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mercredi, janvier 21 2015

Edito - François Hollande ou le vrai socle du rebond : la victoire contre ... soi

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Quand une impopularité s'est installée au sujet d'un trait de tempérament d'un individu, le rebond naît d'abord dans l'apparence manifeste que la personne concernée a gagné contre ... elle. Donc elle a changé. C'est la victoire que l'opinion publique salue avec le maximum d'émotion.

A l'automne 1988, je participe à une réunion publique avec Jacques Chirac. L'ex-candidat à la présidentielle apparaît défait, détruit. Alain Juppé se tient quelques pas derrière lui et lui souffle même parfois des passages de son intervention. Le soir de la défaite contre François Mitterrand, son épouse avait dit : "les français ne l'aiment pas". Jacques Chirac était agité, cassant, trop pressé. En 1995, il gagne d'abord contre lui-même. Il est cool, sympa, proche. Il voyage seul dans le train pour ses déplacements en province. Il organise des tables de travail. Il fait même preuve d'auto-dérision. En mai 1995, Jacques Chirac est aimé des français et gagne.

En 2000, aux États-Unis, lors de la primaire, tout vouait McCain à une victoire facile face à GW Bush. Ce dernier est le "mauvais garçon" : élève moyen, Gouverneur modeste, fils peu proche de son père. Mais l'équipe de GW Bush va désamorcer les critiques en endossant un grief majeur (l'alcool) et montrer que GW Bush a gagné contre lui. D'un coup, cette victoire éclaire tout sous un autre angle : sa volonté, la place de la religion, la place de la famille dont celle de son épouse ... Le "brave gars" était né.

Quand un trait de tempérament inquiète l'opinion, dès que l'intéressé le gomme, la réconcilation est prometteuse.

François Hollande était "mou". Le voilà Rambo : c'est la plus manifeste victoire contre soi.

A partir de là en effet, une autre histoire devient possible.

Ce qui est intéressant en l'espèce, c'est que cette victoire coïncide avec un efficace redéploiement des supports de communication.

A ce rythme, dans cette ambiance, les cantonales de mars vont s'annoncer sous un angle très différent du défoulement initialement prévu.

C'est quand même très ludique de voir désormais l'opinion fluctuer ainsi, offrir des nouvelles chances en permanence. Reste à savoir pour quelle durée. Mais dans le cas de François Hollande force est de constater qu'une nouvelle page est manifestement ouverte.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, décembre 30 2014

Edito - Les discours ou quand l'âme est inscrite dans les mots

0.A00119788861126138_1_75.jpgJe recommande l'ouvrage sorti dernièrement sur les "discours qui ont changé le monde moderne". Le recueil des discours est remarquable.

Que montre cette lecture ? La force du discours c'est la preuve que l'image ne suffit pas pour emporter la conviction.

Et cet ouvrage apporte la preuve du caractère incontournable de l'écrit.

La campagne 2007 de Nicolas Sarkozy aurait-elle connu le même lancement sans le discours du 14 janvier 2008 ? Celle de François Hollande aurait-elle eu la même dimension sans le discours du Bourget du 22 janvier 2012 ?

Autant de circonstances qui appellent à se poser la question de fond : qu'est ce qu'un discours réussi ?

Finalement, il y a deux critères essentiels :

1) c'est quand l'âme est inscrite dans les mots : les mots prennent un sens particulier qui rejoint l'imaginaire,

2) c'est surtout quand cet imaginaire repose sur un clivage clair entre un discours et un ennemi. Finalement, c'est la qualité de l'ennemi qui fait la force du discours qui s'oppose.

Que serait de Charles de Gaulle sans Adolf Hitler ?

La gauche de François Mitterrand sans l'aristocratie de VGE ?

Tony Blair sans Margaret Tatcher ?

Barack Obama sans GW Bush ?

L'énergie de Nicolas Sarkozy sans l'immobilisme de Jacques Chirac ?

La normalité de François Hollande sans la provocation permanente de Nicolas Sarkozy ?

C'est tout le mystère des bons discours : susciter l'imaginaire en réaction à une réalité qui insupporte. Ce contexte rend plus humble la seule qualité de la plume.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, décembre 6 2014

Edito - Roland Dumas : « Ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël »

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Roland Dumas interrogé par Sihem Souid pour Le Point. Loin des simagrées des députés votant une résolution dépourvue de toute force juridique et qui relève de l’enfantillage – un État mité par des colonies, sans capitale, et sans liberté de circulation des habitants… une misérable manip’ politique – Roland Dumas s’exprime pour dire deux ou trois choses fortes et juges, reparler de la grande maison commune… Je me sens moins seul.

Que pensez-vous de la politique étrangère menée par François Hollande depuis son élection ?

Le général de Gaulle tenait à ce que la France soit indépendante. Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing (VGE) et Mitterrand ont été dans cette ligne de conduite qui donnait satisfaction à tout le monde, dire oui avec des réserves mais ne pas entrer dans le commandement intégré de l'Otan. Avec Chirac, des discussions ont eu lieu pour une réintégration, mais les contreparties qu'il voulait n'ont pas été acceptées (le commandement de la zone sud - la Méditerranée). Sarkozy a annoncé que la France réintégrait le commandement intégré de l'Otan. Avec l'arrivée de François Hollande au pouvoir, la politique étrangère a entériné ce changement de cap avec peu de débats internes et pas de débat public en réintégrant définitivement le commandement intégré de l'Otan, et cela, sans vraie contrepartie. En réalité, aujourd'hui, ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël. Aujourd'hui, nous sommes dans une alliance où la France n'a plus rien à dire. Nous n'avons plus de politique étrangère indépendante.

Quel œil portez-vous sur le travail mené par Laurent Fabius au Quai d'Orsay ?

Il a été mon Premier ministre, donc je ne peux pas en dire du mal (sourires). Vous connaissez le proverbe anglais "right or wrong, my country is my country". Il a été un très bon Premier ministre, mais il est un moins bon ministre des Affaires étrangères car il ne pousse pas les idées que je viens de vous exposer qui sont les idées traditionnelles de la France. La France a perdu son indépendance en matière de politique étrangère !

Que feriez-vous aujourd'hui si vous étiez encore ministre des Affaires étrangères ?

Je serais déjà toujours resté fidèle à la pensée socialiste. J'aurais rétabli une vraie politique française avec la Russie ! La France doit rétablir une relation privilégiée avec la Russie. Nous traitons mal les Russes, contrairement à ce qui peut se dire dans le monde ! Nous ne tenons compte d'aucun des engagements qui ont été pris, notamment avec Gorbatchev concernant la conférence de Moscou. L'alliance outre-Atlantique n'a pas tenu ses engagements envers Moscou. Je suis contre l'injustice même en politique internationale.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, décembre 1 2014

Edito - VGE : le grand oublié de l'anniversaire de la "loi Veil"

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La France a un vrai souci avec son Histoire. Tantôt elle l'oublie très rapidement. Tantôt elle le scénarise avec un sens de la discrimination assez surprenant. Ce fut le cas cette semaine avec les 40 ans de la "loi Veil" sur l'avortement. Il n'a jamais été question de VGE. Ou si peu.

Dans un régime où tout procède du Chef de l’État, là le Chef de l’État était ... absent. Il n'existait pas. Pas un commentaire pour quand même célébrer celui qui a eu le talent et le courage de nommer des personnalités comme Simone Veil ou Françoise Giroud.

A en croire l'actualité de la semaine écoulée, Simone Veil a été nommée toute seule. Elle a présenté le dossier de sa seule initiative. Où était donc Valéry Giscard d'Estaing à cette époque ?

C'est incroyable, cette incapacité à ne pas discriminer une lecture historique en France.

C'est probablement l'une des raisons du malaise de ce pays. Il n' a jamais l'honnêteté de regarder son Histoire en face. Ses meilleurs moments. Ses pires moments. Dans ces conditions, comment profiter des premiers et comment éviter les seconds ?

En 40, tous les Français ont été résistants.

En 60, la France n'a abandonné aucun de ses territoires. Quand elle a fait la guerre, la torture a été exceptionnelle, des faits personnels.

Et bien sûr, la France est écoutée de la terre entière.

Ainsi vont les légendes politiques bien orchestrées.

Une légende s'ajoutera : Simone Veil a été détachée de tout gouvernement pendant une loi qui mettait à l'épreuve une société, donc pas banale.

Il est même possible que la date anniversaire ne soit pas la bonne. Comme c'est le cas en espèce.

En 1974, au 1er tour de la présidentielle, si j'avais eu a le faire que crois j'aurai voté Jacques Chaban-Delmas. Au second tour en 1974, j'aurai voté VGE. Parce que François Mitterrand a toujours incarné à mes yeux la "gauche insupportable", celle qui porte le cœur en bandoulière, qui fait espérer les couches populaires mais qui vit dans les pires clichés de la "droite" à titre personnel. C'est si simple en France.

Dernièrement,sur France 2, j'ai regardé avec intérêt le portrait d'Arlette Laguiller. Quel air pur. Je ne partage pas ses idées. Mais quelle honnêteté dans ses combats. Quelle honnêteté entre ses combats collectifs et son comportement personnel.

Je pense VGE a été un bon et honnête président de la République. Malheureusement, à cette époque, j'étais trop jeune pour voter.... mais, je souviens de tout. Quelle belle mécanique intellectuelle. Sa campagne 1974 a été merveilleuse. une vraie fête.

Son bilan a porté des réformes de société considérables.

Quelle tristesse de ne pas l'avoir vu associé à l'une des réformes importantes de son mandat.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, octobre 19 2014

Edito - Les cinq responsables de la dette publique dénoncés par Contribuables Associés

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Ces « Frères Dalton de la dette », flanqués du célèbre Rantanplan, auront présidé à l’un des plus gros hold-ups de l’histoire de France : 2000 milliards d’euros de dette publique en 40 ans (plus de 31 000 € par habitant !), avec des budgets déficitaires depuis 1974.

En 2015, la dette publique française devrait atteindre le seuil symbolique de 100% du Produit intérieur brut (PIB)…

Comme nous en avertissons les Français et leurs dirigeants depuis un quart de siècle, cela n’est pas sans conséquence sur l’avenir, mais aussi sur le présent-même de la France : chaque année, l’État, donc nous contribuables, consacre son premier poste budgétaire au paiement des intérêts de la dette… Ce paiement, appelé « service » de la dette, engloutit la recette de l’impôt sur le revenu. Les impôts que vous venez de payer servent donc à payer les intérêts (et non la dette elle-même) résultant de mauvaises politiques depuis 40 ans.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, septembre 11 2014

Edito - Les Français n'ont jamais cautionné la "politique à la Lady Diana"

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En France, sur quoi tombe une République ? Sur un échec de gestion ? Non, sur des scandales privés !

C'est l'affaire Stavisky qui conduit aux émeutes de février 1934 dont la III ème République ne se remettra pas. Pourquoi cette affaire ? Parce qu'elle s'ajoutait à une liste déjà longue : décorations, Oustric, Panama ... et l'opinion en avait assez.

L'affaire des piastres, des scandales privés récurrents ont emporté la IV ème République.

D'ailleurs, les gaullistes, persuadés de cette grille de lecture, ont toujours considéré qu'avec l'Observatoire, ils avaient "le feu nucléaire" contre François Mitterrand et ils en ont beaucoup usé non sans succès.

Les Français n'ont jamais cautionné la "politique à la Lady Diana" : la séduction dans ce cadre est fausse, éphémère, boomerang. Ce mélange de public et de privé sulfureux.

La "politique à la Lady Diana" : c'est le narcissisme médiatique qui les contrarie dans la durée. Les caméras, les fiers à bras ... sont des "lumières" qui brûlent ceux qui s'y prêtent dans la durée.

Ce qui est aujourd'hui le plus dangereux pour François Hollande, c'est ce climat des affaires permanentes sur des bases d'argent, de sexe, de privilèges ...

L'opinion pardonnerait à des dirigeants vertueux même avec peu de résultats. Mais l'absence de résultats jointe à l'absence de vertu dans la durée n'est pas comprise et donc pas admise.

C'est aujourd'hui le vrai péril de la période.

Les Français ne sont pas rebelles face aux pouvoirs. Ils sont au contraire très dociles, trop soumis. Mais ils prennent des coups de sang. Actuellement, la conjoncture du coup de sang approche manifestement.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, août 28 2014

Edito - Jusqu'où l'actuelle "démocratie minute" va-t-elle faire descendre les Français ?

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La presse internationale s'en donne à cœur joie sur la France et son immaturité politique à désespérer. Tout vole toujours en éclat et la chute va de plus en plus bas. Qu'a pu faire la démocratie française pour être tournée en ridicule à ce point ?

Le véritable tournant date des années 80 et depuis c'est une permanente et continuelle chute aux enfers. François Mitterrand a instrumentalisé les institutions de la Vème République, désacralisé la fonction présidentielle dans des conditions indignes d'une démocratie moderne avec des affaires officielles qui auraient dû entraîner des procédures judiciaires majeures pendant son mandat ... La politique ne se remet pas de cette époque. Elle s'en remet encore moins que toute une partie de la classe politique française a le culot de faire de François Mitterrand son "mentor".

Les vrais tournants ont été identifiés tôt. Le livre de Frédéric Bon (1985 / que le meilleur perde) annonçait les tendances. Tout y est et avec humour.

Mais actuellement tous les records sont battus. Les circonstances sont extrêmes (crise financière, guerres, chômage, chocs des identités ...) et la classe politique vit ses enjeux d'ambitions personnelles.

Des personnes qui ont été incapables d'éduquer leurs propres enfants défrayant la chronique des faits divers veulent gérer la vie des ... autres.

Des politiciens qui n'ont jamais connu l'entreprise donnent des leçons d'économie.

Des politiciens qui n'ont parfois jamais quitté les rives des plages de la France gèrent des dossiers internationaux.

... : cela ne se voit nulle part ailleurs à ce point.

Comment dans le même temps peut-on imaginer que la France, dans les circonstances actuelles, puisse se priver ainsi de talents qui ont l'expérience, l'analyse, la formation ?

Louis Gallois, ... : voilà un excellent exemple de l'économie française expérimentée comme d'autres talents peuvent s'exprimer dans d'autres domaines.

Pourquoi donc pour être ministre faudrait-il être incompétent dans son domaine de ... "compétences" ?

Pascal Lamy peut parler de commerce international.

Mais ils vont aller chercher Jean-Vincent Placé, voire même Robert Hue ...

Dans le contexte actuel, quel jeune talent peut espérer se mêler à cette cacophonie lamentable ?

Il y aura bien un moment où les français vont commencer à s'interroger : qu'ont-ils fait pour mériter cela, pendant combien de temps encore et comment cette aventure finira-t-elle ?

La France terminera-t-elle sous redressement international comme ce fut de facto le cas pour l'emprunt international à la fin de la IV ème République dont l'accord Monnet - Dillon de janvier 1958 ?

La France est sur la route de la mise en place d'un cadre fixé par une autorité internationale face à l'impuissance française. C'est un enjeu de calendrier.

Actuellement, l'enjeu n'est pas le sort personnel d'Arnaud Montebourg qui est en cause. C'est le sort des Français et il s'agit bien davantage qu'une nuance.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, juillet 28 2014

Edito - Les Français, "des lions menés par des ânes" !

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L'obsession française à croire que la loi a le pouvoir de remodeler le réel

Charles Gave, économiste, président de l’Institut des libertés, écrit dans Valeurs actuelles :

"En 1981, la droite ayant été battue, un député de droite survivant avait lancé à la tribune : « Vous allez vous fracasser sur la loi de l’offre et de la demande ». La réponse avait aussitôt fusé des bancs socialistes : « Nous allons abolir cette loi. » C’est ce à quoi va s’attacher M. Arnaud Montebourg, et il va réussir aussi bien que Lénine, Staline, Mao, Castro, Chávez ou que M. Mitterrand de 1981 à 1983.

En fait, l’économie ne croît que si le système légal permet le déroulement du processus de création destructrice chère à Schumpeter. Or, en France, la quasi-totalité des lois portant sur des domaines économiques vise à empêcher la destruction, ce qui revient immédiatement à empêcher toute création, c’est-à-dire toute croissance.

Réfléchissons deux minutes : dans quels secteurs pourrions-nous avoir une croissance aujourd’hui en France ? À mon avis, dans les secteurs qui sont liés à l’éducation, aux transports en commun, aux médias, à la culture, à la santé. La Suède fit faillite en 1992 et, pour s’en sortir, les déréglementa et les privatisa. Aujourd’hui elle se porte comme un charme. __ En France, tous ces secteurs sont sous le contrôle de l’État, c’est-à-dire sous le contrôle de la CGT, des syndicats professionnels ou des enseignants. La loi de M. Arnaud Montebourg devrait donc abolir le système des syndicats représentatifs datant de l’après-guerre, faire la lumière sur le financement de ces syndicats et leurs rapports avec les partis, interdire toute relation entre les bétonneurs et les hommes politiques ainsi que tout ce capitalisme de connivence qui ruine la France__, casser les grandes banques françaises en de multiples entités régionales, privatiser la Sécu et que sais-je encore… Là je serais certain que la croissance repartirait comme une fusée.

Mais je ne sais pas pourquoi, j’ai des doutes… D’où vient cette obsession française à considérer que la loi a le pouvoir de remodeler le réel ? Faire une loi sur la croissance, c’est croire que le futur est connaissable, ce qu’il n’est pas, comme l’a fort bien montré Karl Popper en théorie, et l’URSS en pratique. Un point important doit être mentionné ici : pour la première fois dans l’histoire de notre pays, il n’y a pas un seul membre du gouvernement qui ait la moindre expérience du secteur privé. Tous les membres de ce gouvernement ont toujours été payés par nos impôts, et jamais par un client. Ils sont tous députés, maires ou conseillers généraux, et, pour se faire élire par leurs troupes, il suffit d’augmenter les impôts sur ceux qui ne votent pas pour eux, ou d’emprunter.

Et le poids de l’État dans l’économie augmente donc sans cesse.S’il y a une loi qui ne connaît pas d’exception, c’est que plus le poids de l’État augmente, plus la croissance diminue. Donc, pour que la croissance revienne, il faut que le poids de l’État baisse, ce qui est impossible dans notre système politique. Dans les trois démocraties les plus anciennes, Suisse, Grande-Bretagne, États-Unis, un fonctionnaire peut se présenter aux élections, mais il doit alors démissionner de la fonction publique pour ne jamais y retourner.

Rien de tel en France où un fonctionnaire battu retourne dans son corps d’origine en attendant la prochaine élection, sa carrière ayant évolué comme s’il était resté fonctionnaire. Du coup, nos élus sont majoritairement fonctionnaires. Si la Chambre était majoritairement composée de coiffeurs, elle prendrait des mesures favorables aux coiffeurs. Les fonctionnaires à la Chambre prennent des mesures favorables aux fonctionnaires. Donc le poids de l’État augmente et avec lui le nombre de chômeurs. Chaque fois qu’un fonctionnaire de plus est engagé, trois travailleurs du privé perdent leur emploi.

Conséquence absurde de cette obsession : notre pays, qui devrait être le plus riche du monde compte tenu de ses avantages naturels et de la qualité de sa force de travail, s’appauvrit à vue d’oeil. Comme je l’ai écrit dans mon livre, Des lions menés par des ânes (Robert Laffont, 2003), les entrepreneurs français sont comme le tiers état en 1789 : ils portent sur leur dos la noblesse (le système politique) et le clergé (le système syndical). La France en crève. Elle est sur le chemin que suit l’Argentine. ...".

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, mai 4 2014

Edito - Philiosphons...

000000dsc8683-e1328466142388.jpg" C’est avec la gauche, à la fin des années 80, que l’action publique, en matière de politique sociale notamment mais aussi de la ville par exemple est devenue une politique de ciblage: de populations, de quartiers… Une partie de la gauche a alors commencé à raisonner en termes de niches électorales. Elle a développé, à l’appui des programmes de politiques publiques, un discours destiné à des populations spécifiques. Or cette évolution a correspondu au reflux historique de la « classe ouvrière » comme représentation centrale du « peuple de gauche » lui-même délaissé au profit de la société et des individus. Si bien qu’à gauche, une fois au pouvoir, certains ont commencé à penser à une nouvelle «coalition» électorale (inspirée du modèle démocrate américain rassemblant les minorités connu sous le nom de « rainbow coalition ») permettant de remplacer l’électorat traditionnel de la gauche forgé autour d’une alliance entre classes populaires et classes moyennes. C’est ce processus ancien et récurrent à gauche depuis le milieu des années 1980 (on pense à l’usage fait par François Mitterrand de SOS Racisme notamment vis-à-vis des jeunes) qu’a repris et figé en quelque sorte la fameuse note de Terra Nova en mai 2011 en proposant que la gauche s’appuie sur un socle électoral constitué des femmes, des jeunes, des immigrés, des diplômés, des grands centres urbains… validant ainsi une double évolution, économique et « sociétale » libérale. Et laissant à l’abandon (aux mains du Front national notamment) toute une partie des classes populaires (ouvriers, petits employés, retraités… notamment dans le « périurbain » et en zone rurale) dont les « valeurs » ne seraient plus, par définition, de gauche. Le défaut d’un tel raisonnement, outre son fondement sociologique bancal, tient à ce que le projet d’une telle gauche ne vise plus à construire un monde commun et à faire vivre ensemble les différences, mais à les exacerber en les mettant sans cesse en avant dans l’espace public, et finalement à satisfaire la revendication infinie de nouveaux droits liés aux situations identitaires de chacun. "

__Laurent Bouvet__ (1968-vivant) est professeur de science politique à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

Extrait du débat croisé avec Thierry Pech (Terra Nova) : Intégration, tournant libéral : Où va la gauche ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, avril 22 2014

Edito - Hollande / Valls et cette culture du pouvoir triste punitif

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Valéry Giscard d’Estaing (VGE) avait le pouvoir séducteur comme s'il ne parvenait pas à comprendre qu'on puisse lui résister. François Mitterrand a eu le pouvoir historique. Rien ne pouvait être "normal", tout devait faire date. Jacques Chirac a eu le pouvoir sympa comme s'il était le grand frère content d'être "enfin aimé" comme il le méritait. Nicolas Sarkozy avait le pouvoir réactif toujours en mouvement. Tout pouvait être sujet à des réactions immédiates, des invectives, d'où le sentiment d'une certaine violence surtout après la bonhomie des années Jacques Chirac.

François Hollande et Manuel Valls ont le pouvoir triste et punitif. La tristesse naît des échecs permanents donnant le sentiment que François Hollande est un boulet pour le pays.

A quand remonte le dernier rire de François Hollande quand ce n'est pas à ses dépens ?

Punitif, parce que Manuel Valls endosse le costume du méchant pour lutter contre les gaspillages. On ne discute plus, on exécute. On ne débat pas, on applique... Il pourrait être cool. Il se raidit en permanence.

Ce faisant, cette culture est à l'opposé des autres démocraties comparable. Jo Biden lance depuis cinq jours son compte Instagram en saluant l'arrivée d'un ami (BO) : succès garanti. Justin Trudeau cède même à un selfie à la sortie d'un ... enterrement et est critiqué pour ne pas "avoir la tristesse de circonstance".

Étonnants contrastes ...

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, avril 15 2014

Edito - Le gaulliste de gauche Philippe Dechartre décède à 95 ans

img561a.jpgRésistant, trois fois ministre sous la droite, il a appelé à voter Mitterrand en 1981.

L’homme politique français Philippe Dechartre, figure du gaullisme de gauche, est mort le 7 avril dernier à l'âge de 95 ans, à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, a-t-on appris auprès de ses proches.

Né à Truong Thi (Vietnam), le 14 février 1919, Philippe Dechartre, de son vrai nom Jean Duprat-Geneau, fait ses études de droit à Paris. Entré tôt dans la Résistance, gaulliste de la première heure, il se lie d’amitié en 1943 avec François Mitterrand.

Après guerre, Philippe Dechartre s’engage au Parti radical, puis dans différents mouvements gaullistes de gauche, notamment l’Union démocratique du travail (UDT), composante de la majorité gaulliste en 1958 et le Mouvement Socialisme et Participation. Il est élu (UDR) député de Charente-Maritime en 1968, puis est secrétaire d’Etat dans trois gouvernements de 1968 à 1972 (Georges Pompidou, Maurice Couve de Murville et Jacques Chaban-Delmas, au Logement, puis au Travail).

En 1981, alors membre du RPR, il est au cœur du mouvement d’opposition au candidat naturel de son camp, Valery Giscard d’Estaing, qui se présente pour un second mandat: avec d’autres gaullistes de gauche, Philippe Dechartre appelle à voter François Mitterrand, et va même jusqu’à s’adresser directement aux militants du RPR dans un courrier. Jacques Chirac aura toujours nié être directement à la manœuvre dans ces affaires, même si nombre de cadres du RPR se seront mobilisés contre VGE, comme le rappelle -par exemple- Pierre Péan dans son livre L’inconnu de l’Elysée.

Philippe Dechartre démissionna en 2010 du Conseil économique et social dont il fut longtemps doyen d’âge.

«Toute sa vie, Philippe Dechartre n’a eu qu’un seul parti : celui de la France humaniste qu’il a défendue dans la Résistance », a réagi lundi soir François Hollande dans un communiqué. « Il a incarné dans la Vème République cette sensibilité sociale du gaullisme restée fidèle à l’élan de progrès de la Libération », a ajouté l’Élysée.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, avril 3 2014

Edito - De Profondis Parti Socialiste

20111026-Wilde-card-front300.jpegPar des efforts patients, Mitterrand avait détruit le Parti communiste. Hollande, en bien peu de temps, le nez en l’air, a détruit le Parti socialiste. La Droite peut les remercier : elle en rêvait, elle ne savait pas faire, et elle n’a rien eu à faire.

Cher Bosie,

Après une longue et vaine attente, je me suis décidé à t’écrire, autant dans ton intérêt que dans le mien, car il me serait pénible de penser que j’ai subi deux longues années d’emprisonnement sans avoir reçu de toi une seule ligne, la moindre nouvelle, ni même un message, à l’exception de ceux qui m’ont affligé. Notre lamentable et fatale amitié s’est terminée pour moi par la ruine et la honte publique, mais le souvenir de notre ancienne affection est souvent avec moi et je m’attriste à l’idée que le dégoût, l’amertume et le mépris pourraient prendre à jamais dans mon cœur la place que l’amour y tenait naguère. Et toi-même, je crois, sentiras dans ton cœur que mieux vaut m’écrire tandis que je me consume dans la solitude de la vie de prison que publier mes lettres sans ma permission ou me dédier des poèmes sans me le demander, alors que le monde ne saura rien des expressions de douleur ou de passion, de remords ou d’indifférence qu’il te plaira de choisir pour ta réponse ou ton appel (1).

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE