vendredi, janvier 30 2015

Edito - David Cameron et le déclassement des politiciens français

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Rien ne nous semble plus important que l'article que publie Le Nouvel Obsertvateur (L'Obs) sur la situation en Libye.

Ce qu'on sait : il n'y a plus d’État en Libye, le pays est livré à l'anarchie sanglante de plusieurs centaines de milices.

Ce qu'on commence à comprendre : l’État Islamique a bien l'intention d'empocher la mise. Pourquoi ? Parce que la Libye présente les mêmes caractéristiques que la Syrie/l'Irak. Celles qui ont fait le succès de Daech : un État désintégré + les plus grandes réserves de pétrole de la région permettant un financement miraculeux.

Ce qui devrait nous empêcher de dormir : les succès de Daech. Il contrôle déjà Derna (ville côtière de 100.000 habitants près de la frontière égyptienne), ce qui fait de cette ville le "seul endroit au monde où l'EI administre un territoire, en dehors de la zone irako-syrienne".

Un sujet de fond totalement occulté en France "l'efficacité gouvernementale" se résume à mener la lutte contre un enfant de 8 ans et organiser les diverses cérémonies de mémoire de façon récurrente.

Le seul leader en Europe qui a l'analyse et la mobilisation nécessaires c'est David Cameron. La comparaison entre ses actions et l'inaction française met en relief un déclassement des politiciens français qui est irréel.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, novembre 26 2014

Edito - Ferguson, 20 000 habitants, 2 000 soldats

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Ferguson, 20 000 habitants, 2 000 soldats : la démocratie, les droits de l’homme et les « valeurs » resplendissent dans la lumière. Cette lumière, c’est le savoir-faire acquis en Afghanistan, en Irak et en Israël, s’exporte.

Toutes mes pensées à la population soumise à cette violence armée,… mais ne renoncez à rein, et ne baissez pas les bras. Nous ne sommes jamais que dans le réel.

Les produits cosmétiques en vente à Washington depuis 6 ans ne valent rien, même en solde. Le mal est profond, et ce pouvoir né de la violence et qui a grandi gavé au mensonge institutionnel, ne tient que par la violence et le mensonge. Avec, au passage, une pensée émue pour les crétins finis qui, ici, s’extasient devant la croissance US, pour laquelle les démunis ne sont qu’une variable d’ajustement de la société élitiste.

Oui, chères amies et chers amis, ne baissez pas les bras. La violence et le mensonge ne conduisent à rien et n’ont qu’un temps, même s’ils bénéficient d’une impitoyable répression. Votre rendez-vous avec l’histoire, car il est impossible de mentir tout le temps et à tout le monde.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, octobre 12 2014

Edito - Robert Ménard ou le nouvel Evêque de Béziers en Syrie : "Être solidaire de Maaloula"

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On saurait en droit de se demander "Pourquoi ?" dans un contexte où les haines sont exacerbées par de pseudo prétextes religieux qui font systématiquement le choix de pratiquer une discrimination basée sur l'appartenance à une religion, le maire de Béziers, Robert Ménard, a introduit lors la Féria 2014 une messe aux arènes et une procession à caractère catholique oubliant les tenants d'une laïcité des institutions publiques qui sont les garants de la diversité des religions misent en cause. En revanche, je tiens à rappeler que je suis de ceux qui respecte le droit à l'actuel locataire de l'hôtel de ville d'être un fidèle pratiquant de cette religion et qui pose Dieu commun "un acte pur".

De nos jours, des crimes contre l'humanité sont pratiquées de façon journalière et ce depuis des mois dans une indifférence générale sous les ordres de Bachar El Assad (bombardements de populations civiles avec des barils de TNT, etc.) ou du Calife de l’État Islamique (décapitation d'otages etc.), oubliant que le premier magistrat de notre commune oublie d'être solidaire du "massacre" qu'à subit notre ville le 22 juillet 1209 qui fut un crime contre l'humanité avant la lettre de la part des croisés du Pape Innocent III : ce noble sentiment devrait aller à toutes les victimes, femmes, hommes et enfants quelles que soient leur religion, leur idéologie, la nationalité dont ils se réclament (il y a notamment des kurdes en Syrie, en Irak, en Turquie et en Iran fréquemment victimes des États Nations et maintenant dans le crédo de l'"État Islamiste").

Malheureusement, je constate avec regret que l'ex patron de RSF a choisi, par pragmatisme selon ses propres déclarations, d'entrer sous la protection des troupes de Bachar El Assad, dans une Syrie déchirée à cause des comportements de ce régime. Ce n'est pas en se rendant aujourd'hui à Maaloula que Robert Ménard est dans le vrai car cela il l'a déjà fait autrement mieux par le passé : là ou il fut vraiment bon, c'était le 14 juillet 2008 lorsque celui-ci se faisait arrêter sur les Champs-Élysées parce qu'il avait osé manifester contre la visite officielle de ce dictateur. Il était à ce moment précis dans la juste expression d'une solidarité sans frontières. Aujourd'hui, en Syrie, c'est 200 000 morts depuis le printemps 2011.

On ne saurait trop lui conseiller de se rendre à la cathédrale de Bayeux au lieu de gaspiller l'argent du contribuable biterrois. Pour son exposition sur les victimes syriennes, le photographe Laurent Van der Stockt a trouvé un écrin unique : les murs gothiques de la cathédrale de Bayeux. « J'ai voulu matérialiser les 200.000 victimes. La cathédrale avait les emplacements pour ces images », a déclaré cet ancien grand reporter de guerre. Et le résultat est époustouflant. Des photos de 30 mètres de long se glissent dans la dentelle de pierre de l'église. En marchant sous la nef, le long des chapelles du XII ou XIIIe siècle, le visiteur tombe sur des visages de Syriens au milieu des combats, des ruines. Dans le cœur de la cathédrale de Bayeux, dans le silence de la pierre normande, loin du souffle des bombes, restent les visages des Syriens. Tout cela est touchant.

PS : Robert Ménard, est désormais le chantre de la liberté d’expression devenu l’allié du FN et Bachar el-Assad n'est rien d'autre que le créateur de l'État islamique.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, octobre 7 2014

Edito - Daech : Quelle coalition ? Pour faire quoi ?

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Georges W. Bush doit bien rigoler. Son slogan pourri « La guerre contre le terrorisme », qui a causé fiasco sur fiasco, détruisant les États du Moyen Orient, et préparant ainsi le terrain pour le renouveau des groupes armés… ce slogan reste toujours aussi étincelant, et plait toujours autant ! Ressorti du placard pour Daech, et toujours aussi nul : l’échec de cette coalition est assuré, et espérons juste que le remède ne soit pas pire que le mal.

Cette coalition tombera car elle n’a pas d’unité, pas de stratégie, et pas d’objectifs communs.

