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samedi, février 7 2015

Edito - Philosophons...

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"La politique, c'est l'art de faire croire au peuple qu'il gouverne"

Louis Latzarus

Guillaume de Thieulloy, dans les 4 Vérités, s'inquiète des appels fréquents à la constitution d'un "gouvernement d'union nationale" :

"(...) À première vue, l’idée est bonne. Si toutes les bonnes volontés s’accordaient pour mener ensemble les réformes nécessaires pour sortir la France de l’ornière, nous devrions y applaudir chaleureusement.

Le problème, c’est que je doute fort que ce gouvernement d’union nationale soit un gouvernement au service de la France et des Français. Il y a, au contraire, tout lieu de croire que ce soit un gouvernement au service de l’oligarchie pour parachever la spoliation des contribuables et la suspension des libertés publiques pour les citoyens.

Rappelons que le FMI a « conseillé » aux États endettés de confisquer une part substantielle du patrimoine privé. Et, en matière de libertés publiques, il suffit de regarder ce qui se passe en ce moment au nom de la lutte contre le terrorisme…

Il me semble, par ailleurs, assez probable que notre confrère Emmanuel Ratier ait raison et que la manifestation du 11 janvier soit une sorte de « répétition générale » de ce qui pourrait se passer si Marine Le Pen se trouvait au 2e tour de l’élection présidentielle en 2017.

Ces grandes manifestations « républicaines » se reproduiraient pendant 15 jours pour déjouer le « péril fasciste » – le qualificatif « républicain » ne servant plus à désigner un mode de gouvernement, mais à dire qui est fréquentable et qui ne l’est pas.

Vous aurez, à ce sujet, noté avec quelle facilité – et quelle complicité médiatique – le FN a été prié de ne pas participer à la manifestation du 11 janvier. Puisqu’il est entendu que ce n’est pas un parti républicain (beaucoup moins, naturellement, que les autorités saoudiennes ou turques présentes !), il était « logique » qu’il ne soit pas présent dans une marche « républicaine » ? De même qu’il était « logique » d’interdire, au nom de la « laïcité » et de la « république », la manifestation des associations « Ri­poste laïque » et « Résistance républicaine », puisque l’oligarchie avait décidé que ces dernières n’étaient ni laïques, ni républicaines !

Jusqu’à présent, il était possible à ceux qui ne voulaient pas entendre ces inquiétudes sur les missions d’un éventuel « gouvernement d’union nationale » de crier au populisme. Mais, tout récemment, est arrivé un événement décisif : un véritable coup d’État organisé par le « système » en Suède.

« Le Monde » commente ainsi : « Une fois de plus, la Suède donne l’exemple. Confrontés à la perspective d’une crise politique prolongée, les partis politiques traditionnels ont décidé de s’unir pour permettre au gouvernement de fonctionner en neutralisant la capacité de nuisance parlementaire du parti populiste d’extrême droite ».

Vous avez bien lu : « nuisance parlementaire » ! C’est au nom de la république et de ses valeurs que l’on bride, non plus seulement le peuple, mais même les parlementaires qui auraient le mauvais goût de ne pas applaudir à toutes les décisions de l’oligarchie !

L’excellent site « Contrepoints » a, quant à lui, commenté : « Le dernier masque de la démocratie représentative, dans sa version postmoderne et corrompue, vient de tomber ».

Concrètement, que s’est-il passé ? Un parti dit « populiste », fort de 12 % des suffrages, est parvenu, en s’alliant avec un autre parti, à mettre le gouvernement en minorité sur son budget.

C’est le jeu classique de la vie parlementaire et on ne voit pas bien où est le mal. Cependant, cette « nuisance parlementaire » du parti « populiste » a entraîné une réaction, dont il y a effectivement tout lieu de craindre que, comme le dit « Le Monde » (vous savez ce journal « neutre » et « objectif » qui avait applaudi à la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges !), elle ne soit prise en exemple ailleurs, et notamment en France.

Droite et gauche se sont alliées, dans un accord valable jusqu’en 2022, en se répartissant les postes ministériels, indépendamment des résultats électoraux à venir.

Il est impossible de dire plus crûment que les élections ne servent à rien. Il est impossible de dire plus crûment que nous ne sommes plus en démocratie – si tant est que nous l’ayons jamais été…

Voilà ce qu’est un « gouvernement d’union nationale », dont tant de voix « autorisées », des « grands » médias à François Bayrou, en passant par Manuel Valls ou Alain Juppé, réclament la mise en œuvre en France – là aussi pour contrer le « populisme ».

Franchement, à part l’hypocrisie, on voit mal ce qui distingue un tel régime d’une dictature !"

Et si le "parti populiste", qui incarne plus que jamais l'opposition, devenait majoritaire ?

mardi, février 3 2015

Edito - Dimanche prochain, dans le Doubs …

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Après le premier tour de la législative partielle dans la 4ème circonscription du Doubs, j’ai pris le temps de réfléchir.

Je vois clairement que désormais notre principal adversaire politique est devenu le FN. Il a quelques raisons de se prétendre le premier parti de France. Son arrivée aux responsabilités nationales n’apparaît plus tout à fait comme une hypothèse d’école. Ce serait à mes yeux une catastrophe pour notre pays. L’image de la France serait abîmée dans le monde car l’idéologie du FN est aux antipodes des valeurs morales et politiques qu’elle incarne ; les rechutes antisémites périodiques du Président « d’honneur » de ce parti devraient suffire à nous en convaincre. La xénophobie et l’islamophobie du FN dressent les Français les uns contre les autres au risque de nous conduire à des affrontements violents. Son programme économique est celui de tous les dangers : la sortie de l’euro déstabiliserait notre économie, au détriment des plus fragiles ; elle provoquerait la dislocation de la construction européenne au moment où nos pays ont le plus besoin de faire bloc face aux multiples défis du monde qui nous entoure.

Il faut donc faire barrage au FN. Je m’engagerai à fond dans ce combat en essayant d’ouvrir les yeux des électeurs de bonne foi qui se laissent abuser par des dirigeants prêts à tout, y compris à faire alliance avec l’extrême-gauche grecque ou à faire de la surenchère sur le PS en promettant par exemple le retour de la retraite à 60 ans !

Ce n’est pas pour autant que je vais m’engager dans un Front Républicain qui scellerait une alliance avec le PS. Le sens de mon combat, c’est de réussir l’alternance, c’est-à-dire de rompre avec la politique conduite depuis 2012 et qui a plongé notre pays dans le marasme.

Pour tout dire, je ne suis pas sûr que les citoyens d’aujourd’hui attendent les consignes d’un parti avant d’aller voter. Chacun choisira en son âme et conscience.

Quant à moi, si j’étais électeur de la 4ème circonscription du Doubs, je sais ce qu’en mon âme et conscience je ferai : pour barrer la route à une candidate FN qui croit, entre autres choses, « en l’évidente inégalité des races », je ne m’abstiendrai pas, je voterai pour le candidat qui l’affronte, c’est-à-dire le candidat PS.

lundi, février 2 2015

Edito - Quatrième circonscription du Doubs : La République perd, mais françois Hollande a le sourire

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Tout le monde perd lors de ce premier tour de la quatrième circonscription du Doubs… mais François Hollande peut avoir le sourire.

En résumé. On a viré le plus nul des ministres de l’économie pour en faire un commissaire européen à l’économie (L’Europe, mieux que Pôle-Emploi… le mec n’ose même pas dire le montant de sa paie…), le chômage explose, la croissance est nulle, et l’endettement reste au top, mais avec de la bonne et grasse tambouille politicienne, François Hollande voit se dessiner son rêve : un deuxième tour contre Le Pen, qui le ferait élire comme sauveur de la République.

Le premier enseignement de l’élection du Doubs est net : l’écroulement de la participation, avec seulement 39,5 % de votants. Les endoctrineurs radicaux qui succèdent dans les médias pour nous attendrir sur la fervente unité du peuple peuvent aller se faire voir chez Plumeau. Les élections, 60 % des Français s’en tapent, même en période larmoyante. Tu piges, Charlie ?

Deuxième enseignement, le FN est en tête comme lors de toutes les premiers tours depuis la brillante élection du président casqué. La candidate Sophie Montel passe en deux ans de 23,8 % à 32,6 %... pendant que le candidat PS passe de (Pierre Moscovici) 40,8 % à (Barbier) 32,6 %, alors que l’UMP est stable, de 23,6% à 26,5%.

Troisième enseignement, il n’y a aucun engouement pour le FN, dont la candidate a perdu des voix : 8382 en 2015 contre 9.605 en 2012. Je sais que les législatives partielles mobilisent peu,… mais par pitié, qu’on arrête de nous jouer le péril FN, alors que ce parti perd des électeurs ou stagne, et que c’est l’abstention qui gagne.

Quatrième enseignement, Nicolas Sarkozy n’est qu’un pet. Il a beau en faire des montgolfière de pets, ses discours à deux balles, qui annoncent comme des révolutions ce qui existe déjà ou ce qu’il n’a pas fait, ne marchent pas. Nicolas Sarkozy, ça n’imprime plus !... Le résultat est génial pour le PS, qui perd 9 % de voix, avec un nombre d’électeurs passant des 16421 à 7416, mais qui fait le mariole parce qu’il se retrouve au second tour. C’est tout le pari de François Hollande-le-Planqué, qui n’hésite pas légitimer les thèmes FN, comme avec ses mièvres incantations sur la laïcité et l’apologie, qui sont de la vraie islamophobie, propre et décontractée, ou sur les Roms, car son seul espoir pour être réélu est d’éliminer l’UMP au premier tour de la présidentielle.

Dans le rôle du loser, Nicolas Sarkozy est à nouveau parfait, et François Hollande va tout faire pour le conforter comme leader de l’opposition. Ce sacré François Hollande qui doit tout aux maladies sexuelles de DSK et aux lubies paranos de Nicolas Sarkozy : un destin...

Et nous on fait quoi là-dedans ?

1) On s’apprête à s’abstenir, lassé par ce jeu de dupes, ces ministres cométiques, en sachant que le pouvoir est ailleurs, du côté des grands groupes économiques. Le pouvoir politique a perdu, et je mise peu sur la tentative grecque.

2) L’alternative est de s’organiser pour soutenir Alain Juppé, compétent et intello, le seul capable d’éviter que la France finisse serpillère des Etats-Unis ). Mais comment faire, alors que l’appareil de l’UMP est cadenassé au service de Nicolas Sarkozy, et que le PS et le FN ont besoin du p’tit nerveux pour garantir leur premier tour ?

Pouah, quelle sinistre période… Heureusement, il nous reste la musique.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, janvier 17 2015

Edito - Vite en finir avec la culture du "tout se vaut"

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Si le temps de l'émotion ne cède pas rapidement la place au temps de la raison dans l'actuel drame traversé la semaine dernière par la France, des semaines redoutables s'annoncent.

Ce devrait être la fonction des responsables politiques que d'assurer le plus rapidement possible cette évolution. Ils ne le font pas.

Après le temps de l'évitement, ils annoncent le temps de l'affrontement avec ce mot terrible de "guerre". Ni l'un ni l'autre ne sont efficaces.

François Hollande dit que la France est "en guerre". Mais qu'a-t-il fait en conséquence pour défendre des intérêts de la France à l'étranger comme hier au Niger ?

Notre pays est en train de sombrer dans des travers d'une extrême gravité :

1) juger l'importance des morts en fonction du nombre de kilomètres qui nous séparent du drame : à plusieurs reprises cet été sur ce blog ont été publiés des drames lointains : églises brûlées, chrétiens martyrisés ... Quels étaient alors les échos ?

2) Pire encore avoir un jugement de classe sur des morts en fonction de leur notoriété médiatique : c'est pourtant ce à quoi nous venons d'assister depuis 10 jours de façon caricaturale.

3) Considérer que, dans les valeurs collectives, il n'y ait plus de place pour du sacré. Or, la vie est sacrée. Mais le respect d'autrui est également sacré.

Il n'y a aucune raison d'offenser autrui quand on l'a accepté sur son territoire. Il doit y respecter des règles. Mais il doit aussi être respecté.

Dans ce droit au respect, il doit y avoir une hiérarchie. Faute de hiérarchie, il n'y a plus de repère. Faute de repère, une communauté humaine ne peut fonctionner.

Dans tous les domaines en France depuis des décennies la mode est au "tout se vaut". Les enfants font la leçon aux enseignants, souvent d'ailleurs avec le soutien déterminé des parents. Des parents qui ont abandonné leur fonction d'éducation comme si un tiers pouvait la remplir avec autant d'efficacité....

Cette culture est destructrice parce qu'avec le "tout se vaut" c'est toujours le plus bas qui gagne et qui devient le marqueur.

Pour ce qui me concerne, je suis contrarié quand des croyances religieuses sont offensées. Je n'ai jamais apprécié l'humour vulgaire au détriment de l’Église chrétienne ou de ses représentants. En conséquence, je suis persuadé qu'il doit en être de même pour celles et pour ceux qui se retrouvent dans d'autres religions.

Je n'ai jamais apprécié des chansons sur des thèmes de "nique ta mère" ou les groupes de rap qui transforment méthodiquement les femmes en objet sexuel avec une vulgarité scandaleuse.

J'ai dû lire deux ou trois fois un Charlie Hebdo. Ce n'était pas mon style d'humour. En revanche, j'ai été choqué et particulièrement triste que le droit sacré de vivre puisse être ainsi agressé.

Au cours des derniers jours, la seule position sage me semble avoir été celle du Pape François : le progrès dans une civilisation passe d'abord par le respect mutuel. __ 4) L'actuelle situation Française est intenable dans la durée. Puisque la France se déclare officiellement en guerre qu'avait-elle fait pour protéger ses intérêts à l'étranger par exemple au Niger ? Combien de Français__ dans des territoires lointains peuvent être exposés à des représailles sans être dans le confort de palais parisiens hyper-protégés ?

La raison n'est jamais mécaniquement dans le camp du grand nombre apparent. Ce grand nombre a longtemps choisi l'évitement. A tort. Il choisit aujourd'hui l'affrontement. A tort probablement. Dans ce nouveau choix, s'il met autant de temps à découvrir ses erreurs que celui qui fut nécessaire pour découvrir que l'évitement a été une erreur, de très lourds drames sont à prévoir.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, janvier 16 2015

Edito - Le pape parle des attentats dans l'avion qui le conduit aux Philippines

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Journaliste : Hier matin, durant la messe, vous avez parlé de la liberté religieuse comme d’un droit humain fondamental. Dans le respect des différentes religions, jusqu’à quel point peut-on aller en termes de liberté d’expression qui, elle aussi, est un droit humain fondamental ?

Pape François : Merci pour cette question intelligente ! Je crois que ce sont toutes les deux des droits humains fondamentaux : la liberté religieuse et la liberté d’expression. On ne peut pas… Vous êtes français non ? Alors allons Paris, parlons clairement ! On ne peut pas cacher une vérité aujourd’hui : chacun a le droit de pratiquer sa religion, sans offenser, librement, et nous voulons tous faire ainsi.

Deuxièmement, on ne peut pas offenser, faire la guerre, tuer au nom de sa religion, c’est-à-dire au nom de Dieu...

Ce qui se passe maintenant nous surprend, mais pensons toujours à notre histoire : Combien de guerres de religion avons-nous connu ! Pensez seulement à la nuit de la saint Barthélémy ! Comment comprendre cela ? Nous aussi nous avons été pécheurs sur cela, mais on ne peut pas tuer au nom de Dieu, c’est une aberration. Tuer au nom de Dieu est une aberration. Je crois que c’est le principal, sur la liberté religieuse : on doit le faire avec la liberté, sans offenser, mais sans imposer ni tuer.

La liberté d’expression… Non seulement chacun a la liberté, le droit et aussi l’obligation de dire ce qu’il pense pour aider le bien commun : l’obligation ! Si nous pensons que ce que dit un député ou un sénateur – et pas seulement eux mais tant d’autres - n’est pas la bonne voie, qu’il ne collabore pas au bien commun, nous avons l’obligation de le dire ouvertement. Il faut avoir cette liberté, mais sans offenser. Car il est vrai qu’il ne faut pas réagir violemment, mais si M. Gasbarri (responsable du voyage, debout à ses côtés, ndlr) qui est un grand ami dit un gros mot sur ma mère, il doit s’attendre à recevoir un coup de poing ! C’est normal… On ne peut pas provoquer, on ne peut pas insulter la foi des autres, on ne peut pas se moquer de la foi !

Le pape Benoît, dans un discours dont je ne me souviens pas bien (en fait, le fameux discours de Ratisbonne, ndlr) avait parlé de cette mentalité post-positiviste, de cette métaphysique post-positiviste qui menait au final à croire que les religions ou les expressions religieuses sont un espèce de sous-culture : elles sont tolérées mais elles sont peu de chose, elles ne sont pas dans la culture des Lumières. C’est un héritage des Lumières.

Il y a tant de gens qui parlent mal des religions, qui s’en moquent, qui jouent avec la religion des autres. Ceux-là provoquent… et il peut se passer ce qui arriverait à M. Gasbarri s’il disait quelque chose contre ma mère. Il y a une limite ! Chaque religion a de la dignité, chaque religion qui respecte la vie humaine et l’homme, et je ne peux pas me moquer d’elle… c’est une limite. J’ai pris exemple de la limite pour dire qu’en matière de liberté d’expression il y a des limites, comme pour l’histoire de ma mère.

Source : A bord de l’avion papal, Antoine-Marie Izoard © I.MEDIA

dimanche, janvier 11 2015

Edito - "Je Suis Charlie" : une opinion publique qui ne se connaissait pas ?

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La période actuelle est très surprenante. Les conditions de sortie de cette période peuvent l'être encore davantage que les actuelles circonstances. Il y a ce que la semaine montre et ce qu'elle laisse en interrogations.

Ce qu'elle montre :

- un choc émotionnel naturellement fort puisqu'il touche au dernier carré de sacré : la vie,

- face à ce choc la capacité de l'opinion publique française à vivre un "coup de révolte",

- ce coup de révolte mobilise parce que, derrière les mots d'ordre globaux, les raisons des participants sont très différentes.

Mais il reste des interrogations majeures, peut-être encore plus importantes que les acquis de cette semaine :

- s'agit-il d'une révolte ou d'une résistance : dans le 1er cas, l'attention retombera vite. Dans le second cas, l'attention vivra. Pour l'instant, la réalité de l'attention sur des faits internationaux de terrorisme a été très faible dans les médias français et encore actuellement à la différence de médias étrangers. La résistance, si elle naît, deviendra-t-elle universelle ou seulement sur le territoire français ? Qui se souciait en France cet automne du symbole des Églises en feu ?

- le temps de l'union ne doit pas cacher des échecs considérables sur des institutions françaises. Quand ce débat sera-t-il ouvert sérieusement alors même qu'il ne l'a jamais été ?

La semaine donne le sentiment d'une opinion qui ne se connaissait pas.

Elle devait être indifférente et elle se découvre historiquement mobilisée.

Elle avait des signes permanents d'alertes mais même les évoquer semblait jusqu'alors difficile.

Si un réel feu de mobilisation a été allumé, il risque d'être difficile à éteindre tant du retard avait été pris. Et dans ce cas, les changements pourraient être profonds : le "printemps français" ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, janvier 10 2015

Edito - A quoi bon Charlie ?

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L'actuel Gouvernement ne comprend que des amateurs... Il faut unir tout le peuple contre les criminels mais on exclut le FN (qui n'est pas criminel à ce que je sache)

Il s'agit là, d'une décision irréfléchie, et l'UMP fonce : le journal Le Monde à raison la belle union nationale n'a pas tenu plus que 24 heures.

Le secrétaire général de l'UMP Laurent Wauquiez a affirmé que son parti était "unanime" pour s'opposer à l'exclusion du FN de la "marche républicaine" prévue dimanche en hommage à l'attentat contre Charlie Hebdo. "C'est une position unanime : il n'est pas acceptable que le Front national soit exclu pour une manifestation d'unité nationale. On ne pourrait pas comprendre que certains soient exclus, a estimé Laurent Wauquiez, à l'issue d'une réunion exceptionnelle du bureau politique de l'UMP.

Pourtant, François Fillon (UMP) a affirmé qu'on ne pouvait "pas parler d'unité nationale en excluant plusieurs millions de Français".

De plus, le président du MoDem, François Bayrou, a jugé jeudi que c'était "une mauvaise décision d'exclure qui que ce soit" de la "marche républicaine" de dimanche en hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo, dont est tenu à l'écart le Front national. "L'unité nationale, pour exister, doit se donner comme règle qu'on n'exclut personne", a déclaré à l'AFP le maire de Pau.

Une magnifique victoire offerte aux terroristes, par la plus nulle et désespérante des classes politiques.

De façon concomitante, la ministre de la Culture Fleur Pellerin veut "débloquer en urgence" environ un million d'euros pour Charlie Hebdo, a-t-elle annoncé sur France 5. La ministre fait travailler ses équipes pour "changer les textes", afin que Charlie Hebdo puisse bénéficier "d'aides structurelles" auxquelles un hebdomadaire satirique n'a pas droit, selon les règles actuelles des aides à la presse.

C'est, je le répète, vraiment un gouvernement d'amateur.

Au milieu de tout çà, une bonne nouvelle : Michel Houellebecq suspend la promotion de sa bouse “Soumission”.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

Edito - Face aux terroristes, l'Union nationale n'aura pas duré deux jours !

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... L’ensemble des formations, du Front de gauche à l’UMP, ainsi que tous les syndicats et plusieurs associations antiracistes, participeront à ce rassemblement organisé à l’initiative de la gauche, au risque d’en faire une manifestation largement partisane avant d’être simplement citoyenne.

Mais cet appel à l’unité s’arrête au Front national, qui n’a pas été invité à rejoindre le cortège par le PS ou l’exécutif. Avec, derrière les convictions bien réelles exprimées par les responsables politiques, l’existence de calculs politiques à court terme...

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/01/09/l-union-nationale-se-brise-sur-la-question-du-fn_4552529_823448.html#TSmU9ifZt4DH7AyX.99

Source : Le Monde - 09/01/2015

samedi, décembre 27 2014

Edito - Qu’est-ce qui aura le plus fortement marqué les Français au terme d’une année politique très riche ?

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Qu’est-ce qui aura le plus fortement marqué les Français au terme d’une année politique très riche ? L’Institut Odoxa a posé quatre questions, dans un sondage exclusif pour le Parisien-Aujourd’hui en France et ITélé : quel est l’événement politique le plus important de 2014, la révélation politique de l’année, et la personnalité la plus scandaleuse ? Enfin nous avons demandé, sur un registre plus léger, avec quel(le) homme ou femme politique les Français aimeraient passer le réveillon du 31 décembre.

L'événement politique de l'année 2014 : le Front national en tête lors des élections européennes.

C’est d’abord, sans conteste, « le score canon de 25 % réalisé par le parti de Marine Le Pen aux élections européennes qui a marqué les esprits », relève Céline Bracq, directrice d’Odoxa. C'est l'événement marquant de l'année pour 51 % des Français. « Le FN premier parti de France est ainsi cité en priorité par les sympathisants de gauche (45 %) et encore plus par ceux de droite (57 %) ». Loin devant la réforme territoriale avec une France qui passe à 13 régions (31 % des personnes interrogées)...

Le retour de Nicolas Sarkozy et la victoire de la droite aux élections municipales arrivent ex-aequo en 3e position : 24%. Le remaniement ministériel avec le départ d'Arnaud Montebourg est en 4e position (19%).Valérie Trierweiler et la sortie de son livre « Merci pour ce moment » se retrouvent en bas du classement (10 %). « Une nouvelle preuve que les Français font la différence entre événement médiatique et événement politique », souligne l'institut de sondages. L'affaire Jouyet-Fillon n'a, elle, marqué que 3 % des Français.

Fait notable, le mouvement d’extrême droite apparaît en haut de classement dans trois des quatre catégories du sondage. Marion Maréchal-Le Pen est seconde chez les « révélations de l’année », tandis que sa tante Marine apparaît au deuxième rang des politiques avec qui réveillonner.

Emmanuel Macron, révélation politique de l'année

C’est un homme arrivant avec des recettes nouvelles, et un brin iconoclastes à gauche, Emmanuel Macron, qui est élu haut la main « révélation de l’année ». Le ministre de l’économie est cité par 47 % des Français, loin devant la nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen (32 %). La jeune députée FN est néanmoins la favorite des sympathisants de droite (47 %, devant Emmanuel Macron à 39 %), relève l'institut, « une place qu'elle doit aux sympathisants FN. Les trois quarts la citent et ils représentent un tiers des sympathisants de droite ». Elle devance Bruno Le Maire (30 %), candidat à la présidence de l'UMP.

Le plus scandaleux : Thomas Thévenoud

Dans la catégorie scandale de l’année, Thomas Thévenoud, le secrétaire d’État PS qui oubliait de payer ses impôts pour cause de « phobie administrative », arrive en tête (40 %). Il devance de peu la « scandaleuse » Valérie Trierweiler (39 %), qui a très négativement marqué les sympathisants de gauche (ces derniers classent d’ailleurs l’ex-compagne de François Hollande première, avec 54 % de citations). Elle est suivie de près par Thierry Lepaon (37 %), pour les révélations sur ses frais et indemnités payés par la CGT. Jérôme Lavrilleux et l'affaire Bygmalion arrivent en 4e position de ce classement (19 %).

Sarkozy et Le Pen, personnalités préférées pour passer le Réveillon

Avec qui les Français souhaiteraient finir l’année ? Le plus cité est Nicolas Sarkozy avec 19 % de citations. Ce sont Marine Le Pen et Rama Yade qui arrivent en deuxième position : la patronne du FN parce qu’elle génère certes très peu « d’envie » chez les Français en général mais que 8 sympathisants FN sur 10 rêvent de passer un Réveillon avec elle ; la centriste Rama Yade parce qu’elle est globalement appréciée par toutes les catégories de Français, souligne Odoxa. Loin derrière, François Hollande (9 %). Au pied du classement, Nadine Morano : ils ne sont que 2 % à dire qu'ils aimeraient passer le Nouvel An avec elle.

Source : Sondage du Parisien ce 27/12/2014

Edito - Jacques Julliard a raison sur le suffrage universel, pas sur la suppression du Premier Ministre

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Naturellement, l’insatisfaction chronique des citoyens à l’égard de nos dirigeants pousse à se poser des questions sur nos institutions, que certains imaginent coupables de nos problèmes. Dans le cadre de ce débat, Jacques Julliard a publié une belle tribune pour défendre le suffrage universel.

En défense de l’idée même de démocratie

Certains n’ont pas digéré le référendum de 1962, lors duquel le Général de Gaulle avait transféré le choix du président de la République d’une assemblée d’élus au peuple. Cet élément fondamental de l’architecture institutionnelle de notre pays est parfois critiqué mais l’attachement des Français y est si fort qu’il sera bien difficile de revenir dessus. Il est heureux que Jacques Julliard le soutienne, d’autant plus que le malaise a une autre raison. Les pouvoirs de nos gouvernements ont été considérablement réduits : plus de contrôle de la monnaie, un magma de traités qui fixent un cadre politique pré-déterminé dans lequel les marges de manœuvre sont toujours plus restreintes, oblitérant de facto la démocratie.

Certains disent que le peuple serait perméable à la démagogie, comme si eux ne l’étaient pas… Ils veulent éloigner toute décision importante du suffrage universel, d’où les banques centrales indépendantes, ou les accords qui placent les multinationales sur le même plan que les États. Jacques Julliard leur répond en notant que le parlementarisme aboutit à la même personnalisation et que le problème est ailleurs : « ceux qui nous gouvernent sont dans une voiture dans laquelle ni les freins, ni l’accélérateur ne répondent. Et l’on voudrait résoudre le problème en supprimant l’élection présidentielle, c’est-à-dire le lien direct entre les électeurs et le pouvoir ? Cela ne ferait qu’aggraver la situation ».

Pourquoi nous avons besoin de Matignon

Le problème qui se pose aujourd’hui est de revitaliser la démocratie en redonnant aux personnes élues par le peuple les moyens de gouverner, au lieu de leur confisquer toujours davantage de pouvoirs. Après, se pose la question de cette dualité du pouvoir assez spécifique à la France, où il existe deux centres, qui peuvent même aller dans des directions opposées, à l’Élysée et à Matignon. La plupart des autres pays, quand ils ont deux figures, confient en général des missions plus représentatives à l’un et le véritable pouvoir à l’autre, mais la France se distingue par ses deux centres névralgiques du pouvoir, dans les mains du Président de la République et de son Premier Ministre.

Cette construction institutionnelle nous permettait théoriquement d’avoir deux temps, le temps présidentiel, théoriquement plus porté sur le long terme, et le temps du gouvernement, davantage dans l’instant. Certes, notamment depuis 2007, cette dyarchie semble moins nécessaire tant les présidents qui se sont succédés se vautrent désormais dans l’anecdotique et le superficiel. Mais cela rend justement sans doute encore plus nécessaire cette organisation pour permettre demain une vraie séparation des pouvoirs où le Président de la République pourra se consacrer aux très nombreux sujets de fond, laissant l’intendance à Matignon. Le nombre de sujets à traiter le justifie plus que jamais.

Merci à Jacques Julliard pour ce plaidoyer. Il existera toujours dans les élites des personnes qui croient sincèrement à une organisation démocratique de nos sociétés. Et plus le temps passe, plus je suis convaincu de l’intelligence de la construction du Général de Gaulle.

Le rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

Edito - La bataille de la langue française est bien perdue

0.A00119782035913722-X.jpgLe recueil des lettres des Poilus de 14-18 m'avait déjà inquiété sur le respect de notre langue quand on compare le choix de leurs mots avec les usages actuels. Cette lecture m'avait beaucoup questionné : la place du respect de l'histoire du pays, le sens du dévouement, la place de la "fatalité", le courage face aux épreuves et cette qualité d'écriture avec des mots justes.

Cette inquiétude a été confortée et amplifiée par l'un des cadeaux d'hier : 150 questions de grammaire issues des exercices de Pierre Larousse. A la fin du XIXème siècle, Pierre Larousse publie des ouvrages pédagogiques qui sont des tests et des conseils sur la langue française.

Enseignement livre

Les éditions Larousse viennent de rééditer ces documents.

150 questions qui ré-ajustent les appréciations sur l'évolution de l'enseignement.

La bataille de la langue française est bien perdue. Mais à ce point c'est difficilement imaginable.

Ce test devrait être considérablement diffusé.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, décembre 21 2014

Edito - La France et le besoin de fiction

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Depuis un peu plus d'une semaine, le PS a lancé sa nouvelle com : "demain ira mieux". Dernière étape en date : le rapport de l'INSEE, organisme d’État.

Tous les indicateurs sont à l'enfoncement dans la crise, mais les mots sans le moindre chiffre concluent à la ... reprise. C'est le besoin de fiction.

Et c'est vrai que pour sortir de l'actuelle morosité, les Français ont besoin de fiction.

Pendant des décennies, ils ont été nourris au lait du "le monde nous l'envie". Il n'y avait pas un dispositif français que le monde n'enviait pas : l'école, les quartiers, la santé ... Heureusement, le monde n'a pas copié les dispositifs français et chacun s'en porte bien sauf les Français.

La formule "le monde nous l'envie" a totalement disparu tant elle paraitrait peu crédible, prétentieuse, irréelle.

C'est comme l'actuelle tactique du "demain ira mieux". L'imaginaire ne remplacera jamais durablement la réalité. Pour changer la réalité, il faudrait du courage. Et c'est ce qui manque le plus aux politiciens professionnels.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, décembre 16 2014

Edito - Emmanuel Macron et la dérégulation trop sélective

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Il n'y a que deux politiques que la France n'ait jamais appliqué : le vrai libéralisme et une "gauche moderne".

La loi Macron sur la relance de l'économie est un exemple du compromis permanent qui règne en France : un peu de libéralisme avec un peu de socialisme archaïque.

L'exemple de cette dérégulation très sélective trouve son application dans le dossier des professions juridiques. S'il y avait un domaine à déréguler c'est la profession des avocats au Conseil d’État et à la Cour de Cassation.

C'est dans la procédure le moment où l'inégalité face à la Justice par l'argent trouve son zénith.

La seule ouverture du dossier "coûte un bras" à ce niveau.

Ce qui pratiquement signifie que, pour des personnes avec des moyens financiers limités, l'ultime recours est impossible, interdit de facto.

Pourquoi la dérégulation de cette profession hyper-protégée n'est-elle pas mise en œuvre ?

Faudrait-il en déduire que la compétence de la "masse des avocats" devient inopérante à ce niveau ?

Si le système politique actuel désespère et met en colère, c'est en raison d'incohérences manifestes de ce type qui pourraient faire l'objet d'une liste longue.

En France, il faut être fort par le nombre et la capacité à gêner ou fort par les relations avec le Pouvoir pour échapper aux principes énoncés lors des réformes.

C'est une de raisons pour lesquelles les Français sont fâchés avec les réformes parce qu'ils ne sont plus dupes des conditions dans lesquelles elles sont engagées.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, décembre 1 2014

Edito - VGE : le grand oublié de l'anniversaire de la "loi Veil"

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La France a un vrai souci avec son Histoire. Tantôt elle l'oublie très rapidement. Tantôt elle le scénarise avec un sens de la discrimination assez surprenant. Ce fut le cas cette semaine avec les 40 ans de la "loi Veil" sur l'avortement. Il n'a jamais été question de VGE. Ou si peu.

Dans un régime où tout procède du Chef de l’État, là le Chef de l’État était ... absent. Il n'existait pas. Pas un commentaire pour quand même célébrer celui qui a eu le talent et le courage de nommer des personnalités comme Simone Veil ou Françoise Giroud.

A en croire l'actualité de la semaine écoulée, Simone Veil a été nommée toute seule. Elle a présenté le dossier de sa seule initiative. Où était donc Valéry Giscard d'Estaing à cette époque ?

C'est incroyable, cette incapacité à ne pas discriminer une lecture historique en France.

C'est probablement l'une des raisons du malaise de ce pays. Il n' a jamais l'honnêteté de regarder son Histoire en face. Ses meilleurs moments. Ses pires moments. Dans ces conditions, comment profiter des premiers et comment éviter les seconds ?

En 40, tous les Français ont été résistants.

En 60, la France n'a abandonné aucun de ses territoires. Quand elle a fait la guerre, la torture a été exceptionnelle, des faits personnels.

Et bien sûr, la France est écoutée de la terre entière.

Ainsi vont les légendes politiques bien orchestrées.

Une légende s'ajoutera : Simone Veil a été détachée de tout gouvernement pendant une loi qui mettait à l'épreuve une société, donc pas banale.

Il est même possible que la date anniversaire ne soit pas la bonne. Comme c'est le cas en espèce.

En 1974, au 1er tour de la présidentielle, si j'avais eu a le faire que crois j'aurai voté Jacques Chaban-Delmas. Au second tour en 1974, j'aurai voté VGE. Parce que François Mitterrand a toujours incarné à mes yeux la "gauche insupportable", celle qui porte le cœur en bandoulière, qui fait espérer les couches populaires mais qui vit dans les pires clichés de la "droite" à titre personnel. C'est si simple en France.

Dernièrement,sur France 2, j'ai regardé avec intérêt le portrait d'Arlette Laguiller. Quel air pur. Je ne partage pas ses idées. Mais quelle honnêteté dans ses combats. Quelle honnêteté entre ses combats collectifs et son comportement personnel.

Je pense VGE a été un bon et honnête président de la République. Malheureusement, à cette époque, j'étais trop jeune pour voter.... mais, je souviens de tout. Quelle belle mécanique intellectuelle. Sa campagne 1974 a été merveilleuse. une vraie fête.

Son bilan a porté des réformes de société considérables.

Quelle tristesse de ne pas l'avoir vu associé à l'une des réformes importantes de son mandat.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, novembre 22 2014

Edito - Ici, ils se déchirent à 3 quand là bas ils sont déjà 23 ...

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L'inconnue majeure du moment réside dans la détermination du sous-étage où la France terminera et combien de temps elle mettra alors à se "remettre à niveau". Dernier exemple en date : le comportement hier de Bernadette Chirac : ne pas dire bonjour à un ancien Premier Ministre de la République parce qu'il "ose" être candidat aux cotés de "son" candidat. C'est d'un ridicule pathétique.

Mais surtout c'est l'illustration d'une mentalité de "propriétaire" du pouvoir qui est d'une extrême gravité. Il y aurait des personnes qui ont la responsabilité de savoir quel est le "bon candidat" pour les Français. Et la candidature des autres deviendrait une ... offense.

C'est une mentalité incroyable.

C'est comme les réactions des invités permanents de C à dire hier soir au sujet de Bruno Le Maire et Hervé Mariton : ils n'ont pas droit aux 20 heures. Trop "petits". Donc voués à le ... rester.

C'est la mentalité qui tue l'éclosion des talents.

Mais pour protéger "quels talents" compte tenu de l'état du pays, ses finances, ses affaires, son chômage ...

En France, pour 2017, au sein de l'UMP, ils sont 3 à candidater et à se déchirer en permanence.

Aux États-Unis, au sein du seul Parti Républicain, pour 2016, ils sont déjà ... 23 à être sur la ligne de départ.

La bonne question pour l'UMP serait : pourquoi ne sont-ils que 3 à cette étape ?

Comment un parti politique est-il capable de compter aussi peu de talents en son sein ?

Où sont les autres parce qu'un pays comme la France est-il capable de susciter aussi peu de vocations pour une fonction aussi décisive ?

A force de passer à côté des bonnes questions, ce pays cesse d'apporter les bonnes réponses. Et depuis longtemps.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, novembre 20 2014

Edito - Pourquoi Juppé sera élu ?

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Partons du principe – car il semble difficile d’ imaginer le contraire – qu’il y aura un candidat UMP au deuxième tour de la présidentielle de 2017, et que son adversaire , qu’il soit du PS ou du FN , n’aura aucune chance de le battre ( sans faire injure à tous les autres, qu’ils soient de la « gauche de la gauche », écologistes ou centristes).

Nicolas Sarkozy va certainement être élu, le mois prochain , à la présidence de l’ UMP – sans avoir battu pour autant Alain Juppé , qui a eu l’ habileté de ne pas se présenter à une élection jouée d’avance (là encore, sans faire injure à MM. François Fillon, Bruno Le Maire , Xavier Bertrand ou Hervé Mariton) , les sarkofanatiques étant très majoritaires parmi les militants de ce parti.

Une fois élu, le nouveau président de l’UMP va travailler à remettre en ordre de marche et à refaire l’ unité de ce parti, que François Fillon et Jean-François Copé se sont soigneusement employés, pendant plus de deux ans, à mettre en pièces : nul doute qu’il y parviendra, mais la question est de savoir au bénéfice de qui – car près de deux longues années le sépareront de la désignation du candidat de l’UMP aux présidentielles, et, cette fois, par les sympathisants, et non par les militants ; et le seul opposant crédible à Nicolas Sarkozy est évidemment Alain Juppé ; or, que se passera-t-il, entre décembre 2014 et la fin de 2016 ?

Nicolas Sarkozy, devenu président de l’UMP, sera condamné à tenir le devant de la scène en permanence ; or, tout indique, en quelques semaines, depuis qu’ il a fait officiellement son « retour », qu’il a perdu la main : il semble ne plus être capable que de reprendre sa tactique, qui lui avait réussi en 2007, consistant à accumuler les promesses tous azimuts mais contradictoires entre elles, et dont le seul fil directeur est le contre-pied systématique des décisions du pouvoir actuel ; il donne ainsi, à son détriment, une image du « robot qui refait toujours le même numéro » ; là où il surprenait par sa nouveauté en 2007, il décontenance ses supporteurs en 2014 par cette impression de « déjà vu », de retour à un passé vieux de 10 ans, le passé d’avant la crise : à un monde disparu.

En quelques jours, il a multiplié les prises de position qui doivent laisser perplexe son électorat, et dont Gérard Courtois, dans un article du quotidien Le Monde daté du 18 novembre intitulé « Nicolas Sarkozy à la godille », dresse une liste non exhaustive, toutes ces improvisations imprévisibles au jour le jour donnant de lui une impression de fragilité et d'incohérence.

De ce fait, Alain Juppé n’aura presque pas besoin de s’exprimer : Nicolas Sarkozy suffit à renforcer, par contraste, son image de solidité et de cohérence : il sera l’« homme sérieux » opposé au bateleur d’estrades. Or, en période de crise et de désarroi (ce qui n’était pas le cas en 2007), les Français préféreront un président rassurant à un président anxiogène : grâce à Nicolas Sarkozy, même l’ âge d'Alain Juppé, qui semblait constituer son principal handicap, deviendra pour lui un gage d’expérience, donc un atout .

Mais, surtout, il ne faut pas oublier que, de plus en plus, celui que les sympathisants ou les militants choisissent aux primaires comme candidat à la présidentielle est celui que les sondages donnent comme ayant le plus de chances de l 'emporter : ce fut le cas pour l'illustre inconnue qu’était Ségolène Royal en 2006, ce fut la raison de la popularité de DSK (dont on ignorait tout du programme) avant ses exploits au Sofitel ; or, Alain Juppé « ratisse plus large » que Nicolas Sarkozy - la majorité des électeurs du FN, dont le ralliement avait été la principale raison de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, et qui croient désormais en leurs chances de victoire, étant, cette fois-ci, irrécupérables par qui que ce soit ; et ceci apparaîtra forcément dans les sondages.

Entre un Alain Juppé rassurant qui s’est habilement positionné au centre droit (où il récupérera beaucoup d’électeurs non seulement centristes, mais aussi des déçus de François Hollande) et un Nicolas Sarkozy anxiogène courant derrière l’électorat de Marine Le Pen qui ne l' abandonnera pas, la cause semble entendue.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, novembre 19 2014

Edito - Travail du dimanche : Emmanuel Macron va plus loin que Nicolas Sarkozy

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Dans quelques années, on regardera sans doute avec étonnement cette majorité dite de gauche, qui réduit le prix du travail laissé par ses prédécesseurs de droite, simplifie les procédures administratives, et semble déterminée à faire ce que Nicolas Sarkozy n’avait pas fait sur le travail du dimanche.

Big bang néolibéral le dimanche ?

C’est une tarte à la crème des néolibéraux : notre pays devrait faciliter le travail du dimanche pour relancer son économie. Passons sur le fait que l’Allemagne a une législation plus stricte que nous dans la restriction des horaires d’ouverture des commerces et que cela ne semble pas vraiment l'handicaper en Europe. C’est d’ailleurs une rengaine que nous a servi Nicolas Sarkozy comme candidat, puis président, puis à nouveau candidat, sans que l’on comprenne bien pourquoi les choses n’avaient pas plus changé pendant qu’il était au pouvoir. Il semble malheureusement qu’il fallait que la « gauche » arrive au pouvoir pour déréguler plus encore le droit du travail, étant donnés les projets d’Emmanuel Macron.

Le nouveau ministre de l’économie semble vouloir aller encore plus loin qu’initialement prévu. Encore plus fort, il permettrait aux entreprises de moins de 20 salariés d’avoir des règles plus souples en matière de compensation salariale. En clair, elle pourrait échapper à la majoration de 100 % du salaire le dimanche, qui pourrait être également contournée par des accords de branche pour les plus grandes entreprises. Les « zones touristiques de dimension internationale » pourraient voir les règles s’assouplir, le dimanche, mais aussi le soir jusqu’à minuit, ainsi que les gares. Enfin, d’autres zones verraient également les contraintes s’alléger et 12 dimanches pourraient être travaillés au lieu de 5.

Une mauvaise décision

Bien sûr, certains avancent que les zones touristiques pourraient dégager plus de chiffre d’affaires si on donnait le droit aux commerces d’ouvrir car les touristes ont du pouvoir d’achat. D’autres soulignent, à juste titre que des millions de Français travaillent déjà le dimanche (13 % habituellement, 15 % occasionnellement). Mais ces arguments sont tout à fait insuffisants. Certes, la France est un pays touristique et il est probable que nous gagnerions quelques dépenses supplémentaires à permettre aux touristes de dépenser 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, comme on peut le faire sur Internet, mais qu’est ce que cela pèse par rapport aux perturbations que cela représente pour la vie de famille ?

Même si l’économie est importante, elle n’est qu’un moyen au service d’une fin qui la dépasse, la condition humaine. En facilitant le travail du dimanche, non seulement nous reculons dans la condition sociale, mais nous asservissons la condition humaine à une vision purement marchande de la société où c’est l’homme qui doit sans cesse s’adapter sans le moindre souci pour son équilibre familial et personnel. Pourquoi semble-t-il si évident pour tant de personnes qu’il faut libéraliser le travail du dimanche alors que c’est un vrai recul pour la condition humaine ? Le climat de crise, la difficulté à voir les mesures avec un peu de recul et le mauvais argument de la modernité balaient toutes les objections.

Malheureusement, ceci n’est pas une surprise : __François Hollande__ avait, dés le mois d’août, avant l’arrivée d’Emmanuel Macron, ouvert la porte à une telle évolution. Et ce n’est pas le très libéral ministre de l’économie qui risquait de freiner pour défendre une telle idée.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, novembre 14 2014

Edito - L'austérité s'installe en France au pire moment

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A juste titre, il y a eu un débat entre la rigueur et l'austérité. Ce débat est passé. Depuis la rentrée de septembre 2014, les territoires locaux français sont entrés dans une phase d'austérité.

Depuis septembre 2014, car ils ont la conscience des impacts des efforts budgétaires de l’État chiffrés pour 2015.

Les territoires locaux car Paris et ses nombreuses structures réservent l'austérité à la ... Province. Les agents locaux du dynamisme économique sont frappés par des ponctions et par des chutes de dotations énormes qui vont fermer le robinet des investissements locaux.

C'est un choix qui intervient au pire moment. La reprise internationale n'est pas au-rendez-vous. Par conséquent, si le moteur international ne fonctionne pas et qu'au même moment le moteur local est éteint, c'est la catastrophe assurée. Et comme les financements sociaux en France reposent sur le travail, la hausse du chômage ne fera que déséquilibrer encore davantage la situation des finances publiques nationales.

Avec sa fragilité politique, cette situation économique et financière va accélérer des arbitrages nationaux incontournables à peine de très vives tensions parce que les Français s'apprêtent à vivre la montée d'un nouvel étage dans l'intensité de la crise économique.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, novembre 9 2014

Edito - L'art de l’intimisme en politique : François Hollande tué par sa com

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La plus grande erreur de ce quinquennat sera probablement la communication présidentielle. Au fond, François Hollande aura été le premier homme politique tué par sa com.

Que l'on considère le fond ou encore la forme de l’intervention du chef de l’État sur TF1 le 6 novembre devant les Français, nombreuses sont les illustrations indiquant que l’intimisme est plus que jamais devenu une stratégie de communication prisée par François Hollande.

François Hollande a veillé à utiliser un ton très bas et patelin, à formuler classiquement mais systématiquement des questions aux Français qui exposent leur cas afin de démontrer l’écoute accordée et l’attention portée à leur situation personnelle. Il nous a plongés dans une mise en scène qui avait pour vocation première d’appliquer la théorie nord-américaine dite du soft paternalisme.

Il s’agissait pour le Président de la République de susciter l’adhésion de son auditoire dont la défiance n’a jamais été aussi grande sous la Ve république. Pourquoi et comment ? D’abord parce que François Hollande et ses spin doctors ont compris que la télévision a un défaut : le spectacle de l’émotion est plus fort que ce qui y est dit. Ensuite parce que jamais un président de la République n’a été dans une telle situation vis-à-vis de son opinion publique. Il fallait les réconcilier.

La stratégie du Père tranquille

Les Français ne le comprennent plus. Les Français ne le suivent plus. Pire, les Français ne l’écoutent plus. Le mieux était donc aux yeux de l’Élysée d’aller se confronter au terrain et de mettre en scène le fait qu’il était un Français parmi d’autre. Il venait ainsi dire aux Français : je suis normal. Je suis comme vous. Je suis l’un des vôtres. Bref, il enfilait son costume de Président Normal. Comme pour regagner sa légitimité perdue. Peine perdue. Les Français se souviennent avoir voté contre Nicolas Sarkozy et ses excès comportementaux, ils attendaient d’être rassurés d’avoir voté pour François Hollande.

Cette émission a révélé la stratégie de l’équipe de spin doctors du palais de l’Elysée. Il s’agissait, pour eux, de représidentialiser François Hollande et d’installer dans l’opinion l’image d’un « père tranquille de la Nation ». À plusieurs reprises, le président de la République se désignera lui-même du doigt comme pour se renforcer et rappeler le personnage qu’il incarne.

En considérant que le geste est travaillé parce qu’il fait la majorité du sens du message perçu et retenu par le téléspectateur, cela est important.

Deux autres gestes sont particulièrement révélateurs. Lorsque François Hollande fait un geste avec le plat de la main vers le bas en parlant de Manuel Valls, c’est, aux yeux de tous, le symbole du "Le patron c’est moi".

Le moulinet

François Hollande multipliera le geste dit du « moulinet » afin de symboliser le changement. On sent qu'il l'a appris. Ce n’est pas naturel et ce geste est exactement celui qu’il ne faut pas utiliser pour réconforter et apaiser son interlocuteur. Encore une fois, c’est raté.

L’un des plus grands enjeux en participant à cette émission, pour François Hollande, c’était de lutter contre sa propre caricature politique qui s'installe durablement dans l’opinion publique et qui confirme ce qu’avait en son temps prophétisé Jacques Pilhan : Si on n'est pas président tout de suite, on ne le devient jamais. François Hollande a l’image d’un président de la République qui n’a que le titre et n’a pas encore su habiter sa fonction.

François Hollande a voulu à tout prix apparaître comme « le Président de la République des Français d’en-bas ». Il a pris le risque dangereux de renforcer le sentiment des Français : les politiques parlent trop pour ne rien dire.

Aussi, il faut remarquer que ce format d’émission était peu judicieux. L'analyse de cas particuliers rend la politique de François Hollande complètement illisible. Il n’a pas su lier les situations personnes de Français qui l’interrogeaient avec ses choix politiques.

Au total, l’émission met en évidence l'existant. Il était illusoire de tout miser sur une émission pour redresser l’image présidentielle. Nous l’avions dit. Parions qu’elle n’aura au final fait, au mieux, que conforter les traits d’image du Président de la république dans l’opinion. Au pire, elle les aura aggravés.

Fâcheux lapsus

Le plus intéressant et le plus dramatique de l’émission, c’est la multiplication des lapsus particulièrement forts de sens. Ils révèlent la tension qui est celle du Président de la République lors de l’émission.

Il dira ainsi « que mes petits enfants ne me disent pas que même pour le réchauffement, je n'ai rien fait »

Il parlera de « charges pondérales à porter »

Pire, alors qu’il tente de sortir d’une séquence conjugale désastreuse, il évoquera « ses vies privées » comme pour parler de « ses double vies ».

Enfin, il y aura le « J'ai mis les douchées doubles »… Autant dire que la démonstration du volontarisme en politique est ratée.

On pourrait aussi et surtout être particulièrement stupéfait devant les formules maladroites utilisées par le président de la République de la cinquième puissance économique du monde qui affirme qu’il « a passé 30 ans de sa vie à fréquenter les bistrots » après avoir dit qu’il allait « nous raconter une histoire ».

De quoi rire

On pourrait aussi parler de la désastreuse formule : « Non, ça ne coûte rien, c'est l'État qui paie ».

Un François Hollande approximatif, privé de bilan sur lequel s’appuyer pour mener une politique du résultat par la preuve et n’ayant pas la capacité de formuler de véritables annonces courageuses pour l'avenir de la France... Dès lors, __la question de l'utilité de cette allocution se pose. L’équipe de François Hollande__ a échoué à organiser la rencontre de l’homme et de l’opinion.

Quant à son équipe digitale dont les nominations avaient été mises en avant tout au long de ces derniers jours, autant dire qu’elle a été inexistante tout au long de l’émission. Le vrai désastre est d’ailleurs ici. Comment un Président de la République peut-il aujourd’hui ne pas être appuyé par un vrai dispositif d’influence digital alors qu’il participe à une émission dont les enjeux d’image sont pour lui, majeurs. Le résultat est à la hauteur du désastre : des dizaines de milliers de tweets moqueurs ont été publiés par les twittos. Après tout, pourquoi s’en priveraient-ils ? Le Président de la République leur a fourni de quoi rire, contre toute attente… et à son détriment !

La plus grande erreur de ce quinquennat sera probablement la communication présidentielle. Au fond, François Hollande aura été le premier homme politique tué par sa com.

Florian Silnicki est expert en stratégies de communication.

Source: Liberté politique

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, octobre 26 2014

Edito - La France est-elle un rhinocéros blanc ?

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Chaque jour, un espèce animale disparaît dans l'indifférence la plus totale. La prochaine à subir cette évolution est probablement le rhinocéros blanc. Il en reste ... 6 après la mort de Suni dans une réserve du Kenya !

Pourquoi ces disparitions ? Le diagnostic a été posé mais rien n'est fait pour inverser la tendance.

Il en est de même pour les pays.

La fragilisation de la France date de la seconde guerre mondiale : un pays incapable de résister, ayant bâti une stratégie de défense sur des illusions.

Le monde s'est battu pour la France, pour les symboles historiques qu'elle représentait, avec une part décisive des Américains. Puis le pays s'en est remis à un génie de l'illusion : De Gaulle.

Il a réussi à incarner le courage du combat intérieur alors même qu'il était à ... Londres.

Il a exposé un programme de "restauration de la force française" alors même que le pays abandonnait ses territoires lointains et parfois même reniait sa parole dans ses territoires proches comme l'Algérie.

En 1958, il a présenté une Constitution supposée être "la démocratie dans l'action" sauf qu'elle s'est révélée être "l'action sans la démocratie" avec un Parlement affaibli, paralysé par des facultés d'actes donnant de facto la quasi-totalité des pouvoirs à l'exécutif.

Après De Gaulle, de descentes en descentes, les Français ne savent même plus qui ils sont.

Ils ont baissé les bras pour défendre leur identité.

Comment décider d'aller quelque part, si on n'accepte même pas son point de départ ?

Les dirigeants politiques ont installé des règles d'égalité qui, à force de considérer que tout se vaut, sont d'abord la place pour que leurs valeurs de départ soient concurrencées puis dominées par des valeurs qui ne répondent en rien à nos racines culturelles réelles.

Dans ce parcours, François Hollande est l'évolution logique. Régis Debray effectue une analyse remarquable de la situation de François Hollande.

Avec François Hollande, les Français ont voulu la normalité.

Ils ont connu la banalité.

Ils sombrent actuellement dans la vulgarité.

Rebondiront-ils ?

Probablement pas parce qu'il leur manque deux qualités majeures :

- la lucidité,

- la capacité à souffrir.

Les Français n'ont pas de lucidité parce qu'ils sont à la fois trop prétentieux et trop bercés par un "politiquement correct" suicidaire à terme.

Mais surtout les Français ont perdu la capacité à souffrir. Or, pour changer, il faut accepter de souffrir, perdre les mauvaises habitudes, s'ouvrir à d'autres risques ...

La fin de la France d'hier est inscrite dans les actuelles tendances.

Elle mettra probablement encore quelques décennies à se concrétiser totalement.

Cette évolution s'accélère actuellement mais il y a toujours une excuse pour ne pas changer, pour ne pas voir.

Cette évolution est tellement acceptée qu'il n'y a même plus l'énergie pour un grand électrochoc.

Il y a quand même une différence entre les français et le rhinocéros blanc. Ce dernier n'a jamais eu la faculté de résister tout seul. Les français l'ont mais ils n'ont pas le réflexe de survie.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

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