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samedi, novembre 8 2014

Edito - Le traité transatlantique va réorganiser le commerce mondial au profit des Etats-Unis

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Le traité transatlantique, voulu par les États-Unis, va aboutir à définir des normes mondiales pour les produits industriels. Elles s'imposeront ensuite aux autres accords commerciaux, avec la zone pacifique, notamment. par Thomas Porcher et Frédéric Farah, économistes et auteurs de "TAFTA : l'accord du plus fort (éd. Max Milo)"

Le projet du grand marché transatlantique est en préparation depuis plus de vingt ans, mais il a subi une nette accélération depuis 2009. Cette accélération des négociations s'est faite dans un contexte de bouleversement économique et géopolitique mondial avec la montée en puissance de la Chine et d'autres pays émergents. Mais, dans cette alliance stratégique visant à redéfinir la gouvernance économique mondiale, l'Europe semble être le pion des États-Unis...

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États ont essayé de donner des règles au commerce international. Afin que l'ensemble des pays soient traités sur un pied d'égalité, le GATT a mis en place un certain nombre de principes : réciprocité, transparence et diffusion de la clause de la nation la plus favorisée. Cette clause veut que lorsqu'un pays accorde une faveur, notamment tarifaire, à un autre pays, il l'accorde à tous les pays commerçant avec lui et que les producteurs étrangers soient soumis aux mêmes règlementations que les producteurs nationaux. Le but du GATT, puis de l'OMC, était clairement affiché : développer un cadre pour favoriser le multilatéralisme.

Un multilatéralisme de façade

Mais derrière les beaux principes de fond comme de forme - négociations transparentes et mobilisation du plus grand nombre de pays -, le multilatéralisme n'a jamais eu lieu. Les pays riches ont souvent établi l'ordre du jour des négociations et ont fait en sorte de sortir vainqueur dans le marchandage des règles à fixer. Par exemple, ils ont toujours accepté de libéraliser les secteurs nécessitant des technologies (car eux seuls les avaient) et ont refusé d'ouvrir les secteurs où ils pouvaient être concurrencés (agriculture et textile). Même droit ne veut pas dire même possibilité. Le multilatéralisme prôné par le GATT, puis par l'OMC, n'efface pas la domination des pays riches. Il faut être bien naïf pour penser que dans les rounds de négociations, le Mali a autant de pouvoir que les États-Unis ou le Royaume-Uni.

La réalité est que si l'on considère l'Europe comme un pays, les négociations de l'OMC ressemblaient plus à des discussions bilatérales. Les chiffres l'attestent : jusqu'à la fin des années 80, les trois quarts du commerce des pays industrialisés étaient réalisés avec d'autres pays industrialisés.

Une véritable "pactomanie" commerciale

Ce multilatéralisme de façade ne profitant qu'à une poignée de pays va être perturbé par l'entrée de la Chine à l'OMC en 2001. Alors que la plupart des dirigeants américains ou européens, pensant que les exportations de leurs pays allaient envahir la Chine, avaient soutenu son entrée, on a assisté à un mouvement de délocalisation des entreprises de ces pays vers la Chine. D'autres pays émergents comme le Brésil et l'Inde font leur place dans le commerce international et ne laissent plus les européens ou les américains leur imposer l'ordre du jour des négociations à l'OMC, comme l'a montré récemment le veto de l'Inde à l'accord de Bali. Dans le commerce mondial, la part relative des échanges nord-nord s'affaiblit tandis que le poids des pays émergents continue de croitre.

C'est dans ce contexte que l'on assiste à une tentative de rapprochement des États-Unis avec la Chine. Mais, malgré des relations d'interdépendance économique et financière, une entente sur les normes de production semble sans avenir tant les processus de production diffèrent. Et puis la Chine est un rival économique et militaire. Les États-Unis, par-delà un budget militaire sans équivalent, développent une véritable diplomatie commerciale. Ils veulent promouvoir, après la pactomanie de la guerre froide - c'est-à-dire des alliances militaires pour endiguer l'URSS pendant cette période -, une pactomanie commerciale : deux immenses traités avec les puissances du Pacifique et de l'Europe pour contenir la Chine.

Le traité transatlantique va aboutir à des normes mondiales

Mais les multinationales des États-Unis n'avaient pas intérêt à ce que le traité transpacifique soit signé avant le traité transatlantique. En effet, les pays du Pacifique connaissent généralement des normes de production et de consommation moins contraignantes que les normes américaines (les négociations portent en général sur une diminution de la contrainte des normes, comme auparavant sur la diminution des droits de douane). Un succès des négociations avec les pays du Pacifique, par l'instauration de normes moins contraignantes, aurait amené les grandes entreprises américaines à s'ajuster sur les normes des pays du Pacifique et à en subir les coûts d'ajustement.

Il faut donc commencer par l'Europe. Car l'établissement de normes communes (normes de consommation et de production) entre les États-Unis et l'Europe en feront des normes mondiales, y compris pour le Pacifique, y compris pour la Chine. Le marché transatlantique sera ainsi le producteur de normes mondiales (standards maker). Il sera alors possible pour le gouvernement américain de négocier avec les pays du Pacifique sans devoir abaisser sa réglementation - valant désormais pour tous les pays - donc sans mutation majeure des techniques américaines de production. Les grandes entreprises des pays industriels du Pacifique seront alors en position de standards takeret devront adapter leurs techniques sous peine d'être exclues des marchés européen et américain.

Source: La Tribune

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, novembre 7 2014

Edito - Luxembourg : ce parasite fiscal au cœur de l’Europe

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Il faut remercier les journalistes qui ont mis à jour les mécanismes de désertion fiscale mis en place par le Luxembourg pour attirer l’argent des multinationales, qui évitent ainsi de payer des milliards d’impôts. Lentement mais sûrement, un ras-le bol finira par balayer ce système.

Les secrets des parasites

Dans les méandres des systèmes comptables et fiscaux internationaux, quelques pays viennent jouer les parasites en cassant les taux pour attirer les grands groupes avides d’une fiscalité limitée, en jouant sur les prix de transfert, les droits à l’image, les brevets ou toute sorte d’artifice pour minimiser leur facture fiscale. En effet, pourquoi payer un impôt sur les bénéfices à plus de 30 %, quand il est possible de se contenter de 15 %, voir moins, via des accords spéciaux, comme cela existe au Luxembourg, mais aussi en Suisse. Ces pays doivent leur fortune à leur fiscalité légère qui attire toujours plus d’espèces sonnantes et trébuchantes. Les grands États ne peuvent s’aligner car ils ont trop à perdre.

C’est ainsi que, comme les géants de l’internet étasuniens, les banques ont fait du Luxembourg la deuxième place au monde pour la gestion d’actifs après les États-Unis, avec plus de 3000 milliards de dollars ! Ikea se fait également une spécialité du découpage de ses revenus pour minimiser sa contribution à la société, dont elle tire pourtant ses profits. Cinq milliards de réserves pourront être distribués aux actionnaires sans verser d’impôts ! Même si elles se plaignent des quelques nouvelles règles qu’elles doivent appliquer, les banques suisses continuent à croître. Capital montre que la Belgique attire les trésors de guerre des multinationales : plus de 11 milliards pour EDF et Total, 9 milliards pour Carrefour ! __ Robin des bois à l’envers__

On ne comprend pas encore suffisamment à quel point la désertion fiscale des multinationales (ou des plus riches) est choquante. En effet, alors que les inégalités et le niveau des profits des entreprises atteignent des records, la pression fiscale qui pèse sur eux ne cesse de s’alléger, au point d’arriver à l’incroyable situation décrite par Piketty, Landais et Saez dans « La révolution fiscale », avec une pression fiscale plus basse en proportion pour les plus riches ! Dans un monde sans frontière, cela est malheureusement logique puisque les plus riches sont mobiles et qu’ils peuvent faire jouer la concurrence, au contraire de l’immense majorité de la population ou des petites entreprises.

Mais, ce faisant, nous aboutissons à un système où les classes moyennes et populaires contribuent plus que les plus riches et les petites entreprises plus que les multinationales, le système économique actuel agissant comme un Robin des bois à l’envers, prenant aux pauvres pour donner aux plus riches. Bien sûr, quelques néolibéraux soutiendront le contraire en raisonnant de manière absolue, oubliant la réalité relative et plus encore l’évolution sur les 40 dernières années (sous Nixon, les plus riches payaient 70 % d’impôts sur le revenu aux États-Unis pour la tranche marginale). Au final, l’évolution actuelle consacre la raison du plus fort, à savoir le plus riche dans nos sociétés marchandes.

Même si l’OCDE s’en est récemment émue, rien n’avance malgré la crise et les déclarations des dirigeants de la planète. Pourtant, les moyens existent. Ils avaient été utilisés par le Général de Gaulle contre Monaco : la fermeture des frontières. Mais personne ne semble en avoir le courage.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, novembre 6 2014

Edito - La victoire simple du "moins d'impôts et moins de Gouvernement"

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Depuis juillet 2014, l'équipe de BEZIERS POLITIQUE a remarquablement identifié les marqueurs à surveiller.

Joni Ernst a été présentée depuis plusieurs semaines alors qu'elle est "découverte" par des médias français depuis ... 24 heures.

Il en est de même pour Mia Love comme pour tant d'autres nouveaux vainqueurs du 4 novembre.

La vague était facilement détectable parce que reposant sur un message simple : la volonté d'aller vers "moins d'impôts et moins de Gouvernement". Et le dispositif technique américain de la moyenne des sondages sécurise beaucoup les prévisions.

Les déficits publics, le plan de sauvetage des banques sans responsabilité des banquiers, la réforme de l'assurance-maladie, l'incapacité à maîtriser l'immigration de masse, des nuances perçues comme des fragilités à l'international ... : tout était mobilisé pour la sanction.

Une sanction qui a été rude mais pas aussi sévère que ce qu'elle pouvait être.

Et Barack Obama partait avec un taux d'approbation de confiance de 44 %. C'est dire l'équité d'appréciation d'analyses de journalistes français qui parlent d'un "président désavoué" ... que devraient-ils dire quand François Hollande plafonne à ... 18 % de confiance ?

C'est une vague d'élus très "populistes" qui accède aux responsabilités. Et le mot populiste n'a aucune connotation péjorative. Ils reprennent les revendications populaires, celles du peuple.

Sans inflexion dans la politique française et toutes circonstances comparables, il y a une volonté de revanche sur l'élite classique qui devrait faire réfléchir aussi en France quand Marine le Pen est à 30 % d'intentions de votes au 1er tour d'une présidentielle.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, novembre 5 2014

Edito - Mid term : les innovations technologiques sont à ré-inventer

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A la différence des trois dernières campagnes électorales, celle de 2014 n'a pas été marquée par une innovation qui crée la surprise et mieux encore la différence.

En 2008, Barack Obama a innové dans le contenu avec un style de discours très atypique mais surtout avec la naissance des nouvelles technologies pour mobiliser et informer : Facebook, Twitter.

En 2010, c'était la mode du Tea Party. Il fallait faire du terrain et surtout être "citoyen". Pas d'innovation technologique marquante.

En 2012, Twitter s'installe comme support n°1 et Foursquare devient le réseau du militantisme de proximité.

En 2014, pas de fait marquant.

Les images ont pris le pouvoir sur l'écrit.

Les vidéos courte durée débutent mais souvent dans un cadre de qualité très modérée qui n'est pas la meilleure promotion pour le candidat.

Twitter a encore gagné du terrain tandis que Facebook stagne.

Le smartphone s'est affirmé comme l'outil n°1. Donc les formats doivent s'adapter à cette évolution.

La collecte des dons repose sur un matraquage de mails à saturation.

Tout s'est beaucoup égalisé.

Le bond des innovations est peut-être reporté sur 2016 ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, novembre 3 2014

Edito - J - 1 : Républicains / Démocrates : deux campagnes opposées

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Le choix entre les deux promesses de fond des deux partis a rarement été aussi clair.

Les candidats Démocrates disent aux électeurs : "soyez comme nous".

Les candidats Républicains disent aux électeurs "nous sommes comme vous".

Tout est résumé par ce choc des messages.

Les Démocrates demandent aux électeurs de faire des efforts de patience, de compréhension, de réalisme ...

Les Républicains sont les portes voix des électeurs : "le retour de Rambo" sur le plan international, la liberté de l'économie donc la relance de l'emploi, la fin d'un État fédéral lourd et complexe ...

C'est simple, un rien démago mais cela fonctionne de nouveau alors que cela n'avait pas été le cas en 2012.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, novembre 2 2014

Edito - J - 2 : défendre les "années Obama"

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Mardi soir, très probablement, Barack Obama enregistrera une défaite forte perdant la majoriuté au Sénat.

C'est une situation inquiétante, grave et regrettable.

Elle est inquiétante, parce qu'elle montre combien l'opinion moderne use vite. Combien elle exige des résultats immédiats. Combien elle sanctionne sur le champ.

Elle est grave, parce que le succès du Parti républicain va accélérer le lancement de la présidentielle 2016, paralyser les décisions de la première puissance au monde et ouvrir la pré-retraite de l'un des meilleurs leaders du début du 21ème siècle.

Les enjeux de la campagne digitale d'Obama from NewWorkLab

Ce dernier volet est le côté le plus regrettable. L'apport de Barack Obama est historiquement considérable. Il a apaisé l'image des États-Unis dans le monde. Il a replacé les États-Unis dans un logique de puissance exprimant un leadership à l'écart de la brutalité et des simplismes caricaturaux du texan qui l'avait précédé.

Campagne 2008 de Barack Obama : les 15 ruptures

Bref, il a cherché à donner des réponses complexes à un monde complexe et il y est parvenu très souvent notamment en matière économique avec un bilan remarquable par rapport à la situation de début de mandat.

Il y a parfois dans les démocraties modernes une aspiration à détruire ce qui a été adoré hier. Dans le cas de Barack Obama, c'est une évolution bien triste et négative.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, novembre 1 2014

Edito - J - 3 : l'exception de la Californie qui mérite réflexion

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Mardi 4 novembre, la vague républicaine s'annonce d'une force inhabituelle. Il y a pourtant un territoire qui va rester à l'écart : la Californie. A l'opposé des raclées politiques des candidats démocrates, Jerry Brown caracole en tête avec 20 points d'avance.

En 2010, la situation était comparable. La poussée républicaine était moindre mais beaucoup d'espoirs étaient placés sur ce secteur avec Carly Fiorina et Meg Whitman. Ces deux femmes d'affaires ont dépensé des sommes considérables. Leurs campagnes de communication ont été excellentes. Elles ont pourtant perdu.

La Californie c'est le triangle d'or : emploi, climat, modération budgétaire.

Sur ces trois thèmes, c'est la victoire de la triangulation.

Si le candidat est démocrate, il doit ne pas trop faire en matière d'environnement au prix de limiter l'économie et trop peser sur les finances.

Si le candidat est républicain, il doit ne pas trop en faire en matière d'emploi au prix de détériorer l'environnement et compromettre les finances.

Tout est donc dans la nuance et dans l'équilibre.

Avec son expérience, Jerry Brown a remarquablement réussi. Le 4 novembre au soir, la Californie devrait faire office d'exception démocrate.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, octobre 28 2014

Edito - J - 7 : totem ou épouvantail ?

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Les enjeux des élections intermédiaires sont simples : le parti présidentiel est-il un totem ou est-il devenu un épouvantail ?

Chaque élection intermédiaire est un referendum sur cette question.

Le rejet de Barack Obama a transformé les élections du 4 novembre en virulent sentiment anti-démocrate sortant.

Dès 2010, il y avait un sentiment anti-sortant qui prenait naissance.

Mais là, le sentiment est très différencié : il est d'abord anti-démocrate.

Des démocrates ont pensé éviter cette sanction anti-Obama en prenant leurs distances avec le bilan présidentiel. Ce sont probablement ceux qui vont subir les revers les plus sévères. Ils ne parviennent pas à convaincre les Républicains et déstabilisent leurs électeurs traditionnels. C'est la "double peine".

La défaite démocrate est acquise. L'épouvantail a battu le totem.

Tout réside désormais dans l'ampleur de la victoire républicaine.

Cette réalité montre que, dans le pays du bipartisme, l'opinion moderne a la mémoire brève puisque les fortes déceptions s'alternent sur des cycles de faible durée.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, octobre 27 2014

Edito - J - 8 : Etats-Unis : le pays où le réel importe moins que ce qu'on croit qu'il est

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Dans 9 jours, la première puissance mondiale et la première démocratie au monde va probablement connaître un scrutin historique en infligeant une défaite cinglante au parti présidentiel.

Fort de cette évidence qui s'annonce à grand pas et qui sera une immense débâcle électorale à l'issue d'une campagne dépourvue de scénarisation pour les démocrates, je profite de l'occasionner qui m'est offerte pour détailler les traits caractéristiques de cette belle démocratie.

Le 1er trait est que le réel importe moins que ce que l'on croit qu'il est.

Une campagne électorale c'est en permanence la bataille entre l'objectivement probable et le subjectivement certain.

Le candidat qui gagne la bataille du subjectivement certain gagne l'élection même si le réel objectif ne correspond pas à ce subjectivement certain.

Parce que ce subjectif est fort, la communication occupe une place décisive.

Aujourd'hui, le subjectivement certain, c'est qu'Obama est :

- un facteur d'amateurisme sur le plan intérieur,

- de fragilité sur le plan international.

En 2012, c'était le contraire. Obama était alors le 1er Président à être parvenu à concrétiser la réforme de la santé et celui qui a "neutralisé" Ben Laden. Il était alors subjectivement un vrai "Commandant en Chef".

Depuis l'Obamacare a eu des échecs au point de justifier le départ de Kathleen Sebelius.

Quant à l'international, Obama est allé jusqu'à annoncer qu'il "n'avait pas de stratégie".

Ces deux faits bien scénarisés par les Républicains ont accrédité l'image qu'Obama = Carter.

Et depuis l'installation de ce sentiment pourtant faux, c'est la grille de lecture qui met en ordre l'actualité.

Le réel prouve une fois de plus qu'il est battu par ce que l'on croit qu'il est.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, octobre 23 2014

Edito - Ben Bradlee et l'époque du journalisme comme 4ème pouvoir

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40 ans après le départ de Nixon de la Maison Blanche suite au scandale du Watergate, Ben Bradlee, ex rédacteur en chef du Washington Post décède.

Une référence pour toute une génération qui, dans la foulée du Watergate, pensait que le journalisme allait être le 4ème pouvoir.

Watergate, c'est une culture du journalisme comme composante d'un équilibre des pouvoirs toujours précaire entre le politique (exécutif et législatif), le judiciaire et le pouvoir d'informer.

Depuis cette époque, 4 évolutions majeures sont intervenues :

1) La multiplication des médias a fragilisé les "grands supports" : les équipes d'alors en nombre avaient des moyens d'enquêtes. C'est plus difficile aujourd'hui. Le pouvoir humain direct, interne d'expertise du journalisme s'est fragilisé.

2) Ce pouvoir d'expertise s'est aussi fragilisé parce que le journalisme a progressivement entretenu des relations plus compliquées avec les pouvoirs. Le journalisme d'opinion donne le sentiment de vivre des vérités fluctuantes selon les appartenances politiques. Un journalisme voit dans les pouvoirs celui qui peut attribuer des aides sous des formes diverses davantage qu'un pouvoir à équilibrer ...

Le statut du journalisme a globalement changé.

3) Le temps de l'information a beaucoup évolué. Le rythme du Watergate, c'est deux d'investigations permanentes avec des rebondissements. Aujourd'hui, deux ans pour une information , c'est une éternité qui fait disparaître l'information dans le flux des suivantes.

4) Mais surtout, c'était l'acceptation d'une vérité des faits par l'opinion. Être un journaliste à cette époque, c'était d'abord servir les faits. Sur la base des faits, chacun allait ensuite construire son analyse. Mais les faits étaient sacrés.

Aujourd'hui, tout est commentaire. Les faits sont martyrisés en permanence quand ils ne sont pas tout simplement oubliés. C'est d'ailleurs l'une des circonstances atténuantes dans le désarroi de l'opinion. L'opinion a aussi sa part de responsabilité parce que de plus en plus une partie d'entre elle accepte les faits à la condition qu'ils correspondent à ce qu'elle souhaitait au départ.

Pour toute une génération, l'impact du Watergate a été considérable. A la fin des années 70, au début des années 80, le journalisme était une carrière particulièrement noble. Dans les promotions universitaires connues alors, les plus brillants voulaient se consacrer à ce métier.

C'est une profession qui doit retrouver cette noblesse d'esprit parce qu'elle doit être la garante de la vérité des faits dans l'indépendance la plus absolue.

La vérité des faits, c'est le seul socle possible pour des opinions libres et avisées.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, octobre 20 2014

Edito - La France et l'enseignement du ... Tea Party

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Le Parti Républicain est sur la route d'un succès historique le 4 novembre. Il devrait gagner près de 10 sièges dans le seul Sénat sans compter la collecte à la Chambre des Représentants.

Une progression de 10 sièges, c'est historique. Il faut remonter à 1958 pour trouver un parti présidentiel ayant perdu autant de sièges.

Certes, dans ce score, il y a les déçus d'Obama.

Mais il y a surtout une gestion très pragmatique du Tea Party. En 2012, le Parti républicain était déchiré de l'intérieur. Mitt Romney est fondamentalement un modéré. Pour ne pas s'exposer à une droite trop radicale, il s'est radicalisé mais très brutalement. Résultat : il a perdu et, pire encore, sans défendre ses vraies valeurs.

Nier les fondements du Tea Party, c'est faire la force du Tea Party. Il a donc fallu intégrer une partie des valeurs du Tea Party pour l'affaiblir.

Le socle du Tea Party, c'est la logique des "bons citoyens contre la méchante élite».

La dernière révolte populiste Américaine de ce type date du début des années 80 avec la victoire de Ronald Reagan. A cette date, une révolution intellectuelle se produit et installe de nouveaux schémas inconcevables quelques années plus tôt. C'est la victoire des "bons citoyens contre la méchante élite". Une élite intellectuelle à cette époque qui se serait excessivement éloignée des concepts fondateurs de la démocratie Américaine.

En quelques années, un instinct de liberté est favorisé basé sur une nouvelle alliance : l'initiative économique et la démocratie politique.

Le socialisme renvoie alors à une nostalgie d'un passé autoritaire et inefficace.

Ce populisme déclare retourner aux principes fondateurs de la démocratie Américaine :

- l’État doit être limité,

- L'économie doit être libre,

- Le système moral doit être solide et indépendant (Églises, Universités, médias …),

- le territoire doit être sûr grâce à un effort militaire qui détruit les menaces.

Cette approche a donné naissance à une révolution conservatrice qui a changé la donne pendant de nombreuses années. Le "new look conservateur" avait emporté sur son chemin le radical chic de la côte Est. La gauche Américaine était en état de faillite.

Le Parti Républicain est revenu aux "années Reagan".

A deux ou trois exceptions près lors de primaires, il n'y a plus eu de confrontations avec le Tea Party.

Le Parti Républicain pouvait être en ordre de bataille efficace.

En ordre de bataille en respectant des valeurs profondes durables qui lui permettent de rassembler largement.

Si l'opposition française ne tire pas les enseignements de cette leçon de la démocratie américaine, elle prend une très lourde responsabilité.

C'est en sélectionnant des thèmes, en les recyclant au bon sens du terme, qu'une formation de gouvernance évite le débordement qui fragilise l'ensemble des formations politiques.

La sécurité, l'identité, la morale, le respect du drapeau ... sont des thèmes qui ne peuvent plus être abandonnés en France dans des conditions qui sont une rampe de lancement redoutable pour d'autres approches.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

samedi, octobre 18 2014

Edito - 4 novembre 2014 : convaincre : les nouvelles règles du "Je"

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Depuis quelques mois, on assiste à une accélération des conditions de communication pour convaincre.

Trois modifications majeures se produisent :

1) Le règne de l'image : dernier exemple en date en France, Valls montre sa proximité en dormant dans les Bauges. L'image parle davantage que les discours. Et encore les politiques français dont Manuel Valls alias El Blancos ont tellement de retard dans ce message à l'oeil.

2) Le règne des images brèves : les moins de 35 ans vivent au royaume des vidéos courtes : moins de 5 minutes.

3) Le règne des images brèves à commande : à l'exemple hier des annonces de CBS, l'autonomie des spectateurs va s'affirmer face aux horaires imposés. C'est la commande qui va gagner. D'où la modification des abonnements pour les chaînes TV classiques mais surtout l'affirmation des "niches" à vidéos thématiques (YouTube...).

Cette logique est l'affirmation du "Je" à tous les étages.

La nouvelle règle du "jeu", c'est le "Je".

Dans l'entreprise et l'économie où la personnalisation de la société est incontournable.

Dans la vie publique où le style devient le message.

Les élections intermédiaires de novembre 2014 aux États-Unis ont intégré ces nouvelles obligations. Elles ne devraient plus tarder à s'imposer ailleurs.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mercredi, octobre 15 2014

Edito - L'âge de faire ou l'expérience utile : la vraie valeur ajoutée

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La cote de popularité de Mitt Romney ne cesse d'augmenter alors que celle de Barack Obama a baissé de façon de plus en plus inquiétante.

Pas un candidat républicain qui ne sollicite pas actuellement sa visite et son soutien lors des élections du 4 novembre.

Pourquoi dans un pays qui en politique use aussi vite est-il possible pour un ex-candidat d'être aussi populaire après deux échecs à une présidentielle ? Réponse : "parce qu'il a trouvé un nouvel espace de faire et ainsi attester d'une expérience utile".

Hier, sur Medium, Mitt Romney célébrait dans des termes émouvants l'initiative de son épouse en matière de santé : du concret, de l'utile.

Il est exact que, sur les dossiers du moment, il donne un éclairage, des propositions qui ne relèvent pas de la polémique.

Bref, il est positif. Il s'occupe des solutions.

C'est probablement cet état d'esprit qui fait actuellement le plus défaut en France : les solutions.

En pleine crise, notre pays s'enfonce dans les polémiques stériles, les agressions personnelles, les insultes ... Bref, tout ce qui ne règle rien.

A quand remonte la dernière solution exposée, cohérente, précise, applicable, donc utile ?

A très longtemps.

C'est probablement ce climat qui contribue aussi au malaise psychologique collectif actuel des Français. Qui peut garder la "pêche" dans une crise, s'il n'y a pas de solution claire, possible, motivante ? En l'absence de telles solutions, où est la valeur ajoutée ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, octobre 14 2014

Edito - Le taux de réussite du retour des "ex" ?

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Plusieurs démocraties comparables connaissent des tentatives de retours d'ex. Pour l'instant, à une exception près, ces tentatives sont considérablement plus difficiles une fois engagées qu'à l'origine.

Il y a manifestement deux temps :

- celui du retour virtuel,

- celui du retour confirmé.

Pendant le "retour virtuel", l'ex est souvent paré de toutes les qualités : expérience, sagesse, le temps d'hier a gagné en bons souvenirs ...

Puis, lorsque le retour est engagé, confirmé, l'opinion se rappelle les raisons du divorce d'hier et le désamour retrouve un espace important.

Hillary Clinton caractérise ce schéma. Même son livre est un bide. Très probablement, la primaire sera très difficile, considérablement plus ouverte qu'imaginé ... avant son engagement.

Il en est de même en France pour Nicolas Sarkozy actuellement. Pour l'instant, l'opinion publique française cherche d'abord les branches du changement pour s'y accrocher afin de retrouver l'espoir qui a quitté la vie publique française.

Et au moindre retour d'une image replaçant en surface les reproches d'hier, la distance est reprise.

Bien davantage, les engagements des "ex" au profit de tiers sont même peu efficaces. A Québec, Landry n'a pas sauvé Pauline Marois. A Lyon, lors des primaires, Noir n'a pas sauvé Chabert. Et la liste d'autres exemples est longue.

Quand l'ex ne s'engage pas pour lui, il y a même un effet pervers comme si l'opinion ne comprenait pas qu'un ex premier puisse accepter aussi facilement de devenir ... second.

L'exception peut éventuellement venir de Mitt Romney. Aujourd'hui, il est paré de toutes les qualités. Mais il n'est qu'à l'étape du retour virtuel qu'il gère avec une extrême habileté.

Il a franchi des étapes qu'aucun autre "ex" n'a veillé à déminer à ce point. Qu'en sera-t-il lorsqu'il se sera déclaré ?

Peut-être trouvera-t-il les bons arguments et redonnera-t-il alors une mode et une autre chance aux "ex" ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

lundi, octobre 13 2014

Edito - Quand les engagements s'affichent !

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Une exposition sur Toronto m'a été signalée. Son thème est original : la mode vestimentaire et la politique. C'est une excellente idée que de collecter les moments où des personnes ont affiché leurs engagements : quand, comment, pour qui ... ?

Dans ce domaine, Halle_berry_obama_t-shirt la période qui a été pour moi la plus marquante fut 2008 avec les supports pro-Obama. Je n'ai jamais vu autant de démonstrations multiples de soutiens : vêtements, auto-collants ...

Il y avait une volonté très large de s'afficher pour de multiples raisons. Les uns voulaient s'associer au rêve du premier président métis. D'autres entendaient tourner la page des années Bush. L'engagement pro-Obama était alors au coin de toutes les rues.

En 2010, la mode "team sarah" a été assez populaire dans une moindre proportion mais la poussée du Tea Party a également correspondu à une réelle poussée. S'afficher "pro Sarah" (Palin) était fréquent.

En France, sur le plan vestimentaire, je n'ai pas connaissance de vagues vestimentaires analogues.

Pour évoquer des impacts visuels forts qui m'ont marqué, il s'agit de campagnes de 4m x 3m.

Des affiches avec la force du 4m x 3m ont eu des impacts considérables. A mes yeux, trois affiches ont eu un impact considérable.

Celle de Dufoix dans le Gard qui était d'un impact terrible : belle, énergique, évidente.

Celle du PS en 86 sur le thème "je veux récolter ce que j'ai semé". Affiche PS 1986

Et celle de Michel Noir en 1989 sur Lyon, reprenant une pose de Clint Eastwood mais changeant son image personnelle en une affiche particulièrement réussie. Elle dégageait une "force austère" incroyable.

L'affichage des engagements en France a beaucoup régressé.

Les politiciens ont tellement fait pour que la politique passe de mode : engagements non tenus, scandales à répétition, chute des défis collectifs positifs ...

Mettre la politique en crise, c'est peut-être bien le seul résultat que les politiciens aient obtenu ces dernières années.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, octobre 7 2014

Edito - Ebola dans le "voisinage" à partir de fin octobre ... ?

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Selon des chercheurs de Northeastern University (Boston), la France serait l'un des pays les plus exposés à court terme à Ebola.

A partir de fin octobre 2014, selon les paramètres mis en place dont le trafic aérien, la France serait l'un des pays les plus en crise.

Il serait quand même temps de disposer de plus amples information sur cette perspective (juste ou pas ?) et les mesures envisagées.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

vendredi, octobre 3 2014

Edito - Le coq, l'autruche et le renard

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Le Washington Post, Le Monde ... tentent de trouver le contenu offensif du nouveau rituel quotidien de l'information. C'est un enjeu passionnant au moment où la concurrence s'accélère dans les supports, dans le rythme, dans l'internationalisation.

En France, selon la juste classification d'Eric le Boucher (les saboteurs), ce défi s'annonce très difficile car il y a trois tempéraments qui se dissocient de plus en plus : le coq, l'autruche et le renard.

Appliquée à l'information, le coq, c'est le journal de TF1 13 heures : des plongées dans les musées des régions : la "France est belle et l'Histoire l'a faite grande ...".

L'autruche, c'est l'ensemble des "hors jeux" : sortir de l'euro, fermer les frontières, relancer la dépense publique pour créer des emplois ... Il ne s'agit pas de démontrer, il faut affimer.

Le renard, c'est le tempérament qui s'adapte, qui ruse, qui intègre les réalités pour tenter de les surmonter.

Comme chacun cherche désormais dans l'information ce qu'il veut trouver et rejette ce qu'il n'accepte pas, comment trois tempéraments aussi différents peuvent-ils cohabiter en trouvant "leurs" informations dans un même support ?

Ceux qui vont résoudre cette énigme auront du mérite parce que, pour la première fois peut-être à ce point, le rituel quotidien de l'information n'existe peut-être plus tout simplement ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

jeudi, octobre 2 2014

Edito - Mars 2014 : des élections pour rien ?

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Dans de très nombreuses localités, germe actuellement une question simple : à quoi ont servi les élections de mars 2014 ?

Pourquoi cette question nait-elle ? Parce que tout semble figé même si des équipes municipales ont changé.

A quoi tient ce phénomène ?

1) Aux situations financières d'abord : d'ordinaire, le plus facile pour montrer le changement c'est de faire ce qui n'avait pas été fait. C'est donc de dépenser et comme les caisses sont généralement vides, les décisions d'économies sont repoussées. Elles arriveront en novembre et décembre avec les derniers arbitrages sur le budget 2015.

2) A la paralysie dans l'organisation de votes populaires : s'il y a un point de méthode sur lequel Nicolas Sarkozy a raison, c'est le constat que le déblocage passe par des referendums. L'opinion est en avance sur la classe politique. Donc il faut donner la parole à l'opinion pour des avancées réelles. La classe politique donne le sentiment de se méfier de l'opinion. C'est quand même incroyable que la seule économie faite soit celle des consultations populaires. Le pays qui dépense plus vite que son ombre est économe dans un seul domaine : les votes populaires entre deux élections générales !

3) Aux tendances durables de l'opinion : contrairement à bon nombre des appréciations, l'opinion est très constante dans la durée. Une opinion très mobile comme les États-Unis a des tendances durables telles que dès 1995 Axelrod pouvait poser dans un article les jalons des tendances qui allaient faire le succès de Barack Obama en ... 2008. Et ce avec une précision étonnante.

Il en est de même en France. L'opinion parle de changement mais elle en a peur comme si elle avait peur d'avoir raison au fond d'elle-même sur l'ampleur incontournable des modifications à opérer. Donc autant les ... repousser.

C'est probablement le principal risque de l'actuel statu quo : le temps perdu pour les actions nécessaires.

Ce temps perdu va imposer des mesures encore plus fortes et brutales. Repousser n'est pas gagner mais juste reporter un traitement qui deviendra encore plus sec.

le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

mardi, septembre 30 2014

Edito - L'absence de sortie de crise radicalise les opinions

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La crise de 2008 produit ses "enfants". Ajoutée à la crise économique durable, la crise internationale installe actuellement une radicalisation considérable.

Deux exemples précis :

- en France, l'entrée d'élus du Front National au Sénat change considérablement la donne. Et dans d'autres départements, l'absence de listes "dissidentes" aurait largement augmenté ce score. Jusqu'à présent, le vote en faveur du Front National était présenté comme celui des "désespérés qui ne savent pas ...". Cet argument ne peut pas être opposé aux votes d'élus locaux. Par son mode sélectif d'électeurs, le vote d'avant hier a donné une légitimité et une force nouvelles considérables au FN. C'est un constat majeur.

- aux Etats-Unis, Barack Obama va enregistrer le 4 novembre une défaite d'ampleur historique. Plus aucune digue habituelle des démocrates ne semble en état de résister. Dans certaines circonscriptions seront élus des candidats républicains qui, en France, apparaitraient modérés par rapport à des candidats ... FN sur des sujets comme la religion, l'immigration et pire encore sur le rapport de forces sur le plan international.

Fondamentalement, cette vague repose sur deux sentiments :

1) Les fauteurs de la crise de 2008 n'ont pas été sanctionnés. L'élite politique et financière n'a pas vu venir la crise. Elle l'a traitée en publicisant les pertes donc en les reportant sur les contribuables. Et ceux qui ont fauté en 2008 continuent de plus belle. La mode d'Elizabeth Warren aux Etats-Unis est sur cette vague. L'impopularité de François Hollande en France est en grande partie sur son incapacité à sanctionner la finance.

2) Mais surtout, aucune crise ne prend fin. Chaque crise en fait vivre une nouvelle. La vie actuelle c'est le feuilleton des crises. Les vainqueurs des guerres ne gagnent jamais la paix. Les survivants à la crise économique ne gagnent ni le plein emploi ni un meilleur pouvoir d'achat... Des économies sont faites mais le trou se creuse toujours ...

D'où la conclusion rapide mais simple : qui sont ces gouvernants qui ne règlent jamais rien ?

Des gouvernants que l'opinion a envie de sanctionner au point de s'adonner à des excès parce qu'elle considère qu'elle n'a plus rien à attendre du jeu politique classique donc qu'elle n'a plus rien à craindre de changements majeurs d'un jeu politique à l'écart duquel elle a organisé son fonctionnement.

Avec cette donne, la situation du FN en France s'ouvre désormais sur des bases significativement nouvelles.

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

dimanche, septembre 28 2014

Edito - Kristine Tompkins et le Patagonia Park : sauver le paradis sur terre

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Avec le recul, l'actuelle période passera pour une bien étrange époque : des privés défendent les causes qui devraient être les priorités des institutions publiques dans un grand élan de solidarité internationale.

C'est le cas actuellement de la bataille menée par Kristine Tompkins pour conforter le Patagonia Park. Lundi 29 septembre, elle est à Chicago.

Actuellement, ce sont souvent des "milliardaires verts" qui sauvent des territoires, des espèces animales menacées ... : Tom Steyer, Richard Branson, Jeffrey Skoll, Ted Turner, Larry Page ...

La dissociation continue entre le pessimisme qui peut entourer les actions publiques et l'enthousiasme qui peut accompagner des actions individuelles.

C'est un paradoxe né au début des années 2000 et qui s'amplifie et s'accélère.

Les micro actions privées ponctuelles prennent le pouvoir. Une fragilisation des institutions publiques que personne n'avait annoncée à ce point. Jusqu'où ira-t-elle ?

Le Rédacteur en chef de BEZIERS POLITIQUE

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