C’est une opération US, acceptée du bout des lèvres par le nouveau gouvernement irakien. L’attaque de Bagdad n’était pas encore faite, et loin de là, mais l’avancée de Daech était une menace pour l’intégrité de l’État irakien. Donc l’intervention US, faite à la demande d’un État allié, n’est pas illégale, en droit. Tout le problème est que, sur le plan opératoire, seuls les US sont en mesure d’agir. Les autres pays sont en posture marginale, si ce n’est décorative. L’union sacrée contre les grands méchants… Cette coalition n’a d’unité que de façade, et la manière empirique dont elle a été constituée montre qu’il n’existe aucune identité de vue entre ses membres. La tragique décapitation de l’otage a été surexploitée médiatiquement et émotionnellement, et ne pas faire partie de la coalition était se trouver indexé. Un peu de calme : Daech, c’est entre 10 à 15 000 combattants, et on a surréagi comme si c’était la reconstitution des troupes du troisième Reich. Il faut souligner la lucidité d’un pays tel l’Algérie qui a refusé de joindre cette affaire.

Les US, qui mènent le jeu, n’ont aucune stratégie, et les discours variables d’Obama le montrent aisément. Quel est le but ? Éradiquer le terrorisme ? Avec des bombardements aériens ? Des bombardements sur les infrastructures économiques, ce qui va aggraver la situation des populations… Pas de troupes au sol disent les US… mais on va former des troupes arabes… et on débloque des centaines de milliers de dollars. Et ça marche dans l’opinion, alors tout le monde a sous les yeux l’échec patent de la formation des armées afghane et irakienne par les US. De plus, comment imaginer – quand on connait dans la région le sentiment de rejet US après des années d’exaction et d’impunité – que des soldats arabes formés par les US puissent avoir le moindre rôle de libérateur ? C’est dire que l’on est parti dans une opération longue, et qui n’a pas de logique militaire : impossible de reconquérir ce territoire et retrouver les faveurs de la population par des campagnes de bombardements. L’exécution de l’otage français montre que tout groupe armé peut se labelliser Daech, et quelle sera la stratégie générale de réplique ?

Et puis quels sont les objectifs communs ? L’Arabie Saoudite et les pays du Golfe qui ont tant fait pour financer les groupes armés sunnites pour casser l’axe entre la Syrie et l’Iran seraient maintenant devenus accros à l’éradication de ces groupes, au risque de laisser le champ au bloc chiite ? Et la Turquie serait enthousiaste de combattre à côté des US, qui sont les soutiens affichés des Kurdes, et voient dans le futur Kurdistan un point fort dans la région ? Et que faire sur le territoire de la Syrie ? Déjà, les divergences s’affichent au grand jour, car l’attaque de Daech constitue un avantage objectif avec le régime de Damas…

Les fissures, les errances, les divisions et les échecs de cette improbable coalition sont programmées, et vu la faiblesse du volet politique – que dire et que faire pour les populations ? – le risque est grand que ce soient autant de victoires à venir pour Daech

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, octobre 5 2014

Edito - François Hollande et la notion de "guerres normales"

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La normalité ces deux dernières années a surtout impacté l'engagement de troupes françaises sur des théâtres extérieurs d'opérations.

Ce serait désormais banal que d'envoyer des militaires français en Afrique et au Moyen Orient.

Ce qui est très surprenant ce sont les conditions dans lesquelles ces engagements interviennent. L'acte d'entrer en guerre est l'un des plus graves. Dans une démocratie, il serait concevable que l'opinion soit informée : choix entre plusieurs variantes ? Pourquoi l'entrée en guerre est incontournable ? Le coût ? La durée ? Les objectifs poursuivis ? La victoire, c'est quoi ?

Aucune de ces questions n'est abordée. Il ne s'agit pas d'entrer dans de la stratégie militaire mais de disposer d'éléments indispensables.

Ce manquement est d'autant plus surprenant que lors de la guerre d'Irak il est avéré que GW Bush a menti à la communauté internationale comme il est avéré qu'en 1991 la communication de guerre de son père avait comporté des manipulations grossières dont des témoignages montés de toutes pièces.

Ces expériences ont été sans lendemain.

Au Canada, Justin Trudeau, leader du Parti Libéral, a demandé hier ces explications dans un discours bref, concret, lucide :

''" Avec cette motion, le premier ministre a finalement annoncé au Canada ce qu’il avait dit à New York il y a maintenant plus d’une semaine. Il a l’intention de faire entrer le Canada en guerre en Irak.

L’État islamique en Irak et au Levant est une menace pour la sécurité des régions concernées, pour la sécurité mondiale.

Il assassine des membres de minorités ethniques et religieuses en Irak.

Il assassine des civils innocents, des travailleurs humanitaires et des journalistes.

Ces actes horribles ont été pleinement documentés, souvent par les terroristes eux-mêmes.

C’est pourquoi le Parti libéral a appuyé de bonne foi la mission de non-combat d’une durée de 30 jours que l’on nous avait présentée.

Cette fois-ci, au lieu d’une réunion de présentation, nous avons eu droit à un discours enflammé.

Les libéraux feront valoir quelques principes fondamentaux lors de ce débat.

Premier principe : Que le Canada a un rôle à jouer pour répondre aux crises humanitaires et aux menaces à la sécurité dans le monde.

Deuxième principe : Que lorsqu’un gouvernement envisage le déploiement de nos hommes et de nos femmes en uniforme, la mission et le rôle du Canada dans cette mission doivent être clairement définis.

Troisième principe : Que l’argumentaire pour le déploiement de nos forces doit être présenté ouvertement et avec transparence, sur la base de faits présentés de façon claire, fiable et rationnelle.

Et quatrième principe : Que le rôle du Canada doit être le reflet de son plein potentiel, afin que nous puissions venir en aide de la meilleure façon qui soit.

Contrairement à M. Harper, les libéraux ne croient pas que la meilleure façon dont le Canada puisse contribuer aux efforts internationaux de lutte contre l’EIIL soit d’envoyer simplement une poignée d’avions de chasse vieillissants.

Je crois que les Canadiens peuvent contribuer de bien d’autres façons. Nous pouvons faire preuve d’ingéniosité, et le Canada peut jouer de nombreux rôles de non-combat significatifs.

Et nous pouvons jouer certains rôles mieux que beaucoup de nos alliés, voire mieux que tous nos alliés.

Qu’il s’agisse de transport aérien stratégique… d’entraînement… ou encore d’aide médicale.

Nous avons les moyens de prêter main-forte efficacement dans un rôle de non-combat, au sein d’une mission internationale bien définie.

Mais un fait subsiste : M. Harper n’a pas été franc avec les Canadiens sur ce qu’il planifiait de faire.

Le premier ministre et le gouvernement nous ont donné peu de raisons de croire que notre rôle sera limité une fois que nous serons sur le front.

Ils ont recours à un discours enflammé et moraliste pour justifier bien plus que de simples frappes aériennes.

Ils tentent de justifier une guerre.

Pour les Canadiens, tout cela n’est que trop familier, surtout venant de ce premier ministre.

La guerre en Irak de 2003 a été menée sous de faux prétextes et avec des renseignements erronés.

Cette mission a déstabilisé cette région du globe… engendré d’autres conflits… coûté à nos alliés environ trois mille milliards de dollars… et coûté la vie à des milliers de personnes.

Le monde entier paie encore aujourd’hui le lourd tribut de cette erreur.

N’oublions jamais la façon dont cette mission a été présentée à la population.

En 2003, ce premier ministre avait déclaré que la guerre en Irak du président Bush était une question de « liberté, de démocratie et de civilisation ».

Le fiasco de 2003 en Irak nous hante toujours. Parce que de mauvaises décisions ont été prises à ce moment-là, nous ne pouvons pas nous tromper cette fois-ci.

Le Canada a déjà demandé beaucoup de la part de ses hommes et ses femmes en uniforme au cours de la dernière décennie. Et trop souvent, on les a laissé tomber à leur retour au pays.

Si nous devons à présent leur demander d’en faire encore plus, nos délibérations dans cette Chambre doivent être honnêtes et franches, afin que nous soyons dignes de la bravoure et du courage dont nos Forces font toujours preuve sur le terrain.

Nous le leur devons.

Nous croyons que le Canada a un rôle à jouer dans la lutte contre l’État islamique.

Mais la ligne qui sépare le combat du non-combat est très nette.

Il est facile de franchir cette ligne, mais bien plus difficile de revenir en arrière ensuite.

C’est toujours plus facile d’entrer en guerre que d’en sortir.

Le premier ministre a la responsabilité sacrée d’être honnête et sincère envers la population, à plus forte raison lorsque des vies sont en jeu. Chaque fois que l’on décidera de prendre part à des combats, ne perdons pas de vue qu’un courageux Canadien risquera sa vie. Nous lui devons de faire preuve de clarté. Nous lui devons d’avoir un plan.

Mais par-dessus tout, nous lui devons de dire la vérité.

Le premier ministre a manqué à tous ces devoirs.

Le Parti libéral du Canada ne peut pas appuyer et n’appuiera pas cette motion du premier ministre d’aller en guerre en Irak."''

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Ces questions de bon sens n'ont jamais été abordées en France.

La banalisation de l'exposition des troupes françaises sous la présidence de François Hollande intervient dans des conditions bien surprenantes.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, septembre 22 2014

Edito - François Hollande nous raconte des histoires

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Jeudi, François Hollande a fait sa quatrième conférence de presse du quinquennat, alors que nous approchons de la moitié de son mandat. Que retenir de ce long exercice de style, qui complète le très riche dispositif de communication du président depuis la rentrée politique ?

La fin du président normal

Il semble décidément bien loin le temps où le candidat François Hollande promettait d’être un « président normal », un concept qui renvoyait aux innombrables aspects anormaux du président sortant. Mais la dureté des temps, l’atonie économique, un chômage en hausse, un pouvoir d’achat en baisse, une impopularité qui bat des records ont poussé le président de la République a changé de ton. Il a de facto dit que sa fonction n’est pas normale et donné à cette conférence de presse une dimension cérémoniale assez contradictoire avec sa promesse d’être un président normal. Dans l’adversité, il trouve du réconfort dans les ors et le cérémonial de la Cinquième République, comme d’autres avant lui.

Devant son échec économique patent, comme beaucoup d’autres présidents de la République en difficulté sur cette question, François Hollande a décidé de mettre l’accent sur les questions internationales, qui lui donnent un statut plus présidentiel et une dimension de chef, deux dimensions sans doute importantes alors que Nicolas Sarkozy vient d’annoncer son retour. L’intervention militaire en Irak lui permet de parler comme chef des armées, un rôle définitivement pas normal, qui doit combattre l’idée qu’il ne serait pas à la hauteur de sa fonction. Nous avons également eu droit à un couplet un peu facile en réalité sur l’Ebola, contre lequel « la France doit là aussi prendre ses responsabilités ».

Ce n'est pas sa faute à lui

L’autre petite musique qu’a essayé de faire passer François Hollande pendant toute la conférence de presse, c’est qu’il ne serait pas le principal responsable des difficultés du pays. Trois coupables dans son argumentation : Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et l’Union Européenne. Jouer encore sur le bilan de son prédécesseur près de deux ans et demi après avoir été élu est quand même un peu fort de café. François Hollande a eu tout le temps nécessaire pour redresser la situation en 2014. Sur l’Allemagne, il n’a pas peur des paradoxes en tenant un discours finalement assez proche de celui d’Arnaud Montebourg et pour lequel il a congédié son ancien ministre il y a moins d’un mois.

Enfin, il y avait quand même quelque chose d’incroyable à voir le président pleurnicher sur la direction de l’Union Européenne, qu’il faudrait réorienter, sempiternel discours du PS depuis les années 1970 alors qu’il a soutenu absolument tous les traités qui ont été signés depuis 30 ans, et qui définissent ce qu’est l’UE aujourd’hui. Au final, François Hollande se présente comme une victime des mauvais éléments qui se battraient avec courage dans l’adversité. Sauf qu’il ne se soucie que de raconter une belle histoire aux Français pour essayer de se représenter avec succès en 2017 sans s’intéresser au fond des problèmes contre lesquels il utilise les mêmes recettes qui échouent depuis 30 ans.

D’ailleurs, cette conférence de presse n’a pas eu un grand impact et a finalement été éclipsée par l’annonce du retour de Nicolas Sarkozy. Il faut dire qu’elle était aussi légère sur le fond que longue sur la forme. Il se contente de vouloir raconter une histoire qui le présente sous le meilleur angle.

le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, août 16 2014

Edito - Conflits internationaux, le silence de l'Union Européenne

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Dans un contexte international trouble, où les conflits se multiplient ces dernières semaines aux portes de l'Europe – toujours plus lointaines - l'Union Européenne reste étrangement sans voix. Pourtant, elle ne manque pas de représentants pour exprimer son opinion, dans la personne de Mme Catherine Ashton, Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, voire même, par celle de Mr Herman Van Rompuy, le « très charismatique » président du Conseil européen.

Il semble laborieux d'unifier et de parler au nom de vingt-huit pays si différents, de par leur intérêt disparate sur le plan international. Avec d'un côté, l'Allemagne, toujours partante pour ne rien faire, et la France qui essaye, tant bien que mal d'assumer sa stature. Mais, que c'est difficile, quand on ne sans donne plus les moyens. D'ailleurs, le silence de l'UE sur les questions internationales fait écho avec celui de notre président François Hollande. L’un comme l’autre, semble dans un flou total sur la position à adopter sur les conflits divers, souvent suspendus aux lèvres du président Américain, qui lui-même, ne sait plus très bien sur quel pied danser. Un pas devant, un pas derrière, un tango diplomatique, qui décrédibilise les puissances occidentales, l'Europe, et ... La France.

La crise Israélo-Palestinienne, qui a connu un nouveau regain ces dernières semaines avec des interventions militaires terrestres dans la bande de Gaza, a vu émerger des pays qui ont su prendre leur part de responsabilité, comme l'Égypte ou l'Arabie Saoudite, face au mutisme de l'Union Européenne, et de ses membres. Lors d'un sommet, tenu le 10 aout, entre ces deux pays du Proche-Orient, les cas de la Libye, de l'Irak et de la Syrie, on en outre était abordé. Le président Égyptien, Abdel Fattah Al Sissi, est arrivé aujourd'hui en Russie, pays avec lequel l'Union Européenne a réussi le coup de force, de détériorer un peu plus ses relations, tout au long de la crise Ukrainienne. Moscou, qui, pourtant, serait un allié de taille pour répondre aux enjeux qui secouent le Proche-Orient.

Ce silence a au moins le mérite de permettre à quelques « rebelles » de l'UMP-PS, de critiquer ouvertement l'UE, mais pas trop. Pourtant, cette institution technocratique, se montre inapte à répondre aux enjeux géopolitiques mondiaux, car essentiellement formaté à promouvoir les aspirations libérales sur le plan économique. Une parole diplomatique, qui, in fine, se contente timidement par voie de communiqué de regretter que le « cessez-le-feu (...) ait déjà été violé » et autres postures dérisoire au regard des évènements. L’Union Européenne sur les questions diplomatiques, n’est que l’ombre des États-Unis, elle-même très affaiblie.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, août 8 2014

Edito - "Vous aurez la honte et la guerre !"

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Chrétiens d'Orient : le silence de l'Occident

Une très pertinente analyse de Maxime Tandonnet dans le Figarovox d'hier, qui pointe très justement les raisons du silence occidental - et français notamment - alors que les Chrétiens d'Orient se font massacrer. Un silence aux multiples raisons, dont le refus de prendre la défense d'une population persécutée pour sa foi chrétienne n'est pas la moindre.

"... Après Mossoul, Karakosh, la ville qui compte le plus grand nombre de chrétiens en Irak, vient à son tour de tomber le 7 août aux mains des djihadistes de l’État islamique. Des dizaines de milliers de chaldéens, menacés de mort, sont obligés de fuir cette cité. Les églises sont occupées, les croix brûlées. Les chrétiens, au nombre de deux millions en Irak au début des années 2000, ne seraient plus que 400 000 aujourd'hui, contraints de vivre dans la terreur. Un phénomène d'épuration ethnique est en ce moment à l’œuvre dans ce pays. L'inaction de la communauté internationale est incompréhensible. En 1999, une coalition dirigée par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France avait bombardée la Serbie pendant plusieurs semaines à la suite des exactions commises envers les habitants du Kosovo. Aujourd'hui, la destruction d'une communauté ne suscite que l'indifférence ou bien des réactions sans commune mesure avec la dimension du drame...

Ce lâche abandon a des causes multiples. Le monde occidental qui a largement participé à la déstabilisation de l'Irak, apparaît aujourd'hui comme englué dans sa mauvaise conscience. Le chaos qui est en train de s'installer au Moyen-Orient avec la naissance d'un «califat» jihadiste entre l'Irak et la Syrie, signe son échec cuisant dans cette région du monde. Le silence et l'indifférence actuels du monde occidental portent la marque de la défaite et de la résignation.

En outre, aux yeux de l'intelligentsia bien pensante européenne, prendre la défense de chrétiens, même menacés de mort, revêt une connotation «réactionnaire»: « Croisade à droite pour les chrétiens d'Irak » titre un grand quotidien du matin. L'idéologie de la haine de soi - de « l'héritage chrétien » honni - est plus que jamais en toile de fond de ce lâche abandon. Sommet du paradoxe : la bonne conscience humanitaire, devenue sélective, est en train d'engendrer deux catégories d'hommes : ceux qui ont droit à la compassion et à la protection de la communauté internationale, et les autres, chrétiens, qui n'y aurait pas droit tout autant.

Les récupérations, amalgames extrémistes en tout genre, destinés à accabler des populations musulmanes en général - qui n'ont strictement aucun rapport avec ce drame - ne font qu'amplifier la confusion et aggraver la paralysie générale. La chute de Karakosh peut elle provoquer une prise de conscience, un sursaut ?

Le droit d'asile et l'accueil des chrétiens d'Orient en Europe ne constituent en aucun cas une réponse suffisante. Le Moyen-Orient est aussi le berceau des chrétiens qui y sont chez eux, après des siècles de vie en commun et dans l'harmonie avec les musulmans. Ils revendiquent le droit de garder leur maison et d'y résider en paix et en sécurité.

Face à un groupuscule dont l'idéologie et les méthodes rappellent les heures les plus sombres de l'histoire, la discrétion du monde occidental renvoie au mot fameux de Winston Churchill : «...vous aurez la honte et la guerre ».

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, juillet 23 2014

Edito - Assassinat des Chrétiens d'Irak : l'appel du Cardinal Barbarin

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"Les mots semblent impuissants devant la tragédie des chrétiens d'Orient. En Irak, les informations parfois contradictoires qui nous parviennent témoignent du chaos et de l'angoisse de nos frères. Mardi 24 juin, j'avais reçu l'appel du Patriarche des Chaldéens, Louis-Raphaël Ier Sako que j'avais eu la joie d'accueillir à Lyon en mars. Il était en synode avec une vingtaine d'évêques de la région. Il m'avait dit que la situation était effrayante, mais que des menaces beaucoup plus graves étaient encore à venir. L'éradication des minorités religieuses n'est hélas pas un dommage collatéral de la folle stratégie des assassins : c'est leur but affiché.

En France, il faut bien le dire, la situation des chrétiens d'Irak n'est pas un grand générateur d'émotions. Comment expliquer que, jusque dans nos paroisses, nous ne portions pas davantage le souci de nos frères d'Orient ? Plusieurs raisons l'expliquent sans doute. La presse est le reflet des consciences de notre pays: les chrétiens de là-bas sont considérés comme un problème étranger. Il y a sans doute aussi une espèce de fatalisme : la région est en proie à des secousses meurtrières depuis si longtemps que tous, nous nous habituons à l'inacceptable.

Le fait qu'ici, en Occident, les religions soient officiellement respectées mais aussi fréquemment suspectées, n'arrange rien. La situation des chrétiens persécutés dans le monde ne provoque souvent chez nos politiques qu'une compassion polie, tardive et peu suivie d'effets.

Asia Bibi a entamé sa quatrième année de détention préventive dans une prison pakistanaise de haute sécurité sans que cela n'empêche grand-monde de dormir ; Meriam Yahia Ibrahim Ishag avait accouché dans les prisons soudanaises, enchaînée pour allaiter son petit dans le couloir de la mort. Là encore, il a manqué de grandes voix françaises pour s'y opposer simplement, fortement, fermement.

Le réflexe communautaire d'un groupe humain l'invite à défendre ses membres. Que les chrétiens aient reçu la vocation d'aimer tout homme sans distinction de race, de culture ou de religion est un enseignement directement issu de l’Évangile. Mais, de grâce ! que cela ne nous fasse pas fermer les yeux sur les malheurs de nos frères les plus proches.

En 1794, l'un des plus grands massacres de prêtres de notre histoire s'est déroulé à Rochefort. 829 prêtres réfractaires y ont été déportés par le Comité de Salut public ; sur les 829, seuls 274 survécurent : ils firent le serment de ne jamais parler de l'horreur qu'ils avaient vécue, pour permettre à la France de se relever.

Aujourd'hui, la ville de Qaraqosh, dans la plaine de Ninive, est devenue sous l'afflux des réfugiés la plus grande ville chrétienne d'Irak. Entendez-vous le cri qui monte ? C'est celui d'un camp de réfugiés. Qaraqosh n'est pas Rochefort, car le massacre est en cours. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas rester silencieux.

Le Patriarche me disait hier qu'une partition du pays serait préférable à une guerre civile qui tue d'abord les innocents. Si seulement la communauté internationale pouvait aider à trouver une solution… Mais n'attendons pas tout des États et de leur diplomatie. Agissons ici et maintenant, comme le Pape nous y a appelés.

Lorsque Jean-Paul II m'a accueilli dans le collège des cardinaux, il a insisté sur le sens de la pourpre cardinalice : c'est le rappel du sang des martyrs. C'est pourquoi j'appelle aujourd'hui les chrétiens d'ici à faire monter vers le ciel une prière fervente pour nos frères d'Orient. Je les invite à cultiver la conscience de cette fraternité qui nous lie par-delà les kilomètres et les siècles. Je veux leur redire les paroles du Patriarche: « Ce qui nous manque le plus, c'est votre proximité, votre solidarité. Nous voulons avoir la certitude que nous ne sommes pas oubliés! »

Je propose d'encourager les associations œuvrant dans la plaine de Ninive. Je supplie les chrétiens d'ici et tous les hommes et femmes de bonne volonté qui travaillent dans les secteurs de la santé, de l'éducation, de l'alimentation, de l'aide d'urgence de venir en aide aux survivants. J'ai le désir de lancer un jumelage entre notre diocèse et l'un de ceux qui en a le plus besoin. Je suggère qu'un pourcentage des quêtes de nos paroisses qui le souhaitent soit versé durant l'année qui vient pour le soulagement de la détresse de nos frères d'Irak. J'invite tous les chrétiens à rester éveillés et attentifs, à être les veilleurs de leurs frères.

Que les héritiers de Saint Pothin deviennent les frères de ceux de Saint Thomas, apôtre de l'Orient. Comme l'a dit le Pape François, nous sommes face à un œcuménisme de sang : ce ne sont pas des catholiques, des protestants, des orthodoxes que l'on martyrise : ce sont des chrétiens. Il est d'ailleurs à craindre que les persécutions ne s'arrêteront pas aux chrétiens. Il faut dès aujourd'hui que la ville de Qaraqosh devienne un sanctuaire pour tous les belligérants, et un havre de paix pour les populations civiles qui, par milliers et de toutes les confessions, y affluent. Car ce sont des hommes que l'on tue, dans le silence, entre deux ola d'un stade de foot brésilien.

Le Patriarche me l'a dit : «Nous gardons espoir, mais comme vous le savez, l'espoir est fragile ». Et si leur espoir était aussi entre nos mains ? Le Pape François le rappelle : « Les chrétiens persécutés pour leur foi sont si nombreux! Jésus est avec eux. Nous aussi ». Nous aussi!".

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, juin 19 2014

Edito - La Libye est-elle encore un Etat ?

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Le 11 septembre 2012, le consulat des États-Unis à de Benghazi avait l’objet d’une violente attaque, entraînant la mort de l’ambassadeur, Christopher Stevens, et de trois autres agents. L’affaire a eu un très grand retentissement aux US.

Que la guerre était belle…

Hier, Washington a fait savoir que samedi 14 juin, un commando des forces spéciales a « capturé » celui qui est désigné comme l’organisateur de l’attaque, Ahmed Abou Khattala, un activiste, qui a plusieurs reprises avait contesté son implication. Il était recherché par la justice libyenne, qui avait décerné un mandat d’arrêt. Précisons que le gouvernement libyen a été informé quand tout était fini.

Ce sont donc les États-Unis qui l’ont « capturé », puis l’ont exfiltré, pour le séquestrer dans un navire de guerre, en direction des US. Hier, le Prix Nobel de la Paix a rendu la nouvelle publique : « Avec cette opération, les États-Unis ont une nouvelle fois démontré qu’ils feraient tout leur possible pour que justice soit rendue lorsque l’on s’en prend à des Américains ».

Selon Eric Holder, le ministre de la justice Ahmed Abou Khatalla sera jugé pour trois chefs d’accusation dont celui de « meurtre au cours d’une attaque contre un bâtiment fédéral ».

D'accord. Sauf que la Libye est un État, souverain, et qu’elle est donc seule en droit d’exercer les fonctions régaliennes que sont la police et la justice, et si les États-Unis veulent juger quelqu’un, ils font une demande d’extradition, comme tout le monde. Imaginez les services russes qui récupèrent un type à Kiev, avec Vladimir Poutine annonçant qu’on l’a exfiltré et qu’on va le juger à Moscou…

Dans l’après-midi, le gouvernement libyen s’est réveillé, pour publier ce communiqué mollasson : « Le gouvernement condamne cette atteinte regrettable à la souveraineté de la Libye. Il souligne le droit de la Libye à juger Abou Khattala sur ses terres et conformément à ses lois et demande au gouvernement américain de le remettre à la Libye pour le traduire devant la justice libyenne ». Plus pitoyable encore, le ministre libyen de la Justice, Saleh al Marghani : « Nous attendions des États-Unis qu’ils nous aident mais nous ne nous attendions pas à ce qu’ils sèment la pagaille sur la scène politique ». Voici la Libye, à nouveau abaissée par les États-Unis, alors qu’elle est en campagne électorale pour la présidence du pays. Quel pays…

Alors, essayons de raisonner

1/ Sans l’accord et le pilotage des autorités libyennes, le commando US n’a aucun droit en Libye. C’est une bande de gangsters armés, forme aggravée de l’association de malfaiteurs, qui a commis une arrestation illégale et une séquestration avec violence, et dont les membres étaient en outre sans titre de séjour valable. Imparable. Aussi, le ministre libyen de la Justice doit ordonner l’ouverture d’une enquête, et lancer les mandats d’arrêt. Vu l’état du pouvoir, il ne se passera rien.

2/ La deuxième solution est qu’Ahmed Abou Khatalla dépose plainte aux US pour arrestation illégale et séquestration. Ce serait possible si les États-Unis étaient soumis à une juridiction internationale de garantie des droits, mais ce n’est pas le cas. Les États-Unis refusent tout contrôle de la Cour interaméricaine des droits de l’homme ou du Comité des Droits de l’homme de l’ONU. Donc, il ne se passera rien.

3/ La troisième solution serait qu’Ahmed Abou Khatalla dépose plainte devant la CPI, car le Conseil de Sécurité, par la résolution 1970 du 26 février 2011, a saisi le Procureur de la Cour pénale internationale « de la situation qui règne en Jamahiriya arabe libyenne depuis le 15 février 2011 ». Le dossier est toujours ouvert, et la compétence de la CPI est acquise pour tous les faits commis sur le territoire depuis le 15 février 2011. Oui, sauf que l’article 6 de la résolution précise qu’elle n’a pas d’effet contre les ressortissants d’un État autre que la Libye. L’exemple même du double standard. Donc, il ne se passera rien.

Un bilan ?

La Libye, qui avait un tel rôle en Afrique, n’a plus de structure étatique ; l’Egypte est par terre, la Syrie ensanglantée, l’Irak explosé et l’Afghanistan au bord du précipice. Du bon boulot, et les valeurs de la démocratie en progrès… Bientôt, tout ceci se retournera contre nous, car c’est trop d’injustice. Nulle société ne peut le supporter.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, juin 17 2014

Edito - Environnement : la France sous somnifère

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Rarement à ce point, le débat public français est détaché des enjeux internationaux. L'Irak s'enflamme. La France l'ignore et le Président suit le match contre ... le Honduras. Les projets sont lancés, retirés, révisés ...

S'il est une cause où la majorité sortante plurielle pourrait intervenir, c'est la cause du réchauffement climatique. Aujourd'hui et demain, une grande conférence internationale se déroule sur le thème des océans. La France est totalement absente de ce débat.

Les écologistes sont une composante de la gauche, une composante plus radicale. Ils ne sont pas une composante environnementale de la gauche. Cette évolution est une responsabilité historique de leur part.

Comme c'est une responsabilité de la part de tous ceux qui sont complices de ce positionnement avec un label qui ne correspond en rien au contenu.

La France n'a actuellement aucune politique en matière d'environnement.

Elle prend du retard sur la quasi-totalité des enjeux majeurs dont la protection de la ressource en eau. Là encore, parce que le prisme politique domine. Le dossier est abordé sous l'enjeu du statut juridique du gestionnaire et non pas de la qualité des services opérés. Aucune autre démocratie n'est victime d'un tel obscurantisme à ce jour.

La France est désormais en sommeil. Elle décroche progressivement au point d'être ordinairement absente de grandes conférences internationales. Une situation historiquement irréelle.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juin 16 2014

Edito - 2003, Chirac sur l’Irak : la décision US engage la stabilité du monde

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Nous sommes le 18 mars 2003. George W. Bush, mis en échec par le Conseil de sécurité, vient de lancer un ultimatum à Saddam Hussein pour le sommer de quitter son pays faute de quoi ce serait la guerre. Une décision, expression pure de la volonté impérialiste, violant les plus basiques des principes du droit international, et en engageant « l’avenir d’un peuple, l’avenir d’une région, la stabilité du monde ». La responsabilité est US est accablante : qui leur présentera l’addition ?

Voici la déclaration de notre Jacquot national alias Chichi. Impeccable. Il fallait écouter Jacques Chirac, et quels massacres nous aurions évités…

Depuis le début de la crise irakienne, la France s’est attachée à rendre possible le nécessaire désarmement de l’Irak sous l’autorité des Nations Unies. Ce désarmement est en cours, les inspecteurs en témoignent.

La France a agi au nom de la primauté du droit et en vertu de sa conception des rapports entre les peuples et entre les nations.

Fidèle à l’esprit de la Charte des Nations Unies, qui est notre loi commune, la France considère que le recours à la force est le dernier recours, quand toutes les autres options ont été épuisées.

La position de la France est partagée par la grande majorité de la Communauté internationale. Les derniers débats ont clairement montré que le Conseil de Sécurité n’était pas disposé, dans les circonstances présentes, à cautionner une marche précipitée à la guerre.

Les États-Unis viennent d’adresser un ultimatum à l’Irak. Qu’il s’agisse, je le répète, du désarmement nécessaire de l’Irak ou du changement souhaitable de régime dans ce pays, il n’y a pas là de justification à une décision unilatérale de recours à la guerre.

Quelle que soit l’évolution prochaine des événements, cet ultimatum met en cause l’idée que nous nous faisons des relations internationales. Il engage l’avenir d’un peuple, l’avenir d’une région, la stabilité du monde.

C’est une décision grave, alors que le désarmement de l’Irak est en cours et que les inspections ont démontré qu’elles étaient une alternative crédible pour désarmer ce pays.

C’est aussi une décision qui compromet pour l’avenir les méthodes de règlement pacifique des crises liées à la prolifération des armes de destruction massive.

L’Irak ne représente pas aujourd’hui une menace immédiate telle qu’elle justifie une guerre immédiate. La France en appelle à la responsabilité de chacun pour que la légalité internationale soit respectée. Elle appelle à préserver l’unité du Conseil de Sécurité en restant dans le cadre fixé par la résolution 1441.

S’affranchir de la légitimité des Nations Unies, privilégier la force sur le droit, ce serait prendre une lourde responsabilité.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, juin 15 2014

Edito - La guerre en Irak connaît des rebondissements majeurs

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La décomposition de l'Irak tétanise l'Amérique... et la France s'enflamme pour le match contre le Honduras.

Barack Obama cherche une réponse à l'avancée des djihadistes de l'EIIL, deux ans et demi après le départ des GI's.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

Edito - Après la Lybie, la Syrie, l'Irak !

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En détruisant l’État baasiste de Saddam Hussein, dictature autoritaire mais respectueuse des équilibres ethniques et religieux, et notamment des minorités chrétiennes, l’intervention américaine de 2003, soutenue par de nombreux pays européens, a déstabilisé toute la région. Le soutien des États-Unis et de l’Union européenne aux factions rebelles extrémistes en Syrie renforce et légitime une barbarie qui s’enracine partout.

Seule une politique étrangère équilibrée dans le monde arabe, le rejet des ingérences prétendument humanitaires, guidées en réalité par l’appétit économique des multinationales américaines et une diplomatie véritablement non alignée, pourront empêcher l’embrasement du Moyen-Orient.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, juin 13 2014

Edito - Le Nord de l’Irak est un sujet mondial

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Deux images, les visages de criminels impunis : Collin Powell__ avec ses armes de destruction massive ; George W Bush__ frétillant parce que des élections s’étaient tenues en Irak. Tout ira mieux quand ces types, et leurs sous-traitants, auront été jugés et entaulés, car les sociétés réagissent mal à l’injustice. C’est ce que nous disent les Irakiens du Nord, pour peu qu’on les écoute. Mais qui les écoute ?

Le drame, c’est la division des sunnites et des chiites

Je ne sous-estime pas cette division, née des tous premiers temps, et conduisant à des écoles théologiques très différentes. Les uns et les autres sont des musulmans, et ils se déchirent un héritage qui intéresse le tiers de l’humanité. J’ai la grande chance de connaitre les uns et les autres. J’apprécie des sociétés aussi différente que celles de Téhéran ou d’Alger, de Ramallah ou de [Damas|http://www.lexpressiondz.com/internationale/196602-damas-a-coopere-avec-baghdad-contre-les-jihadistes.html||Damas a coopéré avec Baghdad contre les jihadistes], et il m’est impossible de faire la différence entre l’accueil au Nord ou au Sud du Liban. De partout, je me félicite de cette constance : tous cherchent se faire comprendre, avec ce respect scrupuleux de ce nous sommes. Ils demandent la compréhension, pas l’adhésion.

Aussi, je ne peux que renouveler ce message, qui est celui de tous leurs vrais amis : « Cette terre, partagée depuis toujours, est la vôtre. Vous devez résister à la guerre que veulent implanter des étrangers, ignorants de tout, mais intéressés par votre destruction ». Les guerres furieuses que se livrent sunnites et chiites, activées par les plus pourris des impérialismes, me désolent.

Les faits sont d’une importance exceptionnelle

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L’info est qu'hier des groupes djihadistes – l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), proches d’Al-Qaida – ont pris Mossoul, la deuxième ville d'Irak, plantée depuis des millénaires sur le Tibre, bordée de champs pétroliers. Les troupes gouvernementales n’ont pas tenu 48 heures. L’armée irakienne, formée depuis 10 ans par les experts US, a déserté. Les combattants en tenue noire de l’EIIL ont pris le contrôle de la ville, récupérant des armes et les fonds des banques, appelant la population à poursuivre ses activés, et imposant un ordre de nature à dissuader les pillages. D’après l'Organisation internationale pour les migrations, 500 000 personnes sont en fuite, essentiellement en direction de la province autonome du Kurdistan.

Alors une victoire à l’arrache des méchants commandos post-Al-Qaida ?

C’est un peu plus compliqué, et voir Washington, Moscou, Téhéran et Damas sur la même ligne doit conduire à se poser quelques questions. La prise de Mossoul, la deuxième ville du pays est spectaculaire, mais elle n’est qu’une pièce – majeure – dans un grand puzzle qui fait effectivement ressembler L’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) à un État. L’EEIL contrôle le nord de l'Irak, à savoir les provinces d'Anbar, de Ninive et de Salaheddine – et une large part du nord-est de la Syrie. Le fait marquant avait été il y a six mois, la prise Fallouja, à soixante kilomètres au nord de Bagdad, et depuis le régime de Bagdad n’a fait que perdre du terrain. Hier, l’EIIL a cueilli pratiquement sans combattre plusieurs places militaires ou pétrolières… et Al-Awja, village natal de Saddam Hussein, à 160 km au nord de Bagdad.

Croyez-vous aux salades d’Obama et de Poutine ?

0.Apeuple-irak.gifAlors, un tiers de l’Irak et une grosse frange de la Syrie tenue par un groupe terroriste ? La conquête de cet immense territoire serait impossible sans l’appui des populations et un grand corps militaire, où l’on retrouve des cadres baasistes de l'armée de Saddam Hussein. L’alliance qui s’empare du sol irakien est composite, certes, mais – et c’est force – elle est unie pour combattre l’autoritaire et si contestable premier ministre, le chiite Nouri Al-Maliki.

Pour se faire élire « démocratiquement », il a radicalisé le discours religieux, et a réuni le vote chiite, la population chiite étant majoritaire en Irak. Les crétins ont commenté : « Que c’est beau la démocratie… ». Les violences US ont laissé la place aux violences d’Al-Maliki, depuis l’exécution de Saddam Hussein le jour de l’Aïd à la condamnation à mort par un procès bidon de l’ancien Vice-président Al-Hashemi, avec en toile de fond la répression aveugle par les forces de sécurité et les milices.

Depuis le début 2024, on compte 4 600 morts

Effrat. Pris de panique, Al-Maliki a demandé avant-hier au Parlement de décréter l'état d'urgence et il affirme vouloir armer les populations, ce qui finirait de faire sombrer le pays dans le chaos. Jen Psaki, le porte-parole US du département d’État, déclare : « Les États-Unis sont profondément préoccupés par les événements qui se sont produits au cours des dernières 48 heures à Mossoul, où des éléments de l’État islamique en Irak et au Levant se sont emparés d'une partie importante de la ville. La situation reste extrêmement grave. Les États-Unis vont fournir toute l'aide nécessaire au gouvernement irakien dans le cadre de l'Accord-cadre stratégique pour contribuer au succès de ces efforts ». Quelle bande d’enfoirés…

Diviser, pour faire régner Israël

L’objectif immédiat de l’EEIL n’est pas Bagdad, mais la création d’un État regroupant le Nord de l’Irak et une large bande du Nord-Est syrien. A ce jour, quelle force militaire peut s’y opposer, après treize années de massacre de l’Irak, et maintenant de la Syrie, par les États-Unis ? Quel est le but des États-Unis ? Eux qui n'ont aucun droit dans la région, pour la simple et bonne raison qu'ils ont été créés, peuple d'immigration exterminant les Indiens, alors que les peuples du Moyen Orient ont tous des histoires millénaires.

Le pétrole ? Celui du Moyen Orient n’est plus vital. Le but est ailleurs, manifestement. La seule hypothèse qui tient est une volonté US de faire diviser les pays de la région pour faire admettre que la Palestine puisse être divisée. Ce plan funeste est la seule ligne qui donne une cohérence à leur politique. Alors qu’ils doivent se mettre en retrait sur le secteur, pour se consacrer au Pacifique et à leur rival chinois, les États-Unis finissent de pourrir la vie des peuples en attisant les divisions. Leur plan est bien connu : au nord-est, le Kurdistan ami, État de facto ; au nord-est, une zone dédiée aux sunnites ; au sud, un petit __Irak__ qui ne ressemble plus à rien.

Cette politique est parfaitement connue, car elle a toujours été celle des US, du Vietnam à la Libye. Au regard de l’histoire, il est dramatique que nos amis musulmans, aveuglés par leurs vraies différences, entrent dans ce jeu mortifère, organisé pour les laminer. C'est dramatique. Depuis deux siècles chrétiens, juifs, sunnites et chiites vivent sur ces terres. La seule solution est qu’ils se ressaisissent pour réécrire, eux et eux seuls, cette histoire commune, chacun ayant ses droits, chacun respectant les droits de autres.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juin 2 2014

Edito - Retour des djihadistes : Beaucoup de questions…

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Saluant « l’arrestation du tireur présumé », François Hollande a souligné que Mehdi Nemmouche avait été interpellé « dès qu’il a mis le premier pied en France ». Certes, mais comme l’a précisé François Molins, le procureur de la République de Paris, c’était lors d’un contrôle inopiné par les douaniers, vendredi à la mi-journée à la gare routière Saint-Charles à Marseille, dans un autocar en provenance d’Amsterdam via Bruxelles. Après Merah, Nemmouche : nos services sont-ils des passoires ?

Les faits

Il convient d’être prudent sur les faits, car hier nous avions droit sur les plateaux télé au défilé des experts auto-proclamés, et c’était parfois… disons cocasse.

J’en resterai donc aux déclarations du procureur de Paris. Il s’est lui-même montré réservé, car la personne arrêtée oppose le silence aux questions des enquêteurs. S’agissant de la culpabilité, il évoque « un très fort faisceau d’indices graves et concordants », et son alter ego belge, Frederic Van Leeuw, le procureur fédéral du royaume, s’est prononcé dans le même sens. La personne correspond au signalement, possède des armes comme celles ayant été utilisées et aurait un enregistrement vidéo de revendication. Après, on parle d’une appartenance aux combattants de l’État islamique de l’Irak et du Levant (EIIL)… Personne n’y était pour le vérifier, et l’enquête commence.

Beaucoup plus troublant est le suivi de ce jeune homme, de retour de Syrie. Je ne dis pas que c’est simple, je pense même que c’est très compliqué, mais chacun voit que rien n’a marché… alors que le type était signalé dès sa sortie de prison.

Mehdi Nemmouche a été condamné à sept reprises de 2004 à 2009, notamment pour des vols avec violence, avec un dernier séjour en prison qui a duré près de cinq ans, de 2007 à 2012. Cinq ans fermes, c’est un client sérieux. Au cours de la détention, il se serait s’illustré « par son prosélytisme extrémiste » et son « radicalisme religieux », de telle sorte qu’il avait été signalé aux services de renseignement.

Beaucoup de questions

En fait, trois semaines après sa libération, en décembre 2012, il s’est rendu en Syrie, via Bruxelles, Londres, Beyrouth et Istanbul. Ça fait quatre billets d’avion pour quelqu’un qui sort de cinq ans de prison, n’a pas de travail, ni de famille… et un parcours ultra-sensible. Question 1 : Les services étaient-ils informés ?

Il a alors été inscrit au fichier des personnes recherchées (FPR) et au fichier Schenghen. La frontière entre la Turquie et la Syrie est le lieu de passage pour rejoindre les groupes armés. Question 2 et 3 : Les services ont-ils été informés ? Quel est le niveau de coopération entre les polices turques et européennes ?

Il a quitté la Syrie début 2014. Question 4 : Était-il impossible pour la DGSE (Direction générale des services extérieurs), qui dépend de la Défense, de le repérer ? Question 5 : Un Français, listé sur le fichier des personnes recherchées (FPR) et revenant d’un an de séjour dans la zone combattante de la Syrie est-il signalé à la police française ? Question 6 : Si la réponse est non, pourquoi ?

Pour le retour, il a quitté Istanbul le 21 février 2014 pour la Malaisie, où il a séjourné un mois et demi en effectuant de courtes escapades à Singapour et à Bangkok, et il est arrivé en Allemagne le 18 mars 2014. La police, intriguée par ce parcours, l’a signalé à Paris, et la DCRI l’a inscrit comme personne à surveiller, avec une fiche dite «S». A ce stade, il est probable à 99 % que ce type, multirécidiviste, signalé radical, a passé un an dans les zones de combats en Syrie. Question 7 : Que font les services ? Question 8 : Comment s’organise la coopération avec les servies allemands ? Question 9 : Est-il crédible de dire que l’on perd sa trace car il est sans domicile fixe ? Le renseignement ne sait pister que les terroristes qui sont propriétaire d’un pavillon à Nogent-sur-Marne ?

Je sais que c’est difficile, et les chiffres donnés hier étaient de 780 de jeunes Français partis dans les zones combattantes en Syrie. Un chiffre considérable. Or, cette affaire est très inquiétante, car tout était visible par le passage dans les aéroports pour ce compatriote signalé,… et rien n’a marché. __ Les politiques au niveau…__

François Hollande a été très explicatif : «Nous les combattrons, nous les combattrons, nous les combattrons ». Merci, François, reviens quand tu veux.

Nouveau ministre de l’Intérieur en juin 2012, Manuel Valls avait stigmatisé les carences des services dans l’affaire Merah, et lancé un plan incluant la refonte incluant la refonte de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) en une Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), ce 12 mai. Comme réussite par rapport à l’affaire Merah, c’est pas flagrant…

Le supplétif Bernard Cazeneuve a expliqué hier qu’au niveau international « la coopération de nos services est immense », annonçant « Je souhaite faire voter les mesures législatives indispensables à un meilleur contrôle des candidats au djihad ». Ouf ! Tout va aller mieux avec une nouvelle loi…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, mai 31 2014

Edito - BNP Paribas : La France humiliée par les malfrats de Washington

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Obama a encore frappé : ses sbires demandent à la BNP de payer une amende de 10 milliards de dollars (environ 7,3 milliards d’euros), avec une menace de retrait de licence, soit la perte de 10% du chiffre d’affaires. Ah bon, la BNP a été condamnée, avec de vraies lois et après un procès équitable ? Non, chez les cow-boys, une nouvelle illustration de l'impérialisme coutumier de Washington, on condamne sans procès.

La BNP aurait violé pendant quatre ans l’embargo décrété contre Cuba, le Soudan et l’Iran. Quel tribunal a décidé de cet embargo contre ces États souverains ? Aucun : c’est encore Obama et ses sbires. Une zone de non-droit… Une association de malfaiteurs encravatés décident de ruiner des peuples, puis de ruiner une banque (française), ce sans loi, sans tribunal sans procès, et ça passe comme une lettre à la poste. Ça me sidère.

Là-bas, l’affaire est traitée, sous le contrôle direct du gouvernement, par David O’Neil, chef de la division criminelle du ministère de la justice, Benjamin Lawsky, le patron du département des Services financiers (DFS) de l’État de New York… et Cyrus Vance Eternal Junior, le procureur du district de Manhattan. Eh oui, on retrouve ce loser en chef, le big boss de l’enquête sur la pipe nationale de DSK, qui ferme les yeux sur un viol parce que la victime a des papiers irréguliers

Chez ces instruits, le jeu est simple : tu craches un max, sinon je t’inculpe. Du pur chantage. Sauf que rigolez-pas : si la BNP lâche 7 milliards d’euros, le contrecoup sera vite ressenti : ce sera ça de moins de financement sur le marché européen, un coup très rude à l’économie.

Bien sûr, la banque BNP se prépare à un procès du feu de Dieu. Elle va contester les décisions d’embargo contre l’Iran, le Soudan et l’Iran, contraires aux résolutions de l’ONU. Elle va dénoncer ces sanctions gouvernementales, prises sans référence au droit international et sans procès, selon cette méthode qui conduit les US à commettre les plus graves violations du droit, comme en envahissant l’Irak ou en procédant à des campagnes d’assassinats au Pakistan… Non, la BNP ne se défendra pas. Ces décérébrés vont payer sans même oser saisir un tribunal. Une soumission totale.

Du côté du gouvernement français, c’est la même incurie. Le p’tit naze de Montebourpif, qui fulmine devant l’Indien Mittal, se couche devant les US. Pourtant, Mittal n’a pas fait 7 milliards d’euros de dégâts… De la part de ce quart de portion, ça ne surprendra personne. Michel Sapin a lui discuté avec Benjamin Lawsky, non pour exiger le respect du droit – conduire un procès en fonction de règles conformes au droit international – mais pour implorer la clémence… Quelle honte. Un rat… mais c’était perdu d’avance, car le gouvernement est calé sur les délires de Washington pour ce qui concerne Cuba, le Soudan et l’Iran. Sapin s’est fait jeter, et il a contacté Eric Holder, le ministre de la justice US, qui a son tour l’a jeté, lui expliquant qu’aucune banque n’était « too big to jail », littéralement « trop grosse pour échapper à la prison ». Et Michel Sapin a fermé son sifflet.

Le seul qui a osé dire un mot est le syndicat CGT de la BNP Paribas… Allez, c’est pour rire, eux aussi sont dans le tropisme de l’oncle Sam. Non, le seul qui a émis une opinion critique, mais bien discrète, est Christian Noyer, le Gouverneur de la Banque de France : « Nous avons vérifié que toutes les transactions incriminées étaient conformes aux règles, lois, réglementations, aux niveaux européen et français. Il n’y a aucune contravention à ces règles, ni d’ailleurs aux règles édictées par les Nations unies ». Très bien de rappeler que l’ONU existe, car c’est l’ONU qui défend le droit international, alors que les US ne défendent que leurs intérêts égoïstes, ceux d’un petit État de 320 millions de personnes qui maquereauter 7 milliards d’êtres libres et égaux. Mais que pèse la déclaration de notre ami Christian ?

Donc, c’est la crise avec les US ? Mais non, rien du tout ! Mieux, pour remercier ces malfrats, on va signer un accord de coopération, le Traité transatlantique, qui va finir d’asservir nos économies.

Demain, nos « ministres » expliqueront que ceux qui ruinent la France sont les réfugiés syriens ou les Roms. Et il faudrait voter pour eux…

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE