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mardi, octobre 14 2014

Edito - Le taux de réussite du retour des "ex" ?

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Plusieurs démocraties comparables connaissent des tentatives de retours d'ex. Pour l'instant, à une exception près, ces tentatives sont considérablement plus difficiles une fois engagées qu'à l'origine.

Il y a manifestement deux temps :

- celui du retour virtuel,

- celui du retour confirmé.

Pendant le "retour virtuel", l'ex est souvent paré de toutes les qualités : expérience, sagesse, le temps d'hier a gagné en bons souvenirs ...

Puis, lorsque le retour est engagé, confirmé, l'opinion se rappelle les raisons du divorce d'hier et le désamour retrouve un espace important.

Hillary Clinton caractérise ce schéma. Même son livre est un bide. Très probablement, la primaire sera très difficile, considérablement plus ouverte qu'imaginé ... avant son engagement.

Il en est de même en France pour Nicolas Sarkozy actuellement. Pour l'instant, l'opinion publique française cherche d'abord les branches du changement pour s'y accrocher afin de retrouver l'espoir qui a quitté la vie publique française.

Et au moindre retour d'une image replaçant en surface les reproches d'hier, la distance est reprise.

Bien davantage, les engagements des "ex" au profit de tiers sont même peu efficaces. A Québec, Landry n'a pas sauvé Pauline Marois. A Lyon, lors des primaires, Noir n'a pas sauvé Chabert. Et la liste d'autres exemples est longue.

Quand l'ex ne s'engage pas pour lui, il y a même un effet pervers comme si l'opinion ne comprenait pas qu'un ex premier puisse accepter aussi facilement de devenir ... second.

L'exception peut éventuellement venir de Mitt Romney. Aujourd'hui, il est paré de toutes les qualités. Mais il n'est qu'à l'étape du retour virtuel qu'il gère avec une extrême habileté.

Il a franchi des étapes qu'aucun autre "ex" n'a veillé à déminer à ce point. Qu'en sera-t-il lorsqu'il se sera déclaré ?

Peut-être trouvera-t-il les bons arguments et redonnera-t-il alors une mode et une autre chance aux "ex" ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, septembre 24 2014

Edito - UMP : un bien curieux débat sur les primaires

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Les primaires ne sont pas dans la culture politique française. Bien davantage, elles sont à l'opposé des traditions. C'est pourquoi, ceux qui les proposent sont pour un changement radical.

Pour qu'une primaire se déroule dans de bonnes conditions, cela suppose que l'administration d'un parti politique soit totalement détachée des intérêts de l'un des candidats potentiels à une élection. Le parti est "neutralisé". Il devient une logistique ayant vocation à organiser la primaire dans la neutralité. Ce n'est pas la conception française des partis politiques qui sont un cadre d'organisation dédié à la carrière de son Président.

La primaire suppose également que les militants d'un parti acceptent le débat interne. En France, là encore ce n'est pas la culture. Quand des divergences existent au sein du PS, il est question de "frondeurs", de "dissidents". A droite, quand Alain Juppé exprime une position différente de celles de Nicolas Sarkozy, il est question de "guerre" ... Des termes qui montrent qu'ici la culture d'un parti politique c'est qui adhère respecte une discipline de pensée comme d'expression.

La primaire suppose de différencier les moyens des candidats des moyens d'un parti. C'est la seule condition pour qu'il y ait une égalité de départ entre les candidats. Le cadre légal français ne le permet pas puisque les réels financements publics sont voués aux grands partis dotés de la représentation parlementaire.

La primaire suppose que les médias portent une culture de la diversité pour mettre à égalité les candidats. En 2008, Hillary Clinton n'était plus l'ex First Lady mais une candidate comme les autres, parmi les autres, traitée comme les autres. C'est la force des primaires que même le candidat doté d'un parcours de haut niveau revienne à la ... base. C'est l'opposé de la culture médiaticopolitique française. Il suffit de constater les modalités de couverture du retour de Nicolas Sarkozy.

Le PS en 2012 a-t-il bousculé cette culture en organisant des primaires ? Non. En 2012, le PS a été décapité en quelques jours de son présidentiable, DSK, dans des conditions totalement inattendues. Ponctuellement, les primaires ont été alors le moyen d'arbitrer un second choix qui n'était pas arbitrable par d'autres modalités apaisées.

La preuve, lors des municipales de mars 2014, dans combien de grandes villes le PS a-t-il organisé des primaires pour désigner ses candidats ? Très peu de villes et dans des conditions très problématiques à l'exemple du clash de Marseille. A Marseille, les primaires ont fait sombrer le ... PS alors que l'absence de primaire à droite assurait la bonne organisation.

Il en est de même à droite en mars 2014. Paris et Lyon ont été des "mauvais exemples" avec des contestations très graves. A Béziers, Annie Schmitt a préféré lâcher Raymond Couderc pour rejoindre Robert Ménard et le PS local a plié ses primaires en 48 heures dans l'indifférence totale et les participants aux primaires n'ont connu aucun bonus bien au contraire. La désertion centre-ville a très fortement favorisé le vote FN .

Les primaires n'auront pas lieu pour 2017. Il s'agit seulement de les enterrer en douceur en attendant que les "mouches changent d'âne" et que les médias passent à d'autres sujets.

Cette réalité des faits montre l'immensité des blocages français et la quasi-incapacité à vivre autrement certaines activités.

Le système dysfonctionne mais le système est tellement impactant qu'il ne change pas véritablement.

Comment la politique pourrait-elle appliquer à autrui un changement qu'elle ne s'applique pas à elle-même ?

C'est une des raisons pour lesquelles je reste persuadé que, bien tristement, ce pays terminera sous une forme de redressement international qui seul constituera l'électrochoc pour le changement comme ce fut le cas début 1958 pour le début de la fin de la IVème République.

A titre personnel et de longue date, j'ai défendu le mécanisme des primaires. Mais il y a un moment où il faut reconnaître la réalité des faits et constater qu'il n'est pas adapté aux coutumes qui structurent l'opinion donc les engagements.

PS : Il Il est souvent moins cher de louer un taudis dans le centre, qu'un HLM. De quoi maintenir d'incroyables poches de pauvreté en pleine ville. Les villes du Sud qui ont réélu leur maire au premier tour, ou qui ont été placé en très bonne posture avant le second, sont celles qui se sont lancées, depuis des années, dans une rénovation énergique du centre de leur cité. Pour Raymond Couderc, le cœur de ville était mort de fort longtemps ; Bien mal lui en a pris...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, septembre 14 2014

Edito - Le rôle toujours sacré du livre mais pour maintenant conforter l'esprit

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Contrairement à bon nombre d'analyses sur la disparition de supports d'informations en raison d'une concurrence de plus en plus forte, les récents succès de livres montrent combien l'opinion sait remarquablement gérer les fonctions complémentaires de supports d'informations.

En France, les explications de Valérie Trierweiler auraient-elles eu un impact analogue avec un support autre qu'un livre ? Assurément pas.

Le livre garde un caractère sacré pour l'explication sérieuse. Encore faut-il que cette explication sérieuse ne sombre pas dans la confusion donc qu'elle puisse être résumée par quelques mots. François Hollande ne se remettra pas de la formule des "sans dents" comme de celle des "handicapés qui font commerce de leur handicap", comme de la scène où il est prosterné sur un lit ... Le livre c'est la réalité de mots démultipliée par la force de l'imaginaire.

C'est une première évolution.

Une seconde évolution mérite l'attention.

Hier, le livre alertait l'esprit. Aujourd'hui, il doit conforter l'esprit, consolider l'idée admise avant ... lecture.

En effet, rien ne voue un livre au succès.

Prenons le cas des États-Unis. Hillary Clinton rate la promo de son livre tandis qu'Elizabeth Warren change de dimension avec le succès du sien. Presque comme Barack Obama en 2007.

Pourquoi ?

Parce que les lecteurs voient dans un livre ce qu'ils comptaient voir et qui dépasse de beaucoup le seul livre. C'est donc un redoutable miroir. François Hollande est très impopulaire. Le livre de Valérie Trierweiler apporte de l'eau au moulin de l'opinion. L'eau que l'opinion attendait pour conforter son sentiment initial.

Si François Hollande avait été populaire, le succès du livre de Valérie Trierweiler aurait été très difficile.

Le livre ne crée plus l'assaut pour faire changer l'esprit mais il conforte l'opinion installée. Il rassure. Il crédibilise.

Hillary Clinton ne fait pas décoller sa campagne de lancement pour la présidentielle. Donc le lancement de son livre pas davantage.

Elisabeth Warren apporte le neuf attendu par l'opinion. Elle clive. Elle surprend. Donc le livre bénéficie de ce courant.

L'opinion se fait progressivement tellement à l'idée d'avoir toujours raison qu'elle devient une vague contre laquelle il est quasi-impossible de lutter. C'est une situation qui a de quoi inquiéter quand on connait la versatilité de l'opinion comme le caractère superficiel de bon nombre de ses critères de décisions.

Hier, le livre était un cri, une alerte, une mise en cause. Aujourd'hui, il est devenu un témoin rassurant sinon voué à disparaître dans l'embouteillage des publications.

Ce témoin que l'opinion se plait à questionner pour être confortée dans ... son choix de départ.

Pas sûr que le livre y gagne dans la durée ni l'opinion d'ailleurs.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, juillet 4 2014

Edito - Le temps des signes

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Hier la politique c'était donner un sens. Il fallait donc des raisonnements. Aujourd'hui, c'est faire signe. Il faut donc des images.

Dernière preuve en date de cette évolution : le bide du livre d'Hillary Clinton en dépit d'un fort matraquage publicitaire.

Dès la seconde semaine, les ventes se sont effondrées.

Des ventes qui ne permettraient même pas de compenser les seules avances sur droits d'auteur effectuées par l'éditeur.

Aujourd'hui pour dire que des responsables politiques s'entendent, c'est le selfie ou la tape amicale démonstrative et non plus le ... communiqué.

Pour indiquer qu'une femme engagée en politique est aussi une mère de famille, c'est la photo qui le prouve.

Hillary Clinton voulait marquer un temps fort avec son livre. Elle va probablement le faire mais comme faire part de décès d'une méthode passée pour lancer sa campagne.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, juin 19 2014

Edito - Etats-Unis - Russie : c'est l'inversion des valeurs auxquelles nous étions habitués !

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Lors de son entretien à Europe 1 et TF1 le 4 juin, Vladimir Poutine a déçu une partie de la presse française car ses propos étaient en contradiction avec la caricature qu’ont fait de lui certains médias français, selon Ivan Blot :

"Ils voulaient voir un dictateur impérialiste et ont entendu un président démocrate et patriote. La déconvenue de ces journalistes russophobes montre qu’ils sont des hommes rivés sur le passé. Dans le passé, les États-Unis étaient une puissance conservatrice libérale et chrétienne, l’URSS était une dictature communiste athée. Les États-Unis étaient les libérateurs de 1944 face à l’occupation allemande. L’URSS, bien qu’ayant été l’ennemi principal d’Hitler, était surtout la puissance d’occupation de l’Europe de l’Est, enfermée derrière le rideau de fer.

Aujourd’hui, tout s’est inversé et il est difficile de changer ses habitudes de pensée. La Russie est une puissance conservatrice, libérale et chrétienne. Les États-Unis exportent de plus en plus au nom des droits de l’homme déformés, une idéologie égalitaire dogmatique qui s’oppose à la famille, à la religion et à la patrie, en tous cas dans tous les pays étrangers. Ils ont introduit ou contribué à introduire le chaos en Irak, en Afghanistan, en Lybie, voire en Syrie, avec des interventions militaires désordonnées, justifiées par des mensonges comme en Irak ou des interprétations frauduleuses de décisions de l’ONU comme en Lybie.

C’est l’inversion des pôles : la Russie est dans le camp de l’ordre et de la paix, les USA dans le camp des révolutions et des coups d’État voire des guerres.

Pourtant, des journalistes et des hommes politiques veulent continuer de voir dans la Russie une dictature impérialiste comme l’URSS d’autrefois.Hillary Clinton s’est permis des comparaisons entre Poutine et Hitler, ce qui est une ignominie mais aussi une stupidité : à ce compte, c’est comme si l’on accusait madame Angela Merkel d’être une communiste autoritaire sous le prétexte qu’elle a fait partie du dernier gouvernement communiste d’Allemagne de l’Est.

Pour l’Europe, c’est la même chose. L’Union européenne a été créée sur un modèle non démocratique mais bureaucratique, celui des agences fédérales américaines créées par Roosevelt. Aujourd’hui, le monopole de la proposition des lois par la Commission de Bruxelles, le cumul en son sein des tâches législatives et exécutives ne se justifient plus, (...)

En économie, c’est la même chose. Beaucoup de politiciens et fonctionnaires français ont été formés à l’École nationale d’administration (ENA) qui, sur le plan de l’enseignement de l’économie, avait 30 ans de retard, restant à Keynes et ignorant les économistes plus modernes comme Hayek. Résultat : on a les impôts les plus décourageants du monde, un interventionnisme brouillon de l’État et des réglementations archaïques. (...)

Notre système de formation des élites en sciences sociales est archaïque et beaucoup d’hommes politiques français vivent encore sur des vieilles idées diplomatiques ou économiques des années 1950. (...)"

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE