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samedi, juillet 26 2014

Edito - "Des migrants par millions", disent les services secrets !

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Il Tempo : Ils sont des millions. Ils fuient la guerre, des dictatures, des persécutions religieuses, la faim. Et ils ont toute la même destination: l’Italie. Pour beaucoup c’est seulement une terre de passage, pour d’autres la destination finale de leur voyage désespéré. Ils viennent de la Tunisie, du Maroc, de l'Égypte, de la Syrie, de la Corne de l’Afrique, du Subsahara, de l’Érythrée, de la Somalie, du Nigeria, du Soudan, du Congo, de l’Inde, du Sri Lanka, des Philippines.

Pour ce qui concerne l’Afrique, 90 % atteignent les côtes libyennes pour se diriger vers la Péninsule italienne. Un exode biblique qui enrichit les marchant d’hommes en favorisant le trafic de drogue et l’infiltration de terroristes islamistes potentiels. Cet exode fait exploser les structures d’accueil, appauvrit les caisses de l’État et cela compromet l’efficacité des contrôles sanitaires, en donnant maintenant vie au spectre de la diffusion de maladies infectieuses comme l’ebola meurtrier, le tbc, la méningite, le choléra...

La « forteresse Europe » est attaquée. Et le pied-de-biche pour accéder à l’UE passe par les côtes italiennes. Conflits à fond religieux ou inter-tribales, dictatures impitoyables, famines et progrom intérieurs poussent une masse énorme de gens à chercher leur salut dans l’émigration, un phénomène qui ces derniers mois a pris une dimension alarmante. Et, en effet, les services secrets sont alarmés. Beaucoup. Dans leurs rapports, soulignent que les progrom récents sont attribuables aux deux facteurs principaux: « les combats entre milices en Libye et la guerre civile en Syrie ».

Dans le cas premier, après la chute de Kadhafi, l’État central est en train d’effriter sous la pression des luttes entre tribus et des séparatistes « excessifs en Cyrénaïque et dans le Fezzan. » Le pays est divisé et les organisations criminelles en profite pour développer leurs trafics illégaux, en comptant aussi sur la corruption de de ceux qui contrôlent les frontières. Dans ce tableau, beaucoup de milices irrégulières, « les Katibe » exploitent le phénomène pour s’autofinancer. De leur point de vue, l’opération Mare Nostrum représente une opportunité : ils savent qu’ils vont devoir affronter un parcours plus bref qu’avant, en pouvant compter sur l’intervention de la Marine italienne pour secourir les naufragés éventuels ou chalands à la dérive.

En Syrie trois facteurs sont à l’origine des fuites massives : la guerre civile qui semble ne pas avoir de fin et qui emmène beaucoup de réfugiés déjà sortis du Pays quitte à « perdre chaque espoir d’un retour rapide en Patrie » et donc à tenter d’atteindre l'Europe du Nord, toujours à travers l’Italie ; l’attaque des communautés « chrétiennes » de la part des musulmans intégristes, Al Qaïda ; l’indigence croissante de la population.

La Libye est le point de départ maintenant de 90 % des migrants provenant du « continent noir ». Une sorte de « hub migratoire privilégié ». Et c’est là que se concentre le nombre le plus grand de gens dans l’attente de s’engager pour la Sicile ou, chose rare, pour la Calabre. Par contre beaucoup de Syriens mais aussi des Palestiniens passent par la Turquie avec des vols de ligne. La « nouvelle filière turque » trouve son origine aussi dans les politiques antiterroristes et anti-criminelles du gouvernement du Caire qui considère les syriens voisins réfugiés comme des proches des « Frères Musulmans déchus ».

Aussi le Sahel est devenu un couloir important pour les trafiquants d’hommes, grâce à la porosité des frontières et à l’instabilité politico-économique. Mais les préoccupations des services secrets ne concernent pas seulement la Libye et la Syrie. Dans l’avenir immédiat, ils prévoient que les flux migratoires auront aussi pour origine la République Centrafricaine dévastée par les combats entre rebelles et des religieux persécutés, qui ont déjà fait un million de réfugiés. Au Nigeria les milices de Boko Haram ont presque provoqué l’an dernier un demi million de « déplacés » pendant que 60.000 Nigériens se sont échappés au Cameroun, au Tchad et au Niger (…).

La prévision des services secrets est que à cause de l’impuissance des hommes politique « d’être certains et fiables » à pouvoir maintenir valides les pactes établis entre notre Pays et la Libye, le phénomène va prendre des formes plus structurées. Ce n’est pas tout, le trafic de clandestins et la nécessité de contrôler le territoire à cette fin favorisent le trafic de drogue, d’armes et la contrebande.

Enfin on ne peut pas être tranquille. Aussi parce qu’il y a le risque d’épidémies. Le nombre exceptionnel de migrants arrivé rend ardu les « contrôles sanitaires à bord de nos navires et dans les points d’abordage Siciliens ». Et, quoique pour le moment il y n’ait pas de « signaux » de pathologies dangereuses, on relève la diffusion entre les populations africaines du virus Ebola, présent en Guinée, au Libéria et a au Sierra Leone. Du choléra, au Soudan, de la tuberculose et de la poliomyélite, dans la Corne de l’Afrique et dans la zone Subsaharienne. De la méningite, dans l’enclave ibérique de Melilla et du Mers, un syndrome respiratoire très différent du Sars, en Algérie et en Arabie Saoudite.

Ils arriveront non seulement nombreux mais ils seront bientôt très enragés. En effet, nos structures d’accueil sont saturées maintenant et cela aggrave « les conditions de privation des migrants », ce qui engendre des protestations, « aussi violentes », comme des épisodes d’« automutilation » et de fuites en masse.

Cet exode pourrait compromettre l’intégration des étrangers en développant l’agrandissement des ghettos « ethniques », et en exposant les migrants à prostitution et travail noir ou à l’enrôlement dans le milieu organisé, intéressée à « intercepter les demandes de quelques entrepreneurs » méridionaux pour le travail dans les champs.

Finalement l’invasion peut rendre difficile les procédés d’identification des nouveaux venus en permettant de faire entrer dans nos frontières nationales des « criminels ou des terroristes djihadistes. » Nos gouvernants sont avertis."

Source

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, juillet 23 2014

Edito - Assassinat des Chrétiens d'Irak : l'appel du Cardinal Barbarin

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"Les mots semblent impuissants devant la tragédie des chrétiens d'Orient. En Irak, les informations parfois contradictoires qui nous parviennent témoignent du chaos et de l'angoisse de nos frères. Mardi 24 juin, j'avais reçu l'appel du Patriarche des Chaldéens, Louis-Raphaël Ier Sako que j'avais eu la joie d'accueillir à Lyon en mars. Il était en synode avec une vingtaine d'évêques de la région. Il m'avait dit que la situation était effrayante, mais que des menaces beaucoup plus graves étaient encore à venir. L'éradication des minorités religieuses n'est hélas pas un dommage collatéral de la folle stratégie des assassins : c'est leur but affiché.

En France, il faut bien le dire, la situation des chrétiens d'Irak n'est pas un grand générateur d'émotions. Comment expliquer que, jusque dans nos paroisses, nous ne portions pas davantage le souci de nos frères d'Orient ? Plusieurs raisons l'expliquent sans doute. La presse est le reflet des consciences de notre pays: les chrétiens de là-bas sont considérés comme un problème étranger. Il y a sans doute aussi une espèce de fatalisme : la région est en proie à des secousses meurtrières depuis si longtemps que tous, nous nous habituons à l'inacceptable.

Le fait qu'ici, en Occident, les religions soient officiellement respectées mais aussi fréquemment suspectées, n'arrange rien. La situation des chrétiens persécutés dans le monde ne provoque souvent chez nos politiques qu'une compassion polie, tardive et peu suivie d'effets.

Asia Bibi a entamé sa quatrième année de détention préventive dans une prison pakistanaise de haute sécurité sans que cela n'empêche grand-monde de dormir ; Meriam Yahia Ibrahim Ishag avait accouché dans les prisons soudanaises, enchaînée pour allaiter son petit dans le couloir de la mort. Là encore, il a manqué de grandes voix françaises pour s'y opposer simplement, fortement, fermement.

Le réflexe communautaire d'un groupe humain l'invite à défendre ses membres. Que les chrétiens aient reçu la vocation d'aimer tout homme sans distinction de race, de culture ou de religion est un enseignement directement issu de l’Évangile. Mais, de grâce ! que cela ne nous fasse pas fermer les yeux sur les malheurs de nos frères les plus proches.

En 1794, l'un des plus grands massacres de prêtres de notre histoire s'est déroulé à Rochefort. 829 prêtres réfractaires y ont été déportés par le Comité de Salut public ; sur les 829, seuls 274 survécurent : ils firent le serment de ne jamais parler de l'horreur qu'ils avaient vécue, pour permettre à la France de se relever.

Aujourd'hui, la ville de Qaraqosh, dans la plaine de Ninive, est devenue sous l'afflux des réfugiés la plus grande ville chrétienne d'Irak. Entendez-vous le cri qui monte ? C'est celui d'un camp de réfugiés. Qaraqosh n'est pas Rochefort, car le massacre est en cours. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas rester silencieux.

Le Patriarche me disait hier qu'une partition du pays serait préférable à une guerre civile qui tue d'abord les innocents. Si seulement la communauté internationale pouvait aider à trouver une solution… Mais n'attendons pas tout des États et de leur diplomatie. Agissons ici et maintenant, comme le Pape nous y a appelés.

Lorsque Jean-Paul II m'a accueilli dans le collège des cardinaux, il a insisté sur le sens de la pourpre cardinalice : c'est le rappel du sang des martyrs. C'est pourquoi j'appelle aujourd'hui les chrétiens d'ici à faire monter vers le ciel une prière fervente pour nos frères d'Orient. Je les invite à cultiver la conscience de cette fraternité qui nous lie par-delà les kilomètres et les siècles. Je veux leur redire les paroles du Patriarche: « Ce qui nous manque le plus, c'est votre proximité, votre solidarité. Nous voulons avoir la certitude que nous ne sommes pas oubliés! »

Je propose d'encourager les associations œuvrant dans la plaine de Ninive. Je supplie les chrétiens d'ici et tous les hommes et femmes de bonne volonté qui travaillent dans les secteurs de la santé, de l'éducation, de l'alimentation, de l'aide d'urgence de venir en aide aux survivants. J'ai le désir de lancer un jumelage entre notre diocèse et l'un de ceux qui en a le plus besoin. Je suggère qu'un pourcentage des quêtes de nos paroisses qui le souhaitent soit versé durant l'année qui vient pour le soulagement de la détresse de nos frères d'Irak. J'invite tous les chrétiens à rester éveillés et attentifs, à être les veilleurs de leurs frères.

Que les héritiers de Saint Pothin deviennent les frères de ceux de Saint Thomas, apôtre de l'Orient. Comme l'a dit le Pape François, nous sommes face à un œcuménisme de sang : ce ne sont pas des catholiques, des protestants, des orthodoxes que l'on martyrise : ce sont des chrétiens. Il est d'ailleurs à craindre que les persécutions ne s'arrêteront pas aux chrétiens. Il faut dès aujourd'hui que la ville de Qaraqosh devienne un sanctuaire pour tous les belligérants, et un havre de paix pour les populations civiles qui, par milliers et de toutes les confessions, y affluent. Car ce sont des hommes que l'on tue, dans le silence, entre deux ola d'un stade de foot brésilien.

Le Patriarche me l'a dit : «Nous gardons espoir, mais comme vous le savez, l'espoir est fragile ». Et si leur espoir était aussi entre nos mains ? Le Pape François le rappelle : « Les chrétiens persécutés pour leur foi sont si nombreux! Jésus est avec eux. Nous aussi ». Nous aussi!".

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juin 16 2014

Edito - 2003, Chirac sur l’Irak : la décision US engage la stabilité du monde

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Nous sommes le 18 mars 2003. George W. Bush, mis en échec par le Conseil de sécurité, vient de lancer un ultimatum à Saddam Hussein pour le sommer de quitter son pays faute de quoi ce serait la guerre. Une décision, expression pure de la volonté impérialiste, violant les plus basiques des principes du droit international, et en engageant « l’avenir d’un peuple, l’avenir d’une région, la stabilité du monde ». La responsabilité est US est accablante : qui leur présentera l’addition ?

Voici la déclaration de notre Jacquot national alias Chichi. Impeccable. Il fallait écouter Jacques Chirac, et quels massacres nous aurions évités…

Depuis le début de la crise irakienne, la France s’est attachée à rendre possible le nécessaire désarmement de l’Irak sous l’autorité des Nations Unies. Ce désarmement est en cours, les inspecteurs en témoignent.

La France a agi au nom de la primauté du droit et en vertu de sa conception des rapports entre les peuples et entre les nations.

Fidèle à l’esprit de la Charte des Nations Unies, qui est notre loi commune, la France considère que le recours à la force est le dernier recours, quand toutes les autres options ont été épuisées.

La position de la France est partagée par la grande majorité de la Communauté internationale. Les derniers débats ont clairement montré que le Conseil de Sécurité n’était pas disposé, dans les circonstances présentes, à cautionner une marche précipitée à la guerre.

Les États-Unis viennent d’adresser un ultimatum à l’Irak. Qu’il s’agisse, je le répète, du désarmement nécessaire de l’Irak ou du changement souhaitable de régime dans ce pays, il n’y a pas là de justification à une décision unilatérale de recours à la guerre.

Quelle que soit l’évolution prochaine des événements, cet ultimatum met en cause l’idée que nous nous faisons des relations internationales. Il engage l’avenir d’un peuple, l’avenir d’une région, la stabilité du monde.

C’est une décision grave, alors que le désarmement de l’Irak est en cours et que les inspections ont démontré qu’elles étaient une alternative crédible pour désarmer ce pays.

C’est aussi une décision qui compromet pour l’avenir les méthodes de règlement pacifique des crises liées à la prolifération des armes de destruction massive.

L’Irak ne représente pas aujourd’hui une menace immédiate telle qu’elle justifie une guerre immédiate. La France en appelle à la responsabilité de chacun pour que la légalité internationale soit respectée. Elle appelle à préserver l’unité du Conseil de Sécurité en restant dans le cadre fixé par la résolution 1441.

S’affranchir de la légitimité des Nations Unies, privilégier la force sur le droit, ce serait prendre une lourde responsabilité.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, juin 15 2014

Edito - La guerre en Irak connaît des rebondissements majeurs

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La décomposition de l'Irak tétanise l'Amérique... et la France s'enflamme pour le match contre le Honduras.

Barack Obama cherche une réponse à l'avancée des djihadistes de l'EIIL, deux ans et demi après le départ des GI's.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

Edito - Après la Lybie, la Syrie, l'Irak !

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En détruisant l’État baasiste de Saddam Hussein, dictature autoritaire mais respectueuse des équilibres ethniques et religieux, et notamment des minorités chrétiennes, l’intervention américaine de 2003, soutenue par de nombreux pays européens, a déstabilisé toute la région. Le soutien des États-Unis et de l’Union européenne aux factions rebelles extrémistes en Syrie renforce et légitime une barbarie qui s’enracine partout.

Seule une politique étrangère équilibrée dans le monde arabe, le rejet des ingérences prétendument humanitaires, guidées en réalité par l’appétit économique des multinationales américaines et une diplomatie véritablement non alignée, pourront empêcher l’embrasement du Moyen-Orient.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, mai 25 2014

Edito - Chypre, une ile coupée en deux, voire en trois…

0.Achypre-ente-l-europe-et-la-turquie.jpgAlors que Chypre est membre à part entière de l'union européenne depuis le 1er mai 2004, le passé et le passif de cette île n’est pas vraiment connu de nous autres Européens, notamment les dernières évolutions de ce territoire coupé en deux depuis 1974, après l’occupation du nord du pays par l’armée turque. Une intervention qui a modifié aussi la sociologie et l’économie du pays. En fait, Chypre n’est pas seulement coupé en deux mais en trois, avec deux bases sous pleine souveraineté britannique qui abritent non seulement les avions britanniques mais servent également aux alliés (américains essentiellement) pour poser leurs avions et déplier leurs « grandes oreilles ». A deux pas de la Syrie, du Liban, d’Israël… c’est toujours utile…

J’ai relu hier ce livre de Jean-François Drevet et je conseille à chacun de lire et/ou de le relire. Car il campe à la fois le paysage politique de cette séparation mais aussi ses conséquences en matière de population comme économiques. Alors que le nord semblait s’appauvrir, le sud retrouvait un certain dynamisme. Les négociations du début des années 2000 sous l’égide de Kofi Annan ont failli aboutir mais ont buté sur des intransigeances des deux cotés. A lire J.-F. Drevet, on comprend que la situation n’est pas toujours très simple. Et qu’on ne peut imputer ce rejet vraiment aux chypriotes grecs, du moins à eux seuls.

L’intérêt de l’intégration européenne semble visible, même si l’Europe hérite ainsi d’un pays coupé en deux par un mur. Mais finalement cette situation un peu ubuesque – où le nord est à la fois dans l’Union européenne et hors d’atteinte de l’UE – n’est pas vraiment une première. C’était déjà le cas de l‘Allemagne de l’Est pendant une trentaine d’années.

Normalien, géographe, Jean-Francois Drevet a été responsable de la prospective, puis de l’élargissement à la DG (direction générale) de la politique régionale de la Commission Européenne de 1989 à 2005.

• Chypre, entre l’Europe et la Turquie (éditions Karthala, 2011, 356 p., 24 euros);

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, mai 24 2014

Edito - Le très beau combat de la Veuve Tabitha Speer

0.A1297319988457_ORIGINAL.jpgAujourd'hui, dans l’État de l'Utah, Tabitha Speer, veuve d'un jeune soldat des troupes spéciales américaines, engagera une procédure en dommages intérêts contre Omar Khadr.

L'époux de Tabitha Speer a été tué en Afghanistan. A Guantanamo, Omar Khadr a reconnu ce meurtre parmi beaucoup d'autres.

Tabitha Speer introduit une action en justice pour demander réparation : 38 millions de dollars pour la mort de son époux, 2 millions de dollars pour la souffrance avant la mort.

A cette demande s'ajoute la procédure d'un soldat désormais aveugle suite à un attentat reconnu par Omar Khadr.

C'est un beau combat que celui de cette veuve.

Dans le dossier russe, les États "frappent aux portefeuilles" des proches de Poutine. Ils revendiquent l'efficacité de telles procédures.

Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les financiers du terrorisme islamiste ?

C'est un très beau combat que celui de Tabitha Speer qui peut compter sur l'émotion et la solidarité d'une grande partie de l'opinion américaine.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mai 15 2014

Edito - Napoléon 1er, le promoteur de l’idée nationale

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Au même titre que Jésus-Christ, Alexandre le Grand ou Mozart, Napoléon Bonaparte (1769-1821) fait partie de ces météores dont les destins fascineront toujours les hommes. Venant de la petite noblesse corse, il surgit dans l’histoire à 25 ans (campagne d’Italie).

Les exploits s’enchaînent : expédition d’Égypte ; coup d’État du 18 Brumaire… Devenu Empereur des Français, il multiplie les victoires militaires et ne cesse de redessiner la carte politique de l’Europe. L’épopée finit mal : retraite de Russie, première abdication, retour pour les Cent Jours, deuxième abandon du pouvoir, exil à Sainte-Hélène. Napoléon étant un héros, sa fin tragique grandit et nourrit sa légende.

Dans une perspective géopolitique, l’aventure napoléonienne rappelle qu’un individu, aussi exceptionnel soit-il, finit toujours par buter contre des réalités fortes.

« Les faits sont têtus » selon Lénine. Du strict point de vue géopolitique, Napoléon arrive trop tard. La France a perdu au XVIIIe siècle l’affrontement planétaire l’opposant à l’Angleterre (en 1763, par le traité de Paris, la France renonce notamment à ses possessions au Canada).

L’Angleterre est maîtresse des océans. Napoléon, triomphant sur terre, ne peut briser l’étau par lequel la flotte britannique étouffe l’Europe napoléonienne. Les économies européennes, coupées du monde, sont asphyxiées. En 1812, Napoléon envahit la Russie pour soumettre ce colosse qui s’obstine à échanger avec l’Angleterre. C’est le désastre.

Le constat est plus nuancé sur le plan idéologique. Napoléon est fils de la Révolution française, c’est un parvenu. Il fait tout pour apparaître comme un monarque de droit divin : couronnement impérial (cérémonie lors de laquelle Napoléon ne résiste pas à l’impulsion de se couronner lui-même) ; création d’une noblesse d’Empire ; deuxième mariage avec Marie-Louise de Habsbourg-Lorraine, archiduchesse d’Autriche.

Pour l’Europe des rois et des princes, terrifiée par la Révolution et ses idées, Napoléon ne sera jamais des siens. Il n’est pas Empereur de France mais Empereur des Français.

L’Europe de l’Ancien Régime ne saurait que vouloir la destruction de Napoléon, dont les soldats répandent les principes révolutionnaires.

Napoléon écarté, les idées révolutionnaires n’en continuent pas moins leur chemin, se retournant d’abord contre la France en fournissant la meilleure des justifications aux résistances nationales allemande, italienne, espagnole, russe qui trouvent dans l’envahisseur français l’ennemi qui soude leur unité. __ En 1918, les idées révolutionnaires remportent une victoire écrasante : les vieux empires – Romanov en Russie, Hohenzollern en Allemagne, Habsbourg en Autriche-Hongrie…– sont balayés, les nations triomphent. 1918 ou la revanche posthume de Napoléon !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, mai 9 2014

Edito - Rapt de 250 lycéennes : L’incurie du pouvoir nigérian, et notre indifférence

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Le groupe islamiste armé Boko Haram a revendiqué dans une vidéo, obtenue lundi 5 mai par l'Agence France-presse, l'enlèvement de deux cent soixante-seize lycéennes à la mi-avril dans le nord-est du Nigeria. Il y menace de les traiter en « esclaves » et de les « marier » de force. « Je vais les vendre sur le marché, au nom d'Allah. (...) J'ai dit que l'éducation occidentale devait cesser. Les filles, vous devez quitter l'école », dit le chef du groupe extrémiste, Abubakar Shekau.

Qui ça ? Des nigérianes. Ah bon,… alors ce n’est pas si grave. Enfin un peu de sensationnel quitte à me répéter de façon lourdingue : « J'ai enlevé vos filles. Je vais les vendre sur le marché, au nom d'Allah ». Là tout s’éclaire. C’est le revival du Mali, le Nigeria est menacé d’une sécession, entre le Nord musulman et le Sud chrétien… Ce qui est fort regrettable pour ce sympathique pays, avec ses 165 millions d’habitants, ses investissements en flèche, et ses réserves pétrolières, qui en font le premier exportateur pétrolier africain et la première puissance économique d’Afrique. Si vous voulez faire du fric en Afrique, ne perdez pas votre temps, misez sur le Nigéria.

D’ailleurs, le monde des gens bien ne s’y trompe pas. Depuis mercredi, se presse dans une capitale blindée de forces de l’ordre un Forum économique mondial, qui est une sorte de Davos africain. Une opération de prestige pour Goodluck Jonathan, le président nigérian, candidat à sa réélection en 2015.

Alors, voici soudain dénoncé à la face du monde ce mal absolu, le groupe Boko Haram,… et ce sont effectivement de vrais salopards. Mais, dans ce pays riche et démocratique, comment un tel groupe, créé il y a plus de douze ans, peut-il prospérer ? Encore un ravage de l’intégrisme ?

Oui, sauf que l’intégrisme ne prospère pas sans son terreau, toujours le même, l’injustice sociale. Dans le riche Nigéria, 60 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, et les inégalités s’accroissent depuis le retour à la démocratie en 1999. Cette pauvreté est omniprésente dans le Nord, bordé par le Niger, le Tchad et le Cameroun. Le nom de Boko Haram, qui signifie le « livre interdit » par rejet de l’instruction, est là-bas déjà inscrit par la réalité sociale : dans le Nord, 80 % des jeunes sont illettrés et 50 % des enfants en âge d’être scolarisés ne le sont pas. Des chiffres qui, je l’espère, ne plomberont pas le moral du Davos africain.

