avion Travel, qui aboutira à la sortie en 2007 de l’album de reprises réarrangées Danson metropoli. 2008 voit la sortie de Psyche, avec un succès continuel. Une autre petite glace au citron pour la route ?

Et la musique dans tout cela ? C’est d’abord cette voix éraillée, rauque et si chaude à la fois. C’est ensuite le raffinement des mélodies et des jeux d’orchestre, et cette musique chaloupée. Ça balance et ça swingue : c’est du grand jazz, de la très belle musique. Il a publié de nombreux albums, et vous n’aurez que l’embarras du choix. Perso, j’avoue un petit faible pour Una faccia in prestito (1995), que je trouve pilepoil pour illustrer ces passages entre le jazz et la culture italienne.

Entre le piano et la planche à dessiner, Paolo Conte reste la moustache poivre et sel la plus talentueuse - et renommée - de la scène internationale... et il vit toujours à Asti !

http://www.youtube.com/watch?v=ByY3...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE