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Pour Force Ouvrière, le travail dominical doit rester une exception.

"Le syndicat s’est toujours montrée hostile à toute extension du travail dominical. Il ne cesse de rappeler qu’il doit garder un caractère dérogatoire et exceptionnel. Demain, l’exception ne doit pas devenir la règle ! Le travail du dimanche ne favorise pas davantage la consommation. Le pouvoir d’achat des ménages n’est pas extensible en ces périodes de crise. Au surplus, le travail du dimanche déstructure la vie privée et familiale et favorise le travail à temps partiel...

Or, le projet de loi Macron ne répond pas à nos revendications ; bien au contraire. Sous couvert de simplification, de nouvelles zones de dérogation au repos dominical sont créées : zones touristiques, zones touristiques internationales, zones commerciales et commerces de gares. Cependant, faute de définition précise, il est difficile d’en appréhender les contours et les effets à l’égard des salariés.

Réclamation d'une compensation minimale généralisée et applicable à tous

Nos revendications en matière de compensations salariales ont été partiellement entendues puisque ces dernières ont été, dans leur principe, généralisées. Pour autant elles demeurent insatisfaisantes. C’est pourquoi nous continuons à réclamer qu’une compensation minimale généralisée et applicable à tous soit inscrite dans la loi.

En outre, même si la généralisation de l’obligation du volontariat pourrait être saluée, ce volontariat ne leurre personne dans le cadre d’une relation de travail, eu égard au lien de subordination inhérent à tout contrat de travail.

Aucune garantie suffisante pour les salariés

Par ailleurs, Force Ouvrière considérait que 5 dimanches travaillés, c’était déjà trop alors 12, n’en parlons pas ! Non seulement ce nombre a considérablement augmenté mais en plus, il ne s’accompagne d’aucune garantie suffisante !

De surcroît, les commerces de détail alimentaire situés dans les nouvelles zones ne seraient plus dans l’obligation de n’ouvrir que jusqu’à 13 heures, mais pourraient rester ouverts toute la journée, à condition qu’un accord collectif le prévoie ou, à défaut que les salariés l’acceptent, à la majorité des 2/3 et sur proposition de l’employeur, ce qui reviendrait à écarter les organisations syndicales.

Enfin, sans remettre en cause le travail de nuit, le projet de loi crée "le travail en soirée", afin de permettre à certains établissements installés dans des zones de tourisme internationales d'ouvrir jusqu’à minuit. Même s’il est prévu d’accorder à ces salariés certaines garanties protectrices propres au travail de nuit, il s’agit, une nouvelle fois d’une atteinte portée à la sphère privée du salarié. À tout le moins, nous veillerons à ce que cette contrainte supplémentaire soit prise en compte en tant que critère à part entière dans l’appréciation de la pénibilité."

Didier Porte, secrétaire confédéral de FO