Mais il y a plus. A l’origine, Boko Haram était un mouvement religieux protestataire, qui recueillait de l’écho dans la population compte tenu de l’inégalité viscérale de l’économie nigériane. Aussi, tout l’appareil nigérian, mis en cause, a engagé une répression violente, parfois erratique, parfois aveugle, toujours incohérente… et sans aborder la moindre réforme sociale sérieuse. Mais taper sur le terrorisme, c’est la recette magique... Résultat : Boko Haram n’a cessé de se renforcer, avec plus de 200 attentats et méfaits graves, dont certains au cœur d’Abuja, souvent contre des écoles. Au total plus de 1500 morts.

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Le rapt massif du 14 avril témoigne de l’incurie de l’État. Les faits sont eu lieu à Chibok, dans le Nord du pays, dans la zone où Boko Haram est bien installée. Pour réaliser cet enlèvement massif, une véritable colonne de véhicules a fait la distance, avec une équipe nombreuse et armée. On parle de 200 djihadistes, 20 pick-up, des motos. Les bandits se sont présentés en uniforme de l'armée nigériane, tenant des propos rassurants et prenant tranquillement le contrôle du lycée. Des coups de feu ont alors été tirés, les jeunes filles embarquées manu militari, et le bâtiment a été incendié. Quelques jeunes filles ont pu s’échapper, et ont tout expliqué.

Des alertes ont été données : aucune réaction des autorités.

Le lendemain de l'enlèvement, le porte-parole de l'armée a affirmé que la quasi-totalité des filles avait été secourues. En réalité, la police et l’armée n’ont rien fait. Dans cette zone réputée dangereuse, comment le convoi a-t-il pu passer – à l’aller et au retour – sans encombre, sans être repéré ? Aucune patrouille pour contrôler ces routes, alors que l'alerte a été donnée ? Et comment justifier qu’il n’y ait eu aucune contre-attaque par les forces de l’ordre en trois semaines ?

Ce lundi, Boko Haram a commis une nouvelle attaque dans une autre ville du Nord-Est, Gamboru Ngala, avec un bilan de 300 morts. 300 morts ?... Trois lignes dans la presse. Il est vrai que c’est moins passionnant que la messe médiatique pour le marathon de Boston, où le monde entier était amené à se recueillir sur les trois morts de l’an dernier. Ça aurait aussi pu être plus intéressant si Boko Haram avait flingué un avion au-dessus de la mer… Mais là, juste un massacre au Nord du Nigéria

« Article 1 : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Il y a vraiment des jours où j’enrage.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, mai 7 2014

Edito - La nouvelle "durée" de la mémoire publique ...

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Il y a un peu plus de 3 ans, dans la nuit du 1er au 2 mai 2011, Oussama Ben Laden était tué lors d'une opération des troupes américaines au Pakistan. Ce "troisième anniversaire" vient de se dérouler sans une ligne dans la presse française consacrée aux détails de l'opération ou aux suites de cette situation.

Pendant des mois et des mois, la traque faisait les unes. Trois ans après son décès, Oussama Ben Laden aurait disparu de la mémoire collective française au point de ne "mériter" aucune mention.

C'est le raccourci le plus significatif de la nouvelle "durée" de la mémoire publique.

Le flux d'informations inonde au point que la fuite serait en permanence désormais dans l'information à ... venir.

C'est un dispositif très inquiétant.

Même inquiétude sur l'utilisation de mots avec l'exemple de l'Ukraine. Combien de morts faudra-t-il donc pour que l'Ukraine soit reconnue en état de "guerre civile" ?

Tout semble décalé parce que le mot même de "guerre civile" pour un État aux portes des institutions de l'Union Européenne choque.

La mémoire publique chasse vite les évènements et elle hésite à les "accueillir" quand le politiquement correct est perturbé. Pas de quoi s'étonner alors que les critères de jugement se fragilisent.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, mai 5 2014

Edito - Dominique de Villepin et le regard sur la crise de l'Ukraine

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Sortir des polémiques permanentes, donner un regard constructif sur un sujet majeur marginalisé dans l'information française : c'est la contribution de Dominique de Villepin sur la crise de l'Ukraine : DdV et l'Ukraine

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE