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lundi, janvier 19 2015

Edito - François Hollande ou la communication finira-t-elle par avoir la peau de la réflexion ?

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Depuis une semaine, le "scénario de la guerre" nous est vendu comme une super-production. Avant hier à 13 heures 15, le supplément infos de France 2 était un "modèle" en la matière.

Le scénario est simple : François Hollande est transformé en chef de guerre pour lutter contre le pire ennemi qui soit : l'ennemi de l'intérieur. En 2012 son ennemi de l'intérieur c'était la finance. A-t-il seulement livré cette guerre annoncée (?), voilà qu'il en ouvre une seconde : celle des religions. Ou plutôt une quatrième puis-qu’entre temps il y avait eu la guerre perdue de la baisse du chômage puis celle pas encore livrée mais déjà annoncée de la guerre pour le climat (décembre 2015).

L'actualité serait morose et rasante. La "guerre" contre l'ennemi intérieur écrase cette actualité. L'opération "bouclier de France" applique les mêmes fondamentaux que le "bouclier du désert" en 1991. Les "enfants politiques de Mitterrand" retrouvent l'ambiance d'octobre 1990 quand toute la nation était soudée autour de son Président (Mitterrand) pour libérer les otages. Rien ne manque à la comparaison y compris les Le Pen qui se prennent les pieds dans le tapis dans de telles circonstances.

Mais quand la communication s'effacera-t-elle devant une réflexion ?

1) La réflexion suppose le pluralisme des appréciations. Ce pluralisme fait totalement défaut. Par exemple, les États-Unis commencent à expliquer pourquoi Obama n'aurait pas voulu venir le 11 janvier. Pas un mot en France sur ce volet.

2) la réflexion suppose une analyse calme avec des visions dans le temps, des plans de paix. Où sont ces analyses, ces visions, ces plans quand tout n'est qu'émotions immédiates ?

3) Et comme en France le soutien "vole au secours du succès", les sondages vont maintenant auto-entretenir le rebond dans l'opinion. Il y a même la formulation que François Hollande aurait "réussi la seconde élection" celle devant la crise ... Il faut quand même oser dans une démocratie.

La super-production marche à fond. Le "pays de la pensée" prend un surprenant visage quand il doit défendre la liberté d'opinion et d'expression.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, décembre 1 2014

Edito - VGE : le grand oublié de l'anniversaire de la "loi Veil"

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La France a un vrai souci avec son Histoire. Tantôt elle l'oublie très rapidement. Tantôt elle le scénarise avec un sens de la discrimination assez surprenant. Ce fut le cas cette semaine avec les 40 ans de la "loi Veil" sur l'avortement. Il n'a jamais été question de VGE. Ou si peu.

Dans un régime où tout procède du Chef de l’État, là le Chef de l’État était ... absent. Il n'existait pas. Pas un commentaire pour quand même célébrer celui qui a eu le talent et le courage de nommer des personnalités comme Simone Veil ou Françoise Giroud.

A en croire l'actualité de la semaine écoulée, Simone Veil a été nommée toute seule. Elle a présenté le dossier de sa seule initiative. Où était donc Valéry Giscard d'Estaing à cette époque ?

C'est incroyable, cette incapacité à ne pas discriminer une lecture historique en France.

C'est probablement l'une des raisons du malaise de ce pays. Il n' a jamais l'honnêteté de regarder son Histoire en face. Ses meilleurs moments. Ses pires moments. Dans ces conditions, comment profiter des premiers et comment éviter les seconds ?

En 40, tous les Français ont été résistants.

En 60, la France n'a abandonné aucun de ses territoires. Quand elle a fait la guerre, la torture a été exceptionnelle, des faits personnels.

Et bien sûr, la France est écoutée de la terre entière.

Ainsi vont les légendes politiques bien orchestrées.

Une légende s'ajoutera : Simone Veil a été détachée de tout gouvernement pendant une loi qui mettait à l'épreuve une société, donc pas banale.

Il est même possible que la date anniversaire ne soit pas la bonne. Comme c'est le cas en espèce.

En 1974, au 1er tour de la présidentielle, si j'avais eu a le faire que crois j'aurai voté Jacques Chaban-Delmas. Au second tour en 1974, j'aurai voté VGE. Parce que François Mitterrand a toujours incarné à mes yeux la "gauche insupportable", celle qui porte le cœur en bandoulière, qui fait espérer les couches populaires mais qui vit dans les pires clichés de la "droite" à titre personnel. C'est si simple en France.

Dernièrement,sur France 2, j'ai regardé avec intérêt le portrait d'Arlette Laguiller. Quel air pur. Je ne partage pas ses idées. Mais quelle honnêteté dans ses combats. Quelle honnêteté entre ses combats collectifs et son comportement personnel.

Je pense VGE a été un bon et honnête président de la République. Malheureusement, à cette époque, j'étais trop jeune pour voter.... mais, je souviens de tout. Quelle belle mécanique intellectuelle. Sa campagne 1974 a été merveilleuse. une vraie fête.

Son bilan a porté des réformes de société considérables.

Quelle tristesse de ne pas l'avoir vu associé à l'une des réformes importantes de son mandat.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, novembre 28 2014

Edito - Flashmob des Prodiges à Beaugrenelle

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France 2 a réalisé une mobilisation éclair avec des jeunes talents de la musique classique pour la diffusion en fin d'année de son prochain télécrochet.

Piano, violons, violoncelles, trombones, hautbois, flûtes traversières, percussions, cymbales et chanteurs, tout était réuni pour sensibiliser le public à la musique classique et ainsi la « rendre populaire » comme l'avait expliqué il y a un mois Vincent Panozzo, directeur de l'unité divertissement de Shine France.

On adore et on en redemande !!!

C'est ici et tout cela est magnifique.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, septembre 23 2014

Edito - Nicolas Sarkozy : le retour du communiquant affairiste dans sa bulle

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En mars 2012, le président sortant promettait qu’il se retirerait de la politique s’il perdait la présidentielle. Un mensonge de plus pour celui qui semble devoir être le candidat de l’UMP en 2017, et qui s’est livré à une grande opération de communication hier soir avec la complicité de Laurent Delahousse.

Service public de… république bananière

France 2 a fait un beau coup en obtenant la première interview de l’ancien président de la République pour son retour sur la scène publique. Il est évident que les audiences seront bonnes. Mais malheureusement, la déontologie n’en sort pas grandie, Laurent Delahousse ayant davantage joué le rôle de faire-valoir plutôt que celui du journaliste faisant son travail. Certes, quand il a eu le culot d’évoquer les 500 000 chômeurs de plus depuis 2012, il a tout de même rappelé qu’il y en avait eu 750 000 de plus sous son mandat, mais l’ancien président a pu s’abriter derrière la crise de 2008. Et il a laissé passer l’attaque culottée sur le pouvoir d’achat, qui était sa promesse de 2007, pas mieux tenue alors. Enfin, en bon petit soldat du néolibéralisme, il a demandé s’il fallait une « thérapie de choc » : le Medef le remercie…

Il a évoqué les affaires certes, mais il lui a aussi demandé s’il était toujours sur écoute, ce qui a permis à l’ancien président de jouer la victime. Et quand il s’est plaint du non remboursement de sa campagne malgré le soutien de 18 millions de Français, il ne lui a pas rappelé que cela était la conséquence du dépassement du seuil légal de dépenses. Et il a aussi laissé passer l’argument selon lequel s’il était inquiété par les affaires, il ne reviendrait pas à la politique, alors qu’il pouvait lui répliquer en lui disant qu’il n’était peut-être pas in intéressé par l’immunité que confère la présidence. Bref, Laurent Delahousse a été complaisant, laissant même passer son ignorance du nom de Bygmalion sans le relancer sur le montant de ses dépenses de campagne. Et je ne parle pas des récents développements de l’affaire Tapie

Opération communication

Les fils de l’opération de communication étaient extrêmement grossiers. Nicolas Sarkozy s’est présenté comme étant contraint de revenir dans le jeu politique du fait de la gravité de la situation du pays et de sa famille politique. Dans la réalité, son objectif est simple : face à l’émergence d’Alain Juppé, il préfère prendre les devants et prendre le contrôle du parti pour être dans la meilleure position en vue des primaires. Il faut dire qu’à l’UMP, être aux commandes semble avoir une influence sur les résultats des élections internes… Et on voit mal comment le désastre de l’automne 2012 ne peut être sans aucun rapport avec la façon dont le parti avait été dirigé directement ou indirectement par Nicolas Sarkozy

Du coup, ce dernier espère effacer les turpitudes du passé en changeant de nom et en mettant en avant quelques nouvelles personnes. Bref, il espère faire croire qu’un ravalement de façade superficiel vaut pour un véritable renouveau… Et finalement, c’est ce qui est le plus frappant sur cette interview nombriliste : le candidat déclaré est complètement coupé de la réalité, dans sa bulle, si loin de la réalité qu’il n’avance pas la moindre idée, si ce n’est loucher sur Berlin, « ce meilleur de la classe à qui on demande de moins bien apprendre ses leçons », et qu’il fantasme sur le départ des jeunes, qui ne concerne qu’une infime minorité. Rien de nouveau sous le soleil : il communique au lieu de faire de la politique.

Certes, Nicolas Sarkozy dit avoir tiré les leçons du passé, mais il s’abrite derrière la crise pour justifier ses échecs. Il reconnaît même avoir été un peu brusque, mais il s’agit uniquement d’une posture destinée à lui donner le rôle du sage qui aurait de l’expérience et du recul. Une sacrée ficelle à faire passer !

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, septembre 22 2014

Edito - Nicolas Sarkozy, Tea Leoni : France et Etats-Unis lancent leurs télé-séries le même jour

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Aujourd'hui les télé-séries battent tous les autres concurrents : cinéma et même "vie réelle". Hier soir, les États-Unis vivaient le lancement de la nouvelle série CBS supposée tout fracasser, même Scandal. Tea Leoni est la vedette sexy de la "nouvelle politique" attendue par les citoyens américains.

En France, la série TV a pour vedette : Nicolas Sarkozy.

Dans les deux cas, les recettes publicitaires sont les mêmes :

- importance de la bande annonce,

- utiliser les réseaux sociaux pour créer le buzz qui écrase la concurrence,

- compter sur le comportement moutonnier : être de la "communauté" de ceux qui ont vu et qui vont donc pouvoir en parler.

Nicolas Sarkozy a effectué un coup de maître : 8 millions de téléspectateurs sur le journal de France 2.

L'info-divertissement bat son plein.

Le culte de l'audience a changé les règles.

En France, prochain épisode : le meeting jeudi 25 septembre.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, mai 29 2014

Edito - Santander et le débat sur la "ville moderne"

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Hier soir, sur France 2, ouverture d'un débat de fond : qu'est qu'une ville moderne ? En quoi consiste la "modernité" et en quoi ce contenu peut-il impacter positivement la vie des habitants ?

Les technologies ont beaucoup évolué. Elle seraient une avancée dans la quasi-totalité des domaines mais pas dans la vie publique ? Étonnant paradoxe.

Il y aurait donc la vie économique qui répond aux exigences de compétitivité et la vie locale qui serait le refuge vers le passé ?

En quoi le refus de la modernité peut-il être le passeport du mieux vivre ?

Hier soir, sur France 2, le reportage sur Santander (ville portuaire espagnole d'envion 184 000 habitants qui dispose de plages magnifiques) a montré les avancées des technologies.

Pour découvrir le reportage, cliquer sur le lien suivant : Santander, la ville moderne

En France, de façon très paradoxale, il y a une génération qui vit professionnellement dans les nouvelles technologies mais qui les repousse dès qu'il n'y a plus d'engagement professionnel.

Ce sera le tournant de Béziers dans les 6 prochaines années : en quoi la crème de la crème de l'extrême droite BCBG entraîne "le mieux vivre" et par quel contenu concret ?

Béziers a la sociologie de son score de mars 2014. 70 % des commerçants ne sont plus inscrits sur les listes électorales de Béziers où ils gagnent pourtant leur vie.

Les seniors aisés ont quitté Béziers pour aller dans les villages environnants où ils constituent les bataillons électoraux de Lacas, de Combes et autres élus locaux bien à droite.

Les couples aisés amoureux d'espace votent pour le péri-urbain.

Béziers a ainsi progressivement concentré une sociologie très particulière ces dernières années : CSP pauvres et miséreuses, sur-représentation des personnages âgées à bas revenus, jeunes subissant le pire que la société a à offrir ...

Les Couderc et Aboud ont vilipendé l'héritage de Pierre Brousse alors même qu'ils devraient lui faire une statut : l'urbanisme des "années Brousse" avait généré un "nouveau Béziers". Il n'a sociologiquement plus aucun rapport avec les années Balmigère ni même avec les poussées surprises éphémères de Fontès et Barrau.

En 19 ans (1995 - 2014), l'urbanisme a changé la sociologie de la Ville.

Cette ville qui s'est longtemps voulue, pour partie à tort d'ailleurs en raison d'un orgueil local surdimensionné, l' "ancienne capitale mondiale du vin" est désormais au pied du mur : la modernité c'est quoi ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, mai 20 2014

Edito - Mettre fin au cauchemar de l'Euro ! Pour stopper la désindustrialisation et le chômage...

O.A1.jpgJacques Sapir réagit au documentaire de France 2 présentant le «roman de l'euro». L'économiste nous livre une autre version de l'histoire, celle d'un «cauchemar» dont il est urgent de sortir !

Jacques Sapir dirige le groupe de recherche Irses à la FMSH, et coorganise avec l'Institut de prévision de l'économie nationale (IPEN-ASR) le séminaire franco-russe sur les problèmes financiers et monétaires du développement de la Russie. Vous pouvez lire ses chroniques sur son blog RussEurope

Le « roman de l'Euro », quel beau titre pour une soirée de propagande sur France 2 ! On nous a présenté donc comme un « roman » ce qui est, pour la majorité des Français, mais aussi des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Grecs, un véritable cauchemar.

Le «roman de l'Euro», quel beau titre pour une soirée de propagande sur France 2! On nous a présenté donc comme un «roman» ce qui est, pour la majorité des Français, mais aussi des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Grecs, un véritable cauchemar. Notons que les réalisateurs n'avaient pris aucun risque. Les voix discordantes étaient réduites au strict minimum. Et si l'on doit saluer le courage d'un Philippe Villin, toujours très battant sur ce terrain, le spectateur moyen est laissé dans l'ignorance du nombre important d'économistes qui ont exprimé, ou qui expriment aujourd'hui, leurs doutes quant à la survie et surtout l'efficacité de l'Euro. Des Bernard Maris, conseiller économique à la Banque de France, Bernard Mazier, Alain Cotta ou Frédéric Lordon, il ne fut donc pas questions, ni des quelques soixante-dix noms d'économistes européens ou américains. De «débat», il n'y eut que le nom, et cela est indigne, mais hélas très habituel, de la télévision publique mais aussi de la France en général.

L'Euro existe depuis 1999 pour ce qui concerne l'Euro bancaire et depuis 2002 pour la monnaie courante, ce que l'on appelle l'Euro fiduciaire. Jusqu'en 2008, soit jusqu'à la crise des subprimes, il a provoqué un fort ralentissement de la croissance sur les pays qui l'ont utilisé. On peut comparer les taux de croissance annuel entre pays de la zone euro et le reste des pays développés.

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L'écart est, par an, de 0,5 % à 0,7 % avec la moyenne des pays de l'OCDE, qui incluse en fait les pays de la zone Euro. Cette situation s'est en réalité aggravée avec la crise, et l'on voit que dans la période 2007-2011, le taux de croissance annuel de la zone Euro est bien plus faible que celui des États-Unis, ou de la Suisse et de la Norvège. L'effet de freinage sur la croissance dû à l'existence de l'Euro est indéniable. Encore faut-il savoir que la zone Euro est elle-même très hétérogène. L'impact de la crise de l'Euro sur les divers pays mérite que l'on s'y attarde.

Un seul pays a vu son PIB s'accroître de manière conséquente par rapport à 2008, c'est l'Allemagne. La France stagne (avec un gain total pour l'ensemble de la période, soit 5 ans de 0,72 %). Par contre la chute est importante pour les autres pays. Elle est impressionnante dans le cas de la Grèce (-23,3 %) mais elles est très significative pour l'Espagne, l'Italie et le Portugal, et loin d'être négligeable pour un pays comme les Pays-Bas. Si l'on retirait l'Allemagne de la zone Euro, on verrait que le bilan global est encore plus négatif.

Mais, ces chiffres sont loin de nous dire l'ampleur réel du problème induit par l'Euro. La chute des investissements est encore plus spectaculaire, et cette fois elle est générale.

De 2008 à 2013, l'investissement, autrement dit la source même du progrès économique et social pour toute économie, s'est contracté dans tous les pays considérés. Cette contraction est très faible en Allemagne, significative en France et en Belgique, importante en Italie, aux Pays-Bas et au Portugal, et catastrophique en Espagne et en Grèce. Ces derniers pays sont ramenés au niveau d'investissement qui était le leur au milieu des années 1980. Il ne faut donc pas nourrir d'illusions quant à l'effet des politiques d'austérité. Ces dernières ont permis à certains de ces pays de retrouver une balance commerciale en équilibre, mais ce fut au prix d'une contraction drastique des importations. Compte tenu de l'effondrement des investissements dans ces pays, on doit s'attendre à des chutes importantes de la productivité qui vont faire réapparaître à bref délai un problème de balance commerciale.

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Source: Base de donnée du FMI.

On voit, par contre, que l'Allemagne a un excédent important, et qui paraît même déraisonnable. L'Allemagne se fait tracter par le reste du monde, zone Euro incluse. Cette situation, elle la doit à l'Euro. Si l'Allemagne avait conservé le Deutschemark, ce dernier se serait réévalué au fur et à mesure des excédents commerciaux. Son taux de change serait probablement compris entre 1,50 et 1,55 dollars (ou USD) pour 1 DM. Mais, l'Allemagne bénéficie de l'Euro, et l'impact dépressif sur le taux de change qu'exercent les situations des autres pays. C'est pourquoi le taux de change de l'Euro, poussé à la hausse par les excédents allemands, mais à la baisse par les déficits des autres pays (dont la France) voit son taux de change évoluer entre 1,35 et 1,40 USD. Ce taux est excellent pour l'industrie allemande, mais bien trop fort pour les autres pays, qui doivent pour s'ajuster sacrifier leurs importations et leurs investissements. Un taux de 1,10 USD correspondrait à ce qui serait nécessaire pour la France, et pour l'Italie et l'Espagne, des taux compris entre 1,05 USD et 0,95 USD assurerait une bonne compétitivité sans avoir à sacrifier le long terme, par la compression des investissements. On mesure immédiatement qu'il ne peut y avoir de taux de change unique correspondant aux différentes économies. L'écart des taux de change d'équilibre pour les différents pays, et sans inclure la Grèce, va de 0,95 à 1,55 USD. L'ampleur de cet écart signe l'impossibilité de faire fonctionner la monnaie unique sans provoquer une catastrophe en Europe, et au-delà dans l'économie mondiale. Car, l'impact des politiques d'austérité qui n'ont été mises en œuvre que pour «sauver» l'Euro dépasse de loin les frontières de l'Europe . En fait, la zone Euro exerce une effet dépressif sur l'ensemble de l'économie mondiale.

L'impact social de l'Euro est aussi catastrophique, en particulier, mais pas uniquement, dans le domaine du chômage.

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Source: Base de donnée du FMI

La prise de conscience de la catastrophe induite par l'Euro sur l'économie européenne commence à être perçue, que ce soit par les gouvernements ou par les agents privés. De fait, aujourd'hui, le marché des dettes tant publiques que privées, tend à se fractionner, et l'on est revenu à la situation de 2000. Il faut ici rappeler que le marché des dettes était le seul sur lequel on avait pu noter une réelle convergence. Cette dernière est désormais effacée.

Il ne faut donc pas s'étonner si des voix s'élèvent pour demander une baisse du taux de change de l'Euro face au Dollar, et en particulier en France. Mais, si l'économie française qui est l'une des moins intégrées dans la zone Euro pourrait en tirer quelques profits, cela ne résoudrait nullement le problème de l'Italie ou de l'Espagne. Or, qui peut croire que la croissance reviendrait en France si ces deux pays sont en dépression ?

Mais, les calculs réalisés au Ministère des Finances, et dont Arnaud Montebourg s'est fait l'écho au début de cette année avec une déclaration importante au journal les Échos, dans une interview sur le site internet , ont l'immense intérêt de montrer de manière incontestable que nous aurions grand intérêt à sortir de l'Euro. Les taux de croissance qui sont indiqués par la DGTP (Direction Générale du Trésor et de la Prévision), soit 1,2 % de croissance la première année et 0,6 % la seconde en cas de dépréciation de 10 % de l'Euro correspondent d'ailleurs aux valeurs «hautes» du modèle qui a été publié en septembre dernier. Nous tablions, pour une dépréciation de 20 % de la monnaie française (et non de l'Euro seulement) sur un gain direct de 2,5 % à 2,8 %, et un gain indirect total de 4,5 % à 6 % par an se répétant pour les 3 premières années .

La seule solution raisonnable, celle qui mettrait fin au cauchemar de l'Euro, serait une dissolution concertée de ce dernier. Il faut souhaiter qu'elle soit prise le plus rapidement possible, car le désastre imposé par l'Euro n'a que trop duré.

La solution dite de «dépréciation» de l'Euro se heurte à plusieurs obstacles. D'une part, on ne «déprécie» pas si simplement la monnaie correspondant à une zone économique qui est en excédent commercial (du fait de l'Allemagne). On peut certes faire l'équivalent d'une «quantitative easing» à l'européenne, c'est-à-dire obliger la Banque Centrale Européenne à racheter des montants importants de dettes publiques pour injecter de la monnaie et, par un processus de marché, comme il y aurait plus d'offre d'euros que de demande, provoquer une baisse du cours par rapport au Dollar et au Yen. Mais, un tel programme rencontrera l'opposition absolue de l'Allemagne. En effet, l'article 88 de la loi fondamentale allemande interdit à la Banque Centrale de prêter à l'État, et la cour de Karlsruhe a statué que les pratiques de la BCE ne doivent pas violer la constitution allemande. D'ailleurs, le problème se pose dès aujourd'hui à propos du programme Outright Monetary Operation envisagé par Mario Draghi, le président de la BCE, dont la légalité au regard de la loi allemande et du statut de la BCE est mise en cause par 6 juges sur 8. Enfin, il faudrait que la BCE adopte de manière claire une politique de ciblage du taux de change (et du taux de change réel par surcroît), ce qu'elle s'est toujours refusée à faire. On peut le déplorer, mais il faut le constater, il n'y a pas de majorité qui permette de faire changer de politique la BCE. Sauf à expulser l'Allemagne de la Zone Euro, rien ne sera possible dans la Zone Euro.

On le mesure alors. La seule solution raisonnable, celle qui mettrait fin au cauchemar de l'Euro, serait une dissolution concertée de ce dernier. Il faut souhaiter qu'elle soit prise le plus rapidement possible, car le désastre imposé par l'Euro n'a que trop duré.

Source : FigaroVox/Tribune

dimanche, mai 18 2014

Edito - L'Europe et le bide d'audience du "roman de l'euro" sur France 2 : l'indifférence !

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France 2 a enregistré avec le "roman de l'euro" un terrible bide d'audience : 8 %. Symbole le plus cruel, le sauvetage de l'euro a été devancé par la énième rediffusion du ... "il faut sauver le soldat Ryan" qui le même soir a obtenu 10 % d'audience sur M6.

Le 22 février 1984, "Vive la crise" avait dépassé les 30 % d'audience certes à partir d'un marché moins concurrentiel en nombre de supports. Libération avait publié un supplément vendu à 120 000 exemplaires !

Les français voulaient comprendre, découvrir les "réformes nécessaires" ...

Aujourd'hui l'indifférence s'est installée.

Certes, DSK n'a pas le talent d'Yves Montand.

Mais cette évolution des chiffres montre l'immensité de la fatigue collective : ne même plus chercher à comprendre ce qui fait le quotidien : la monnaie.

Cette indifférence est le plus terrible marqueur d'une crise : l'abstention devient le premier parti d'un pays qui s'adonne au sauve qui peut individuel.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE